Bazour. Alors tout d'abord je suis désolée si ce chapitre est moins bon que les autres, mais j'ai eu pas mal de mal à l'écrire alors... Bah je pense que le résultat n'est pas des mieux mais... On fait ce qu'on peut avec le cerveau qu'on a on va dire. Sinon, je remercie sayu-love, Léa (love you chou'), Choupaline, desea oreiro, Sophie (vive le roi :P), ChupeeSweet et Mona 33 pour leurs gentilles review qui m'ont bien encouragé à continuer... Je ne vous remercierais jamais assez je crois. N'hésitez pas, je le rapelle (ça ne fait jamais de mal :P) de me laisser votre avis mais sinon je suis quand même flattée pour ceux qui me liront jusque là. Et bonne lecture à tous!
Petit mot pour Choupaline: Héhé, ça me fait plaisir que ça te fasses plaisir que ça me fasse plaisir. ;) Eh bien si tu veux continuer sur les chansons, je te propose pour ce chapitre See you, de Mika. :D Bref, encore merci pour ta gentille review (j'aime beaucoup tes review, tu me donnes un avis développé et super gentil, ça fait vraiment, vraiment plaisir). Pour la reflexion d'Eden... Je te laisse lire. ;)
Lu'
Journal d'une sorcière
Chapitre 12 : You don't know me at all.
« Qu'est ce qu'il y a, demande la voix étonnée d'Olivier à travers la porte.
-C'est à propos de Cléo, commence l'autre voix d'un ton un peu énervé.
-On en reparlera plus tard, okay, soupire la voix agacée d'Olivier. J'ai faim là.
-T'es vraiment chiant Olivier, s'exclame l'autre voix, exaspérée. Que ce soit avant que tu sortes avec elle ou pendant, tu refuses d'en parler… C'est quoi le problème avec cette fille a la fin ? Je suis ton meilleur ami ou je ne le suis pas.
-J'ai vraiment faim et ça risque d'être trop long à expliquer… Plus tard, je te le promets, répond Olivier d'une voix fatiguée (sûrement par les reproches de cet imbécile de Martin…). »
Je m'écarte de la porte, me doutant qu'ils ne tarderont pas à partir et entraîne Adrian dans le couloir voisin. Il me regarde mais ne fait aucun commentaire, néanmoins, il passe doucement son doigt entre les petites rides aux coins intérieurs de mes sourcils. Je me détends un peu mais réussit seulement à faire un petit sourire crispé. Adrian éclate alors de rire, détendant ainsi l'atmosphère lourde qui régnait entre nous (enfin surtout entre moi, devrai-je dire…).
« Relaxe ma belle, il n'a rien dit de compromettant à ce que je sache…
-Mmmm… Mais c'est si… Soudain. J'ai quand même peur que ce ne soit qu'une grosse farce, j'avoue à contrecœur. Et le fait qu'il ne veuille pas en parler et n'en ait jamais parler auparavant… Bah je me pose des questions.
-Tu te fais trop de soucis, me répond-il en souriant. Allez viens, les autres doivent déjà être en train de manger. »
Il m'attrape par la main et mes inquiétudes s'évaporent… Pour le moment. Nous rejoignons donc la grande salle et retrouvons nos amis. Adrian s'assoit en face de Bart et à côté de Gwen, à la grande surprise générale, laissant la pauvre Alexie, complètement seule (enfin de lui quoi). Mais celui-ci ignore nos regards étonnés et commence à beurrer ses toasts, l'air de rien. Je m'assois à mon tour mais à côté de Bart et bien que personne ne fasse de réflexions à voix haute sur la place d'Adrian, Bart se penche tout de même vers moi pour me demander quel sort j'ai utilisé contre mon pauvre meilleur ami.
J'éclate de rire et lui jure sur la tête de Merlin que je ne lui ai jeté aucun sortilège de confusion ou quoi que ce soit qui y ressemble. Il me jette un regard suspicieux puis se penche à nouveau sur mon oreille et me glisse d'une voix amusée qu'il devrait être châtié de sa témérité. Je le regarde, perplexe mais un sourire se dessine lentement sur mon visage, pour s'élargir d'un coup lorsqu'il prépare une cuillère de porridge, ayant une position bien étrange pour une personne voulant la manger… Bart, comme ça, et surtout à côté de Sam, ne paraît pas vraiment farceur ou je ne sais quoi mais… Les apparences sont parfois trompeuses. Le porridge dégoulinant sur la joue d'Adrian en est une preuve assez flagrante.
Lançant ainsi les hostilités, Adrian riposte suivit de près par Samuel qui attaque également le prétendant prétendu lâcheur. Hostilités vites interrompues par une Mc Gonagall pas de la meilleure humeur qui leur inflige une retenue. Le plus dur pendant la présence de Mc Go est de ne pas rire devant la tête penaude d'Adrian pourtant plein de porridge, l'air sérieux de Sam gâché par la fourchette restée plantée dans ses cheveux et le fou rire qui menace Bart alors que la professeur de métamorphose le fusille du regard.
La doyenne des professeurs s'en retourne ensuite à son propre porridge qu'elle ne regardera pas de la même manière si l'on veut mon humble avis. Dès son dos tourné, Alexie, Gwen et moi (Eden ne s'en mêle pas, elle se contente de nous regarder d'un air narquois, la situation l'amuse visiblement…) devons batailler ferme pour éviter qu'ils ne reprennent la bataille et par conséquent, avant qu'ils ne se reprennent une retenue… Bataille qui vaut une belle fureur à Gwen ''entomaté'' et ma propre personne tartiner de confiture telle une vulgaire tartine. Gwen et moi quittons donc les lieux, vexées comme des poux.
Nous remontons alors prestement à notre dortoir afin de nous débarbouiller en bonnes et dues formes et de ressembler un peu à autre chose qu'à un petit déjeuner ambulant. Alors que nous méditons un plan d'attaque, car nous méritons vengeance (!), les personnes justement concernées arrivent dans la salle commune, dans un état encore plus lamentable que lorsque nous les avions laissés. Avec Gwen, nous levons les yeux au ciel mais ne pouvons finalement nous résoudre à appliquer la vengeance que nous avions concoctée en voyant d'heureux sourires sur leurs lèvres. Leur espièglerie nous fait sourire également… Ce sont vraiment des grands enfants… Mais nous en sommes loin de leur porter préjudice, aussi bien Gwen que moi savons que nous ne sommes pas des exemples de maturité. Et heureusement d'ailleurs, c'est bien plus drôle comme ça.
Aussi, nous les rejoignons, tous sourires (quand même accompagnés de sarcasmes… Il ne faut pas exagérer, attendrissement ne veut pas dire toutes moqueries exemptées). Bart me tire la langue, Sam fait un crochet par Gwen et lui assène une tape sur le sommet du crâne alors qu'Adrian… Est tiré de force par Bart alors qu'il contemplait, un peu trop passivement (pour ne pas dire regardait comme un merlan frit) ma chère et tendre meilleure amie.
Alexie vient d'ailleurs à ma rencontre et j'ai toutes les peines du monde à ne pas rigoler en songeant qu'elle n'avait même pas remarquer. Ironie du sort, elle vient me faire remarquer que c'était très drôle de voir Olivier me regarder en rigolant durant une grande partie du petit déjeuner. Bouse… Et je n'avais même pas vu. Je me sens rougir légèrement et détourne le regard un instant. Alexie rigole doucement puis me tend une lettre en me signalant que c'est arrivé à l'heure du courrier, juste après que Gwen et moi soyons sorti.
Je la remercie et ouvre la lettre, curieuse car l'écriture de l'enveloppe n'est pas celle de mes parents. A mesure que j'avance ma lecture, je sens mon visage s'embraser furieusement. Je ne suis pas aidée qu'Alex, essaye tant bien que mal de contenir son rire. La lettre est d'Olivier. Il me donne rendez-vous sur le terrain de Quidditch dans environ une petite heure mais… Le fait est que je ne m'attendais certainement pas à ce qu'il fasse ça. Mais ça me touche énormément et je n'en suis que plus folle de lui. Je me rends alors compte que… En fait si je connais très bien Dubois, je ne connais absolument pas Olivier.
Je tends la lettre à Alexie qui n'attend que ça (j'aurais fait la même chose dans son cas) et vais m'asseoir dans le fauteuil à côté du canapé dans lequel sont Eden et Gwen. Je n'essaye même pas de suivre leur conversation et me plonge dans mes pensées. J'ai hâte d'aller retrouver Olivier… C'est marrant parce que je n'ai pas l'impression que nous sortons ensemble depuis seulement deux jours.
Je sursaute en voyant quelqu'un occuper soudainement mon champ de vision qui jusque là se limitait au sol. Alexie me saute dessus puis part d'une danse de la joie dans laquelle elle m'entraîne. Je suis agréablement surprise par cet excès de gaieté mais souris et finis même par mener cette danse. Une fois rassise, je pose la question à Alexie quand à la raison de son euphorie soudaine et pour toute réponse elle me rend la lettre d'Olivier.
Je me sens piquer un nouveau fard et mon amie s'extasie quand au romantisme du capitaine. Je souris, heureuse puis estime qu'il est justement temps d'aller à mon rendez-vous (NdA : en français dans le texte.). J'informe Alexie que je pars et les yeux de celle-ci s'allument en me souhaitant bonne chance. Le sourire fini de se graver définitivement sur mes lèvres aux paroles d'Alexie et je rejoins le terrain donc… Bah en souriant.
J'arrive sur le terrain de Quidditch et voit l'équipe de Gryffondor se diriger lentement vers les vestiaires. Alors que je cherche des yeux mon beau capitaine, deux mains se posent doucement dessus. Son espièglerie m'amuse et je prends un malin plaisir à énoncer le nom d'Oreste. Je me tourne alors, faisant mine d'être surprise face à lui et remarque avec amusement la figure déconfite d'Olivier. Je m'approche alors et l'embrasse doucement sur les lèvres et en soufflant un petit « je t'ai eu ».
Avec un grognement vexé il se retourne mais me prend néanmoins la main pour m'emmener sur les gradins. Là, je prends appui contre son torse et nous fixons rêveusement le terrain… Mmmm… Je l'ai enfin ma petite scène, je pense en souriant légèrement. Ses mains me caressent doucement les cheveux et je suis vraiment bien. Nous sommes ainsi depuis, je dirais cinq minutes, quand sa voix me tire de ma rêverie.
« Cléo ? Je voulais te dire que… Bah je suis désolé si tout a été un peu vite et… Je sais que je n'aurai pas dû te sauter dessus comme ça à la sortie de la grande salle hier soir alors que je ne savais pas ce que t'en pensais, commence-t-il, un pli barrant son front.
-Olivier ? Regarde moi. Est-ce que j'ai eu l'air de m'en plaindre ? Sérieusement. Mais comment t'en est arrivé à penser ça ?
-Ben, c'est après coup… Bon d'accord c'est Angelina qui m'a fait la remarque, avoue-t-il face à mon regard sceptique. Mais c'est vrai… Je t'ai quand même un peu forcé la main… Je suis vraiment, vraiment désolé. Mais en même temps j'en avais vraiment envie aussi et je n'avais pas envie de me préoccuper des autres pour le moment. Je sais que j'ai agi de manière égoïste et…
-J'aime voir Dubois désolé, je le coupe d'un air mutin.
-Garce, dit-il en me dégageant de lui pour se mettre à bouder. »
Reprenant contenance, je m'approche de lui et l'embrasse sur tout le visage. Il finit par se retourner et arrêter de bouder en me pardonnant. Puis il me demande d'un air coupable si je le pardonne à mon tour. Je me mets à éclater de rire et lui assure qu'on s'en fiche de l'opinion des autres. Si ils pensent que ça fait bizarre, qu'ils pensent que ça va trop vite, on s'en fiche. C'est nous que ça concerne. Pas eux. Et puis j'en avais diablement envie aussi…Son visage reprend alors une teinte assurée pour passer à… Oui je dirais diabolique. J'ai peur.
« Et si on faisait un tour en balai tous les deux.
-Ah je vois… Tu veux m'humilier en me conduisant sur ton balai ? Rêve Dubois. Je ne m'abaisserai pas à me faire conduire sur un balai. Et puis quoi encore ?
-Dommage… J'avais préparé l'appareil photo et je me serai amusé comme un petit fou à les accrocher dans tout Poudlard… T'imagine la réputation de l'équipe de Poufsouffle…
-Fais attention à ce que tu va dire… je le coupe en le menaçant du doigt.
-…Déjà que c'est pas bien glorieux. »
Je lui saute alors dessus et s'en suis une série de roulés boulés jusqu'en bas des gradins, nos habits et cheveux en piètres états mais de grands sourires illuminants nos visages.
« T'as vu où nous conduises tes gamineries Dubois ?
-Je préférais quand tu m'appelais choupinet… déclare Olivier d'une voix niaise.
-Dans tes rêves… Plutôt sortir avec mon pire ennemi…
-Je suis censé rire là ?
-Va mourir Dubois, va mourir. »
Nous nous relevons en riant puis je déclare avoir besoin de retrouver figure humaine et après avoir donner une belle tape sur l'arrière du crâne de mon cher et tendre pour avoir confirmer quand à ma tête de zombi, je retourne à mon dortoir.
oOoOo
Les deux semaines qui suivirent se passèrent tranquillement. Adrian et Alexie sortaient enfin ensemble suite au coup de maître que nous avions monté, même si je passerais sous silence toutes les chances que ça a eu de rater en passant par Gwen qui ne voulait pas laisser Alex seule sans savoir pourquoi (elle craignait que nous soyons partenaires de l'esprit réincarné de Voldemort et que nous voulions l'isoler pour la tuer parce qu'elle est née moldue, Gwen tout craché quoi) et le fait qu'Alex sorte de la douche quand Adrian fût arrivé pouvait prêter à confusion… Je ne parle pas non plus du mal (et celui d'Adrian retombant plusieurs fois sur les escaliers) que j'ai eu à le faire léviter jusqu'en haut, j'étais nerveuse et sursautait au moindre bruit de peur de nous faire surprendre par quelqu'un (si on découvrait notre moyen de faire venir les garçons aux dortoirs, ça deviendrait l'anarchie… Enfin, j'exagère sûrement mais… Bouse !).
Sinon, notre relation avec Olivier se passa bien (en même temps, deux semaines, ce n'est pas beaucoup). Nous arrivions à nous octroyer que peu de temps, entre nos cours, nos devoirs et nos entraînements respectifs, souvent pas très bien utilisé, notre manie à nous taquiner, voire même carrément nous disputer, n'étant pas passée et il a fallu qu'Alex intervienne trois fois pour nous réconcilier mais… Sortir avec lui est, quoi que j'en dise devant lui (hum…), magnifique.
Néanmoins, le plus gros inconvénient de sortir avec un capitaine très côté après avoir passé plus de deux ans à le moisir c'est que, maintenant, de nombreuses personnes (féminines mais je mettrais ma main à couper que, pas seulement…) avec qui je m'entendais bien (sans qu'on soit de grandes amies) me détestèrent cordialement et les marques de jalousie à mon égard se furent nombreuses. J'ai ainsi dû passé une journée avec des cheveux violets (pas très exotique et supportable – ce que ces pimbêches ne peuvent pas imaginer comme étant viable du niveau esthétique, perso je m'en contrebalance !) et une autre avec une queue de cochon (ça, un peu plus gênant, j'avoue… Je retrouve la truie – justement - qui m'a fait ça, je lui fais avaler les cheveux de Rogue !).
Enfin tout ça est oublié quand je le vois qui me souris, qui me fait des clins d'œil, qui m'embrasse, qui me caresse, qui… M'envoie des boulettes de pain, qui se moque de moi, qui me fait attendre parce qu'il a une garce a aller saluer et qui me fait des blagues débiles (la dernière en date, venir me faire un câlin et, pendant l'action, mettre du sel dans mon verre… Inutile qu'avec tout ça, il est devenu le dieu de Sam et de Bart… Maintenant ces crétins le colle tout le temps… Enfin ça c'est une autre histoire.). Mais je ne le laisse pas s'en sortir indemne dans ces cas là et l'assomme à coup de sarcasmes aux bons moments (avoir eu Eden comme professeur durant plus de quatre années aide vraiment beaucoup… Même si sa technique d'apprentissage en ''sarcasmant'' ses élèves est une méthode… Disons exotique et pas des plus agréables… Mais efficace.).
Bref, nous étions pour l'instant dans la salle commune des Gryffondors, dans l'un des fauteuils les plus confortables (d'après son expérience) et en train de lire un magazine de Quidditch. Bon, je sais que ça fait vieux petit couple mais il faut savoir que j'avais failli lui faire bouffer ledit magazine, seulement deux minutes auparavant parce qu'il avait fait exprès de critiquer les Harpies de Holyhead en sachant très bien combien j'adore ce club.
Mais pour l'instant tout va bien. Il me parle de la performance du nouveau Nimbus 2000 et je me retiens de rire quand il commence à me parler de stratégie et qu'il réalise que je suis dans une équipe ennemie… Il s'interrompt donc de l'habituel ''Enfin…'' qu'il sort dans ces situations (c'est-à-dire trois fois par jour) et je me retiens d'échapper l'habituel fou rire qui menace de sortir à chaque fois. Je me tourne alors vers lui, quémandant un baiser, qu'il me donne sans rechigner et alors que nous approfondissons d'avantage ledit baiser, une quinte de toux exagérément forte nous fait tourner la tête.
Je toise d'un air agacé Martin qui se tient devant nous, alors qu'Olivier l'interroge du regard. Martin lui fait comprendre qu'il veut lui parler en privé d'un signe qui se veut discret. Je ne peux pas me voir ce type. Déjà, il est sorti avec ma sœur, ce qui montre une énorme déficience mentale, ensuite, il a le don de nous interrompre toujours quand il ne faut pas. Il est d'un sans gène.
Olivier me pousse alors de ses genoux et se lève pour suivre son abruti de meilleur ami (beurk !). Voyant ma tête renfrognée, il se penche et pose sur la commissure de mes lèvres un petit baiser (eh oui, il lui arrive d'être tendre aussi… Ah ce que je l'aime !) en me murmurant qu'il fera vite. Je grogne toujours (pour la forme !) et les suit du regard.
Marin l'emmène un peu plus loin, à ce qu'il juge une longueur hors de la portée de mon oreille. J'allais me replonger dans la lecture de mon magazine quand la conversation surprise me revient en mémoire… Olivier n'avais pas passé beaucoup de temps avec son meilleur ami ces derniers temps et je sais qu'ils ne s'entendent pas très bien avec les autres personnes qui partagent leur dortoir… Et si ils n'avaient pas pu en parler avant ? Et si cette conversation me concernait ?
Je replonge la tête dans le magazine mais ne lis pas et me concentre pour tenter d'entendre ce qu'ils disent. Si ça ne parle pas de moi, je m'en fiche, ça les concerne mais si ça parle de moi… Bon d'un côté c'est quand même très indiscret et si Alex savait, elle serait capable de me pendre par mes tripes à la tour d'astronomie mais bon … Oh eh puis fuck le bon sens !
« Oui, je m'en souviens… soupire Olivier.
-Bon alors, t'avoue que c'est une histoire de pari.
-…, ne répond pas Olivier (alors que j'ai dans l'intuition qu'il aurait dû protester…).
-Je comprends que tu ne veuilles pas que ça s'ébruite parce que… Bah un pari comme ça ce n'est pas rien et si elle sait, tout tombe à l'eau mais moi, tu peux me le dire, je ne vais pas le répéter !
-Non mais, commence Olivier d'une voix menaçante.
-Dubois t'es vraiment lourd, le coupe-t-il. Mais ce n'est pas la peine… On m'a tout dit. Remarque… Je trouvais ça bizarre que tu sortes avec elle alors que tu ne pouvais pas te la voir en peinture…
-Ta gueule, dit Dubois d'une voix dure.
-T'as la rage que j'ai trouvé que Cléo, pour toi, ce n'est rien, si ce n'est pour un pari. Mais t'inquiète, je serais une tombe… »
Mes pires craintes se sont réalisées au moment où il prononce mon nom… Ce n'est pas possible. Je jette le journal à terre et part d'un pas rapide, des larmes de rage et de tristesse aveuglant mes yeux. Il s'est foutu de moi ce con ! Je n'y crois pas ! Je dois me faire violence pour ne pas crier et me contente de serrer d'avantage mes poings. Mais quel connard ! Et encore c'est un euphémisme… Il a osé, il a osé, il a osé… Cette litanie s'installe en moi et mon cœur est en miette.
J'entre comme une furie dans le dortoir, si bien que la porte menace de sortir de ses gonds et je me laisse tomber contre le mur, les sanglots secouant furieusement mon corps. J'ai envie de crier, mais je n'y arrive pas et mes lèvres me brûlent en repensant à notre dernier baiser. C'est par terre et roulée en boule qu'Eden me retrouve, un quart d'heure plus tard. Elle s'approche alors de moi et me serre dans ses bras en me caressant les cheveux et murmurant des paroles réconfortantes.
D'abord étonnée par ce geste peu fréquemment utilisé de la part d'Eden, je me laisse aller contre elle et je sens que les sanglots, petit à petit, s'amenuisent pour finalement s'arrêter. Je m'écarte alors doucement de mon amie et la regarde d'un air d'excuse. La grande blonde hausse un sourcil et lève les yeux au ciel puis me tend un mouchoir et m'annonce qu'il est l'heure d'aller manger. Je hausse les épaules mais elle me prend par la main et je n'ai pas la force de m'en dégager.
Je me retrouve donc à la Grande Salle en moins de temps qu'il n'en faut pour le réaliser (en même temps, je suis complètement amorphe…). Le repas se passe lentement. Trop lentement. Et je me force à garder le regard fixe sur ma fourchette que je fais machinalement jouer avec les carottes dans mon assiette. Les blagues de Bart passe d'une oreille à l'autre sans que j'en comprenne le sens et même Sam qui fait le pitre en face de moi n'arrive pas à me faire retrouver le sourire. Adrian et Alex sont à mes côtés, tout attentionnés, mais je m'en veux de les séparer ainsi et ça ne fait que rendre mes idées encore plus noires.
Alors que je me lève en murmurant que je n'ai plus faim, Alexie me retient doucement par le poignet et me suggère gentiment d'aller voir ''Olivier'', qu'il trouverait peut être mieux l'attitude à adopter face à mon désarroi. Je ne me souviens pas de toute ma vie avoir lancé un regard aussi froid (et Merlin sait que j'ai pourtant une sacrée expérience).
Les dents serrées, je sors de la grande salle sans que mes amis ne fassent à présent le moindre geste. Alors que je pénètre dans le hall, une main m'attrape délicatement le poignet. Mon masque froid et distant (je le tiens de ma mère…) toujours en place, je me tourne et dit d'un ton énervé.
« Alex ! Laisse moi s'il te plaît !
-Cléo, qu'est ce qui se passe, me demande Celui-Dont-Je-Ne-Prononcerai-Pas-Le-Nom-Que-Je-Me-Contenterai-Juste-D'écarteler-Membre-A-Membre-De-Doloriser-D'avadekadavriser-De-Sectusemprer-Et-Faire-Subir-D'Autres-Tortures-Toutes-Aussi-Alléchantes. »
J'insuffle à mon regard toute la haine qu'il m'inspire et tourne le dos en serrant les poings pour me forcer à continuer mon chemin sans lui arranger le portrait façon Cléo(il ne mérite pas que mes mains ne morflent un temps soit peu pour lui). A mon grand soulagement, il ne cherche pas à me suivre : je n'aurais pas pu me retenir deux fois. Desserrant mes jointures ayant perdu toute couleur, je regarde sans émotions aucune, les marques sanglantes de mes ongles au creux de mes mains et réalise avec effarement que si j'ai envie de pleurer, de me rouler par terre en jurant comme une démente… Je n'y arrive pas. Il m'a vidé. J'ai l'impression d'être morte.
Assise par terre, je ne ressens rien.
Si. J'ai un peu froid.
Je ne sais combien de temps je suis restée, pelotonnée par terre à frissonner. Le désarroi est revenu. Comment a-t-il osé ?
Le temps continue de défiler. Je ne veux pas bouger.
La porte s'ouvre alors doucement et la tête inquiète de Gwen apparaît. C'est bizarre. Cette expression, si inhabituelle chez elle, ne lui va pas du tout. La dernière fois que je l'ai vu c'est lorsque Eden et Chris ont cassés.
Elle s'approche doucement de moi et me demande calmement ce qui ne va pas et si je veux en parler. Boaf. De toute façon, pourquoi le cacher ? J'ai été conne, j'ai été conne. Je l'assume. Je relève douloureusement ma tête et remarque avec étonnement mes joues trempées. Je n'avais même pas remarqué que je pleurais. Le désarroi a à nouveau disparu. Je me sens perdue.
Réalisant que Gwen est toujours à mes côtés, attendant certainement une réponse, je balaye d'un geste négligeant le reste de mes larmes et lui raconte d'une voix morne ce qu'a fait cette ordure. Les yeux perdus dans le vide lors de mon récit, je ne remarque pas les réactions de Gwen mais cela ne me préoccupe pas plus que ça.
J'ai froid.
Gwen me prévient qu'elle retourne chercher Alex et Eden et j'acquiesce sans vraiment me rendre compte de mon geste avant de voir Gwen disparaître dans les escaliers.
La porte se referme dans un bruit mat.
Je suis à nouveau seule.
Bordel.
Oui… ça sonne bien… ça reflète bien mon état d'esprit… Bordel.
Des bruits de pas retentissent derrière la porte et l'instant d'après, Alex me saute dessus. Elle me serre dans ses bras et je sens même quelques larmes couler le long de mon cou. Je m'écarte de ma meilleure amie et la voir ainsi, si désolée et triste pour moi me donne comme un coup de massue. Je ne vais pas me laisser abattre par ce crétin. Je ne lui ferais pas cette satisfaction ! Au prix d'un énorme effort moral, je parviens à sourire. Pas un sourire éclatant, mais un petit sourire, auquel ma meilleure amie répond avec une perplexité néanmoins heureuse.
Je m'excuse ensuite de mon attitude mais leur explique d'un ton fatigué (mais pas déprimé !), que je suis encore sous le choc. Elles me répondent avec sollicitude qu'elles « s'en battent les noix de cocos » et je leur souris à nouveau. Puis, lasse, je me couche après un câlin réconfortant de la part de chacune de mes amies. En me couchant, je ne peux m'empêcher de penser que j'aurais finalement dû écouter ma commère de sœur. Oui… Ma sœur… Je lui dois des excuses je crois. Mais plus tard. Plus tard. Et je plonge dans un sommeil perturbant. Pleins de reproches, de cris, de flashs aveuglants, de tournis et je me réveille en nage, la tête bourdonnante.
La semaine fût nécessaire pour que je sorte de ma torpeur affective. Je suis respectivement passée par l'état de zombi, puis celui de dépressive, puis à nouveau zombi et ainsi de suite. Mais je vais mieux. Grâce à mes amis. Et je vais lui ''niquer sa mère'' à ce con (d'après le cours thérapeutique de Gwen pour extérioriser ma haine intérieure, je reste convaincu que le résultat a un effet plus que discutable, voir même carrément craignos). D'ailleurs celui de cogne fou (reprise améliorée de kung-fu par Bartholomé Tuder) a aussi bien aidé. Bref, j'ai été bien choyé et entouré de mes amis et je suis maintenant entièrement remise de ma rupture. Mieux, j'en suis heureuse.
« Et Dubois n'a qu'à bien se tenir parce que je serai sans pitié. Sa pire ennemie et de retour et je lui ferais mordre plus de poussière qu'un aspirateur moldu !
-C'est normal, tu ne fais jamais le ménage, pouffe Alexie.
-Arrête de tout écraser avec tes grosses chaussures Alex, grogne Gwen.
-Je suis en chaussons, réplique Alexie, prenant un malin plaisir à contredire Gwen.
-Hudson t'es lourde ! »
Eden sourit (est-il utile de préciser le narquoisement à chaque fois ?) et un coussin vient s'écraser sur son joli minois de la part d'une brunette mise de mauvais poil par la deuxième brunette de la chambrée. Nous sommes lundi matin et après ce discours engageant et monstrueusement alléchant, nous descendons tout de même à la grande salle parce que… J'ai les crocs !
Arrivée dans la grande salle, je tombe nez à nez avec ma sœur. Sautant sur l'occasion, je fais signe à mes amies que je les rejoins dans deux secondes et prend ma sœur par le bras pour l'emmener dans un endroit plus à l'abri des oreilles indiscrètes. Non, je n'ai pas le cerveau endommagé par ma rupture avec cette enflure de Dubois, tout ceci est congénitale et n'a donc rien à voir avec le fait que je parle à ma sœur…
« Je suis désolée, je dis en fixant Myosotis droit dans les yeux.
-Ce n'est pas grave, me répond celle-ci en posant une main hésitante mais rassurante sur mon avant-bras.
-Non. Je suis vraiment désolée. Et pas seulement pour t'avoir insulté alors que tu as eu la gentillesse de me prévenir de ce mauvais coup alors que… Bah nous n'étions pas en très bons thermes. Non, je m'excuse aussi de ne pas avoir été des plus gentilles avec toi ces dernières années. Tu ne le méritais pas franchement.
- Cléo, ce n'est pas ta faute. Moi aussi je ne t'aurais pas crue si tu m'avais dit un truc comme ça et… Je crois que nous partageons la faute pour ce qui est de… notre animosité.
-On fait la paix, je demande avec un petit sourire penaud.
-On fait la paix, acquiesce-t-elle avec le sourire. »
Et nous nous sautons dans les bras.
Ma sœur, il y a de ça maintenant deux semaines, est venue me voir et a demandé à me parler. Je l'aie, comme de raison, envoyer bouler. Mais elle a tenu et a chercher dans les deux jours qui suivirent, à me parler en me suivant partout (ou presque… Merlin, elle me laissait quand même aller aux toilettes seule. Quoiqu'elle m'attendait juste derrière la porte… Ouais, partout quoi.) . N'étant pas d'un naturel très patient, j'ai mis ma rancune de côté et ai finalement consenti à l'écouter. Elle m'annonça que c'était terrible, elle avait entendu des rumeurs qui semblaient être sérieuses, car de sources sûres, disant qu'Olivier sortait avec moi pour un pari. Enervée par ma commère de sœur (qui n'était même pas crédible au vu du nombre de rumeurs qu'elle colportait elle-même), je lui ai lancé un acide « T'es pitoyable. T'as vraiment rien de mieux à faire ? » et je suis partie sans demander mon reste, si ce n'est en lui balançant quelque insultes bien ressenties. Et voilà que je passe pour une conne. Parce que j'avais tort et que depuis le début, je juge ma sœur en apparence alors que… Bah, ça reste ma petite sœur quand même.
C'est à partir de ce jour là que je me suis rapprochée progressivement de ma sœur. Certes, elle a un côté un peu superficiel mais ses amies ne l'aident pas à s'améliorer dans ce sens et je ne vais pas bousiller notre nouvelle entente avec mes principes et puis, quand elle est avec moi elle est adorable et c'est ce qui compte non ?
oOoOo
« Cléo ! »
Je soupire et lève la tête de mon manuel de métamorphose. Certes je ne suis pas à Serdaigle, mais si je ne veux pas me boiter magistralement à mes BUSEs, il faut peut être que je commence à réviser… Et c'est impossible si on me dérange toutes les trente secondes… Une vague de cheveux blond arrive en courant vers moi et s'assoit sans grâce aucune, sur la chaise d'en face.
« Myo, je proteste, il faut que je bosse sale troll. Où je vais finir concierge acariâtre qui fera peur à Rusard lui-même tant je serais gravement atteinte du ciboulot, suite à ma dépression causée par la déception de n'avoir eu aucune BUSE lors de ma cinquième, et ô combien fatidique, année.
-Puissant, commente ma sœur, tu devrais quand même repenser à ma suggestion d'aller voir un psychomage, tu sais… »
Je souris puis lève les yeux au ciel et rassemble mes livres devant ma sœur qui n'en peut déjà plus de rester autant de temps dans la bibliothèque (elle a dû y passer en tout et pour tout pas plus de dix minutes dans cette pièce en quatre ans…). Une fois mes livres rangés, nous partons en direction de la grande salle. Arrivée devant ma table, nous nous séparons et je fais un signe de la main à Myosotis qui se dirige vers la sienne. Lorsque je m'assois, j'entends distinctement Gwen grommeler un « pétasse » et Eden pincer les lèvres.
Eh oui, Gwen ne peut pas s'encadrer ma sœur et n'approuve pas, mais alors pas du tout, que nous nous soyons réconcilier. Eden n'arrive juste pas à digérer son allure de petite pétasse, je cite. Mon tact m'a soufflé de ne pas faire la remarque que bien souvent, on pense beaucoup plus à ce que Myosotis soit la sœur d'Eden plutôt que la mienne. Physiquement, ce sont les mêmes (enfin presque). Psychologiquement, ça se corse un peu, Eden est plus cassante, cynique et réfléchie… Quoiqu'il en soit, je dois m'empêcher de rire à chaque fois qu'Eden voit ma sœur et se crispe, mais quoiqu'elles en disent (heureusement Alexie me soutient) ma sœur a beau ne pas être un modèle de… De rien en fait, ce n'est pas un modèle à suivre, point. Bref, elle est quand même géniale et on peut tout lui dire (colporter des rumeurs ne veut pas dire répéter les secrets des autres.).
Je tends la main vers le bacon et me sers largement tout en regardant avec amusement Adrian taquiner Alexie en lui faisant des bisous dans le cou alors que celle-ci tente de le repousser, sans grande conviction cependant. Je me tourne instinctivement vers Eden et nous éclatons de rire ensemble. La relation de mes deux meilleurs amis n'est pas du tout la même qu'entretenait Alexie avec Cédric. Elle est beaucoup plus timide et l'une des premières phrases qu'Eden m'a dit le surlendemain de ma rupture c'est « Regarde Alexie ». C'était la première fois que je souriais franchement depuis ces trois jours qui m'avaient paru comme un mois. Aussi, dès qu'Alexie nous fait sa timide (mais c'est so cuuuuute, comme hurle Gwen dans la salle commune silencieuse quand nos deux tourtereaux sont tranquillement assis dans leur fauteuil commun), avec Eden, nous sommes prises d'une effroyable envie de rire mais bon… C'est une bonne maladie !
Enfin bref, aujourd'hui est une journée comme les autres, avec les fous rires comme les autres, le travail en quantité suffocable (ça veut rien dire mais ça reflète tellement bien la réalité… ON SUFFOQUE, ON EN PEUT PLUS DE CES REVISIONS SOUPOUDREES AUX DEVOIRS !) comme les autres jour (grrrrr) et les bisous échangés par mes trois amies avec leurs copains, comme tous les autres jour. D'ailleurs, nous sortons de la grande salle, tous les six, comme les autres jours. Six ? Je m'arrête dans mon fredonnement débile et recompte mes amis. Bon, je sais, je ne dois pas avoir l'air finaude mais… Qui a dit que je l'étais ?
« Adrian ? Elle est passée où Alexie, je demande en cherchant des yeux ma meilleure amie.
-Oh. Bah elle… Euh… Elle… Est allée voir Chourave. Elle a oubliée de rendre le deuxième parchemin de son devoir et…
-Te fatigue pas, ce n'est pas crédible. Elle est où ?
-Elle est aller voir… répond-il en diminuant tellement la voix sur le dernier mot que je n'arrive pas à en saisir le sens (ou plutôt le nom en l'occurrence).
-Adrian t'est pas drôle ! Je m'en fous, je vais demander à quelqu'un d'autre et… Ma vengeance sera terrible ! Gwen ! Elle est où Alex, je crie en direction de la ventouse accrochée aux lèvres de mon frangin, cinq mètres devant nous.
-Je ne sais pas, me répond Gwen, l'air perplexe tandis que mon adorable frère me fusille du regard pour l'avoir dérangé et perturbée sa petite amie (parce que connaissant Gwen elle va rester bloquée pendant cinq bonnes minutes suite à ça). »
Je grimace et oublie même de faire un sourire mesquin à mon frère (ce qui montre que ça me préoccupe). Me rendant compte seulement maintenant que je me suis arrêtée pour réfléchir mais que mes amis ont continués à tracer leur route, je grommelle (ce qui, soit dit en passant, à la double fonction de, et me soulager de mon mécontentement, et conforter les autres dans leur optique, Cléo Purple ne partage pas un neurone avec Gwen, la preuve, elle arrive presque à parler, ce qui nécessite au moins deux neurones !) et commence, doucement parce que mécontente, à rejoindre mes amis que je ne vois déjà plus.
Alors que je commence à monter les escaliers de marbre, une voix me fait tourner la tête. Alexie ? Ah bah voilà, je l'ai retrouvée ! En bonne santé, pas encore majeure (ce serait inquiétant qu'elle ait grandi en cinq minutes) et vaccinée et en train de parler gentiment avec… Dubois ?
Je me dirige d'un pas rapide vers l'endroit où ils discutent et attrape sans douceur le bras de feu ma meilleure amie en affichant un sourire effroyablement faux à ce [pour préserver un minimum de respect envers la population humaine – et plus particulièrement un certain capitaine -, ce passage est remplacé par un documentaire animalier : la baleine a un engin de 4m.] de Dubois.
« Excuse moi, dis-je à cette ordure qui me regarde interloqué, d'un ton tellement faux que s'en est presque risible.
-T'en a pas marre de faire chier le monde Purple, me lance-t-il avec mépris.
-T'en a pas marre de poser des questions vaseuses, je réponds avec lassitude. Et de me piquer mes amis aussi à l'occasion…
-Ce n'est pas ma faute si tu es si exécrable qu'ils préfèrent venir vers moi… rajoute-t-il en me regardant haineusement.
-Ta gueule Dubois, ta gueule. Tu me fais pitié tu sais…
-C'est toi qui dit ça, me coupe-t-il avec dédain.
-Oui, mais moi au moins je ne sors pas avec des personnes pour de l'argent. »
Et je m'en vais en tirant Alex par la manche. J'en ai marre de ce con ! J'ai dans ma bouche le goût du sang. Je n'aurais pas me mordre aussi fort… Qu'il aille sauter de la tour d'astronomie par Merlin ! Arrivées à une distance raisonnablement loin de Dubois (soit après voir traversé la moitié du château) je m'arrête et fixe Alexie droit dans les yeux, d'un regard froid et meurtrier.
« Tu lui reparles, je dis d'une voix glacial.
-Ecoute Cléo, je sais que c'est ignoble ce qu'il t'a fait mais… J'ai quand même du mal à croire qu'il ait pu faire ça et quoi qu'il en soit, il reste mon ami et vos histoires ne doivent pas interagir avec notre amitié.
-Tu lui reparles, je répète d'une voix sourde.
-Tu peux le répéter autant de fois, ça restera vrai. Je suis désolée Cléo mais je n'ai pas voulu que tu l'apprennes maintenant, alors que tu es encore un peu fragile mais…
-Je suis fragile, je crie, ahurie.
-Ben…
-JE NE SUIS PAS FRAGILE ! ET SURTOUT PAS A CAUSE D'UN CALAMAR GEANT, CUPIDE ET COMPLETEMENT ABRUTI ! Cette époque est révolue depuis longtemps, il n'est plus rien pour moi si ce n'est un cloporte qui m'inspire une seule envie, celle de l'écrabouiller, c'est compris ? Je. Cléo. Ne l'aime. Plus. Olivier. Compris ? Je le hais, je le hais et je le hais, je reprends d'une voix basse après avoir crier tellement fort que plus aucun tableau ne comporte de personnages.
-Cléo. Reprend Alexie calmement et étrangement froide (ce qui est la première fois quand elle ne s'adresse pas à Cédric). Tu comprendras un jour. En attendant, sache que personne ne sera aussi patient que moi mais là tu commences à franchir une certaine limite. Certes, je serais toujours ta meilleure amie, je serais toujours là pour toi. Toujours. Mais soit plus ouverte. Olivier est mon ami. D'accord ? »
Je soupire et me retiens de lui dire ce que je pense une nouvelle fois. Ma meilleure amie est incroyablement têtue et même si j'ai peur qu'il la blesse elle aussi, je ne peux pas l'en avertir parce qu'elle m'enverra bouler. Je ne rajoute rien et m'enfonce dans le couloir, priant Merlin pour qu'elle me laisse seule. C'est incroyablement puérile et quelque part égoïste mais je n'ai pas envie de lui reparler.
Lorsque je reviens, une demi heure plus tard, à la salle commune, je m'assois à côté d'Alex qui m'ignore. Je soupire mais y réfléchit et je pense l'avoir un peu mérité… Un peu. Pas totalement, je suis quand même quelqu'un qui a toujours raison même quand j'ai tort, voyons ! Je mets de côté cette dispute et passe une heure agréable à raconter toutes sortes de bêtises avec Gwen et Bart tandis que Sam, Adrian, Alexie et Eden sont en pleines discussions sur les BUSEs… D'un ennui tel que lorsque nous jugeons le moment opportun, nous lançons à ces tristes sirs un bon sort de rictusempra. Mouahaha !
Après une belle bataille que les quatre autres ont appelé ''Vengeaaaaaaaaaance !'' et après que Karl nous ait mis une heure de colle à chacun pour voir déranger les ''honnêtes travailleurs'' et surtout après qu'il s'est mangé le plus gros coussin, étouffant la fin de son interminable remontrance (comme dit si bien Bart, « une heure de colle, d'accord… Mais Merlin ait pitié… Pas les discours de Karl ! »), je rejoins ma sœur dans le parc où nous nous étions donné rendez-vous. J'arrive un petit peu en avance et choisit un coin d'herbe qui à l'air bien tendre pour l'attendre. Je la vois arriver cinq minutes après, un air manifestement furieux sur son visage maquillé à la perfection. Je l'ai rarement vu comme ça depuis notre réconciliation…
« Quelque chose ne va pas, je lui demande une fois qu'elle n'est plus qu'à deux pas de moi.
-Rien d'important, me dit-elle trop vite, en balayant ma question de la main, faisant ainsi cliqueter les bracelets autour de ses poignets fins.
-Dis moi. Je pourrais t'aider à arranger ça.
-Tu ne peux rien faire pour ça, soupire-t-elle exaspérée. Ce sont des broutilles de toutes façons, ça va passer… Parlons de choses plus joyeuses. Tiens parle moi de tes amis, ça m'occupera l'esprit.
-Comme tu veux, je réponds en souriant. »
Et je lui raconte comment j'ai eu une heure de colle tout à l'heure, puis je parle des blagues que Bart nous a raconter, à Gwen et à moi. Je parle, je parle et ma sœur rit à mes côtés. Je suis bien là, assise dans l'herbe. Parler avec ma petite sœur. Rire. Oui, beaucoup. Alors comment le sujet est-il revenu sur Dubois ?
Je me rends compte alors qu'en fait… Je parle beaucoup d'Olivier à ma sœur. Oui, Olivier pas Dubois. Dans mon esprit se sont deux personnes bien distinctes même si j'ai réussis, un cours instant, à les faire coexister. Ce qui fût, je ne le répéterai jamais assez, une catastrophe.
Je me coupe en plein milieu de ma phrase, qui le concernait et adresse à ma sœur un regard d'excuses. En plus de me pourrir la vie en imposant sa présence, il me la pourrit en s'imposant également dans le peu de discussions que j'entretiens avec ma sœur. Je le hais, je le hais, je le hais ! Répétitif ? Oui ! Ah et… Je le hais !
« Pourquoi ce regard, me demande Myosotis en fronçant les sourcils.
-Je me suis rendue compte qu'en fait… Bah je parle beaucoup de cet abruti de Dubois avec toi et… Je suis vraiment désolée de t'embêter avec ça.
-Ça ne m'embête pas, s'esclaffe alors Myo, ça sert à ça une sœur… Tu peux me parler de tous tes problèmes, te reposer sur moi, je serais toujours là.
-Oui, mais ce n'est pas toi que je devrais saouler avec mes insultes envers Dubois. Mes amis sont là pour ça, je rajoute en rigolant. Non mais sérieusement… Je ne te parle pas énormément alors je ne veux pas passer le peu de temps que j'ai avec toi à pourrir ce scroutt sans importance.
-Mais je n'en ai rien à faire, répète Myosotis, je n'aime pas beaucoup Dubois non plus, le seul lien que j'avais avec lui c'était Martin et comme c'est mon ex… Puis je ne sais pas si c'est très facile pour toi d'en parler avec tes amis comme tu l'affirmes pourtant… Alexie n'est pas l'amie de Dubois ?
-…, je ne réponds pas (je réfléchi… « Oui ça m'arrive, je réponds mentalement à mon Sam pocket se trouvant dans ma tête).
-Oups. Tu ne le savais pas, demande ma sœur un air inquiet, je suis désolée Cléo !
-Non je le savais… Oui, c'est vrai, je soupire. »
Jetant un petit coup d'œil à ma montre, je m'excuse et prends congé de ma sœur en réalisant que mes amis m'attendent à la bibliothèque. Eh oui, il faut bien réviser un peu les BUSEs de temps en temps. Ce n'est pas de gaieté de cœur que j'y vais mais… Quand faut y aller, faut y aller ! Le temps du trajet, je repense à ce qu'à dit ma sœur… C'est un détail que j'oubliais bien trop souvent et que je vais devoir reprendre l'habitude d'y penser. Ma meilleure amie apprécie mon pire ennemi. Beurk. « Et toi tu l'as embrassé, me rappelle Sam pocket » Il faudrait sérieusement que je songe à le sortir de là lui !
oOoOo
« Cléo, franchement, ça te ferait quoi de lui parler ne serais-ce que… Cinq petites minutes. C'est rien cinq minutes.
-Ça me ferait que je gaspillerais mon temps, même si ce n'est que cinq petites minutes, et que je ne veux pas gaspiller mon précieux temps pour une personne aussi peu estimable.
-Cléooooo, implore ma meilleure amie. Juste cinq minutes. Il avait sûrement des… Raisons de le faire et… Va lui parler je te dis !
-Non, non, non. Ce n'est pas négociable.
-Je suis sûre que tu le regrettes, quoi que tu en dises, glisse doucement Alexie. »
Mon visage se ferme instantanément et j'accélère ma marche, maudissant la salle de métamorphose d'être aussi éloignée des serres. Ça fait maintenant environ une semaine, depuis qu'elle s'est réconcilier avec cette ordure quoi, qu'elle essaye de me persuader d'aller voir Dubois et lui parler. Si elle aime rêver… Pourquoi pas ? Mais sept jours sur sept et vingt-six heures sur vingt-quatre, je commence à en avoir marre.
« Cléo… commence Alexie.
-Non, je réponds d'une voix lasse mais ferme (oui, je suis forte), devinant la question qui va suivre.
-Si tu vas le voir…
-Ce qui est bête c'est que ça ne se produira pas. Tu pourras me traîner par les pieds jusque là bas que je lui parlerai pas et ne l'écouterai pas !
-… je te fiche la paix avec ça même si tu n'en reviens pas convaincu, continue Alex comme si je ne l'avais jamais interrompue.
-…
-T'aurais-je, par le plus grand et plus merveilleux des hasards, convaincue ?
-Mmmm… Tape la. Mais tu jures sur les chaussettes préférées de Merlin que tu me laisseras après ces cinq minutes ? Et je chronométrerai !
-D'accord, s'exclame-t-elle, un sourire jubilatoire sur les lèvres. »
Enfin arrivée devant la salle de métamorphose (Merlin je te hais ! Tu aurais dû la déplacer et la rapprocher de nous ! Ça aurait évité de vendre mon âme au diable…), nous rentrons sous le regard réprobateur de Mc Gonagall (non, non, nous n'avons rien fait. C'est son regard naturel !). Je m'assieds à côté d'Alexie et me laisse bercer par la voix de la prof, nous faisant un de ses merveilleux cours théorique. J'avoue que généralement j'adore ça, je sais que je suis folle, mais là, me retrouver face à face avec Dubois pour l'écouter s'expliquer… Ça me fait réfléchir quand même.
Comme pour appuyer mes pensées, mon regard glisse doucement vers lui et je m'abandonne durant quelques minutes à la contemplation de son dos. Ça aurait été tellement bien si il n'était pas si bête et si cupide. Je soupire et reporte mon regard sur Mc Gonagall. Assez de laisser aller pour aujourd'hui ! Ah ce que je me déteste dans ces moments là ! Il faut que je me rentre dans le crâne que je me suis trompée à son sujet. Il faut malheureusement que je me remette ça dans le crâne environ une douzaine de fois par jour.
A la sortie du cours, je tombe sur ma sœur et lorsque celle-ci me demande ce qui me préoccupe, je l'attire discrètement dans un coin isolé pour lui expliquer mon deal avec Alexie et que… Bah que ça me fait un peu peur quand même. Et ma peur s'accentue lorsqu'elle me demande où ce sera. Par Merlin, je ne sais même pas. Heureusement que ma sœur est tout simplement géniale et elle me conseille de choisir moi-même le lieu, ainsi j'aurais l'avantage de prendre un lieu où je serais à l'aise.
Je soupire de soulagement et lui demande donc si elle pense que la bibliothèque est un bon endroit. C'est ce que j'ai trouvé de mieux. Calme, donc si c'est pour m'insulter Mme Pince arrivera au grand galop et c'est un endroit que je trouve paisible, ça me déstressera. Ma sœur acquiesce et me souhaite bonne chance, ce à quoi je réponds, faute de mieux, par un sourire nerveux.
oOoOo
Dix-huit heures vingt-six. Je suis en avance. De quatre minutes. Je suis stressée. Je suis bête et… Il me plaît. Enfin il me plaisait. Et, je le répète, je suis bête. Si il me ressort le grand charme, je suis une fille, et je vais succomber. Je n'aurais pas dû accepter. Parce que je ne peux pas ressortir avec lui. Parce que c'est pour de l'argent, du bête argent. Et que je le hais, non ?
J'ai revu ma sœur et elle m'a conseillé d'être un petit peu en avance. Ça fait mieux et plus sûr de soi. Si elle le dit… Ça fera toujours des minutes en moins à tourner en rond dans le dortoir à me ronger les ongles. J'ouvre la porte de la bibliothèque. J'ai l'impression que mon cœur va sortir de ma poitrine tant il bat fort.
Il n'est pas dans le premier rayon. Il n'est pas dans le deuxième. Il n'est pas…
Non !
« Non, je répète d'un ton surpris et blessé. »
Dubois. Et une fille. Je ne sais pas qui c'est, je ne sais pas pourquoi elle a choisi ce moment, tout ce que je sais, c'est qu'Olivier n'aura plus de lèvres si elle continue comme ça et qu'elle n'aura plus de joue dans une minute si je ne garde pas mon self-control.
JE LE HAIS !
