Coucou les filles !

Voilà le chapitre 15.

Un immense merci à vous toutes et tous pour vos reviews, vos MP etc etc... =)

Ca me touche énormément !

*

Prochain chapitre pour mardi mais ça sera mardi soir tard dans la soirée ou tôt dans la nuit,

pas avant because travail et d'autres petits trucs qui feront que je serai pas dispo pour écrire un chapitre 16 =)

J'espère que vous apprécierez ce chapitre !

Je vous embrasse !

Prenez soin de vous et bon week-end !

Tiftouff19.


Point de vue de Bella.

- Bon et ben on aura pas trop bossé tes maths, hein ?

Edward et moi étions allongés face à face dans sa chambre sur son lit, tous deux appuyés sur nos coudes.

- C'est de ta faute ! souriais-je

Il s'étonnait, haussant les sourcils.

- Ma faute ?

- Qui c'est qui a voulu monter chercher un CD pour mettre en fond pour réviser ?

- T'étais pas obligée de me suivre !

Je me rapprochais de lui et passais mes bras autour de sa nuque. Ca le forçait à s'allonger et je posais ma tête sur son épaule pendant que son bras enroulait ma taille.

- Ben oui mais j'ai peur toute seule du démon de la Racine Carré et celui des Fractions ! répondis-je, faussement pleurnicheuse.

Un rire secouait son corps et il embrassait mon front.

Nous étions montés pour chercher un CD et il m'avait montré sa chambre. C'était une chambre de garçon, très bordélique, le lit défait, des tas et des tas de jaquettes de disques étalées un peu partout et quelques fringues gisants au sol. Je m'étais assise sur le rebord de son lit et il en avait fait de même. De fil en aiguille, nous nous étions allongés en écoutant de la musique et en profitant tout simplement... J'aimais bien sa chambre. C'était lui tout simplement et c'était très exaltant de se sentir repliée dans son univers...

- Non mais comme ça c'est bien, ça veut dire que demain soir tu devras encore m'expliquer ce qu'on a manqué aujourd'hui !

Edward éclatait de rire.

- Miss-Magouilles je fais mes plans ni vu ni connu j't'embrouille, Bella à l'appareil, bonjour !

J'éclatais de rire devant ce slogan débile qu'il venait de sortir et frappais légèrement son ventre.

- Aïeeeuuuhhh !

- Arrête de te foutre de moi !

- T'exagères !

- C'est ta faute !

- Ma faute ? Alors ça c'est la meilleure ! Et puis-je savoir pourquoi ?

Je me retournais sur le ventre pour voir son visage. Il était vraiment... il m'éblouissait ! Voilà c'est ça : il m'éblouissait !

- Pour ça...

Je m'emparais de ses lèvres doucement et sentais son sourire contre ma bouche. Il m'allongeait sur le dos, son buste reposant contre le mien. Mes bras autour de sa nuque, je pouvais enfin profiter de lui... même si ça faisait plus de trois heures que je profitais de lui...

J'entrouvrais la bouche pour aller caresser sa langue... Edward se laissait taquiner et je savourais son corps contre le mien. J'aimais le sentir contre moi... ça me donnait l'impression que je n'étais pas en plein rêve ! Je n'arrivais pas à contrôler les réactions de mon corps... mon coeur s'emballait plus que nécessaire et j'avais l'impression de fondre dans ses bras... Lorsque nos lèvres se séparaient, je découvrais avec ravissement le petit sourire qui embellissait le visage de mon petit-ami... Mon coeur se serrait à cette vision et j'étais contaminée... Je ne pouvais m'empêcher d'effleurer son visage et il reposait son front sur le mien.

Nos lèvres se frôlaient pour la énième fois de la journée quand on entendit des pneus crisser. Edward relevait la tête sans pour autant bouger son corps et regardait par la petite fenêtre au-dessus de la tête de son lit. Il fronçait les sourcils.

- Et merde ! Fais chier !

- Qu'est-ce qui se passe ?

Il se relevait et attrapait ma main, m'entrainant dans son mouvement.

- Marcus est rentré...

Fin de la trève, visiblement...

- Il faut que je parte de toute façon...
Edward soupirait et m'attirait contre lui. Je sentais ses bras forts autour de moi. J'enlaçais sa taille.

- Ne t'en sens pas obligée...

- Ne t'inquiète pas... Je dois rentrer, je vais aider Esmé...

- D'accord... Je vais te raccompagner !

Il déposait ses lèvres contre les miennes.

- J'ai hâte d'être à demain pour te revoir...

Son aveu m'électrisait et je resserrais ma prise autour de lui.

- Moi aussi...

La porte claquait en bas. Edward m'embrassait une dernière fois. Je le suivais dans les escaliers. Dans le salon, Marcus était debout, les bras croisés derrière le canapé. En m'apercevant, il fronçait les sourcils.

- Je m'interrogeais sur le propriétaire de cette charmante petite veste en laine mais je crois que j'ai ma réponse ! Qu'est-ce qu'elle fait ici ?

Son ton ne me plaisait pas. Mais alors pas du tout ! Et je voyais le profil d'Edward se froncer.

- Je l'aide pour ses maths !

- Et tu l'aides pour ses maths... à l'étage ?

Edward soupirait et soufflait.

- Je suis monté chercher un CD pour mettre en bas !

- Bien sûr ! Prends-moi pour un con !

Edward attrapait ses clés et passait sa main dans le bas de mon dos.

- Je vais te ramener, Bella...

- Pour l'instant, personne ne va nulle part !

Edward et moi nous retournions vers lui.

- Pourquoi ?

- Tu ne partiras pas tant que vous n'aurez pas dit la vérité !

La vérité ? Mais bon sang, qu'est-ce qu'il s'imaginait ?

- Quelle vérité ?

- Que faisiez-vous en haut tous les deux ?

- Je suis monté chercher un CD pour mettre de la musique en bas ! Je viens de te le dire !

- Et tu étais obligé de monter avec elle ?

Son ton dédaigneux me donnait envie de vomir. Pour qui il se prenait ?

- C'est moi qui ais voulu le suivre, mon Révérand !

Marcus décroisait les bras et s'approchait de nous.

- Je vais vous croire... Vous êtes dans la maison de la paroisse ici ! Pas de relation sexuelle sous mon toit !

Edward eut un mauvais rictus.

- Dis donc toi, tu fais quoi des fois avec ma mère ? Non seulement ici mais à l'Eglise aussi ! C'est du propre !

Marcus fit un pas en avant.

- Premièrement : cela ne te regarde pas. Deuxièmement : nous sommes mariés. Troisièmement : j'ai des besoins. Quatrièmement : tu ne me parles pas comme ça espèce de mal appris ! Ton éducation est sérieusement à revoir, jeune homme ! J'aurai dû me montrer plus ferme avec toi et ta mère !

Sa voix s'était faite menaçante. Edward se rapprochait de lui, le regard noir. Très honnêtement, ainsi, il me fichait la trouille. Il n'avait rien à voir avec l'Edward que je connaissais... Avec mon Edward...

- TU LAISSES MAMAN EN DEHORS DE CA ! ET T'AS JAMAIS RIEN BRANLE DE TA VIE POUR MOI !

- Ne me parle pas sur ce ton !

Edward se rapprochait et esquissait un mouvement pour le pousser.

- NE ME PRENDS PAS POUR UN CON !

Je me rapprochais, attrapant le bras d'Edward.

- Viens, Edward... Viens... Je dois rentrer !

Marcus se tournait vers moi.

- Oui ! Rentrez ! Soyez au courant qu'Edward sera privé de visites durant la semaine ! Cette maison n'est pas un squatte ici ! C'est la maison de la paroisse. Je suis révérand. Je prends les décisions ici, ne vous en déplaise ! Vous n'avez rien à faire ici après 18h, Isabella ! Je ne laisse pas n'importe qui rentrer sous mon toit !

Putain ! Non mais incroyable !

- TU LUI PARLES PAS COMME CA !

Je me jettais vers mon copain, attrapant sa main de mes deux paumes, alors qu'il recommençait à vouloir pousser son beau-père.

- Edward... Calme-toi... Viens... S'il te plaît...

Marcus se reculait.

- Tu ferais bien de l'écouter !

Edward se rapprochait de lui mais je me plaçais devant lui, posant ma main droite contre sa joue pour qu'il me regarde...

- Edward, on s'en va ! Laisse tomber ! Calme-toi !

Mon coeur s'accélérait considérablement... Jusqu'où pourrait aller cette affaire ? Qu'allait-il se passer une fois qu'Edward serait seul avec Marcus si Elisabeth n'était pas rentrée entre temps ?

Il contournait le canapé, ramassait mon sac et balançait mes cahiers et crayons dedans. J'attrapais ma veste. Lui ne relâchait pas Marcus du regard.

- Je te ramène, Bella...

- Sage décision, lançait Marcus en partant vers son bureau. Et n'espérez pas revenir ici quand je serai là !

Il pouvait rêver !

- Rassurez-vous mon Révérand : ce n'est même pas la peine pour vous de faire une prière à ce sujet... je ne comptais pas revenir ici lorsque vous y serez !

Edward claquait la porte et nous atteignions rapidement son véhicule. A ce moment-là, sa mère se garait. Elle descendait, souriante. Edward avait raison, elle était fatiguée et peut-être un peu amaigrie...

- Vous êtes là les enfants ?

Je la saluais mais Edward ouvrait sa portière, sans dire un mot. Sa mère le regardait.

- Bonjour Trésor...

- Salut !

La voix dure et sèche d'Edward me surprenait. Il était plus qu'en colère...

- Votre journée s'est bien passée ?

- Oui, merci Elisabeth !

- Vous partez déjà, Isabella ?

J'échangeais un regard avec Edward qui allumait le moteur, le regard noir.

- Oui... Je vais aider ma mère...

- Dommage... Vous ne voulez pas rester diner ?

- Non, je vous remercie... Une prochaine fois peut-être...

- Vous aimez le pain de viande ?

- Oui... Bien sûr !

- Je vous en ferai un, c'est ma spécialité !

Je lui souriais. Elisabeth était une femme extrêmement généreuse.

- C'est très gentil...

- Tu rentres tout de suite, Edward ? Ou tu restes chez les Cullen un peu ?

- Dinez sans moi ! J'ai pas faim !

Il fixait la porte de la maison, tapotant sur son volant.

- Oh... Tu es contrarié toi ! Qu'est-ce qui t'arrive ?

Il ne répondait pas. La porte de la maison s'ouvrait sur Marcus.

- Elisabeth ? Ah ben enfin ! Il est 19h15 !

- Tu attends deux minutes s'il te plait !

La mère d'Edward soupirait et me regardait.

- Bella... Si vous avez un petit-ami, pensez à le nourrir correctement et ne lui donnez pas l'habitude d'une heure fixe...

J'eus un petit sourire.

- Elisabeth !

- Je vous laisse les enfants ! A tout à l'heure, Edward ! A bientot Isabella !

Je montais dans le véhicule et mettais ma ceinture. Edward reculait dans l'allée et passait la première pour me ramener chez moi...

*

Edward ne décrochait pas un seul mot durant tout le trajet. Il avait allumé la radio très doucement et conduisait sans rien faire de plus. J'étais à la fois gênée et triste. Gênée parce que c'était ma présence qui avait tout déclenché... Triste parce qu'Edward ne méritait définitivement pas de subir ça...

J'étais persuadée que le pasteur pourrait être violent... Edward n'était visiblement pas de nature patiente. Alice m'avait déjà dit qu'il n'était pas forcément très zen... J'en avais eu une belle démonstration !

Il s'arrêtait à un feu rouge et soupirait, appuyant sa tête contre le repose-tête de son siège. Il fermait les yeux un instant. Il me paraissait tellement las... Sa main droite posée sur le levier de vitesses tremblait légèrement. Pourtant, il ne faisait pas froid... J'aurai tant voulu trouver les mots... m'excuser... le réconforter... mais j'ignorais quelle était la marche à suivre... Quoi lui dire ? Comment ? Quand ? Jamais je n'avais eu à affronter une telle situation... J'avais cette chance infinie que ma famille recomposée s'entende bien. Edward avait perdu son père. Il n'avait personne d'autre que sa mère... Il ne pouvait aller nulle part...

Je faisais alors la seule chose qui me paraissait utile pour lui, même si cela ne rimait à rien... Je posais ma main sur la sienne sur le boitier de vitesses, faisant de petits cercles sur le dos de sa main avec mon index et mon majeur. Sa peau était fraiche et douce. Il sursautait, faisant bouger sa main.

- Shhh...

Il me regardait d'un air plus calme et retournait sa paume. Je glissais mes doigts entre les siens et lui adressais un petit sourire. Mes doigts se refermaient sur les siens et il fixait notre point de réunion. Le feu repassait au vert et je dénouais ma main pour le laisser manoeuvrer. Une fois reparti, il reprenait ma paume pour la presser brièvement...

Il se garait devant ma maison le long de la grande haie qui délimitait le terrain, et coupait le moteur. Je détachais ma ceinture et il en faisait de même. Dans l'habitacle, j'admirais son visage. Il m'adressait un petit sourire et me prenait contre lui. D'ici, personne ne pouvait nous voir... Encore quelques instants ensemble...

Je levais la tête vers lui et ses mains encadraient mon visage.

- Ca va, Edward ?

Il fermait les yeux, appuyant son front contre le mien. C'était comme si mon coeur se brisait... il s'était renfermé sur ses sensations et je me sentais terriblement coupable... Ses lèvres effleuraient les miennes avec légèreté et j'entourais sa nuque pour l'embrasser.

- Je suis désolé, Bella...

- Tu n'as pas à l'être... Ce n'est pas de ta faute...

Son visage grimaçait.

- Mais il t'a... il est vraiment... putain, il me donne envie de vomir ! J'peux pas supporter ça... j'peux pas...

Ses sourcils étaient froncés et il se peignait sur son visage une douleur que je ne lui connaissais pas... Je passais mes doigts dans ses cheveux, cherchant à capturer son regard.

- Edward ! Tu n'y es pour rien ! C'est lui qui t'a cherché !

- Dis pas ça... Je suis... je sais pas me contrôler... C'est comme si quand il est là... Je perdais tous mes moyens... J'étais bien là-haut avec toi et... il a fallu qu'il rentre en premier !

J'aurai presque cru qu'il allait se mettre à pleurer. Marcus n'avait d'homme d'église que le nom. Son comportement était inadmissible ! J'attirais Edward dans mon étreinte. Je me sentais un peu bête de ne savoir rien faire d'autre avec lui... mais il était tellement différent de ce que j'avais connu jusque là... Je ne voulais rien faire pour le blesser. Il nichait son visage dans mon cou.

- C'est pas grave Edward... Demain si tu veux après les cours, on ira chez moi...

- Je veux pas te déranger...

Ce fut plus fort que moi mais je me mis à rire. J'attrapais son visage pour le regarder.

- Idiot...

Lui me déranger ? Ce qu'il fallait pas entendre ! Il eut un petit sourire sans joie et je m'emparais de ses douces lèvres. Un nouveau baiser m'éloignait de cette réalité et en sentant ses bras m'aggripper fortement, j'en gémissais de bonheur, me blotissant contre lui. Il me pressait contre son corps et nos langues se rencontraient dans un élan de passion.

Nous avions échangé de nombreux baisers depuis samedi... Mais pas un comme celui-là... Il avait une saveur particulière. Je n'aurai su le décrire... En cet instant, j'aurai pu facilement dire que j'étais folle de lui et qu'il était fou de moi ! C'était comme s'il s'accrochait à ce baiser... Quelque chose n'était pas pareil... C'était presque... «mieux» ! Si tenté qu'il y ait «mieux» que d'embrasser l'homme que l'on aime...

J'attrapais la main d'Edward.

- Tu veux pas rentrer cinq minutes ?

Il tournait nos poignets joints en les regardant.

- Non... Je vais rentrer... J'aime pas laisser ma mère avec lui... J'ai toujours peur que...

Il n'avouait pas le reste de sa phrase mais je le comprenais : j'avais également cette impression et j'avais aussi peur que Marcus ne lui tombe dessus...

- Je comprends...

- On se voit demain ?

- Bien sûr !

Il eut un petit sourire et ses doigts effleuraient ma main. Nos lèvres se trouvaient pour la dernière fois de la journée doucement et après un dernier baiser langoureux et grisant, j'embrassais une dernière fois ses lèvres et quittais sa voiture pour rentrer chez moi.

*o*0*o*

Point de vue d'Edward.

J'étais rentré, direction ma chambre. Elisabeth s'était étonnée de me voir revenir si vite. Ma chaine-hifi allumée, je m'allongeais sur mon couvre-lit. Il portait encore un peu l'odeur de Bella... C'était tellement enhivrant de se dire qu'elle s'était allongée ici... Elle était là pour moi, intacte à mes souvenirs. Son odeur sur ma couette m'apaisait.

Elle était bien plus que mon échappatoire. Je venais de la ramener et je m'ennuyais déjà d'elle...

Ma mère toquait contre la porte.

- Edward... Je peux entrer ?

Je sursautais... J'étais totalement comateux... J'avais dû m'assoupir au gré de mes souvenirs... Je me levais pour ouvrir à Elisabeth. Comme d'habitude, elle m'avait apporté une assiette.

- Tiens Trésor !

J'adorais la cuisine de ma mère mais ce soir, ça ne passait pas.

- J'ai pas très faim Maman...

Elle soupirait, fermait la porte et posait l'assiette sur mon bureau. Elle s'asseyait sur le rebord de mon lit.

- Qu'est-ce qui se passe, Edward ?

- Rien... Je dois couver quelque chose !

Elle posait sa main sur mon front.

- T'as pas de fièvre pourtant et puis cette excuse, tu me la sors à chaque fois ! Est-ce que tu t'es disputé avec Isabella ?

Mon coeur se serrait en entendant son prénom...

- Non ! Je m'entends très bien avec elle...

Elle eut un petit sourire.

- Je sais... Elle a beaucoup d'influence positive sur toi depuis que tu la connais... Alors c'est quoi ? Une dispute avec Marcus ?

Elle savait. Elle le savait pertinemment que c'était ça.

- Edward... Pourquoi vous ne pouvez pas passer dix minutes dans la même pièce sans vous hurler dessus ?

Je me tournais sur le flanc droit, afin de ne pas voir dans ses yeux son questionnement.

Pourquoi ? Si seulement elle savait... elle était heureuse auprès de Marcus, je n'avais pas le droit de lui avouer tout ce qu'il faisait dès qu'elle avait le dos tourné...

- C'est sûrement de ma faute, Maman... Je suis désolé...

- Edward... Tu dis toujours que c'est de ta faute... Mais qu'est-ce qui est de ta faute ?

Si je n'étais pas là, elle aurait oublié le Sergent Masen ! Si je n'étais pas là, elle aurait peut-être eu d'autres enfants avec Marcus... Elle rêvait d'une famille nombreuse et parce qu'elle avait un fils de 17 ans qui lui donnait du fil à retordre, elle n'avait pas eu ce qu'elle aurait souhaité... Et ça, jamais je ne me le pardonnerai !

- Edward... je ne comprends pas de quoi tu te sens coupable...

De tout un tas de choses... de ne pas savoir me contrôler en la présence de Marcus...

- Chéri... si tu parlais... dis-moi ce qui ne va pas !

- Tout va bien Maman... Tout va super bien sous le soleil...

Elle n'avait pas à se faire du souci pour moi... Bientôt, mon bac et ma majorité en poche, je partirai, n'étant qu'un lointain souvenir pour elle.Elle pourrait avoir sa vie avec l'autre... Je reviendrai la voir de temps à autre, quand je viendrai voir Bella. Parce que je ne pouvais pas lui demander à elle aussi de quitter sa famille pour me suivre... Mais si elle le voulait, je voudrai rester son copain... On pourrait avoir une relation à distance quelques temps. Je me ferai du fric et je reviendrai après. Et si elle voulait encore de moi, peut-être qu'on pourrait avoir un appartement... ou alors elle pourrait rester chez ses parents et venir me voir tous les soirs... Marcus ne serait plus dans nos pattes et elle pourrait même dormir dans mon lit...

La vie ne tournait pas dans le sens que je l'aurai voulu. J'aurai aimé pouvoir offrir à Bella une relation de couple normale. Nos familles se seraient entendues, on aurait pu peut-être organiser un barbecue tous ensemble. Avec de la musique. Au lieu de ça, nous étions obligés de «nous cacher» de Marcus...

Pathétique !

C'est en entendant mon réveil que je comprenais que je m'étais endormi. Elisabeth n'était plus dans ma chambre mais l'assiette du diner était toujours sur mon bureau... Je m'étirais à peine que déjà, deux grands coups sur la porte me faisaient sursauter.

- ETEINS CE PUTAIN DE REVEIL ! JE NE PEUX PAS DORMIR !

Putain qu'il m'emmerdait ce gros con ! Ce fut plus fort que moi. J'attrapais le réveil et le balançais contre la porte !

Au moins, il est éteint !

Je me levais dans la seconde et ouvrais la porte.

- TU AS FAIT QUOI LA ?

- JE L'AI ETEINS TON PUTAIN DE REVEIL !

- TOI TU ME CHERCHES DEPUIS HIER SOIR ! TU VAS ME TROUVER ! MEFIES-TOI BIEN MASEN !! MEFIES-TOI !

- C'EST TOI LA ! TU ME FOUTRAS JAMAIS LA PAIX ! T'ES VRAIMENT QU'UN...

- EDWARD ! MARCUS ! ARRETEZ CA !

La voix d'Elisabeth hurlante me parvenait aux oreilles. Elle montait les marches, essouflée.

- MAIS C'EST VRAIMENT PAS POSSIBLE ! IL EST 6H45 ET VOUS ETES DEJA A VOUS HURLER DESSUS ! MAIS QU'EST-CE QU'IL FAUT QUE JE FASSE POUR QUE CA S'ARRETE ? QUE JE M'EN AILLE C'EST CA ? PARCE QUE JE VOUS PREVIENS QUE C'EST CE QUI VA FINIR PAR ARRIVER ! JE VAIS FINIR PAR FAIRE MA VALISE ET PARTIR DE CETTE MAISON !

- Si ton fils était plus respectueux, ça ne se passerait pas comme ça ! Tu es trop laxiste avec lui !

Ma mère reculait d'un pas.

- Es-tu entrain de remettre en cause l'éducation que j'ai donné à mon fils ?

- De toute évidence, oui ! Il y a eu des lacunes ! Ton fils est irrespectueux !

Elisabeth se rapprochait de lui, pointant son doigt sur son torse.

- Ne me redis jamais ça ! Tu m'entends ?

Elle se tournait brutalement vers moi.

- Quant à toi ! Tu n'es pas obligé de l'agresser dès qu'il te parle !

- Demande-lui qui m'a agressé dès que le réveil a sonné !

- En parlant de réveil Elisabeth ! Regarde ce qu'il a fait au sien !

Ma mère se tournait vers la porte pour voir les débris de l'objet. Ca allait être ma fête !

- Il le remplacera avec son argent ! Et maintenant, je ne veux plus vous entendre, ni l'un comme l'autre ! C'est clair ?

- Très clair maman !

Oh oui c'était très clair ! J'allais prendre ma voiture et partir maintenant ! J'irai chercher Bella pour l'emmener au lycée... Au moins avec elle, je pourrais avoir la paix !

*o*0*o*

Point de vue de Jasper.

7h35 et putain ça caille dehors ! - 9 degrés ! Vive le vent, vive le vent, vive le vent d'hiver... Benjamin et Bella sortaient, emmitouflés dans leurs habits et leurs bonnets.

- Fais chauffer la voiture, petite Tomate !

Elle se retournait vers moi.

- Prends-moi pour une truffe ! Je sais bien qu'il faut la faire chauffer !

- Je peux te prendre pour une truffe ?

- Crétin...

J'éclatais de rire. Bella au réveil était assez drôle ! J'attrapais la caméra et allais ouvrir le portail.

Une voiture noire en face attirait mon attention. C'est la bagnole d'Edward ça !

- Heh la tomate, viens voir !

- Quoi ?

- T'es sûre qu'il est rentré chez lui hier soir Edward ?

- Oui je l'ai vu partir pourquoi ?

- Ben parce qu'il est là !

- Allez te fous pas de moi !

- J'me moque pas de toi !

La frangine approchait et ses yeux s'écarquillaient.

- Qu'est-ce qu'il fait là ?

- Oh mais que c'est romantique ! Le jeune prince est venu chercher sa princesse pour aller au lycée !

Elle sifflait entre ses dents.

- Il est peut-être amoureux de toi, qui sait ?

Moi je le savais en tout cas ! Ca crevait les yeux !

- AIE !

Putain ! Mais elle a de la force c'te sale gosse ! Elle venait de me foutre un putain de coup de poing dans l'épaule... j'suis sûr qu'elle me l'avait déboité !

- Putain Bella ça fait mal !

- T'as qu'à la boucler, t'auras toujours mal mais on t'entendra plus ! lançait Bella en se dirigeant vers la voiture d'Edward.

Derrière moi, Benjamin éclatait de rire.

- J'adore ta soeur !

Si on pouvait même plus compter sur ses amis !

- Tiens, fourre ça dans le coffre et ferme-la !

D'ici, je voyais ma soeur taper contre la vitre. Elle attendait quelques secondes avant que la portière s'ouvre. C'était bien Edward qui en sortait. Wow ! Sale tête ! Il était tout blanc ! Bella et lui s'enlacèrent. Mais c'est qu'Emmett aurait presque raison : c'était pas très normal tout ça !

Benjamin eut la même pensée que moi :

- Wow... Ils sont plutôt proches, non ?

- C'est de leur âge !

- Blasé va ! Au fait, comment va Maria ?

Tiens Maria... ça me disait un truc ça !

- Aucune idée ! Je l'ai pas rappelé !

- Pourquoi tu la quittes pas ?

- Pourquoi, elle t'intéresse ?

Benjamin se relevait vivement.

- Moi ? Non ! C'est ta fiancée, mec !

- Faut vite le dire quand même !

- Tu l'as bien demandé en mariage, non ?

- J'étais bourré ce soir-là ! Elle l'a pris au pied de la lettre !

- Pourquoi tu lui dis pas que tu veux plus d'elle ?

- Je la laisse passer noël, elle le saura après !

- Tu t'es décidé ?

- C'est ma résolution pour l'année prochaine...

- T'as des drôles de résolutions toi quand même !

Ca lui allait bien de me dire ça à lui teh !

- Parce que prendre la résolution de plus péter au lit, c'est pas une drôle d'idée peut-être ?

Nous éclations de rire. Benjamin était vraiment un super pote, pour ne pas dire le meilleur ! On s'était rencontrés dans un amphi la première année d'études et depuis, on faisait rarement des choses séparément... sauf baiser peut-être !

Bella et Edward s'approchaient de nous. Bella avait l'air très sérieuse et lui très... comment dire ? vieux ! Pas vieux vieux avec des rides et tout, mais vieux dans le sens exténué, fatigué...

- Salut Edward !

- Salut...

Sa voix était enrouée. J'sais pas depuis combien de temps il était dans sa caisse mais il avait dû se congeler les miches ! Enfin, s'il avait eu des miches...

- T'aurais pu venir prendre le petit-dej avec nous au lieu de te les geler dans ta voiture !

- J'suis pas arrivé y a longtemps...

S'il le dit...

- Bon, on y va ?

- On va amener Edward !

- C'est toi qui voit petite Tomate... C'est ta caisse !

*

La volvo à peine garée, l'autre dingo d'Alice arrivait vers nous. Toujours souriante. Toujours aussi réactive. J'sais vraiment pas à quoi ses parents la dopent mais c'est pas joli joli !

- Oh Jasper, Benjamin ! Salut !

Pourquoi elle m'oubliait pas cinq minutes ?

- Salut !

- 'Lut !

Edward descendait en silence. Il avait pas été super bavard sur le trajet ! Il a dû avoir des emmerdes ! Immédiatement, Bella se rapprochait de lui et l'entrainait dans le hall.

- Mais qu'est-ce qui se passe ?

Alice revenait vers nous.

- Aucune idée mais ton pote était garé devant chez nous à 7h30 !

La copine d'Alice s'asseyait sur le muret face à nous, croisant ses chevilles et balançant ses pieds dans le vide.

- Il a dû encore se prendre la tête avec son beau-père !

- Son beau-père ?

- Le Pasteur Voltero !

Ah ouais ce mec-là... Je me rappelais de ce gars ! Il avait refusé de marier Rosalie et Emmett, faisant un scandale pas possible ! Un vrai con !

- Oulah ! Ca doit pas être facile de vivre avec un abruti pareil !

- Il s'en prend toujours à Edward...

- Pourquoi ?

- Parce qu'il est stupide !

Et ben ça au moins, ça venait du coeur !

Benjamin et moi sortions le matos mais tu crois qu'elle nous aurait aidé la petite ? Que dale !

- Vous filmez quoi aujourd'hui ?

- Sûrement pas toi !

- Tant mieux ! Je déteste les caméras !

- Pourquoi tu nous regardes, alors ? On fait un truc de cameraman je crois !

- C'est pas le «truc de cameraman» que je regarde !

- C'est quoi alors ? Mon cul ?

- En plein dans le mille !

QUOI ?!

- Pardon ?

Elle éclatait de rire et sautait de son mur avec agilité.

- Je vais voir Edward et Bella ! A plus !

Benjamin éclatait de rire.

- Elle t'a bien eu !

Comment une gamine de 17 ans pouvait être aussi énervante ?

*

La journée avait filé à vitesse grand V, pire que le TGV ! On avait passé l'essentiel de notre matinée à faire des séquences et à faire un montage avec les ordinateurs dans la bibliothèque. Il avait aussi fallu faire bonne figure devant Monsieur le Directeur qui, pour le bien de la presse présente qui s'intéressait à notre projet, avait fait semblant d'être très captivé par notre tournage. Alors que tu parles, cette andouille avait mis deux mois à se décider avant d'accepter notre présence ici !

Benji enregistrait la dernière séquence et je repliais le micro qui prenait le son.

- Bon qu'est-ce qu'on fait ? Il est 16h15. On va faire les plans de la forêt qui jalonne le derrière du bahut ?

- Tu veux le faire maintenant ça ?

- Ben ouais, ça nous éviterait de venir demain trop tôt !

Ah dormir ! Ca c'était une belle option !

- Belle idée mon cher !

- C'est pour ça que tu m'aimes !

- Yes !

On attrapait le matériel et quittions la bibliothèque sous le regard sévère de Mrs Rubentis. Josette.... Ah Josette ! Elle était déjà là quand j'étais au bahut et elle pouvait pas me blairer ! Ceci dit, moi non plus !

- Veuillez quitter les lieux silencieusement, Monsieur Cullen. Sinon je ne vous autoriserai pas à revenir faire vos affaires dans cette bibliothèque !

- Détendez-vous Josette ! On sera aussi discrets que des éléphants !

Elle s'indignait et j'éclatais de rire. Elle détestait que je l'appelle par son petit nom ! La Jojo ! J'avais fait ça durant toute ma scolarité et ça m'avait valu quelques soucis.

Faut bien s'amuser un peu !

Dans les escaliers, on croisait Alice. Mais ma parole, elle nous suit ou quoi ?

- Vous avez terminé ?

- Non, on va filmer les abords de la forêt, ça te dit de venir ?

Benjamin va mourir ébouillanté ce soir ! C'était une promesse !

- Bonne idée ! Je voulais apprendre mon histoire mais c'est plus intéressant !

- Non, tu sais faut pas négliger ses études ! Va travailler !

- J'ai décrété une pause de toute façon ! Je travaillerai chez moi !

- Tu devrais le faire ici, tu seras tranquille ce soir !

- C'est pas ton problème ça !

- Ben si ! A partir du moment où tu viens nous voir filmer, c'est mon problème !

- Laisse la venir ! En plus, je parie qu'elle nous embêtera pas !

Elle mimait une fermeture éclair sur sa bouche.

- Je serai aussi muette qu'une tombe !

- Charmant...

- Et puis je parie que c'est pas ce qu'on va filmer qui l'intéresse ! souriait Benjamin.

- Ooohh... Toi aussi tu as des dons de voyance ? s'exclamait-elle

Ah parce qu'en plus elle s'imaginait extralucide ou je ne sais quoi ? C'est pas givrée le terme qui lui correspondait, mais «foutrement dérangée du bocal» !

Quoi qu'il en soit, Benjamin et elle s'entendaient super bien ! Et c'était franchement juste super merdique d'entendre Benjamin lui dire :

- Reste derrière lui, tu verras mieux ses fesses !

- Excellente idée !

Trahi par son frère de coeur ! Y avait rien contre ce genre de trucs ? Même pas une loi autorisant la peine de mort pour ce genre de comportement ??

Je poussais le battant de la porte pour me diriger vers l'arrière. Je traversais une allée désertée de toute présence d'élèves. J'apercevais le banc vert un peu délabré dans un recoin à l'ombre. Mais ce que je vis me freinais direct !

Ma soeur.

Ma soeur assise à califourchon sur un banc.

Et Edward.

Edward allongé sur le même banc appuyé contre elle. Son dos contre le ventre de Bella, sa tête appuyée dans le cou de ma soeur. Elle avait sa joue calée contre la sienne et ils fermaient tous deux les yeux. Les bras de Bella entouraient le buste de son ami.

Enfin ami...

Ce dernier avait ses mains posées sur les bras de ma soeur et relevait le visage vers elle, embrassant sa joue... Elle souriait discrètement et penchait ses lèvres vers... LES SIENNES ???????

Putain de bordel à cul de pompe à merde !!!!!! Mais ils sortent ensemble ????? Mais genre, vraiment ? Avec les bisous avec la langue et tout ?

- Ils sont ensemble ?!

La voix d'Alice me secouait. Elle a bien vu pareil que moi ?!

- Mais ils... Putain ! Ils sont ensemble ! Mais vraiment ensemble ?

Elle avait besoin de lunettes, elle !

- Non, à mon avi ils sont entrain de compter le nombre de zèbres dans le coin !

- Ils se roulent des pelles et j'suis pas au courant ?!

Elle commençait à s'avancer, d'un pas décidé.

- Hé hé hé ! Reste là toi !

Je l'attrapais par le sac qu'elle avait sur le dos. Elle allait vraiment aller les engueuler là ? Elle était hyper légère et je la ramenais vers moi facilement.

- Demi-tour droite jeune fille ! Ca ne te regarde pas !

- Dis donc ça te va bien de dire ça toi ! C'est qui qui vient de beuguer la bouche ouverte en les découvrant ?

Benjamin arrivait avec le matos. J'attirais Alice en sens inverse pour revenir devant le lycée.

- On tourne pas ?

- Non, sauf si tu veux un documentaire sur comment rouler une bonne grosse pelle avec ma soeur en actrice principale !

Après quelques secondes de réflexion, Benjamin comprenait.

- On est pas payés pour ça !

- Définitivement pas !