Hello! J'espère tout d'abord que vous avez passés de bonnes fêtes et je voulais vous annoncez aussi que rien ne me ferais plus plaisir que, cette année (mais aussi les années d'après y'a pas de problèmes) que vous vous déchéniez du point de vue des reviews parce que ça me ferait vraiment plaisir de savoir votre avis... Alors, ne vous retenez surtout pas!! Après, un petit mot à lou pour la remercier de sa gentille review (et je suis vraiment contente que ça te plaise :D) et encore merci aussi à Earenya, à ma phii et à léa qui sont toujours là avec leurs gentilles reviews qui font chaud au coeur et redonne le moral. Sinon, un petit mot par rapport au chapitre, le titre est en lien avec une chanson que j'aime beaucoup et pour le lien avec l'histoire et bien... Le dernier passage du chapitre est jeudi alors... ;) J'espère que vous aimerez (j'ai eu du mal avec certain passages alors, si vous trouvez que ça beug, et c'est très probable, prévenez moi!). Happy reading (je ne sais pas si ça ce dit mais bon...).

Lu' ©

Journal d'une sorcière

Chapitre 7 : C'est un jeudi matin…

« Merde ! Voilà l'autre furie qui revient, glisse Eden d'une voix, malheureusement pour elle, pas assez basse.

-J'ai entendu traîtresse, lui crie-je.»

Eden se mord la lèvre et sa copine, nouvellement acquise, part en direction des vestiaires en lui souhaitant bonne chance. De la chance… Je ne suis pas si terrible que ça… Je vais juste la transformer en puce, une toute petite puce de rien du tout, puis je mettrais cette puce dans une boîte, et cette boîte je l'enverrais par la poste moldue et quand la boîte arriveras, je l'écraserais ! C'est brillant, brillant, BRILLANT ! Ou alors pour économiser un timbre, je l'avadekadavriserais puis je piétinerais son cadavre pour ensuite le broyer puis le donner à manger à de féroces dragons, puis je récupérerais ce qui reste pour le repiétiner et le rebroyer, et ensuite je mettrais le tout dans un poubelle qui pue (Eden déteste tout ce qui pue !). Mouahahaha ! Je suis machiavélique !

Eden dû sentir le danger car elle tenta le sourire d'excuse (qui arrive une fois toute les années bissextiles…). Ma colère ne diminua pas pour autant et je pense que tout le château m'a entendu crier contre cette peste. Une fois mes cordes vocales totalement cassées (et pour une fois ce n'est pas une expression), Eden me regarda et se rééxcusa. Je tournai les talons en direction de la grande salle et l'ignorai royalement tout le trajet.

« Ben qu'est ce qu'il se passe ? Ces quoi ces têtes, demande Gwen, nous donnant une version live de son repas.

-Mange proprement, la rabroue Eden d'une voix mauvaise (Eden déteste se faire crier dessus, elle a trop l'habitude d'être en position de force, elle est de surcroît, toujours de mauvaise humeur). »

Gwen avale difficilement sa grosse bouchée, se racle la gorge et repose sa question en nous montrant ses amygdales, preuve de l'absence (enfin tout est relatif…) de nourriture. Eden secoue la tête dégoûtée et Sam prend le relais de Gwen pour les questions. Alexie lève les yeux au ciel en signe d'exaspération face à la curiosité maladive que nous possédons et je souris en montrant ma gorge.

« Elle t'a étranglé, demande Bart en faisant une tête de benêt (il l'a même pas faite exprès celle là !).

-Elle a une extinction de voix, traduit Adrian. »

Je lui jette un regard reconnaissant et me tourne vers Eden pour lui faire un signe engageant la conversation. Eden hausse les épaules et raconte comment on était mignon (selon elle attention !) mais, bizarrement, passe sous silence le fait qu'elle se soit excuser (rarissime) deux fois (ce qui arrive une fois à chaque décennie). Cette garce insiste bien sur les points me mettant le moins en valeur et tous partent d'un grand éclat de rire. Je fusille du regard Eden et boude le reste du repas malgré les tentatives vaines de Bart pour me sortir de ma bouderie.

oOoOo

Cette ***** de retenue m'a filé de grosses courbatures, si bien que je n'ai pas dormi de la nuit. Le cours théorique de métamorphose voit donc ses (déjà maigres) participants se réduire d'une nouvelle personne. Affalée sur ma table, je laisse mon regard s'évader pour tomber sur le plus grand chieur de tout le monde magique (et moldu sûrement, aussi), endormi. Je souris en le voyant ainsi. Il a presque l'air paisible comme ça. Sa bouche pulpeuse est entrouverte laissant s'échapper un souffle léger qui fait trembler le parchemin devant lui. Ses paupières closes sont immobiles et ses trais sont détendus ce qui le fait ressembler à un petit garçon, tout jeune et tout innocent. Mon sourire s'agrandit en le voyant dodeliner la tête d'un bras à l'autre en faisant une petite moue adorable et… Le bras de Gwen vient de se loger dans mes côtes. Je me tourne vers elle en faisant une grimace mécontente. Elle me regarde en souriant.

« Remercie moi, t'allais t'endormir et si tu te faisais prendre par Mc Go, j'imagine même pas ce que t'aurais pris. »

Je la remercie en grognant et me retourne lentement vers mon sujet d'observation. Le temps que ma tête pivote (eh oui je suis rapide d'esprit…), je réalise que celui que j'étais en train de mater (oui, disons le franchement !) est mon pire ennemi, et que je le déteste. De un, je viens de réaliser que les courbatures sont mauvaises et pour la douleur, et pour le mental des victimes. De deux, je viens de réaliser que (attention la révélation) je peux maintenant comprendre pourquoi Alexie arrive à le supporter, si il ressemble à un petit garçon quand il est avec elle... M'enfin, il n'est pas du tout comme ça avec moi, et je le répète, c'est mon pire ennemi, je ne me laisserais plus avoir par, ni la fatigue, ni les courbatures ! Je passe le reste du cours les yeux rivés sur Mc Gonagall.

Dès la fin du cours, je saute sur mes pieds, je suis donc la première à sortir de cette salle maudite. Mais une fois sortie, je dois donc attendre patiemment que tous mes amis (qui ont décidés aujourd'hui de ne pas se bouger !) daignent sortir. Dubois passe devant moi en se frottant les yeux, l'air encore tout endormis. Puis il s'arrête devant moi et me sort son grand sourire de quand il s'apprête à me faire chier.

« Ouah Chloé ! Ça ne te réussis pas de pelleter, t'as vu ta tête… »

Pour une fois qu'on est sur la même longueur d'onde… Il aurait pu se la fermer !!

« Toi, ce qui ne te réussis pas, c'est tout simplement de te réveiller. Et pour info, je m'appelle Cléo, t'es juste con ou tu le fais exprès ?! Non, c'était idiot de poser la question, la réponse est marqué sur ton front, en gros, dis-je très calmement (alors qu'à l'intérieur je bouillonne de rage, il a vraiment le don pour me faire chier !). »

Il reste bouche bée un instant, avant de reprendre son petit air de chieur.

« Je savais bien que tu n'avais pas beaucoup de jugeote de toute façon, ma petite Chloé… Tout le monde me trouve beau et intelligent, dit il avec un sourire éclatant.

-Ta tête va exploser Dubois, dis je en ricanant, et c'est Cléo bordel de merde !

-Bon, j'aurais bien aimé continuer discuter avec toi Chloé, mais j'ai peur que mon estomac ne puisse résister… Je vais donc tâcher de trouver des toilettes rapidement ou je me verrais dans l'obligation de te vomir dessus, ce qui ne ferais que empirer ta capacité à faire régurgiter tout le monde…

-Mais tu fais bien ce que tu veux sale scroutt, je n'en ai rien à faire de ta vie mon pauvre ! Et je ne t'en veux pas d'être jalouse de mon physique en me lançant des sarcasmes inutiles et faux, j'aurais fait pareil ! Au revoir Ducon, dis je en tournant les talons.

-Va crever Chloé, me cri t'il après.

-De même Ducon, crie-je en retour. »

Nos insultes se perdent à mesure que j'avance. J'entends derrière moi, les pas de mes amis. Ils m'appellent, je ralentis l'allure mais je ne me retourne pas. La première tête que je vois est Adrian qui me fait son demi sourire sans joie, habituel (jamais de vrai grand sourire, malheureusement…), je lui fais une grimace et il me jette un regard interrogateur. Je lui désigne de l'épaule les autres, qui arrivent. Il hoche la tête en faisant un petit sourire. Gwen arrive et me donne une grande tape dans le dos, en signe de sa fierté et de son affection. Je lui souris tant que je peux en essayant de remettre discrètement les vertèbres qu'elle m'a démises au passage.

Le reste de la journée est tranquille, si bien que lorsque nous rejoignons les fauteuils moelleux de la salle commune, je me sens à peine fatiguée. Nous sommes tous (enfin sauf Alex qui est avec super Cédric d'amourouchou comme nous l'appelons… J'avoue que c'est pourri mais bon, enfin bref…) en train de discuter et je remarque qu'Adrian est, comme à son habitude, en train de fixer devant lui, les yeux perdus dans le vague. Le voir comme ça, me remémore la scène de la veille, et je décide de mettre les pieds dans le plat avant que mon meilleur ami se dégrade complètement… Je prends donc Adrian par la main et l'emmène un peu à l'écart. Les autres ne réagissent pas (ils ont l'habitude) mais lui me regarde d'un air indéfinissable que je n'aime pas bien. Quelque chose ne va vraiment pas et j'ai assez attendu pour, désormais, me permettre de faire la meilleure amie poule !

Je lui explique le principe, c'est simple, je lui raconte mes tracas, il me raconte les siens et on s'aide. C'est à ça que ça sert les amis. Il me regarde un instant, amusé puis ouvre la bouche, la referme pour finalement se décider.

« Je ne suis pas contre le principe, dit il lentement.

-Parfait, je réponds, surprise qu'il accepte aussi vite.

-Commence. »

Merde !

« Ben… Tout va bien !

-Cléo… Je suis ton meilleur ami, depuis certes, pas très longtemps, mais j'ai vite appris à bien te connaître et maintenant je te connais sur le bout des doigts, alors garde tes salades pour Gwen ! »

Je souris en repensant à la naïveté de cette dernière… Mais pour Adrian ce sera une autre paire de manche…

« C'est… Dubois. Il m'énerve et…

-Mais ça c'est pas nouveau, remarque t'il.

-Non, mais c'est que cette année…Je ne sais pas, je m'énerve plus vite et plus violement et il est plus cinglant et ça m'énerve de m'énerver et ça m'énerve parce que c'est ce qu'il cherche. J'ai l'impression d'être… Faible, d'avoir aussi peu de maintient en m'énervant aussi vite... Et je n'aime pas me sentir faible… Surtout face a lui ! Rah que je le déteste ! Non, je le hais ! »

Le traître me regarde d'un drôle de petit air en souriant. Un vrai sourire.

« Tu n'as pas à te sentir faible voyons, dit il en se levant, me forçant à lever les yeux pour maintenir son regard. »

Je lui tire la langue en remarquant une lueur de malice dans ses yeux. Je lève mes poings pour le frapper mais il les intercepte et me maintient fermement. Ne supportant pas le regard par-dessous que je suis obligée de garder dans cette position, je me lève de façon à ce que ma tête arrive au niveau de son cou (oui, il est grand le bougre et il en profite pour me taquiner !). Il sourit encore et me fait remarquer que j'aurais dû mettre des talonnettes. Amusée mais de mauvaise fois, je fronce les sourcils à l'adresse de son sarcasme. Il remarque la supercherie et son sourire s'agrandit. En gardant mes poignets dans ses mains il s'approche lentement de mon visage, puis il me dépose un petit bisou sur la joue.

« C'est bon… Tu es pardonné, je grogne, mais que je te reprenne plus à te moquer de ma taille comme ça ! Et je te signal que le deal était, on se raconte nos problèmes pour ensuite s'entraider et pas se miner avec des sarcasmes.

-Je t'ai fait craquer, tu ne me boudes plus, dit il en ignorant la deuxième partie de ma remarque.

-T'es insupportable tu sais !

-Mais indispensable !

-Dans tes rêves mon coco, désormais, enfin plutôt, dès que tu m'auras lâché les poignets, je ne t'approcherais plus jamais, tu es bien trop chiant ! D'ailleurs rien que de te voir, ça m'insupporte, je vais tourner la tête ! Na ! »

Je tourne donc la tête et essaye tant bien que mal de cacher mon fou rire. Je sens les mains autour de mes poignets bouger de manières compliquées. Résistant contre l'envie de regarder ce que Adrian fait, je me mords les lèvres. Je failli me faire bien mal (à la lèvre, cela s'entend) quand une main surgit dans mon champ de vision. Je reconnais alors une des grandes mains fines d'Adrian. Elle m'attrape doucement mais fermant le visage et le fait pivoter vers lui. Il me regarde, faussement contrarié.

« Ça me blesse ce que tu dis là ! De toute façon je m'en fiche, j'ai trouvé le moyen que tu reste avec moi en me regardant… Bien fait ! »

En preuve, il secoue mes poignets et raffermit la prise de ses mains autour de mon visage. Je lui tire avec difficulté la langue (pour excuse, j'ai le visage aplatis par mon boulet de meilleur ami !), quand un grand cri nous fait sursauter. Nous tournons la tête vers la source de ce bruit (enfin il me tourne ma tête, mais lui tourne la sienne tout seul comme un grand). Le spectacle qui se déroule sous nos yeux est pitoyable. Britney Gumble se tient à l'entrée de la salle commune, des affaires brisées autour d'elles et elle hoquette. Puis elle se met à crier et je maudis intérieurement Adrian d'avoir gardé mes mains car le bruit qu'elle produit quand elle hurle est tout simplement insoutenable et effroyablement transperçant ! Mon règne pour des boules quiès… Naturellement contre une telle offre, personne ne va se prononcer.

« Ôte tes sales pattes de mon mec, sale censurée de censurée reine des censurée !! Censurée !! Tu vas mourir Purple !»

Heureusement pour sa santé physique (elle m'aurait agresser, j'aurais riposté, elle aurait morflé.) une de ses copines prend la furie et l'emmène (à grand peine) dans leur dortoir. Dès que la folle furieuse disparaît en vociférant toujours des insultes à mon égard, instantanément, toute la salle se retourne vers nous. Le premier réflexe est de nous regarder, Adrian et moi. Ce n'est que maintenant que je remarque la proximité de nos corps. En effet, il y a à peine une quinzaine de centimètres entre nos visages. Je rougis violement tandis que Adrian me lâche le visage et les poignets. Tout le monde nous regarde bouche bée puis se mettent à discuter entre eux. Eh merde ! Je vais encore avoir le droit à une super rumeur pour ajouter à ma collection. Les discussions reprennent donc petit à petit et je remarque nos amis se diriger vers nous.

« Tu devrais peut être aller voir ta copine non, je suggère.

-Pourquoi ? »

Je le regarde, incrédule.

« Euh… Parce que si tu ne démens pas le fait que tu sors avec moi, tout de suite, tu as peut être une chance de sauver ton couple !

-Couple est un grand mot ! On est sorti ensemble une semaine, il n'y avait aucun sentiment là dedans, je ne vois pas pourquoi, de une j'irai la voir, de deux je la considérerais comme si nous étions un couple...

-Merci ! Donc, en gros, elle va prendre ça pour une rupture…

-Elle ne va prendre ça pour une rupture, nous n'étions pas un couple !

-Comme une rupture entre votre relation « de plaisir » si tu veux, ne fait pas comme si tu n'as pas compris ! Et elle va croire que c'est de ma faute et qui va passer pour la salope dans l'histoire ? C'est bibi !

-Mais non ! Et puis, si il y en a pour te traiter de salope, il le regretterons, ne t'en fais pas !

-Euh… Excusez nous mais… C'est quoi ce bordel ? Vous jouez à quoi là ? Adrian t'a deux copines ? Dont Cléo ? Ben dis donc… remarque Sam en jouant des sourcils. Par contre, que tu ne nous ai rien dit, à nous, tes…

-Kent ! Quand on ne sais pas on se la ferme et vous voyez pas qu'on est en train de parler là ? Merci, je répond sèchement.»

Samuel me regarde suspicieusement puis s'en va avec un sourire amusé. Il va falloir tirer les choses au clair, mais chaque chose en son temps. Les autres ayant entendu aussi, suivent Samuel, un peu déconcerté. Alexie me jette un de ses indéfinissables regards. Je me retourne vers Adrian qui fronce les sourcils.

« Bon, je t'ai parlé, maintenant, je ne demande qu'une chose, parle en retour.

-Rien, je t'ai déjà expliqué…

-Ressers ça à Gwen, dis-je en le paraphrasant. »

Il me fait un sourire sans joie (et le revoilà !).

« Des problèmes à deux balles…

-M'en fous ! Dis !

-C'est à cause de Karl et Jack…

-Dois-je te redemander d'être sincère ? Je suis ta meilleure amie non ?

-Mais je suis sincère, proteste t'il.

-Et tu vas le faire croire que c'est des histoires de mec de la sorte qui vont te faire déprimer comme ça… Au point de ne pas m'en parler ? Au point de te taper les pires pouffes du collège puis les lâcher une semaine après ? Au point de bâcler les entraînements de Quidditch alors qu'on a un match la semaine prochaine ? Sérieusement Adrian, il y a quelque chose qui ne va pas et ça a assez traîné pour que je ne m'en mêle pas ! Je comprenne que tu ne veuille pas me dire, mais je ne peux plus supporter de te voir comme ça, alors…

-Tu t'inquiètes beaucoup trop… Je…

-Non tu ne vas pas bien ! Attend, je sais peut être ce qu'il te faut… Je vais te présenter des filles, mais des biens cette fois !

-Ah ouais, dit t'il aigrement. Et qui ? Tu ne connais personne à part Gwen, Eden et Alexie ! »

C'est comme si il m'avait mis une claque. J'ai l'habitude d'entendre ces reproches de la bouche de mes amies mais… Pas de lui ! Je baisse honteusement les yeux… C'est vrai que questions amies… Mais je pense que j'ai bien fait, à ce moment là de baisser les yeux, sinon j'aurai pu voir la douleur qui y luisait et personne ne veux voir la douleur de son meilleur ami n'est ce pas. J'esquisse un geste pour m'éloigner mais il me retient par la main. Je m'arrête docilement, sans pour autant lever les yeux vers lui.

« Excuse moi… souffle t'il.

-C'était pas très malin non plus de ma part.

-Câlin ? »

Je souris et le regarde. Il a les bras ouvert. Je le serre dans mes bras.

« Si Britney nous voyait, pouffe t'il discrètement. »

Je m'écarte et lui donne une petite tape sur le sommet du crâne et il me fait un sourire espiègle.

« On va rejoindre les autres, je demande. »

Il répond par un haussement d'épaules que j'interprète comme étant affirmatif, nous nous dirigeons donc vers le groupe de fauteuil où se trouvent nos amis. Je me laisse tomber dans un des fauteuils, dans l'idée de me reposer, je suis un peu fatiguée en fin de comptes. Mais visiblement, nos commères d'amis ne sont pas de cet avis et nous assaillent de questions. Après une brève explications des faits, je rappelle à Eden que nous avons notre colle. Celle-ci, en train de se brosser les cheveux, se met à grogner. Adrian et Cédric suggèrent de nous accompagner et monte chercher leurs affaires. Alexie est perdue dans ses pensées, quand tout d'un coup, elle se lève me prend par la main et lance à Eden de prévenir les garçons que je partais en avant et qu'il ne fallait pas m'attendre. Etonnée, je me laisse faire.

Une fois dans les couloirs, Alexie regarde autour de nous, afin de vérifier que le dit couloir et bien désert puis me regarde, les sourcils froncés. Mmmm… Je n'aime pas bien quand elle fait cette tête là.

« Tu joue à quoi avec Adrian, me demande t'elle d'une voix où la colère tente vainement d'être cachée.

-Mais, je réponds surprise.

-Sérieux, tu veux passer pour la reine des pouffes ou c'est du sérieux mais que vous voulez, pour une raison que j'ignore, le cacher, ce dont, excuse moi, je doute fort !

-Merci, pour le reine des pouffes ! Je croyais que tu ne me jugerais pas mais visiblement… J'ai eu tort d'avoir confiance en toi. Pour répondre à ta question, il y a une troisième réponse que tu n'as pas prise en compte et c'est celle là, la bonne. Adrian et moi sommes meilleurs amis. Tu sais, ce lien qu'on est censés avoir toute les deux, ce lien qui est censé assurer que l'on peut avoir confiance en l'autre… Enfin, non, nous ne sortons pas ensemble, pour la cinquantième fois. Peut être que nous avons une amitié qui vous échappe mais cette amitié est une… amitié justement ! Quand à l'événement de cet après-midi, c'est juste qu'on ne se rendait pas compte… Mais il n'y a aucune pensée cachée là-dessous ! Merlin, crois moi Alexie !

-Mais pensez quand même à la conséquence de vos actes... dit t'elle lentement.

-De nos… Mais si tu penses à cette pét…

-Je ne pense à personne, juste réfléchis y… me coupe t'elle d'une voix que je m'étonne d'entendre douce. »

Sur ces étranges paroles, elle s'excuse, m'assure qu'elle me croit et demande si nous sommes toujours meilleures amies. Je souris en lui répondant que je ne pensais pas le dire sous la forme d'une accusation et qu'elle le serait toujours. Nous nous serrons dans nos bras puis Alexie se détache doucement et nous nous mettons en marche pour le terrain.

Oubliant définitivement notre petite altercation, elle me raconte joyeusement que Cédric est toujours adorable et me décris ce qu'elle appelle le « top 5 de leurs meilleurs baisers » et nous nous racontons le peu de choses que nous ne savons pas encore sur l'autre. Les élèves qui croisent notre chemin nous regardent bizarrement en nous voyant rire comme des bossues mais nous nous en contrefichons. Nous rigolons tant et si bien que le trajet dure plus que la normale d'un trajet de la sorte et lorsque nous arrivons au terrain, Eden et les deux garçons sont donc déjà présent.

Alexie rejoint les gradins tandis que je rejoins notre concierge sadique accompagné d'une Eden ronchon et de ses pelles de malheur. Une fois que lui et sa maudite chatte sont hors de vue, je lance à Eden que je reviens (et ignore au passage son regard meurtrier) et me dirige vers l'entrée des vestiaires. A la vue de notre cher capitaine, je lui saute dessus (au sens euh… non cochon du terme, bien que cela ne lui aurait pas dérangé je pense… Hum !).

« Euh… Oreste, je voulais te prévenir que je ne pourrais assister à aucuns des entraînements de la semaine parce que en fait j'ai une colle… Et je suis vraiment désolé, parce que je sais que le match contre les serdaigles est la semaine prochaine et que tu voulais vraiment que l'on s'entraîne et…

-Te fais pas de bile ! C'est déjà assez pénible d'avoir une retenue, je ne vais pas rajouter ma couche en t'engueulant ! Ben, bonne chance, à plus. »

Alors que je m'éloigne j'entends la porte s'ouvrir et la voix d'Adrian retentit dans le couloir.

« Ah… Je voulais justement te dire que moi aussi j'ai une colle… Mais juste jeudi hein ! Désolé mec !

-Mais vraiment t'abuses ! Tu sais qu'il y a un match dans une semaine ! T'aurais quand même pu faire attention, merde ! Franchement… »

Je m'éloigne discrètement, pauvre Adrian, il va se faire passer un savon. Malgré moi, je me mets à sourire puis à rire. C'est donc les larmes aux yeux (de rire) que je reviens vers une Eden toujours grommelante. Elle me demande d'un air ronchon pourquoi je rigole. Je lui raconte, d'une voix entrecoupée d'éclats de rire, la mésaventure du pauvre Adrian. Eden se déride et fait son fameux sourire narquois. Le pelletage est, dorénavant, plus agréable et toutes les deux détendues par le rire, nous papotons gaiement jusqu'à la fin de notre pénible labeur.

À la fin de notre sanction (pour ce soir parce qu'on n'a fait que le tiers du terrain, pour dire que ce n'est pas encore fini !), Alexie nous rejoint et nous attendons patiemment qu'Adrian et Cédric sortent des vestiaires, pour aller manger. À peine, Adrian sorti des vestiaires, qu'Eden et moi, partons d'un fou rire silencieux. Adrian nous regarde interloqué, et nous demande ce qui nous fait tant rire. Nous essayons de lui expliquer que j'avais surpris sa conversation avec Oreste, mais il ne comprend malheureusement rien de nos paroles saccadées, mêmes quand Alexie et Cédric décide de s'en mêler. Ce n'est qu'une fois à table, que nous réussissons à nous exprimer de manière compréhensible. Nous éclatons tous de rire lorsque Adrian se met à bouder. Je lui envoi un bisou de la main auquel il répond par un geste obscène. Je lève les yeux au ciel, et, le repas tirant sur sa fin, je me lève de table afin de rejoindre la salle commune pour terminer mes devoirs en retard. Alexie se lève à son tour pour m'accompagner et nous sortons de la grande salle.

À la sortie, j'entends une voix m'appeler. Nous nous retournons avec Alexie pour apercevoir Dubois, adossé au mur, un sourire crispé aux lèvres.

« Alors Purple ? Il est bon Lormish ? »

Je le regarde ahurie. De quoi se mêle t'il celui là ? Alexie soupire. Et me signale qu'elle m'attend sur les marches parce qu'elle n'a pas envie de rester debout. Non mais, qu'est ce qui se passe là ? Elle me laisse tomber ? Remarque, elle a raison, c'est à moi de régler ce problème avec ce crétin fini ! Je m'avance d'une démarche menaçante vers lui.

« C'est quoi ton problème à toi ? Et puis, j'ai les fréquentations que je veux ! De plus, il s'avère que tu es en train de te ridiculiser mon pauvre scroutt, parce que tes informations sont totalement fausses, je réponds, le défiant du regard de me contredire.

-Alors ? Comment ça marche ? Pour ne pas passer pour la salope de service tu fais croire à l'amitié et par derrière tu…

-Mais ferme la ! Tu ne sais rien !

-Tu vas me dire que tu l'aime vraiment, que tu n'assume pas le regard des autres et que…

-Ta gueule, par Merlin !

-Tu vas le lâcher dans combien de temps ? Une semaine me paraît beaucoup pour ce genre de relation, avec d'énormes guillemets ce mot là… Après tu vas faire ami-amant avec qui ? Kent ? Il faudra que tu te caches mieux parce que là ta réputation commence à se faire…

-C'est faux ! Tu ne sais vraiment rien ! C'est complètement ridicule, ça n'a rien à voir, je ne sors pas avec lui !

-Alors tu ne considères pas ça comme une relation, c'est encore pire que ce que je croyais Purple... »

Nos yeux s'affrontaient. Ses yeux marron luisaient de méchanceté mais aussi, curieusement, d'une autre lueur que je n'arrivais pas à identifier. Des larmes de rage s'insinuaient de manière irrépressible dans les miens. Je me détourne furieusement, écoeuré par ce que les gens osaient penser de moi. Je m'élance à toute vitesse dans les escaliers, voulant mettre le plus de distance entre ce Dubois de malheur et moi. Une fois dans mon dortoir, je laisse ma rage exploser en martelant mon oreiller de coup de poing et de reproches. Après avoir crier ma colère et mon dégoût contre ce pauvre oreiller, je me laisse tomber au pied de mon lit, la tête pendant lamentablement sur mon torse, des sursauts témoignant de mes sanglots silencieux, la rage ayant fait place à la tristesse et l'humilité.

J'entends la porte s'ouvrir doucement et des bras se placer délicatement autour de mes épaules. Alexie me murmure des paroles réconfortantes et je sens mes sanglots se diminuer lentement. Quand les sanglots se font plus rare, Alex me prend le visage pour me forcer à la regarder.

« N'écoute pas ce qu'il a pu dire. Son opinion ne compte pas, d'accord ? Tu sais la vérité, il n'y a que ça qui compte. Tu t'en fiche de son jugement et de ce que les gens autour de toi peuvent penser ou dire… Il n'y a que ton jugement à toi qui est important. Et puis c'est ton ennemi, n'est ce pas… Son jugement sera toujours négatif. Ne laisse pas ses paroles t'atteindre, ça le satisferait trop. »

Je sens les larmes recommencer à couler le long de mes joues. Alexie passe un doigt pour les effacer.

« Moi, je te crois. Et je regrette de ne pas t'avoir crue dès le début… Mais sache que quelque soit la pire chose que tu feras, même si je suis en désaccord avec toi, je serais là. Même si je n'approuve pas et que je te critiquerais, cela ne voudra pas dire que je t'abandonne. Et je sais que les autres aussi seront là pour toi aussi. Alors ne pense pas à ce que les gens comme Dubois pensent… Ne t'arrête pas à leurs jugements superficiels, parce que ils ne te connaissent pas et n'ont pas le droit de te juger comme ça. »

Les larmes continuent de couler mais les paroles d'Alexie m'ont rassurées et me réchauffent le cœur. Je n'arrive pourtant pas à arrêter ma tristesse dissimulée trop profondément pour qu'elle s'arrête par de simples paroles. Décidant de faire face pour ne pas trop accaparer ma meilleure amie, je me lève difficilement et tente un pauvre sourire. Je passe une main sur mes yeux encore humides.

« T'inquiètes pas. Ça va aller, ce n'est juste pas très facile à entendre mais ça va passer. »

Elle me serre d'un geste tendre et protecteur dans ses bras, je m'essuie une dernière fois les yeux et nous descendons à la salle commune. En arrivant en bas, Gwen est la première à me faire un gros câlin et même Sam, qui ne montre jamais son affection si ce n'est pas par la moquerie me serre dans ses bras en me soufflant un « on va le miner, t'inquiète pas ma belle ! » qui me fait sourire. Une fois les câlins terminés, mes amis passent un accord silencieux de ne plus parler de cette affaire et parlent de tout et de rien tout en gardant un œil bienveillant sur moi. Gwen, qui a insisté pour être à côté de moi, me dit plein de conneries à l'oreille pour dédramatiser et je suis très touchée par toute cette attention qu'ils me donnent. Mais, je ne peux empêcher, dans mon lit, de laisser une nouvelle fois les larmes couler au souvenir de cette vive altercation.

Le mois de janvier passa lentement et mon humeur resta maussade. J'avais du mal à accrocher aux cours et mangeait avec peu d'appétit. Mes amis ne me questionnèrent pas et je leur en fus reconnaissante, d'autant plus que je n'avais aucune raison à leur fournir. Mon activité lors des entraînements faiblie, si bien qu'Oreste ne fit que redoubler d'attention à mon égard ce qui ne contribua pas à l'amélioration de mon humeur. Le match contre Serdaigle fut donc une catastrophe et je ne veux pas m'étendre sur ce désolant sujet. Le mois de février arriva donc et il flottait dans l'air une atmosphère affreusement guimauve. Tout ce romantisme qui s'intensifiait à mesure que la fatidique date avançait m'écoeurait d'autant plus que je n'étais ni concernée, ni même d'humeur à me sentir concernée. Et si les larmes n'avaient pas une seule fois coulée depuis la fameuse dispute, elles menaçaient de temps à autre de ressurgir. C'est ainsi, que la veille de la Saint Valentin, Adrian vint me trouver alors que je m'étais exilée, une fois de plus, dans un coin où je pourrais être au calme et tranquille. Il s'assoit à côté de moi et fixe devant lui, silencieux. Puis, il tourne sa tête d'un coup brusque vers moi.

« Bon, ça a assez durer, qu'est ce qui ne va pas ?

-Rien, t'inquiète, dis-je en soupirant.

-ça, c'est pas rien, dit t'il en montrant ma tête.

-Si t'es venu critiquer ma tête, je peux très bien le faire toute seule, je n'ai pas besoin de ton aide, merci !

-T'es bête quand tu t'y mets tu sais… »

Je tourne la tête et accroche mes yeux à un point au dessus d'un tableau, je n'ai plus qu'une envie maintenant, c'est qu'il parte, qu'il me laisse seule. Mais il reste assis et continue.

« Je ne peux pas te laisser comme ça, même si je sais très bien que dans une telle situation c'est la seule envie qu'on a. Je ne peux pas parce que quand je n'allais pas bien, t'es venu me voir et t'as su me faire retrouver le sourire. Et même si j'ai refusé de te dire la raison de mon humeur, t'es quand même resté pour m'aider alors que tu n'avais aucune piste de cette baisse de moral. En plus t'as réussis, alors je me sentirais coupable de ne pas te remonter, à mon tour, le moral, parce que toi, au moins, tu as su être là quand j'avais besoin de toi. Le problème, c'est que je ne suis pas aussi fort que toi et il faut que tu m'aides, et maintenant, parce que ça fait un mois que tu tires une tête de trois pieds de long, et que ça ne peut plus durer… »

Je tourne la tête vers lui en soupirant.

« Le fait que plus de la moitié du collège me prenne pour une pute est l'un des principal facteurs, ensuite… Eh bien le problème c'est que ça me touche beaucoup plus que ça devrait… Et ça me perturbe car je n'ai jamais vraiment été de ces personnes que l'opinion publique affecte. Normalement, ça m'aurait fait chier, mais c'est tout et là … Je sais pas, ça me mine totalement, à chaque fois que je vois des gens et que j'imagine qu'ils pensent ça de moi, ça me tiraille le cœur et j'ai envie de pleurer… Et je ne comprends pas pourquoi ça m'affecte autant, alors ça me stress… Et… »

Les larmes se sont mises à couler et les sanglots m'empêchent de continuer ma phrase. Adrian me prend la tête et la pose délicatement sur son épaule, puis il me caresse doucement les cheveux. Je me laisse alors aller et ferme les yeux. Au bout d'une durée indéterminée, je sens les larmes arrêter doucement de couler. Je relève alors un peu la tête et passe un coup sur mon visage. Adrian se redresse un peu et me tend un mouchoir. Je lui prends en le remerciant et il me sourit.

« T'inquiète donc pas. Moi, en tous cas, je serais toujours là pour toi. »

A ces paroles, je ne peux que sourire, en me rappelant la promesse semblable qu'Alexie m'a faite. Nous nous levons alors, et nous rejoignons la salle commune. L'heure du repas étant arrivée, à peine entrons nous dans la salle commune, que nous redescendons avec toute la troupe (comme l'a signalé Bart en rigolant) et je fais des efforts à table pour participer à la conversation, rire aux blagues débiles de Gwen et Samuel, discuter des cours avec Alex et Bart et commenter les ragots d'Eden. Adrian me regarde en souriant et les autres, ont au début des grands regards étonnés mais finissent par s'y faire et le repas se passe dans la joie et la bonne humeur. Lorsque nous remontons à la salle commune, je fais un effort pour rester discuté avec tout le monde et résiste à mon envie de retourner au dortoir pour me blottir sous la couette, ce que j'avais pris l'habitude de faire depuis un mois.

Une fois que tout le monde eut quitté la salle commune, mes amis se décidèrent enfin à remonter dans leurs dortoirs et je pus donc rejoindre mon lit sans démolir mes efforts pour paraître à nouveau sociale et de bonne humeur. Dans mon lit, je réfléchis à la journée de demain. J'avais horreur de la Saint Valentin, je n'aimais pas la sensation d'être à part et je détestais par-dessus tout entendre Eden et Gwen se demander quel serait leur Valentin à partir des lettres reçues. J'avais beau adoré mes amies, je trouvais ce jugement immorale et cruel.

Je m'éveille ce matin avec le cri strident d'une chouette, tapant à la fenêtre de notre dortoir. Je suis la première à me lever, furibonde, à ouvrir à la chouette, prendre la lettre et lui refermer sèchement la fenêtre sur le bec. La chouette s'en va en chancelant, l'air sonné. Ça lui apprendra à me réveiller ! Je jette un rapide coup d'œil au destinataire et me précipite vers le lit d'Eden pour tirer la couette d'un grand coup.

« Et t'auras intérêt à me dire qui c'est, que j'aille le démembrer pour m'avoir réveiller ! »

Eden se frotte les yeux, pose la lettre sur son lit et se dirige vers la salle de bain d'un pas endormi. Je soupire et fais mon lit en attendant qu'Eden ait terminée. Au bout d'une demi heure, je tape à la porte de la salle de bain en criant. Alexie se réveille en sursaut, la couette de Gwen bouge. Une tête surmontée d'une serviette sort et s'écarte pour me laisser rentrer. Je grogne et me précipite sous la douche. Pendant que le jet réveille doucement ma peau encore ensommeillée, Eden me fait la lecture de sa lettre et j'inscris dans un coin de ma tête le nom de ce ******* afin de lui faire bouffer son oreiller la prochaine fois que je le croise. Coup de chance, c'est un poufsouffle.

Une fois que nous réussissons à extirper (à grande peine) Gwen de son lit, la motiver à aller à la salle de bain (car sortir Gwen de son lit ne veux pas dire qu'elle ne se rendormira pas !!) et qu'on l'a réveillée assez de fois à coup de pantoufles pour qu'elle ne se rendorme pas une énième fois sous la douche, nous pouvons enfin sortir du dortoir pour aller déjeuné, après avoir fait promettre à Gwen de ne pas se coucher aussi tard.

Le petit déjeuné se passe normalement, si l'on excepte les têtes angoissées, impatientes ou encore nerveuses de certaines en attendant l'heure fatidique où les hiboux apparaîtront dans la grande salle. Dès la vue de la nuée caractérisant la venue de tout ce courrier sur pattes, des cris se font entendre de toute part de la grande salle. Mes amies assises à côté de moi restent silencieuses. Eden et Gwen savent à quoi s'attendre et Alexie aussi. Mais moi, bizarrement, j'ai aussi le stress. Je me demande si mon « prince » m'écrira. J'ai l'impression d'être une idiote en espérant une telle lettre mais c'est plus fort que moi. La statuette est toujours sous mon oreiller et j'ai vraiment été touchée par cet admirateur anonyme (bon, à la réflexion, je serais quand même déçue si ce n'était qu'Oreste…).

De nombreux hiboux se sont déjà déposés devant Eden et Gwen et un autre vient de se poser devant Alexie. Celle-ci le prend en souriant. Elle jette un discret regard à Cédric qui est en train d'examiner, lui aussi son hibou, puis elle déplie la lettre. Je remarque que ses yeux s'écarquillent et qu'elle relie plusieurs fois la lettre. Je me penche vers elle en souriant.

« Tu t'étonne du talent de ton chéri ?

-Non, non ce n'est pas ça, dit elle en rougissant, c'est juste que… Ce n'est pas Cédric. »

Je fronce les sourcils et elle me tend la lettre, le visage rouge brique. Je lis la lettre attentivement, et à mesure que je la découvre, mon sourire s'agrandit.

« Eh ben dis donc, il ne s'est pas moqué de toi M. Anonyme… »

Alexie ne répond pas et regarde son assiette d'un air embarrassé. Cédric arrive alors à ce moment là en souriant.

« Merci pour ta lettre mon cœur, dit t'il en l'embrassant, comment tu as trouvé mon cadeau ? »

Alexie ne répond pas et découvre avec horreur qu'elle n'a pas ouvert le cadeau de son copain, trônant encore à côté de son assiette. Remarquant ce fait, Cédric fronce les sourcils et lui demande d'un ton abrupt quelle est la lettre qu'elle tient dans sa main. Alexie fait une grimace gênée et tente maladroitement de cacher la dite lettre. Cédric, remarquant son geste, part en grommelant. J'allais remarquer à Alex que ce n'était pas grave quand une chouette me tapote le bras. Je me retourne et regarde avec étonnement la lettre que la chouette tient dans son bec. Je prends en tremblant la lettre et l'ouvre doucement.

Ce que j'y lis me fait trembler de rage. Cette « déclaration » n'est ni plus ni moins qu'une subtile demande de plan cul par un de ces sixièmes années qui s'accroche à ma réputation de « pute ». Je déchire rageusement la lettre. Une deuxième chouette arrive alors près de moi et j'hésite à prendre la lettre, pensant toujours à mon « prince ». Je soupire en découvrant un poème mièvre signé de la main d'Oreste.

A mon grand étonnement, je reçois une autre lettre, anonyme cette fois. Puis une demi douzaine d'autres lettres « plan cul » m'arrive au cours du déjeuné toutes plus ou moins subtil. J'allais déchirer une septième lettre arrivant d'une jolie chouette brune tacheté de blanc aux yeux d'un ambre flamboyant, n'ayant pas envie de lire pour la quatrième fois des écrits qui allaient me faire trembler de rage (au bout de la quatrième, j'avais automatiquement décidé de les brûler sans prendre la peine de les lire) quand Alexie m'arrête d'un geste et me dit que le destinataire ne peut qu'être un tant soit peu bien intentionné avec une telle chouette. Je lui lance un regard torve et, ouvre la lettre, rien que pour lui montrer à quel point elle est naïve.

Quand j'ouvre la lettre, je suis surprise de ne trouver, non pas un parchemin, mais une superbe rose d'un rouge magnifique, sentant un mélange de fruits de bois et de cerise, le parfum exacte de mon shampoing (le savait t'il ?), une odeur que j'adore. Un petit mot était accroché à la fleur « je trouvais qu'elle te ressemblait. ». L'écriture était celle de mon prince, les majuscules formées avec la même calligraphie dépourvue de courbes, les mêmes points bien au dessus de leurs barres, bien rond. Je souris d'un air idiot, mais heureux.

Alexie me regarde en souriant elle aussi.

« Eh ben dis donc, il ne s'est pas moqué de toi M. Anonyme, dit t'elle d'un air taquin. »

Je lui tire la langue, mais mon sourire reste intact. Eden baisse les yeux de sa montagne de lettres l'air pensif et son regard s'arrête sur ma rose. Elle émet un sifflement admiratif. Je sens mes joues se rosirent et elle donne un coup de coude à Gwen qui relève la tête d'un papier qu'elle lisait en fronçant les sourcils (Gwen a toujours eu du mal avec les déclarations subtiles) et regarde la rose avec un air ébahie.

« Ben, cette année, je te couronne reine des Valentines ! C'est qui l'heureux élu ?

-Le truc c'est que… Ben je ne sais pas qui c'est. »

Gwen envoie sa lettre sur un tas à côté d'elle et se met à élaborer des techniques de pièges pour attraper le dit prince. Je rigole tandis qu'Eden plisse les yeux en réfléchissant à l'identité de M. Anonyme. Alexie me regarde avec un sourire en coin puis nous annonce qu'on ferait mieux d'y aller si on ne voulait pas arriver en retard en cours. Nous ramassons nos lettres et, sur le chemin, j'encourage Alexie à raconter son histoire aux filles. Alexie raconte donc sa lettre « hors programme » comme dit Gwen la romantique. Je les écoute en rigolant, mais une part de moi reste dirigée vers cet admirateur anonyme. Je peux désormais oublier Oreste (il n'aurait pas fait deux cadeaux quand même…), mais c'est qui alors ?

oOoOo

Je n'arrive pas à m'endormir. La journée a été trop… Anormale, pour que je réussisse à fermer les yeux. Tout d'abord il y a ce fameux M. Anonyme d'Alex et le mien qui me perturbe. Et puis, je suis triste pour ma meilleure amie parce que Cédric a mis fin à leur relation à cause d'une dispute qui a mal tournée par rapport à ce M. Anonyme, justement. Cédric n'a pas compris qu'elle ait voulu le lui cacher et il est persuadé que sa lettre lui a fait plus plaisir que la sienne, etc. Et c'est parti en cacahuète, si bien que Cédric a déclaré qu'ils ne pouvaient plus continué comme ça. Alexie a été sur le choc et elle a beaucoup pleuré, mais en même temps, je pense qu'un gars qui réagit comme ça, n'est pas pour elle. Peut être que son admirateur secret sera plus à la hauteur…

Puis, il y a le mien, « mon prince »… Je plonge la main sous mon oreiller pour en sortir la statuette. Je la caresse doucement du bout du doigt tout en réfléchissant. C'est quelqu'un qui me connaît bien, c'est indéniable… Pour savoir que j'aime le rouge et l'odeur de mon shampoing. Parce que ça ne peut pas être un hasard, surtout après le mot… C'est sur ces pensées que je ferme doucement les yeux, ayant finalement trouvé le sommeil.

oOoOo

Je marche dans la neige du parc. Je me sens bien. Je regarde les flocons tomber doucement. Un éclat m'attire soudain, quelque chose dans le lac brille. C'est un médaillon. Je plonge la main dans l'eau glacée et lit le message incrusté dans le médaillon « ton désir le plus cher ». Je l'ouvre et y trouve une statuette. Je souris en la reconnaissant. Mais elle se modifie, l'épée se transforme en rose et le visage du prince de porcelaine se transforme pour laisser place à celui de Dubois. Je regarde avec effarement la statuette qui grandit, grandit, jusqu'à faire ma taille. Je me demande alors quelle doit être ma réaction. L'embrasser ? Mais la rose se transforme à nouveau pour reprendre la forme d'épée. Dubois se rapproche dangereusement de moi, avec le même sourire que la fois où il m'a traitée de pute, l'épée brandie. Je veux hurler mais je n'y arrive pas. Il me donne un grand coup d'épée en pleine poitrine et en ressors mon coeur. Je regarde avec effarement mon cœur sortir. Il le prend, le regarde avec mépris, essaye de le lancer dans le lac mais mon cœur reste accroché à lui. Je veux hurler à nouveau parce que j'ai mal mais….

Je me réveille en sursaut, des mèches me collant au front et dans le bas du coup, mon cœur battant la chamade. C'était quoi ce rêve ? Je n'arrive pas à calmer le rythme de mon pauvre cœur. Tout d'un coup inquiète, je mets la main sur ma poitrine, comme ayant peur qu'il sorte. Puis, je me sens soudain oppressée, j'ai besoin de me lever. Fébrilement, je sors de mon lit et m'enroule dans une robe de chambre et descends à la salle commune. Mon regard est attiré par le feu s'éteignant. Je vais m'accroupir au coin du feu et regarde fixement les braises luisant doucement. Elles m'envoûtent totalement.

Et soudain je comprends. Non, ce n'est pas possible…

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