Vous me faites un truc de dingue là les filles... On est à combien ? 200 reviews ? C'est un truc de malade... Merci infiniment à vous toutes...

Un merci aussi tout spécial à mon informaticien qui m'a remis mon PC droit sur les rails en un temps record =)


fraise : Tu as quelques questions auxquelles je ne peux répondre =) En fait, tu as ta réponse pour Alice ici. Ensuite, pour ce qui est d'Irina... C'est compliqué... La situation m'est arrivée d'aimer un mec mais de l'aimer vraiment alors qu'il ne m'a parlé que trois fois en trois ans et encore c'était deux phrases... Ca se commande pas ce genre d'amours et je suis tentée de dire que c'est souvent le plus douloureux en fait. Parce que du coup, tu idéalises la personne encore plus que ce qu'elle est vraiment et la chute est d'autant plus rude. Donc, dans sa tête, Edward est vraiment amoureux... Mais pas Irina !

lou0çoOo6 : Je vais répondre à tes petites questions de ta review =)

1 - C'est ça, en fait c'est la Conspiration Anti-Auteure ce virus... Il m'a bien baisé mon ordi en tout cas et hop 50€ qui s'envolent comme ça... Triste, hein ?

2 - Ma muse... Vaste question... ^^ Evidemment la musique oui, mais aussi pas mal de films et quelques acteurs triés sur le volet dont j'admire le travail sincèrement. En les voyant dans certains films, je trouve que certaines facettes de leurs jeux sont bien plus parlantes que des dialogues alors je note mes impressions et je brode autour... Et sinon, j'ai en permanence un cahier que je trimbale partout ou presque... Je suis une grande rêveuse et des idées me viennent tout le temps. Mais en premier lieu la musique.

3 - Dans Twilight, il est évident que j'aime le couple Bella-Edward (bien que je pourrais longtemps débattre sur le personnage de Bella parce que ce n'est pas mon héroine préférée... mais Edward rattrape tout, il est tellement profond et complexe... Un chef d'oeuvre d'inspiration...) et sinon ben j'aime énormément Rosalie et Emmett. Rosalie doit d'ailleurs être mon deuxième personnage préféré, à peu près pour les mêmes raisons qu'Edward, sa complexité et sa profondeur... J'aime les personnages sombres et torturés. Et comme tu peux t'en douter, mon bouquin préféré a été Tentation parce que justement Edward n'est pas là et qu'on ressent toute la perte de son absence et la complexité de ce qui découle de cette douleur insurmontable...

4 - Je n'ai pas lu Orgueils et Préjugés :)

Voilà j'espère que ça t'aura satisfaite comme réponses MDR... Je viens de réaliser que j'ai raconté ma vie LOL. Mais si t'as d'autres trucs à me demander, n'hésite pas à me contacter par review, MP ou même mail à tiftouff19 msn(.)com (sans les espaces)... En principe je réponds à tout le monde :) Bonne lecture et à bientot =)

mimie30 : C'est vrai qu'Edward intègre peu à peu Bella dans son univers même si ce n'est que par petites touches. Il n'a pas pour habitude de parler à des gens, les intégrer dans sa vie et il voit Bella débarquer et je crois que dans le fond, c'est une fille qui l'intrigue. Il a un rapport un peu distant aux autres et c'est pour cela qu'il ne l'accueille pas par de larges sourires, de grosses embrassades direct etc etc... Concernant Marcus, il y a un peu de tout ça. Déjà, c'est clair et net que les deux ne peuvent pas se cadrer. Et je crois aussi qu'Edward lui en veut de remplacer son père. Mais ça, ce sont des choses que j'exploiterai plus tard dans le récit =) Merci de me suivre et bonne lecture ;) Bisous.

Merci à ^^, alice, bébé23, beeboo, evid3-nce, HelleHaare (Ici, Edward n'est pas du tout ce type populaire qu'on a l'habitude de rencontrer. Mais il n'en reste pas moins qu'il a un fond extraordinaire =)), lovecullenn, Méli (pour le premier jour de travail d'Edward, tu seras exaucée dans ce chapitre =) Et puis tu vas adorer détester Marcus et Irina un peu plus tard), Morgane (C'est vrai, il y a un petit malentendu chez Bella en ce qui concerne la relation Alice-Edward... Dans ce chapitre 3, le premier jour de travail d'Edward !), sabrina (Hé bien ! Merci pour ton enthousiasme =) Tu vas adorer haïr Marcus je le sens ;) But... as you say... WHERE IS JASPER ? Jasper est dans ce chapitre à la fin, en petite apparition façon guest-star XD Et Alice... Arf... Voilà son sort ici aussi ! J'espère que la suite ne te décevra pas =)), Sabrina, vampirisation-twilight...


BONNE LECTURE =)


Point de vue d'Edward :

La journée avait passé sans nouvelles d'Alice... En rentrant chez moi lundi soir, j'avais appelé chez elle mais personne n'avait répondu. J'étais parti chez les Swan, mais personne n'ouvrit... C'était vraiment bizarre... D'habitude, si elle était malade ou autre, elle appelait toujours chez moi comme je n'avais pas de portable.

Je m'étais mis derrière mon piano en rentrant de chez les Swan, entamant les morceaux que j'avais composé pour Alice. Elle était ma meilleure amie et franchement, sans elle, le temps me semblait plus long... plus lourd... La journée avait été pathétique et je m'étais fait chier comme un rat mort. J'avais fini par prendre de l'avance sur mes devoirs et je connaissais par coeur ma leçon pour le contrôle de maths de la semaine prochaine ! Au moins, si ma vie était pathétique, mon bulletin scolaire serait très bon à n'en pas douter !

- Edward, à table !

Elisabeth m'appelait de la cuisine. Quand j'arrivais, Marcus avait déjà les pieds sous le meuble et affichait un grand sourire.

- Tu as fait tes devoirs ? me demanda ma mère en me servant.

- Tout est plié !

Elle passa sa main dans mes cheveux en me souriant.

- Tu as toujours été efficace !

Je lui rendis son sourire et commençais à manger. Marcus servit à boire à Elisabeth et à lui mais il me referma la bouteille sous le nez.

- J'existe aussi tu sais ! lui dis-je en le foudroyant du regard.

- Tu as 17 ans, tu es capable de te servir seul, non ?

Et c'était reparti !

- Ben passe-moi la bouteille !

Il soupira et la posa bruyamment à mon niveau.

- Tu pourrais dire merci !

- Laisse-moi parler avant de m'agresser !

Et c'était reparti...

- Tu as vraiment sale caractère, tu le sais ça ?!

- Tu serais pas là, je m'en porterai mieux !

Elisabeth reposa bruyamment ses couverts en soufflant fortement.

- HEH ! Vous n'allez pas recommencer tous les deux ! J'ai eu une dure journée et je ne suis pas d'humeur à supporter cela !

- Si ton fils était plus ouvert, ça ne se passerait pas ainsi !

- Laisse-le tranquille dix minutes, Marcus... Et toi Edward, arrête de mordre dès qu'il te parle !

- Mais t'as vu comment il me...

- ARRETEZ CA J'AI DIT !

Elle se leva en tapant des mains sur la table. Elle partit dans le salon avec son assiette... Elle était furieuse... Et c'était de la faute de Marcus !

Je n'avais même plus faim. Rien ne m'écoeurait plus que de manger avec lui. Je me levais, vidais mon assiette et la mettais dans le lave-vaisselle. Je partis au salon rejoindre ma mère qui était debout face à la seule photo de mon père que l'on conservait depuis que Marcus s'était installé ici. Souvent, elle venait l'admirer. Parfois même, elle lui parlait... Il devait vraiment lui manquer et le fait que je lui ressemble tant ne devait pas aider ma mère... Elle me faisait de la peine la plupart du temps. Je m'étais toujours demandé si elle était réellement heureuse avec Marcus... Lorsqu'elle se retournait, elle me vit derrière elle. Elisabeth m'attira dans ses bras.

- Viens là mon grand !

Elle m'étreignit brièvement et embrassait ma joue.

- Tu as passé une mauvaise journée, Edward...

J'acquiessais... Ca ne servait à rien de nier, elle me connaissait par coeur...

- C'est la fille Denali qui te tourmente ainsi ?

Je lui adressais un petit sourire.

- Si Alice avait été là...

- Ah cette Alice... Elle n'est pas venue en cours, aujourd'hui ?

- Non, j'ai appelé et je suis allé chez elle mais il n'y a personne...

- C'est étrange... Elle te prévient toujours quand elle n'est pas là, non ?
- D'habitude oui.

- Elle a peut-être eu un souci dans sa famille et n'a pas eu le temps de t'appeler !

- C'est ce que je me dis... Mais c'est quand même bizarre...
Derrière nous, j'entendis Marcus approcher... C'est dingue ça ! Même quand je partageais des moments avec ma mère, il ne pouvait s'empêcher de venir me faire chier !

- De quoi parlez-vous ?

Ma main relâcha ma main et s'installait sur le canapé à côté de lui.

- De la petite Swan qui n'a pas été en cours...

Marcus fronçait les sourcils et m'adressa un large sourire.

- Oh mais sa mère a appelé ce matin ! Elle est à l'hopital !

- QUOI ????

Alice était à l'hosto ?

- C'est fâcheux, j'ai oublié de te faire la commission...

- Quoi ? Mais elle a quoi ? Elle a eu un accident ?

Mon coeur battait à tout rompre et j'imaginais déjà le pire...

- Non. Crise d'appendicite aigue !

Le large sourire de Marcus m'irritait au plus haut point.

- Putain mais t'aurais pu le noter quelque part merde ! Je serai passé la voir !

- Ce n'est pas une information capitale qui nécessiterait une prise de notes je te signale ! me sermonna-t-il

Trop c'est trop ! Je le toisais du regard avant de monter dans ma chambre afin de ne pas lui foutre mon poing dans la gueule et de blesser ma mère. Je me fermais à clés et lançais le son sur ma chaine-hifi.

Non mais vraiment ! Quelle grosse merde ce type ! Ne pas me dire qu'Alice est à l'hopital... D'accord c'est une appendicite... mais MERDE ! C'est mon amie... C'est la seule sur laquelle je peux vraiment compter... Je n'ai qu'Alice et Alice n'a que moi... Qu'allait-elle penser ? Je m'installais sur le lit, me laissant porter par les notes du pianiste qui sortait de ma chaine... Je fermais les yeux, essayant de visualiser les doigts courant sur les notes du clavier... Ses mains étaient rapides et vives. Le visage froncé, concentré à l'extrême... J'aurai aimé être un joueur de piano professionnel et faire rêver des gens... J'aurai aimé servir à quelque chose au moins une fois dans ma vie... Les dernières notes s'égrénaient, lentes et aigües. Le "do" final se suspendit dans l'air, faisant raisonner les derniers apaisements...

J'étais entre le rêve et la réalité, me visualisant sur scène et posant cette dernière note dans un silence de plomb. La salle ne réagirait pas immédiatement, suspendue à ce dernier accord... J'étais libre et heureux. Je composais et je soignais les âmes... J'étais un pianiste. J'étais quelqu'un...

" TOC TOC TOC "

- Edward... C'est maman...

Je me redressais, un peu pâteux et tournais la clé dans la serrure jusqu'à entendre le cliqueti métallique. Elle referma la porte derrière elle tandis que je me rallongeais sur mon lit. Je la sentis s'asseoir sur le bord.

- On ira voir Alice après les cours demain si tu veux...

Je ne répondis pas. A quoi bon ? Je savais que ce n'était que du vent, que Marcus lui trouverait un millier de choses à faire à la paroisse et qu'elle ne pourrait se libérer. Parce que ça se passait toujours comme ça... Je n'avais plus de moments avec ma mère. Je n'avais que quelques secondes avec la femme de Marcus Voltero.

- Chéri, qu'est-ce qui t'arrive ?

- Rien...

Elle passa sa main sur mon dos et murmura.

- Je sais que ce qu'il a fait n'est pas bien... Il aurait dû te dire en premier lieu qu'Alice est hospitalisée. Je lui en ai parlé, il regrette.

J'eus un petit rire. Marcus ne regrettait jamais rien me concernant.

- Ce n'est pas facile pour moi de vous voir vous accrocher sans cesse... Ca fait dix ans que ça dure... Et je suis fatiguée d'être partagée entre mon mari et mon fils.

Bientot, elle n'aurait plus à subir cela... Je serai parti et elle pourra être soulagée de ma présence... Elle n'aura plus à choisir !

- Il se fait tard chéri. Tu devrais dormir ! Je t'emmène demain matin, je repasse te prendre le soir au lycée et on ira voir Alice !

Elle déposa un baiser sur ma joue et sortit de la chambre.

*o*0*o*

Point de vue de Bella :

Il était presque 18h et je discutais avec Angela sur le parking de l'école. J'adorais parler avec elle après les cours. C'était ma meilleure amie ! Elle passait souvent ses pauses avec son petit-ami Ben. Bien qu'elle me disait de rester avec eux, je me sentais de trop alors je lisais dans mon coin. Mais arrivée la dernière sonnerie, nous restions souvent plus d'une heure sur le parking du lycée à discuter et rire. Elle me racontait les aventures de Ben et j'adorais qu'elle me fasse participer à tout cela.

- Hé, Bella... regarde !

Elle me montra un coin de la cour et j'apercevais Edward Masen seul, qui visiblement attendait quelqu'un. Il n'était pas venu en voiture aujourd'hui.

- Ca fait longtemps qu'il est là...
- La personne qu'il attend a sûrement du retard...

Je le voyais faire les cent pas, consulter sa montre. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il avait l'air impatient... Sans qu'on s'y attende, on le vit mettre un coup de pied dans le muret à côté de lui et s'asseoir au sol. Il laissa tomber sa tête entre ses bras.

- Qu'est-ce qu'il fait ?

- Euh... Attends-moi là... Je vais le voir, il a peut-être besoin d'aide ou...

Je ne terminais pas ma phrase et m'approchais de lui. Je remarquais ses doigts crispés dans ses cheveux et son souffle fort.

- Salut !

Il releva la tête vers moi. Il avait vraiment de très beaux yeux.

- Oh... Salut !

Il avait l'air déçu. Je m'accroupissais face à lui.

- Tu attendais quelqu'un d'autre ?

- A vrai dire... ma mère...

- Tu as essayé de l'appeler pour savoir où elle se trouve ? Elle a peut-être eu un empêchement ou...

- Laisse tomber, j'ai pas de portable !

Wow... Un gars de 17 ans sans portable, ça ne courait pas les rues ! J'extirpais le mien de ma poche.

- Tiens... Tu peux essayer de la joindre si tu veux...

Il me regardait d'un drôle d'air, comme si je venais de lui proposer la lune.

- Non c'est ton portable ! Je ne peux pas y toucher...

Je lui adressais un petit sourire.

- Tiens, appelle-la ! C'est idiot, imagine-toi qu'elle soit coincée par... disons un troupeau de buffles sur la route... Il n'y a pas de bus et quasiment plus personne. Tu ne vas pas passer la nuit ici !

Il eut un petit sourire

- Un troupeau de buffles ? A Port Angeles ?

Il se mit à rire brièvement et mon sourire s'élargissait.

- Désolée... panne d'inspiration... Allez, tiens !

Je lui déposais mon portable dans sa paume et le bref contact que j'eus avec sa peau m'électrisait. Je ressentis une sorte de petite décharge qui me troublait... C'était quoi ça ?

- Merci...

Je me relevais et me dégourdissais les jambes pendant qu'il composait le numéro de chez lui. Il resta un moment silencieux et coupait mon mobile pour me le rendre.

- Il n'y a personne... Mais merci quand même.

- Essaie de l'appeler sur son lieu de travail !

- Je vais te bouffer tout ton crédit...

- Mais non rassure-toi ! Maintenant que mon frère ne vit plus chez nous, plus personne ne me prend mon crédit, et ça me manque !

Il secoua la tête et composa un nouveau numéro.

- Oui c'est Edward...

(...)

- Quoi ? Mais comment je vais faire ?

(...)

- Putain mais on devait aller voir Alice en plus ce soir !

(...)

- Haaannn ! Gros malin ! Tous les bus sont partis !

(...)

J'ignorais à qui il parlait mais ça ne devait pas être son meilleur ami.

- Ben pour ça, faudrait au moins que je puisse rentrer pour prendre ma voiture ! Passe-moi Maman !

(...)

- C'est ça !

Il coupa la conversation, visiblement furieux. Il me rendit mon téléphone après s'être relevé.

- Tu as trouvé une solution ?

- Ouais... La marche à pieds !

- Oh... Ta mère est vraiment bloquée par un troupeau de bluffes alors ?

Il me fit "non" de la tête... Quelque chose clochait.

- Bon... euh... merci Isabella et... je dois y aller... J'ai... Il faut que je rentre rapidement si je veux aller voir Alice...

- J'ai vu qu'elle n'est pas en cours. Elle va bien ?

- Elle a fait une crise d'appendicite, elle s'est faite opérer hier et je voulais aller lui rendre visite ce soir ! Mais si je ne me dépeche pas de rentrer, je n'en aurai pas le temps.

Oh la pauvre... Elle était à l'hopital et ne pourrait pas voir son petit-ami... J'avais été opéré de l'appendicite il y a deux ans et j'aurai détesté si Jacob, mon copain de l'époque, n'était pas venu.

- Je peux peut-être te déposer chez toi ?

Il me regarda comme si je venais de prononcer des paroles terribles..

- Isabella. C'est très gentil mais... Tu en as déjà fait beaucoup...

- Allez viens ! De toute façon, je dois ramener Angela aussi !

- Mais tu en as au moins pour vingt minutes de route et...

- Et alors ?

Il semblait hésiter et finalement me suivit. Nous revenions vers Angela. Ils se saluèrent d'un signe de tête.

- Allez grimpez ! Taxi Bella est disponible !

- C'est ta voiture ? demanda Edward dans un murmure.

- Oui, pourquoi ?

- Je rêve... Une volvo C60...

Son air d'ahuri me fit sourire.

- C'était la voiture de mon frère Jasper mais il s'en est acheté une nouvelle et je l'ai récupéré...

Il émit un sifflement.

- Sympa le frangin...

Je souriais et m'installais derrière le volant, Edward sur le siège avant. Le trajet se fit pratiquement en silence et je finis par arriver devant chez lui en suivant ses indications... S'il avait fait son trajet à pieds, il ne serait pas prêt d'être rentré !

- Voilà !

Il se détachait et ouvrit la porte.

- Merci beaucoup... Je ne sais pas comment je te rendrai ce service...

- T'occupes pas de ça, ça m'a fait plaisir !

Il me fit un petit sourire.

- Bon... à demain...

- A demain...

Au moment où il claqua la portière, je vis un homme sur le palier de sa maison. Edward le foudroya du regard et l'homme eut un mauvais rire. Il me filait la chaire de poule rien que par son regard dédaigneux.

- C'est le Pasteur Voltero... me murmura Angela qui venait de prendre la place d'Edward à l'avant.

- Sale gueule ! Pardon mais...

- C'est vrai... Des fois, il est un peu bizarre... Mon père ne l'aime pas trop...

Angela eut un petit rire alors que je regardais Edward entrer en bousculant le Pasteur et ressortir rapidement, ses clés en mains. Je rallumais mon moteur et passais la marche arrière.

Edward claqua la portière de sa voiture et l'alluma rapidement. Le Pasteur Voltero posa son regard sur nous et je m'empressais de reculer pour repartir. Je me perdais dans mes pensées. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils n'avaient pas l'air de bien s'entendre... Et si le Pasteur était là, pourquoi n'était-il pas venu chercher Edward au lycée ? Pas que ça m'avait embêté de le ramener, mais ce n'était pas logique... C'était son beau-père...

Je me garais devant chez les Webber et rentrais pour faire mes devoirs avec Angela. Vers 19h, je repris la route et rentrais chez moi pour aider ma mère. La voiture de Jasper était garée dans l'allée. Punaise ! Jasper ! Mon frère qui faisait des études dans le milieu cinématographique à Los Angeles !

- Salut la Tomate ! Alors, c'est à cette heure-ci qu'on rentre ?

- Arrête de m'appeler comme ça, rougissais-je.

Il eut un large sourire.

- Pas tant que tu n'arrêteras pas de devenir toute rouge dès qu'on te taquine !

- Qu'est-ce que tu fiches ici ?

- Je suis juste de passage, je dois aller faire une séquence de tournage à Seattle sur deux jours et je repars vendredi !

- Papa et Maman, ils sont où ?

- Ils arrivent dans dix minutes ! Ta mère a été faire une prise de sang ! Ils avaient prévu de manger quoi ce soir ?

Je m'atelais à la préparation du repas, rajoutant un couvert pour mon demi-frère.

*o*0*o*

Point de vue d'Edward.

Chambre 157. Je toquais et entendis la voix carillonnante d'Alice.

" Entreeeezzzzzz "

Je la trouvais assise dans son lit à jouer aux cartes avec Renée.

- Ah ben quand même tu me rends visite !

Je l'embrassais sur la joue et saluais sa mère.

- C'est pas ma faute, mais celle de Marcus !

- Je vais vous laisser.

Renée quitta la chambre. Le visage d'Alice s'assombrissait.

- Qu'est-ce qu'il t'a fait ?

Je m'asseyais au fond de son lit.

- Il m'a pas prévenu que t'as eu l'appendicite. On s'est frités...

- Encore une fois... Et ta mère, qu'est-ce qu'elle a dit ?

- Elle lui a fait remarqué que ce genre de choses était important. Soi-disant qu'il est désolé ! Désolé, mon cul ouais !

Elle secoua la tête.

- C'est un imbécile !

Je lui racontais le plan qu'il venait de me faire. Me dire que personne ne pouvait venir me chercher et le fait qu'Isabella Cullen avait dû me ramener.

- ATTENDS UN PEU TOI ! hurla-t-elle

Je sursautais.

- Quoi ?

- ISABELLA CULLEN T'A RAMENE ?

- Vas-y, gueule plus fort ! Des fois que son père traine dans les couloirs...

Elle secoua la tête.

- Impossible, j'ai été sa dernière visite, il est parti !

Je soupirais. Comment faisait-elle pour tout savoir ?

- Elle te plait ?

- Qui ? Carlisle Cullen ?

Elle éclata de rire.

- Mais non idiot ! Sa fille !

- Alice, tu sais très bien que...

- Oui je sais Irina. Irina par-ci ! Irina par-là ! Mais... Edward... Irina est une vraie garce !

Ah non hein ! Elle n'allait pas s'y mettre elle aussi !

- Ecoute, t'es bien amoureuse d'un type qui a sept ans de plus que toi et qui ne vit même pas ici !

- Ne ramène pas Jasper dans cette conversation !

Je souriais. Elle faisait toujours comme si Jasper était une chose acquise... Comme si elle était certaine qu'il partagerait sa vie avec elle...

- Tu commences quand chez les Cullen ?

- Demain après-midi !

- Ah zut ! Je serai pas sortie ! Bon attends tu sais pas ? Je veux que tu m'appelles dès que t'as fini, ok ? C'est le numéro de la chambre.

Elle me tendit un papier avec des chiffres.

- Marcus ne me laissera pas...

- Passe-moi mon sac !

Je lui attrapais son sac à mains et elle me sortit son portable.

- Tu prends ça et tu m'appeles dès que t'as terminé, compris ?

- Mais, Al' !

- Je peux pas m'en servir ici, c'est interdit ! Alors prends-le et tu me téléphones avec de ta chambre ! Compris ? Et il va falloir remédier à l'idée que tu ais un portable !

- Marcus veut pas !

- T'as bien de l'argent, non ?

- Sur un compte, mais c'est ma mère qui le gère jusqu'à ma majorité !

Elle fronça son visage. Alice qui réfléchit, ce n'est jamais bon !

- C'est fâcheux...

A ce moment-là, Renée revint avec une infirmière.

- On doit te laisser chérie, c'est la fin des visites et l'heure de ton repas !

Elle fit une drole de mine et je souriais. Je déposais un baiser sur son front.

- Soigne-toi bien et reviens vite, le bahut c'est bien triste quand t'es pas là !

Elle m'aggripa le col de chemise et se penchait vers mon oreille.

- Echange de bon procédé : je te prête mon portable et jeudi quand tu reviens me voir, parce que oui tu vas revenir me voir, tu m'amènes quatre sandwichs comme les fait si bien ta mère !

Je lui fis un clin d'oeil.

- Promis !

*

En rentrant, je ne pris pas la peine de diner. Ma mère et Marcus étaient entrain de se bécoter dans la cuisine. Lorsque Elisabeth m'aperçut, elle se recula de lui mais c'était trop tard...

- Comment va Alice ?

Je les regardais tous les deux. J'avais horreur de ça, j'avais horreur de les voir comme ça tous les deux... Ca aurait dû être mon père à la place de ce gros connard !

- Ca va...

Je montais directement dans ma chambre et me roulais en boule sur mon lit, pour écouter de la musique. Plus tard, ma mère monta me voir comme à chaque fois que je m'enfermais.

- Excuse-moi chéri... Je sais que je t'avais promis mais...

- Je sais ! Marcus t'a donné du travail et tu ne pouvais pas dire non et lui dire que tu devais récupérer ton fils. Je connais ce refrain ! répondis-je la voix sèche.

Elle soupira et resta un instant sans paroles. Elle me pressa l'épaule et sortit rapidement. J'étais un monstre... Je ne laissais rien passer à ma mère... Je lui pourrissais la vie avec son mari...

..::..

15h. Je me garais devant chez les Cullen. Je n'étais pas heureux d'être là forcément mais je n'avais pas spécialement envie de rentrer chez moi... Peu importe ce que je faisais, l'important était que je m'occupe et que je ne croise pas Marcus. Ce matin encore, dès qu'Elisabeth fut partie, il m'a sermonné sur mon manque d'éducation et de politesse avec des " Si j'avais été ton père, je ne t'aurai pas laissé devenir comme ça ! "... J'avais fini par balancer mon bol de céréales dans l'évier et étais parti.

La porte d'entrée s'ouvrit et Esmé vint m'accueillir. Elle m'enlaçait. Ce geste simple qui me manquait parfois quand je regardais ma mère... Je sentis contre mon ventre le sien arrondi.

- Bonjour Edward ! As-tu passé une bonne matinée ?

- Oui Madame...

- Esmé, moi c'est Esmé !

- Oui, Esmé...

Elle m'adressa un petit sourire.

- Allez, entre !

Je m'exécutais et posais mes clés de voiture sur la table du salon.

- Mon beau-fils est passé hier soir, je vais avoir besoin de ton aide pour ranger un peu sa chambre qui se trouve à l'étage. Tu rabats juste la couette de son lit. Jasper n'est pas un garçon très ordonné, donc si tu peux vérifier qu'il n'a pas laissé trainer d'habits au sol, ce serait gentil. Si c'est le cas, tu les redescends et on fera une machine. Ensuite, j'aurai besoin d'aller au centre commercial. Je te paierai un peu plus pour les frais d'essence. Et je pense qu'après avoir rangé les courses, tu pourras rentrer chez toi !

Elle me souriait encore et j'obtempérais... Bon, ranger deux caleçons et aller faire des courses, c'était à ma portée...

- La chambre de Jasper est à l'étage, troisième porte à droite.

- Bien...

- Merci... Je serai dans ma chambre au rez-de-chaussée là-bas si tu as besoin de moi...

J'acquiessais et montais les marches. Le hall du couloir était vaste et décoré très richement... Ils avaient les moyens en tout cas... C'était à la fois riche mais très bien équilibré. Toutes les couleurs s'harmonisaient... J'observais un peu autour de moi. Il y avait six portes. Trois sur la droite, une en face du couloir et deux sur la gauche. Une quinte de toux au niveau inférieur me ramena sur terre... Deuxième porte à droite elle a dit ? Je posais ma main sur la poignée mais lorsque j'ouvris en grand pour rentrer faire mon travail, j'aperçus Isabella de dos... en soutien-gorge...

Oh... Seigneur...

La lanière noire barrait sa peau pâle, cachée de moitié par ses longs cheveux chatains. Elle se retournait.

- J'arrive Ma... Edward ?!

Son petit cri et son geste virulent pour attraper son débardeur et le mettre devant sa poitrine me ramena sur terre... Je fermais les yeux rapidement et me retournais.

- Pardon, je... suis... dé... Pardon !

Je quittais rapidement la chambre et refermais la porte en la claquant. Je pris appui contre le mur et inspirais et expirais fortement. Tout mais pas ça... Dites-moi que je ne viens pas de faire ce que je viens de faire... pitié... Je viens de voir la fille de mes patrons à moitié nue... Oh Seigneur... J'allais probablement être viré dès qu'elle leur en parlerait... Marcus me tuerait et Elisabeth aussi...

" La chambre de Jasper est à l'étage, troisième porte à droite."

MAIS QUEL CON ! La porte de la chambre d'Isabella s'ouvrit alors et elle apparut, sursautant quand elle me vit. Son visage s'empourprait immédiatement. Je remarquais que sa main tremblait contre sa poignée.

- Tu... je... quelque chose... cherche ?

Je la fixais pendant qu'elle me questionnait de sa voix tremblante et incompréhensible... Mon coeur battait à 1000 à l'heure et mes jambes me semblaient si molles... Je l'ai vu en soutien-gorge...

- Oui... euh... La chambre de... Jasper... Je dois... la ranger... la... nettoyer... y enlever les... soutien-gorge et...

Oh non pitié... Mais quel con... !!! Je fermais les yeux et me pinçais l'arrête du nez. Cette fois-ci, j'étais mort ! Adieux la fuite de Port Angeles vers une autre ville... J'allais perdre ce job...

- Jasper ne porte pas de soutien-gorge...

Je décelais de l'amusement dans sa voix et j'étais encore plus gêné si possible... Je n'étais qu'un crétin !

- Les seuls soutien-gorges que tu risques de trouver ici sont ceux de sa fiancée Maria... Ce ne sont pas les siens...

Je n'osais l'affronter du regard. Ca, c'était gênant... Attends... qu'a-t-elle dit ? Il est fiancé... Mon coeur tomba dans mon ventre... Pauvre Alice... Je serrais son portable dans ma poche... Elle serait tellement déçue... Je ne savais pas si je devais lui en parler... Je savais qu'elle souffrirait... mais c'était peut-être une façon pour elle de passer à autre chose...

Isabella me fit sursauter en passant devant moi et en ouvrant une porte.

- La chambre de Jasper est là...

- Me... merci...

Son visage rougissait encore une fois et elle se dirigeait vers les escaliers. Mais elle se prit les pieds dans le tapis et se retint in-extremis en aggripant ma taille des deux mains.

- OOouuuppsss...

Mais c'est pas vrai qu'une fille soit aussi maladroite...

- Hey, attention...

Son visage était presque collé à mon ventre. Elle resta un instant immobile tandis que je réalisais la situation... Son visage à quelques centimètres de mon bas-ventre... Décidément, c'était pas ma journée... Elle finit par se redresser, sa peau encore plus rouge que d'habitude.

- Pardon... Excuse-moi, je...

- Tu ne t'es pas fait mal ?

Elle secoua vivement la tête de gauche à droite et cligna des yeux très rapidement plusieurs fois. Elle relevait la tête vers moi et finissait par croiser mes prunelles...

- Je crois que ça fait un partout pour les situations embarrassantes... Match nul pour aujourd'hui...

Sa voix se mêla à un sourire et je le lui rendis brièvement. Elle relâcha les bordures de mon pantalon et emprunta finalement les escaliers pour descendre... C'est pas possible... mais qu'est-ce que j'avais fait pour en arriver là ?

*

J'entrais rapidement dans la chambre de Jasper qui était relativement rangée. Je rabattis la couette comme demandé et ramassais le pantalon et le caleçon qui trainaient... J'imaginais déjà la tête d'Alice quand je lui dirai que j'ai tenu un caleçon de Jasper ! Elle me tuerait probablement... Je rapportais les affaires en bas et Carlisle qui venait de rentrer, m'indiquait la buanderie. Je n'y étais pas arrivé qu'Esmé me rejoignit et me montrais comment fonctionnait la machine... Dans la voiture que je conduisais jusqu'au centre commercial, je me sentais oppressé... Je ne connais pas cette femme, que dire que faire ? Et en plus, je viens de voir sa fille en soutien-gorge...

- Alors Edward... Ce travail te convient-il ?

- Oui, Esmé...

- Tu veux faire des études après ton bac ?

- Oui... Je voudrais quitter la ville et...

- Quel genre d'études ?

Je veux devenir musicien, m'dame ! Etait-ce une réponse convenable ? Je décidais de jouer franc-jeu... Après tout, des jugements, j'en avais vu d'autres...

- J'aimerai faire des études de musique ou entrer dans un conservatoire...

- Oh, tu es musicien ?
Son sourire m'étonnait. Elle était la première à ne pas rire quand j'en parlais...

- Je joue du piano...

- Depuis longtemps ?

- Oui... Dix ans environ...

- Persévère dans cette voie. J'en ai joué pendant trois ans et je regrette d'avoir arrêté et vendu mon piano maintenant...

Je me garais sur le parking... Ben ça alors... si j'avais su !

- C'était à l'époque où j'attendais Emmett, mon fils aîné... Son père était... enfin, je prenais ces leçons pour me divertir. J'ai dû arrêter...

Comment peut-on arrêter le piano ?

- Vous n'aimiez plus ça ?

Je l'aidais à sortir de ma voiture.

- Merci... Si, j'ai toujours adoré cela...

Je tirais un chariot vers moi et le sortais des rangements. Nous nous avancions vers l'entrée.

- Pourquoi vous avez arrêté, alors ?

Elle baissa la tête... J'avais sûrement été trop curieux...

- Excusez-moi Esmé... Je ne voulais pas être... indiscret...

Elle releva le visage en me souriant.

- Tu ne l'as pas été. Seulement, la situation à l'époque n'était pas aussi... libre pour moi, dirons-nous. Je n'ai pas arrêté de mon plein gré... Mon ex-mari y a été pour beaucoup dans cette décision. Tiens, tu peux attraper ce baril de lessive en haut, s'il te plait ?

Je m'exécutais. Son ex-mari lui avait demandé d'arrêter la musique ? Mais pourquoi ?

- Vous aimiez le piano ?

- J'adorais. Je me sentais apaisée en jouant... et surtout...

Elle ne terminait pas sa phrase... J'avais une très nette impression que quelque chose m'échappait... Quelque chose qu'elle dissimulait... Comme une blessure...

- Alors, vous devriez reprendre...

- Pardon ?

- Reprenez les cours... Achetez-vous un piano et recommencez à jouer. Si cela vous apaisait... Vous devriez continuer.

Elle me fixait, comme très hapée par mes propos... Comme si ce que je disais était intéressant et... avait de l'importance... Comme si j'étais une personne normale qui pouvait donner de bons conseils... Comme si j'étais quelqu'un... C'était la première fois que ça m'arrivait... Elle semblait pleine d'espoirs... L'idée de reprendre le piano semblait l'épanouir... La musique adoucit les moeurs et le coeur... Peut-être ressentait-elle comme moi... Peut-être était-elle heureuse en jouant... Ces infimes moments de bonheur, aucun musicien ne pourrait vivre en les perdant...

- Esmé, vous devriez reprendre le piano... Achetez vous-en un et... continuez à jouer... Quelque soient les soucis, les problèmes... les obligations et les contraintes... Il ne faut pas que la musique s'arrête...


Prochain chapitre lundi soir !

Prenez soin de vous et couvrez vous bien !

Tiffany