Comme je voulais vous poster ce chapitre rapidement (Ouais je sais, on est pas vendredi mais c'était une petite surprise!),
je souhaite vous remercier toutes vraiment infiniment pour toutes ces reviews que vous m'envoyez...
J'ai écris, du coup j'ai pas répondu (J'en deviens pathétique) mais je pense que vous préférez un chapitre à mes réponses alors
je vous souhaite une bonne lecture.
Ce chapitre est assez complet, on en apprend beaucoup sur la famille Cullen...
& j'espère que vous l'apprécierez...
Je ne vous cache pas que j'ai adoré l'écrire... mais j'ignore pourquoi LOL
Bonne lecture à toutes et à vendredi (ou samedi).
Point de vue d'Edward.
Je savais pas quoi dire... ni quoi faire en fait... Isabella a confiance en moi... C'est juste... dingue !
- Elle est gentille cette fille !
La voix d'Elisabeth m'extirpait de mes pensées alors qu'elle me servait mon assiette.
- Tu la connais depuis longtemps ?
- Non... enfin de vue seulement...
- Quoi, elle n'osait pas t'approcher ?
Et revoilà l'autre tâche avec son adorable cynisme de mes deux !
- Marcus ! Laisse-le s'il te plait...
Il prit une fourchette et la plantait dans sa viande.
- Oh moi pour ce que j'en dis ! C'est pas mon fils qui est associal ! Je m'en fiche après tout !
Elisabeth reposait avec brutalité la spatule dans la casserole et le fixait.
- Bon écoute, tu le laisses tranquille, c'est clair ? Il ne faisait rien de mal, il aidait cette fille à faire ses maths. Qu'est-ce que t'as eu besoin d'aller foutre ta merde ? Tu crois que je t'ai pas entendu chercher Edward ?
Marcus se leva face à elle et tapait sur la table.
- PARCE QUE TU CROIS QU'IL NE ME CHERCHE PAS LUI AUSSI ?
Ca, ça me plaisait pas du tout !
- OH ! TU GUEULES PAS APRES ELLE COMME CA !
Il se tourna calmement vers moi.
- Ne te mêle pas de ça... En plus d'inviter n'importe qui à la maison sous prétexte de travailler et en plus de nous mentir, tu te mêles du couple que je forme avec ta mère !
- Elle en a beaucoup de courage, ma mère !
Je ne le supportais pas. Je quittais la table sans manger pour grimper dans ma chambre et m'y enfermer... Comment arrivait-elle à vivre avec lui ? Comment faisait-elle ?
Je m'affalais sur mon lit et allumais ma chaine hifi... Retour à la réalité... Durant toute cet après-midi, je m'étais senti... comment dire?... différent... Isabella est vraiment une fille adorable et toute gentille... Je m'étonnais encore de la facilité avec laquelle j'avais abaissé ma garde... J'avais pu la découvrir davantage et elle m'avait fait rire... Elle ne craignait pas les élèves ni mon beau-père, elle n'avait pas peur des ragots visiblement... tant et si bien que j'aurai aimé que la journée ne se termine pas... du moins pas ainsi... C'était étrange... C'était la première fois que je ressentais cette plénitude en dehors des heures où je regardais Irina au lycée... Sauf que c'était très agréable de savoir que ce moment était partagé... et apprécié ? On toqua à ma porte. Je me levais pour aller ouvrir. Ma mère entrait avec mon assiette.
- Tiens Edward...
- Oh... Merci M'man...
Elle m'adressa un petit sourire et refermait la porte derrière nous. Elle vint s'asseoir sur mon lit.
- Qu'est-ce que tu écoutes ?
- La radio... Il est où l'autre ?
Elisabeth soupirait.
- En bas, il finit de manger !
- Il t'a dit quoi ?
- Rien... Mange !
Je n'insistais pas... Je savais déjà à propos de quoi ils s'étaient engueulés... moi !
- Bon dis-moi, est-ce que demain tu veux qu'on aille chercher Alice à la clinique ?
- C'est vrai ? Tu veux bien ?
- Oui, je n'irai pas à la Paroisse demain ! Marcus se débrouillera !
- J'voudrais pas que Marcus t'en tienne rigueur...
Elle se leva brutalement.
- Me tenir rigueur de quoi ? D'aimer mon fils et de passer du temps avec lui ?
Bon ok, elle est tendue la Babeth... Ca a dû voler en bas... Elle se rasseyait.
- Bon alors... Tu as aidé la fille Cullen pour ses stats ?
- Ouais...
- Tu t'entends bien avec elle ?
- Ouais... je crois... Je l'aime bien... Elle est gentille...
Un sourire s'étendit sur le visage d'Elisabeth.
- Elle peut venir quand elle veut en tout cas !
- Merci...
C'est marrant... Mon coeur s'emballait à cette perspective... Avais-je tant envie de la revoir ?
*o*0*o*
- Edward ! Elisabeth ! Vous êtes là ! Mais c'est suuuuper !
On aurait pas dit qu'Alice venait de se faire opérer. Elle sautillait presque partout !
- Alice, calme-toi un peu chérie !
Renée tentait de la tempérer mais cela sonnait faux. Elle affichait un léger sourire. Renée adorait Alice et Alice le lui rendait bien !
- On passe la journée tous ensemble, hein ? Dis oui M'man...
- Moi je veux bien mais j'ignore si Edward et Elisabeth le souhaitent...
Alice se retournait vers ma mère.
- Elisabeth... S'il vous plait... Je vous en conjure !
Ma mère éclatait de rire.
- Tu n'en as pas besoin ! Je vous invite à déjeuner toutes les deux !
- AH ! Génial !
Alice sautillait jusqu'à moi et déposait un baiser sur ma joue. C'était différent de celui qu'Isabella m'avait donné...
Nous retournions donc tous chez moi... Quel pied quand Marcus était absent ! Pendant qu'Elisabeth et Renée faisaient la cuisine, Alice et moi on mettait la table. Durant le déjeuner, les conversations allaient bon train. C'était agréable de pas avoir l'autre râleur de service en face de moi...
- Edward, cet après-midi je vais te montrer comment on nettoie des carreaux !
Je manquais de m'étouffer alors qu'Alice éclatait de rire.
- Quoi ?
- En prévision de ce que pourra te demander Mrs Cullen !
- Elle ferait pas ça...
- Ca fait partie de tes attributions d'homme de ménage, mon chéri !
Et merde !
- Mais j'sais pas faire ça moi !
- Justement, je vais t'apprendre !
- Ouais, et moi je vais regarder et filmer ! lâcha Alice en riant
Ah ha ah ! Mais que je l'adore cette fille ! Je pointais mon couteau vers elle.
- Fais gaffe à tes fesses toi !
- Tiens, coupe mon rosbeef pendant que t'as ton couteau dans la main !
Elle m'approchait son assiette, malicieuse... Cette fille est complètement givrée !
Mais c'est ainsi que je me retrouvais à 14h45 dans le salon, avec Elisabeth et Renée qui me montraient pour la énième fois comment passer la raclette, caler le torchon en bas et essuyer les gouttes du produit bleu...
Et ben si j'avais su, je serai pas venu !
Ma raclette fit un drôle de bruit chevrotant et une énorme trainée restait après mon passage...
- Ne la prends pas de biais Edward... Bien droite et ferme ! Un bon coup pas trainant... Comme ça regarde !
Derrière nous dans le fauteuil, une bouillotte chaude sur le ventre, Alice applaudissait.
- T'es vraiment nul !
J'entendais le bruit de l'appareil numérique.
- Efface ça, Swan !
Elle fit «non» de la tête, en souriant.
- Je suis certaine que ta future femme adorera voir ça...
Non mais je rêve...
- Edward, concentre-toi ! me rappella Elisabeth à l'ordre.
Je réessayais, encore et encore... Vers 16h, ma mère renonçait. Renée, elle, avait abandonné depuis longtemps. Elle regardait la vitre d'un air blasé mais souriait.
- J'espère que les Cullen ont de grands rideaux...
Alice et moi décidions d'aller nous balader.
- Alors, quoi de neuf au bahut ? Toujours des cons ?
- Cons moins un... J'ai l'impression qu'Isabella ne fait pas partie de leur monde...
- Ououh ! Qu'est-ce qui s'est passé ?
Je lui racontais tout : de notre début de cours côte à côte à la révision des maths, en passant par la panne de ma voiture et le fait qu'elle viendrait me chercher tous les matins jusqu'à ce que sa soeur ait réparé mon moteur.
- Tu me la présenteras ? J'ai hâte d'en savoir plus sur celle qui fait battre ton coeur, minaudait mon amie, souriante.
- Arrête tes conneries, Al'...
- Elle te trouble... Avoue !
- C'est pas ça...
- Ben c'est quoi, alors ?
A la vérité... je l'ignorais... J'avais juste envie de connaitre Isabella... De passer du temps avec elle... Ou même simplement de la voir... comme j'avais envie d'apercevoir Irina... L'intensité était la même... C'en était troublant...
- Moi en tout cas, j'ai un bon pressentiment envers cette fille !
- Tu dis n'importe quoi ! En plus, tu la connais même pas et moi non plus d'ailleurs !
- C'est vrai ! Mais à partir de demain, vous ne passerez pas un jour sans vous parler...
Elle me lançait un clin d'oeil et continuait sa route alors que je m'étais arrêté. Elle avait raison : à partir de demain et jusqu'à au moins mercredi, je la verrai tous les jours...
*o*0*o*
Point de vue de Bella.
La nuit était tombée depuis longtemps et j'étais déjà dans mon lit entrain de bouquiner. On toquait à la porte.
- Entrez !
Mon père passait la tête par l'ouverture.
- Bonne nuit chérie.
Je relevais la tête de mon roman.
- Bonne nuit Papa !
- Tu ne t'inquiètes pas demain, Edward a une clé pour rentrer. Tu n'as pas besoin de te lever, Maman lui a laissé un mot pour ses tâches. On essayera d'arriver avant Emmett et Rose.
Edward...
- D'accord !
- A demain !
- A demain...
Il refermait la porte et je posais mon roman.
Edward Masen... Je n'arrivais plus à l'effacer de ma mémoire... Je n'arrivais plus à oublier son rire, sa patience et sa gentillesse... ni ses yeux vert profonds et son sourire parfait en coin... Il semblait tellement apaisé et différent quand il n'était pas au lycée et que sa famille n'était pas chez lui... Sa mère m'avait fait bonne impression, mais son beau-père c'était autre chose... Je détestais ce bonhomme... trop mielleux et fourbe pour être honnête... sans compter sa méchanceté gratuite ! Edward n'avait rien dit ou rien fait de mauvais et il s'en était pris plein la gueule... Et en plus, il s'en était excusé... J'ignorais ce qui m'avait pris par la suite... L'embrasser comme si on se connaissait depuis longtemps... comme si nous étions amis... Je m'endormis peu à peu, ressassant la douceur de sa joue sous mes lèvres...
*o*0*o*
- Putain fais chier !
Je sursautais dans mon lit. 11h25... J'allumais ma lampe de chevet. Un bruit métallique tombant sur le carrelage résonnait. Edward... J'attrapais rapidement un pantalon en coton et une chemise. Dans la salle de bains attenant à ma chambre, je me démêlais les cheveux et me débarbouillais rapidement. Je dévalais les escaliers et tombais sur Edward... Le spectacle était assez cocace... Il maintenait au-dessus d'u seau jaune en plastique destiné à nettoyer le carrelage, la raclette à vitres totalement trempée. Le balai à franges était au sol. Ses sourcils froncés marquaient une très grande concentration. Je regardais les gouttes tomber du manche de la raclette.
- Salut...
Il sursautait et lâchait l'instrument dans le seau... Il tomba dans un «plouf» et de l'eau giclait sur le pantalon d'Edward. Il se pinçait l'arrête du nez en soupirant.
- P... ardon... euh... Salut... désolé...
Je m'approchais de lui doucement et penchais ma tête sur le récipient.
- Oh... je vois... Raclette récalcitrante ?
Il acquiessait et se penchait à son tour.
- Elle doit avoir envie de se baigner... murmura-t-il, visiblement très affligé.
Je me mordis la lèvre pour ne pas éclater de rire et me baissais pour la sortir du produit pour le sol. Je la laissais s'égoutter, la tenant entre mon pouce et mon index. Edward attrapa un vieux chiffon et l'essuyait de manière très grossière.
- Merci...
Il m'adressa un petit sourire et mon coeur s'affolait à nouveau... Je savais que j'allais inévitablement rougir... Je me dirigeais vers la cuisine américaine et attrapais un verre.
- Tu veux boire quelque chose ? proposais-je
- Euh non... Si je m'arrête maintenant... Je ne suis pas sûr de pouvoir m'y remettre...
Je me versais un verre de jus d'orange et m'approchais du mot laissé par ma mère pour voir ce qu'il avait à faire.
« Bonjour Edward,
Pour cette matinée, je souhaiterai que tu passes un coup de balai rapidement sur la cuisine et la salle à manger. Je t'ai sorti tous les produits d'entretien.
Un petit coup sur le sol et l'intérieur des vitres. Ne fais pas l'extérieur.
Ma belle-fille et mon fils viennent déjeuner à midi. Peux-tu débarasser le lave-vaisselle ? Bella se lèvera vers 11h30, elle t'expliquera où ranger.
Tu es bien évidemment compris dans le déjeuner pour midi !
Nous revenons vers 12h30. Bella est à l'étage si tu as besoin de quelque chose.
A tout à l'heure,
Esmé.»
Au-dessus de mon épaule, il relisait aussi le mot et expirait fortement.
- Ca me terrifie...
Je me retournais en avalant la dernière gorgée de mon verre.
- De quoi ? De rester déjeuner avec nous ?
Il eut un petit sourire et un léger rougissement.
- Non... Enfin je pense pas... Mais surtout passer la serpillère et faire les vitres... Ma mère m'a montré hier mais y a rien à faire...
J'ignorais pourquoi mais j'éclatais de rire. Il me regardait de travers.
- C'est que ça ?
Il se grattait la nuque, apparemment très gêné.
- Ouais... Si on veut... C'est juste que ça m'embêterait de pas... le faire... J'aime bien ta mère alors j'voudrais pas... qu'elle soit furieuse...
Esmé, furieuse ? Ca se voit qu'il ne la connaissait pas beaucoup !
- Viens... Je vais te montrer...
Mais il restait en arrière.
- Isabella...je... enfin c'est à moi de le faire...
- Mais je vais te montrer !
- Ma mère y a passé son après-midi, mais...
- Allez viens ! Tu vas voir y a rien de sorcier !
- Mais... Isabella... je...
- Bella... Moi c'est Bella !
Je me rapprochais de lui. Visiblement, il n'était pas décidé. Je m'emparais alors de sa main et l'attirais vers la première vitre du salon. Sa peau était si douce, la pression de ses doigts légère... Je me tournais pour qu'il ne croise pas mon regard.
J'attrapais le produit et badigeonnais la vitre. J'apposais la raclette et la fis descendre vers le bas. En trois passages, c'était terminé. Je posais le flacon et l'instrument dans ses mains.
- Vas-y, essaie...
- T'aimes le risque toi... murmura-t-il avant de reproduire mes gestes... en faisant tomber trois fois la raclette au sol, avec plus de produits sur les mains que sur le carreau.
Le liquide bleu avait déjà coulé sur le PVC alors qu'il n'avait toujours pas fait un premier passage... Il remit du produit et parvint difficilement à finir le carreau. Je me mordais la lèvre pour ne pas rire.
Il se tournait vers moi, penaud. Il jeta un coup d'oeil à la vitre et bientôt, un petit sourire illuminait son visage. Nous éclations de rire en même temps.
- C'est pathétique...
Je reprenais la raclette et le produit.
- Tu devrais faire le reste... Je vais m'occuper des vitres !
- Mais... Je... Faudra le dire à ta mère que j'ai pas...
- Attrape le balai et ne discute pas !
Je sentais son regard posé sur moi mais je ne me retournais pas. Je me dirigeais vers la chaine stéréo et lançais la musique. Faire le ménage avec un fond musical c'était toujours plus sympa ! C'est en silence que nous avancions dans nos taches... Je ne pouvais m'empêcher de l'observer du coin de l'oeil. Il était très méticuleux et appliqué malgré qu'il soit un peu maladroit... Il m'arrivait d'accrocher son regard et je détournais rapidement la tête dans un petit sourire...
Edward était définitivement différent des autres garçons... Et il me plaisait. Beaucoup.
*o*0*o*
Point de vue d'Edward.
Jamais je n'avais pris un vrai repas dans une famille pareille... J'étais assis à côté de Bella. Face à nous, il y avait Emmett et Rosalie. Et en bout de table, Carlisle et Esmé.
- Ta voiture sera prête mercredi soir, Edward ! me lançait la jolie blonde.
- Oh... merci !
- Je vais m'en charger personnellement !
Je lui adressais un petit sourire et reportais mon attention dans mon assiette... J'étais troublé... Jamais personne n'avait fait quelque chose pour moi avec autant d'égards...
- Elle est efficace ma femme ! Ta voiture va rugir de plaisir !
- J'aimerai juste qu'elle démarre simplement...
Autour de moi, ils éclatèrent tous de rire.
- Elle marchera ! Fais-moi confiance !
- Merci !
Je reposais ma cuillère. La tarte à l'ananas qu'avait préparé Bella était un pur délice, fondant presque dans ma bouche... J'avais essayé de l'aider du mieux possible mais je n'étais pas très doué... En fait, je ne savais pas faire grand chose... Mais elle avait tourné mes exploits en plaisanterie et la matinée était vite passée... presque trop vite.
- Au fait Maman... Vous avez décidé le prénom pour l'affreuse ?
- Hé ! Moi je sais qu'elle sera pas affreuse ! s'emballait Bella
Ainsi donc, ce serait une fille...
- Ton frère t'appelait comme ça aussi quand je t'attendais...
- Ca ne m'étonne même pas !
- Calme-toi sale gosse !
Au même moment, une boulette de mie de pain traversait la table et je me la prenais sur l'épaule.
- Pardon Ed' ! C'était pas toi qui était visé ! En même temps, faut bien te baptiser ! Bienvenu chez les Cullen !
Ce mec me faisait marrer. Il était super cool derrière ses allures de joueur de baseball...
- Merci ! répondis-je en retirant la mie de pain accrochée dans les plis de ma chemise.
- Bon, vous m'avez pas répondu ! Comment elle va s'appeler l'affreuse ?
- Ta mère change sans cesse d'avis ! lançait Carlisle
A côté de moi, Esmé se mit à rougir.
- Tu exagères...
- Ah ben non !
- Et aux dernières nouvelles, c'était quoi ?
- Il reste quatre choix : Charlotte, Madyline, Karlyne ou Lucinda...
- Madyline, c'est joli ! enchainait Rosalie.
Emmett soupirait bruyamment en se grattant la tête.
- Pfff... Madyline, je m'en rappelerai jamais !
- Karlyne ça fait un peu comme le prénom de Papa, rétorquait ma voisine de table.
Le médecin s'étirait en bout de table.
- De toute façon, je crois que c'est celui-là que ta mère a choisi !
- Oh ben laisse tomber Carlisle ! Si Maman a décidé qu'elle l'appelerait Karlyne, tu lui feras pas changer d'avis ! soupira Emmett
- C'est bien ce que je me suis dit mon garçon ! répondit Carlisle...
Les choses me semblaient très différentes de chez moi... Les Cullen étaient une vaste famille recomposée et aucun d'eux ne criait, ne hurlait ou ne rabaissait les enfants de l'autre... Comme si toutes ces différences s'évaporaient pour juste former une nouvelle entitée... Je n'avais jamais connu pareille situation et pour être honnête, j'aimais beaucoup cette conception des choses...
*
Près d'une heure plus tard, je m'attelais avec Bella et Rosalie à débarrasser la table. Esmé était fatiguée et elle était partie s'allonger, sous la surveillance de Carlisle.
- Je la trouve fatiguée Maman, lançait Emmett depuis la cuisine où il terminait la tarte.
Rosalie ramenait les fourchettes dans le lave-vaisselle.
- Elle a presque 42 ans... Une grossesse à cet âge-là c'est plus fatiguant...
Presque 42 ans ? Waow... Emmett éclatait de rire.
- Qu'est-ce qui t'étonne, Edward ?
Je me redressais pour le regarder.
- Qu'est-ce qui m'étonne ?
- Ouais, t'aurais dû voir ta tête c'est trop drôle ! C'est l'âge de ma mère ?
- Ouais... En fait... Elle les fait pas...
- C'est vrai !
Je le vis ouvrir un pot de yaourt. Rosalie passait près de lui.
- Mais arrête de bouffer comme ça ! C'est Esmé qui est enceinte, pas toi !
- C'est ma mère, je compense !
- N'importe quoi !
Bella et moi éclations de rire. Je remplissais le lave-vaisselle et Bella le lançait. Un vrai travail d'équipe ! Carlisle revint peu de temps après.
- Edward, tu peux rentrer chez toi. Il n'y a plus rien à faire et Esmé est trop fatiguée pour prendre un cours de piano maintenant... Désolé mon garçon de t'avoir fait déplacer pour pratiquement rien... Tiens...
Il extirpait un chèque avec mon salaire.
- Ca va le prix ?
Je regardais. 95$, c'était trop par rapport aux nombres d'heures effectuées...
- Monsieur Cullen... Il y a une erreur... ça devrait être 80...
Il m'adressait un petit sourire.
- Ce sont les frais d'essence supplémentaires pour les courses de l'autre jour...
- Mais c'est beaucoup trop...
Derrière moi, Emmett se mit à rire.
- Edward mon petit, faut jamais contester une paie !
Carlisle m'adressait un petit sourire... Ben ouais mais ça me gênait...
- Il a raison ! Les enfants, je serai dans mon bureau si vous avez besoin de moi...
- Ah Papa ! Faut que je te montre un truc sur l'ordinateur !
Rosalie suivit son père dans son bureau tandis qu'Emmett balançait son yaourt à la poubelle et se dirigeait vers le salon. Je me retrouvais seul avec Isabella... Son visage était encore plein de toutes ces belles rougeurs...
Elle se hissait sur le plan de travail devant le comptoir pour s'asseoir dessus.
- Alors tu... vas retourner chez toi ?
Chouette... J'en étais vraiment très «enchanté»... sachant que Marcus y serait...
- Ouais... je vais... rentrer... Je vais pas vous embêter plus longtemps.
Un petit sourire illuminait son visage.
- Tu nous embêtes pas... Emmett est devant la télé, Rose avec Papa et Maman dort... On peut pas dire que tu perturbes notre quotidien...
En réalité, j'aurai tout donné pour avoir à effectuer toutes mes heures de travail et rentrer le plus tard possible... Mais je n'allais pas rester ici en décor... Si je rentrais à pieds, je gagnerai déjà du temps sur mes retrouvailles avec ce cher Beau-Papa de mes couilles !
- T'as pas envie d'aller te promener ?
Je relevais la tête. Quoi... me promener... avec elle ?
- Ouais... Pourquoi pas...
Tiens... c'est moi qui ais dit ça comme ça, spontanément ? Décidément, cette fille elle a un pouvoir mystique ou j'sais pas trop quoi...
Elle m'adressait un nouveau sourire et sautait pour descendre de son perchoir. J'ignore comment elle s'y prit mais elle manquait de se vautrer encore une fois... Elle est incroyable ! Je la rattrapais in-extremis.
- Heh... ça va ?
- J'ai dû être conçue sous un échelle un vendredi 13 avec un chat noir à proximité... c'est pas possible autrement ! grogna-t-elle en quittant mes bras.
Je remarquais de petits rougeurs sur son visage.
- Merci... Je crois que je vais t'engager pour rester à proximité et m'éviter de me planter !
Je lui répondis en souriant... Ca faisait déjà au moins trois fois que je la rattrapais...
*
Nous marchions dans le grand jardin derrière leur maison... Je n'avais encore jamais vu ce qu'il y avait derrière les sapinettes qui formaient une grande haie. J'aimais beaucoup... Une vaste pelouse avec beaucoup d'arbres, d'arbustes et de fleurs...
- Parle-moi de toi... me demanda-t-elle, timidement.
Lui parler de moi ? Comme si j'étais digne de raconter ma pathétique existence...
- Y a pas grand chose à dire... Tu sais déjà tout...
Elle se rapprochait de moi et je sentais son bras frôler le mien.
- Je suis sûre que non...
Je voyais son visage levé vers le mien. C'était étonnant la façon dont elle s'intéressait à moi... étonnant et flippant... J'ignorai tout d'elle... Et j'étais prêt à lui parler de ma vie...
- Ben... Je suis le fils d'Elisabeth et du Sergent Masen qui est mort comme tu le sais... Ma mère s'est remariée quand j'avais six ans avec Marcus et l'ambiance que tu as vu vendredi ben c'est la même depuis dix ans...
- Pourquoi il est comme ça avec toi ?
Je haussais les épaules.
- C'est vrai... Tu n'avais rien fait de mal... Est-ce que c'était ma présence qui le gênait ?
- Non... Tu sais, Marcus en fait ben... comment dire ? Tout le dérange. Mais c'est surtout moi...
- Et ta mère, elle en pense quoi ?
- Je sais pas trop... Des fois elle lui donne raison... Parfois elle me donne raison... Ils s'engueulent quelques fois... Je sais que c'est à cause de moi... Je sais qu'elle a du mal à accepter la mort de mon père même quinze ans après... Je lui ressemble et parfois c'est comme si elle m'en voulait...
- Peut-être que c'est l'inverse...
- L'inverse ?
- Ouais... Peut-être que justement elle voit en toi ton père et a l'impression de le trahir lui en vivant avec ton beau-père.
- Dans ce cas-là, elle pourrait virer Marcus !
Bella eut un petit sourire. C'est vrai ça... Pourquoi Marcus ne dégageait pas si c'était ainsi ?
- Elle l'aime peut-être... de façon différente. Mais elle l'aime sûrement !
- C'est pourtant pas un cadeau...
- J'ai vu ça...
Nous continuions notre petite promenade entre les parterres de fleurs... Il n'y avait aucune voiture dans les rues tant et si bien que j'avais l'impression d'être seul au monde avec elle... Et j'étais bien... Bella ne parlait pas pour ne rien dire. Parfois, elle gardait le silence et c'était apaisant. Sa présence était apaisante pour moi... Et j'avais envie de la voir assez souvent pour ressentir ce calme...
- Et toi ?
- Moi ?
- Oui... C'est quoi ton histoire ?
Elle m'entraînait vers un gros arbre dans lequel était construit une cabane en bois.
- Ca te dérange si on monte là-haut ? C'est ma cabane...
- Non... Si tu veux...
Une cabane dans un arbre... j'avais toujours rêvé d'en avoir une quand j'étais mome... Elisabeth n'était pas bricoleuse et malheureusement, je ne pouvais pas compter sur Marcus...
Je laissais Bella passer devant moi et grimpais l'échelle derrière elle. Etonnant qu'une fille avec son équilibre aussi précaire puisse monter sans tomber !
L'espace était carré avec deux sortes de fenêtres sur les côtés. Au sol, il y avait des tas de coussins et un vieux matelas. On aurait dit une sorte de canapé. A côté, un vieux tonneau sur lequel reposaient quelques livres, feuilles et stylos. Et dans le dernier recoin, deux couvertures.
Bella s'installait sur le matelas et je m'asseyais près d'elle... Je comprenais alors pourquoi elle venait ici... La vue sur le jardin des Cullen et sur la ville était imprenable... Magnifique... Le champ de vision surplombait par delà les sapinettes... On n'apercevait pas la maison du Docteur parce qu'aucune fenêtre ne donnait accès derrière nous.
- J'aime beaucoup venir ici... Je peux y rester des heures... Quand j'étais petite, mes parents avaient souvent peur parce que je disparaissais ici pendant des après-midi entières... Ca m'a valu pas mal d'engueulades...
Elle eut un petit sourire, visiblement en proie à des souvenirs de sa famille. Je me rendais compte que je souriais avec elle...
- Tes parents ont l'air de beaucoup t'aimer...
- Tu sais... On a beau être une famille recomposée... On se considère tous de la même famille je crois... Sauf Emmett et Rosalie mais c'est une autre histoire ! Quand j'étais petite, ils ne pouvaient pas se blairer !
- Vraiment ? Ils ont l'air plutôt complices maintenant...
- C'était pas gagné ! Ma mère et mon père ont des souvenirs terribles d'objets qui volaient ou de morsures, de chamailleries...
Je ne pus retenir un rire.
- Ils se mordaient, carrément ?
- Ouais ! Et au milieu, Jasper faisait la police !
Ah Jasper... C'était le seul Cullen que je n'avais encore jamais vu mais j'avais l'impression que c'était un ami proche tant Alice me saoulait avec lui...
- Jasper, c'est le frère de Rosalie ?
Bella acquiessait.
- Mon père sortait avec une étudiante infirmière qui s'appelait Evie. A 22 ans, il y a eu un petit «accident» et Jasper est arrivé... L'année suivante, Evie a donné naissance à Rosalie. Ils avaient 23 ans et ils se sont mariés pour offrir à Jazz et Rose une vraie famille. Trois mois plus tard, ils ont découvert à Evie un cancer foudroyant. Elle est décédée en deux mois...
- Wow... C'est terrible...
Elle acquiessait.
- Papa s'est investi dans ses études de médecine. Il voulait sauver des vies et éviter au plus possible que d'autres familles vivent cette tragédie. Il a élevé seul Jasper et Rosalie. C'est grâce à son métier qu'il a rencontré Esmé.
- Elle était sa patiente ?
- Oui... Maman a pas eu la vie très rose... Ses parents étaient deux vrais fumiers très vieux jeu. Elle a rencontré au lycée un homme qui s'appelait Aro. Il l'a mis enceinte alors qu'elle avait à peine 17 ans. Quand le père d'Esmé a su ça, il l'a mise dehors. Aro l'a recueilli...
- Elle a eu de la chance...
- Pas tant que ça... Après la naissance d'Emmett, ils ont dû se mettre à trouver un job pour subvenir à leur famille. Aro a pété un cable... Il s'est mis à boire, à lui interdire toute sorte de choses et à frapper ma mère. C'est le jour où il s'en est pris à Emmett sous les yeux d'Esmé qu'elle a réagit. Elle a été faire constater leurs blessures par mon père... Il l'a poussé à porter plainte et l'a accueilli chez lui pour éviter que son mari la retrouve... Aro a été arrêté et emprisonné. C'est comme ça qu'ils se sont connus...
C'était donc ça que cachait Esmé...Wow... femme battue et jeune maman... Ca a dû être difficile...
- Enfin bon... Finalement, ils se sont trouvés ! Ils ont emménagé ensemble avec leurs «petits monstres» et je suis arrivée plus tard quand Maman avait 24 ans et Papa 30. Et bientot, y aura la future Charlotte-Karlyne-Madyline-Lucinda-Et je sais pas quoi...
Je ne pus retenir un petit rire.
- T'es contente d'avoir une petite soeur ?
Son visage s'empourprait légèrement.
- Oui... Je me suis faite à cette idée !
- Ca te dérangeait ?
J'essayais de me mettre à sa place... Je ne sais pas comment je réagirai si Elisabeth m'apprenait qu'elle attendait un gamin de Marcus... Non en fait, valait mieux pas que ça arrive ! Même si je savais que c'était impossible, parce que ma mère a déjà 55 ans...
- Oui, en fait c'est idiot mais j'ai été leur seule fille pendant près de 16 ans... Ca m'a fait bizarre... Et honnêtement, j'ignorais qu'on pouvait tomber enceinte après 40 ans ! Papa m'a expliqué que c'était beaucoup beaucoup beaucoup plus rare mais que ça arrivait... Et tu vois, j'ai une poisse d'enfer puisque ça leur est arrivé !
Elle eut un petit rire mais j'avais l'impression qu'elle était quand même un peu vexée...
- Ca t'a blessé d'apprendre ça ?
Elle baissait la tête et son sourire disparut aussitôt.
- Un peu... Très honnêtement, j'ai été jalouse et je dois t'avouer que je le suis encore parfois... j'ai l'impression que je faisais quelque chose de travers... que je ne leur suffisais pas... j'ai même cru qu'une fois la petite arrivée, je serai de trop et que je devrai partir d'ici... ça me tenaille encore de temps en temps même s'ils m'ont assuré du contraire... Enfin tu vois, ce genre de bêtises totalement stupides...
Je ne la comprenais que trop bien... Cette sensation de tout faire de travers... Cette impression de devoir partir pour foutre la paix... C'est mon quotidien...
- Je comprends... Et ce n'est pas stupide... J'ai cette impression tous les jours...
Elle levait sa tête vers moi et je croisais son regard. Sans que je ne m'y attende vraiment, elle appuyait sa tête contre mon épaule... mais jamais je n'aurai imaginé bouger... Honnêtement... j'étais bien ici, avec elle... comme si j'étais normal et surtout... compris...
- J'ai jamais compris pourquoi les gens au lycée te harcèlent...
- Parce que j'ai pas de fric, une bagnole pourrie, un beau-père pasteur et que je ne parle à pratiquement personne d'autre qu'Alice... Et comme elle aussi est différente ben... ils s'acharnent...
Elle relevait sa tête et j'en profitais pour m'appuyer contre le mur en bois.
- C'est parce qu'elle a été adopté ?
J'acquiessais. Bella sifflait.
- Ils sont vraiment cons...
- On n'y peut rien...
- C'est dommage... Parce que tu es gentil... Tu mérites pas ça...
Mon coeur se serrait un peu fort... Gentil...
- Merci...
Elle m'adressa un petit sourire et on entendit une grosse voix nous appeler.
- Edward ? Bella ? Vous êtes où ?
Elle se penchait par la fenêtre.
- Dans la cabane, Emmett !
- Y a la mère d'Edward qui est arrivée...
- On descend !
- Vous êtes pas à poils au moins ? Ca ferait désordre !
Bella levait les yeux au ciel pendant que son frère partait dans un rire tonitruant.
- Qu'il est con !
Je lui adressais un petit sourire et ses joues se teintèrent d'un joli rouge. Je descendais l'échelle et elle me suivit. Nous traversions la pelouse en sens inverse.
- Merci Edward... J'ai bien aimé cette journée...
- Moi aussi...
Et c'était sincère. Pour la première fois depuis longtemps, j'avais été à l'aise avec quelqu'un...
Je saluais tout le monde à l'exception d'Esmé, qui se reposait. Devant le portail, Elisabeth m'attendait.
- Je passe te prendre vers 7h35 demain...
- Merci... C'est gentil...
- A demain alors...
- Oui... à demain...
Et comme vendredi, Bella se hissait sur la pointe des pieds pour déposer un léger baiser sur ma joue. Baiser que je lui rendis sans aucune crainte...
Dans l'habitacle de la voiture d'Elisabeth, je ne restais qu'évasif sur mon travail... Je n'avais pas eu l'impression de travailler aujourd'hui... J'avais plutôt la sensation de revenir d'un endroit lointain, un petit paradis où j'avais pu m'évader... Ce jardin était pourtant si proche de la maison mais tellement «éloigné»... Je n'avouais pas ce passage à ma mère...
Ce serait mon secret... Mon jardin secret...
