Stephenie Meyer est la mère de Twilight et de ses personnages,
je ne le répèterai pas plus xD
flow : LOL si ça peut te rassurer, je grignote aussi quelque peu en écrivant mdr. La chute de Bella était un prétexte pour craquer je crois sans qu'Edward ne comprenne... Je crois qu'Edward n'est pas loin de péter un cable avec Marcus ^^ Bonne lecture, bisous =)
Fraise : Tu as très bien pigé le sens du précédent chapitre. Bella se sert totalement de sa douleur physique pour évacuer sa douleur morale... Rosalie étant celle avec laquelle elle s'entend le mieux, elle n'en appelle qu'à elle pour se laisser aller... Elle va devoir digérer cette nouvelle et essayer de passer au dessus de tout ça... Bonne lecture =)
mimie30 : C'est vrai que la douleur occasionnée par les paroles d'Edward est sûrement plus cuisante que celle de sa cheville... Vu comment elle réclame après sa soeur, il est certain que Rosalie va comprendre qu'il y a quelque chose de sous-jacent. Bonne lecture =)
Twiladdict : Ouais le week-end était parfait tu peux pas imaginer ;-) Le précédent chapitre était plus long ce me semble effectivement... J'adore c'te chanson The Man Who Can't Be Moved.. T'as raison de souligner qu'Edward a conscience de n'aimer qu'un idéal d'Irina. Il en a conscience et c'est un bon pas déjà. Bonne lecture =)
Un gros merci aussi à bébé23, evid3-nce (Je ne suis pas du tout amatrice de Marc Lévy donc je n'ai pas lu le livre dont tu parles...), lectrice, matrineu54, Méli (Edward est naif avec les filles, il n'a jamais eu de copines et n'a jamais été aimé donc il ignore à peu près ce que provoque ce sentiment et surtout, je ne crois pas qu'il s'estime digne d'être aimé...), mélissa, Morgane, Onja (non tu ne rêves pas, la phrase de Bella à Rose a un double sens...), Roxanne, severine, twilight-poison.
Prochain chapitre samedi si j'ai le temps,
sinon dimanche soir parce que je bosse dimanche de 7h jusqu'à 14h30.
Bonne lecture à toutes =)
Merci de votre soutien.
Point de vue de Rosalie.
Deux longues heures... Ca faisait deux longues heures que ma petite soeur pleurait toutes les larmes de son corps dans sa chambre, sans avoir ouvert la bouche. Elle avait refusé d'aller aux urgences... Sa cheville n'était pas trop enflée. Lorsque mon père rentrerait, il lui poserait une atele probablement. Esmé lui avait déjà passé de la pommade... Sa cheville surélevée sur un coussin, une poche de glace dessus, ses larmes ne se tarissaient pas... J'étais certaine qu'il y avait un problème sous-jacent à ces crises de larmes incontrôlées... Je connaissais Bella par coeur. J'essayais d'effacer ses larmes une à une.
- Allez Bella... Parle-moi...
J'entortillais mon index dans une mèche de ses cheveux. Un nouveau sanglot secouait son corps. Je me rapprochais d'elle pour l'étreindre. Elle a mal... La dernière fois qu'elle a agit comme ça, Jacob la quittait... Et elle avait été plus qu'amoureuse de Jake...
- Je... suis... amoureuse...
- Ton béguin n'était donc pas si petit que cela...
Elle secouait la tête négativement.
- Je croyais pas... qu'il prendrait autant de place... pour moi...
- Et c'est donc cela qui te fait tant de peine ?
Bella secouait négativement la peine et aggripait mon chemisier.
- Il... en aime... une autre... et c'est une vraie...g...garce...
Elle sanglotait plus bruyamment. J'avais à peu près une idée de l'identité de ce type... Elle ne pouvait le connaitre qu'au lycée si elle connaissait aussi cette «garce».
- Est-ce que c'est Edward ?
Bella relevait son regard vers moi. Ses yeux baignés de larmes me confirmèrent mon hypothèse...
- Tu as bon gout entre nous... C'est un très bel homme... souriais-je
Elle eut un petit sourire et essuyait quelques larmes.
- Tu perds pas le nord...
- Jamais crois-moi ! Bon alors... explique-moi ce qui s'est passé...
Bella se tournait sur le dos, appuyant sa tête contre son oreiller.
- Tout à l'heure, juste avant qu'il parte... je lui ai demandé s'il voulait qu'on se promène tous les deux... j'aime bien être avec lui... je me sens à l'aise et en sécurité... je sais pas comment dire...
- Tu l'aimes...
- Je crois... On est montés dans la cabane et on s'est mis à parler du lycée... il m'a avoué être amoureux... d'Irina Denali...
- Denali ? La grande blonde là ?
- Oui...
- Mais c'est une vraie garce !
- Oui...
- Comment peut-il éprouver de l'amour pour elle ? Il n'est pas idiot tout de même...
- Il dit qu'il est amoureux de l'idéalisation d'Irina...
Ah... le problème de ce que l'on aimerait trouver chez la personne amoureuse...
- Aïe !
- Et tu vois... Quand il m'a dit ça... j'ai cru... enfin je sais pas... J'ai eu si mal d'un coup... c'était comme si un énorme parpaing me tombait sur l'estomac... j'ai réalisé que... enfin toute la place qu'il a pris...
- Je comprends... On ne sait pas ce que l'on a jusqu'à ce qu'on le perde...
Elle acquiessait et restait silencieuse.
- Il t'a dit qu'il idéalisait cette fille ?
- Oui... c'est ce qu'il dit...
- Alors la situation n'est pas si désespérante que ça...
Bella se redressait en reniflant.
- Comment ça ?
Je me relevais à son niveau et prenais sa main.
- Il sait que cette fille n'est pas parfaite. Il sait qu'elle n'est pas ce qu'il recherche. Il a besoin de la changer pour être amoureux d'elle... En fait, il est amoureux d'un rêve, d'une illusion... il est amoureux de quelqu'un qui n'est pas la fille Denali... Il sait donc qu'il ira de déception en déception avec son illusion... Tant qu'il n'aura pas trouvé une fille qui correspond à cet idéal sans tricher, il ne se décollera pas de cette image... tu vois ce que je veux dire ?
- Edward serait une sorte de... rêveur ?
- Sûrement... Il est comment ? Je veux dire dans sa vie de tous les jours...
- Très... différent... Il n'est ni expensif... ni vraiment heureux je crois... Il a l'air très perdu... Au lycée, les autres s'acharnent sur lui et d'après ce que j'ai vu et entendu, chez lui, c'est pas joyeux...
- Alors peut-être que dans son idéalisation pour Irina, il met tout ce qu'il voudrait avoir et qu'il n'a pas ! Il doit rêver à l'amour parfait... à quelqu'un qui pourrait le soutenir tout le temps et le faire s'évader. Pour une raison X ou Y, il s'est entiché d'Irina et a reporté tous ses espoirs sur elle... Il l'a trop idéalisé et s'est épris de cette illusion. Mais le fait qu'il en ait conscience lui-même est un bon pas... Comment il est quand il est avec toi ?
- Avec moi ?
- Oui... Ses attitudes, son comportement...
- Ben... il est normal... enfin je veux dire... il est gentil, doux, prévenant... Il est marrant... j'ai l'impression qu'on a une certaine complicité...
Evidemment qu'ils avaient une «certaine complicité»... Edward respecte beaucoup Bella, ça se voyait rien qu'à son regard...
- Je ne le connais pas chérie mais ne désespère pas ! Reste sur la voie que tu t'es construite auprès de lui... Soutiens-le, reste son amie... Il finira par s'apercevoir que tu es là pour lui contrairement à cet idéal de la fille Denali.
- Tu crois ?
- Absolument ! Il est peut-être juste perdu... Quand il se rendra compte que tu es là pour lui, que tu l'écoutes, que tu le fais rire, que tu t'intéresses à lui, il réalisera que tu es quelqu'un à part dans sa vie. Il s'inquiète beaucoup pour toi. Je suis sûre que si Esmé ne lui avait pas demandé de rentrer chez lui, il serait encore en bas pour avoir de tes nouvelles. Il tient à toi. C'est à toi de faire en sorte maintenant qu'il réalise ce qu'il a, plutôt que de rêver ce qu'il pourrait avoir...
- Comment je fais ça ?
- En restant toi-même. En ne le rejetant pas. Et s'il te reparle d'Irina, en essayant de lui faire comprendre qu'il n'aime qu'une illusion et qu'elle ne sera jamais ainsi... Mais de façon douce... pas d'une manière brutale qui pourrait le faire se sentir agressé.
Bella avait les sourcils froncés. Très honnêtement, je ne pensais pas qu'Edward était indifférent à ma soeur... Je ne les avais pas souvent vus tous les deux mais il émanait d'eux une sérénité et une complicité bien plus complexes que ce que Bella ne s'imaginait... Et lui avait dans ses yeux une petite lueur pétillante quand il la regardait. On sentait qu'il aimait passer du temps avec elle... Mais ça, je ne l'avouerais pas pour l'instant à ma soeur... parce qu'elle ne devait pas se faire trop de films et risquer de tomber de haut si les choses tournaient mal...
Un vibreur me sortait de ma réflexion. J'extirpais mon portable de ma poche. Un texto de Maria.
- C'est qui ? me demandait Bella
- Miss Pimbeche !
- Maria ? Qu'est-ce qu'elle te veut ?
Ma soeur se rapprochait de moi et lisait par-dessus mon épaule.
«Rosalie, j'ai un souci avec ton frère. J'ai l'impression qu'il s'éloigne de moi...
T'a-t-il parlé de notre couple ? A ton avis, il voit une autre femme ?
Réponds s'il te plait.
Maria»
- Ca m'étonnerait que Jasper voit une autre femme, soupirait Bella.
Je ne pus retenir un grognement.
- Si seulement ça pouvait être le cas...
Ma soeur éclatait de rire. Maria n'était pas appréciée dans la famille : dinde et niaise au possible, en version très collante avec mon frère... Je n'avais jamais compris ce qu'il lui trouvait, lui si indépendant, sans barrières, plutot solitaire...
- Tu vas lui répondre ?
- Non... Envoyer un texto jusqu'à chez eux coûte trop cher !
*o*0*o*
Point de vue d'Edward.
Mercredi après avoir ramené mon amie au salon pour qu'elle se fasse soigner, j'avais proposé mes services mais Esmé m'avait dit que je pouvais rentrer. J'avais donc laissé Bella en larmes dans les bras de sa soeur... Elle a sa famille, elle n'a sûrement pas besoin d'un mec comme toi... Mon coeur s'était serré en la voyant pleurer aussi vivement... Elle ne méritait pas d'être malheureuse ! Lorsque, vers 21h, j'avais voulu appeler les Cullen pour prendre de ses nouvelles, Marcus était sorti de son bureau. Elisabeth était sous la douche.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- J'appelle les Cullen pour savoir comment va la cheville de Bella...
Je composais le numéro.
- Tu poses ce téléphone !
- Putain... Commence pas sérieux !
- Pose ce putain de téléphone, Masen !
- Heh tu me saoules ! J'appelle pour prendre des nouvelles ! J'fais rien de mal bordel !
Il m'avait arraché le combiné de la main.
- Primo tu n'appeleras pas parce que tu me parles très mal. Secondo, on n'appelle pas les gens pour une cheville. On va pas payer les communications pour ça, non ?
- Mais t'es vraiment qu'un gros con, tu le sais ça ?
C'était cru mais ça devait sortir !
- REPETE CA POUR VOIR ?
- Ben vas-y, qu'est-ce que tu vas faire ? M'en foutre une ?
Il s'était rapproché de moi.
- T'as du bol que ta mère soit en haut...
Il s'était enfermé de nouveau dans son bureau. Sale connard de merde ! Je reprenais le combiné mais la tonalité sonnait occupée. Il avait dû décrocher la ligne dans son bureau. Espèce de merde !
Les deux jours suivants au lycée s'étaient passés sans Bella. Jeudi midi au self, j'étais entrain de prendre mon plateau avec Alice quand j'entendais deux mecs devant nous parler.
- T'as entendu ce qu'a dit Irina tout à l'heure sur la fille Cullen ?
- Non, quoi ?
- Parait que Masen la saute !
- C'est pas vrai, il réussit à choper des nanas ce con là ?
Qu'est-ce que c'était que cette merde ? Alice et moi échangions un regard. Alors qu'on traversait la salle pour aller à notre table, un groupe de cinq élèves se tournait vers nous.
- Hé Swan ! Masen ! Cullen est pas avec vous ?
- Vous en avez fait quoi ? Vous lui avez lavé le cerveau pour qu'elle entre dans votre secte ?
- Franchement, trainer avec vous... Elle aurait pas pu tomber plus bas !
- Elle t'a bien sucé Masen ? A ce qu'il parait, elle te fait plaisir aux toilettes, hein ?
Qu'est-ce qu'il raconte lui ? Il voulait mon poing dans la gueule ou quoi ?
- T'as entendu Alice ?
Elle fronçait les sourcils et posait son plateau sur la table. Les élèves alentours se tournaient vers nous.
- Non, mes oreilles opèrent le tri-sélectif ce qui fait que la plupart du temps, je suis sourde !
Je m'installais sur ma chaise. Au fond de moi, mille picotements parcouraient mon ventre. Pourquoi nous regardaient-ils comme ça ? J'avais horreur d'être au centre des attentions. Des chuchotements animaient les conversations. Alice machonnait ses carottes rapées.
- Je sais pas ce qu'ils ont aujourd'hui... Est-ce que je suis mal habillée, Edward ?
- Ben non... Enfin j'sais pas j'y connais rien mais tu portes pas le rideau de ta grand-mère, c'est déjà ça !
- Ils ont dû choper la berlue...
- Ca fait un moment qu'ils l'ont...
A la table face à la notre, il y avait Irina. Tanya se levait et se dirigeait vers nous.
- Alerte au rouge, boulet en vue ! sifflait Alice.
La soeur d'Irina s'installait sur la troisième chaise vide face à nous.
- Edward, je trouve ça dégueulasse !
- Quoi ? J'ai bavé partout ? demandais-je, un brin ironique
- Tu es... immonde ! Te laisser sucer par Isabella... Sa bouche a trainé partout !
Je n'aimais pas son ton !
- Heh Tanya, boucle la ! Tu parles pas d'elle comme ça, pigé ? C'est mon amie !
- Et c'est la mienne aussi ! grondait Alice
- Tout le lycée est au courant que c'est une nympho ! A ta place, je ferai gaffe !
- Bella n'est pas une nymphomane !
La voix d'Angela s'élevait derrière Tanya. Cette dernière se relevait vivement et rejoignait la table de sa soeur. La meilleure amie de Bella et son petit ami s'approchaient de nous.
- On peut se joindre à vous ?
- Oui. Evidemment...
Alice se rapprochait de moi sur la table ronde pour leur laisser de la place. Ben approchait une quatrième chaise.
- C'est dégueulasse ce qu'ils disent... lâchait Ben.
- Depuis ce matin, on entend dire que Bella et toi avez eu une aventure aux toilettes du deuxième étage...
- Mais c'est n'importe quoi !! m'exclamais-je.
Putain mais c'est dingue ! Leur connerie n'a pas de limites ou quoi ??
- On sait Edward... On te croit !
- Ils disent probablement ça pour t'emmerder et Bella aussi ! ajoutait Ben
- Mais moi j'veux pas qu'ils l'emmerdent elle... Putain ! Ils peuvent me faire chier mais pas elle ! Ils en ont pas le droit merde !
La situation m'énervait sérieusement ! Jamais les gens n'avaient le droit de toucher les gens que j'apprécie. Je pouvais tolérer leurs crachats sur moi, mais ni sur Alice et encore moins sur Bella !
- Tu pourras jamais les empêcher de parler... soupirait Alice.
- Ca je sais mais merde ! Ils rabaissent Bella... C'est vraiment dégueulasse !
Je repoussais mon plateau. Je n'avais même plus faim !
- D'où ça sort d'abord ? Qui a dit ça ?
- Dans le bus ce matin, deux filles en parlaient déjà... L'une d'elle a dit qu'elle avait entendu Irina le dire à Lauren...
Irina... ET MERDE ! Bien sûr que ça venait d'elle ! Bella m'avait parlé de leur «altercation» dans les toilettes...
- Cette fille est vraiment pitoyable ! Elle ne vaut pas mieux que les autres... râlait Angela.
Je reportais mon regard sur Irina... J'aurai voulu croire... espérer que j'étais en plein cauchemar... qu'Angela et Ben se trompaient... Mais tout au fond de moi, il y avait cette voix qui me disait que j'étais en plein film dans ma tête... que la réalité n'était pas celle dont je rêvais et que le vrai visage d'Irina était celui que je voyais tous les jours et que j'essayais de camoufler à mon esprit...
*
Un large sourire narquois s'étirait sur le visage de celle qui avait occupé toutes mes pensées. En tournant sa tête vers moi, elle éclatait de rire. Elle s'en est pris à Bella... Elle n'en a pas le droit !
- Edward, où tu vas ?
Je prenais mon plateau.
- Je reviens, j'ai un truc à régler !
J'accélérais mon pas et bousculais Jessica pour me coller derrière Irina. Elle posait son plateau avec brutalité sous le nez d'une des femmes qui était chargée de faire la vaisselle.
- Jeune fille, triez votre plateau !
- Oh sûrement pas ! Vous êtes payée pour ça, non ?
Irina s'éloignait, impérieuse.
- Petite merdeuse ! marmonnait la bonne femme.
Je triais à la hâte mon plateau et accélérais le pas derrière Irina.
- Je vous l'avais dit les filles que la fille Cullen ne s'en sortirait pas comme ça ! Elle va se trainer une putain de réputation c'te salope...
Je ne pouvais me retenir et aggripais violemment son poignet.
- Hé !!!
Irina se retournait en sursautant.
- Pourquoi tu as fait ça ?
- Lâche-moi Masen !
- T'es vraiment une... connasse ! Tu me dégoutes !
- Ne m'insulte pas ! T'as pas le droit ! Ne joue pas au Monsieur devant moi ! Tout le monde ici sait que tu es une sous merde !
- Quoi ? Non mais attends ! Tu traites les autres comme des parias et tu me demandes de pas jouer au monsieur avec toi alors que tu essayes de péter plus haut que ton cul ?
- LACHE-MOI TOUT DE SUITE !
Son contact me brûlait. Je lui relâchais le poignet qu'immédiatement elle massait. Quelque chose venait de se casser en moi...
- T'es vraiment malade mon pauvre Masen ! Faut te faire soigner ! Tu vas le regretter ! Ne t'approche plus JAMAIS de moi !
- Il n'y comptait pas !
La voix sèche d'Alice claquait et ses doigts entourèrent mon poignet pour m'attirer ailleurs.
*
Elle m'entrainait dans la cour, Ben et Angela nous suivaient. J'avais l'impression que j'allais exploser ! Irina ne pouvait pas avoir fait ça ! A quoi j'allais me raccrocher ? J'aurai pu tout donner à cet idéal... mais elle avait bafoué mon amie. Elle avait bafoué Bella ! Et ça, je ne pouvais pas le laisser passer ! Bella n'était pas un idéal : Bella existait vraiment et je n'avais d'elle que sa réalité ! Je ne l'idéalisais pas ! Bella était elle-même, devant moi comme derrière moi !
- Monsieur Masen, dans mon bureau !
- Et merde ! soufflait Alice
Le directeur. Alice, Angela et Ben me suivaient. Et bien sûr dans le bureau devinez qui voilà ? Irina ! C'te connasse !
- Monsieur Masen. Miss Denali est venue me trouver en me racontant que vous l'avez agressé. Est-ce vrai ?
- Agressé ? Pardon ?
J'en revenais pas... PUTAIN !
- Elle m'a montré son poignet rouge. Plusieurs élèves vous ont vu la suivre hors du self et ont entendu des voix s'élever. Votre voix et la sienne, Monsieur Masen.
Les yeux du directeur étaient accusateurs. Surtout me calmer...
- Je n'ai pas agressé mademoiselle, Monsieur !
- Evidemment ! Alors comment expliquez-vous son poignet rouge ?
- Ecoutez...
- Edward n'a pas agressé Irina ! Nous étions là, j'ai tout vu !
Ben s'approchait du bureau.
- Monsieur Cheney, il ne me semble pas vous avoir demandé de venir ici !
- Sauf votre respect Monsieur le Directeur... Vous avez eu des témoins pour confirmer la version des faits... Et moi, je voudrais vous dire ce que j'ai vu... Ce serait équitable, non ?
Le directeur le jaugeait du regard.
- Bien, asseyez-vous et dites-moi ce que vous avez vu...
- Edward et Irina ont quitté le self, ils sont partis discuter. Ils ont dû se disputer... probablement à cause d'une de ces histoires dont vous dites si bien qu'elles ne vous regardent pas...
Face à nous, le directeur acquiessait. Irina était furieuse et son regard était lourd envers Ben. On connaissait déjà sa prochaine proie !
- Il ne l'a pas agressé. Ils ont eu une discussion plutôt virulente mais seulement des mots ont été échangé. Aucune agression physique Monsieur.
- Et que faites-vous de son poignet rougi ?
- Je n'en ai pas la moindre idée, Monsieur... Mais Miss Denali est assez délicate ce me semble...
- Mais c'est pas vrai ! C'est Masen ! Il m'a broyé le poignet ! Il...
Irina perdait pied.
- Calmez-vous ! Quelqu'un pourrait confirmer que Monsieur Masen vous a «broyé le poignet» ?
Elle baissait les yeux.
- Alors ?
- Je ne...
- Monsieur Cheney, vous êtes certain de vous ?
Il acquiessait.
- Miss Webber pourra soutenir mon témoignage...
- Ce n'est pas la peine... Je vous crois... Monsieur Masen, vous pouvez partir ! Miss Denali, vous restez ici, je dois vous parler !
Je me levais... J'en revenais pas... Ben était venu m'aider...
- Et que je n'entende plus une quelconque histoire semblable, est-ce clair ?
- Très clair, monsieur...
Ben et moi nous dirigions vers le couloir et je fermais la porte du directeur. Nous parcourions les couloirs.
- Ben... Merci !
Il me tapotait l'épaule.
- T'inquiète pas ! C'est normal ! Et puis fallait pas exagérer ! Ok tu lui tenais le poignet, mais de là à lui «broyer «... Y avait d'la marge quand même !
- Elle va s'en prendre à toi maintenant...
- Elle peut bien, je m'en fiche totalement ! Elle va se prendre un bon savon par le dirlo ! Et c'est bien fait pour sa gueule ! Elle le mérite bien !
- C'est vrai...
Il avait raison. Elle le méritait bien...
*
Toute la journée, des élèves chuchotaient sur mon passage. La rumeur de cette altercation s'était vite répendue et les copines d'Irina nous regardaient en chien de faience... Et Irina, elle, était carrément hystérique, hurlant au complot ! Cette situation m'avait rapproché de Ben et Angela. Je ne savais pas comment les remercier... Ben et Angela étaient deux personnes très sympas. Je comprenais pourquoi elle était la meilleure amie de Bella...
Vendredi, Alice et moi restions toute la journée en leur compagnie. Ils étaient joyeux et marrants. Je m'entendais bien avec eux, surtout avec Ben. J'aimais son flegme et sa nonchalance. Evidemment, toute la journée, nous avions entendu mille ragots mais étonnamment, ils ne m'atteignaient pas. A chaque stupidité entendue, nous éclations de rire et passions des minutes assis sur un banc à en rire. Angela m'avait appris que Bella reviendrait en classe lundi. Elle m'avait passé tous ses cours, étant donné qu'elle partait en week-end avec la famille de Ben en randonnée. Elle n'aurait pas le temps de les lui emmener et comme dimanche je bossais chez les Cullen, je m'en chargerai.
*o*0*o*
Point de vue de Bella.
Un claquement de porte me fit sursauter. 11h. Edward devait être arrivé vu que c'est dimanche... Mon coeur se mit à battre. Jeudi, Angela m'avait envoyé un texto pour m'informer de l'altercation entre lui et Irina... Edward s'était disputé avec Irina... Inexplicablement, mon coeur s'emballait. J'ignorais s'il déciderait de m'en parler... en attendant, je comptais appliquer les conseils de ma soeur : rester son amie...
Je rejetais la couette et attrapais mes béquilles posées au sol. Je me dirigeais difficilement à ma salle de bains. Assise sur le tabouret que Papa m'avait installé, je me coiffais rapidement et me débarbouillais. Dans le couloir, je réalisais que personne n'allait m'aider pour descendre les escaliers... Ca allait être compliqué... Edward apparaissait du salon.
- Hey... Bella !
- Oh. Salut !
Je ne pus retenir mon sourire. C'est ça, vends-toi ma fille ! J'avançais ma béquille sur la marche, puis la deuxième.
- T'as décidé de faire une opération kamikaze ou quoi ? demandait-il en souriant à son tour.
Edward grimpait rapidement les marches pour venir à ma rencontre. Il se penchait vers moi et déposait ses lèvres sur ma joue. Tout ce qu'il avait pu dire mercredi s'envolait... Je sentais sa main trainer sur mes reins.
- Tu veux descendre ?
J'acquiessais.
- Fais voir, je vais t'aider ! Ta mère m'a marqué un mot me disant que je devais être à ton service jusqu'à son retour !
- Chouette...
Et merde... J'avais vraiment dit ça là ? Je sentais le feu m'envahir les joues.
- J'espère que ça ne t'effraie pas !
- A moins que tu décides brutalement de me pousser dans les escaliers pour me tuer... non, tu ne m'effraie pas...
Un sourire en coin envahissait son visage.
- Allez fais voir ! Tiens, appuie-toi à mon bras... Je vais t'amener au canapé et je remonterai chercher tes béquilles...
- Pas besoin regarde !
J'attrapais ma béquille et la balançais dans les escaliers pour qu'elle aille se crasher en bas. La deuxième subissait le même traitement. Edward écarquillait les yeux.
- Wow... t'es plutôt expéditive comme nana toi !
J'éclatais de rire.
- Faut savoir prendre des décisions radicales...
- J'vois ça... murmurait-il. Allez, accroche-toi !
Je passais mon bras autour de ses épaules tandis que sa main s'enroulait autour de ma taille. J'en savourais la douceur, la légèreté de son étreinte... Son toucher semblait si délicat, comme si j'étais fragile... Ses épaules étaient musclées... Il était tellement attentif à moi...
Me maintenant solidement, il m'aidait à descendre les marches une à une. Je regrettais de voir la dernière marche arriver. Je ne voulais pas le lâcher... Cette fois-ci c'est sûr et certain : j'étais définitivement éprise d'Edward Masen... Sans retirer son étreinte, il me guidait jusqu'au canapé et installait précautionneusement ma jambe sur des coussins.
- Ca va ?
- Oui... Merci !
Il était tellement tendre dans ses gestes... Il revint avec mes béquilles et son sac.
- Angela m'a passé tes cours pour rattraper. Je t'ai tout amené ! Le prof de stats te fait dire que tu feras le contrôle mercredi matin dans la salle 141B avec une surveillante...
Ah merde ! Il avait pas oublié ça !
- Il était dur ?
- Un peu...
- Génial...
Edward sortait tous mes cours et me les donnait. Il m'expliquait les devoirs qu'on avait dans nos cours communs.
- Tiens et là je crois qu'Angela t'a laissé une note et qu'elle a marqué au crayon à papier tout ce que tu dois faire dans les marges.
- Elle est cool ! J'adore cette fille !
- C'est vrai. Elle est gentille...
Je décidais d'y aller en douceur comme Rose me l'avait conseillé. Angela m'avait confié qu'ils avaient passé jeudi et vendredi avec Ben, en compagnie d'Edward et d'Alice.
- Elle m'a dit que toi et Alice êtes restés avec eux...
Edward était agenouillé devant le canapé.
- Ouais... Je dois une fière chandelle à Ben...
- Ah bon ?
Il acquiessait et m'avouait la dispute avec Irina et le fait que Ben avait légèrement menti pour qu'il n'ait pas d'ennuis. Jusque là, j'étais au courant. Par contre, j'ignorais pourquoi ils s'étaient disputés.
- Pourquoi vous vous êtes engueulés ?
Edward relevait la tête vers moi et déglutissait.
- Elle t'a cherché des emmerdes ?
- Pas directement à moi...
- A Alice ?
- Non... Bon, faut que je t'avoue un truc...
- Vas-y...
Son regard fuyant commençait à m'inquiéter... Il allait me dire quoi ? Qu'elle était enceinte de lui ou qu'il allait l'épouser ?
- Il y a une «rumeur» qui court sur nous au bahut...
Je ne pus retenir mon étonnement.
- Une rumeur sur nous ?
Il acquiessait.
- Je pense que c'est à cause de votre dispute aux chiottes l'autre jour. Irina s'est vengée et elle a fait courir le bruit que je t'avais... enfin... que je te baise dans le lycée...
Je ne pus m'empêcher d'éclater de rire alors qu'Edward rougissait légèrement. Mais c'est que c'est terrible comme bruit de couloir ça !
- C'est que ça !
- Non... C'est pas que ça !
- Y a quoi de plus alors ?
- En fait, tout le monde est persuadé que t'es une... nympho...
J'éclatais de rire à nouveau. Vraiment pathétique !
- C'est nase ! Franchement, j'ai pas refait l'amour depuis que mon ex m'a quitté et ça va faire presque un an ! Je me rappelle même plus comment on fait quasiment !
Les yeux d'Edward croisaient les miens. J'adorais la couleur de ses yeux, leur profondeur...
- J'avais peur que... ça te perturbe... ça m'a rendu fou quand j'ai entendu ça ! J'ai disjoncté... Le fait qu'Irina crache toute cette merde...
Son corps s'affaissait légèrement. Je me redressais et pressais son épaule.
- Heh, Edward... Reste cool avec ça... Ils ne crachent que des idioties... Je me fiche totalement de ce que cette peste peut dire tu sais...
- Je sais... C'est juste le fait que ce soit Irina qui dise ça...
Mon ventre se nouait. Mais j'étais décidée à obéir à ce que m'avait dit Rosalie. Ne pas l'agresser et être la bonne amie... lui faire comprendre qu'il n'était pas seul et que j'étais cent fois plus fiable qu'une idéalisation !
- Est-ce que ça t'a fait mal, Edward ?
Il eut un petit rictus.
- Non, parce que je sais que... qu'elle est très conne en réalité mais... c'est... en fait, je sais pas comment expliquer...
Il baissait le regard au sol, ses mains jointes calées entre ses cuisses. Il était toujours agenouillé devant le canapé. Timidement, je faisais passer mes doigts sous son menton pour qu'il me regarde.
- Tu es déçu... et ça te blesse... C'est normal... Tu l'as tellement idéalisé que dans ta tête, Irina est cette fille adorable que tu attends... Et là, tu te cognes à la réalité et rien ne fait plus mal que ça... J'ai vécu pareil tu sais...
- Vraiment ?
Ses yeux se posaient sur les miens. J'acquiessais.
- J'ai longtemps cru que mon ex copain, Jacob, voulait la même chose que moi : un amour à long terme, une vraie relation. Tu vois, j'étais persuadée que je terminerai ma vie avec lui. J'étais même prête à lui proposer qu'on vive ensemble dès qu'on aurait nos diplomes du bac. Mais Jake, lui... c'était pas ce qu'il voulait. Il m'a quitté après presque un an. Ca m'a fait mal et j'ai mis très longtemps à m'en remettre. J'avais idéalisé mon avenir aussi en quelque sorte...
Edward se relevait et vint s'installer à côté de moi.
- Et... ça... t'a fait... du mal ?
J'acquiessais. Jamais je n'oublierai ma relation avec Jacob... Il avait été mon premier amour, mon premier baiser, ma première fois. Mon premier tout. Et tout le monde sait que le premier est toujours important...
- Et tu es guérie maintenant ?
Là aussi, j'acquiessais.
- Ca a pris du temps, mais oui. J'ai pleuré un bon coup, je me suis lamentée, j'ai pleurniché. Je me suis enfoncée dans mon délire, va savoir pourquoi ! Je me plaignais sans cesse... Jusqu'au jour où mon frère Jasper m'a dit que je devais me sortir les doigts du cul et avancer !
Edward haussait les sourcils.
- Il est direct ton frère !
Je laissais un petit rire m'échapper.
- Oui... Mais ça a été le meilleur conseil que j'ai jamais reçu de toute ma vie !
- Et tu es heureuse, maintenant ?
- Oui. Je continue de voir Jacob, c'est un très bon ami. Je m'entends même assez bien avec sa copine actuelle qui s'appelle Emily. On se voit de temps en temps, on se fait des sorties, des restos, des cinés. La page est tournée...
Edward restait un moment silencieux.
- Alors je suppose que je devrais moi aussi me «sortir les doigts du cul» ... disait-il en faisant le signe des guillemets.
Je lui souriais.
- Oui...
- Je sais pas si j'en suis capable...
- Si... Si tu en es capable ! Je le sais ! Tu es fort, tu es intelligent. Tu es un mec bien ! Ca fera mal au début, mais tu n'es pas tout seul... Tu nous as. Tu as Alice et tu m'as moi. Et je t'aiderai ! Tu peux en être certain. Tu es mon ami Edward.
Je passais timidement ma main dans son dos. Il croisait mon regard...
J'osais espérer qu'il avait compris... Je savais que ce devait être difficile pour lui, mais j'allais m'employer à ce qu'il oublie Irina le plus rapidement possible et sans trop de dégats pour lui... Sans que je ne m'y attende, il passait timidement son bras autour de ma taille et m'attirait à lui. J'entourais son buste de mes bras et nous échangions une petite étreinte... Notre première étreinte... Mon corps entier fut parcouru de frissons à son contact. Il me serrait à peine contre lui mais j'aimais déjà ses bras. Trop vite, il s'éloignait.
- Tu veux que je t'emmène à boire ou à manger ?
- Ben attends je vais me lever, fais ce que tu as à faire !
- Ah mais figure-toi que m'occuper de toi fait partie de ce que j'ai à faire, regarde !
Il se levait pour attraper le mot de ma mère et me le tendait.
«Bonjour Edward,
pour ce matin, j'aimerai que tu fasses notre lit dans la chambre du rez-de-chaussée.
Il y aurait aussi un coup de balai à passer
(ou aspirateur, il se trouve dans la buanderie!)
et la serpillère.
Tu restes déjeuner avec nous. Cet après-midi, il faudrait que tu aides
mon mari dans le jardin pour passer la tondeuse et tailler les haies.
A deux vous irez plus vite.
Sinon, rien de particulier. Bella risque d'avoir besoin d'aide,
je compte sur toi jusqu'à notre retour. Occupe-toi d'elle, on te la confie !
A tout à l'heure, bon courage!
Esmé»
- Tu vois ? Tu peux me demander ce que tu veux ! ajoutait-il dans un sourire.
- C'est gentil...
Je ne pouvais m'empêcher de rougir. L'effet qu'il avait sur moi était difficilement contrôlable.
Il m'avait gentiment apporté un verre de jus d'orange sur le canapé et pendant que je rattrapais mes cours, il exécutait les travaux demandés. Quand il eut fini, vers 12h20, il vint s'asseoir sur le canapé à côté de moi et entreprenais de m'expliquer pour la cinquantième fois la leçon de maths afin que je sois opérationnelle pour demain.
J'examinais son profil sérieux alors qu'il m'expliquait une deuxième propriété de stats. Il était gentil et très pédagogique dans sa façon de me faire comprendre les choses. Je pouvais lui reposer trois fois la même question, il recommençait sans soupirer ni s'agacer. Il mettait toujours une touche d'humour et sans m'en rendre compte, grâce à ses plaisanteries, je retenais plus facilement le cours.
Cette matinée effaçait notre fin d'après-midi de mercredi... Enfin presque...
Mais j'étais décidée à écouter les conseils de ma soeur. Et puis, même si je refusais de me l'avouer, j'avais besoin du contact d'Edward, quelqu'il soit...
