Ami du jour, bonjour. Ami du soir, bonsoir. Voici le nouveau chapitre mais avant je remercie ceux qui prennent le temps de me lire, ceux qui prennent la peine de ma rajouter dans leurs alertes ou favorites et bien sûr ceux qui prennent le temps de me laisser un petit (ou un grand :p) commentaire, donc merci, merci beaucoup à tous. :D Merci spécial aux revieweurs du chapitre précédent, merci Earenya, Mona33, Kysila, Choupaline, Léa (3), Sayu-love ainsi que celles qui n'ont pas laissés mais qui ont motivées l'arrière boutique merci à ChupeeSweet, Sophie et Lisa. Bon, je vous laisse en espérant que vous aimerez et le conseil chanson pour le chapitre c'est I'll kill her, de Soko.
Lu' (petit c :p)
Journal d'une sorcière
Chapitre 13 : We could have had a boy called Tom
Je me rappelle combien voir sa tête déconfite était jouissif. Je n'avais pas osé imaginer que la cause de tout cela c'était… Lui. Lui, que j'essayais d'avoir depuis l'année dernière.
J'étais pourtant heureuse. J'avais enfin trouvé le moyen de la détruire. Pas que je sois cruel. Il ne faut pas mal me juger. Notre rivalité a été trop importante pour que les morceaux se recollent, je la hais et cette idée est tellement ancrée dans ma tête depuis longtemps que je ne peux plus rien y faire. Puis, je n'ai pas envie aussi, mais ça c'est autre chose. De toute façon, j'ai besoin pour mon moral de détester quelqu'un, puisque j'avais de bonnes raisons de lui en vouloir, c'est donc tombé sur elle.
Ce jour là, cette porte entrouverte venait de me donner la clé de sa destruction morale. J'allais faire, d'une pierre deux coups, l'avoir et la miner par la même occasion. C'était génial. J'ai anticipé mon plan machiavélique et ai ponctué la semaine de petits avant-goûts. Ça me donnait la forme. Puis, arrivée à Poudlard j'ai enclenché le gros plan de drague que je gardais jusqu'à maintenant au chaud.
Je suis quelqu'un de subtile et manipulatrice, ainsi mon plan était sur le point de conclure quand elle s'en est encore mêlée. Je crois que ça fait une raison de plus de la détester. J'ai toujours été la méchante, la manipulatrice (bon, ça c'est vrai) alors qu'elle était la gentille. Une gentille avec du caractère mais un caractère qui la rendait attachante. J'étais juste manipulatrice. Ça me suffisait pour attirer les bonnes personnes dans mes filets mais elle le faisait naturellement, sans aucune arrière pensée. Mais si moi je me risquais à cette tactique pour me faire des amis, Néant. C'était agaçant. Les gens doivent sentir ces choses là. Mais ils se laissent piéger… A moitié du moins. Puisque lorsque les gentils gens arrivent, plus rien pour vous.
C'est donc ce qui s'est passé je pense avec lui. Il est tombé dans ses filets. Je les ai pourtant surveillés. J'étais sur le point de le faire. Je voyais déjà sa tête défigurée par la tristesse et la rage quand mes lèvres auraient embrassés les siennes. J'avais souvent rêvé cette scène mais la voir en arrière plan de cette scène tant attendue rajoutait un côté… Accompli. Comme si tout ce que je voulais été fait. Comblée. Je crois que c'est le sentiment qui s'impose à cette vision.
Au lieu de ça, j'ai eu la scène inverse. Elle a réussis à l'avoir pendant que j'empêchais mes yeux se déloger de leurs orbites, ma bouche hurler un cri de rage et enfin mes ongles de lui déchirer son petit visage horripilant. Je crois que Merlin s'est bien amusé à me jouer ce petit tour. Lui, quand je le tiendrai, il va regretter d'avoir joué à ce petit jeu. On m'entendra crier jusqu'au sommet de l'Everest et sa barbe dont il est si fier va en prendre un sacré coup.
Mais, c'est là qu'on voit que je ne lui ressemble pas. Je ne me suis pas laissée abattre. J'ai mis le masque de la gentille, j'ai fait ce qu'on attendait de moi d'habitude. Bref, j'ai agis normalement, ai fait des petites remarques acerbes sur untelle quand il le fallait, fait des compliments sur untel et machinette aux bons moments. Mais à l'intérieur, je cogitais. Je cogitais à la manière de l'étrangler avec sa propre ceinture (enfin, façon de parler. Quoique…).
Je connaissais son point faible, enfin ses points faibles, sûrement mieux que personnes. Je connaissais ses réactions. Ce qu'il fallait dire, ce qu'il fallait s'abstenir de dire. Il l'avait rendu plus vulnérable que je n'aurais jamais osé l'espérer et grâce à lui, elle allait morfler. Et grâce à elle, j'étais plus sûre de pouvoir sortir avec lui que je ne l'avais jamais été.
Et si Merlin osait mettre ses sales pattes dans mon si joli plan, ça allait barder.
oOoOo
Dubois. Et une fille. Je ne sais pas qui c'est, je ne sais pas pourquoi elle a choisi ce moment, tout ce que je sais, c'est qu'Olivier n'aura plus de lèvres si elle continue comme ça et qu'elle n'aura plus de joue dans une minute si je ne garde pas mon self-control.
JE LE HAIS !
Je quitte la bibliothèque à une vitesse que je ne soupçonnais pas pouvoir utiliser (je me surprends moi-même… Si ce n'est pas fun ça alors ? J'ai envie de lui faire bouffer ses chaussettes ! Oh my god, ça devient grave, j'y pense même dans mes pensées débiles et deconnectées). M'interrompant dans mes pensées, je sers sauvagement les dents, évitant ainsi de ridiculiser ma petite personne et anéantir le peu de dignité que j'ai, difficilement, su conserver lors de ma scolarité en me mettant à hurler comme une démente et massacrer tout ce qui me passe sous la main.
Je passe donc un trajet très dur pour mes nerfs et la porte du dortoir m'apparaît comme une délivrance sans nom. Ladite porte, ne résistant pas un deuxième assaut si violent en si peu de temps, s'arracha des gonds et je marmonne un petit reparo avant de lancer un regard assassin à mes amies qui me regardent tel le troll moyen venant de découvrir une vesse de loup.
Je tente alors de me calmer, ne voulant pas perdre tous moyens devant mes amies qui en avaient déjà assez vu… Elles pourraient tirer des conclusions hâtives et ça ne me plairait pas du tout.
« Cléo, demande Gwen avec des yeux ronds comme des chaudrons. Tout va bien ?
-Oui, excellemment bien, je répond d'une voix qui se veut rassurante, chaleureuse, aimante, mielleuse, pleine de joie de vivre (super clean quoi !).
-Cléo, demande à son tour Alexie avec une voix suspicieuse. Comment c'est passé ton ''rendez-vous'' avec Olivier ?
-Très très bien, je réponds d'une voix doucereuse. »
Pas dupe pour trois mornilles, elles me regardent les yeux plissés, comme si elles essayaient de lire en moi. Puis Alexie soupire et allait laisser tomber (et même me croire j'en suis sûre, ma façade doucereuse et mielleuse allait passer pour de l'indifférence et la joie d'avoir eu raison face à ma meilleure amie) quand les larmes se mettent à couler sur mes joues sans que je n'arrive à les arrêter. Le pire, c'est que je ne les ai même pas senties venir. J'étais presque calmée, un sourire (même faux) convainquant aux lèvres quand j'ai senti ces traînées d'eau salées, lesquelles j'aurais préféré qu'elles restent bien à l'intérieur… Alexie se précipite alors vers moi, un air peiné sur le visage et m'enlace doucement.
« Maintenant je suis fixée…
-Tu retrouves enfin la raison, me sourit Alex.
-Je le hais définitivement, j'annonce avec hargne.
-Hum… se racle la bruyamment gorge Eden.
-Un chat dans la gorge Eden, je demande sarcastique.
-Oui. A poils bleus électriques pour s'accorder au grotesque de la situation, réplique-t-elle.
-Pauvre chat, je réponds d'un air désolé devant le peu de goût pour les couleurs d'Eden.
-Purple, attaque alors la grande blonde. Arrête de nous prendre, et de te prendre, pour une conne et assume au moins tes opinions.
-D'accord. Je ne hais pas cet abruti de Dubois… ça va même plus loin que ça.
-Cléo. Tu l'aimes.
-Bon, je commence en prenant mon courage à deux mains. J'avoue que même après notre rupture je (inspiration forte pour se donner du courage)… éviter de penser à lui. Ça me faisait trop mal. Et je ne pouvais empêcher mon cœur de se serrer quand je le voyais, de vouloir l'embrasser. Je regrettais presque. Mais je me disais ''tu es une Purple, tu ne vas pas t'abaisser à le supplier de revenir. C'est un salop qui ne te mérite pas'' tout le truc quoi… Mais je reviens définitivement sur mon opinion. On ne me fait pas le coup deux fois et je ne serais pas assez faible, ni assez idiote pour aller ''entendre s'excuser'' cet andouille, pour ne pas être vulgaire, de Dubois.
-Et tu pleures de ne plus l'aimer, ajoute ironiquement Eden, dite la délicate et la sensible aussi.
-Je pleure parce que ça fait pas mal d'émotion mais je suis catégorique.
-Tu l'étais avant aussi, s'entête Alexie à son tour.
-Mais bouse, qu'est ce que je ferais avec ce triple crétin qui me traite avec autant de délicatesse qu'une crotte de nez ! Tu peux me croire, non seulement je n'éprouve rien, mais alors rien DU TOUT pour lui, mais en plus il me dégoûte à en arriver à ce degré là de cupidité et de stupidité réunie. »
Alexie lève les yeux au ciel puis soupire et nous prévient qu'elle descend à la salle commune voir Adrian. Eden me jette un dernier regard blasé et passe à son tour la porte du dortoir. Seule Gwen s'approche doucement de moi et me promet qu'elle me croit. Je souris et la serre dans mes bras. Elle est géniale !
oOoOo
La semaine se passa… Non pas bien. Pas bien du tout. Si j'avais eu, le lendemain de mon… Rendez vous comme s'use Alexie à l'appeler (moi j'appelle plutôt ça une erreur, tout simplement), l'impression que ça se tasserait, que mes amies auraient compris… Il n'en fût rien. Si ma meilleure amie ne fit rien le jour qui suivit, elle ne m'en harcela que plus les jours qui suivirent. Rien n'y fit, le rappel de sa promesse de me laisser tranquille, hurler dès qu'elle qualifiait ''Olivier'' d'un adjectif positif (soit vingt-trois heures sur vingt-quatre. Oui, elle me réveille même la nuit pour me chuchoter ''Olivier est gentil et généreux. Il est mignon et délicieux''. Il y a juste de trois heure à quatre heure qu'elle me laisse tranquille parce qu'elle n'arrive vraiment pas à se lever.).
Bref, tout va mal dans le pire des mondes, j'ai des envies de meurtre envers ma meilleure amie, envers Dubois qui est la cause de tout ça (l'air de rien, il réussit à me faire chier sans même m'approcher… Balèze.), envers Eden qui soutient Alexie et me regarde avec son sourire narquois qui me donne envie de lui faire avaler et envers Sam qui fait des blagues nulles, pas drôles ET énervantes (« Vous connaissez la différence entre un troll et Cléo ? … Aucune, ils sont tous les deux bêtes comme leurs pieds ! –Sam, tu es au courant quand même que ta blague est nulle. –Vous êtes tous des jaloux… Mais je ne vous en veux pas, c'est tout à fait normal ! » Désespérant.).
Bref, c'est en sortant de ce cours d'astronomie que je me dis que je ferais peut-être mieux de retourner sur mes pas et de sauter de cette tour qui me paraît si attrayante. J'étais donc plongée dans mes pensées quand une main (en même temps ça va pas être le pied – Tiens, Sam Pocket est revenu ?) m'attrape le bras, me forçant à me retourner. Je retiens à grande peine un grand soupir en voyant ma meilleure amie au bout de cette main. C'est vrai que ça fait bientôt une heure qu'elle ne m'a pas fait l'éloge de L'Abruti…
Mais curieusement, il n'en est rien et Alexie se contente de me sonder de ses grands yeux bruns, en silence. Fatiguée (car il est déjà tard et ce n'est pas qu'étudier des étoiles ne me stimule pas mais…) et irritée (parce que je sais d'avance que je ne vais pas adhérer à ses paroles…) je tourne la tête exaspérée vers elle, sans faire signe de m'arrêter pour autant. C'est quand même triste d'en arriver là, surtout à cause de ce déchet de la société, mais je ne vais pas non plus me montrer ultra jouasse quand ma peste de meilleure amie me fait l'éloge d'une personne que je ne peux physiquement et moralement pas encadrer.
« Alexie, lâche moi un peu la grappe, Dubois ne sera jamais le gentil prince charmant des contes de fées, je ne serais jamais l'ingénue qui retombe dans le piège duquel on vient de la tirer et tu n'es pas marraine la bonne fée qui fait le lien entre les deux, okay ? Tu. M'embêtes. Compris ! »
Alexie ne se formalise pas du ton au mieux irrité et cassant, et me tient le bras jusqu'à ce que je consente à m'arrêter définitivement et me tourner entièrement vers elle. Il en va de soit qu'elle se traîne quelque trois couloirs (et pas les plus petits) à mon bras s'en que je daigne m'arrêter pour elle. Mon bras étant moins tenace qu'Alex, je finis par finalement m'arrêter, les yeux lançant plus d'éclairs que Zeus lui-même.
« Alexie, t'es vraiment insupportable. Je n'en peux plus. Vraiment. Il faut que tu comprennes que j'en ai assez, assez de Dubois qui me pourrit la vie même absent à travers celle que je croyais être ma meilleure amie, laquelle je croyais qu'elle devait me soutenir, je lâche d'une voix lasse et dure à la fois.
-Justement. Je t'aide à ouvrir les yeux. Olivier est celui qu'il te faut. Et tu le sais. Tu ne veux juste pas l'accepter. Tu l'aimes… Alors allez vous expliquer et tout va rentrer dans l'ordre, me répond-elle comme si je n'ai n'avait rien dit.
-Il faut vraiment que t'arrête la poudre de doxy… Et que t'ouvres un peu les yeux par la même occasion. Dubois est plus nocif pour la santé mentale que mettre la tête dans les chaudrons bizarres de Rogue et aussi bêtement méchant que le sympathique dard des charmants scroutts à pétard. Alors arrête de croire tout le monde sur paroles… Il faut que tu apprennes un peu que tout le monde n'est pas tout joli tout gentil ma petite Alexie. Et surtout que tu arrêtes d'essayer de m'en convaincre. C'est tout simplement stupide.
-Je ne pense pas que tout le monde est de petit ange, mais je t'assure, va écouter ce que Olivier a à te dire. Tu verras, il n'y a aucune raison que si il m'ait convaincue, tu ne te laisses pas convaincre aussi … commence-t-elle d'une voix qui se veut posée mais d'où teinte l'agacement refoulé.
-Ecoute… Ce n'est pas parce que toi, tu es naïve et que tu gobes toutes les belles paroles de ce crétin, que je vais faire pareil ! Mais après tout, ce n'est pas grave, ça ne t'engage à rien de le croire, ce n'est pas toi qui va en pâtir, ce n'est pas de toi qu'on se moque ouvertement, ce n'est pas toi qui n'est qu'un vulgaire moyen pour se remplir les poches. Croire ou ne pas le croire ne changera rien à ta petite vie. Alors désolée d'être égoïste et de penser aux conséquences psychomagiques qu'auront le simple fait de retomber dans le panneau, mais NON je n'irai pas lui parler de quoi que ce soit. Je pourrais être en train de mourir que je ne lui demanderais même pas un pansement, je dis avec un dédain si palpable qu'il doit être écrit en lettres fluorescentes sur mon front.
-Tu me traites de simplette si j'ai bien compris ! D'accord. Apprenez à aider vos amis, voilà comment ils vous remercient, lance Alexie d'une voix sardonique, son petit visage rouge de colère.
-Aider ? Je suis consciente qu'au début c'est ce que tu as fait et je t'en suis très reconnaissante, mais quand tu vois qu'il y a un problème tu arrêtes, tu n'enfonces pas le sabre laser dans la plaie, parce qu'à ce stade là ce n'est plus un couteau… Tu vois que ton conseil pour nous rabibocher à carrément merder parce que ce mec est pourri jusqu'à la moelle, tu n'insistes pas ! Mais non, Mâdâme doit renchérir. Surenchérir. Harceler ! Super aide…
-Je crois qu'il n'y a plus rien à ajouter, rajoute alors quand même Alexie, le visage impassible. »
Nous tournons alors les talons et partons dans les directions opposées, le visage fermé. Arrivé au coin du couloir, je m'effondre contre le mur et me met à sangloter. En plus de me pourrir la vie, il me pourrit mon amitié avec une de celle qui compte le plus pour moi. Je vais le tuer. D'une mort lente et douloureuse.
Je sursaute en entendant des gens arriver, essuie rapidement les larmes qui sillonnent mes joues et colle un sourire ''prêt-à-porter'' sur mon visage. Le groupe de personne se rapprochant, je me rends compte que ce sont mon groupe de personne. Mon sourire prêt-à-porter se transforme alors en petit sourire. Mais vrai celui-là. Gwen, voyant ma petite mine, saute à mon cou et me tapote la tête en chuchotant des « ça va aller » réconfortants et exagérément tarte tandis que Sam pouffe à côté. Bart se charge alors à ma place de taper Sam avec son sac de cours et je sens mon humeur s'améliorer.
Mes amis sont géniaux, ils savent vraiment, à leur manière bien à eux, me faire retrouver ma bonne humeur. Alors que Sam m'aide à me relever, Gwen me glisse d'un air rassurant ''qu'ils savent''. Mes sourcils retrouvent aussitôt leur forme incurvée et Bart m'explique alors qu'ils ont croisé Alexie avant de venir ce qui explique l'absence d'Eden et Adrian. Je soupire avec lassitude et regrette déjà mon altercation avec Alex… Ses câlins me manquent déjà et je sens que je vais devoir attendre encore longtemps avant de pouvoir en bénéficier à nouveau… Dubois de merde. Je sens alors le bras de Bart se poser avec réconfort sur mon épaule et la main de Gwen se glisser dans la mienne. Je fais un sourire reconnaissant et Sam, le moins tactile du groupe, se met alors à faire des blagues vaseuses dont seul lui à le secret, pour détendre l'atmosphère.
Je souris en pensant que j'ai de la chance dans mon malheur… Heureusement que je les ai. Nous retournons alors à nos dortoirs et je me rend alors seulement compte que en fait… Bah j'étais fatiguée en sortant de l'astronomie. Une heure plus tôt.
Je me réveille le lendemain. Une nuit sans rêves qui ne comble cependant pas mon déficit de sommeil. J'allais secouer le lit d'Alex pour la réveiller avant que je ne me souvienne que nous étions en froid. La journée n'allait pas être facile.
Je me dirige alors d'un pas de zombi vers la salle de bain après avoir lancé le sortilège d'aguamenti habituel sur Gwen (seul réveil à peu près fiable, ne pouvant parler d'efficace en apposant ''réveil'' et ''Gwen'' dans la même phrase.). Alors que je sors de la douche, Alexie s'y engouffre à son tour sans une parole et Gwen est désormais à mis chemin entre son lit et la porte de la salle de bain. Par terre. Il lui faudra encore le temps de la douche d'Alex pour arriver à la susmentionnée porte.
J'enfile avec flemme mes habits, fait mon sac avec une lenteur propre à celle des gastéropodes et vais taper à la porte de la salle de bain pour stimuler la feignasse qui doit dormir à moitié sous le jet brûlant. Ce n'est qu'après avoir pu lire deux fois mon magazine de Quidditch dans le détail, que la tignasse brune de mon amie apparu alors dans l'encadrement de la porte. Sous les coups du magazine ne pouvant désormais plus servir ne serait-ce que pour caler un bureau branlant, Gwen fut enfin habillée et prête à descendre petit déjeuner.
Le trajet se fait donc dans les grognements de la part des deux garçons qui ont dû attendre bien trop longtemps à leur goût dans la salle commune et ils me menacent même de ''changer de camp'' si Gwen ne se bouge pas un peu les fesses la prochaine fois. Je souris alors et arrivés à la grande salle, nous cherchons une place à la table des jaunes. En passant devant Alexie, Adrian et Eden, Gwen, Bart et Sam s'arrête pour les saluer alors que je vais m'asseoir un peu plus loin. Gwen revient trente secondes plus tard comme une furie en grommelant des insultes peu compréhensibles. Son charabia devient alors encore plus confus lorsque le porridge vient s'ajouter aux insultes dans sa bouche. Alors que je contemple d'un œil amuser ma phénomène d'amie, Bart et Sam arrivent et me transmettent le bonjour d'Adrian qui aurait bien voulu venir me voir mais qu'il préfère rester avec Alexie qui ne se sent pas très bien.
Je hoche la tête, compréhensive. Même si cette situation est quand même un peu (voir totalement) ridicule, ça se comprend. J'étais en colère et ai franchi des limites à ne pas dépasser. Mais je suis aussi consciente que je ne suis pas la seule à avoir abuser et je crois que c'est mieux que nous nous évitions un moment.
Je tends la main pour attraper le paquet de corn-flakes et accorde alors toute mon attention à Gwen qui semble remise et de sa bouchée et de son énervement et qui veut maintenant me faire part de son indignation. Bart et Sam, alors consterné quand à l'emportement soudain de la brune, se tournent également vers elle afin de savoir le fin mot de l'histoire.
« Cléo, commence Gwen d'une voix indignée. Eden a un comportement de peste… tu sais qu'elle ne veut plus te parler parce qu'elle estime que ce que t'as fait à Alex ne ''se justifie pas'' et qu'elle n'éprouvait pas le besoin de parler à une fille qui montait aussi vite sur ses grands chevaux alors qu'il n'y avait aucun moyen de le justifier, et gna gna gna… Et encore je t'épargne les marques vulgaires ! Non mais pour qui elle se prend cette grande asperge pour te traiter de la sorte ?
-Mais laisse… J'avoue que j'ai été assez infect…
-Et alors ? Ça ne la concerne pas ! On ne te répudie pas, nous. »
Je hausse les épaules et Bart m'attrape délicatement la main et la serre affectueusement pour me montrer son soutient. Gwen continue à grommeler à l'encontre de la grande blonde. Sam, lui… Reste égal à lui-même, traduction de : a la tête plongé dans son bol de Corn Flakes. Je souris à Bart et nous suivons le chemin de Sam, autrement dit, le silence s'installe sur notre morceau de table, où règne désormais les mastications.
Alors que nous nous dirigeons vers notre premier cours de la matinée, Eden et Alexie nous passe devant. Si Alexie a le parfait masque neutre, Eden me passe devant avec son air hautain habituel. Je ne m'étais jamais rendu compte à quel point c'est exaspérant ! Manque de chance, notre premier cours est non seulement Défense Contre les Forces du Mal (ce prof me rend folle, d'un côté il a des femmes folles dans son placard, de l'autre il sursaute quand un parchemin tombe par terre… On ne s'y retrouve plus). Mais en plus avec les gryffondors. J'assassine Dubois du regard. A cause de lui je me suis disputée non seulement avec Alexie, mais aussi Eden et sous ses airs hautain et sarcastique… Bah je l'adore et rien que repenser à cette expédition insensée chez Quirrell, ça me fait un pincement au cœur de me dire que maintenant elle ne me calcule plus.
Le cours se passe lentement et Gwen tente de se distraire tant bien que mal en me pinçant la peau du coude, là où elle est toute fripée. J'ai essayé de protester dans les premiers temps de m'y opposer en la menaçant de ne pas lui donner mes notes à la fin du cours mais Gwen a décrété qu'elle s'ennuyait tellement qu'elle préférait avoir une distraction aussi mince soit elle et pas de cours que s'ennuyer encore plus. Ça lui serait fatal selon elle. J'ai donc renoncé à grogner lorsqu'elle n'arrêtait pas parce que ça n'a aucun effet, parce que je ne vais plus avoir de gorge et parce que notre cher professeur va mourir d'une crise d'angoisse si je le refis encore une fois (et comme je n'ai pas encore trancher entre gentil et méchant, je préfère le laisser en vie pour l'instant…).
Un ronflement me fait tourner la tête et je donne un coup d'épaule pour réveiller Sam, allongé dessus, le filet de bave menaçant de tâcher mon chemisier. Bart, assis à côté de lui, retient un grand éclat de rire qui l'aurait conduit tout droit en heure de colle (cela aurait encore fait peur au prof et celui-ci pour se venger aurait encore donner une heure de colle au fautif, Bart en l'occurrence.) tandis que Samuel se réveille en sursaut, manquant de tomber de sa chaise.
Bart part alors dans un fou rire silencieux et se cache la tête dans les bras. Les vibrations de la table et de son dos sont les seuls indices de son hilarité et lorsqu'il relève la tête, son visage est fendu d'un immense sourire et ses joues baignées de larmes. Voyant mon ami dans cet état, je ne peux m'empêcher d'également cacher ma tête dans mes bras avant de lisser libre cours à mon fou rire naissant. Gwen me pince alors la peau avec plus d'insistance, voulant savoir ce qui se passe et lever la tête à mon tour lui suffit à partir, elle aussi, dans un immense fou rire. Samuel nous voyant ainsi, nous rejoint dans notre hilarité folle et le cours se termine donc par une table morte de rire et les autres élèves nous regardant comme si ils voyaient des trolls maquillés (ils étaient étonnés quoi… Hihi, je viens d'imaginer des trolls maquillés… hahaHAHA !).
C'est donc toujours les larmes aux yeux, nous soutenant mutuellement pour ne pas nous écrouler par terre que nous sortons de la salle puante (oui… Le prof ne s'est toujours pas débarrassé de ses gousses d'ail, seul moyen, d'après lui, pour éloigner les vampires qui lui court toujours après, et toujours selon lui.). Mon fou rire, qui commence d'ailleurs à me faire mal aux zygomatiques à force, s'arrête instantanément sitôt la porte passée.
Elle. Et Lui.
Ou plutôt devrai-je dire Elles et Lui.
Je n'avais pas été cool. Pas cool du tout. Mais… Pourquoi faisaient-elles ça ? J'aurais pu penser qu'elles ne se rendaient pas compte que ça m'atteindrait. Mais je connais Eden. Et rien ne lui échappe. Elle savait que ça m'énerverait qu'elles ne me parlent plus. Et surtout elle savait que parler amicalement avec Dubois m'énerverait encore plus !
oOoOo
Bon, quand est-ce qu'ils partent ?
Les BUSEs sont dans une semaine. Les professeurs, conciliants (hourra !), nous ont laissés cette semaine là pour réviser et je dois avouer que je leur en suis très reconnaissante parce que je ne peux pas dire que j'ai vraiment bossé intensément ces dernières semaines… Mon frère, venu m'aider et me remonter le moral (« Tu sais Cléo, c'est normal de stresser. Moi aussi je me suis mis en retard à mes révisions – il sous-entendait fin avril… Fichus serdaigles ! – mais j'ai quand même réussis toutes mes BUSEs… »). C'est officiel je le déteste. Surtout qu'ils m'ont lâchement abandonné, lui et Gwen, il y a une heure pour aller réviser la divination au dortoir (huhuhu…). Mais qu'est ce qu'il aurait dit si je l'avais finalement prise cette option ?
Enfin bref, quoiqu'il en soit, je suis seule (Bart et Sam sont introuvables) et ont eu la bonne idée de s'installer en face de moi… Alexie, Eden et Dubois. Oui, Dubois ! Celui qui m'a brisé les nerfs, le cœur, et le reste de nerfs qu'ils me restaient suite à cela.
Et Eden a la main outrageusement posée sur le haut de sa cuisse. Et son pied aussi et atrocement près du sien ! ET ELLE LUI CHUCHOTE JE NE SAIS QUOI À L'OREILLE ! AVEC UN SOURIRE COQUIN !
… Et tout ça dure depuis deux semaines. Je préfère éviter de me repasser la gradation des événements, elle a été assez insupportable comme ça (pour moi et les autres – que je saoulais avec, ils n'en ont, bien entendus, rien à cirer… ILS NE COMPRENNENT PAS LA GRAVITE DE LA SITUATION –par Merlin !).
… Oui. Je l'avoue. Même si nous sommes… En froid on va dire (mais non, elle n'a pas failli me cracher dessus à la sortie du cours de botanique), c'est toujours mon amie. Il en va de soit que je m'inquiète, bien entendu, pour elle. Si elle finit par sortir avec cette pourriture mythomane, qui sait comment elle va en ressortir ? A coup sûr il va lui refaire un coup salop (encore un autre pari ?)…
…Puis elle ne va pas sortir avec un fou de Quidditch. Eden déteste le Quidditch. Ils n'iraient pas du tout ensemble. Et je m'inquiète aux conséquences de ce que ce crétin pourrait lui faire ! Eh oui… On ne sait jamais avec un tel… [Censuré par l'auteur, la liste étant trop longue et trop rétrogradante pour ce pauvre –ou pas - capitaine :D] et imbu de sa personne pourrait faire du moral de ma Eden si fragile au fond d'elle (on l'a bien vu avec Chris…).
Refermant mes livres dans un bruit sourd, je sors rapidement de la bibliothèque pour retrouver mes amis (et uniquement dans ce but précis !). Ne les trouvant ni dans la salle commune, ni dans le dortoir, je me résous à descendre seule à la grande salle. Par bonheur, j'y trouve mes amis attablés devant des assiettes déjà à moitié vide. Je m'affale à côté de Sam, lequel lève la tête de son assiette en grognant. Gwen, assise en face de moi, envoie une pièce à Bart.
« Euh… Qu'est ce qu'il se passe, je demande un peu perdue.
-Rien, répondent en cœur (et trop vite !) mes amis.
-Sam, je dis d'un ton menaçant, si tu ne me dis pas de quoi vous parler tu peux dire adieu à ton assiette !
-Mon ass… Eh rends la moi ! Voleuse, traîtresse, infâme pitiponk !
-Tu peux crier Kent ça ne changera rien… je réponds sournoisement à ses insultes. Qu'est ce qu'il y a ?
-Non c'est juste que… commence-t-il d'un ton hésitant face aux grands gestes de négation de la part des deux zigotos d'en face. Bah Gwen et Bart ont parié que tu t'assiérais à côté de moi, enfin Bart contre Gwen plutôt et… C'est parce que c'est un peu LA question en ce moment de qui va se farcir un repas de grognement à propos de Eden et…
-Tuder. Kerloch. Préparez vos tombes !
-Et Bart alors, proteste Gwen. Lui aussi il est fautif !
-Mais il a avoué… Je l'exempte donc, je réponds avec générosité.
-Traître, grogne Bart, tu vas payer pour cet affront ! »
S'en suit une belle bataille de nourriture (qui s'arrête sitôt notre douce et gentille prof de métamorphose détournée – quand elle est plus tournée quoi – et reprend lorsqu'elle offre son joli minois à notre cher directeur et ne peut donc plus voir de notre côté. Cette prof seule constituant un danger, notre bataille peut continuer lorsque son flot de paroles ininterrompues entre par les oreilles de notre bien aimé Dumbledore – sourire colgate), gagnée haut la main par Bart (dit Le Félon). Comme entendu, je ne leur en veut pas une seconde pour avoir médité dans mon dos, c'est de bonne guerre. Même si ça m'exaspère un peu de voir qu'ils ne s'inquiètent pas un peu plus pour notre amie parce que personellement je ne peux rien faire (ni Gwen d'ailleurs). Mais Bart et Sam pourraient quand même aller lui parler et lui ôter cette idée (fatale !) de la tête.
En sortant de la grande salle, je tombe nez à sauce tomate (blessure de guerre !) avec ma sœur. Celle-ci me regarde avec des yeux ronds mais je fais comme si de rien n'était. Je suis contente de la voir, ces deux dernières semaines je n'ai eu que très peu d'occasion de la voir et toutes très brèves. Me doutant qu'elle n'a pas le temps de me parler (toute personne entrant dans la grande salle à l'heure du dîner oblige) et que Gwen ne va pas supporter plus longtemps de m'attendre alors que je parle à « cette garce » dixit la parfaite Mademoiselle Kerloch, je me contente de lui poser un baiser sur la joue puis près un signe de la main, je cours rejoindre mes amis m'attendant en haut des marches conduisant aux sous-sols.
Arrivés à la salle commune, nous remontons vite chercher plumes, parchemins et livres et retournons au pas de course à la bibliothèque afin de réviser. Lors que mon cerveau doit ressembler plus à du jus de citrouille qu'autre chose, je lève les yeux et regarde d'un air de scroutt à pétard particulièrement idiot les autres cinquièmes années qui révisent. Il faut dire que la bibliothèque est anormalement peuplée… Mais qu'est ce qu'ils font encore à se tripoter en public ? Eden ne comprend pas quel risque psychomagique inconsidérable elle prend ! Alors que je fais ma réflexion à Gwen, celle-ci soupire en me remarquant que je ressasse toujours les mêmes paroles depuis deux semaines et que je devrais me renouveler un peu. Je fais alors une autre remarque acide sur la petitesse de leur sens de l'amitié ce à quoi répondent très clairement trois vieux morceaux de parchemins m'arrivant dans la figure. J'aime mes amis !
oOoOo
Cléo. Que je hais ce nom.
Mais l'heure de la vengeance a sonné.
La vengeance douce. Froide. Et ô combien délectable.
J'ai brisé leur petit couple aussi facilement que l'on brise une allumette. Une petite rumeur bien alimentée, un certain copain bien persuadé. Mais elle a fourré son nez dedans et Cléo est finalement aller revoir Olivier. Mon Olivier.
Ça a failli tout faire rater. Mais je ne suis pas novice au point de me faire avoir à la dernière minute.
J'étais aux premières loges et avais toutes les informations. Cléo me faisait confiance et je savais tout. Elle était sur le point de tomber. La voir d'ailleurs dans cet état lamentable de déprime constante était d'un jouissif tel que j'avais presque gagné… Il ne restait plus que l'obstacle du ''meeting''. Obstacle vite franchi avec l'aide d'une gryffondor quelconque, pas très fut fut et courageuse, avec de gros guillemets, comme tout, ayant pour but de coller son cher capitaine (n'est pas Gryffondor qui est) et de l'embrasser dès que son ex arriverait, pour un pari avec une mystérieuse inconnue.
Pari soldé par une victoire de la gryffondor joyeuse mais toujours aussi abrutie et ma satisfaction d'avoir désormais mis la petite Cléo hors d'état de nuire au bonheur conjugal de ce cher Olivier et moi-même. Bonheur conjugal qui ne tarderait à venir…
En effet, la suite ne fût que du gâteau et mon petit génie machiavélique pût se reposer et se mettre à profit du seul et noble art de la séduction (effort à fournir peut important pour cause d'un charme naturel très fort, c'est ça mon secret… Bon, un peu de manipulation aussi mais…La séduction n'est, de toute manière, qu'un immense jeu de séduction, non ?).
Je me suis un moment posé la question, devrais-je garder ma couverture ou alors la laisser tomber mais finalement je réussis à m'éloigner tout naturellement de la chère et tendre Cléo (hypocrisie, quand tu nous tiens…). Et elle m'y aida fort bien d'ailleurs. Le grand jeu de séduction fût mis en vigueur et bien que l'autre soit là, elle ne me dérangea guère. Elle ne représentait pas de réel danger, je le savais.
Et je sens désormais Olivier, mon beau Olivier, être bientôt, très très bientôt près à tomber dans mes filets.
Dans sept jours, jour pour jour, Olivier Dubois sera enfin mien.
Et rien ni personne ne pourra m'en empêcher.
Parce que je suis la meilleure (il fallait quand même le rajouter).
oOoOo
Les BUSEs sont passées. Le stress est tombé. La tristesse est restée.
C'est en rigolant que Bart m'a envoyé ce petit poème mais je le trouve assez criant de vérité, malheureusement. Les BUSEs sont effectivement passées. Pas bien, ni mal, il y a eu des trous de mémoire, un éléphant tombé par mégarde sur l'examinateur de pratique métamorphose (Gwen s'est trop concentrée et au dernier moment n'a finalement plus fait attention et la sucrière n'a jamais trouvée la forme de la souris), des grosses bourdes (je ne parle pas du chaudron de Sam qui a sifflé tout l'examen mais de l'évacuation qu'ils ont dû faire suite à ma queue de serpent à sonnette mise en trop dans ma potion…) et sûrement pas mal d'erreurs. Mais globalement, je pense que ça va (mis à part la potion pratique…) et le stress qu'elles (le BUSEs bien entendu) ont causé est effectivement retombé à la fin des épreuves parce que, quelque part je ne me soucie pas encore de mes notes, je sais que mon frère a de toute façon fait mieux et que je serais critiquée, alors…
Quand à la tristesse… La tristesse… J'aurai plutôt mis est réapparue mais je ne suis pas poète dans l'âme comme ce cher Bart, je suis juste bêtement terre à terre. Oui, Eden et Olivier sont toujours fourrés ensemble et Oui ça m'énerve. Je sais que j'ai mis du temps (et tous les crayons de Gwen y sont passés… Je n'y peux rien que ce qui déclencha cette révélation est la destruction de chaque crayon de couleurs de Gwen… La rage est la meilleure des psys. ) à me l'avouer mais… Je l'aime toujours.
Je dirais pour ma défense que haïr la personne dont on est amoureux nous fait penser davantage à ladite personne et c'est comme de la drogue… Plus t'y pense, plus t'as envie d'y penser, plus tu ne peux t'empêcher d'y penser. Aussi mes amis ont dû supporter crises de nerfs intempestives et apprentissage du sortilège d'apparition de serpillière (pour ne pas laisser les traces de bave sur mon bureau et de morve sur les tee-shirts des susmentionnés amis). Je crois d'ailleurs que le déclic s'est fait à la bibliothèque, après avoir fait des confettis avec les crayons de Gwen. Nous étions en train de réviser, ou du moins étions censé être en train de, et je me suis donc mise à fixer avec haine la nuque de Dubois (assis cette fois encore, non loin de nous) faute de ne pouvoir passer ma rage sur Feu les crayons de Gwen, ayant désormais été tous, sans exceptions, réduit à néant. Mon cerveau s'est alors vidé (c'est à ce moment là de mon récit fait à mes amis que Sam et Bart se sont mis à exploser de rire… Inutile de préciser mon air vexé après cela…) et c'est le coup de coude de Gwen qui m'a sortie de ma torpeur. C'est après qu'elle m'ait ordonné d'arrêter de baver que je me suis rendue compte à quel point Dubois m'attirait toujours, et par pensée jumelle, à quel point j'étais conne.
L'amour est un sentiment certes complexe et censé être merveilleux mais moi je dis surtout que c'est surtout un immense piège à cons et qu'en plus de tout cela… Il est ingrat ! C'est pourquoi mes yeux se sont beaucoup humidifiés ces derniers temps. Par la tristesse de mon pauvre (et couillon !) de cœur, par la tristesse qui a pour cause la stupidité de mon cher cerveau et par les rires que mes amis se sont donnés le mal de faire apparaître le plus souvent possible. Je suis vraiment consciente de la chance que j'ai de les avoir avec moi (même Adrian a délaissé Alexie toute une journée entière pour rester avec moi quand il a vu que je n'allais pas bien) et je m'en veux d'ailleurs de leur causer autant de soucis. Ce à quoi Sam a rétorqué « Ne t'inquiète donc pas, on rigole beaucoup quand tu déprimes… Tu fais de ces actions dans ces moments là… Inoubliable », je crois que nous sommes quitte finalement.
Un bruit me fait soudain sortir des pensées dans lesquelles je plongeais et je tourne la tête avec surprise dans la direction de cet étrange bruit. Je remarque avec amusement que l'origine de ce bruit, qui est en fait un rire, provient, étrangement, de Gwen. Celle-ci semble sur le point de rendre l'âme, tapant du poing sur le sol. C'est en regardant en face d'elle que je comprends. Sam. Avec… Des lunettes grosses et rondes.
Je ne peux m'empêcher de partir également d'un immense éclat de rire qui fait sursauter quelques jeunes années. Sam, qui comprend désormais qu'il est l'objet de notre hilarité, se met à bouder et Bart, qui jouait jusqu'alors tranquillement aux échecs (version sorcier bien sûr) avec lui, se met également à rire devant notre, et sa, réaction.
Il faut dire que c'était plus fort que moi, Sam, qui a toujours dénigré les lunettes, se ramène avec la réplique exacte de celles du petit Potter (je le sais, mon frère a passé une heure à me les décrire avec précision). Puis ça lui donne un air sérieux… Ridicule quand on le connaît. Bref il est normal que l'on ait pus s'empêcher de rire.
C'est donc de bonne humeur, même Sam a fini par en rire, c'est comme ça entre nous, que nous rejoignons la grande salle pour le banquet final. Je réalise en m'asseyant à table et en voyant les décorations vertes et argent de la salle, que ça me fait bizarre que l'année soit finie. Il s'est passé tellement de choses...
Soudain, la voix du directeur prononce alors des mots qui me captent et je me reconcentre sur son discours que, j'avoue, je n'écoutais jusqu'alors, bah… Pas.
« Le décompte des points nous donne le résultat suivant : en quatrième place, Gryffondor avec trois cents douze points. En troisième, Poufsouffle avec trois cents cinquante-deux points. Serdaigle a obtenu quatre cents vingt-six points et Serpentard quatre cents soixante-douze, annonce joyeusement Dumbledore (de tout façon il est tout le temps joyeux). »
Je retiens Gwen par le bras afin d'éviter qu'elle ne se retrouve réduit en pâtée pour dragons… Cette folle allait cracher sur les serpentards. Je suis d'accord que c'est une bonne idée mais pas très fair-play (remarque, eux sont tout le contraire de ce mot alors…), mais surtout très suicidaire. Moi, je me contente de grimacer tandis que Sam remarque avec bonne humeur que nous ne sommes pas les derniers. Je souris face à sa positivité et aller répliqué lorsque Dumbledore reprend la parole en haussant considérablement la voix (malgré le sortilège déjà appliquer) pour couvrir les applaudissement et autres bruits, honnêtement assez suspects (j'ai toujours pensé que les serpentard n'était pas vraiment humains… Mais plutôt un genre de croisements entre trolls et animaux sauvage – et un peu humain quand même, soyons décente – et ces cris ne font que conforter cette idée…).
« Oui, oui, très bien Serpentard, nous dit-il alors. Il convient cependant de prendre compte des événements récents. J'ai quelques points de dernière minute à distribuer, voyons…»
Comme le fait miraculeux qu'Eden soit encore en vie ? Oui, cette preuve d'amitié inconditionnelle, digne d'Helga elle-même (et ma modestie légendaire, hum…) devrait être récompensée… De cinquante-cinq point ?
« …Oui c'est ça… Je commencerais par M. Ronald Weasley… Pour la plus belle partie d'échecs qu'on n'ait jamais jouée à Poudlard depuis de nombreuses années, je donne à Gryffondor cinquante points. »
Hein ? Mais c'est encore plus moisi que les dents de Flint ! C'est quoi ces points à la noix ? Moi je vous fais une super démo de danse haïtienne moldue et ça me fait cent points de plus si c'est ça (ouais, cents points parce que c'est plus joli à voir que des échecs pourri, non mais !). Puis j'aime bien le ''plus belle partie d'échecs qu'on n'ait jamais jouer à Poudlard…''… Il a assisté à toutes les parties d'échec de Poudlard peut être ? La partie de Sam et Bart de tout à l'heure était super bien. D'un point de vue purement objectif. Non mais sérieusement ce n'est vraiment pas drôle parce qu'on se retrouve encore derniers et à cause d'une énorme injustice ! Un rapide coup d'œil à mes amis (et à ma tale) m'apprend qu'eux aussi sont sidérés.
« …J'en viens maintenant à Miss Hermione Granger… Pour la froide logique dont elle a fait preuve face à des flammes redoutables, j'accorde à Gryffondor cinquante points. »
Bon, ça c'est déjà plus classe… De toutes façons, on a perdu, on a perdu. Mais c'est marrant, le seul événement dont j'ai entendu parler (et pas qu'un peu), c'est l'aventure du petit Potter dans le couloir du troisième étage. On parle beaucoup à ce sujet mais il y a des tas de bêtises. Ce que je sais, c'est que Quirrell était en fait un traître (ou quelque chose dans le genre) alors ça explique la femme folle dans son placard. Dire qu'on a eu un psychopathe comme prof toute l'année… La mère d'Eden va faire un scandale. Bref, en tout cas, je n'ai pas entendu parler d'un incendie (même pas un petit dans les dortoirs des serpents, ce qui arrive pourtant de temps en temps. En même temps avec leur manie de ses mettre tout le monde à dos…) et surtout pas bravé par une gryffondor. Ça se trouve c'est un coup monté de Dumby (c'est un ancien lion) pour que les Gryffondors gagnent. Pff, favoritisme de chiotte !
« Enfin, parlons de M. Harry Potter, reprit Dumbledore. Pour le sang froid et le courage exceptionnels qu'il a manifestés, je donne à Gryffondor cinquante points. »
J'applaudi avec toute la grande salle et se produit alors un vacarme assourdissant. Là, j'avoue que c'est mérité. Il a quand même vachement de cran ce gosse ! Bon, même si il ne sait pas tenir des événements secrets… Par exemple nous, personne n'a été au courant de l'incident ''bureau de Quirrell'' rien n'a filtré. Enfin… Bravo quand même parce que nous… Bah on a filé comme des lavettes. Des vraies lavettes.
« Le courage peut prendre de nombreuses formes, dit-il après avoir ramené le silence en levant la main (j'admire !). Il faut beaucoup de bravoure pour faire face à ses ennemis mais il n'en fut pas moins pour affronter ses amis. Par conséquent, j'accorde dix points à M. Neville Londubat. »
Mes yeux tournent alors instinctivement vers Alexie. Elle me regarde aussi et elle sourit. Oubliant totalement nos différents, je lui rend puis détourne la tête vers Gwen qui applaudi comme une folle. Oui, je ne suis pas une flèche mais comprends en voyant nos trois tables (sauf les serpentards, bien sûrs) exploser. La décoration change alors et bien que nous soyons derniers, je suis contente que les gryffondors aient gagnés. En toute impartialité, les serpentards ont gardé la coupe bien trop longtemps et un peu d'air frais ne fait pas de mal. Tous les poufsouffles oubliant leur place désastreuse au classement crie et applaudie à qui mieux mieux avec les deux autres tables mais ce vacarme reste dans un coin de ma tête… Je crois que l'heure de la trêve a sonnée… Je crois que je vais enfin pouvoir retrouver ma meilleure amie.
Le repas se déroula dans la joie et la bonne humeur, avec néanmoins une pincée de nostalgie pour la venue des vacances qui nous sépare de Poudlard et de nos amis. A la sortie de la salle, Gwen me regarde avec des yeux ronds attendre Alexie. Laquelle se jette dans mes bras et nous nous excusons longuement. Heureuse d'enfin retrouver MA Alexie et MON Eden, qui, à ma grande surprise, me lâche un petit « désolé » retentissant de sincérité avant de me serrer affectueusement dans ses bras.
Alors que nous remontons à la salle commune, Alexie garde ma main tout le long du trajet et Adrian me regarde les yeux pétillants de malice. Ils m'avaient vraiment manqués ces deux là (même si je voyais quand même un peu Adrian… De temps en temps…).
La soirée fût consacrée aux ''retrouvailles'' et les préfets (et Alexie fût d'autant plus réprimandée) revinrent plusieurs fois en nous demandant d'aller nous coucher et en nous faisant maintes remontrances (dont nous n'avions, honnêtement, pas grand-chose à faire… Gwen s'est d'ailleurs jeté elle-même un sort pour se faire taire, de manière à ce que les préfets ne prennent pas mal d'entendre Gwen leur exploser de rire à la figure. L'air de rien, Gwenaëlle est une délicate. Alors que je suis une sauvage qui avait la lèvre en sang à force de se la mordre pour éviter de rire… Alala.).
Tout se passa donc bien jusqu'à ce que, au moment où nous avions enfin décidé de monter nous coucher (je préfère taire l'heure et la quantité de bruit produite… Ainsi que le nombre d'intervention d'une quelconque figure d'autorité.), Adrian me fit un petit sourire en coin que je ne sus interpréter et qui me fit douter… Je pensais être discrète ce soir… Seulement vingt petits coups d'œil, très discrets (toujours !). J'avais donc mal dormi et le petit déjeuner se fit dans un silence absolu de ma part, les yeux rivés sur le lait désormais peu ragoûtant dans lequel plonge les petits restes tout mous de corn flakes.
Un seul. Un seul petit coup d'œil a suffit pour que je sente son regard amusé sur moi. Adrian me regarde avec un amusement sans fin. Puis l'amusement fait place à la détermination et il m'envoi un discret coup de tête encourageant.
Si je n'ai pas tout compris, j'ai au moins compris une chose. Il sera là. Quoi qu'il arrive. Alors il n'y a qu'une chose à faire face à ça. Tenter.
Je me lève brusquement et marche d'un pas décisif vers la table des rouges et ors. Arrivée à la hauteur de Dubois, je lui souffle un petit ''rejoins moi dans le hall'' puis file en direction des grandes portes pour me planter sur les marches du grand escalier. Il me rejoint, une minute plus tard mais je n'arrive pas à faire un geste dans sa direction, ni même relever ma tête, obstinément occupée à regarder mes pieds qui me semblent captivant. Adrian n'est plus là pour me soutenir et l'adrénaline a déjà quittée mes veines.
Alors, doucement, tout doucement, je relève la tête et croise son regard interrogateur. Ne m'attendant pas à plonger dans ses yeux de la sorte, et surtout pas maintenant, je détourne le regard et d'une voix qui résonne au fond de moi :
« C'est dur à dire mais… Voilà. Mon petit frère, qui est en première année est homosexuel et il aimerait beaucoup rencontrer le petit Potter. Il m'a demandé, puisque tu le connais bien, si je pouvais te demander de lui parler de lui. Enfin de parler à Potter de mon frère, je dis d'une voix étonnamment ferme.
-Je vais essayer, me répond Dubois avec surprise. Mais… Je ne crois pas qu'Harry soit… De ce côté-là. Puis je n'aimerais pas que ça déstabilise son jeu.
-Laisse tomber, je soupire alors, lasse de ma propre connerie. Au revoir Dubois.
-Tu me dis au revoir, maintenant Purple, me demande sarcastiquement le capitaine. »
J'allais tourner les talons et me diriger vers ma salle commune lorsqu'un regard derrière l'épaule de Dubois m'attira l'œil. Adrian. Qui souriait, confiant. Alors, je me penche doucement vers Dubois et dépose un léger baiser sur ses lèvres. Un baiser volage, comme de ceux qui lui font tourner la tête. Je le sais.
« Oui. J' avais envie… je réponds avec malice à sa précédente question.
-Purple, tu me rends fou, murmure-t-il en me retenant par la main. »
Je pose à nouveau mes lèvres sur les siennes mais plus passionnément, sans plus aucune retenue. Je n'avais jamais embrassé comme ça auparavant. Alors que nous nous écartons lentement l'un de l'autre, le souffle court je réalise que j'ai retrouvé Olivier. Mon Olivier. Mais changé. Et que lui et Dubois font bien une seule et même personne que, indéniablement, j'aime comme une tarée.
« Cléo, je t'aime »
J'ouvre de grands yeux surpris. C'est la première fois qu'il m'appelle par mon prénom. Et il m'aime.
Heureuse, je ferme les yeux de plaisir et me love dans ses bras puissants. Les yeux encore à demi ouverts, j'aperçois ce sont Adrian, Alexie et Eden, par-dessus l'épaule de mon capitaine, les yeux pétillants de malice et le sourire d'une oreille à l'autre. Et le clin d'œil d'Eden. Celui qui veut tout dire.
Puis mes yeux se ferment et j'inspire une grande bouffée d'air empli de son parfum enivrant, sa bouche collée contre mon cou, ses mains caressant doucement mes hanches, je crois avoir entraperçu le paradis. Peut être que l'amour, le vrai, existe finalement…
oOoOo
De la porte maudite que Myosotis vient d'ouvrir, elle a une vu plongeante sur le hall. Et sur eux. Malgré toutes les embûches possibles et imaginables qu'elle leur ait tendues, ils sont là, s'embrassant passionnément. Merlin allait souffrir.
Bon bah, je crois que la fin de cette fic' a sonné. Je répète une dernière fois un grand merci et n'hésitez pas à me laisser votre avis sur ce dernier chapitre... ça a vraiment été un bon moment d'écrire cette fic' et de recevoir des reviews tout le long et... Merci, merci, merci de m'avoir lu jusque là même si vous avez trouvé ça pas top, merci d'avoir pris le temps. :D
A bientôt pour l'épilogue,
With love,
A happy Lu'.
