Un immense merci à tout le monde pour toutes vos reviews qui sont encore tombées sur le chapitre précédent =)
Je n'ai malheureusement pas le temps de vous répondre individuellement mais je vous remercie toutes très chaleureusement.
Tous ces messages que vous me laissez c'est... vraiment génial ! Merci.
J'ai de toute façon gardé toutes les reviews et je répondrai aux questions au prochain chapitre !
Je pense que ce chapitre va vous plaire =)
Pour celles qui se poseront la question, Emmett arrivera au chapitre 5
que vous aurez vendredi ou samedi selon ce que je pourrais faire...
Je vous embrasse toutes !
Prenez soin de vous !
tiftouff.
Point de vue d'Edward.
Finalement, ce qui était censé être des courses avec Esmé s'était transformé en visite d'un magasin d'instruments de musique... Elle était passionnée et ses yeux brillaient comme une enfant quand le patron du «Music-Shop» l'emmenait aux pianos... Ils étaient tous plus magnifiques les uns que les autres... Elle s'approcha d'un piano droit en bois teinté... Il avait un aspect très moderne et à la fois un peu vieillot qui faisait tout son charme... Je crois que ma patronne en tomba amoureuse immédiatement... Le discours du vendeur ne trouvait pas d'échos chez Esmé... Elle avait décidé avec son coeur que ce serait celui-ci. Machinalement, je vis l'étiquette du prix...
LA VACHE !! 3405$ ...
- Edward ?
- Oui ?
- Tu penses quoi de celui-ci ?
Je ne pus retenir un sifflement qui la fit sourire.
- Il est très beau...
- Pourrais-tu l'essayer ? Il y a 25 ans que je n'ai pas touché à un clavier et je ne voudrais pas faire fuir Monsieur...
Oh... jouer sur un tel piano ? Moi, Edward Masen ? Celui que je possédais à la maison appartenait à la mère de mon père et n'était plus trop en état... Quelques cordes à l'intérieur de la caisse commençaient d'ailleurs à sonner faux mais ce n'était certainement pas avec le pécule d'Elisabeth qu'on pourrait s'en offrir un autre...
- Edward, tu veux bien ?
- Bien sûr !
Ca, je savais faire... Mes doigts glissèrent sur le clavier très réceptif et le son s'éleva peu à peu. Les notes s'enchainèrent très vives et je constatais qu'en modérant l'appui sur les touches, le son s'adoucissait... Face à moi, Esmé avait les yeux brillants... Je savais que ce serait son piano et je me sentais un peu envahissant de jouer dessus... J'abrégeais alors la mélodie que j'avais improvisé et jouais la dernière note. Un «La», plutôt grave. Le vendeur me souriait tandis qu'Esmé restait sans parler, les mains jointes devant elle, se mordant la lèvre inférieure, ses yeux marron pétillants.
- Edward... C'était parfait...
Waow... Personne en dehors de ma mère ne m'avait jamais complimenté sur mes compositions...
- Alors, Madame ? Ce piano vous convient-il ?
- Edward, est-ce que tu me le conseillerais ?
Comment se pouvait-il qu'on sollicite mes conseils ? Je n'étais qu'un ado pathétique de 17 ans... Elle semblait attacher de l'importance à ce que je disais... Comme si j'étais son égal et même mieux : comme si j'étais quelqu'un...
- Absolument. Il a beaucoup de répondant et le son est très clair. Le clavier est assez souple et les pédales aussi...
Elle acquiessait et se tournait vers le vendeur.
- Excusez-moi, je passe un coup de fil et je vous donne ma réponse...
- Un coup de fil à votre banquier ?
Elle lui adressait un petit sourire.
- Non, à mon mari !
Elle s'éloignait un peu pour téléphoner à Mr Cullen et le vendeur préparait quelques papiers. Je pianotais sur les touches et essayais le pédalier plus attentivement. La pédale forte augmentait la résonnance, la pédale douce permettait toucher plus léger et donc moins résonnant.
- C'est une pédale de soutien au milieu ? demandais-je au vendeur
- Une simple pédale de sourdine, Monsieur...
Effectivement, en l'essayant plus attentivement, le son me semblait étouffé.
- Alors Edward ? Tu l'apprécies ?
Je me retournais en sursautant, n'ayant pas entendu Esmé revenir. Je me relevais prestement... Après tout, c'était son piano et je n'avais pas à y toucher !
- Avez-vous un service de livraison ? demanda-t-elle au responsable
- Evidemment, Madame ! Vous le prenez ?
Elle acquiessait, un petit sourire sur le visage... Putain ! Elle claque 3405$ comme ça ? Ils en ont du bol les Cullen...
- Je vais chercher les papiers...
Le patron s'éclipsait et Esmé se tournait vers moi, souriante, sa main droite posée sur son ventre rond.
- Carlisle pense comme toi... Que je dois reprendre la musique...
J'haussais les épaules en acquiessant. Elle s'approchait de moi et m'étreignit un instant... Je ne m'y ferai jamais... En une après-midi, elle m'avait pris plus souvent dans ses bras qu'Elisabeth en une seule semaine... C'était très étrange et à la fois... comment dire ? Impressionnant...
- Merci beaucoup, Edward !
- Je vous en prie...
Après tout, ce n'était pas moi qui déboursait 3405$ !
- Je suis heureuse que tu ais su m'inciter à reprendre la musique ! Mais maintenant, il va falloir que je me dérouille les doigts...
- Je vous aiderai si vous voulez !
La proposition était sortie d'elle-même... Espèce de crétin ! T'as rien d'un prof et tu ne sais jouer que des airs que tu inventes...
- J'en serai honorée...
Oh... wow... Je ne savais plus quoi répondre... Heureusement pour moi, le vendeur revint. Il certifiait à Esmé qu'elle aurait son piano dans trois heures. Ils pouvaient bien ! A 3405$ sans compter les 80$ de plus pour la livraison... Elle décidait de payer en deux fois.
*
C'est ainsi que je dus la ramener vite chez elle... Je n'avais pas l'impression d'avoir une patronne mais une vraie enfant trépignant devant son nouveau jouet. Je l'aidais à ranger les courses quand Isabella fit irruption dans la cuisine. Esmé la prenait dans ses bras.
- Oh Bella, ma chérie !
- Hey, Maman ! Qu'est-ce qui t'arrive ?
- Je vais reprendre le piano !
- Vraiment ? Mais qui va te donner des cours ?
Esmé se tournait vers moi.
- Edward est un excellent pianiste ! Il va me redonner quelques bases nécessaires ! Il joue divinement bien ! Tu devrais l'entendre, chérie ! On a convenu qu'il resterait un peu plus le dimanche et le mercredi s'il en a le temps pour m'aider !
Isabella eut un petit rougissement et je me détournais... Putain ! Tu l'as vu en soutien-gorge !
- J'ai acheté un piano...
- Tu... quoi ?
Esmé frétillait presque.
- Papa m'a dit de me faire plaisir !
- Maman...
J'entendis le soupir d'Isabella et observais leur étreinte du coin de l'oeil. Une chose était certaine... Non, en fait deux... La mère et la fille s'aimaient tendrement et visiblement, à côté des Cullen, les Masen-Voltero étaient très différents...
Je restais jusqu'à 18h30 chez eux ce soir-là. Le piano monté, Esmé insistait pour m'entendre jouer une nouvelle fois. Je ne faisais pourtant rien d'extraordinaire... Isabella était installée dans le canapé à côté de la cheminée et lisait le livre qu'on devait résumer pour la littérature. Je la voyais de temps en temps lever les yeux du bouquin et sentais son regard se poser sur moi... Je n'avais jamais remarqué le chocolat de ses yeux... Ils pétillaient, semblables à ceux d'Esmé... Son sourire illuminait son visage... En fait, elle était plutôt belle... Je m'étonnais de découvrir que cette fille que je ne remarquais pas s'intégrait peu à peu à mon existence, sans que j'en trouve vraiment la nécessité... En fait, c'était la première fois que je laissais une inconnue m'approcher aussi facilement... C'était très déconcertant de savoir qu'elle me parlait comme si j'étais un type normal et qu'elle ne craignait pas les ragots sur son dos...
Je suspendais la dernière note et croisais le regard d'Isabella... Elle ne lisait plus. Ses joues s'embrasèrent et elle détournait ses pupilles... Je me sentais gené mais je ne saurai expliquer pourquoi... La façon dont elle agissait avec moi était troublante... A côté d'elle, Esmé souriait pleinement.
- Tu as entendu Bella comme Edward joue bien ?
- Oui... je... C'était... bravo, Edward...
Elle se levait immédiatement lorsque le son se terminait et montait au pas de course dans les escaliers... Esmé me regardait, un peu étonnée.
- Je vais te libérer, Edward... Je ferai mieux d'aller voir ce qui se passe... On se voit dimanche ? Tu auras besoin de ta clé pour rentrer. Nous serons à l'église avec mon époux... Je te laisserai un mot avec ce que j'attends de toi. Nous serons de retour vers 12h30. Ca ira ?
Je me levais du petit tabouret rapidement.
- Bien sûr... Bonne fin de semaine, Esmé !
- Merci mon garçon. Est-ce que cela te convient si je te paie tous les dimanches ? Ou tu préfères être payé à chaque fois ?
- Oh... Non dimanche ce sera très bien !
- D'accord... Rentre bien ! A dimanche ! Et merci pour la journée...
Elle m'embrassait la joue.
- Je vous en prie... A dimanche !
J'avais à peine claqué la portière que je prenais le portable d'Alice pour l'appeler et comme prévu, elle hurla quand je lui apprenais que j'avais ramassé un caleçon de Jasper... Je décidais de ne pas évoquer la fiancée du fils Cullen pour l'instant... Elle le saurait bien assez tôt et franchement, je n'avais pas le coeur à blesser ma meilleure amie...
A la maison, ce fut Marcus qui m'accueillit froidement.
- Où étais-tu ?
- Je travaillais !
- Tu devais revenir à 18h30. Tu as une heure de retard ! Où étais-tu ?
- Chez les Cullen...
- Prouve-le ! Montre-moi qu'ils t'ont payé !
- Je n'ai pas de compte à te rendre !
- Je suis ton beau-père, je suis responsable de toi ! Prouve-moi que tu travaillais !
- T'as qu'à les appeler !
- Je ne vais pas m'en gêner figure-toi ! Mais tu m'épargnerai le coût d'une communication si tu me montrais ton salaire !
- Elle ne me paiera que dimanche !
Sans que je ne m'y attende, il m'aggripa par le col et me plaquait contre le mur.
- MENTEUR ! OU ETAIS-TU ?
J'empognais ses mains, tentant de le faire lacher prise... Ma respiration se coupait peu à peu...
- Chez... Cullen ! Lâche-moi !
- NE ME PRENDS PAS POUR UN CON, MASEN !
Il me relâchait brutalement lorsque nous entendimes la porte d'entrée s'ouvrir. Elisabeth...
- Oh, vous êtes là tous les deux ? demanda-t-elle dans un sourire.
Elle s'approcha de Marcus et l'embrassait... Connard ! Je n'attendis pas la fin de leur baiser pour courir dans les escaliers et monter m'enfermer à l'étage...
J'aurais pu lui dire la vérité, mais jamais elle ne me croirait... C'était la parole de «l'Ange Marcus» face à celle du «Démon Edward»... Et je ne ferai probablement jamais le poids... Elle l'aimait sûrement plus que moi... Elle m'en voulait certainement d'être vivant et d'avoir les traits de mon père alors que ce dernier, amour de sa vie, était mort...
*o*0*o*
Point de vue de Bella.
Je me surprenais à ne plus pouvoir lire mon livre mais à écouter Edward... A avoir envie de l'entendre jouer tout le temps... Ses sourcils froncés, son regard concentré, ses mains courant sur le clavier... Une beauté à en faire palir les Dieux grecs...
Edward Masen me plaisait.
Et lorsque ses yeux croisèrent les miens sur sa dernière note, j'eus tout à coup l'impression d'être transparente... D'être démasquée dans cet aveu... Et de ne pas être comprise... Edward n'est pas un garçon comme les autres... Il n'agit pas pareil qu'eux... Il me rejetterait sûrement...
Je m'affalais sur mon lit... Edward Masen n'est pas pour toi ! J'entendis des voix, une porte se refermer. Des pas dans l'escalier... Maman...
- Bella chérie... Est-ce que je peux entrer ?
Je me relevais et tentais de me recomposer un visage serein.
- Bien sûr, Maman !
Elle ouvrit ma porte avec un léger sourire et la refermais. Elle vint s'asseoir près de moi.
- Qu'est-ce qui t'est arrivée ? Pourquoi es-tu partie aussi brusquement chérie ?
« Maman, j'en pince pour ton employé...» ... Ce n'était pas une réponse acceptable...
- Rien... Je ne me suis pas sentie bien, c'est tout !
Elle n'y crut pas un seul instant... J'étais une piètre menteuse. Et elle le savait.
- Est-ce qu'il y a des ennuis au lycée entre toi et Edward et cela ne te convient pas de venir le voir travailler chez nous ?
- Non ! Pas du tout ! Edward est gentil, réservé et très discret ! Il ne ferait de mal à personne !
Elle me souriait alors et remettais une mèche de mes cheveux derrière mon oreille.
- Alors... serait-ce parce qu'il te plait ?
- NON !
Ses sourcils s'élevèrent face à mon cri.
- Je veux dire... Non... Il est gentil mais... Je ne le connais pas et... Tu sais, on ne se parle pas beaucoup en fait... Il est tout le temps dans sa voiture ou avec Alice Swan alors... Pourquoi tu crois qu'il me plairait ?
Esmé me scrutait un instant en silence.
- Oui c'est vrai... Pourquoi penserai-je qu'Edward Masen pourrait te plaire ? Vous êtes au lycée ensemble, il est plutôt très beau garçon et toi tu es une très belle jeune femme... Vous avez le même âge... Mais c'est vrai, pourquoi penserai-je cela ?
Elle se relevait et m'embrassait sur le front.
- Je vais préparer le diner, Bella... Ton père ne va pas tarder à rentrer. Repose-toi si tu es fatiguée... Je t'appelerai quand ce sera prêt...
Elle quittait ma chambre rapidement... Il ne me fallut dès lors que peu de temps pour réaliser que j'avais vraiment envie de connaitre Edward Masen davantage...
*
Vendredi à 15h30, Angela et Ben s'installèrent ensemble en cours de maths pour nos deux dernières de cours... Dans le fond de la classe, j'apercevais Edward qui regardait par la fenêtre, l'air absent. Il était seul à sa paillasse... Hier, je ne l'avais pas vu étant donné que je n'avais pas de cours en commun avec lui. Et ce matin en littérature, j'étais avec Angela... Je ne réalisais mes pas que lorsque j'approchais de sa table.
- Salut, Edward !
Il sursauta brutalement, me surprenant à mon tour. Ses yeux vert se fixèrent sur les miens, comme s'il me voyait pour la première fois.
- Oh... Salut !
Il se redressait sur son tabouret et faisait bouger son stylo entre son pouce et son index.
- Est-ce que je peux... m'asseoir avec toi ?
Il regardait la place vide sur laquelle était installé son sac et son livre ouvert.
- A moins que ce ne soit la place de tes affaires...
Il eut un petit sourire et je vis clairement Jessica Stanley et Lauren Mallory se tourner vers nous. Elles me fixaient comme si j'étais folle...
- Si tu ne crains pas les ragots, tu peux t'installer à ma table...
Edward les toisait du regard et elles se retournèrent.
- Je pense que les tissus d'absurdités qui sortent de certaines bouches me filent la nausée...
Je m'asseyais tandis qu'il posait son livre sur sa trousse. Je sortais mon cahier, mes exercices, ma trousse mais ne trouvais pas mon livre...
- Oh non...
- Tu as oublié ton livre ?
J'acquiessais... C'était bien mon genre !
- On a qu'à en prendre un pour deux...
Il installait son livre entre nous tandis qu'on attendait toujours notre professeur. Je lui adressais un petit sourire et il se mit à rougir et détournait son regard rapidement. En regardant devant moi, quasiment toutes les têtes étaient tournées vers nous. C'est dingue... Mais qu'est-ce qui se passe ? Est-ce que j'étais venue à poils aujourd'hui ou quoi ? Edward griffonait avec son crayon à papier.
- Ils ont tous attrapé un torticoli ou quoi ?
Il relevait la tête vers eux et haussait les épaules.
- C'est ce que je me suis toujours demandé...
- Y a plus de jeunesse...
Edward éclata de rire. Seigneur qu'il était beau lorsqu'il riait... Je sentais clairement le rouge envahir mes joues. Je m'acharnais sur mon cahier et sortais ma feuille d'exercices qui était moitié vide... Je déteste les maths ! A côté de moi, j'entendis un petit sifflement.
- T'as pas réussi à faire les exos ?
Je jetais un coup d'oeil à sa feuille remplie. Il avait une écriture magnifique pour un garçon... - Non, j'ai... disons que les stats et moi ne sommes pas très amis... Et que je sais d'avance que je vais me ramasser au contrôle...
Il émit une petite grimace.
- Dans le pire des cas, tu pourras le refaire en rattrapage comme Alice...
Alice Swan... Sa petite amie.
- Comment va ta copine ?
Il haussait les sourcils.
- Ma copine ?
- Euh oui... Alice... c'est bien ça ?
Il eut un petit rictus.
- Alice n'est pas ma petite amie... C'est juste ma meilleure amie...
Oh... Mon coeur se mit à battre plus vite. C'était quoi cette réaction biologique stupide ?
- Mais elle va bien... Elle sort demain matin de la clinique mais elle ne reviendra en cours que dans quinze jours...
A ce moment-là, la secrétaire entrait dans la salle.
- Monsieur Vorbeck a dû rentrer chez lui à midi pour raisons personnelles. Il ne peut assurer ce cours. Vous êtes libres mais je dois récupérer vos exercices...
Edward attrapait ma feuille et la posait sur la sienne. Je rangeais mes affaires... En fait, j'étais un peu déçue... Edward et moi ne pourrions pas discuter davantage... Je refermais mon sac et ramassais ma veste. Il était déjà debout et je me serrais pour le laisser passer mais il tint mon dossier de chaise.
- Vas-y...
Sa galanterie m'estomaquait... Je regardais ces charognes de mecs de terminale qui se bousculaient et je mesurais la délicatesse d'Edward Masen... Vraiment différent... Il donna nos feuilles à Mrs Flint et nous quittions la salle ensemble. Dans la cour, les quelques élèves présents nous regardaient étrangement.
- Alors, tu... penses râter le contrôle de la semaine prochaine ?
J'acquiessais, un peu troublée par les commentaires autour de nous.
«La fille Cullen fréquente les mauvaises personnes !»
- Oui... Je ne suis pas très douée... Tu as réussi tes exercices toi, on dirait...
Il maintenait la tête basse, une de ses mains tenant la sangle de son sac.
- Ils sont difficiles malgré tout !
- Génial... Si toi tu dis ça alors je sais que ça sera insurmontable...
- Non, il suffit juste de bien comprendre la méthode et de l'appliquer à la lettre...
- Et quand tu comprends pas la méthode, tu fais comment ?
- J'peux t'aider si tu veux...
Je m'arrêtais brusquement de marcher. Il veut m'aider ?
- T'es... sérieux ?
Ses yeux naviguèrent, comme étonné.
- Oui... apparemment... Sauf si te montrer avec Edward Masen te dérange...
- Ils sont tous vraiment très cons, ici... murmurais-je
Edward haussait les épaules... Les regards, les cancans, la critique... rien ne semblait l'atteindre...
- On peut aller chez moi si tu veux... Ma mère et mon beau-père ne seront pas là. Je pourrais t'expliquer ce que t'as pas compris... si tu veux bien...
- D'accord...
- Tu te rappelles du chemin ?
J'acquiessais.
- Je te suis en voiture...
- Ok !
Il ouvrit sa voiture et je me dirigeais vers la mienne. Mais au moment d'ouvrir ma volvo, j'entendis le moteur de son véhicule émettre un drôle de bruit. Autour de nous, tout le monde éclatait de rire.
- Heh Masen ! Elle est pourrie ta caisse !
- Espèce de bouzeux !
Je le vis sortir, visiblement énervé.
- Tu es en panne ?
- Putain de bagnole de merde !
La cloche sonnait et la plupart des élèves rentraient en cours.
- Attends, je vais appeler ma demie-soeur Rosalie ! Elle est mécano !
Il arrêta tout mouvement alors que je composais le numéro du garage de ma frangine.
- Ta soeur ? Mécanicienne ?
J'acquiessais.
Rosalie arriva rapidement sur le parking du lycée.
- Salut !
Elle m'embrassait et je la conduisis vers la voiture d'Edward. Elle le saluait et ouvrit le capot.
*o*0*o*
Point de vue d'Edward.
Gé-nial ! Ma bagnole en panne... Installé avec Isabella sur un petit muret à proximité, je regardais Rosalie qui fouillait dans le moteur.
- Elle est douée, tu vas voir !
Je n'en revenais pas qu'Isabella s'installe avec moi ici et se soit posée en maths sur ma paillasse... Cette fille, elle est vraiment différente... Rosalie relevait la tête du capot.
- C'est le démarreur qui est mort !
Je descendais du muret pour me rapprocher, accompagné par Isabella.
- Je vais remorquer ta voiture au garage mais je ne suis pas sûre qu'on puisse te la faire avant mercredi. Il faut commander la pièce !
- Ca va revenir dans les combien à peu près ?
La demie-soeur d'Isabella s'essuyait les mains avec un chiffon sale.
- A peu près 150$ pour la pièce... Et la main d'oeuvre... Je ne pourrais pas trop te dire...
Wow... 150$... C'était déjà trop...
- Ok...
Je ravalais ma fierté. Je verrai si c'était possible de payer en plusieurs fois... Il me faudrait trois semaines de travail chez les Cullen pour financer la réparation.
- On peut te louer une voiture si tu veux...
- Ben c'est à dire que...
- Non, je peux passer le chercher c'est pas un problème ça !
Je me tournais vers Isabella...
- Tu es sûre, Bella ? Sinon, on a trois voitures en service...
- Ca ira Rose ! Sauf si Edward ne veut pas...
- Je veux pas te déranger... Je peux prendre les transports en commun ou venir à pieds !
- Ca me gène pas, c'est sur mon trajet !
Ca me gênait plus que nécessaire... Je pouvais très bien prendre le bus !
- Donne-moi ton numéro que je t'appelle dès que ta voiture est prête !
- Bien sûr !
Je notais à Rosalie toutes les informations, puis elle remorqua mon véhicule et vint embrasser sa soeur.
- On se voit dimanche, on vient manger avec Emmett !
- Il va comment, le frangin ?
- Ca va ! Il veut quitter son job chez les Newton. Il en a marre de vendre des godasses de randonnée !
- Papa t'a dit que Jasper est passé ?
- Oui mais il aurait pu m'appeler qu'on vienne le voir ! Il était avec Maria ?
- Non, tout seul !
- En plus !
Je m'éloignais un peu... Je n'avais pas à écouter leurs histoires de famille... Les deux soeurs étaient très opposées... L'une blonde, l'autre chatain. L'une très féminine et l'autre plus simple... Après le départ de Rosalie, Isabella revint vers moi avec un petit sourire.
- On y va ?
- Oui, bien sûr... Au fait... Merci de... t'être proposée...
Son visage se remplissait de rougeurs délicieuses et elle ouvrit sa voiture.
- Je t'en prie... Et puis, si ça peut t'épargner les bus avec ces grosses andouilles du lycée, ce sera avec plaisir !
Le trajet se fit avec un fond de musique.
- C'est gentil à ta soeur d'être venue si vite...
- Elle est très efficace dans son domaine ! La mécanique, c'est son dada ! Emmett dit toujours qu'elle lui pique sa place de «mec viril» dans leur couple...
- Ah oui... Ce sont eux qui se sont mariés ?
- Oui. Rose est la fille de mon père et Emmett le fils de ma mère. Ca faisait bizarre au début mais ils n'ont pas le même sang... En tout cas, ça a pas mal parlé à ce sujet dans la ville !
Ca m'étonnait même pas. Je me rappelais des cancans à ce sujet. Marcus avait refusé de célébrer leur union et c'était le Pasteur Webber qui s'en était chargé
- Il leur en faut peu ici pour parler...
- Oh oui ! C'est pour ça que mon autre demi-frère, Jasper, est parti à Los Angeles. Ses potes se foutaient de lui quand il leur disait vouloir devenir scénariste ou réalisateur. Maintenant, ils sont mouchés parce qu'il réussit !
- Il est devenu réalisateur ? demandais-je, impressionné.
- Non, il fait des études simplement mais il a déjà participé à la réalisation d'un clip de musique et il est l'un des meilleurs de sa promotion...
C'est Alice qui serait heureuse d'apprendre ça...
*
Elle finissait par se garer devant chez moi. Aucune voiture n'était là, j'avais la maison pour moi... Je l'invitais à entrer et la conviais à s'installer sur la table du salon.
- C'est joli chez toi ! me lança-t-elle alors que je préparais deux verres de coca.
- C'est banal...
Lorsque je revins, elle contemplait la photo du Sergent Masen.
- C'est ton père ?
- Oui !
- Un militaire ?
- Oui... Un ancien Sergent...
- Tu lui ressembles énormément...
- C'est ce que ma mère n'arrête pas de me dire...
Elle se tournait vers moi, les mains dans son dos.
- Tu ne le vois pas souvent ?
- Pas trop... En fait... Il est mort...
Ses joues s'empourprèrent.
- Oh... Je suis désolée...
- Je ne l'ai pas connu. Il a été tué par une balle perdue lors d'un entrainement et j'avais deux ans... Ma mère s'est remariée ensuite...
- Avec le Pasteur Voltero...
Mon ventre se tordait...
- Oui...
Bella acquiessait et baissait les yeux... Je lui tendis son verre et elle s'installait sur le canapé.
- Bon... On fait ces maths ? Pas que j'en ai très envie mais...
*
Je lui adressais un petit sourire et ressortais mon cahier avec la leçon... Et deux heures durant, j'entreprenais de lui réexpliquer ce qu'elle ne comprenait pas... En fait... je dus tout lui réexpliquer...
- Et là alors je dois inverser les signes, c'est ça ?
- Non, ça tu le fais à l'étape suivante...
- Oh Seigneur, je suis vraiment nulle ! Je crois qu'il me faudra une bonne grosse prière et le Miracle Divin pour que je comprenne un jour !!
- T'as une croix accrochée au mur là si tu veux...
Elle me regardait d'un air un peu apeuré et nous éclations de rire... C'était une sensation étrange... mais terriblement plaisante... Isabella me changeait d'Alice... Sa compagnie était différente... Mais pas du tout désagréable !
- Ca me fait plaisir de t'entendre rire mon Trésor !
La voix d'Elisabeth nous fit sursauter et les joues de mon invitée s'empourprèrent... Ca aussi c'était mignon...
- Tu es là Maman ? On ne t'a pas entendu rentrer !
- Moi par contre je vous ai entendus rire jusque sur le balcon ! Ca va chéri ?
- Oui !
Elle s'approcha de moi et m'embrassait sur le front.
- Bonjour Mademoiselle...
- Maman... C'est Isabella Cullen... La fille de mes patrons...
- Enchantée, Isabella... Je suis Elisabeth !
- Enchantée...
Ma mère lui serrait la main et se penchait vers nos cahiers.
- Oh des maths... j'ai horreur de ça...
- Elle aussi ! répondis-je dans un sourire.
Elisabeth nous regardait les mains sur les hanches et se dirigeait vers la cuisine.
- Vous voulez des cookies ?
- Il en reste ?
- J'en ai ramené !
Elle nous apportait une assiette pleine de gateaux. Isabella en prenait un et croquait.
- Tu as rentré ta voiture au garage ?
- Non, elle est en panne !
- Quoi ? Mais où...
- Au lycée... C'est le démarreur qu'a lâché !
- Ma soeur est mécanicienne, elle est venue remorquer le véhicule jusqu'à son garage...
- C'est très gentil à elle, tu l'as remercié, Edward ?
- Bien sûr ! Tu me prends pour qui ? la taquinai-je.
Je taquinais ma mère... Merde ! Ca m'était arrivé quand pour la dernière fois ça ? Mais rapidement, un homme entra et je sus que la paix était terminée...
- Ta mère te connait Edward. Ce ne serait pas la première fois que tu ne montres aucune reconnaissance !
Elisabeth soupirait mais ne dit rien. Elle ne voulait sûrement pas provoquer de dispute en présence de mon invitée. Isabella détournait le regard, lisant son cahier.
- C'est pas envers toi que je serai reconnaissant en tout cas ! sifflais-je assez bas.
- Tu te débrouilleras pour les frais de réparation de ta bagnole ! Ta mère ne déboursera pas un centime... répondit-il.
- Je n'avais pas l'intention de taxer Maman !
- J'y veillerai personnellement ! lâcha-t-il durement.
Isabella essayait de se concentrer sur son exercice.
- Bon ok on a compris, Beau-Papa réglo en action c'est très cool mais si tu pouvais nous foutre la paix, Isabella a besoin que je l'aide pour ses maths...
- Baisse d'un ton avec moi, tu veux ?
- Et si j'veux pas ?
A côté de moi, la fille de mes patrons se relevait, visiblement très genée.
- Euh... Je crois que je vais... rentrer chez moi...
- En effet jeune fille... Vos parents se demandent probablement où vous êtes passée... Si j'étais eux, je m'inquièterai de vos fréquentations...
- Ils n'ont jamais eu à s'en soucier et je ne leur causerai pas de tord sur ce point, mon Révérand... Je ne vais jamais chez quelqu'un en qui je n'ai pas confiance et en qui ils n'ont pas confiance...
Et là, j'eus envie d'applaudir ! Le père Marcus avait sa grande gueule de fermée ! La voix de Bella était restée neutre, presque amicale... Elle me fait confiance... Le sentiment était grisant... presque euphorisant. Elisabeth arrivait à ce moment-là, fronçant les sourcils.
- Vous partez, Isabella ?
- Oui... Ma mère aura probablement besoin de moi...
- Merci d'avoir ramené Edward et d'avoir fait intervenir votre soeur pour sa voiture !
Isabella eut un petit sourire.
- Je vous en prie. Ravie de vous avoir connue !
- De même... Bonne soirée ! Edward, tu la raccompagnes jusqu'au portail s'il te plait ?
Je me relevais immédiatement.
- Oui... Bien sûr !
Je pris la veste d'Isabella et la raccompagnais jusqu'à sa voiture.
- Merci...
Je lui adressais un petit sourire sans répondre. J'étais honteux de ce qu'elle venait de voir... Pourquoi me pourrissait-il comme ça ? Et qu'est-ce qu'elle allait penser de moi ?
- Ca n'a pas l'air tous les jours faciles avec lui...
- Non... c'est... compliqué dirons-nous... Je suis désolé que tu ais assisté à ça...
Elle m'adressa un petit sourire en rangeant son sac à l'arrière et en enfilant sa veste en jeans.
- Ne t'excuse pas... T'y es pour rien...
- Il raconte un tas de conneries sur moi dès qu'il en a l'occasion...
Elle acquiessait et de petites rougeurs envahissaient ses joues... Cette réaction était marrante... Elle rougissait presque tout le temps... Sans que je ne m'en aperçoive vraiment, elle se hissa sur la pointe des pieds et déposait un baiser sur ma joue. Des frissons engourdissèrent alors tout le coté droit de mon visage...
Un... QUOI ? J'ouvris de grands yeux et elle me souriait.
- Ce qu'il peut dire ne compte pas... Et tu ne devrais pas y prêter cas...
Elle ouvrit la portière de sa voiture et je ne pouvais esquisser de mouvements... C'était la première fille en dehors d'Alice qui me faisait la bise...
- A dimanche... Et merci pour les maths...
- Oui... euh... pas de quoi... A dimanche...
Elle enclencha la marche arrière et reprit la route... Je restais un long moment dans le jardin, à fixer la rue désormais vide, sonné...
Wow wow wow... C'était quoi ça ?!?!
