Stephenie Meyer blabla Twilight.


flow : MDR Mon Dieu ma pauvre, t'as failli souffrir à ce que je vois !! La relation Edward et Bella s'approfondit un peu plus et laisse de la place à certains doutes maintenant. Alice va devoir s'accrocher mais ce sera dur pour elle. Quant à Bella, elle a du caractère ça c'est sur !!

mimie30 : Pour te répondre, mon prof de théâtre est décédé d'une malformation cardiaque. Une atrophie je crois que c'est le nom exact de ce qu'il avait... Enfin voilà quoi, je tenais beaucoup à lui, c'était un ami avant d'être mon prof et j'oublierai jamais ses heures de patience pour m'avoir guidé dans FCDC... Pour savoir ce qui attend Edward à son retour chez lui, c'est ici... La réaction d'Alice, tu la trouveras ici aussi. Edward souffre de sa situation en général et la présence de Bella lui permet de ne pas trop se renfermer. Bonne lecture à toi et gros bisous =)

Morgane : Merci beaucoup. J'avais besoin d'écrire ce précédent chapitre pour ne pas trop penser à ce qui s'est passé. Edward découvre peu à peu qu'il voit Bella différemment. Ca lui fait bizarre mais je crois qu'il aime ça =) Alice a dut beaucoup souffrir de voir Jasper ainsi... Reste à savoir quelle sera sa réaction... Merci de ton passage et bonne lecture !

severine : Ton grand-père avait raison : ce sont les meilleurs qui partent en premier. Je crois effectivement qu'Alice s'est enfuie en voyant Maria dans les bras de Jasper. Merci beaucoup, si un jour un miracle se produit et que je publie, je ferai savoir, promis =) Bonne lecture :)

Merci aussi à bébé23, camille, débby alias alice (Ce n'est pas dans mes habitudes d'abandonner une fic trop tôt, rassure-toi =)), evid3-nce (J'essayerai de voir ce livre que tu me dis, merci!), fraise, gwendoudou, HelleHaare, une revieweuse qui n'a pas mis de pseudo, une autre revieweuse qui n'a pas mis de pseudo (c'est p'tètre la même), lou0çoOo6 (C'est vrai la chanson faisait vieillote mais c'était marrant =) Gros bisous miss), Lulu (Très honnêtement, je ne sais pas encore à quel chapitre ça se passera... Mais ça approche, j'ai une vague idée déjà!), matrineu54, mélissa, Onja, titijade (Merci pour cette review & pour ton petit mot pour mon ami... Ca me touche... Bonne lecture!).

Voici ce nouveau chapitre.

J'espère qu'il vous plaira !

*

La suite, c'est samedi si je ne m'abuse.

Je vous embrasse,

prenez soin de vous et à très vite !

tiffany !


{Playlist : Era - Prayers}

Point de vue d'Alice.

Je savais que Jasper aurait sûrement fait sa vie. Je savais que Jasper ne me connaissait pas. Je savais que je n'aimais Jasper que d'un amour à sens unique. Je savais tout ça...

Et pourtant, malgré tout, la terre aurait pu s'écrouler que je n'aurai pas pu être plus triste que ce que j'avais ressenti en voyant cette blondasse affalée sur lui. Les yeux bleus de Jasper m'avaient brûlé en s'accrochant aux miens l'espace de quelques secondes. Tout en moi s'était incendié, prêt à mourir...

- ALICE !

Edward... évidemment !

- Alice...

Et Bella... Non... pas devant elle ! Il s'agissait de son frère, merde !

Une poigne forte entourait mon poignet et me retournait. Fermer les yeux, ne pas craquer, ne pas montrer, être forte ! Etre Alice Swan !

- Hey Alice...

Le murmure d'Edward atterrissait directement en plein dans mon coeur et je ne pouvais plus retenir... Edward sait tout ! Il ne dira rien à Bella ! Il te trouvera une excuse !

- Viens là... Ca va aller...

Je n'avais pas de grand-frère. Je n'avais personne à part Edward. Je ne pouvais retenir mes sanglots quand il m'approchait de son torse et me serrait contre lui.

- Pleure ma belle... Lâche tout ce que t'as...

Edward savait tout. Même s'il ne comprenait pas, il me respectait. Sa main appuyait ma tête contre lui sans me lâcher. Jasper allongé sur ce canapé, cette blonde dans ses bras. Ils étaient un couple. Cette fille a tout ce que je voulais depuis des années... tout ce que j'ai toujours fantasmé... Il était comme je le pressentais : un mec câlin avec sa copine.

- Ca va aller Alice...

J'acquiessais. Bien sûr que ça n'irait pas mais il ne fallait pas... Les femmes ne pleurent pas... Et quand on aime : on affronte tout ! Les magnifiques yeux de Jasper étaient censés me donner toute ma force... pas me faire pleurer !

Edward m'entrainait sur un banc et je me laissais aller contre son épaule.

- Ca va, c'est rien...

Jasper n'est pas RIEN !

- C'est pas v...vrai...

Un souffle fort et une respiration haletante se faisaient entendre derrière moi.

- Alice, qu'est-ce qui t'arrive ?

La voix essouflée de Bella me parvenait et je la sentais se pencher vers nous.

- C'est rien... répondit Edward

- Rien ? Mais elle pleure !

Je ne l'entendais plus cependant. J'imaginais qu'Edward avait dû lui faire comprendre que ce n'était pas le moment...

Je suis amoureuse de ton demi-frère, Bella !

*o*0*o*

Point de vue de Bella.

Mais pourquoi elle pleurait ? Et pourquoi elle était partie comme ça ? Je retrouvais Alice dans les bras d'Edward sur un banc. Il la consolait avec des mots apaisants...

- Ca va, c'est rien...

Il est donc au courant de ce qui se passe... Serait-ce un mal ancien qui ronge mon amie en secret ?

- C'est pas v...vrai...

La voix d'Alice transpirait d'une souffrance profonde... J'aimais pas la voir dans cet état. C'était peut-être un truc difficile dans sa famille et il fallait que je l'aide ! Plus on est entourés dans ce genre d'épreuves, mieux c'est !

- Alice, qu'est-ce qui t'arrive ?

Les sanglots de mon amie ne s'apaisaient pas et ce fut Edward qui la consolait toujours, qui me répondait.

- C'est rien...

- Rien ? Mais elle pleure !

Edward me fit un «chut» avec son index sur sa bouche et eut un léger froncement de sourcils. J'ignorais combien de temps nous étions restés tous les trois sur ce banc dehors. Finalement, Alice relevait la tête vers Edward.

- Tu s...savais ? hoquetait-elle.

Mon ami déglutissait et acquiessait. Alice émit un petit couinement et reposait sa tête contre l'épaule d'Edward.

- Pourquoi t'as rien dit ?

- Parce que tu aurais souffert... Et je voulais pas être celui qui te ferait du mal...

- Qu'est-ce que... je dois... faire ?

Edward me regardait et je passais ma main dans le dos d'Alice pour la réconforter. J'ignorais de quoi ils parlaient mais ça avait l'air grave...

- Explique-moi Alice... Je pourrais peut-être t'aider...

Alice relevait la tête et ses yeux pleins de larmes me fixaient. Elle échangeait un regard avec Edward.

- Tu peux lui dire... J'ai confiance en Bella... Elle ne dira rien et ne te jugera pas...

Alice reportait son attention sur moi.

- Je te le jure Alice... Edward a raison ! Je ne dirai rien et ne te jugerai pas...

Elle se redressait légèrement et Edward lui tendait un mouchoir. Elle fixait les graviers au sol. Edward pressait sa main légèrement.

- C'est assez... loufoque comme situation et... je voudrais pas que tu me prennes pour une givrée...

Je ne pus retenir mon sourire.

- Pas plus que d'habitude, Alice !

Elle eut un petit rire.

- Je suis... amoureuse de... ton frère...

Je ne crois pas avoir pu masquer ma surprise. Mon frère ?

- Emmett ?

Elle fit «non» de la tête. Jasper ?!?!

- Jasper ?
Cette fois, elle fit «oui» et un petit rougissement parcourait son visage.

WAOH LA VAAAAAAAAAAAACHE !

- Amoureuse comme... amoureuse ? Enfin j'veux dire... vraiment ?

- Oui... Amoureuse avec les palpitations au coeur, les picotements dans la nuque, les ailes de papillon qui chatouillent le ventre et tout et tout...

Je vois... exactement ce que je ressentais quand Edward était près de moi... BEN DIS DONC ! ALICE AMOUREUSE DE MON FRANGIN !

- Mais... tu le connais ?

- Je l'ai vu trois fois.

- Mais... enfin... tu lui as déjà parlé ?

- Non jamais... La seule fois que j'étais proche de lui, c'était tout à l'heure...

Et beeeeeen... Dire que je n'étais pas étonnée serait mentir.

- Et pourquoi tu t'es enfu...

Le lien se faisait au fil de ma question. Maria était dans les bras de Jasper.

- Oh... Je suis désolée...

J'imaginais très bien ce qu'elle ressentait... comme ce que j'avais ressenti quand Edward m'avait avoué aimer Irina...

- T'as pas à l'être... Tu vois je savais... enfin j'imaginais bien qu'il aurait fait sa vie... J'suis folle mais pas stupide... Seulement, ça m'a surpris.

- Je comprends... Ils ont dû arriver à l'improviste, parce que en tout cas ce matin, leur venue n'était pas programmée !

Une idée germait dans ma tête. Je savais qu'Alice aimait mon frère. Je savais aussi que le seul bonheur d'une femme amoureuse, c'est de voir l'être aimé, quelqu'en soient les circonstances. Alice avait droit à ça aussi...

- Alice ?

- Oui ?

- Ca te dirait qu'on se fasse une soirée entre filles ?

- Quoi ?

- Ben tu sais, une soirée entre filles chez moi... Tu pourrais voir Jasper, faire sa connaissance enfin tout ça quoi... Sauf si la présence de Maria t'ennuie...

Les yeux d'Alice s'écarquillaient et soudain, un large sourire inondait son visage.

- Je m'en accomoderai ! Je suis douée pour ne pas voir ceux que je veux pas ! Merci Bella !

Elle m'enlaçait et je lui rendais son étreinte. Le visage d'Edward était illuminé d'un vaste sourire. Il adore Alice ! Il me mimait un «merci» et je lui souriais. Il me fit un petit clin d'oeil... Comment aurais-je pu juger Alice alors que je ressentais la même chose qu'elle ?

- Bon, je vais rentrer moi ! lançait Edward.

Alice téléphonait à sa mère pour savoir si elle pouvait rester.

- Tu veux pas rester un peu ? demandais-je, assise à côté de lui sur le banc.

- Non, ma mère va rentrer et ça va être l'heure de manger... Marcus déteste qu'on bouffe deux minutes en retard...

Le visage d'Edward s'éteignait.

- Ca s'arrange pas avec lui ?

- Tu parles... Ca s'arrangera pas tant que l'un de nous deux n'aura pas quitté la maison ou qu'un poing ne sera pas parti...

Ca me tordait le ventre. J'imaginais tant bien que mal l'ambiance qui régnait chez les Masen. Comment Edward pouvait-il avoir confiance en lui avec la compagnie d'un beau-père aussi mauvais que Marcus ?

- Tu crois que c'est la seule issue ?

Il acquiessait.

- Ca finira comme ça de toute façon...

De sa voix émanait une sorte de fatalité. Il était résigné à son sort... Et c'était terrible ! Il relevait son regard dans un rire sonnant faux, posant ses yeux sur Alice qui téléphonait au loin.

- Faut juste espérer que ce sera moi qui aura le dernier mot, pas vrai ?

Il reportait ses yeux sur moi et je rougissais. J'eus un léger sourire. Ses paroles me faisaient flipper. Si c'était Marcus qui avait le dernier mot, il se passerait quoi pour Edward ? Il serait foutu dehors ? Il partirait ? Marcus le tabasserait ? Et après, il se passerait quoi ?

- Allez, faut que je rentre...

- D'accord...

Nous nous relevions.

- Merci pour Alice... pas la juger et...

Je ne pus retenir un petit sourire.

- T'en fais pas, je la comprends...

- T'es vraiment une fille bien, Bella...

Son visage eut un petit rougissement et je ne pouvais empêcher les miens. Les frissons, les papillons dans le ventre... Tout était là, comme pour Alice avec Jasper !

- Merci...

Il se penchait vers moi et déposait ses lèvres sur ma joue. Je ne sais pas ce qui se passait, mais je me retrouvais avec mes bras autour de sa nuque, me laissant bercer par sa délicieuse odeur... Ses bras serraient timidement mes reins.

- A demain... Passez une bonne soirée «entre filles» et ne vous empiffrez pas trop de glaces... souriait-il

- Jaloux ! A demain !

Alice revint vers nous avec un léger sourire et l'embrassait.

Je passais mon bras sous celui d'Alice et l'entrainais vers la maison.

- T'es prête ?

Elle acquiessait.

- C'est parti !

*o*0*o*

Point de vue d'Edward.

J'arrivais à la maison à 19h20. Ma mère était déjà rentrée et j'étais soulagé ! Avec Elisabeth dans les parages, Marcus ne me dirait rien quant à notre altercation de tout à l'heure. En revanche, si on était seuls tous les deux... C'est pas qu'il me faisait tellement peur mais son geste de m'avoir quasiment fermé la porte sur la main m'avait surpris. C'était comme si je n'avais pas tout vu de lui...

J'ouvrais la porte mais j'aurai préféré ne pas avoir à rentrer. Je pensais à Alice et à Bella... J'ignorais si mon amie était assez forte pour affronter la copine de Jasper.

- Il est rentré ! braillait Marcus de la cuisine.

J'entrais dans la pièce et déposais ma veste sur une chaise.

- Ton blouson dans le placard ! m'ordonnait-il.

Si ses yeux avaient lancé des flèches, je serai mort ! Il m'en voulait pour tout à l'heure et je savais que je trinquerai un de ces quatre. C'était non pas une certitude, mais une promesse que je lisais dans ses yeux !

- Bonsoir à toi aussi !

Elisabeth soupirait.

- C'était bien ton cinéma ? me demandait-elle en m'embrassant.

- On a pas pu voir tout le film, Bella n'a pas aimé ! C'était un film d'horreur...

- Quelle idée débile d'aller voir ce genre de trucs si elle supporte pas ça... marmonnait l'autre dans mon dos.

Code rouge : ne pas toucher à Bella. La colère montait graduellement en moi. Ma mère soupirait et me tapotait l'épaule.

- Va t'asseoir chéri et donne-moi ton assiette...

J'obtempérais et commençais à couper mon steak.

- Sers-moi Elisabeth ! J'ai faim ! Ton fils n'est pas foutu de rentrer à l'heure et de respecter les horaires du diner.

Je reposais mes couverts brutalement. Heh mais lui un de ces quatre, je vais me le faire !

- Laisse-le Marcus ! C'est pas comme s'il était rentré à 21h. Vingt minutes de plus pour avoir le diner n'est pas excessif !

Elle remplissait brutalement son assiette et une goutte de sauce giclait sur la chemise du Pasteur.

- Et maintenant on mange ! Je ne veux plus rien entendre, c'est clair ?

Bien joué M'man ! Marcus était en rogne et soupirait en nettoyant sa chemise. Fallait pas exagérer merde ! Y avait quoi ? Deux gouttes ? Bon Ok, c'était deux gouttes de sang de steak, c'était pas comme si elle avait renversé un seau d'hémoglobines sur ses fringues quand même. En plus, il fait même pas la lessive ce gros con !

*

La gueulante d'Elisabeth avait porté ses fruits et Marcus ne l'ouvrait pas. D'ailleurs, personne ne commentait quoi que ce soit pendant le diner. Après avoir fini son assiette, le pasteur se levait et s'enfermait dans son bureau en claquant la porte.

- Il pourrait débarrasser merde ! râlais-je assez fort pour qu'il m'entende.

Je sais, je le cherche !

- Edward, abstiens-toi de ce genre de choses ! Va chercher l'éponge !

J'obéissais. Ma mère avait l'air fatigué. Et valait mieux pas être chiant avec elle quand elle était dans cet état. Elle travaillait six jours et demi sur sept. Et demi parce que le dimanche matin, elle était à la messe et faisait bonne figure, aidant chaque paroissien.

Elle est très croyante ma mère. Sa vie, c'était aider les autres, les écouter, trouver des solutions. Elle gérait un foyer pour enfants en difficultés, elle rendait visite aux paroissiens les plus démunis et leur apportait chaleur humaine et écoute. Et parfois, des petits gâteaux. Elle était payée une misère mais pour rien au monde elle n'aurait voulu changer de métier. Elle a toujours eu un grand coeur aussi loin que je puisse m'en rappeler. Elle se sacrifiait souvent pour moi quand j'étais gosse. Si, par exemple, un de ses tee-shirt était troué mais que mon pantalon devenait un peu court (même de pas grand chose), elle préférait m'en racheter un plutôt que s'occuper d'elle.

Et même, il lui arrivait régulièrement de revenir un soir et de m'offrir un CD qui me faisait envie mais que je n'avais pas les moyens de me payer. Alors qu'elle aurait pu se faire plaisir pour elle, s'acheter un album, un livre ou autre chose. J'adore Elisabeth et si je devais la perdre, je n'étais pas sûr de savoir m'en remettre... Avec Alice, et maintenant Bella, ma mère était la personne que j'aimais le plus au monde. Elle ne cessait de me dire que j'étais le plus beau cadeau que le Sergent Masen avait pu lui faire...

Et c'était incroyable et très étrange à la fois pour moi. C'était le plus grand compliment que j'ai jamais reçu. J'avais une espèce de vénération pour mon père, ce père décédé mais tellement impressionnant et respectable dans son uniforme militaire... Et quand ma mère me disait que j'étais le plus beau cadeau que cet homme avait pu lui donner, je me sentais mal. J'étais très loin d'être digne de mon père. Je n'étais pas fort ni courageux, je n'étais qu'un bon à rien qui se frictionnait en permanence avec Marcus. Je menais une vie pitoyable et je n'aspirais qu'à une chose : fuir Port Angeles. Le sergent lui ne fuyait pas les balles, il les avait affronté !

Et de tout ça, je me sentais mal. Elisabeth n'aurait jamais ce fils courageux, digne du Sergent Masen. Elle avait Edward. Juste Edward et rien d'autre.

- Edward ? Youhou !

Je sursautais. Elisabeth me souriait.

- Tu pensais à la fille Cullen ?

Bella ? Non, pour une fois je ne pensais pas à elle... Pour une fois ? C'est vrai que ces derniers temps, Bella avait peu quitté mes pensées...

- Alors à qui pensais-tu ?

- A papa...

Elisabeth fermait le sac poubelle et s'asseyait sur une chaise de la cuisine face à moi.

- A quoi pensais-tu sur lui ?

- Je me disais qu'il était très courageux et brave... que j'sais pas d'où il tenait ça !

Un sourire se dessinait sur le visage de ma mère.

- Je l'ai connu, il était déjà comme ça. Un homme dur, qui prétendait que les événements de la vie ne l'affectaient pas... Mais je l'ai découvert autrement. Simple et attachant. Ce n'était qu'une carapace pour se protéger.

- Se protéger de quoi ?

- Ses parents ont été très durs avec lui et ses deux frères. Ils n'ont pas eu le choix d'investir l'armée. Ton grand-père était un Général très respecté ! Ca filait droit, que ce soit pour sa femme et ses fils. Tout ce qui ne constituait pas un travail pour défendre le pays était à proscrire. Ton père ne voulait pas de ça ! Ca lui faisait peur !

- A papa ? Il avait peur de l'armée ?

- Oui ! Mais à force de se prendre quelques torgnoles au coin de la tête par son père qui ne «voulait pas d'un pleurnichard», il a fini par s'endurcir...

Wow...

- Pourquoi il ne le renvoyait pas chier ?

- Les moeurs n'étaient pas les mêmes à l'époque, Edward. Je peux m'estimer heureuse d'avoir pu le fréquenter librement. Ton oncle Jerry a été banni de chez lui à 16 ans parce qu'il fréquentait la fille d'une couturière.

- C'est débile... Et la mère de Papa, elle disait rien ?

- Elle n'avait pas intérêt à l'ouvrir non plus ! Tu ne réalises pas à quel point ton grand-père était un homme rude ! Je me souviens que ton père me disait que jamais son père ne l'avait embrassé !

- Jamais ?

J'étais vert !

- Non, jamais ! Du moins, il n'en a pas le souvenir.

- Il était pareil avec Jerry et Anthony ?

- Avec Jerry oui. Anthony, lui, a eu un traitement de faveur. L'armée, c'était son objectif, ce qui faisait la fierté de ton grand-père ! Je vais même te dire mieux : quand ton grand-père a reçu un courrier l'informant qu'Anthony avait été tué pendant la Guerre du Viet-Nam en 67, il n'a pas versé une larme. Ta grand-mère était effondrée mais lui disait «Vous devriez être fiers, il est tombé sous la bannière de son pays!».

Et beeeen... givré le vieux !

- Heh mais il était con ou quoi ?

Elisabeth eut un sourire.

- Il ne fallait pas pleurer, pour lui c'était un gage de faiblesse.

- Y a que Jerry qui s'en est sorti !

J'aimais bien l'Oncle Jerry. Il vivait encore à Chicago et maintenant, il avait 63 ans. On passait systématiquement le voir quand nous étions de retour dans cette ville avec ma mère et il m'envoyait toujours un petit quelque chose pour mon anniversaire ou Noël.

- Il a eu de la chance qu'Helena soit auprès de lui. Après qu'il ait été foutu dehors par ton grand-père, il a trouvé refuge chez ses parents et ils se sont mariés à leurs 18 ans.

La Tante Helena aussi je l'aime bien ! Ils étaient toujours ensemble avec mon oncle. Ils avaient eu trois filles et deux fils je crois. Maisje ne les connaissais pas. C'était la seule partie de la famille de Papa qui était encore en vie.

- Quoi qu'il en soit, ton père ne voulait pas et ne voudrait pas que tu connaisses tout ça ! Tu ne te rappelles pas de lui et il t'a peu connu mais dès qu'il revenait de mission, il passait toujours beaucoup de temps avec toi. Il serait fier de toi : fier de te voir passer ton bac, d'avoir un bulletin irréprochable...

Ca m'étonnerait que de là-haut, le Sergent soit fier de ce fils pathétique !

- Si tu le dis...

- Je te le dis Edward ! Sois en certain !

- J'aimerais bien être aussi fort que lui... Avoir sa vie...

Elle secouait la tête de droite à gauche.

- Non Edward ! Crois-moi, tu n'aurais pas aimé avoir la vie de ton père ! Tu ne mesures pas ta chance d'avoir juste des traces de poussière à chasser, et pas des milliers d'ennemis sur lesquels tu dois tirer, auxquels tu dois enlever la vie juste pour que ton pays ait davantage de pouvoir et d'emprise dans le monde...

Elisabeth se relevait et amenait le sac poubelle.

- Tu devrais aller te coucher, tu travailles demain !

- Ouais... J'y vais ! Bonne nuit M'man !

- Bonne nuit chéri !

Elle m'embrassait et sortait dehors pour mettre le sac d'ordures dans la benne grise. Au moment où je posais ma main sur la rambarde blanche de l'escalier menant à l'étage, Marcus surgissait de son bureau et m'empognait la main.

- Bien joué Masen ! T'as réussi à faire ce que tu voulais... Mais ta mère ne sera pas toujours là pour veiller sur toi. Et ce jour-là, tu pourras te tirer d'ici ! J'y veillerai personnellement...

Ses yeux noirs et menaçants confirmaient tous mes doutes : un jour ou l'autre, on en viendrait aux mains voire pire. Et si ce jour-là arrivait, je prendrai tout ce qui me passerait sous la main pour lui faire payer ses années de torture psychologique.

Je grimpais dans ma chambre et m'y enfermais parce qu'Elisabeth était rerentrée.

Un jour c'est clair, Marcus Voltero ira crever en Enfer !

*o*0*o*

Point de vue de Bella.

On dinait tous ensemble. La table de la salle à manger était bien remplie. Ca faisait au moins une éternité qu'on avait pas diné tous réunis. J'observais Alice du coin de l'oeil. Elle semblait à l'aise malgré ses fréquents regards à mon frère Jasper qui était assis en biais par rapport à elle.

- Alors Alice, tu es dans la classe de Bella et Edward ?

Elle acquiessait.

- On a quelques modules en commun !

- Tu as déjà une idée pour tes futures études ? Ou souhaites-tu travailler ?
Ma mère ne lâchait pas Alice.

- J'aimerai travailler dans la mode, le stylisme, ce genre de choses... ou réaliser des costumes sur des plateaux de tournage.

- Oh, mais Jasper fait aussi ses études dans le monde du cinéma ! s'exclamait Esmé.

Mon amie eut du mal à ne pas rougir.

- Tu as entendu, Jazz ?

Mon demi-frère ne relevait la tête de sa cuisse de poulet et s'essuyait la bouche.

- Ouais. Ben c'est cool, tu devrais persévérer dans cette voie là !

Entendu comme ça, on aurait pu croire que mon frère s'en fichait. En fait, c'était sa nature : il était très désinvolte et donnait l'impression de ne pas accorder d'importance à ce qui se passait autour de lui.

- En plus, le milieu du cinéma c'est cool !

- Tu fais quoi comme spécialisation toi ? demandait timidement Alice

- Scénariste.

- Et c'est un scénariste de génie !

Maria La Glue était de retour ! Elle embrassait la joue de Jasper et ce dernier fronçait les sourcils, la repoussant légèrement de son coude. Rosalie fit semblant de se retenir de vomir. J'avais envie de rire.

- Arrête ça ! Tu sais bien que j'ai horreur de ça !

- Mais Jasper...

- Emmett, passe-moi la bière !

- Ouaip !

Mon autre demi-frère lui tendait une bouteille. Un froid venait d'être jeté depuis que Jazz avait repoussé Maria. Je me sentais gênée. Effectivement, leur relation était au plus bas... Seules Rosalie et Alice affichaient un air satisfait.

Une fois la table débarrassée, Emmett et Carlisle partaient voir un match de basket. Jasper était crevé et s'affalait sur le canapé.

- Minou, on va faire un tour en ville ? demandait Maria.

- Oh putain non ! Pas maintenant ! Je viens de me taper toute la journée en bagnole pour venir de Los Angeles, j'ai qu'une envie c'est d'aller poser mon cul dans ma piaule et de dormir !

- Mais Jasper... Je repars mardi et toi tu vas rester une semaine ici, on pourra pas se voir !

- On est samedi, Maria ! Jusqu'à mardi... On a le temps pour sortir !

Maria se relevait du canapé, bondissante.

- Mais bon sang Jasper ! Tu veux plus rien faire avec moi ! Y a une autre femme c'est ça ? Dis-le !

Jasper lançait la télécommande sur la table basse en soufflant.

- Heh, j'te jure tu me saoules ! Recommence pas !

Esmé nous regardait étonnée et nous poussait dans le couloir pour refermer la porte du salon sur eux.

- Vous feriez bien de monter les filles...

Alice et moi échangions un regard et Rosalie attrapait son sac à mains.

- Esmé, j'ai trouvé quelques trucs pour le bébé, tu veux les voir ?

- Volontiers ma jolie... On va aller dans ma chambre, je crois qu'il fait laisser Jasper et Maria. A demain Bella... A demain Alice !

- A demain !

J'entrainais mon amie dans les escaliers et la faisait entrer dans ma chambre. Alice frétillait.

- T'as une salle de bains pour toi toute seule ?
J'acquiessais.

- Tiens, je vais te prêter une chemise de nuit !

- Merci !

Je lui tendais la seule nuisette que je possédais et attrapais mon vieux pyjama.

*

Nous étions changées et assises dans mon lit.

- Ca a l'air de mal aller entre ton frère et Maria...

J'acquiessais.

- Maria croit que Jasper la trompe...

- Il est toujours comme ça ?

- Comment ?

- Aussi détaché des choses ?

- La plupart du temps oui ! A l'école, ses profs le traitaient de Je-m'en-foutiste ! Il ne l'est pas vraiment mais c'est juste son caractère...

- En tout cas, il se gène pas pour lui dire ce qu'il pense à sa copine !

- Il s'est jamais gêné pour rien ! Quand je me suis séparée de Jacob, c'est lui qui m'a secoué ! Il m'a clairement dit que j'étais bien une gonzesse, à chialer des semaines pour un mec...

Alice eut un sourire.

- Il a un fort caractère, apparemment !

- Est-ce que ça te fait changer d'avis sur lui ?

- Oh sûrement pas ! Au contraire, je trouve ça excitant !

J'éclatais de rire.

- T'es incroyable Alice !

- Pourquoi ?

- Je sais pas... En fait, tu le connaissais pas Jasper ?

- Non, je ne l'ai vu que trois fois.

- Quand ça ?

Elle semblait réfléchir et comptait sur ses doigts.

- La première c'était il y a un peu moins de trois ans. J'étais au magasin des Newton pour voir pour un attirail de pêche pour l'anniversaire de mon père. Tes deux frères étaient au comptoir. J'ai même fait exprès d'écouter blablater Newton pendant plus de quarante cinq minutes juste pour mater ton frère !

Je ne pus me retenir de rire. Du Alice tout craché !

- La deuxième c'était pour Noël il y a deux ans. Je l'ai croisé avec ton père et ta soeur dans un centre commercial. Comme Charlie et Carlisle se connaissent, ils ont discuté un moment et j'ai pu voir ton frère qui parlait avec Rosalie un peu plus loin.

- Du hasard alors ?

Elle acquiessait.

- Et la troisième c'était... attends... Ah si ! Un soir, je suis allée au cinéma il y a un an avec Edward. On entrait dans la salle et ton frère en sortait avec Emmett, Rosalie et... ben toi d'ailleurs !

- Ah bon ?

- Je crois oui... C'était pour... Ah mince, je me rappelle plus du film !

J'avais beau cherché dans ma mémoire, je ne me rappelais pas ! Faut dire que j'allais souvent au ciné avec mes deux frères et ma soeur ! C'était une sorte de rituel qu'on avait entre nous.

- En fait, ça n'a pas d'importance. Mais c'est les seules fois que j'ai croisé Jasper !

- Et ben... Et t'es tombée amoureuse comme ça ?
Elle acquiessait vivement.

- Ca a été instinctif, un vrai coup de foudre ! A sens unique mais un coup de foudre tout de même...

- C'est dingue ! murmurais-je.

Si j'avais su que ça pouvait exister ce genre de trucs...

- Pas tant que ça... Quand on y pense, t'es un peu dans le même cas avec Edward...

AAATTENDEEEEZ ! Qu'est-ce qu'elle me raconte, elle ?

- Ca n'a rien à voir...

- Si, c'est un peu pareil...

- Non !

- Si !

- Non !

- Si !

- Non !

- Si ! Et tu le sais !

- C'est très différent, je connais Edward depuis plus d'un mois...

Alice sursautait.

- AH ! Je le savais ! Tu ne nies pas !

- Je ne nie pas quoi ?

- Que t'es amoureuse d'Edward...

- J'ai pas dit ça !

- Tu as dit «c'est très différent, je connais Edward depuis plus d'un mois»... sous-entendu : «contrairement à toi ma pauvre Alice, moi j'ai des échanges sociaux avec l'homme que j'aime...»

J'arquais un sourcil. Elle réfléchit vite celle-là !

- Alors ?

- Alors quoi ?

- Ca se passe comment avec lui ?

- Je l'adore ! Il est génial !

Un petit sourire illuminait son visage et elle me prenait la main.

- Edward a juste besoin de temps. Il n'a jamais eu de copine, il ne sait pas ce que c'est l'amour. Il passe sa vie à être rejeté par les autres, tous les jours son beau-père lui rabache qu'il est con... Il doute énormément de lui mais depuis qu'il te connait, il semble détaché du reste. Et il tient beaucoup à toi...

Je crois que je rougissais. Il tient à moi...

- J'ai bien remarqué que tu lui touchais la main tout à l'heure...

Et merde ! Moi qui croyais avoir été discrète...

- T'en fais pas... Ce n'est qu'une question de temps. Mais ne le lâche pas. Il n'y a qu'avec toi qu'il s'ouvre peu à peu. Ca lui fait du bien et tu lui fais du bien. Mais tu dois savoir qu'Edward ne fera pas le premier pas. Il est trop timide et bloqué pour ça. Si tu veux des choses avec lui, il faut que tu ailles les chercher...

Elle n'avait pas tord. Jamais il n'nitiait plus de contact entre nous que notre bise. Cependant, il ne m'avait pas repoussé au pub ni ce soir quand je l'avais enlacé.

Je n'eus pas le temps de cogiter davantage que Rosalie toquait à la porte de ma chambre. Elle s'installait avec nous et nous discutions chiffon et autres problèmes de nanas. J'étais heureuse qu'Alice soit là ! On passait un bon moment toutes les trois !

*

Nous éclations de rire lorsque ma soeur nous racontait le dernier exploit culinaire de mon frère chez eux : poulet à la confiture.

- BEUURRRKKKK ! Mais c'est dégueulasseeeeeeee ! s'exclamait Alice

Rosalie riait.

- Je te le confirme ! Mais lui, il l'a bouffé ! Sauf qu'il a vomi pendant toute la nuit !

J'éclatais de rire.

- Il est con !

On toquait à la porte et Jasper passait sa tête. Il s'avançait. Il était en tee-shirt et en caleçon. Alice se pinçait l'arrête du nez en fronçant les sourcils, un large sourire sur son visage. Elle me faisait marrer...

- Les misstinguettes, Maria me demande si vous pouvez pas baisser d'un ton ! On vous entend vachement à côté !

- Pardon !

- Pas de soucis, baissez juste de dix décibels, ok ?

Nous acquiessions et il repartait vers la porte. Au lieu de sortir, il la fermait et se rapprochait de nous. Il se penchait sur mon lit, les deux poings appuyés sur le matelas, juste à côté d'Alice.

- Non... en fait... si vous pouviez parler un peu plus fort rien que pour la faire chier... ça me rendrait un grand service ! murmurait-il.

Alice, Rosalie et moi échangions un regard.

- Ca va pas fort vous deux ! commentait doucement Rose.

- Elle me gave ! répondit-il sur le même ton.

- Pourquoi tu la largues pas ?

- Faudra que j'y pense ! J'ai pas encore mis de post-it sur le frigo pour ça ! Bon j'vais me coucher ! Bonne nuit les filles !

Jasper rampait sur mon lit pour me faire une bise et me souhaiter la bonne nuit. Il se repoussait légèrement et fit claquer une bise sur la joue d'Alice aussi. Elle se pétrifiait totalement.

- Salut, Alyne !

- Alice !

- Alice, Alyne... Tu m'as compris quoi !

Mon amie ne répondait pas. Elle était totalement paralysée. J'étais fière de moi ! Fière de l'avoir invité et d'avoir pu contribuer à ce qu'elle rencontre Jasper même si je doutais fortement que quelque chose puisse se passer entre eux.

Deux secondes plus tard, on entendit Emmett et Carlisle rentrer. Rose nous saluait et partait. Je me glissais sous ma couette et Alice en fit de même.

- Bonne nuit Alice !

- Je sais d'avance qu'elle sera bonne ! Dors bien Bella...

*o*0*o*

Point de vue d'Edward.

J'avais pas beaucoup dormi cette nuit. Jusqu'à 5h du matin, j'avais réfléchi à la façon dont Marcus paierait. Car c'était clair que ce qu'il m'avait dit hier, c'était une déclaration de guerre ! Et j'allais me battre ça c'est sûr ! Il irait crever en Enfer et si j'en avais l'occasion, je l'y expédirai moi-même !

Ce qui m'emmerdait dans cette histoire, c'est Elisabeth. Elle allait souffrir. Mais elle pouvait clairement pas rester avec un salopard pareil ! Et même si je devais quitter cette putain de barraque, je ne le ferai pas tant que Marcus serait derrière !

J'avais fini par tester la méthode de Bella : j'avais attrapé mon mp3, l'avais allumé et avais mis la musique en sourdine pour m'endormir, concentré sur les notes musicales. Ca avait été efficace... seulement... seulement ben j'ai fait un rêve «bizarre». Enfin bizarre n'est pas le mot qui conviendrait... En fait, j'ai rêvé que j'étais avec Bella dans sa cabane et ben... on s'embrassait... Mais putain c'était pas un petit baiser non ! C'était un vrai de vrai, nos corps étroitement serrés et nos mains disons... baladeuses... En me réveillant, j'avais envie d'elle. Mais genre VRAIMENT envie d'elle... J'pouvais pas avoir ce genre d'envies... c'était pas sain... enfin j'veux dire, Bella avait sûrement rien à foutre d'un mec comme moi, non ? Je devais m'estimer heureux d'être déjà son ami...

Pourtant, chaque jour, je me surprenais à vouloir plus de temps en sa compagnie. Je ressentais encore son léger attouchement sur ma main. Sa peau était tellement douce et chaude. J'avais l'impression qu'en retirant ses doigts, elle m'avait pris une petite partie de moi-même qui me manquerait... Isabella Cullen me manquait.

*

La matinée avait vite passé. Avec la venue d'Emmett, Rosalie, Jasper et Maria hier, j'avais dû passer ma matinée à ranger et nettoyer. Bella et Alice avaient émergé vers 12h. Ma meilleure amie était restée déjeuner et ça avait été un joyeux bordel : tous les Cullen réunis + Alice et moi ! Imaginez le souk, le bruit des conversations, les rires, les quelques boulettes de pain qui volaient... Emmett... Alice avait semblé faire abstraction de Maria. Cette dernière était une vraie dinde. Toujours collée à Jasper. Il avait l'air exaspéré. J'avais remarqué que Rosalie et Bella ne semblaient pas apprécier leur belle-soeur...

Je venais de terminer la leçon de piano à Esmé. Elle apprenait vite et c'était un vrai plaisir ! Bella était restée avec nous quand Alice était rentrée chez elle. Vers 16h30, Esmé posait la dernière note.

- C'était très bien, Esmé !

- Je me suis entrainée ! souriait-elle

- Ca se voit !

- Ouais, elle m'a cassé les oreilles ! soupirait Bella.

Je ne pouvais retenir mon rire. Esmé se levait et attrapait son chéquier. Elle me donnait ma paie de la semaine.

- Voilà, on te libère... Merci beaucoup ! A mercredi ?

- Je serai là !

Bella me raccompagnait.

- T'as envie de rester un peu ?

Je me retournais vers elle. Indéniablement depuis cette nuit, je la voyais différemment... A la vérité, j'aurai aimé que ce ne soit pas qu'un rêve... Je devais être honnête avec moi-même : elle me plait !

- Edward ?

- Hein ? Ah ouais... Bien sûr ! J'ai pas envie de rentrer et voir Marcus de toute façon...

Elle m'adressait un petit sourire.

- On va dans le jardin ?

- Avec plaisir...

- Couvrez-vous si vous allez dans la cabane ! nous lançait Esmé du salon.

- Oui M'man !

*

Une fois couverts de nos vestes, nous avancions dans la pelouse, suivant le chemin détouré par les plantes.

- Ca s'est bien passé avec Alice ?

Bella eut un petit sourire.

- Très bien ! T'aurais dû voir la tête qu'elle faisait quand Jasper est venu en caleçon nous dire bonne nuit et qu'il lui a fait la bise... c'était trop drôle !

OUH !

- Oulah, t'as dû en entendre parler après !

- En fait, elle était presque statue ! riait Bella

- Elle a pas fini de nous rabacher les oreilles avec ça... Elle n'a pas eu trop de peine avec Maria ?

- Elle s'est rendue compte que Maria et Jazz n'ont plus rien d'un couple ! Alors ça lui a fait plaisir !

- Ah bon ? Ils s'entendent plus ?

- Pas trop non...

- J'espère qu'elle va trop espérer en ayant vu ça...

Bella eut une petite grimace.

- Rêver, ça coute rien et ça fait du bien...

Elle relevait son regard vers moi. Rêver... Est-ce que j'avais fait du mal en rêvant de Bella ? Non. Elle a raison : en plus, ça fait du bien ! Et pour être un pervers à 100% : ce matin, ça m'avait fait bien plus que du bien...

- On monte ? me demandait-elle doucement devant l'échelle de la cabane

- Bien sûr !

Je la laissais passer avant moi et grimpais derrière elle. Il me semblait que je retrouvais ma place ici... que j'étais moi-même. Malgré le ciel gris, la vue était imprenable...

- Ca caille ! râlait Bella

Elle attrapait une des couettes posées dans un coin et la dépliait.

- Tu la veux aussi ?

- Non ça va...

Elle l'installait sur son corps et grelottait.

- Oh putain elle est gelée ! Elle a dû prendre l'humidité ! J'suis bête !

- Tu devrais prendre celle qui était le plus en dessous...

J'extirpais une couverture bleue et constatais qu'elle était peut-être un brin plus chaude, mais guère plus.

- Tiens... C'est un peu mieux peut-être...

- Merci !

J'étalais la couette sur elle.

- J'suis gelée !

- Tu veux qu'on rentre à la maison ?

- Non... Je suis bien là !

Je ne pus retenir un sourire.

- Tu dis que tu es bien alors que t'es toute froide ?

- C'est pas vrai !

- Si c'est vrai, regarde !

Presque tremblant, j'attrapais sa main sous la couette et la pressais.

- Oh, t'as la main toute chaude ! s'exclamait-elle.

- Je t'ai pas raconté ? Quand ma mère m'a créé, elle a rajouté l'option chauffage !

Bella eut un petit sourire.

- Ca a dû être une dépense folle j'imagine...

- T'as pas idée... souriais-je.

{Playlist : To be alone with you - Sufjan Stevens}

Un petit silence gêné s'installait entre nous. Bella ne se sentait pas obligée de les combler et c'était agréable. Elle grelottait encore. Si j'avais ces putains de couilles, je l'aurai pris dans mes bras...

- Et bien, puisque tu as ce chauffage interne, autant s'en servir, non ?

- Que...

Elle se relevait et vint s'installer entre mes jambes. Euh...

- Ah...

Un petit soupir s'échappait de ses lèvres tandis qu'elle se calait contre moi. Wow... faut faire quoi là ? J'ai jamais pris quelqu'un dans mes bras de cette façon... et ça me gênait d'autant plus que j'avais rêvé d'elle cette nuit et que...

Mon amie eut un petit rire.

- Je vais pas te manger tu sais ?!

Je ne crois pas avoir pu retenir un rougissement.

- C'est que... je sais pas...

Quelques rougeurs envahissaient le visage de Bella et un timide sourire illuminait son beau visage... Elle est vraiment jolie...

- Fais comme tu le sens et fais ce dont tu as envie...

- Je...

- Ne crains rien, Edward...

Alors, timidement, le plus doucement que j'ai pu, j'ai entouré mes bras autour d'elle... Je sentais chaque parcelle de son corps froid blotti contre le mien.

- Je... te fais... pas mal ?

Elle posait sa tête contre mon épaule et fermait les yeux, un petit sourire sur les lèvres. Touchante...

- Je sens à peine tes bras... Je ne suis pas en sucre tu sais...

Je resserrais un peu plus mon étreinte. Son corps se détendait progressivement et je dois avouer que je ressentais comme une chaleur se répendre en moi... Une chaleur très agréable...

Un petit gémissement émanait de Bella...

- Là c'est parfait...

J'étais paralysé. Totalement paralysé. Je n'aurai su que dire, quoi faire pour améliorer cet instant auprès d'elle. Bella n'avait toujours pas rouvert les yeux mais je sentais son visage se blottir contre mon cou.

La sensation était vraiment... incroyable et exceptionnelle ! J'aurai pu rester ainsi des heures durant... seul avec elle. C'était comme si sa seule présence comblait mon existence... Jamais je n'avais ressenti autant de chaleur.

Je réalisais que ma prise sur elle se resserrait encore davantage... Mais si cela la dérangeait, elle n'en disait mot. Qui ne dit mot consent, pas vrai ? Ses cheveux sentaient très bons et son corps était totalement relâché dans mes bras. Je comprenais qu'elle s'était endormie quand sa respiration se calmait et devenait régulière. Elle se tournait sur son flanc gauche en gémissant sans pour autant ouvrir les yeux. Sa main droite aggrippait ma taille.

Son toucher était tellement délicat... Plus jamais je ne voulais quitter cette cabane. Je voulais rester ainsi pour toujours et que la mort me frappe en cet instant.

Autour de nous, le ciel s'était assombri... En ce début d'hiver, les journées étaient plus courtes. Les lampadaires dans les rues de Port Angeles s'allumaient successivement, envoyant un néon orangé sur le bithume. Pas de voiture, personne dans les jardins. Seuls au monde... instant parfait...

*

Une voiture freinant devant chez les Cullen me faisait sursauter. Il faisait pratiquement nuit maintenant. Bella sursautait à son tour, pâteuse.

- Hein ? Mais... où je suis ?

Son regard était affolé.

- Shhh... On est dans la cabane, Bella...

Elle regardait partout autour d'elle.

- Edward ? Oh... je me suis endormie ?

J'acquiessais. Putain de maudite voiture !

- Mais il fait nuit ? Pourquoi... tu aurais dû me réveiller... je suis désolée, je...

- J'ai dû m'endormir aussi...

Je mentais oui et non. Oui, parce que j'avais passé une grande partie de mon temps à la regarder et à caresser doucement ses cheveux... Non, parce que j'avais dû finir par m'assoupir, à mi-chemin entre le rêve et la réalité...

- Il est 19h15...

- Et merde !

J'aurai dû être à la maison depuis presque deux heures... Marcus allait me démonter ! Mais étrangement, j'en avais rien à foutre ce soir... je me sentais juste bien...

- Je suis désolée Edward, je...

- Ne t'excuse pas... J'étais bien et...

- Tu aurais dû me secouer... Ton beau-père va se mettre en rogne et...

Je posais mon index sur sa bouche. Ses lèvres étaient tellement parfaites...

- Je m'en fiche, Bella... J'étais bien ici et j'étais bien avec toi...

Un rougissement couvrait ses joues. Mes paroles m'avaient échappé, mais elles étaient vraies et je ne les regrettais pas...

- Moi aussi...

Elle aussi...

- Il va falloir que je rentre...

- Oui... je comprends...

Je descendais l'échelle en premier et elle suivait mon mouvement. Elle me raccompagnait jusqu'à ma voiture.

- Alors... On se... voit demain ?

- Oui...

Je me penchais vers elle pour embrasser sa joue. Ses bras entourèrent ma taille et elle m'approchait d'elle. Je la serrais doucement contre moi, comme pour prolonger cet instant si doux... Mes lèvres s'approchèrent de son front et j'y déposais un léger baiser.

- A demain Bella...

Ma voix s'éteignait.

- A demain, Edward...