Hola! Que tal? Voici donc le nouveau chapitre (un vrai cette fois :P). Je remercie encore une fois tous ceux qui prennent le temps de me lire et je remercie d'avantage tous ceux qui prennent le temps de ma laisser une petite review, ce qui fait toujours énormément plaisir. Donc, gros merci à Mona33, Earenya, ChupeeSweet, ainsi que Léa et Sophie (la deuxième :P). Je serais bien tentée de menacer les lecteurs qui passent sans donner leur avis que je ne mettrais pas la suite si mon nombre de review n'augmente pas, mais je n'y arriverais pas... Donc j'espère juste que vous donnerez spontanément votre avis à la pauvre auteur sans énormément d'avis que je suis. Bonne lecture,
Lu' ©
Journal d'une sorcière
Chapitre 10: Des millions de gens ont vu tomber une pomme, Newton est le seul à s'être demandé pourquoi. (Bernard Baruch)
Puis nous nous sommes délicatement écartés l'un de l'autre, le souffle haletant, ses yeux d'un marron doux et désirable plongés dans les miens. Ses yeux avaient une lueur jusque là inconnue. Le si long et à la fois si court instant de notre baiser m'avait fait oublier tout ce contexte qui nous entourer et je me suis souvenue de son haleine alcoolisée. Cette réalité m'arrive comme un coup de fouet : je me suis laissée persuadée, durant de merveilleuses secondes, que tout était possible, que la haine qu'il me porte se transforme subitement en doux sentiments à mon égard. Pauvre cloche ! Ecoutant pour une fois mon bon sens, je m'arrache des bras d'Olivier et cours dans le jardin.
Répétant inlassablement la scène de notre baiser dans ma tête, telle la désespérée que je suis, je n'entends pas Alex arriver doucement derrière moi. Elle ne me pose aucune question et pose sa main sur mon épaule. Je frissonne à peine au contact frais de celle-ci, c'est à peine si je comprends ce qu'elle me dit. Je n'ai qu'une envie, me rouler dans ma couette, me morfondre et attendre doucement et douloureusement que le temps passe… Quoique j'ai aussi soudainement envie de mettre mes chaussettes à pois verts et manger une carotte crue avec de la mayonnaise et… Bon disons que me mettre sous ma couette et tout le toutim passe un petit peu avant le reste. Mais ce dont je suis certaine, c'est que je ne veux voir personne. Faisant contre chagrin de coeur, bonne tête, j'accompagne docilement Alex à l'intérieur, fixant mes pieds et ne regardant pas plus loin que les morceaux de carottes crues que j'ai réussis à dénicher.
oOoOo
Cela fait maintenant quatre jours que cette maudite fête a eu lieu et je n'arrive pourtant pas à penser à autre chose. Et lorsque je n'y pense pas durant la journée, j'en rêve la nuit. Enfin j'en rêve… ça a un lien je suis sûre, mais étant donné que mes rêves ne sont jamais clairs, ordonnés, précis et j'en passe, ce n'est pas à la manière son visage me hante toute la nuit… Quoique j'aimerais bien… Et voilà que je recommence !
Je resserre ma couverture autour de mon corps et enfouis ma tête dans l'oreiller. J'entends en arrière fond sonore la voix de ma mère nous criant de venir manger. Damed ! Les repas sont les rares moments où je sors de ma chambre. J'ai bien essayé au début de rester dans ma chambre pendant l'heure des repas mais la façon dont ma mère a de persuader (ou traîner par les pieds jusque dans la cuisine – et il y a bien sûr des escaliers entre ma chambre et la cuisine !) qui est très efficace. Je sors en grommelant de sous ma couette, attache mes cheveux gras dans une queue de cheval négligemment faite et enfile un ancien pull à ma grand-mère que même ma mère a refusé de prendre, par-dessus mon pyjama.
Bon, je suis quand même un peu sortit de ma chambre mais c'était pour la bonne cause, j'allais voir mon frère. Je sais que c'est étonnant mais j'ai essayé de me distraire l'esprit par un moyen utile qui est, me réconcilier avec ma tête de mule et intello d'aîné… Ce qui s'est révélé plutôt efficace, si bien que nous nous parlons comme à des êtres civilisés et que nos relations sont maintenant presque amicales, ce qui est une énorme avancée au vu de nos relations depuis que mon frère est entré dans la puberté on va dire. Eh oui, nous nous entendions bien avant ce brusque changement effectué sur mon frère. M'enfin…
Arrivée dans la cuisine, je m'affale sur ma chaise et regarde ma famille parler avec animation d'un œil morne. Je chipote les trois haricots présents dans mon assiette et esquisse un geste pour me lever. Je suis coupée dans mon élan par la voix puissante de ma mère qui m'interpelle. Je lève d'un geste las la tête et elle me fixe de ses yeux verts profonds et sévères.
« Oui, je demande d'une voix neutre.
- ça ne peut pas continuer comme ça, annonce d'une voix forte ma mère, les sourcils froncés.
-De quoi, je demande de nouveau, d'une voix passablement plus énervée cette fois.
-Mais enfin Cléo… Tu as regardé dans quel état tu es, me fait remarquer mon père. »
Je hausse les épaules et écoute d'une oreille inattentive les reproches de ma mère sur mon apparence ces derniers jour (pour ne pas dire mon hygiène corporelle largement contestable et ma tête perpétuelle de cadavre accouplé à un zombi, ma mère est pleine de délicatesse l'air de rien – à prendre au sens ironique du terme bien entendu !), sur mes inexistantes activités (traduction : « Ma fille ! Tu es une asociale ! »), et tout ce qui va avec. Mon père en rajoute sa couche et Myosotis prend un malin plaisir à souligner qu'elle va à Londres avec des amis dans l'après midi. Pitoyable ! Pour qu'ils me lâchent un peu la grappe, je signale d'un air vague que j'avais justement l'intention d'inviter Adrian. Mes parents prennent alors une moue sceptique (un garçon autre qu'un Purple à la maison ?! Aha, Cléo, génie stratégique en puissance !) et la discussion se termine là. Je me lève prendre un verre de jus de citrouille puis rejoins d'un pas traînant ma chambre sans que mes parents ne refassent de remarques.
Je passe le reste de l'après midi dans ma chambre à regarder le plafond en écoutant de la musique. Pas très productif mais très relaxant. L'heure du repas (du soir cette fois) arrivant, je me dirige à pas lent vers la salle de bain (la pièce la mieux insonorisée de la maison…) pour éviter que ma charmante mère ne me brise définitivement les tympans et prends une longue douche. Cette douche a pour effet de me relaxer et je sors toute détendue de la salle de bain, une première depuis quelques jours. Je me dirige vers la cuisine, j'ai en effet entendu, au lointain (ce qui est complimenter l'isolation performante de la salle d'eau !), la voix de ma mère annoncer le repas tout à l'heure.
Je m'assieds à côté de mon frère et ma mère commence à servir le ragoût. Une fois toutes les assiettes remplies, ma mère se tourne vers moi, les lèvres pincées. Flûte à bec ! Qu'est ce que j'ai encore fait ? J'ai pourtant ramassé tous les emballages de chocogrenouilles avalées en douce… Je l'interroge du regard et elle jette un petit coup d'œil hésitant vers mon père, avant de reporter son attention sur moi. « Cléo… Ton père et moi avons bien réfléchi et… »Aïe… Je m'attends au pire. C'est qu'elle commence vraiment à me faire flipper là ! Je me mordille la lèvre nerveusement et attends la suite avec appréhension.
« On veut bien que cet… Adrien ? Vienne à la maison mais…
-Adrian maman, Adrian, je corrige en retenant le rire qui monte dans ma gorge. »
Toute cette mise en scène pour ça ?! Mes parents sont vraiment des cas. Même ma grand-mère n'est pas aussi vieux jeu ! Ils ont peur qu'on fasse quoi ? Le pire c'est qu'ils sont sérieux, je les connais. Oh my god. Je récupère mon sérieux (difficilement je l'avoue, c'est tellement ridicule !) et essaye de reprendre où ma mère en était. Elle a ce petit pli sur le front qui signale qu'elle est perturbée et glisse de manière qu'elle veut désinvolte et innocente, où se trouve la potion de contraception. J'acquiesce et me lève pour mettre rapidement mon assiette dans l'évier. De là, je cours dans ma chambre et laisse libre cours à mon hilarité. Des larmes m'aveuglent et je n'arrive pas à répondre à la personne qui frappe à ma porte. Mon frère entre quand même et reste interloqué de me voir comme ça. Une fois calmée (et cela a mis du temps !), j'explique à Isaac ce qui me fait tant rire puis nous papotons gaiement plus d'une heure. Lorsqu'il part, je me glisse sous ma couette en souriant, on s'entend vraiment mieux avec mon frère et j'en suis ravie !
Le lendemain, Adrian, prévenu par cheminée le matin même, sonne à ma porte. Ma mère lui ouvre nerveusement et lui tend le sourire crispé que l'on apprend dans les bonnes familles hypocrites (dont, hourra, ma mère fait partie, elle y arrive donc très bien). Adrian, complètement dupe, sourit aimablement à son tour et ma mère le fait entrer tout en l'observant sous toutes les coutures. Je dévale alors les escaliers avant qu'il s'aperçoive du comportement de ma mère et qu'il soit mal à l'aise. Je l'emmène dans ma chambre sous le regard désapprobateur et inquiet de ma mère (je devais vraiment avoir une tête effroyable pour que mes parents fassent un tel sacrifice).
Une fois dans ma chambre, Adrian me sourit en nous nous sautons dans les bras. Même après quatre jours de séparation, ça fait toujours du bien de se retrouver. Puis il observe ma chambre d'un œil inquisiteur. Je rigole à sa réaction et il me tire la langue.
« Non mais c'est que… Je me demandais à quoi ressemblait ta chambre avant de venir et… Je ne m'attendais pas à ça, dit t'il en continuant de laisser son regard balayer la pièce. Mais j'adore ! »
Je hausse les épaules et survole du regard mon petit lit une place dans sa couverture enfantine d'une abeille se posant sur une fleur. Des tas de photos aux sujets divers occupent tout un mur complet. Un maigre bureau encombré de parchemin se tient dans un coin et une porte dans le mur laisse deviner qu'un tas de vêtements se trouve derrière. Le reste de la pièce disparaît sous de divers coussins et même quelques peluches, vestiges de mon enfance. Mais c'est vrai qu'on me retrouve bien dedans. Mais c'est vrai aussi que la petite taille de ma chambre étonne souvent les rares visiteurs…
Adrian s'est allongé sur mon lit, dans une position qui rappelle celle des romains, des ancêtres aux moldus (mon père nous a forcé à inculquer un minimum la culture moldue…). Je rigole à le voir comme ça, puis je prends un air mutin.
« Tu sais… Alexie ne viendra pas cette après-midi… »
Ça ne rate pas, Adrian me regarde d'abord sans comprendre, puis une lueur de compréhension apparaît sur son visage et l'effet est instantané. Il commence par bafouiller des paroles (sans doutes des protestations mêmes) incompréhensibles et son visage passe du rouge au livide lorsqu'il comprend que je comprends justement.
« Pourquoi tu me l'as caché, je demande, plus sérieuse cette fois.
-Je ne sais pas, marmonne-t-il. Je n'arrivais pas à me l'autoriser en quelques sortes, ça me faisait peur… C'est la première fois que je suis autant attiré par une fille et… C'est ta meilleure amie.
-Ouais… Je te comprends, dis-je en hochant la tête. Mais depuis combien de temps ? »
Le visage de mon meilleur deviens encore plus rouge, ce que je ne croyais pas être possible et s'obstine à balancer la tête de gauche à droite, signe montrant nettement la négation. Je m'approche lentement de lui et le force à me regarder dans les yeux.
« Je ne me moquerais pas de toi. Ça me blesse que tu penses ça de moi. Mais si ça te gène vraiment de me le dire, si tu ne me fais vraiment pas confiance, c'est pas grave, je comprendrais…
-C'est pas ça… J'ai honte tu vois, avoue t'il presque malgré lui. »
Je souris à ses paroles. Il est tellement chou. Je passe ma main dans son dos.
« Mais y'a pas de quoi, je le rassure doucement. Et puis ça servirait à quoi des meilleures amies sinon, si ce n'est pas pour parler des choses qui blessent la virilité… »
Il tourne la tête vers moi et sourit à son tour. Puis il attrape nerveusement un bout de son tee-shirt et commence à me raconter.
« Ben, ça a commencé… La première fois que je lui ai parlé, je l'ai trouvée sympa. Mais comme toi, normal quoi ! Puis, je la trouvais vraiment mignonne et au fur et à mesure sa présence me troublait de plus en plus, au bout d'un moment il m'est apparu que je pensais plus que de raisonnable à elle et je me suis rendu compte… Qu'elle me plaisait vraiment. Donc ça date du début de l'année quoi. Mais le pire dans tout ça c'est que… Je suis facilement jaloux des autres mecs maintenant…
- ça explique pas mal de choses en effet… Mais, dis-je pensivement, merde ! Noooon, je suis tellement désolée ! Et moi qui te demande de m'aider pour Alex et Cédric ! Non, je suis bêêête ! Excuse moi Adrian, je me sens si conne !
-C'est pas grave, dit-il en souriant.
-Et… C'était toi alors à la Saint-Valentin ?
-…, rougis t'il.
-Je suis fière de toi, dis en lui plantant un gros bisou sonore sur la joue.
-Eh, proteste-t-il. Bon maintenant que je suis totalement à nu… à ton tour !
-Comment ça ?
-L'histoire d'un certain baiser il y a peu de temps… Tout Poudlard doit déjà être au courant d'ailleurs, remarque t'il, une flamme malicieuse dansant dans ses yeux.
-Il n'y a rien à raconter, je ne m'en souviens à peine, j'avais un peu forcé sur la bouteille, je grogne, me fermant comme un huître.»
Adrian n'insista pas, me voyant sensible sur le sujet, mais il savait aussi bien que moi que le mensonge était bien gros. Je lui en fus d'ailleurs très reconnaissante. Le reste de l'après-midi se déroula tranquillement et nous rigolâmes bien. Ma mère fit quelques apparitions toutes aussi peu discrètes que males justifiées et cela ne fit que redoubler nos fous rires déjà multiples. Avec bien sûr la tentative de ma sœur pour draguer Adrian (pour me faire chier, j'ai bien vu son regard provoquant à mon égard… Puis je la connais…), tentative remballée sec par un Adrian complètement indifférent. Ce que j'ai pu rigoler avec Adrian après… Lorsque fût venu le moment de son départ, il me manqua déjà à peine la porte passée. C'est donc avec peu d'enthousiasme (pour changer) que je me dirigeais vers la cuisine.
A peine assis à table, Eugène prend un ton grave et regarde mes parents d'un air sérieux qui sied mal à un gamin de onze ans.
« Papa. Maman. Je crois que… Comment vous dire… Je suis attiré par les garçons. »
Un lourd silence s'installe autour de la table et j'entends presque la mâchoire de ma mère se décrocher. Presque autant que son verre s'écrasant sur le sol dans un grand fracas. Et je vois les yeux de mon père s'écarquiller tellement que je m'étonne de ne pas voir son front disparaître. Quand à moi ma réaction… Je lève les yeux au ciel.
« Du calme, ne nous emballons pas, je commence d'un ton posé. Eugène, tu n'as que onze ans, ce n'est pas parce que tu trouves un garçon intéressant, ou un truc semblable, que tu es soudainement devenu homosexuel. Tu peux encore changer, alors la prochaine fois, tu attends avant de l'annoncer à papa et maman.
-Mais, je t'assure Cléo, j'ai beaucoup réfléchi à la question… Le grand frère de Simon aussi est comme moi. Mais je n'ai pas honte et d'ailleurs…
-Le grand frère de Simon est grand, comme l'adjectif le suggère.
-Mon petit, si petit garçon, sanglote doucement ma mère (eh oui, elle est vraiment vieux jeu, elle n'a pas compris que la société moderne et raisonnée trouve les homosexuels complètement normal et pas simplement comme une malédiction… Toute une éducation de vieux à refaire !) tandis que mon père lui tapote le dos d'un air compatissant, un air crispé sur le visage.
-C'est bon, c'est pas le retour de Voldemort non plus, dis-je en essayant de dédramatiser mes parents. Puis il est à peine rentrer dans l'adolescence, c'est encore un gamin…
-Eh, proteste Eugène.
-Elle a raison, ajoute d'un ton sérieux Isaac, ton gâché par un sourire qui trahi son amusement face à la situation.
-Bon, tu pourras continuer à me pourrir après si tu le souhaites, continue Eugène de sa voix fluette, mais je veux d'abord te demander quelque chose…
-Vas-y, dis-je en tachant de rester sérieuse, ce qui, honnêtement, est dure lorsqu'on vois le ton sérieux et incompatible avec sa mouille de gamin et sa voix qui n'a pas encore muée.
-Ben, le garçon qui m'intéresse n'est autre que Harry. Harry Potter. Et tu sais qu'il fait parti de l'équipe de Quidditch… Je sais que tu connais bien leur capitaine et… Est-ce que tu pourrais lui parler de moi pour Harry s'il te plaît ?
-T'as cassé ta baguette ou quoi ?! Je ne connais pas ce gars tu m'entends !
-Cléo… Ne parle pas à ton frère comme ça, tu pourrais être gentille avec lui et parler à ce charmant garçon.
-Ce n'est pas un charmant garçon. Je le hais okay ?!
-Mais si, je vous ai vu parler ensemble plusieurs fois, rajoute Eugène.
-C'était pour le traité de doxy avarié, sale chaporouge au cerveau vermoulu !
-Ma vélane… Tu pourrais faire un effort. Ce n'est pas compliqué… ajoute mon père d'un ton qu'il veut posé (mais il est plus perturbé qu'autre chose par la déclaration de mon petit frère…).
-Mais vous ne comprenez rien par Merlin, je crie en me levant brusquement, je le hais, c'est si dur à comprendre ?!! Donc, non, je n'irai lui parler pour rien au monde !! Bouse, bouse et triple bouse !
Et je sors de la cuisine en claquant la porte. Pourquoi il faut qu'on me rappelle sa présence à un des rares moments où j'avais réussis à l'écarter momentanément de mes pensées ? Pourquoi il faut qu'on me rappelle à quel point je le hais mais à quel point je l'aime aussi ?! De rage, je martèle mon oreiller de coups de poings, donne des coups de pied dans les murs, puis me laisse tomber au pied de mon lit. Holy crap, quelle vie de merde justement !
Je sursaute en entendant la porte s'ouvrir. Je balaye d'un geste vif les larmes ruisselantes sur mon visage et commence à crier des insanités et exiger qu'on me laisse seule en direction de la porte. Le visage d'Isaac apparaît alors et je lui demande d'une voix suppliante cette fois, de me laisser seule. Mais mon entêté de frère ne prend pas compte de mon avis et viens s'asseoir à côté de moi. Je lui demande une nouvelle et faible fois de s'en aller, mais il tient fermement sa position. Puis, il m'oblige à relever la tête.
« Tu le hais tant que ça Dubois, me demande t'il doucement.
-Oui, je souffle dans un murmure à peine audible.
-Tu ne devrais pas le laisser t'atteindre. Tu es une Purple non ? »
Sa réflexion m'arrache un faible sourire mais les larmes continuent de couler.
« Mais il y a autre chose… Je me trompe, demande t'il une nouvelle fois.
-Oui.
-Cléo… Je suis ton frère… Je croyais que tu me faisais confiance.
-ça se voit tant que ça, je demande d'un ton désespéré.
-Je suis ton frère, répète t'il en souriant.
-Et…
-Oui ça se voit… Mais pas comme tu pourrais le croire. Dans le sens, les personnes qui te connaissent vraiment bien… Mais tout le monde est dupe car très peu de monde te connaît vraiment p'tite sœur. »
Je ne réponds pas et me réfugies dans ses bras qu'il a ouvert pour m'accueillir… Et je lui raconte. Tout. D'un côté ça me libère de lui en parler, de l'autre, je me sens d'autant plus conne de répertorier et d'étaler une fois de plus ma bêtise, ma stupidité, mes sentiments. A ma grande surprise, mon frère ressert son étreinte autour de moi, puis sourit en me rassurant, que je suis la meilleure et tout s'arrangera. Je le remercie puis lui annonce que je veux changer de sujet, ne plus penser à ça pour l'instant. Alors il me raconte des anecdotes amusantes sur les septièmes années de serdaigle.
oOoOo
Comme chaque fois que nous prenons le Poudlard express, comme chaque fois que l'atmosphère comprend le stress du départ, ma mère gueule, tempête, nous traite de tous les noms, menace et j'en passe. Dans la voiture je me retrouve coincée entre Myosotis et Eugène. J'ai bien essayé de mettre à côté d'Achille que je n'ai pas beaucoup vu des vacances mais ce ch***r de petit frère s'est dépêcher de prendre la place à côté de moi. Résultat, il essaye de m'arracher une entrevue avec Dubois pour que je lui parle de son amour… Godness. Je suis à deux doigts de le balancer par la fenêtre en criant des insanités, mais je me retiens à cause de cette peste de sœur assise à côté de moi. Elle trouverait ça louche que je gueule à chaque fois qu'on évoque Dubois et cette peste tirerait (à juste titre, je le sais !) ses petites conclusions et s'arrangerait pour me pourrir la vie encore plus qu'elle ne l'a fait cette semaine. Non, ça elle ne s'est pas limitée à sa pitoyable tentative de drague sur Adrian, elle a fait tous les petits trucs possibles et imaginables qui font juste chier. Genre, je sais que ce n'est pas grand-chose mais à force ça énerve vraiment (ce qui est d'ailleurs le but de cette garce !!), elle fait exprès de tirer de l'eau lorsque je suis sous la douche. Ce qui fait qu'elle devient soit glacée, soit bouillante, et lorsque je me mets à hurler comme un harpie, elle prend une voix innocente (qui donne envie de la pendre par ses tripes, mais vraiment !) et demande « ah mais t'étais sous la douche Cléo ?! ». Et ça, à chaque fois que j'ai eu le malheur de vouloir me détendre un peu sous le jet, à priori relaxant et tiède. Enfin bref, pour dire que ce serait vraiment invivable…
C'est pour cela que je retrouve avec une joie peu commune le Poudlard express. Ce n'est pas que généralement je déteste y monter, c'est juste que je n'ai jamais été aussi heureuse de le retrouver. Etant, comme d'habitude à cause de cette mère névrosée, très en avance, je trouve rapidement un compartiment libre et mets ma valise dans le filet à bagage. Je n'ai pas à attendre longtemps pour qu'Alex me rejoigne et elle me raconte gaiement sa dernière semaine de vacances. Eden nous rejoint peu de temps après et Gwen arrive dans le train à la seconde où il démarre. Une fois les railleries d'Eden (bon j'avoue que moi aussi…) sur la catastrophe ambulante qu'est Gwen, celle-ci nous raconte ses vacances au ski avec beaucoup d'humour (faut dire que ses petites sœurs sont de sacrés numéros, pires qu'elle !) puis Eden nous narre d'une voix monotones son stage de mécanique magique. Elle a bien essayé d'y échapper en modifiant toutes les horloges de la maison, mais sa mère a riposté en lui criant non-stop pendant une heure, puis en ne lui adressant plus la parole. Elle l'a ensuite inscrit pour la semaine d'après et lui a promis une semaine de plus aux prochaines vacances. Elle a bien sûr soumis toutes les horloges à des sortilèges puissants afin que le drame ne se reproduise plus. Mais le plus drôle est la tête d'Eden nous racontant tout ça.
Puis viens le moment où, après avoir raconter notre semaine commune avec Alexie, je raconte ma semaine. Je passe mon attitude de larve sous silence et oriente plutôt le sujet de mes occupations pendant la dernière semaine à ma réconciliation quasi miracle avec mon frère. Gwen, bien sûr, tombe tout de suite dans le panneau et me bombarde de question à son sujet. Alexie me regarde d'un air suspicieux, bien qu'elle se soit, au préalable, enthousiasmée pour moi. Eden, qui a suivi le regard d'Alexie, me fixe intensément de ses yeux de chat, elle me stress !
Je suis en train de répondre à la question de Gwen concernant les grains de beauté au niveau du bras de mon frère (ah ! Les questions à deux noises de Gwen… C'est que ça m'a manqué pendant deux semaines !) quand la porte du compartiment s'ouvre… Sur Isaac justement. Pendant qu'Eden est en train de contrôler Gwen afin qu'elle évite l'infarctus et le flot de bave incontrôlé, je me lève pour parler à mon frère. Mais celui-ci s'installe tranquillement dans notre compartiment, juste à côté de Gwen qui le regarde avec des yeux de merlan frit (d'ailleurs elle a manqué de s'évanouir quand il l'a salué en souriant – « Vous vous rendeeeeez coooompte !!!!! » qu'elle va dire dès qu'il aura franchi la porte… Alala, ça ne s'invente pas des gens comme Gwen !).
« Euh… Tu fais quoi exactement, je lui demande d'un air soupçonneux.
-Bah… Ils me saoulent dans mon compartiment et j'ai soudain pris conscience que c'est vrai que je n'avais été pas été très cool ces derniers temps.
-Tu peux dire années, y'a pas de problèmes. Mais ça t'a pris, comme ça ?!
-Ouais. Puis Oreste est venu dans le compartiment, tu sais Warren s'entends vachement bien avec lui et il a commencé à me poser des questions sur toi et Olivier… à propos de sa fête quoi et ça m'a vite saoulé alors j'ai trouvé un prétexte bidon pour me barrer et je me suis dit que ça serait cool de te voir, dit t'il en finissant sa phrase avec un grand sourire.
-D'accord, vive le bouche trou !!
-Mais non, je viens de te dire que je t'aime sœurette !
-T'a une drôle de manière de dire je t'aime je trouve… Je plains ta future copine !
-Qui te dit que j'en n'ai pas…
-Instinct, dis-je en ponctuant ça d'un petit ricanement ironique.
-C'est de famille, rétorque t'il en prenant d'avantage ses aises.
-Non, mais ne compte pas t'installer, on était en pleine discussion…
-Continuez, je vous en prie.
-Entre filles…
-Pas de problème.
-De problèmes personnels.
-Encore mieux !
-Dégage !
- Eh, proteste-t-il.
-Moi aussi je t'aime, s'il te plaît, aurais tu l'obligeance de décarrer ! »
Il se lève en grognant et à peine la porte fermée, Gwen, comme prévu, explose.
« Il est troooooop ! Vous avez vu comme il est drôle et mignon et intéressant et gentil et attentionné aussi, et…
-Bon… Gwen, on t'adore mais, commence Alexie.
-Charmant et musclé et…
-Gwen, pourrais tu avoir l'aimable gentillesse de te la fermer, j'interviens alors.
-C'est vrai qu'il est intéressant, affirme Eden.
-Enfin quelqu'un qui me comprend, s'extase Gwen. Mais… Non, en fait je ne suis pas d'accord ! Mais pas d'accord du tout !! Il est pour moi, je l'ai dit la première !
-T'inquiète, je ne disais pas ça dans le sens où tu l'entends… Je ne m'opposerais pas à une folle comme toi, tu peux en être sûre !
-Besoin d'enregistrer ! Besoin d'enregistrer, crie Alex. Eden qui capitule !!
-Mais non, je m'en fiche ! Mais Gwen est cinglée, il faut l'admettre !
-Il faut beaucoup de recul pour pouvoir apprécier une œuvre d'art, dit pragmatiquement Gwen.
-Mais bien sûr, soupire Eden. Bref, qu'est ce qu'il s'est passé à la fête d'Oreste Cléo ?
-On a dansé.
-Super, fait Eden, cynique. Ça c'est incroyable pour une fête !
-Ouais.
-Avec Olivier, sale troll !
-Ah ! Je ne sais plus, dis-je envoyant un discret regard suppliant vers Alex.
-Aha, très drôle, rétorque Gwen. Et moi je ne me souviens plus si Dumbledore a une barbe ou pas.
-Non mais, j'avais un peu bu tu vois et… Ben je ne sais plus ce qu'il s'est passé, dis-je en essayant d'être le plus désinvolte possible.
-Alexie, se tourne soudainement miss commère (appelée Gwen pour les intime), geste suivit très près du regard par miss ragots (nommée Eden par les gens qu'elle juge digne de le faire – inutile de dire ce que j'en pense…). Que s'est t'il passé ?
-Euh… commence Alexie en me regardant furtivement. Cléo était… Ben complètement bourrée et elle a fait pas mal de conneries, comme quand t'es pas très nette quoi !
-Et Olivier dans tout ça, rétorque Gwen, qui ne veut pas lâcher le morceau.
-Elle l'a… embrassé. Mais vite fait et elle était bourrée, répond Alexie en me jetant un regard significatif. »
Je détourne la tête pour cacher les rougeurs que je sens monter mais de toutes façons Eden et Gwen ne remarqueront rien, elles fixent Alexie, avides d'informations qu'Alex essaye de taire (j'espère de tout cœur qu'elles la croiront…).
Le récit d'Alex est bien construit mais je sens qu'elle s'épuise. Ainsi je remercie Merlin quand une personne que je me promets de vénérer jusqu'à la fin de ses jours, vient interrompre le récit d'Alex. Je me fige quand j'aperçois Olivier entrer dans le compartiment. Avant de faire signe à Alexie, il me regarde d'un air perplexe. Je me mords violemment la lèvre pour ne pas me mettre à pleurer. Il me hait. Et je le hais ! Il n'y a aucun problème… Alex se lève et la porte se referme derrière eux. Je tente de calmer le rythme soudainement accéléré de mon cœur. Morgane toute puissante, ce qu'il est beau… Il est même plus beau que dans mes souvenirs… Morgane, guéris moi !
Dès qu'elles sont sûres que ce n'était pas une discussion d'une minute, Gwen et Eden se penchent l'une vers l'autre, un air conspirateur sur le visage. Je m'exclue volontairement et n'écoute pas ce qu'elles peuvent bien dire. Non, moi je maudis Merlin, encore et encore. Bon peut être qu'il a voulu être gentil en m'évitant de vénérer une personne de plus qu'Olivier, voyons le côté positif des choses. Je maudis Morgane aussi, quelle idée de le rendre aussi désirable… Je veux disparaître sous terre, je dois le détester, le haïr comme il me hait !
Alexie revient un peu plus tard, un air neutre sur le visage et elle engage la conversation sur les devoirs de vacances, je soupire mais tente de participer. Cette conversation ne demandant pas une grosse partie de mon cerveau (j'avoue avoir un petit peu négliger mes devoirs ces vacances mais… je ne suis pas une serdaigle en même temps.), je repense à Olivier (être atteinte ou être atteinte, là n'est plus la question !) et décide de prendre de nouvelles dispositions pour éviter que je perde complètement le peu de boule (pas boules !!) que j'ai. C'est décidé, je vais l'éviter ! J'ai eu ce que je voulais, je l'ai embrassé, il m'a même répondu, je n'aurais pas pu espérer mieux. Il fallait maintenant que j'apprenne à renoncer aux causes perdues…
Le train arrive enfin à Pré Au Lard et nous en sortons. Le trajet jusqu'à Poudlard se fait dans les discussions joyeuses auxquelles je participe activement. Le regard d'Alex se pose tout de même, inquisiteur, sur moi. Elle me connaît si bien.
J'évite, pendant tout le repas, de regarder la table des gryffondor et fixe mon regard sur quelqu'un qui ne s'en offusquera pas : mon frère. M'être réconciliée avec lui est vraiment une bonne chose, et je ne dis pas ça par intérêt. Non, ça fait vraiment du bien d'avoir retrouver l'intimité que nous avions ! D'ailleurs, en voyant que je le regarde, il se met à faire des grimaces, ce qui entraîne un fou rire incontrôlable de mon côté.
Gwen me regarde d'un air curieux et suis mon regard qui tombe sur mon frère bien sûr. Et mon frère, c'est un garçon, il faut 'excuser, ayant d'avantage de public (féminin et Gwen, ce qui n'arrange rien), accélère dans son processus de ridiculisation et se coince des boulettes de pain dans le nez. Je suis malheureusement en train de boire et je frôle la crise cardiaque lorsque je m'aperçois de ce fait. Gwen, à côté de moi, s'étrangle de rire si bien que toute la table nous regarde bizarrement. Mais je ne m'en soucie guère (NdA : sac à pomme de te-e-rr-euh) et le mauvais repas, tiraillé par le sentiment d'abstention de regards désespérés et amoureux envers un certain gryffondor qui me déteste cordialement, que je devais passer, se transforme en fou rire général (général représentant… Bon je suis mauvaise en calcul mais… un infime pourcentage de l'école, soit Gwen et moi – mais Gwen dirait 50%, « on est les plus importantes voyons !! »).
Nous remontons ensuite au dortoir et Alexie essaye (mais je dis bien essaye, sans être désobligeante ma meilleure amie a la persuasion d'un moke : quand elle n'y arrive pas, ses tentatives deviennent de plus en plus petites et ça en devient risibles !) de me convaincre de l'accompagner dire bonne nuit à Dubois. Elle ne se rend pas compte que ce n'est pas parce que il l'aime bien que tout d'un coup, il va se découvrir une passion sans limites pour moi. Heureusement qu'encore une fois Gwen est là pour me sauver la mise…
« Mais tu sais bien qu'ils se détestent, insiste pas Alex.
-Merci Gwen. Alex, désolée mais… Je le déteste effectivement, dis je en insistant du regard sur le mot déteste, c'est qu'Eden va finir par se douter de quelque chose (ce n'est pas que je n'ai pas confiance en elle, c'est que je n'ai pas confiance en moi et ma crédibilité… Puis c'est quand même une chose difficile à assumer…). »
Alex n'insiste donc pas plus et va rejoindre Olivier. Je mets le masque de la neutralité et monte aux dortoirs avec Eden et Gwen. A peine arrivées, Gwen se met à battre des mains avec frénésie (eh non, à ma grande surprise elle ne s'est pas jetée sur son lit…) puis un son que seul les animaux peuvent entendre sort (ou ne sort pas, honnêtement je ne sais pas trop étant donné qu'on l'entend à peine…). Interloquées, nous regardons Gwen avec des yeux d'ahuri, puis Eden pose la question.
« Gwen ? Tout va bien ?
-…Isaac…, j'arrive à comprendre de son charabia ultra sonique. »
Nous poussons alors un gigantesque soupir suivi d'un éclat de rire. Gwen arrête alors sa litanie incompréhensible et nous jette un regard interrogateur.
« Tout ça pour… ça, j'arrive à dire entre deux éclats de rire.
-Il sera content ton frère quand on va lui dire qu'il est ''ça'', dit Eden en souriant.
-Bon, dis-je une fois calmée, tu nous traduis ce que tu disais tout à l'heure Gwen ?
-Mais il est génialissime et si…
-J'en ai déjà assez, coupe Eden d'un air mutin.
-T'es jalouse, répond Gwen en tirant la langue.
-Jalouse de quoi, rétorque la grande blonde, récupérant son air hautain (elle ne supporte pas qu'on pense qu'elle puisse envier quelqu'un d'autre que soi même… Un cas pour la psychomagie !!). Jalouse du fait que tu tournes comme une mouche autour d'un gars qui te regarde à peine…
-Ben justement, j'allais vous dire qu'il m'a regardé… répond Gwen sans se démonter.
-Super, dit Eden sarcastique.
-Je m'en fiche de ce que tu peux penser parce que moi je suis heureuse comme ça. Et si toi, tu n'arrives pas être heureuse et que tu veux pourrir le bonheur des autres eh bien, grand bien te fasse mais sache que ça ne m'atteindra pas. Maintenant, tu commences à m'ennuyer alors je te demanderai de bien vouloir pourrir mes idéaux demain matin, merci. »
Et sur ces paroles, quelques peu surprenantes de la part de Gwen, elle se dirige vers son armoire, se met en pyjama et se couche. Sans aucune parole. Et nous la regardons faire, bouches bées. Une fois que Gwen a refermé son baldaquin, je me tourne vers Eden et marque ma désapprobation face à sa réaction excessive de tout à l'heure. Puis je rejoins à mon tour mon lit. J'entends à peine Alexie rentrer dans la chambre une quinzaine de minutes plus tard et demander à une Eden bougon (sans obtenir de réponses, naturellement) la raison de cette petite mine (ah, la délicatesse d'Alexie… Moi j'aurais direct dit '' tête de calamar géant décongelé''.). Et après, j'ai plongé dans un sommeil mouvementé… Agrémenté de rêves bien sympathiques avec un lapin en retard qui coupait des têtes et une reine sadique qui avait emprisonné un Olivier en colère qui me criait que tout était ma faute et qu'il me détestait.
¤ Alexie ¤
J'ouvre doucement mes yeux. Le lit en face de moi est déjà vide et le bruit de la douche se fait entendre en arrière fond. Eden, comme d'habitude, est déjà levée. Je m'extirpe difficilement de sous les couvertures et me dirige vers le lit près de la porte. J'ouvre d'un coup brusque le baldaquin et le tas de couette ronchonne des trucs genre « va manger de la bouse de troll avariée et laisse moi tranquille... », après je ne suis pas sûre, cela correspond si peu au caractère si doux de ma meilleure amie… Ne voyant pas le baldaquin se refermer, une tignasse châtain et emmêlée sort de sous l'oreiller.
« Olivier, Olivier, je murmure d'un air affolé.
-Quoi ?! Quoi, s'affole la tête emmêlée, sortant d'un geste vif de sous les couvertures. Hudson, tu vas me payer ça, ajoute t'elle en me voyant exploser de rire.
-Excuse moi mais… Je ne regrette pas, dis-je en essuyant les larmes causées par mon rire.
-Et je te jure que si elle t'on entendue… grince t'elle entre ces dents.
-T'es ridicule avec ça. Et, à ce propos, tu devrais vraiment venir avec moi et parler à Olivier. Tu sais, si t'es gentille avec lui, il sera très compréhensif et vous pourriez même devenir amis et…
-Je vais me doucher, dit t'elle en me lançant un regard noir. »
Cléo n'est vraiment pas du matin. Ni du midi à bien y réfléchir. Ni même du soir. On d'accord ma meilleure amie a vraiment un sale caractère. Mais en dehors de ça elle est vraiment adorable avec les gens qu'elle aime et elle est vraiment drôle et… Je l'adore !
Eden sort de la salle de bain et Cléo s'y engouffre à son tour. Voyant qu'Eden n'est pas dans son meilleur jour (savoir décrypter : quand Eden s'autorise à mettre son vernis pourpre, ne rien lui demander), je m'occupe de la pénible tâche qu'est réveiller Gwen. Je m'approche du lit qui jouxte la salle de bain, enlève la couette, l'oreiller et traîne Gwen hors du lit (seule manière révélée comme efficace).
Une fois toutes prêtes, autrement dit longtemps après l'heure du lever, nous descendons à la grande salle. J'évite soigneusement du regard Adrian, le regarder me met mal à l'aise et vais m'asseoir à côté de Sam qui dit ses bêtises habituelles. Le repas se passe calmement, ponctué par les regards qui se veulent discrets de Cléo vers la table des lions et ceux qui ne se veulent pas discrets de Gwen vers la table des aigles. Quoi de plus normal ? La seule petite note de changement au tableau est les regards en colère d'Eden sur Gwen et Cléo… Elles ont encore du la contrariée. Bah, ça s'arrangera bien. A la fin du repas, j'essaye encore, de manière discrète, de convaincre Cléo de venir voir Olivier en lui sortant une belle ribambelle de (bons ! Je le jure !) arguments, elle a failli être bluffé mais Gwen est arrivée et a demandé à Cléo de l'accompagner voir son frère. Gwen ou comment l'art de tout gâcher ! Bon je sais qu'elle ne savait pas mais ça énerve !
Je suis donc allée voir, seule, Olivier. Il est vraiment adorable. Nous avons parler de tout et de rien puis j'ai introduit, l'air de rien bien sûr, Cléo. Ce qui est énervant avec ces deux, c'est qu'ils sont mutuellement persuadés que l'autre le déteste et qu'ils sont tous les deux des incorrigibles têtes de mules ! Mais c'est dur de les pousser l'un vers l'autre sans rien révéler. Helga, pourquoi avoir fait de nous des gentils et loyaux amis ?!
oOoOo
Cela fait maintenant deux semaines que j'essaye de les pousser l'un vers l'autre, sans résultats. Lorsque j'avais enfin réussis à convaincre Cléo, Olivier a passé son temps à l'éviter et lorsque Olivier a accepté l'idée de parler à Cléo, celle-ci n'a rien trouvé de mieux à faire que de l'éviter à son tour.
En ce moment, j'essaye de trouver une idée pour faire sortir Cléo de la salle commune où elle se terre pour ne pas croiser Olivier. Ayant trouvé une idée de génie, je préviens Adrian avec qui je travaillais jusqu'à présent, que je retourne à la salle commune. Nous emportons nos affaires et sortons de la bibliothèque. Nous marchons en silence. J'adore vraiment Adrian mais lorsque nous sommes seuls il y a toujours un petit malaise. Mais pendant ces deux semaines nous nous sommes de pus en plus retrouvés seuls (c'est bizarre, je croyais Cléo plus protectrice vis-à-vis de lui mais au contraire, on dirait qu'elle le fuit ces derniers temps. A chaque fois que nous sommes tous les trois, elle trouve un prétexte de bouse et elle part) et le malaise disparaît petit à petit.
Arrivés à la salle commune, je me met en quête de Gwen et lui glisse qu'une fille a un frère très intéressant qui ne doit pas faire grand-chose un vendredi en fin d'après midi. Les yeux de Gwen s'éclaire et elle me demande d'une voix excitée qui est cette fille miraculeuse. Gwen ou l'art d'être vraiment conne (oui, Gwen cumule les ''arts'' on va dire).
« Euh… Gwen ? Je parlais de Cléo là…
-Aaaaaaaah, s'exclame t'elle, ses yeux s'allumant davantage encore (si c'est possible !). Oh oui !! Où est-elle ? Où est-elle ?
-Je ne sais pas… Mais sûrement pas loin… »
Sur ces paroles, Gwen balaye la salle du regard, puis s'élance vers les escaliers du dortoir. Maintenant il ne me reste plus beaucoup de temps. Adrian est allé rejoindre Sam et Bart. Je dois aller rejoindre Olivier et l'amener sur le chemin entre la tour de Serdaigle et notre salle commune. Je cours pour sortir et ne fais pas attention aux pas qui résonnent derrière moi.
Mais soudain, une main m'attrape le poignet. Je m'arrête et me retourne.
Adrian.
Il me regarde de sa manière si particulière, qui te fait tout de suite te sentir à la fois à l'aise et mal à l'aise… C'est difficile à décrire. Je lui jette un regard interrogateur et il me sort un papier de sa poche.
« Tiens. Bart m'a donné ça pour toi.
-Oh… Merci.
-C'est pas moi qu'il faut remercier. C'est Bart, dit-il en souriant.
-Mmmm… à toi aussi, t'es venu jusqu'ici pour me le donner. Et c'est quoi en fait ?
-Je ne sais pas… Un dessin que tu lui avais demandé je crois, répond-il en haussant les épaules. Bon à tout à l'heure alors…
-Ah… Euh… Oui. A tout à l'heure. »
Il repart dans la direction opposée. Et moi, je reste au milieu du couloir. Comme le plus con des hiboux (et Merlin sait qu'il y en a !). Puis, prise d'une soudaine impulsion, je l'appelle. Il se retourne et je marche jusqu'à lui.
Nous nous regardons dans les yeux. Je ne lisais rien de particulier dans ses yeux… Je voyais juste du gris, un beau gris, qui me fixait. Puis, je me suis approchée de lui et l'ai embrassé. Sur la joue, un peu près des lèvres, mais toujours sur la joue. J'ai murmuré un petit ''merci'' et suis partie… Pour m'effondrer contre le mur au coin du couloir.
J'avais osé. Et surtout je savais… Je savais maintenant qu'Adrian était plus qu'un simple ami pour moi. Mais lui ?
Bouse ! Cléo et Gwen arrivent. En plus de ça, mon plan a foiré. Je vous présente Alexie Hudson, reine des connes (et pour couronné le tout –cette reine quoi-, ça rime !).
« Alex, s'écrie Gwen. Qu'est ce que tu fais là ? Et assise comme ça ? Oh et tu sais quoi ?! Cléo a eu une super idée… Elle va proposer à Isaac de venir avec nous à Pré Au Lard demain… Comme ça je pourrais être avec lui, toute une journée… Tu te rends compte !! »
Et voilà qu'elle se remet à frapper dans ses mains avec frénésie. J'aime la voir comme ça et j'imagine aussi la tête d'Eden quand elle va savoir ça… Je pense qu'elle ne va apprécier que le sujet de leur récente dispute qui a mis quand même une semaine à finir, nous accompagne à Pré Au Lard. Oui, car Isaac va sans aucun doutes, accepter. Pour faire plaisir à sa sœur et à Gwen, qu'il apprécie bien (il faut dire que Cléo en a mis du sien pour les rapprocher !).
Bouse, Cléo me regarde avec son petit sourire en coin… Aurait t'elle deviner quelque chose rien qu'en croisant Adrian, puis moi-même ? Faut dire qu'elle nous connaît si bien… Et ça signifie sûrement que… Noooon ! Adrian en a strictement rien à faire de moi…
¤ Cléo ¤
Le bruit de la pluie tapant sur les carreaux me réveille. Je me lève donc et vais jusqu'à la fenêtre. Le temps est gris et la pluie verse à flots. Il est tôt, même Eden n'est pas encore levée. Aujourd'hui nous allons à Pré Au Lard, ça promet d'être amusant avec un tel temps… Je prends une douche rapide puis descend à la salle commune, silencieuse. La salle est vide à part le fauteuil face à la cheminée, duquel une tignasse brune dépasse, je reconnais instantanément Adrian.
« Problème d'oreiller, je demande en m'approchant.
-On peut dire ça comme ça… Et toi ?
-La pluie m'a réveillée.
-Ah ?
-Dis moi…
-Moi.
-Aha, sérieusement…
-Sérieusement.
-Cléo, me dit-il d'un ton contrarié (et surtout contrarié par son sourire).
-Cl…je commence.
-Tu vas me prendre longtemps pour un con, me demande-t-il.
-Bon d'accord, j'arrête.
-Merci. Mais je ne l'entendais pas dans ce sens.
-Ah, je réponds en me mordant la lèvre inférieure. Et dans quel sens exactement ?
-Tu continues…
-À quoi ça sert que je te le dise puisque tu le sais ?
-Ça me vexe que tu ne me fasses pas confiance…
-Mais je te fais confiance… C'est juste… Difficile à assumer.
-Mmmm… Mais depuis quand ?
-Je ne sais pas trop… Trop longtemps.
-On est fait pour s'entendre, dit-il dans un clin d'œil.
-C'est sûr, dis-je en rigolant. Câlin ?
-Câlin.
-Au fait, elle t'a fait quoi Alex hier pour vous mettre dans cet état, je demande une fois la câlin terminé. »
Adrian se met à rougir fortement et il allait me raconter quand Bart débarque dans la salle commune sur les fesses (il a raté la dernière marche…) et met ainsi un terme à notre conversation.
oOoOo
Et voilà ! Douée comme je suis, j'ai réussis à perdre notre groupe. Un groupe que toute la galaxie aurait juré comme imperdable (bruyant, beaucoup de gens, aux couleurs vives, etc.). Bravo Cléo ! En plus mon frère a eu la bonne idée de nous emmener dans '' un petit coin super sympa'', résultat je ne sais même pas comment rejoindre les trois balais, la pluie tombe dure et ma cape n'est pas assez imperméable et si je retourne sous la pluie je serais définitivement trempée. Avec un peu de chance ils repasseront devant le porche où je me suis abritée…
Vingt minutes que j'attends… Ah ! Quelqu'un arrive ! Merde, la pluie tombe d'autant plus fort ! Là, ça devient carrément du suicide de retourner la dessous, ça doit carrément faire mal vu l'intensité de la pluie.
La personne vient s'abriter à son tour sous le porche… Bouse ! Ce n'est aucun de mes ''joyeux camarades'' (ouais, lâcheurs surtout !). Je me tourne pour observer l'individu et… Centuple bouse, pourquoi c'est toujours à moi que ça arrive. Olivier.
