Pour les curieuses, ce week-end a été encore mieux que génial ;-)
Ce n'était pas mon mariage comme j'ai pu le lire sur une review (et qu'on me préserve de ça MDR)
mais je garde tout ce qui s'est passé pour moi, c'est aussi mon Jardin Secret ;)
Sachez juste (pour les plus curieuses d'entre vous...)... enfin imaginez juste...
Vous aimez quelqu'un à un point inimaginable... durant 8 ans votre vie ne tourne qu'autour de cette personne même si ça fait 5 ans que vous ne l'avez pas revu...
Et imaginez vous que cette personne-là, vous pouvez enfin la revoir après toutes ces années...
Et qu'elle n'a pas changé, toujours la même, aussi pleine de force et d'espoirs de telle façon que ça vous regonfle le coeur et que vous vous sentez de nouveau prête à affronter 5 ans sans revoir...
Vous visualisez le truc ? Et ben voilà, c'est ce qui m'est arrivé !
Donc je vous reviens en PLEINE forme, les batteries rechargées à 70.000% !!!
Des milliers de mercis à vous toutes !!!
J'ai encore une fois dû zapper de répondre à toutes vos reviews
mais je les adore et je VOUS adore !
Et pour compenser cette absence de réponse de ma part,
le chapitre est un peu plus long je crois...
Prochaine séance jeudi dans la soirée !
Bonne lecture à toutes !
=)
POV EDWARD :
Je n'avais pas sitôt ouvert la porte de la maison qu'Alice me poussait à l'intérieur.
- Edward Anthony Masen !
- C'est moi ! répliquais-je avec un petit sourire.
Bon ok, elle est nase celle-là !
- Oh espèce d'idiot ! Je le sais que c'est toi ! Tu peux m'expliquer ce qui se passe ?
- De quoi ?
Alice s'immobilisa, face à moi, comme indignée ou outrée de quelque chose.
- Mais... enfin tu... enfin... Mais bon sang ! Isabella Cullen et toi ! Dans la même voiture ! La bise et tout et tout !
- Ben... Tu l'as dit : on était dans la même voiture, elle m'a ramené du lycée, elle t'a filé ses cours et elle m'a fait la bise, normal ! C'est bien ce que font tous les amis, non ?
- Mais comment ? Depuis quand ?
Je la voyais sautiller sur place, pendue à mes lèvres.
- Depuis... approximativement 5h et 10 minutes... répondis-je en regardant la pendule.
Les yeux d'Alice s'ouvrirent en grand et sa bouche aussi. J'éclatais de rire.
- On dirait un merlu !
- Tu comptes les heures ??? MAIS C'EST GENIAL ! T'ES AMOUREUX !!
- Hein ? Quoi ? Mais... c'était une blague Alice ! J'ai strictement aucune idée de combien de temps ça fait qu'on a «décidé» d'être amis...
- Tu te rends compte ? Tu es ami avec Isabella Cullen !
- Bella... Elle préfère qu'on l'appelle Bella !
- Peu importe... Isabella... Bella... Ceci dit, je préfère Bella aussi ! Oh mais tu te rends compte c'est génial ! Tu te sociabilises mon grand !
Elle s'asseyait sur le canapé où j'étais affalé et vint me décoiffer.
- T'es con Alice !
- Attends mais tu sais ce que ça veut dire ?
- Oui... ça veut dire que cons moins 1 au lycée et ça veut dire aussi que maintenant quand je la croise, je vais devoir lui faire la bise... A part ça ?
Alice soupirait bruyamment.
- T'es ! Ca veut dire que tu vas pouvoir lui soutirer des infos sur Jasper...
Oh seigneur... Sortez moi de là !!
Alice tapait dans ses mains en sautillant sur le canapé. Elle entourait ma nuque de ses bras pour embrasser rapidement ma joue.
- Je t'adore ! Tu es génial !
- Lâche-moi, tu m'étrangles !
Elle me serrait encore plus contre elle.
- Il faut que tu me la présentes !
- Tu viens de la voir...
- Non, me la présenter officiellement, comme mon amie ! Je pourrais lui poser mille questions et ça ne paraitra pas suspect ! Je saurai tout sur son frère ! Waooow c'est génial !
Elle se relevait et dansait une sorte de danse du ventre très très râtée. La porte claquait et ma mère éclatait de rire devant ce spectacle.
- Bonjour Alice !
- Oh, Elisabeth ! Bonjour ! rétorquait mon amie, pas gênée le moins du monde.
- On ne dirait pas que tu t'es faite opérer il y a une semaine toi !
- Elisabeth... L'amour me donne des ailes !
Ma mère eut un petit sourire et levait les yeux au ciel.
- Voilà une bonne nouvelle ma jolie ! Ca va chéri ?
Elle se penchait vers moi pour m'embrasser.
- Ouais, ça va !
La porte reclaquait et Marcus fit irruption. Rectification : là, ça ne va plus ! Il écarquillait les yeux en voyant Alice qui sautillait toujours plus ou moins.
- Un problème, jeune fille ?
Elle s'immobilisait totalement et je me retournais. C'est pas la politesse qui lui arrachait la gueule ! Pourquoi se sentait-il obligé d'agresser tout le monde d'emblée ?
- Bonsoir Marcus, as-tu passé une bonne journée ? Nous aussi, merci ! lançais-je, cynique.
- Oh, excusez-moi Monseigneur ! rétorqua-t-il en s'inclinant.
Je n'aimais pas ça... Mais pas ça du tout ! Je me levais du canapé, prêt à rétorquer.
- Stop ! On se calme tous les deux ! Commencez pas dès que vous vous trouvez dans la même pièce sinon on ne s'en sortira pas ! ordonnait ma mère.
- Mon éducation a été parfaite de la part de mes parents ! Ici, ce n'est pas moi à réprimander mais ton fils ! Tu devrais revoir certaines choses avec lui !
- PUTAIN MAIS C'EST QUOI TON PROBLEME AVEC MOI ?
Marcus eut un large sourire.
- Puisque tu me le demandes, je vais te répondre : mon problème c'est toi !
- QUOI ?
Je sentais la main d'Alice se poser dans mon dos.
- Edward... calme-toi ! couina-t-elle
- Vous me fatiguez tous les deux ! L'un comme l'autre ! s'énervait Elisabeth.
- C'est ton fils qui hurle ici ! Ce n'est pas moi !
Il claquait la porte de son bureau et je restais en compagnie d'Alice et de ma mère.
- Edward, qu'est-ce qui te prend ?
- Mais bordel tu vois pas comment il m'agresse direct ? Comment il a agressé Alice ? Putain ! Tu peux pas réagir et lui dire de fermer sa grande gueule de merde ?
- HEH HO TU TE CALMES ! Mais qu'est-ce qui t'arrive ? Qu'est-ce qui s'est passé au lycée aujourd'hui ? Tu es d'une humeur massacrante !
Et voilà... C'était encore de la faute de mon «humeur massacrante»... Y en a vraiment marre... Chaque jour, c'était comme si ma mère s'ancrait davantage à le soutenir lui par rapport à moi... et la pilule passait mal...
- Rien ! Laisse tomber...
Je me tournais vers Alice pour l'embrasser sur la joue avant de grimper dans ma chambre...
*
Le soir au diner, Marcus avait ce large sourire merdique affiché sur le visage. Il jubilait ce con ! Il avait dû nous entendre...
- Elisabeth, veux-tu bien me resservir de ton ragout ? Il est parfait !
- Tu peux pas bouger ton cul et te servir ? marmonnais-je entre mes dents.
- Tu as dit quoi là ? demanda-t-il, la voix assurée et forte, en reposant brutalement son assiette.
- Rien...
Espèce de gros connard de merde ! Je n'ai hâte que d'un truc : ne plus revoir ta sale gueule de rat !
- Le sel, Edward !
Tu pourras aller crever en Enfer pour l'avoir ton sel !
- LE SEL !
- Marcus... C'est pas la peine de t'énerver pour si peu ! soupirait Elisabeth
Ah ben enfin ! J'attrapais le pot de sel et le posais dans un gros bruit à côté de mon beau-père. Le pot ouvert, il en sautait directement dans son assiette.
- BORDEL EDWARD ! TU PEUX PAS FAIRE ATTENTION ? NON MAIS REGARDE-MOI CA !
- Tu voulais bien mettre le sel dans ton assiette, non ? répondis-je
Bon ok... là c'était moi qui le cherchait ! Mais je voulais tout faire pour que ce putain de sourire niais s'efface de son visage ! je détestais le savoir jubiler !
- Petit...
- STOP ! CA SUFFIT ! NE PEUT-ON DONC JAMAIS PRENDRE UN SEUL REPAS TRANQUILLE ET APAISE DANS CETTE FAMILLE ?
Je me levais, claquant ma serviette sur la table.
- Il fera jamais parti de ma famille... si tenté que j'en ai une vraiment !
- Edw...
Mais je ne laissais pas Elisabeth s'exprimer et grimpais dans ma chambre que je fermais à clés. J'allumais la chaine-hifi à fond et m'installais sous ma couette.
J'étais... en fait, je ne contrôlais plus cette colère... comment avais-je pu dire ça à ma mère ? J'avais une famille... C'était elle ! Elle a toujours pris soin de moi et... je n'ai jamais manqué de rien... j'ai toujours eu à peu près ce que je voulais... Et je la récompense ainsi... en lui crachant que je n'ai pas de famille...
Je suis un monstre !
*o*0*o*
Point de vue de Bella.
Mon réveil indiquait 22h17. Mais j'avais déjà hâte d'être à demain pour retrouver Edward... J'étais heureuse d'avoir pu l'aider à ne pas trop s'enfoncer dans une sorte de déprime... Je ne regrettais pas cette «amitié»... J'étais même prête à le défendre tous les jours ! J'étais bien ainsi... Il n'était pas cet être froid et associal que l'on décrivait au lycée... Il doutait tous les jours. Il doutait en permanence de sa vie, ses actes, ses décisions et Dieu que ce devait être difficile de vivre tous les jours ainsi... Comment faisait-il pour ne pas exploser ? Se contenter d'Alice - et de moi maintenant - pour survivre dans cette jungle ? A quoi se raccrochait-il ?
Dans ma famille, la recomposition s'était passée de façon presque parfaite. J'avais deux frères et une soeur (bientôt une autre)... Ce n'étaient pas mes demi-frères ou demie-soeur... Jamais je n'aurai pu les envisager de cette façon... Alors qu'Edward... Edward n'avait rien de tout cela... Il n'avait même pas de père et ne pouvait visiblement pas considérer Marcus ainsi... Où trouvait-il la force de se battre et de construire son «chez-lui» ?
En me réveillant ce mardi matin, je sautais pratiquement dans mes affaires pour partir aussitôt. Un geste qui étonna Esmé mais j'étais pressée, prétextant être en retard. En arrivant devant chez Edward, il était assis sur le muret, m'attendant dans la fraicheur matinale. Je ne pus m'empêcher de remarquer son visage fermé. Il arborait de belles cernes sous les yeux.
- Salut... murmura-t-il en entrant dans la voiture.
Nous échangions notre bise et je me mettais en route.
- Est-ce que ça va ?
- Ouais ouais...
Il ne répondit pas davantage et s'amusait avec ses doigts. Au feu rouge, je le regardais discrètement. La tête baissée, l'air un peu renfrogné, il soupirait.
- Tu t'es encore disputé avec ton beau-père ? demandais-je
- Ouais !
Sa voix était sèche et je sentais comme une pierre me tomber dans l'estomac. Je redémarrais dans un silence de plomb... Quelque chose ne cadrait pas... Je me garais devant le lycée et quelqu'un toquait contre mon carreau. Je sursautais. Alice Swan était derrière la vitre, toute souriante. Edward fronçait les sourcils.
- Qu'est-ce qu'elle fait là ?
Nous quittions la voiture et Alice me fit la bise ainsi qu'à Edward.
- Al'... qu'est-ce que tu fais ici ?
- Je m'ennuyais à la maison et comme je pète la forme, Papa m'a amené au lycée !
- Mais t'as pas mal ? demandais-je, étonnée.
- Non regarde ! Tout va très bien !
Cette fille était un vrai feu-follet.
- Tiens, j'ai recopié tes cours hier !
- Oh, merci...
Je reprenais mes feuilles et les rangeais dans mon sac.
- Alors... tu as tendu la main vers notre Edward ? me demanda-t-elle en souriant très largement.
Je me sentais rougir et me tournais vers mon nouvel ami. Mais celui-ci avait le regard rivé sur ses chaussures. Y avait vraiment un truc qui clochait. J'interrogeais Alice du regard... Après tout, elle le connaissait bien mieux que moi...
- Ed, ça va ?
Il sursautait d'un coup et nous observait comme si c'était la première fois qu'il nous voyait.
- Ouais... ça va...
- Comment ça s'est terminé hier avec Marcus ?
C'était donc ça... Il y avait eu un clash apparemment...
- Comment tu veux que ça se termine avec cette merde ?
- Ca a gueulé encore ?
- Ben comme d'habitude !
La cloche sonnait, annonçant le début des cours.
- On a histoire ? me demandait Alice
J'acquiessais.
- Et toi Edward, tu as quoi ?
- Espagnol... J'ferai mieux d'y aller d'ailleurs...
Sans un mot supplémentaire, il se dirigeait vers sa salle. J'accompagnais Alice. Elle avait l'air sympa, quoique un brin surexcitée... Je ne cessais de repenser à Edward... Jamais je ne l'avais vu aussi renfermé.
- Ne t'en fais pas pour Edward...
Je relevais la tête vers Alice qui me souriait.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Parce que tu as les sourcils froncés depuis qu'il est parti et que tu as l'air toute songeuse...
Elle n'avait pas tord.
- Est-ce que tu sais ce qui lui arrive ?
Nous nous installions côte à côte sur le même bureau dans la salle.
- C'est difficile à expliquer mais Edward a des problèmes avec son beau-père.
- J'avais cru comprendre oui...
- Ils sont en permanence entrain de s'agresser l'un l'autre... Marcus est méchant avec lui et le pire, c'est que c'est une méchanceté gratuite ! Et le souci avec Edward, c'est qu'il ne supporte pas son beau-père ! Alors dès qu'il ouvre la bouche, ça l'énerve !
- Et... ça leur arrive souvent ?
- Tous les jours quasiment !
J'avais bien vu que tous les deux n'entretenaient pas une relation très symbiotique... Mais quand même... tous les jours !
- Marcus ne le supporte pas ! Et Elisabeth est partagée entre les deux !
- Elle ne prend pas la défense de son fils ?
- Oh si, elle essaie ! Mais l'autre jour je l'ai entendu dire à ma mère qu'elle était fatiguée de tout ça... que les entendre se grogner l'un sur l'autre n'était pas chose facile... Edward a toujours été très renfermé... très «à part». Il ne parlera jamais de ce qu'il ressent et dès qu'il se sent attaqué, il se replie sur lui-même. La plupart du temps quand il est au lycée, il s'isole dans sa voiture ou en forêt. Et chez lui, il s'enferme dans sa chambre avec la musique.
- Une carapace en quelque sorte ?
- Oui. Et comme tous les élèves ici sont très chiants avec lui, ça ne l'incite pas à faire confiance...
- Et il se calme tout seul ?
Elle secoua la tête affirmativement.
- Il a besoin d'être seul dans ces cas-là. D'ailleurs, tu peux être certaine qu'à la pause, on ne va pas le croiser... Il disparait... Je crois que c'est ça qu'il aimerait en fait...
- Disparaitre ?
Elle acquiessait et comme notre prof débutait le cours, nous reportions notre attention au tableau. Décidément, Edward Masen était vraiment à part...
Au fil de la matinée, je découvrais Alice Swan. Elle était extrêmement pétillante et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle était vraiment très curieuse ! Elle me posait des dizaines de questions sur ma famille et même sur mes frères et ma soeur... Et comme elle l'avait prévu, nous n'apercevions pas Edward. A la pause, je croisais Angela et Ben et les présentais à Alice. Le courant entre eux passait immédiatement ! Surtout avec Angela.
- J'ai croisé Edward en haut, je me suis étonnée que vous ne soyez pas avec lui !
J'échangeais un regard avec Alice.
- Tu crois qu'on doit aller le chercher ?
- Je pense qu'il préfère être seul... Ne t'inquiète pas, il va s'en remettre... Ca lui arrive souvent...
Pourquoi ne s'inquiétait-elle pas davantage pour lui ? Je détestais rester seule quand j'étais pas bien... Il n'avait pas besoin de ça ! J'attrapais mon sac.
- Je vais quand même essayer d'aller le voir...
Elle haussait les épaules.
- Tu peux tenter... Ca coûte rien ! Mais ne t'étonne pas s'il te renvoie sur les roses... Je peux rester avec vous ? demanda-t-elle à mes amis.
Je grimpais les escaliers pour trouver Edward, assis au sol dans un recoin d'une salle. Le couloir était désert et silencieux. Ses bras étaient posés sur ses genoux et sa tête appuyée contre le mur. Ses yeux étaient clos.
- Salut...
Il eut un petit sursaut et me fixait.
- Salut...
Je m'asseyais près de lui.
- Ca va ?
- Ouais... et toi ?
- Moi ça va... Qu'est-ce que... tu fais ici ?
- C'est calme... J'aime bien...
Alice avait raison. Il recherchait l'isolement. J'écoutais le silence apaisant. Rien n'émanait de l'extérieur... c'était apaisant...
- Tu viens souvent dans ce couloir ?
- De temps à autre...
Il ne semblait pas décidé à parler davantage.
- Tu sais... moi quand je me sens pas bien, je fais un peu comme toi... je m'isole...
Il tournait la tête vers moi.
- Et tu vas où ?
- Dans ma cabane...
Il eut un petit sourire.
- J'adorerai en avoir une moi aussi...
- Je peux te poser une question ?
- Si tu veux ouais...
- Est-ce que tu t'es disputé avec ton beau-père ?
Dans le silence du couloir, je l'entendis soupirer.
- Ma vie et mes soucis ne sont pas très intéressants, tu sais !
L'éternel problème d'Edward Masen : la place infime qu'il croyait avoir dans ce monde...
- Moi ça m'intéresse... Et puis, on est amis ? Et les amis se disent tout...
- Je ne dis pas tout à Alice...
- Mais je ne suis pas Alice...
Il reportait son attention sur mon visage, un léger rictus s'étirant sur ses lèvres.
- T'es têtue...
- Je sais !
Je lui souriais et il en fit de même.
- Oui... Je me suis disputé avec mon beau-père... et j'ai pas été cool avec ma mère...
- Et tu regrettes...
Il acquiessait.
- Je suis pas facile et je ne laisse rien passer à Marcus...
- Ecoute... Je ne connais pas bien ton beau-père mais... comment te dire ? En fait, je trouve qu'il te cherche beaucoup... Et tu m'as l'air de quelqu'un de très impulsif, alors... forcément ça clashe...
- Tu vois... Dès qu'il ouvre sa bouche, je sais qu'il va m'énerver... Je voudrais... faire des efforts mais j'y arrive pas... je voudrais le faire pour ma mère... mais c'est plus fort que moi !
- C'est normal... C'est ta façon de te protéger de lui... Un truc d'auto-défense ou de self-control... un peu comme des tortues ninja !
Edward haussait les sourcils et un petit sourire en coin illuminait son visage.
- Je serai une tortue-ninja ?
Je ne pus me retenir de rougir... Je sentais le sang me monter jusqu'aux oreilles... il allait falloir que j'apprenne à me contrôler... Parfois, j'avais l'impression d'être une Mini-Emmett !
- Euh... oublie ce que je viens de dire !
Il éclatait de rire.
- C'est la première fois qu'on me traite de tortue-ninja !
- T'as eu du bol que je te laisse le choix de l'identité de la tortue...
- Y a qui dedans ?
- Euh... En fait y a Leonardo je crois... Donatello, Raphael et... ah merde... Comment il s'appelle l'autre ?
- C'est pas... Michelangelo ?
- Ah voilà c'est ça ! Michelangelo !
Il eut un large sourire.
- Je l'aimais bien lui ! C'était le bouffeur de pizzas !
- Amateur de pizza ?
Il se mit à rire.
- Ouais... J'adore ça !
- Alors, on a qu'à dire que tu es Michelangelo...
- D'accord. Et toi t'es qui alors ?
J'arquais un sourcil dans sa direction.
- J'ai la gueule d'une tortue surdimensionnée bourrée d'anabolisants qui se bat avec des bouts de bois ?
Edward éclatait de rire une deuxième fois.
- Je ne te laisserai pas combattre avec un bout de bois vu ta maladresse...
- T'aurais raison !
Un petit silence s'installait entre nous. Lorsque la cloche sonnait quelques minutes plus tard, il se relevait et me tendait sa main. Je m'en emparais pour me relever.
- Merci...
- Merci Bella...
- Pourquoi ?
- Pour être... venue me parler... pour m'avoir fait rire...
- Hey... ça sert à ça les amis, non ?
Il m'adressait un petit sourire et nous rejoignions alors nos salles respectives. Le reste de la journée, Edward le passait avec nous.
*
Après la pause de 15h, je m'apprêtais à sortir des toilettes pour rejoindre ma salle de cours quand je vis les Denali, Irina et Tanya, ainsi que Jessica et Lauren m'encercler.
- La porte est derrière vous ! leur signalais-je.
Je pouvais pas les blairer ! Elles étaient toutes plus connes les unes que les autres.
- Isabella, il faut qu'on te parle...
- De toute évidence oui, puisque vous m'empêchez de sortir...
Irina s'approchait de moi.
- Tu devrais surveiller tes fréquentations...
- Mes fréquentations ?
- Masen...
Je sentais que j'allais devoir m'énerver...
- Tu es une fille à peu près discrète et pas trop moche. Tu es dans l'estime de pas mal de lycéens ici. Tu ne voudrais pas écorner cette image, pas vrai ?
- Ecoute... Irina... Je n'ai pas de compte à te rendre il me semble... Tu fais ta vie, je fais la mienne et basta !
- Masen est taré ! Il passe son temps à me regarder fixement. Ce type est louche !
Je ne pus m'empêcher d'éclater de rire.
- Tu vas me sortir quoi là ? C'est une blague c'est ça ? Elle est où la caméra ?
Les quatre filles échangèrent un regard apparemment navré.
- Sois sérieuse, Isabella ! couina Lauren
- Non mais tu me demandes d'être sérieuse alors que vous allez prétendre dans dix secondes qu'Edward serait une espèce de... pédophile ou de violeur ? Tout ça parce qu'il vous «fixe» ? Faut faire décongeler le peu de neurones qu'il vous reste là oh ! C'est n'importe quoi !
Irina semblait énervée.
- Vous, vous passez bien votre temps à le fixer et à vous foutre de lui dans son dos ! Et vous le traitez de taré ? Faudrait pas prendre votre cas pour une généralité ! Sur ce mesdemoiselles, je dois me rendre en cours... Faites de ma «popularité» ce que vous voulez ! Je m'en fiche pas mal...
- Tu ne devrais pas nous sous-estimer !
Je me retournais vers elles brutalement.
- Mais vous sous-estimer de quoi ? Vous pouvez bien cracher toutes vos insanités... Je me ferai un plaisir de vous oublier dès que j'aurai mon bac ! Et si je vous recroise plus tard, je sens que je serai amnésique brutale... Vous et moi, on n'a aucun point en commun ! Je ne vous admire pas... Vous ne ferez ni partie de mon futur proche, ni de mon avenir très lointain ! Alors ce n'est pas la peine de dépenser votre temps pour moi... Je n'ai pas l'intention de gâcher le mien !
Je claquais la porte des toilettes pour rejoindre ma salle... C'est vraiment pas croyable d'être aussi conne... Cette Irina, décidément, une vraie connasse ! Elle ne connaissait même pas Edward ! De quel droit se permettait-elle de telles inepsies ? Le soir, je raccompagnais Edward chez lui. Dans la voiture, je lui racontais ce qui s'était passé. Il en semblait tout perturbé mais me remerciait de l'avoir défendu...
*
Le lendemain, toute la matinée, il semblait perdu... A chaque fois que nous croisions Irina et sa bande, il détournait la tête ou fronçait les sourcils en les fixant... A 15h, je le ramenais directement chez moi. Ma mère nous accueillit avec un large sourire.
- Bonjour les enfants ! Entrez ! Alors, cette matinée, ça a été ?
*o*0*o*
Point de vue d'Edward.
Irina a «agressé» Bella... J'en reviens pas... Irina... Irina Denali... Je savais qu'elle avait un très fort caractère... Mais à ce point là... Et pourtant, je savais que Bella ne mentait pas. Pourquoi Irina avait-elle fait ça ? Pourquoi elle ? J'avais pris comme un énorme coup dans le ventre lorsque mon amie m'avait avoué ça... Pour la première fois, c'était me mettre face à l'imperfection de cette fille que pourtant j'aimais... comme me faire réaliser qu'elle n'était pas ce modèle idéalisé que je m'étais fait d'elle... Dans mes suppositions, la carapace agressive et hautaine d'Irina n'était qu'une apparence... elle aurait caché un coeur plus doux et plus sensible, ne demandant qu'à être aimée et calinée...
Mais ce n'était pas le cas ! Et je le savais !
J'étais entrain de sortir les poubelles des Cullen et je ne cessais de ressasser tout ça... Première déception...
- Edward ? Tu peux venir s'il te plait ?
- Oui... J'arrive !
Je me dirigeais en trottinant vers la cuisine, où Esmé préparait une pâtisserie.
- Je n'aurai pas assez de farine, tu peux aller m'en chercher à la supérette du coin ?
- Bien sûr !
Elle me tendait son porte-monnaie et j'effectuais sa directive. Je revenais assez rapidement avec le paquet.
- Merci ! Je prépare des cookies, tu en emporteras chez toi ce soir !
- Oh... merci...
Elle m'adressait un grand sourire. Bella redescendait de sa chambre à ce moment-là.
- Ca sent bon M'man !
- Merci chérie...
- Je vous fais quoi de plus, Esmé ?
- Oh... attends voir... Je vais mettre les gâteaux à chauffer... La maison est rangée... Je pensais que tu pourrais me donner un cours de piano...
- Avec grand plaisir !
Je m'installais derrière le piano, impatient. C'était vraiment un très bel instrument ! Esmé s'asseyait près de moi à droite.
- Je peux regarder ? demandait Bella en rougissant.
- Bien sûr chérie ! répondit sa mère
Je pensais qu'elle allait s'installer sur le canapé mais elle n'en fit rien, attrapait un tabouret et s'asseyait à ma gauche. Je faisais coulisser mes doigts sur le clavier. Les touches étaient souples... un vrai régal... Les regards de la mère et la fille étaient posés sur moi... Un premier public en quelque sorte !
- Alors... bon en fait... je suppose que vous avez déjà fait du solfège ?
- Oui, mais c'est loin derrière moi...
- Vous vous rappelez de la gamme ?
Elle acquiessait et jouait une gamme toute simple.
- Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si, Do...
- Gratte-moi la puce que j'ai dans l'dos...
Nous tournions nos visages sur Bella... Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si, Do... Gratte-moi la puce que j'ai dans l'dos... J'éclatais de rire. N'importe quoi !
- Bella ! la sermonnait gentiment Esmé
Mon amie était rouge de honte mais se mordait la lèvre inférieure pour ne pas rire.
- On dirait une réflexion d'Emmett !
- J'ai les oreilles qui siiiifflent !
Le dit Emmett arrivait dans le salon, suivit par Rosalie.
- Qui parle de moi ?
Il posa son regard sur nous et dévoilait un large sourire.
- Ben mon Edward ! T'es bien entouré... Ma mère, ma soeur... Tu les fais toutes tomber ! C'est quoi ton secret ? Ton eau de toilette ? Parce que je vais acheter la même si ça marche aussi bien !
Rosalie lui administrait une légère baffe sur le crâne.
- Edward, je t'ai ramené ta voiture jusque ici ! Je voulais m'assurer par moi-même qu'elle roulait bien !
- Oh... ben c'est super ! Merci beaucoup !
- Je t'en prie !
Elle me rendit mes clés.
- Elle est garée et n'attend plus que toi !
Elle me tendit la facture. 120$...Aaattends... Ces 120$ correspondaient à la pièce. Il n'y avait rien d'inscrit pour la main d'oeuvre et le reste...
- Rosalie ?
- Oui ?
- Il n'y a pas un problème sur ta facture ?
Elle se rapprochait de moi et se penchait sur le papier.
- Ben non... 120$ c'est le prix de la pièce. Il est où le problème ?
- La main d'oeuvre, le temps passé sur la voiture... je le paie plus tard ?
Un petit sourire s'affichait sur son visage.
- Ah non ! Ca c'est cadeau !
- Qu... quoi ?
Elle est maboule ?
- Je te fais cadeau de la main d'oeuvre !
- Mais tu peux pas !
- Bien sûr que si ! C'est mon garage ! Je fais ce que je veux !
- Mais... Rosalie... je... c'est beaucoup d'argent que tu perds... et...
- Mais ne t'occupe pas de ça ! Tu ne trouves pas que 120$ c'est une facture suffisante ?
- Si... c'est une somme bien sûr mais...
- Alors prends cette facture, ne discute pas ! Tu peux payer en deux ou trois fois ! Tu paies 120$ point barre ! Et ne me force pas à m'énerver sinon tu risques d'avaler la feuille, pigé ?
Woow... Elle a du caractère ! Emmett éclatait de rire.
- Je te conseille de pas discuter !
- Je suis gené...
- Tu apprendras à ne plus l'être ! soupirait le frère de mon amie.
- Bon... je... d'accord... merci beaucoup...
- Il comprend vite ce petit !
Les Cullen éclatèrent de rire et je me sentais gêné... Gêné de toute cette attention... De toutes ces gentillesses... Ils étaient tous à part...
- Maman, faudrait qu'on te voit pour discuter... On voudrait refaire deux chambres à la maison ! Tu pourrais nous aider ?
- Bien sûr ! Edward... je crois que ce n'est pas aujourd'hui qu'on recommencera le piano... Y a-t-il des choses que je dois travailler jusqu'à dimanche ?
- En fait... Peut-être l'enchainement de gammes... Le fait de bien faire repasser son pouce quand vous entamez le Fa... Essayez de la faire de la main gauche également... ça vous permettra de travailler la souplesse... et quand vous la maitrisez... faites les deux mains ensemble. Pour la coordination.
- Très bien ! Je te remercie... Je te paie dimanche, comme convenu !
- D'accord...
- A dimanche alors !
- A dimanche... Euh, Rosalie ?
- Oui ?
- Je t'apporterai l'argent demain à ton garage...
- Oui, t'en fais pas !
*
{playlist : The Script - The man who can't be move}
J'attrapais ma veste en jeans et m'apprêtais à franchir le portail lorsque Bella me rattrapait.
- Edward ?
- Oui ?
- Tu dois t'en aller tout de suite ?
Non... Si je pouvais éviter Marcus...
- Pas forcément...
- Ca te dirait d'aller dans la cabane ?
La cabane...
- Ouais...
Un large sourire fendit le visage de Bella. Je la suivis jusque dans le jardin... Une fois dans la cabane, je reprenais ma place de la dernière fois, mon amie près de moi... La sensation était incroyable... J'étais loin de tout, loin du monde perché dans cet arbre... J'aimais cet endroit...
- Tu m'excuses pour tout à l'heure ?
- Pourquoi ?
- Pour le coup de la puce dans le dos...
Son visage s'empourprait et je ne pus me retenir de rire.
- C'était très drôle !
Elle eut un petit rire.
- Je crois que je tiens d'Emmett... Des fois je dis n'importe quoi sans réfléchir...
- Comme pour les tortues Ninja ?
- Comme pour les tortues Ninja !
- J'aime bien ta spontanéité...
Elle masquait un petit rougissement.
- Un peu comme quand je repense à ce que j'ai balancé à Irina et ses petites copines... Je crois que ma vie sociale est morte dans ce lycée au moment où j'ai claqué la porte des chiottes !
Irina... quand je pensais à ce qui s'était passé... les choses me semblaient tellement... douloureuses... Je savais que c'était bien là la vérité et pourtant... vous savez, des fois, vous idéalisez certaines personnes et lorsque vous voyez la vraie image... ça fait si mal... Sur mon bras, je sentais une petite pression.
- Edward... pourquoi tu te renfrognes ?
- Je me renfrogne ?
- Oui... Dès qu'on parle d'Irina...
- Je me renfrogne pas !
Ma voix avait claqué, sèchement. Et merde !
- Si, tu te renfrognes... Est-ce que... tu connais cette fille ?
Je ne voulais pas croiser son regard. Comment avouer à quelqu'un sans passer pour un cyphoné, qu'on est amoureux d'un «idéal» ?
- Je lui ai parlé une fois seulement... Mais sa soeur Tanya est du genre collante avec moi...
- Elle ne t'intéresse pas ?
- Disons que c'est pas elle des Denali qui m'attirerait le plus...
La main de Bella s'écartait de mon bras.
- C'est Irina ?
Etait-ce une idée ou la voix de Bella tremblait ? En relevant la tête vers elle, je la voyais très pâle...
- C'est Irina qui te plait alors ? Parce que... il y avait cette «rumeur» qui courait sur toi... comme quoi elle te plairait... et tu te renfermes à chaque fois qu'on parle d'elle...
Elle avait l'esprit très vif...
- Ouais... En fait... J'ai une sorte de «béguin» pour elle... Enfin... Un béguin idéalisé, je te l'accorde...
- Tu... l'aimes ?
Par l'ouverture de la cabane, je regardais les feuilles des arbres bouger avec la petite brise de vent. Je ne voulais pas voir dans les yeux de Bella le jugement... ni ce qu'elle allait en penser...
- Disons que j'aime... son idéalisation... je me plais à croire qu'elle n'est pas celle qui t'a coincé dans les toilettes... peut-être que toute seule, sans ses copines, elle est différente... Quand je vois Kate, je me dis qu'elle ne peut pas être si différente de ses soeurs... donc que forcément, Irina tient un peu d'elle...
Bella conservait le silence... Là, c'est sûr, elle allait ne plus vouloir trainer avec moi... et c'était dommage... parce que... je m'étais habitué à elle et elle prenait chaque jour un peu plus d'importance... Je tournais mon visage vers mon amie... Sa bouche était entrouverte. Elle semblait figée.
- Bella... ça va ?
- Je... ouais... euh... en fait je viens de me rappeler... j'ai oublié... je dois appeler Angela pour... Excuse-moi...
Ah... ben dommage...
- D'accord... Ben... je vais rentrer alors...
- Oui... Ok... Je dois... excuse-moi... faut que j'y aille...
Elle se relevait et chancelait légèrement. Elle descendit de l'échelle mais manquait le dernier barreau et je la vis tomber au sol, retenant un cri.
Merde !
- Bella !
Je me hâtais de descendre et la rejoignais. Elle se massait la cheville et semblait à deux doigts de pleurer. Non... pas à deux doigts... elle pleurait !
- Merde ! Tu t'es fait mal ?
- Ou... i...
- T'as voulu faire la tortue Ninja ou quoi ?
Elle fit «non» de la tête, battant ses paupières très vivement, comme pour chasser ses larmes. Je passais mon bras sous ses genoux, l'autre derrière ses reins et la soulevait.
- Je vais t'amener dans la maison que ta mère puisse te soigner...
- M... merci...
Puis, elle éclatait en sanglots contre mon torse, serrant mon tee-shirt dans son poing. Je sentais ma gorge se nouer... je détestais que les gens pleurent... et surtout les gens que j'aime... Elle avait dû se faire sacrément mal !
C'est à la hâte que je la ramenais dans le salon. Je l'aidais à s'allonger sur le canapé.
- Oh mais chérie ! Bella, tu t'es fait mal ?
- Elle a râté un appui sur l'échelle de la cabane ! Je pense qu'elle s'est foulée la cheville...
- Enlève ta chaussure, Bella ! Fais voir ça ! Emmett, va lui chercher de la glace !
- Oui, d'accord !
La cheville de Bella n'avait pas l'air trop enflé de ce que j'en voyais. Esmé la massait doucement. Lorsque Rosalie arrivait dans la pièce, les sanglots de Bella augmentaient. Elle lui tendit les bras et sa soeur s'agenouillait devant le canapé, l'enlaçant à son tour.
- Rose... J'ai...mal...
