Moribito Fanfic – Challenge

What if…

Pour Platypusbutt


Résumé complet

Qu'est-ce qui se serait passé si le père de Balsa n'avait pas été assassiné et qu'elle aurait été élevée à Kanbal ? Qu'est-ce qui se serait passé si Balsa était aussi patiente que Tanda ?

Bonus de « Le secret de Tante Yuka » : Que ce serait-il passé si Yuka n'avait pas fait de fausse couche et que Jiguro n'avait pas été aussi froid et distant avec elle, et avait accepté son rôle de père ?


Note de l'auteure : Cette fanfic multi-chapitres est un défi littéraire auquel j'ai décidé de participer sur le serveur de Moribito et est la version originale de celle en anglais sur Ao3. Il y a énormément de « Et si... » dans l'univers de Moribito et cette fanfic explore quelques-unes de ces possibilités.

J'ai choisi de prendre la théorie suivante « Qu'est-ce qui se serait passé si le père de Balsa n'avait pas été assassiné et qu'elle aurait été élevée à Kanbal ? Qu'est-ce qui se serait passé si Balsa était aussi patiente que Tanda ? ». De plus, c'est une idée que j'ai eu depuis très longtemps en tête, mais dont j'hésitai à écrire par peur de faire du Out of Character.

De plus, cette fanfic a plusieurs défis en soi. La moyenne des mots de mes chapitres se situe entre 3 000 et 4 000 mots. Pour celle-ci, la moyenne sera trouvera entre 2 500, limite 3 000 mots, pas plus. Je ne suis pas non plus le genre d'auteur à écrire du « lemon » (scène érotique poussant en détails ce qui se passe), mais il y aura un chapitre, vers la toute fin, où je me suis donnée le défi d'en écrire une.

Sur ce, bonne lecture !


Chapitre 1 : Et si...

Ding ! Un bruit métallique résonna dans la pièce. Le sommeil de Balsa la quitta d'un seul coup, bien qu'elle n'ait pas ouvert les yeux au même moment. Elle souleva ses paupières et cligna des yeux pour ajuster sa vision endormie. La clarté au dehors de sa fenêtre indiquait que le soleil était caché de moitié à l'horizon. Normalement, elle n'avait pas besoin de cadran pour se réveiller le matin, mais Balsa avait exagéré sur son heure de coucher, déterminée à terminer ses travaux à temps. Elle se redressa sur son lit et s'extirpa pour s'habiller d'une robe kanbalese rouge, avec de longues manches – le printemps était encore un peu frisquet à Kanbal, mais à Yogo, le printemps était plus chaud. Ce climat faisait envier les Kanbalese qui devaient attendre au moins un mois de plus avant le retour de la chaleur. Elle termina d'attacher sa ceinture blanche et alla peigner ses cheveux en une queue de cheval haute. Balsa regarda l'objet qui lui servait cadran : une grosse bougie blanche, avec des clous plantés à l'intérieur à différent endroit. La bougie était allumée toute la nuit et une fois brûlée à un certain degré, atteignant le clou en question, ce dernier qui n'était plus soutenu, tombait dans un récipient métallique, créant un bruit sonore.

Balsa posa son regard sur sa commode alors qu'elle brossait ses cheveux : il y avait sa collection de pierres fines, et sur un endroit plus éloignée, trois jolies poupées fait en soie, aux cheveux en crin de cheval et au visage de porcelaine y reposaient.

Kalia, Mikura et Ikani. C'était les noms de ces poupées. Ce n'était pas de simples jouets pour enfants. C'était des poupées de collection, de très rares éditions et Kalia, Mikura et Ikani étaient un trio de poupées. La description disait qu'elles écrivaient des histoires, toutes indépendantes les unes des autres, mais possédant divers liens et références entre elles, comme des Inside entre elles.

Elle se leva et vérifia son sac lorsqu'un grognement attira son attention : son ventre avait déjà faim. Balsa décida qu'elle ira déjeuner à un restaurant de la capitale avant son examen. Elle sortit de son appartement, son sac en mains, qui contenait ses livres et ses travaux, ainsi que des bandages, des plantes médicinales et son mortier. C'était sa trousse de premier soin. Elle étudiait depuis toute petite la médecine et voulait suivre la profession de son père et de sa tante : docteur. Son oncle, Jiguro Musa, lui avait appris un peu la base des arts martiaux et lui avait souvent dit qu'elle aurait été une guerrière extraordinaire et hors pair, mais Balsa avait choisi un chemin différent et voulait aider à soulager les maux des gens. Depuis, elle avait loué un appartement à la capitale de Kanbal.

Elle fit la file et lorsque son tour arriva pour commander ses lossos ainsi qu'une boisson à base de lait de chèvre, la propriétaire du petit restaurant, Mahina, une femme qui radotait très souvent et avait une mémoire courte – mais un cœur d'or et de maman – demanda à Balsa à quelle âge elle était rendue.

« Dame Mahina, j'ai eu seize ans au printemps.

- Seize ans, déjà ?! C'est comme si je venais tout juste de te rencontrer quand ton père Karuna venait à la capitale. Le temps passe si vite. Peux-tu arrêter de grandir ?

- Haha, je peux toujours essayer mais je crois que j'ai bientôt atteins ma taille adulte.

- Tiens, très chère, ton petit déjeuner.

- Merci, Dame Mahina. »

Balsa lui donna plus que le prix demandé en tant que pourboire et prit place sur une terrasse extérieure, perdant déjà son attention dans ses livres tout en mordant dans la croûte croustillante du losso.

« Oneesama ! résonna une voix au loin. »

Balsa leva la tête, déconcentrée et tourna la tête où la personne avait crié son nom. La foule se tassa légèrement alors que la silhouette faisait son chemin jusqu'à la terrasse extérieure où la fille de Karuna était assise. Une jeune adolescente, âgée de treize ans maximum, tenant une lance avec le design des Musa, aux cheveux courts bruns jusqu'à ses épaules, se pointa. Sa frange était identique à celle de Balsa, mais avec plus de mèches. Elle ne portait qu'un kimono rose foncé avec une cape, mais ce qui attirait les regards, en tout premier lieu sur sa personne, était ses yeux bleus vifs, d'une couleur si pure qu'on aurait dit des yeux de loups. Une autre adolescente l'accompagnait et elles se tenaient par la main.

« Encore en train d'étudier ? soupira-t-elle en regardant son énorme livre avant de frissonner.

- Bon matin, Alika, salua Balsa avant de poser son regard sur la deuxième adolescente. Bon matin, Amaya !

- Bon matin, Balsa-Senpai, répondit ladite Amaya. »

Amaya était une tête plus grande que ladite Alika et avait un an de plus qu'elle. Ses longs cheveux bruns étaient attachés en deux lulus très loose et ses yeux bruns pétillaient d'une joie de vivre déconcertante. Elle portait un chandail style kanbalese bleu marine par-dessus une robe rouge et sa ceinture était blanche. Les deux nouvelles arrivantes prirent place devant Balsa.

« Je ne comprends pas comment tu fais pour étudier à ce point-là, grimaça Alika en regardant son énorme livre.

- La passion, dit doucement Balsa en mordant de nouveau dans son losso. Et vous ? Ça va toujours bien les amours ?

- Oui, sourit Amaya tendrement en prenant la main d'Alika.

- Tant mieux. Vous semblez vraiment heureuse, toutes les deux.

- Et je le suis ! Pas vrai, Ali' ?

- Oui ! Papa dit que si je continue à m'entrainer comme ça, je deviendrai la prochaine Speardancer pour la Giving Ceremony, cette année, s'enorgueillit Alika.

- Hé bin, tu t'es déjà forgée une drôle de réputation ici, à Kanbal, observa la jeune femme Kanbalese. »

Alika fit une moue à la limite d'être gênée. Balsa avait dit vrai : Alika avait un très fort caractère qui de temps à autre, muait pour un très sale caractère. Étant un des très rares lanciers de sexe féminin du pays à avoir été officiellement reconnue comme étant une prodige, elle avait dû faire sa place parmi la classe guerrière qui maintenait qu'une femme ne serait jamais aussi forte qu'un homme et que le sang des guerriers continuaient de passer de père en fils, et non jamais de père en fille. Bien que les préjugés continuaient toujours de circuler dans les mentalités des gens Kanbalese, doucement, ça avait commencé à changer. Mais Alika avait souvent mis la honte aux jeunes garçons de son âge, se battant constamment avec eux et s'était souvent fait chicaner par les professeurs d'arts martiaux Kanbalese. Les guerriers avaient commencé à l'appeler « Alika-zilla ».

Balsa continua de discuter un peu avec les deux jeunes filles qui mangeaient déjà des desserts à cette heure-là – des jokoms – jusqu'à ce qu'une autre voix l'interpelle. Cette fois-ci, masculine. C'est la journée où tout le monde me cherche, bon sang ! s'exclama intérieurement la jeune femme.

« Balsa-Senpai ! »

Alika et Amaya tournèrent une tête surprise vers le jeune homme et, légèrement paniquées, elles fourrèrent leurs jokoms dans leur bouche, se dépêchant de se lever.

« Je ne peux pas croire que tu te tiens encore avec ce perdant de la vie, pesta Alika.

- Je seconde Alika, s'exclama Amaya. »

Elles étaient sur le point de partir quand le jeune homme les rejoignit. Alika soupira rageusement et lui jeta un regard remplit de dédain. Elle se tenait sur la défensive comme si elle cherchait à défendre Amaya et faire une barrière physique entre eux.

« Balsa-Senpai ! Te voilà !... Oh ? Salut Alika, Amaya.

- Salut, répondit seulement Alika, se retenant de rajouter un adjectif qualificatif après sa salutation. Amaya et moi, nous devons y aller. À plus tard, Oneesama !

- À plus tard, les filles, les salua gentiment Balsa. »

Alika se dépêcha de prendre Amaya par le bras, sa lance de son autre main et rapidement, elles disparurent dans la foule. Le regard de Balsa se posa sur le nouvel arrivant : il avait les cheveux noirs courts, avait encore sa bette de bébé, un teint pâle avec des yeux bruns. Il n'était pas plus grand que Balsa en elle-même.

« Eishi Yonga, j'espère que tu as une bonne raison de venir me déranger pendant mes études, car j'ai un examen aujourd'hui et je dois étudier.

- "Étudier" ? Tu n'étudiais pas, tu parlais avec Alika et Amaya juste avant, rétorqua-t-il en s'asseyant.

- Et tu voulais que je fasse quoi ? soupira Balsa. Que je les ignore quand elles me parlaient ?

- Je n'ai jamais dit ça. Mais je ne suis pas vraiment d'accord avec le fait qu'Alika passe son temps à t'appeler "Oneesama" en public. Ça ne se fait pas. J'essaie de garder le plus possible le vrai nom de la personne et je lui suggérerai de laisser tomber les suffixes et le joual. Elle devrait définitivement parler avec la professeure Ajalan pour des conseils et des trucs afin de bien savoir comment les utiliser correctement. »

Balsa lui jeta un regard noir.

« Tu n'es pas mieux placé, tu utilises "Senpai" me concernant.

- Un point pour toi, mais moi, au moins, je sais comment les utiliser.

- Je ne pense pas.

- Quoi ?

- J'ai dit "Je ne pense pas". Et pour ta gouverne, Alika est ma cousine et la fille de ma tante Yuka ! J'ai été en partie élevée par Yuka comme figure maternelle, avec Alika, quand ma mère est décédée et que j'avais seulement cinq ans ! Alika et moi avons seulement trois ans de différence et elle m'a toujours vu comme une grande sœur, chose, qui, à force, est devenu une habitude en soi. Nous nous considérons comme des sœurs, alors il est légitime qu'elle me surnomme de cette façon. Elle est très respectueuse et que je n'entende jamais qui que ce soit me dire le contraire ! Alors qui es-tu, pour juger sa façon de parler, hein ?!

- Vous faites ce que vous voulez, je n'ai fait que dire mon opinion. »

La jeune physicienne en devenir roula les yeux et continua de lire une phrase dans son livre en prenant des notes. Eishi continua de diverger par-ci, par-là, avec des histoires sans queue ni tête et Balsa fit semblant d'être intéressée, alors qu'elle était absorbée par sa lecture... et il ne remarqua même pas son attitude indifférente face à lui ! Une phrase, par contre, la fit sortir de sa concentration.

« Tiens, ce n'est pas Jay, le garçon que ta cousine a failli battre à mort, là-bas ? »

Balsa leva la tête et son regard se posa sur un jeune garçon.

« Oui, confirma-t-elle. C'est bien lui. Ça fait trois ans, déjà.

- Hmmm... ça aurait été plus drôle si ça avait été Kahm, ou encore un éleveur de chèvre. Un peu comme une parodie. Alika a vraiment exagéré sur ce coup et n'a pas été sympathique du tout à son égard.

- "Exagérée" ? répéta Balsa, incrédule. Mais tu te fous de notre gueule ?! Kahm est son cousin paternel, elle ne se retournerait jamais contre lui. Et pourquoi s'en prendre à un éleveur pour commencer ? Dans toute cette histoire, Alika a simplement fini par se défendre à force de vivre l'intimidation provenant de cet intimidateur ! Jay lui a marché dessus pendant proche de quatre mois, sans aucune raison spécifique, l'a regardé de haut et a fini par l'insulter en la traitant de "shattoi". Ce mot veut dire "chien errant" littéralement parlant dans la langue de Rota, mais sa signification veut dire "sale chienne". C'est une insulte très dénigrante.

- C'est moins pire que si ça avait été du Kanbalese, non ?

- ... Si tu le dis, mais pour quelqu'un qui ne maîtrise d'une langue, sois le Kanbalese, tu n'es pas le mieux placé pour parler, mettons. »

Elle replongea son nez dans ses travaux, énervée. Comme les hommes partaient souvent à Yogo lors des premières neiges pour subvenir aux besoins de leur famille et gagner des sous, ils apprenaient les langues des pays plus au sud. Au fils des siècles, Kanbal était devenu un pays avec plusieurs personnes maitrisant une seconde langue; du Yogoese, au Rotan en passant par le Sangalese. La première langue officielle restait le Kanbalese. Balsa maîtrisait particulièrement bien le Yogoese, bien qu'elle ne se considérait pas comme étant bilingue. Les gens lui demandaient très souvent pourquoi elle n'apprenait pas le Rotan, comme c'était la langue la plus proche de la structure Kanbalese. La principale raison était que Balsa avait déjà une très bonne base en Yogoese, désirant la perfectionner et bien la maîtriser, et qu'ensuite, tout simplement, elle n'avait aucun intérêt à vouloir l'apprendre.

Sa cousine était polyglotte. Alors nécessairement, Alika avait compris cette insulte en Rotan. Derrière cette crise de rage, il y avait une histoire et Balsa prenait son partie.

Jay était le fils d'un lancier, qui ne faisait pas partie de la lignée des lanciers du roi, mais de la classe guerrière de Kanbal et avait commencé à humilier et agacer Alika avec ce nom, nouvellement apprit lors d'un voyage à l'étranger. Les gens à Rota étaient à peu près comme les personnes de Kanbal lorsque venait le temps de venter les liens du sang et de la parenté. Les vagabonds sans famille ou sans maison étaient, à proprement parler, regarder de haut avec dédain. Jay était aux alentours de quatorze ans dans le temps, mais il était presqu'aussi grand que la majorité des adultes. Balsa n'avait jamais compris pourquoi il avait pris sa cousine pour cible, l'intimidant sans relâche et sans merci depuis le tout début.

« Tu devrais l'ignorer quand vous vous retrouvez à la même place, Alika, avait proposé une Balsa de treize ans à l'époque. C'est une très mauvaise idée de le combattre.

- Je sais. Je pense qu'il est jaloux que je sois la descendante d'un des lanciers du roi... et le fait que je sois, de surcroît, une fille. Je pense qu'il ne supporte pas l'idée qu'une fille puisse être plus haute placée que lui dans la hiérarchie des Lanciers du Roi. »

Pendant près de quatre mois, Alika avait fait ses efforts pour l'ignorer. Jamais elle n'avait pleuré à Balsa quand elle n'en pouvait plus de se retenir, mais elle avait souvent craché sa colère en sa présence. Balsa ne disait jamais rien, elle ne faisait que l'écouter en espérant que ça l'apaise. Un jour, Jay était revenu et l'avait approché. Balsa était avec Alika. Il semblait agité, mais elles n'avaient jamais compris pour quoi. Il s'était tenu dans son ombre et l'avait insulté avant de toucher ses cheveux courts et tirer dessus. C'en fut trop pour elle. Elle avait atteint sa limite ultime de tolérance.

« Shattoi, sale chienne ! Tu devrais retourner là où les femmes se doivent d'être : à la maison, à torcher des planchers et à se faire fourrer ! Ici, c'est pas ta place, fille de pute !

- Ta gueule ! Touche pas mes cheveux ! grogna-t-elle, d'un air mauvais avant de l'insulter à son tour. Ma mère n'est pas une pute, shattoi, fils de chienne ! »

À ce moment-là, Alika sentit une pulsion sourde dans le creux de son estomac. C'était la première fois qu'elle désirait frapper à ce point-là une personne. Lui en particulier. Le frapper si fortement qu'il ne se redresserait plus jamais. C'était une bonne chose que sa lance était hors de sa portée, car elle était certaine qu'elle l'aurait tué, à même la cour de la capitale. S'abandonnant à sa rage, elle l'avait frappé dans les genoux. Cet événement était survenu il y a trois ans. Alika, dix ans, n'avait eu aucune hésitation, et Balsa avait été tellement prise de court, qu'elle avait figé et était dans l'incapacité d'intervenir ou même d'aller chercher de l'aide. Tout cela était survenu si soudainement.

Jay s'effondra lourdement au sol. La jeune guerrière l'enjamba et continua de le frapper jusqu'à ce que son visage soit baigné de sang. Son poing avait eu un contact avec sa dent et elle avait senti ses jointures se fendre, mais Alika s'en foutait : elle était trop dans ses émotions pour sentir quoique ce soit de ce genre-là. Elle avait hurlé comme un chien errant et avait continué de battre presqu'à mort l'adolescent. Une foule s'était créée autour d'eux et Balsa sentit qu'elle devait dégager sa cousine de son intimidateur, mais son corps refusait de bouger. C'est alors que le prodige des lanciers du roi était arrivé et avait retiré prestement Alika de Jay, par son collet derrière. Alika se débattit furieusement comme un animal sauvage, frappant et sacrant jusqu'à ce qu'elle soit propulsée au sol et que le lancier la plaque sur le dos, une poigne ferme sur ses épaules, l'empêchant de se redresser.

« T'a-t-il à ce point intimidé que tu as eu l'intention de le tuer ? »

La rage dans la voix de son oncle, Jiguro, était terrifiante pour Balsa, mais sa cousine Alika, qui avait un très sale et fort caractère à la fois était difficile à faire flancher. Jiguro en avait vu de toutes les couleurs avec les crises de colère de sa fille unique. Balsa parla pour Alika, lorsque Jiguro et elles se retrouvèrent dans une pièce, isolés.

« Il l'a beaucoup intimidé, j'étais là quand c'est arrivé et je peux prouver que c'est vrai, confirma Balsa en prenant le partie d'Alika alors qu'elle pansait la jointure de sa cousine après quelques points, qui tremblait encore de rage. Ça va faire piquer sous l'eau un moment.

- Peu importe, rétorqua Alika, lasse.

- C'est de ma faute..., avoua-t-elle en regardant son oncle. Je lui ai dit de se contenir et ne pas rajouter d'huile sur le feu.

- Tu aurais dû m'en parlé bien avant, Alika, dit Jiguro, d'un ton neutre.

- Je croyais qu'il se serait lassé, admit-elle. Mais là, Papa, c'était trop ! Il a traité Maman de pute !

- Quoi ? s'étonna Jiguro. Il a traité Yuka de pute ?

- Indirectement, du moins... en me traitant de "fille de pute".

- Je confirme que j'ai entendu la même chose, l'appuya Balsa.

- Et quand trop c'est trop, trop c'est trop ! J'ai pris sur moi, j'ai fait mes efforts pendant près de quatre mois, mais décidemment, ce n'était pas assez pour lui faire comprendre, hein ?! Il y en a qui ne peuvent pas s'en empêcher malgré tout, c'est plus fort qu'eux, ils doivent se remonter en insultant les autres qu'ils jalousent. »

Une lueur brilla dans les yeux de Jiguro et Balsa jura que si ce n'était pas de son statut et sa fierté de lancier du roi, Jiguro aurait terminé le travail de sa fille. Suite à leur discussion, Alika avait été sévèrement punie et l'intimidateur s'en était sorti sans grandes conséquences. C'était là encore une preuve du sexisme quotidien que les femmes à Kanbal vivaient. Toutefois, Jiguro n'était pas resté les bras croisés et avait convoqué le père de Jay et négocié de sorte que son fils s'excuse d'avoir indirectement insulté sa femme et qu'il retire ses mots. Au début, Jay se défendit en niant qu'il n'avait jamais dit ça concernant Yuka, mais Jiguro le rembarra en disant qu'il y avait bien un témoin concernant ses propres mots. Et ce témoin était Balsa. Suite à cela, Jay avait arrêté d'intimider Alika. Grâce à la présence de Balsa ce jour-là, en tant que support et témoin, Alika avait été sauvée. Cette dernière avait vu à quel point maintenant, plus personne n'osait la confronter de face. À partir de cet instant-là, elle avait forgé sa réputation et avait gagné lentement le respect des autres guerriers, lorsqu'ils virent qu'elle défendait avec ferveur les attaques sexismes que ses amies, ou même les roturières, vivaient constamment.

Balsa sortit de ses pensées et referma ses livres. Elle était sur le point de se lever, lorsqu'elle s'arrêta.

« Une dernière chose avant que je ne parte, Eishi... n'ose jamais parler en mal de ma famille et ce qui nous pousse à agir de la sorte. C'est le dernier avertissement que je donne. Tu m'entends ? »

Son regard froid immobilisa Eishi presque sur le champ. Il n'osa pas répliquer et ne fit qu'hocher la tête. Et juste alors, Balsa le laissa pour aller à son examen.


La partie où Alika se bat contre Jay a été inspiré du roman « Gardien des Dieux » (Kami no Moribito) traduit du japonais par Ainikki.

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