Me revoilààà !

Avec un chapitre que vous allez détester à certains moments

je le sais d'avance...

Il est long, sûrement le plus long depuis le début...

Je n'ai pas trop eu le temps de répondre à tout le monde mais

ce que vous faites... Plus de 100 reviews sur le chapitre précédent, c'est...

Punaise, je sais pas comment vous remercier...

*

Juste une petite chose pour les fans : ne vous attendez pas à ce que le couple Jasper/Alice se fasse facilement...

Quant au reste... si vous êtes futées et attentives... vous savez ce qui se passera dans le chapitre 13

que je publierai vendredi soir !

Je vous embrasse,

prenez soin de vous & soyez heureuses...

Profitez de la vie, surtout. C'est parfois trop court...

Tiffany.


Point de vue d'Edward.

Je sais pas ce qui s'est passé... C'est juste un truc... wooow ! Quand j'avais touché le visage de Bella, je m'étais pratiquement électroqué dans son regard si tendre et si... Oh putain ! Peut-on vraiment ressentir ce genre de choses par un simple regard ? Avoir cette sensation d'être dans une vaste pièce, d'avoir pleins de portes devant soi à ouvrir et découvrir que derrière chacune, il y a une chose fantastique ?

Je sais pas ce qui m'est arrivé... Est-ce la bière pendant le barbecue ? Cette sensation de plaisir d'être sous les étoiles avec une amie ? J'avais perdu le nord quand elle m'avait demandé de continuer... perdu toute notion de respect vis-à-vis d'elle. J'avais voulu la toucher. Toucher son visage, savourer toute sa douceur et tout le bonheur qu'elle m'apportait... Jamais personne ne s'était soucié de ce que je ressentais. Quand Bella m'avait proposé qu'on fasse plus de sorties rien qu'elle et moi, j'avais manqué explosé. J'avais en permanence envie de son contact. Elle avait tout compris : je n'avais de repos que près d'elle. Bien sûr, j'avais Alice. Mais notre amitié est très différente : on est moins proches, peut-être un peu moins à l'écoute de l'autre. Evidemment, j'adore Alice ! Elle est drôle, spontanée, entière et un peu fofolle ! J'adore passer du temps avec elle. Mais elle ne m'offre aucune tendresse et aucun repos comme peut le faire Bella.

C'est parfois idiot mais quand je suis auprès de la fille de mes patrons, j'ai l'impression d'être un soldat qui a passé beaucoup de temps au front sous les balles et qui rentre chez lui, sauvé et entier, pour retrouver de la sérénité et de la paix... Bella m'offre tout ça et très honnêtement, je ne saurai comment l'en remercier.

Elle avait su mettre le doigt sur ce qui faisait de notre amitié quelque chose de plus profond. «Une amitié différente»... Nous n'étions pas voués à avoir la même relation que celle que j'ai avec Alice. Et cela avait été étrange de sentir combien les choses semblaient «normales» quand j'avais pris Bella dans mes bras sur cette plage... Et mu par cette pulsion, captivé par ses yeux, hapé par sa tendresse et son odeur, je n'avais pas réalisé que j'avais failli l'embrasser jusqu'à ce qu'Emmett nous interrompt...

Bella brille pour toi, comme chaque étoile a brillé cette nuit dans le ciel...

Les choses semblaient avoir changé. D'habitude, j'ai horreur du changement. J'exècre intégrer de nouvelles personnes à ma vie de merde... parce que je sais que je ne pourrais rien leur apporter de bon. En fait, je ne peux rien apporter tout court... Mais avec Bella... J'avais la sensation d'exister par moi-même. D'être mis à nu et de ne pas être jugé toutes les minutes...

J'étais peut-être con, je sais que j'ai jamais eu de petite amie mais... c'était comme si Bella attendait quelque chose de moi. Et franchement, ça me faisait flipper parce que je ne suis absolument pas sûr de savoir lui donner ce qu'elle veut, répondre à ses attentes et la satisfaire. Cette nuit de camping, je l'avais passé à ressasser tout ça... Le lendemain matin, Bella me paraissait en colère. Regrettait-elle ce qui avait manqué se dérouler ? Elle nous parlait peu et renvoyait chier systématiquement son demi-frère, Emmett. Même Jasper y eut droit lorsqu'il lui demandait de quel pied elle s'était levée. J'avais préféré me taire. Faut faire quoi dans ce genre de cas ? Finalement, pendant qu'Emmett et Jasper chargeaient la voiture, j'étais allé la retrouver.

Elle s'était assise face à la mer. Elle semblait fixer l'horizon, les yeux cernés.

- Bella... ça va ?

Elle sursautait.

- Oh... Je t'ai pas entendu arriver...

- T'as pas l'air d'aller bien...

- C'est rien... J'ai mal dormi...

Ses joues s'étaient empourprées. Pourquoi j'y croyais pas à cette excuse ? Après tout, Bella est mon amie et j'ai pas le droit de douter d'elle...

- Tu es sûre ?
Elle acquiessait, calait sa tête contre mon épaule et fermait les yeux. C'est vrai qu'elle avait l'air fatigué... Nous étions restés ainsi une bonne dizaine de minutes jusqu'à ce que ses frères nous appellent pour rentrer.

Nous n'avions plus eu de moments ensemble, pas même le dimanche. La présence de Jasper nous avait empêché d'être seuls le dimanche matin. Ca n'avait rien enlevé à notre complicité mais ça me freinait. J'étais plutôt mal à l'aise. J'étais tellement habitué à tout faire discrètement que la moindre personne «inconnue» ou presque à mon environnement me déstabilisait...

*o*0*o*

Point de vue d'Angela.

Lundi matin, lycée de Port Angeles. De retour à Zoulouland comme dirait Ben. J'adore les week-ends et d'ailleurs, j'y serai bien restée ! Mais j'ai hâte de revoir Bella ! Elle a passé le week-end avec Edward Masen. Elle aura forcément un truc croustillant à me raconter quand même ! La première à arriver est Alice. Son père la déposait devant le lycée. Je la voyais sautiller jusqu'à nous et Ben soupirait.

- Elle s'arrête jamais cette fille ?

- Jamais ! C'est Alice !

La dite Alice nous souriait.

- Parlerait-on de moi ?

- Absolument... pas ! rétorquait Ben.

- Alors votre week-end ?

- Comme d'habitude, et le tien ?

- J'ai été chez ma grand-mère ! C'était son anniversaire ! J'adore y aller c'est génial ! Y a toujours ses copines grand-mères et elles me trouvent tellement gentille qu'elles me donnent toujours un petit billet !

J'éclatais de rire. Elle perdait pas le nord elle !

- Tu sais où sont les affaires, toi !

- Toujours, Ben ! Bon, ils sont pas là nos deux amoureux transits ?

- Pas encore arrivés !

- C'est bizarre, Edward est toujours dans les premiers là !

- Et Bella n'est jamais en retard ! Cela dit, on est en avance !

Nous n'eumes pas dit cela, que la voiture d'Edward apparaissait. Il se garait pas loin et nous rejoignait.

- Salut ! soufflait-il

- Alors mon p'tit père, on est en retard ?

- J'ai manqué louper le réveil ! Je me suis rendormi après l'avoir éteint ! Heureusement que ma mère est venue me secouer avant de partir !

- Alors ce camping, c'était bien ?

Il se contentait d'acquiesser. Alice fronçait les sourcils.

- Tu ne vas pas juste acquiesser pour nous répondre, si ? Il s'est passé quelque chose que l'on devrait savoir ?
Edward soufflait d'énervement. Il n'était visiblement pas d'humeur !

- Rien que tu ne dois savoir, Alice !

- Ce que t'es ronchon mon pauvre ami ! râlait Alice.

- Bon j'vais pisser ! lançait Edward en tournant les talons direction les toilettes.

Alice se tournait vers nous.

- Wow ! Il a dû mal dormir !

- Ca arrive...

Quelques minutes plus tard, Bella arrivait. Elle aussi était grognon.

- Vous vous êtes engueulés avec Edward ou quoi ?
Elle relevait la tête brutalement.

- Avec Edward ? Non pourquoi ?

- Il fait la gueule ! Enfin on dirait...

Ma meilleure amie se mettait à rougir. Oh oh... Elle s'asseyait sur le muret du lycée et regardait ses jambes.

- Il s'est passé quelque chose ? demandais-je tout bas.

Elle haussait les épaules mais ne répondait pas. Au moment où elle relevait la tête, nous la vimes sourire. Un rapide coup d'oeil en direction du lycée me montrait qu'Edward revenait. Son visage n'était plus austère. Il souriait. En s'approchant, Alice le chariait.

- Ca va mieux ? T'as bien pissé ?

- C'était parfait, merci de t'inquiéter !

Il se rapprochait de Bella toujours sur son muret. Des petites rougeurs avaient envahi ses joues. Edward n'avait d'yeux que pour elle... Pourquoi faut-il toujours être de l'extérieur pour mieux voir l'évidence ?

- Salut Bella...

- Salut Edward...

Sans que je m'y attende vraiment, Bella serrait la nuque d'Edward et lui entourait la taille de mon amie. Qu'est-ce qu'ils nous font là ? J'ai râté un épisode ou quoi ? Ils s'étreignirent un instant. Bella avait les yeux fermés. Il y a un truc qui m'échappe là ! Avec Ben et Alice, nous échangions un regard. Edward embrassait la joue de Bella et s'asseyait près d'elle.

- Ta mère va mieux ? lui demandait-il

Quoi ? Esmé est malade ?

- Elle est malade, Bella ?

Mon amie acquiessait en me regardant.

- Hier, elle a pas arrêté de vomir. Ils ont dû revenir de l'église à 11h45.

- Le bébé ?

- Sûrement oui ! Papa m'a dit qu'elle avait aussi été malade en fin de grossesse quand elle m'attendait.

- Elle en est à combien ? demandait Ben

- Pas tout à fait huit mois !

- Ils se sont décidés sur le prénom?

- Karlyne ! Maman ne lâchera pas son idée !

Un nouveau bus d'élèves arrivait et deux minutes après, la sonnerie retentissait.

.

Je me retrouvais avec Bella et Alice en cours d'histoire. La prof nous donnait un devoir sur table de deux heures à faire en groupe. Comme il y avait des recherches à effectuer, nous nous dirigions vers la bibliothèque. On pouvait papoter. Alice tapait nerveusement du pied lorsqu'on s'installait autour d'une table avec quatre ou cinq livres.

- Oh mince j'en peux plus ! Pourquoi Edward t'a pris dans ses bras, Bella ?

Mon amie relevait la tête du livre.

- Peut-être parce qu'on s'entend bien ?

- Te fous pas de moi tu veux ? Il ne me prend jamais dans ses bras moi...

Bella soupirait et reportait son attention sur son livre.

- Tu sais pas ce que tu rates... murmurait-elle.

- QUOI ?

La responsable de la bibliothécaire nous intimant le silence, nous ne pouvions poursuivre cette conversation...

.

Durant le cours d'anglais sans Alice, nous reprenions nos vieilles habitudes des petits mots.

«Bella... est-ce qu'il s'est passé un truc pendant

votre camping ?»

Elle soupirait.

«Oui et non... On a failli s'embrasser... Emmett est arrivé

à ce moment-là pour nous dire de revenir à la tente !»

PARDON ??

«Meeeeeeeeeeerde ! Il t'a fait une déclaration?»

«Non, mais je ne saurai pas t'expliquer ce qui s'est passé...

Il m'a pris dans ses bras, m'a caressé le visage et l'instant d'après, ses lèvres étaient à

3 cms des miennes !»

« ARGH ! Foutu système métrique!»

Mon amie eut un large sourire.

«Foutu Emmett, surtout!»

Tu m'étonnes !

«Et toi, tu es amoureuse de lui alors ?»

«Je crois...»

.

Le reste de la journée, je pouvais mieux les observer tous les deux. Ils ne se lâchaient pas. Ils partaient marcher autour des bâtiments ou s'asseyaient sur un banc dehors pour parler. Ils s'installaient face à face, souriants, et discutaient d'un tas de choses très banales... Parfois, ils s'enlaçaient ou attrapaient la main de l'autre. Bella rougissait beaucoup en sa présence et Edward aussi.

De l'extérieur avec Ben et Alice, nous entendions quelques cancans.

- Ils sortent ensemble ?

- On dirait. Regarde, il lui tient la main !

- Dommage, c'était une fille plutot gentille Isabella...

- Elle est tombée bien bas !

Seigneur, ce qu'ils peuvent être idiots ! Deux types à la fontaine d'eau commentaient aussi leur vie.

- T'as vu ? En tout cas, il se fait pas embrasser !

- Il doit schlinguer c'est pour ça !

Ils éclataient de rire et Alice s'énervait.

- Prends pas ton cas pour une généralité, imbécile !

- Ils peuvent pas leur foutre la paix ? s'interrogeait Ben

- Tu parles, dès qu'Edward fait quelque chose, ça se sait le quart d'heure qui suit !

..::..

La semaine fut longue, rythmée par les cancans ! Bella perdait patience. A plusieurs reprises, elle insultait quelques personnes, manquant de se retrouver dans le bureau du directeur une fois. Ce fut Edward qui la recadrait. Il était assis à califourchon sur le banc, Bella assise normalement à ses côtés, avec nous.

- Calme-toi Bella... Laisse tomber ! murmurait-il en lui tenant la main.

- Ils sont vraiment trop cons !

- Je sais, Bella... Laisse-les parler...

Tout en essayant de la calmer, il passait une mèche de cheveux de mon amie derrière son oreille. Elle se laissait aller contre lui, appuyant sa tête contre son épaule.

- Ils ne vont pas me manquer l'année prochaine, murmurait-elle

- Ils vont manquer à personne ! ajoutait Alice.

Une fille de terminale passait devant nous. Une de ces greluches en mini-jupe qui ne cachait pratiquement rien, maquillée à la limite du clown, dandinant des fesses.

- Hé Isabella ! Tu ne devrais pas t'accoquiner avec ce Masen ! Ca fait mauvais genre !

Edward la fusillait du regard et Bella écarquillait les yeux. Elle se levait et entrainait Edward au dehors.

- Viens on se tire !

Elle attrapait la main de son ami et ils quittèrent le bâtiment pour aller s'assoir sur une des nombreuses butes d'herbes qui entouraient le lycée. Alice les suivaient quelques instants plus tard et Ben m'embrassait.

- Ils auront jamais la paix !

- Je le crains...

- Mais dis-moi, ils sortent ensemble ou pas ?

Celui-là alors !

- Ben ! T'es pire que les commères !

Il haussait les épaules.

- Je me renseigne !

- Pour te répondre, ils ne sortent pas ensemble !

- Si tu veux mon avis, ça ne devrait pas tarder...

- C'est ce que je crois aussi...

Si ces deux là ne se mettaient pas ensemble rapidement, moi j'y comprenais plus rien ! Bella est amoureuse d'Edward c'est certain ! Je suis à peu près sûre que lui aussi.

- Il t'a pas parlé d'elle hier quand vous faisiez un billard au foyer ?

- Si ! répondait Ben. Mais il ne m'a rien dit de plus que des banalités. Qu'il l'aime beaucoup, qu'il ne supporte pas d'entendre des ragots sur elle et qu'il ne voudrait pas qu'on lui fasse du mal...

- Il tient à elle !

- C'est évident ! Ah merde ! J'ai oublié d'apporter le chèque de la cantoche à l'accueil, tu m'attends là ?

- Un jour, tu perdras ta tête Ben !

- J'espère bien que non !

Il s'éloignait. Quelques instants plus tard, je vis Kate Denali s'approcher de moi. Elle avait l'air contrarié.

- Salut, tu es Angela Webber, l'amie d'Isabella c'est ça ?

- Oui ! Salut Kate !

- Salut... je peux te parler ?

- Bien sûr !

Elle regardait devant elle, comme si elle cherchait quelqu'un.

- Ecoute, je viens te voir parce que ça m'embêterait de ne rien faire.

- Qu'est-ce qu'il se passe ?

- J'étais aux toilettes du deuxième étage et j'ai entendu mes soeurs parler. Elles projettent quelque chose contre Edward et Isabella...

- Pardon ?

- Oui... J'ignore quoi ! J'ai entendu Tanya pleurer. Elle dit qu'Edward et Isabella sortent ensemble.

- Pourquoi elle pleurait ?

- Elle a une sorte de béguin pour Edward...

- Oh...

J'avais déjà entendu parler de cette histoire !

- Bref, elle est malheureuse comme tout... Irina la consolait et elle lui a dit qu'elle se vengerait...

Ca, ce n'était pas rassurant du tout !

- Quel genre de vengeance ?

- Je l'ignore. Mais connaissant ma soeur, ce ne sera rien de bien intelligent !

C'est le moins que l'on puisse dire !

- Tu n'en a pas entendu plus ?

Elle fit «non» de la tête.

- J'en suis navrée. Mais elles se sont aperçues qu'il y avait quelqu'un et ont arrêté de parler. Je suis sortie des toilettes, je me suis lavée les mains et leur ai demandé ce qui n'allait pas. Mais comme je ne m'entends pas forcément très bien avec Irina, elle n'a rien voulu me dire de plus...

- Je vois...

Autant Tanya et Irina étaient deux parfaits clones, autant Kate était plus cool, dans un style un peu toubab, très décontractée.

- Je voulais prévenir Edward mais je ne l'ai pas vu aujourd'hui... Et comme je n'ai pas trouvé Isabella, je suis venue te voir !

- Tu as bien fait, je vais leur en parler.

- Merci ! Tu sais, je suis désolée... Je connais ma frangine, c'est une vraie peste ! Déjà quand elle était petite, elle cassait des trucs et elle me faisait porter le chapeau !

Je ne pus retenir un sourire.

- Ne t'excuse pas, tu n'y es pour rien !

- Je sais, mais ça m'embête un peu...

- Ne t'inquiète pas, je vais leur en parler qu'ils fassent attention...

- Merci Angela !

Son copain s'approchait de nous et elle se relevait.

- Bon, à plus tard !

- Oui, salut !

Ben revenait à ce moment-là.

- Tu discutais avec Kate ?

- Oui... Irina a prévu un truc pas cool pour Edward et Bella apparemment. Elle voulait me prévenir !

- Quel genre de trucs ?

- Aucune idée, mais il faut les avertir...

*o*0*o*

Point de vue de Bella.

- Bella calme-toi !

NON MAIS JE REVE !

- MAIS JE SUIS CALME !

Alice reculait.

Nous étions assises sur un banc proche du billard sur lequel Ben et Edward faisaient une partie pendant une sortie ce samedi. Ce qui m'énervait n'était pas le fait qu'ils fassent un billard : non pas du tout même ! Mais c'était le fait qu'Irina soit assise juste à côté d'eux, souriante tel un ange... un ange auquel j'aurai volontiers fait ravaler son auréole par le c** !

D'abord, quel était le pourcentage de chances qu'elle se retrouve «par hasard» dans le même billard que nous ce samedi ?

Toute la semaine, elle avait été mielleuse. Je ne faisais pas de doutes quant à sa machination. Kate nous avait prévenu via Angela : elle préparait un coup ! Edward savait lui aussi et pourtant, j'avais peur. Peur qu'elle ne fasse suffisamment la comédie pour qu'il craque et tombe dans ses filets. Après tout, il est bien amoureux d'elle, hein ? Je ne ferai pas le poids à côté d'elle !

En début de semaine, elle était venue nous voir.

«Edward, je peux te parler ?»

Il avait sursauté en la voyant.

« Pourquoi?»

«J'aimerais... comment dire ? M'excuser pour avoir été odieuse et avoir essayé de te faire coffrer par le dirlo...»

«Laisse tomber, Irina !»

« Non mais je me rends compte, je suis vraiment pitoyable...»

«C'est peu de le dire» avais-je murmuré

Elle m'avait foudroyé du regard.

«Tes amis me sont hostiles... Peut-on parler ailleurs?»

J'avais espéré qu'Edward dise non, mais il s'était levé et l'avait suivi. Il était revenu cinq minutes après.

« Alors, elle t'a dit quoi ?»

« Elle s'est répendue en excuses...»

« Tu les as accepté ?»

«Je lui ai simplement dit que ce qu'elle avait fait n'était pas réparable...»

J'avais soupiré de soulagement.

Mais depuis ce jour, il ne se passait pas quatre heures sans qu'elle ne vienne, s'asseoit avec nous. Et je détestais ça ! Elle se collait à Edward comme s'il était chose acquise. Le pire était quand Tanya venait avec elle. Un jour, elle m'avait même poussé pour qu'elles soient toutes les deux assises à ses côtés. Je fulminais. Edward, lui, semblait mal à l'aise...

Et aujourd'hui, alors qu'on avait tous décidés de faire une sortie billard-bowling, devinez qui était arrivée dix minutes après nous ? Irina ! Et elle riait, niaisement. Ben était clairement agacé. Il lançait sa canne sur le plateau de jeu.

- Bon, excusez-moi mais j'ai soif !

- Bonne idée, je te suis ! répondait Edward

Irina se relevait d'un bond.

- Oh Edward ! Tu ne veux pas qu'on fasse une partie tous les deux ? S'il te plait...

Je sautais sur mes pieds et me rapprochais d'Edward, attrapant son bras. Il semblait totalement paumé.

- Il a soif, on va boire !

J'entrainais mon ami vers une table. Je m'installais à côté de lui.

- Merci... me murmurait-il à l'oreille.

Je ne pus retenir un rougissement quand il déposait brièvement ses lèvres sur ma joue.

- De rien, souriais-je.

- Bon, vous voulez boire quoi ?

Nous commandions deux cocas pour Ben et Edward, Angela et Alice prenaient deux jus d'ananas et moi un sirop de kiwi.

- Amenez-moi un demi-pêche s'il vous plaît ! s'écriait une voix derrière nous.

Putain mais elle va pas nous foutre la paix celle-là ?

- Allez, je m'installe avec vous !

Irina amenait une chaise et s'installait face à Edward.

- Faut pas te gêner toi ! s'écriait Alice

- Oh s'il te plait Sw... Alice ! Ne peut-on pas faire la paix ?

- Non !

Dans une ambiance pesante, le serveur nous ramenait nos verres. Edward regardait la couleur un peu vert fluo de mon sirop.

- Tu bois des extraterrestres mixés toi maintenant ? souriait-il

Je lui rendais son sourire.

- Ils ont bon gout !

- C'est pas avec ton sens de la diplomatie qu'on pourra établir des hotels pour humains sur Mars si tu continues de les broyer pour les boire ! plaisantait-il.

- Ils nous font bien des lavements de cerveaux ! répondis-je en haussant les épaules.

- T'as pas tord !

Je prenais une gorgée.

- Tu veux gouter ? C'est très bon !

- C'est pas acide ?

- Pas du tout ! Tiens, goûte !

Je lui tendais mon verre et il le portait brièvement à ses lèvres.

- Alors ?

- Pas mauvais !

Il avait un peu de sirop à la commissure des lèvres.

- Attends !

J'y passais mon pouce et le portais à ma bouche.

- T'es pire que ma mère, tu me nettoies même le menton !

- Gros bébé baveux ! riais-je

- Areeeuuuhh...

Nous éclations de rire et Irina avait un rire vraiment strident. Je l'avais presque oublié celle-ci !

- Edward ! Tu as de l'humour !

Il la regardait et ses yeux avaient une petite étincelle ! Il faisait presque peur. Je me rapprochais de lui. Même si c'était une machination, elle ne l'emporterait certainement pas !

- Je ne suis pas si nul que tu ne l'as laissé prétendre à tout le lycée !

Irina prenait un air affligé.

- Quand me pardonneras-tu ?

- Je sais pas trop quand, Irina...

Il allait quand même pas la pardonner là, si ? Trop c'est trop ! Je me levais rapidement.

- Bella ? Tu vas où ? me demandait-il

- Toilettes... réussissais-je à balbutier avant que les larmes ne me paralysent.

Je filais dans les toilettes désertes et m'enfermais dans une des cabines. J'en étais sûre, il allait lui pardonner... il allait tomber dans son piège... C'en était fini ! J'entendais la porte s'ouvrir. Angela.

- Bella ?

Angela n'avait pas une voix si masculine.

- Bella, tu es là ?

Edward...

J'essuyais mes sanglots et sortais de la cabine. Il me faisait face, appuyé contre le mur.

- Pourquoi tu pleures ?

- Je ne pleure pas ! répondis-je un peu sèchement.

Il se rapprochait de moi alors que j'allais au lavabo pour me mouiller le visage.

- Si, tes yeux sont rouges...

Je me regardais dans le miroir. ET MERDE ! Je passais devant Edward, prête à craquer à nouveau... Au moment où j'appuyais ma main sur la poignée, il m'aggrippait la main.

- Est-ce la présence d'Irina qui te dérange ?

Ses intonations m'emplissaient d'une joie sans commune mesure. Il allait la défendre, faire un plaidoyer en sa faveur... Et je ne voulais pas de ça !

- Non, ce qui m'énerve c'est que tu lui pardonnes ! Alors qu'on sait très bien par sa propre soeur qu'elle prépare un sale coup !

J'avais laissé couler ma peine. Sa pression sur ma main se faisait plus légère.

- Je ne lui pardonne pas, Bella...

- Tu lui as dit «je sais pas trop quand!» ...

Il eut un sourire.

- Tu sais que ce n'est pas mon genre de dire cash à quelqu'un : tu m'emmerdes...

- Ne rentre pas dans son jeu, Edward ! Je suis certaine que c'est en rapport avec ce que Kate a dit à Angela...

Il m'attirait contre lui pour m'enlacer brièvement.

- Je sais Bella... Ne t'inquiète pas ! Je sais où sont mes vrais amis...

J'enlaçais sa nuque de mes bras.

- Ne te fais pas avoir, s'il te plaît !

- Promis !

Il déposait un baiser sur mon front et nous quittions les toilettes pour retrouver nos amis. Irina était toujours là et se jetait au cou d'Edward.

- Edward, tu es là ?! J'avais peur que tu ne fasses quelque chose d'illicite dans les toilettes avec C... avec Isabella !

- Qu'est-ce que tu veux ?

Il posait ses mains sur la taille d'Irina et la repoussait un peu.

- Tu veux bien m'apprendre à jouer au billard ? Ben et Angela discutent et Alice ne veut pas jouer !

- Euh... ouais... mais bon, je dois rentrer dans vingt minutes alors...

Elle s'emparait de sa main, joyeuse, et l'entrainait vers le billard. Je partais m'asseoir à côté d'Alice. Celle-ci fulminait.

- Je la hais !

- Moi aussi !

Je reportais mon attention sur la partie qu'ils jouaient.

- Comme ça Edward ? Je me positionne bien ?

Elle était presque couchée sur la table, les fesses exagérément pointées vers Edward.

- Euh... ouais...

Elle effectuait un premier tir mais le ratait totalement.

- Ce que je suis nouille ! Tu veux bien me montrer ?

Il s'emparait de la canne, se positionnait et tirait. Il faisait rentrer une boule. Irina se rapprochait de lui et faisait courir son index sur son torse.

- Tu es doué...

Edward rougissait et s'éloignait un peu.

- Je... merci...

Il retirait une nouvelle fois. Irina criait telle une groupie.

- Oh mon Dieu tu es tellement doué ! Apprends-moi !

- Tiens... euh... tu te penches pas trop et...

J'étais persuadée qu'elle faisait exprès de mal se placer.

- Edward, aide-moi...

Alice grognait à côté de moi.

- Je vais la tuer !

Je me sentais trembler lorsque je voyais Edward se placer derrière elle pour l'aider. Elle frottait exagérément ses fesses contre son bas-ventre. Je n'avais qu'une envie : celle d' enfoncer à Irina sa canne de billard dans son derrière !

Irina tirait et réussissait son coup. Elle criait de joie et se tournait vers Edward, entourant sa nuque de ses bras et l'embrassait à la commissure des lèvres.

- Oh merci...

Trop c'est trop ! Je ne savais pas quoi faire ! Ca m'énervait cette situation ! Je voyais qu'Edward n'était pas du tout à l'aise mais comment faire ? Il ne réagissait pas ! C'était foutu ! Il allait se faire piéger ! Je manquais exploser quand Irina attrapait la main d'Edward et l'entrainait au dehors.

- Attends, elle fait quoi là ?

Alice et moi nous levions d'un même mouvement pour les suivre. Ils étaient proches d'un arbre. Irina tripotait le col de la chemise d'Edward, minaudante. Elle me jetait un coup d'oeil. Edward ne nous avait pas vu.

- Edward... Viens avec moi au bal de Noël du lycée... Pour sceller notre nouvelle relation...

Leur «NOUVELLE» relation ? Elle l'a embrassé ou quelque chose comme ça ? Le monde s'écroulait autour de moi, toutes mes sensations se brouillaient...
Edward arrachait ses mains de son col.

- On n'a pas de nouvelle relation, Irina ! Et arrête ça !

- Tu laisses bien Isabella te tripoter !

- Elle ne me «tripote» pas et puis Bella... c'est...

C'est quoi Bella ? Une pauvre cruche ?

- Edward... s'il te plait... Viens au bal...

- Je... Irina...

Il hésitait... MAIS MERDE ! Je n'en pouvais plus ! Il fallait que je parte d'ici ! Irina me regardait, un air triomphant sur le visage. Sans m'en rendre vraiment compte, je rentrais et récupérais mon sac.

- Bella, attends...
Alice me suivait, essayant de me faire changer d'avis.

- Bella, ce n'est qu'une machination ! On le sait ! Kate nous a prévenu !

Je me retournais vers elle, sentant mes larmes couler.

- C'est pas Irina... Je sais que c'est une machination... Je ne supporte pas qu'Edward se laisse embobiner...

Je quittais le billard sans même un au-revoir pour les autres.

- Attends, je viens avec toi !

- Attendez les filles ! Vous partez ? demandait Edward.

Alice se retournait vivement.

- Toi ! Je te conseille de te taire et de réfléchir à ce que tu vas faire, imbécile heureux !

- Mais...

Alice claquait la portière et je roulais en direction de chez moi.

*

Deux heures et je repensais toujours à Edward... Comment pouvait-il tomber aussi facilement ? comment pouvait-il me faire ça alors qu'on avait failli s'embrasser ? J'étais sur le canapé, entourée par Alice et Jasper qui avait prolongé son séjour chez nous.

- Je te l'ai dit Bella : t'es trop jeune pour te prendre la tête pour des mecs !

Alice relevait la tête vers mon frère.

- Arrête de lui dire ça toi !

- Mais c'est vrai ! Regarde la ! Chialer deux heures, c'est pas normal !

- Elle a un coeur, elle !

Je regardais Alice qui s'énervait après Jasper. Etonnamment, mon frère ne bronchait pas.

- Ecoute-moi bien, Bella. Il t'adore !

- Ca ne change rien... Elle... le tient !

- Elle ne va pas le tenir longtemps crois-moi ! Il va s'en prendre une belle ce soir !

- Qu'est-ce que tu vas lui faire à ce pauvre gars ? demandait Jasper

- La même chose que je finirais par faire avec toi : lui faire comprendre la vie !

Mon frère éclatait exagérément de rire. Alice semblait l'exaspérer un peu ! Mais j'aimais que mon amie ne se laisse pas faire !

Je ne cessais de penser à Edward... Avait-il accepté la proposition d'Irina ? Que faisaient-ils en ce moment ? Etaient-ils entrain de s'embrasser ? De faire l'amour ? Après tout, Edward n'aurait pas eu à lutter ! Il allait souffrir, parce que c'était un piège ! Il le savait, comment faisait-il pour l'oublier ?

*o*0*o*

Point de vue d'Edward.

J'avais mal dormi cette nuit... Dans mes cauchemars, Irina m'enlevait et faisait du mal à Bella. Je m'accrochais désespérément à elle. Je savais que j'avais bien fait de refuser son invitation pour le bal. Irina l'avait mal pris.

Etrangement, je m'en fichais éperdument ! Je savais ce qu'avait dit Kate. Ca avait confirmé mes derniers doutes : Irina était la dernière des garces ! Je m'étais caché derrière Bella et son mordant. Bella me protège. J'avais compris en la retrouvant aux toilettes du bar tout ce que je n'avais pas vu chez elle : Bella faisait bien plus que me plaire ! Bella était mon secours, ma douceur, mon évasion. Je ne pouvais plus vivre sans son contact... Alice était venue me passer un savon.

« Comment peux-tu fricotter avec cette petite merdeuse d'Irina ?»

« Ca me met tout autant mal à l'aise, Alice ! J'ai l'impression d'être oppressé avec elle...»

« Ce n'est pas elle qu'il te faut ! Ecoute, je sais que tu es soi-disant amoureux d'elle mais...»

« Les choses ont changé, Alice...»

« Tu ne peux pas continuer ça sachant que Bella... QUOI ?»

« Sachant que Bella quoi, Alice ?»

« Qu'est-ce que tu as dit ?»

« Et toi, qu'est-ce que tu voulais dire ?»

« Toi d'abord !»

« Non toi !»

« Toi !»

« Ecoute... J'suis paumé...»

« Tu tiens à Bella, pas vrai ?»

« Oui... Plus que... j'ai jamais tenu à quelqu'un...»

« T'es amoureux ?»

Et là, j'avais acquiessé.

Oui, je suis amoureux de Bella Cullen ! Oui, je ne vivais plus que pour être auprès d'elle. Non, Irina ne me faisait plus aucun effet ! Elle était bien trop fausse... Elle ne serait jamais comme la fille que j'attends... Par contre Bella...

Un hurlement strident me fit sursauter. J'en lachais l'éponge avec laquelle j'essuyais le plan de travail de chez les Cullen. J'accourais au salon. Esmé se tordait de douleurs.

- Esmé ?! Vous allez bien !

- Hopi... tal... Edwa...

MERDE !

Je l'aidais à se lever. Bella accourait de l'étage. Nous n'étions que tous les trois.

- MAMAN !

- Il faut qu'on aille à l'hopital...

- Maman ! Tu vas accoucher ?

- AGGGGHHHHH !

- Merde ! Edward vite !

Nous amenions Esmé dans la volvo de Bella et je prenais le volant. J'étais de toute façon plus sûr qu'elle en voiture. Sur la banquette arrière, Bella pleurait en essayant de calmer sa mère. Je grillais quelques feux rouge mais me garais devant l'hopital dans un temps record !

- Va chercher des infirmiers ! criais-je à Bella

Elle m'obéissait et entrait en courant dans l'hopital. Deux types arrivaient avec un brancard, suivi de peu par Carlisle.

- Papa ! Maman... Elle...

Un des types qui examinait Esmé dans la voiture parlait à Dr Cullen. Ils l'installèrent sur le brancard.

- Elle va accoucher !

- Quoi ? Mais elle n'est pas à terme !

Rien ne nous fut davantage expliqué. Bella fondit en larmes. Je la prenais dans mes bras.

- Ca va aller Bella...

- Elle... mais elle est à peine à huit mois !

J'entrainais Bella dans les couloirs où on nous ordonnait d'attendre. Pendant qu'elle joignait ses frères et soeurs, je tentais de me calmer... Merde putain ! C'est donc ça un accouchement ? Et que se passerait-il si elle accouchait maintenant ? Est-ce que le bébé irait bien ?

Bella raccrochait son téléphone.

- J'ai peur Edward...

- Viens-là...

Pendant plus de cinq heures, je la gardais tout contre moi. Carlisle n'était pas réapparu. Aucun infirmier n'était foutu de nous donner des nouvelles ! Je commençais à me sentir nerveux...

Vers 16h45, Carlisle apparut enfin. Rosalie, Emmett, Jasper, Bella et moi-même nous levions d'un bond. Le médecin avait les traits tirés mais semblait heureux.

- Ca y est ! Elle est née !

De grandes manifestations de joie se faisaient entendre. Rosalie étreignait son père tandis qu'Emmett et Jasper se donnaient une accolade. Bella, elle, me sautait dans les bras. Je la serrais très fort contre moi. J'étais heureux et sentir le coeur de Bella frapper contre le mien me donnait un bonheur encore plus intense...

- Tout va bien ! La petite pèse 2kg650 et 48 cms... Elle s'appelle Karlyne Lucy...

- Karlyne Lucy ? C'est pas beaucoup ?

Carlisle éclatait de rire.

- Mais non, Lucy c'est juste son deuxième prénom !

- Ah bon ! Elle va bien ? On peut la voir ? Comment va maman ?

- Maman est fatiguée. Elle se repose.

- L'accouchement s'est bien passé ?

- On a dû faire une césarienne parce qu'on s'est aperçus que la petite avait le cordon ombilical autour du cou mais tout va bien maintenant ! Elle passera juste quelques jours dans un berceau chauffant...

- C'est grave ?

- Non, simple précaution ! Mais rassurez-vous tout va bien ! Elle respire correctement et a bien pris une première dose de son biberon ! Tout va bien !

- On peut la voir ?

- Quelques minutes seulement...

Je me rasseyais. Ce moment était le leur... Mais Bella se retournait et revenait me chercher.

- Viens...

- Mais Bella... C'est votre famille...

- Tu en fais un peu partie et puis tu as amené Maman jusque ici et tu m'as soutenue...

Son sourire me guidait et me faisait fondre. J'attrapais sa main et me laissais guider dans les couloirs. Nous attendions devant une salle et enfin, Carlisle en sortait avec une couverture rose dans les bras.

Ce fut étrange de voir cette petite frimousse toute rosée, les yeux clos. Elle était vraiment toute minuscule. Elle était vêtue très chaudement : bonnet, pyjama bien épais et la grosse couverture. Rosalie se mordait la lèvre de plaisir en prenant le bébé et les yeux de Bella brillaient.

- Elle est tellement petite... tellement belle !

- J'espère qu'elle pleurera pas autant que Bella quand elle était bébé !

- Hé ! t'exagères !

La petite émit une sorte de couinement.

- Je vais la ramener...

Carlisle reprenait Karlyne contre lui.

- On peut voir Maman ?

- Non, elle dort ! Repassez demain !

- Mais c'est pas juste !

- Elle est fatiguée, Emmett ! Elle a besoin de repos ! Je vais rester ici cette nuit, vous pourrez vous occuper de vous ce soir ?

- Compte sur moi ! Je vais la surveiller la gamine ! disait Emmett en pointant Bella du doigt.

- Bella sait très bien s'occuper d'elle !

- On va faire péter le champagne ! plastronnait Jasper

- Ne vomissez pas partout ! lançait Carlisle dans un grand sourire.

Il ramenait la petite Karlyne dans la pièce et nous quittions l'hopital. J'appelais ma mère pour la prévenir que je ne rentrerai que vers 21h à la maison.

*

Chez les Cullen, l'ambiance était excellente ! Nous avions fait péter une bouteille de champagne comme promis et trinquions à la santé du nouveau-né ! J'avais pris ma décision au moment où j'avais vu les yeux de Bella pétiller devant sa petite soeur. Elle était forte, elle dépassait son sentiment d'être rejetée par ses parents avec cette grossesse. Je devais faire le premier pas.

Emmett se levait pour aller chercher une deuxième bouteille tandis que Rosalie découpait le gâteau. Jasper était au téléphone avec sa copine depuis dix minutes. Bella, assise entre mes jambes, riait inexplicablement. Trop d'alcool sûrement !

- Bella ?

- Edward... Si tu savais ce que je suis contente !

- Moi aussi... Je voulais te demander quelque chose...

- Oui ?
- Est-ce que... enfin ça te dirait de... qu'on aille au bal de Noël du lycée ensemble... samedi soir ?

Ses yeux s'écarquillaient.

- Tu... n'y vas pas... avec Irina ?

- Non... Je ne veux pas y aller avec elle... je voudrais bien... y aller avec toi...

Mon coeur s'affolait et je peinais à calmer les tremblements qui m'agitaient... Et si elle refusait ?

- Je sais pas trop... danser...

Je ne pouvais retenir mon sourire.

- C'est pas ça l'important...

- C'est d'accord... Je veux bien être ta cavalière...

Je la serrais alors dans mes bras tout contre moi. Son odeur me tuerait... C'était comme si plus rien ne pouvait m'atteindre.

*

Voilà pourquoi en ce samedi, je me retrouvais devant chez les Cullen à attendre qu'on vienne m'ouvrir la porte. Sapé avec mon plus beau costume noir, une chemise blanche et une cravate noire ayant appartenue à mon père, je pensais que mon coeur allait finir par exploser tant il battait fort. Je le sentais pulser contre mes lèvres.

J'avais comme l'impression que cette soirée ne serait pas comme les autres...