leïla : Maria est un personnage de la saga Twilight qui a transformé Jasper en vampire. C'est pour ça qu'elle est souvent reprise dans les fics auprès de Jasper. Son histoire est développée dans le tome 3 de la saga.
Merci à coquette-pomme (Merci infiniment pour tous ces compliments =) merci beaucoup !), lou, Ousna, Roxanne, Twiladdict... Merci à toutes vraiment !
Mille mercis :) Je vous embrasse autant chacune/chacuns que j'ai de reviews =)
Je sais que j'ai pas répondu à tout le monde... J'ai pas vraiment d'excuses j'ai trulé comme d'habitude !
Bref... I hope vous allez aimer ce chapitre :)
Et rendez-vous lundi ou mardi pour la suite :)
Bon week-end !
Tiffany
J'adresse ici un remerciement tout particulier à fan-de-jacob-black qui m'a beaucoup apporté de détails sur la maladie de Hodgkin.
Sans sa participation spontanée, je ne pourrai vous expliquer au mieux l'aspect médical de la maman d'Edward et je ne pourrais vous proposer les détails que vous allez trouver dans ce chapitre !
Je la remercie donc infiniment pour s'être spontanément présentée à moi en m'expliquant tout ce qu'elle pouvait me fournir sur le sujet.
Je m'excuse également de ne pas avoir effectué ce petit apparté au chapitre précédent et j'espère qu'elle comprendra que ce n'est pas un manque de considération ni de respect...
Un immense merci donc à toi fan-de-jacob-black.
Merci de m'avoir contacté à ce sujet, j'en suis extrêmement honorée... Merci beaucoup !
Point de vue de Bella.
J'étais restée un long moment après le diner chez Edward. Il me faisait énormément de peine. Il s'asseyait près de sa mère, ne discutant pratiquement qu'avec elle, se faisant caliner. J'avais l'image de ce petit garçon que je n'avais pas connu, qui se serait blotti contre sa maman en quête d'un quelconque réconfort. Face à nous, dans un fauteuil, Marcus se tenait droit, la mâchoire serrée. Il observait le tableau d'Edward et Elisabeth les sourcils froncés.
- Tu vas rester longtemps à l'hopital, Maman ?
- Au moins quatre ou cinq jours mais je ne sais pas exactement... Les examens que je vais subir nécessitent ma présence là-bas et leurs résultats en décidera du temps que j'y passerai...
- Je pourrais venir te voir ?
- Bien sûr mon chéri ! Et maintenant que tu as un portable, je vais pouvoir t'appeler n'importe quand...
Edward eut un petit sourire et reposait sa tête contre l'épaule de sa mère. Marcus se levait d'un bond.
- Enfin Edward ! Réagis ! On dirait un vrai bébé ! Sois un homme merde !
Oh Seigneur... Mais pourquoi personne baffait cet homme ? Il ne montrait pas la moindre émotion pour la maladie de sa propre femme... J'espérais que ce soit pour se protéger qu'il restait stoïque... parce qu'il s'en foutait, ce mec était un salaud fini !
Elisabeth fronçait les sourcils et Edward se redressait.
- Parce que être un homme c'est être indifférent à l'avenir de sa femme ?!
- C'est montrer un peu plus de courage !
- J't'en ficherai moi du courage !
Marcus eut un rictus mauvais. Elisabeth se relevait.
- Edward, Isabella... Montez à l'étage !
- Parce que tu les envoies toi-même faire je ne sais quoi là-haut ? Il en est hors de question ! Pas sous mon toit !
S'il savait ce crétin ce qui s'était passé ce matin...
- Edward, Bella... Montez à l'étage !
L'ordre de sa mère était très clair et Edward m'attrapait la main pour monter dans sa chambre. Nous n'avions pas ouvert la porte qu'on entendait deux voix s'élever d'en bas...
Je m'installais sur le lit d'Edward alors qu'il écoutait à côté de la porte.
- JE ME FAIS ASSEZ DE SOUCIS COMME CA AVEC CETTE HOSPITALISATION ! J'ATTENDS DE TOI QUE TU RESPECTES UN MINIMUM MON FILS !
- IL NE ME RESPECTE PAS UN BRIN !
- POURQUOI EST-CE QUE TU LE CHERCHES SANS ARRÊT AUSSI ? SAIS-TU A QUEL POINT CA M'EST DIFFICILE DE ME DIRE CE QUE JE LUI INFLIGE AVEC CETTE MALADIE ? EST-CE QUE TU PEUX COMPRENDRE CA MARCUS ?
Edward soupirait et refermait la porte. Il appuyait sa tête contre le bois. Il n'était clairement pas heureux...
Je me levais et m'approchais de lui, enlaçant sa taille par derrière. Je posais ma tête dans son dos.
- Si j'étais pas là... elle souffrirait moins de me faire du mal...
Sa main se posait sur les miennes nouées sur son ventre.
- Tu es son fils et elle t'aime... Elle veut que tu sois heureux... Aucune mère au monde ne veut faire la souffrance de son fils mais celle-là... elle est inévitable !
Il se retournait dans mon étreinte et embrassait mon front avant d'aller mettre de la musique et de s'allonger sur son lit. Il tapotait la place à côté de la sienne et je m'y réfugiais.
- Tu seras le bienvenu chez nous si tu en as envie pendant qu'Elisabeth sera à l'hôpital...
- Merci Bella...
En bas, les voix étouffées nous parvenaient. Je savais que, comme moi, Edward tentait d'entendre.
- Ca serait tellement bien si mon père n'était pas mort...
Je m'allongeais sur le flanc face à lui et observais son visage fatigué et sans joie. Il émanait parfois de lui une certaine lassitude... comme s'il était résigné à ce que sa vie ressemble à ça pour toujours ! Je caressais ses joues.
- Sûrement... mais tu ne peux pas lutter contre ça... Il faut faire avec ce qu'on a ! Jasper dit toujours : «On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a pas !»
- Il cogite trop ton frère aussi !
J'eus un petit rire.
- C'est vrai... Mais parfois, il a raison ! Ce que je veux dire, c'est que tu as en toi certaines choses et il faut que tu apprennes à composer avec...
Il soupirait et son regard fuyait, fixant un point imaginaire sur mon buste.
- Je voudrais faire au mieux avec Marcus mais... Des fois je me dis que si j'étais pas là, il serait peut-être moins odieux et que maman et lui ne se disputeraient pas... C'est comme s'il ne m'avait jamais supporté... Quoi que je fasse, ça n'allait jamais... Je me rappelle quand j'étais petit... Je sais pas j'avais six, sept ans... A l'époque je réalisais pas qu'il pouvait être comme ça... C'était le seul repaire masculin que j'avais. Et quand il me disait que ce que je faisais n'était pas bon, j'essayais de m'améliorer... J'étais petit, je venais d'apprendre à écrire et j'étais rentré tout content de l'école parce que j'avais eu un 7 sur 10 en auto-dictée... Je lui ai montré... Il a déchiré ma feuille et il m'a dit de ne plus rien lui remontrer tant que je n'avais pas 10 !
- Mais il est con ou quoi ?
- A l'époque... j'avais pas compris... je m'étais dit que 7 finalement, c'était mal... que j'avais mal étudié... Il m'a dit : « Ta mère voudrait un fils intelligent, pas un troisième de classe!»...
- C'est complètement stupide !
- Ce soir-là, ma mère était revenue en pleurant. J'ai longtemps cru que c'était à cause de mon 7 en dictée...
- Et pourquoi elle pleurait ?
- Elle avait appris la mort d'une personne âgée à laquelle elle avait donné beaucoup de son temps... Mais Marcus m'a répété ce soir-là que c'était de ma faute ! Que si je lui avais ramené un 10, elle aurait été consolé...
En fait, Marcus avait passé sa vie à répéter à Edward que tout était de sa faute ! Qu'il était responsable ou non du bien-être de sa mère...
- Je m'en suis senti mal pendant des semaines... J'avais peur aux dictées à chaque fois parce que je me disais que si j'avais pas 10, Elisabeth pleurerait...
- Ce n'était pas de ta faute, Edward ! C'était une coincidence malheureuse dont Marcus s'est abominablement servi...
- Il a fait ça depuis qu'il vit chez nous... Jamais il ne m'a encouragé dans quoi que ce soit... Et moi... j'attachais de l'importance à ce qu'il disait... Parce que c'était un homme respecté. Il est Révérand... je trouvais ça impressionnant que chaque semaine, des tas de gens aillent l'écouter parler dans un silence effrayant...
- Tu l'as pris en référent en quelque sorte...
Il acquiessait et eut un petit rictus.
- Je voulais devenir comme lui quand j'étais petit... Pathétique, hein ?
Je me redressais sur un coude alors qu'il s'allongeait sur le dos.
- Non... Marcus a été ton seul modèle masculin pendant toute ta vie. Tu n'avais pas ton père ni un grand-père ou un oncle à proximité... Tout petit garçon a besoin d'une référence... Marcus était là... C'est normal que tu ais voulu qu'il te prête attention...
- J'ai toujours eu l'impression de les déranger... Quand il embrassait Maman dans le salon, il me disait : « Edward, monte dans ta chambre!», « Edward, va dans le jardin !»...
- Il se débarassait de toi ?
- Ouais... Enfin je crois que c'était ce qu'il voulait et ce qu'il veut encore : que je me casse... Il veut ma mère pour lui tout seul...
Quelque chose m'échappait.
- Je peux te poser une question ?
- Oui ?
- Est-ce que... enfin tu es d'accord que ta mère est très droite... Pourquoi elle reste avec lui ? Ne voit-elle pas le mal qu'il t'a fait ou te fait encore ?
Il haussait les épaules.
- Marcus a toujours agi dans son dos... Elle sait qu'on s'entend pas... Elle le voit, elle est pas idiote... Mais il lui dit que c'est à cause de moi... Et elle sait aussi que j'ai jamais été très social...
- Il la manipule tu crois ?
- Peut-être...
- Ce mec est un porc !
C'était sorti ! Et honnêtement, il le fallait ! Edward eut un sourire et puis un petit rire. Il se retournait face à moi et m'attirait contre lui.
- Ma Bella...
Je me serrais contre lui au plus possible, profitant de sa chaleur.
- Tu n'es pas seul, Edward... Je suis là et je vais rester avec toi ! Carlisle va s'occuper de ta maman et je te promets qu'il fera tout pour la sauver... Jenks est un oncologue vraiment très réputé ! Ils vont tout faire pour qu'elle soit dans les 80% de patients en rémission...
- Elle va... avoir tellement mal...
- Shhh... Edward... Elle va s'en sortir... Elle va combattre cette maladie. Elisabeth est forte, elle ne va pas abandonner la partie...
- Si j'étais pas si égoiste, je voudrais qu'elle rejoigne le Sergent... Elle serait plus heureuse près de lui et...
- Edward ! Elisabeth veut rester avec toi... Le sergent veille sur vous deux et il va tout faire pour que l'amour de sa vie reste auprès de l'autre amour de sa vie...
Et ça, j'en étais persuadée ! Elisabeth ne voulait pas mourir pour aller retrouver Edward Senior !
- Et maintenant, embrasse-moi au lieu de dire des âneries pareilles !
Edward eut un petit sourire et attirait ma nuque de sa main pour m'embrasser. Sa langue caressait ma lèvre inférieure et je lui accordais l'entrée de ma bouche pour savourer son baiser.
Après plusieurs embrassades et un gros calin dans ses bras, je m'appuyais contre la tête de son lit tandis qu'il reposait son visage contre ma poitrine, fermant les yeux.
- Essaie de t'endormir... Ca te fait beaucoup d'émotions pour la journée...
- D'accord...
Il attrapait de quoi se changer et filait dans la salle de bains avant de revenir en tee-shirt avec son pantalon bleu de pyjama. Il s'installait dans la couette près de moi et je l'embrassais une nouvelle fois avant qu'il ne se couche.
- Bella ?
- Oui ?
- Tu nous accompagneras quand ma mère rentrera à l'hopital ?
- Bien sûr, Edward !
- Promis ?
- Promis...
Il eut un petit sourire et nouait ses doigts aux miens. Petit à petit, il fermait ses yeux tandis que je lui massais légèrement le crâne. Une bonne dizaine de minutes plus tard, il dormait... En bas, je n'entendais plus personne crier.
*
J'étais entrain de me relever du lit pour allonger Edward et partir quand Elisabeth entrait le plus silencieusement possible.
- Il s'est endormi ? me demandait-elle doucement
Son regard se posait sur le corps recroquevillé de son fils alors que j'arrangeais la couette sur lui.
- Oui... Il y a une heure...
Elle s'avançait dans la pièce et le regardait comme s'il n'y avait que lui au monde. Ses yeux brillaient de larmes et je me surprenais à avoir envie de pleurer. Elle était seule face à la mort... Elle ne pourrait compter que sur elle-même...
Elisabeth s'agenouillait devant le lit et passait sa main sur quelques mèches de cheveux de son fils. Edward dormait profondément. Je crois que j'aurai pu rester à le regarder dormir toute la nuit... Il était si calme... On aurait dit un petit bébé...
- Je compte sur vous, Bella... Je sais qu'il ne s'en remettrait pas facilement si je devais mourir alors...
Elle reniflait et je m'approchais d'elle, pressant son épaule.
- Ayez confiance Elisabeth... Vous pouvez le faire...
Elle portait la main d'Edward sur son coeur puis l'embrassait, tout en caressant son visage.
- Je veux pas le quitter... Il est trop jeune et je sais que Marcus ne s'occuperait pas de lui parce qu'ils ne se supporteraient pas, alors...
Sa voix se brisait et je réprimais difficilement mes larmes. Qu'on me préserve de ça... de ce combat difficile... De la simple idée de me dire que je pourrais mourir et que j'allais devoir affronter la Mort elle-même, face à face...
- Vous allez vous battre... Mon père va vous adresser aux meilleurs spécialistes... Vous serez bien prise en charge et il fera tout... Je vous le promets !
- Occupez-vous d'Edward, Isabella... Ne le laissez pas se renfermer... Je sais comment il est... Il a besoin de ses attaches, de ses petits repères... Parlez-en à Alice... Elle vous aidera et...
Elle paniquait, ça s'entendait dans sa voix...
- Elisabeth ? Restez calme... Edward ne sera pas tout seul je vous le promets... On va tous l'aider et on va tous vous aider ! On va faire bloc autour de votre famille.
Elle attrapait ma main et la pressait dans un faible sourire. Elle embrassait son fils toujours endormi et m'entrainait hors de sa chambre qu'elle refermait.
- J'ignore combien de temps je resterai à l'hopital mais durant ce temps, sentez-vous libre de venir ici aussi souvent que vous le souhaitez pour rester avec Edward et si vos parents sont d'accord, j'aimerai qu'il aille chez eux de temps en temps... pour sortir avec vous... être auprès de vous... J'en parlerai au Docteur Cullen...
Ca m'étonnerait que l'autre vieux schnoc l'entende de cette oreille...
- C'est entendu !
- Merci... Merci beaucoup...
Elle m'étreignit brièvement mais ne me lâchait pas la main.
- Je suis heureuse qu'il soit avec une fille comme vous...
Je ne savais pas trop quoi lui répondre... Jamais je n'aurai cru qu'Elisabeth accepte aussi bien cette relation et me «confie» instinctivement son fils...
- Est-ce que vous voulez rester dormir ?
- Non... Je crois que je vais rentrer...
- Je vous offre un thé, quelque chose ?
Je me laissais tenter par le thé. Elle m'installait dans la cuisine et nous passions une vingtaine de minutes à discuter de diverses choses. Elle évitait consciencieusement sa maladie... Elle m'interrogeait beaucoup sur ma famille, mes frères et soeurs, mes envies, mes rêves...
Au moment où je me levais pour partir, Edward descendait les escaliers en se frottant les yeux, les cheveux en bataille.
- Bella... Tu es encore là ?
Je me rapprochais de lui en souriant. Il était carrément sexy en tee-shirt et en bas de pyjama... - Dis-le si tu veux que je m'en aille...
Il soupirait en souriant et m'attirait contre lui. J'entourais sa taille de mes bras et m'appuyais contre son torse.
- Tu racontes énormément de conneries la nuit toi, hein ?
Je riais et sentais ses lèvres contre mon front. Nous restions quelques instants l'un contre l'autre.
- Je vais rentrer...
Edward encadrait mon visage de ses douces mains et ses pouces balayaient tendrement mes joues. La combustion spontanée me guette !
- D'accord... Fais attention sur la route !
- Oui Papa !
Le large sourire de mon petit-ami me réconfortait quelque peu et il se penchait pour m'embrasser légèrement. J'étais intimidée par la présence d'Elisabeth derrière nous et je crois qu'Edward aussi...
Je regagnais ma voiture après avoir salués Edward et sa mère et rentrais chez moi. Il était presque 1h du matin mais le salon était allumé. Je craignais que mes parents ne se soient inquiétés mais en fait, Emmett et Rosalie étaient là. Mon père et ma mère semblaient un peu anxieux. Jasper et Emmett, comme d'habitude, buvaient une bière affalés dans le canapé, Maria et Rosalie contre eux.
- Alors la Tomate, c'est à cette heure-ci qu'on rentre ?
- File dans ta chambre, t'es punie !
Ils éclataient de rire. Ils avaient encore bu... Ils étaient déjà infernaux sobres, alors bourrés... Esmé leur retournait un regard sévère.
- Jasper ! Emmett ! Ca suffit ! Alors Bella... Comment il va ?
Je m'asseyais entre mes parents.
- Pas très bien...
- Et Elisabeth ?
- Elle essaye d'être forte mais elle a craqué ce soir...
Carlisle soupirait.
- Elle avait été forte jusqu'à présent mais je suppose que l'annoncer à Edward a dû lui faire prendre conscience réellement de ce qui se jouait...
Face à nous, Jasper et Emmett fronçaient les sourcils.
- Y a un souci ?
- La mère d'Edward a un cancer... soupirais-je.
Je ne pourrais oublier la détresse et les larmes d'Edward... La façon avec laquelle il avait essayé de trouver des réponses à toutes ses questions... La façon dont il était tombé dans les bras d'Elisabeth...
J'ignorais pourquoi mais j'éclatais alors en sanglots. Edward allait avoir tellement mal si elle partait...
*o*0*o*
Point de vue d'Esmé.
Carlisle et moi en avions longuement parlé avant d'aviser Bella de la situation. Elle était un peu trop impliquée auprès d'Edward je crois pour pouvoir supporter la nouvelle. Elle s'était mise à pleurer... Je doutais de la façon dont elle pourrait supporter tout ça... Elle n'avait que 17 ans après tout ! Elle n'avait pas à encaisser tout cela et être forte pour tout le monde !
- Chérie... Calme-toi...
J'admirais la présence de Rosalie auprès de Bella. Leurs disputes étaient extrêmement rares et chacune avait cet instinct pour savoir quand l'autre souffrait ou vivait quelque chose d'important. J'avais la chance que ma belle-fille soit aussi proche de ma fille. C'était parfois bien difficile d'aider correctement ma Bella adolescente, bien que l'on n'ait pas à se plaindre de son comportement.
Les larmes de ma fille se tarissaient petit à petit.
- On t'en demande trop, Bella...
Bella reniflait et Rosalie lui tendait un mouchoir. Elle se redressait.
- Non... Je dois le faire pour Edward...
Rosalie fronçait les sourcils et dégageait une mèche de cheveux derrière l'oreille de sa soeur.
- Tu lui as dit qu'il pourrait venir quand il le souhaitait ?
- Oui... Maman ?
- Oui ?
- Tu peux aller chercher Papa ? Je voudrais lui poser des questions...
- D'accord...
J'ignorais si c'était le fait qu'elle veuille vraiment avoir des réponses médicales ou confier quelque chose à sa soeur. Toujours est-il que je retrouvais Carlisle avec Emmett, Jasper et Maria en bas.
- Comment elle va la Tomate ?
- Ca va mieux... Carlisle, tu peux monter la voir ?
- Esmé... J'ai jamais été doué pour ce genre de trucs féminins tu le sais !
Je ne pouvais réprimer un léger sourire. Carlisle était un père vraiment très présent, mais pour tout ce qui était confessions féminines, il n'avait jamais eu de jugeotte. Il lui avait fallu trois mois avant qu'il ne comprenne que j'étais tombée amoureuse de lui !
- Je crois qu'elle veut simplement te poser quelques questions à propos de la maladie d'Elisabeth...
- J'arrive !
Il me suivait à l'étage. On toquait à la porte et Rosalie et Bella semblaient en pleine conversation très agitée... Aucun doute, elle parlait garçons ! Rosalie avait un large sourire et Bella rougissait. Ca, c'était clair : ma fille était amoureuse et j'étais prête à parier que l'homme qui la mettait ainsi était Edward !
Carlisle et moi nous installions dans sa chambre.
- Qu'est-ce que tu voulais savoir, Bella ?
- Qu'est-ce qui va se passer pour Elisabeth pendant son hospitalisation ?
- Et bien... Pour commencer, on va établir un diagnostic définitif. On fera des biopsies de ganglions lymphatiques qui confirmeront de manière sûre le cancer. Ensuite, si c'est le cas, on embrayera sur la première séance de chimio...
- Ca prendra du temps ?
- Raisonnablement de dix à quinze jours si la maladie de Hodgkin est confirmé !
Le visage de notre fille se décomposait.
- Quinze jours ? Mais... et Edward qui croit qu'elle en a pour moins d'une semaine...
Rosalie lui massait les épaules.
- On va lui implanter aussi un petit boitier sous la clavicule qui sera relié à une veine centrale et qui nous permettra de faire les injections de chimio. Comme c'est sous anesthésie générale, elle reviendra. Mais ensuite, les séances de chimio se feront à l'hopital dans la journée et elle pourra rentrer chez elle le soir si tout va bien ! Mais il ne faut pas imaginer qu'elle n'aura qu'une hospitalisation... On va la surveiller de très près, pour n'importe quoi. Du petit rhume à la forte fièvre. Ses défenses immunitaires seront mises à mal et il faudra surveiller la moindre infection...
- Elle sait tout ça ?
- Oui, Jenks et moi lui en avons parlé...
- Et elle en a pour combien de temps de chimio ?
- Ca dépend mais plusieurs mois c'est certain ! Encore une fois, il nous faudra les résultats de la biopsie pour établir un traitement juste...
- Elle peut s'en sortir ?
- Tout dépendra du stade de la maladie. Si elle est prise entre le premier stade et le deuxième, on peut la guérir. Au delà, ça devient plus compliqué...
- Pourquoi ?
- Parce que le cancer n'a pas le temps de trop s'étendre aux régions voisines dans son corps. En le prenant tôt, on limite sa propagation dans le corps, tu comprends ?
Bella acquiessait.Carlisle prenait vraiment son temps pour lui expliquer les choses calmement. Je voyais bien chez ma fille qu'elle s'inquiétait. Après tout, c'était la première fois que nous étions confrontés de près à une maladie aussi lourde. Carlisle lui, avec sa précédente compagne, l'avait déjà vécu !
- Ne t'inquiète pas Bella, on fera tout pour sauver sa mère, d'accord ?
- Edward se sent vraiment mal par rapport à ça...
- Je sais chérie... On va tout faire pour qu'il retrouve Elisabeth en bonne santé.
- Merci Papa !
- Je t'en prie... Quand tu le verras, tu peux lui dire que s'il veut des précisions, il peut venir m'en parler. Je n'en ai techniquement pas vraiment le droit mais je pense qu'Elisabeth voudra que je le rassure un maximum. Il risquerait de ne pas comprendre les termes médicaux auxquels ils seront confrontés.
- Je lui dirai...
Rosalie serrait la main de sa soeur.
- Et puis, ça serait bien si vous en profitiez pour sortir, lui changer les idées. Il faut qu'il évite d'y penser. D'accord ?
- C'était prévu !
J'entendais Karlyne pleurer dans sa chambre.
- Je vais aller la voir...
Carlisle se levait derrière moi.
- On vous laisse discuter, je vais aller me coucher, je me lève dans cinq heures. Vous restez autant de temps que vous voulez les enfants, vous ne nous dérangez pas ! A demain !
Mon époux et moi-même embrassions tout le monde et nous dirigions vers Karlyne qui réclamait son biberon. Que cela me semblait si compliqué pour des adolescents de 17 ans d'entendre parler de tout ceci...
..::..
Point de vue de Jasper.
Ben dis donc ! Ambiance bien tendue dans la maison ! J'imaginais à peu près ce qu'Edward ressentait et c'était franchement pas drôle ! J'avais pas vécu la mort d'Evie parce que j'étais trop petit mais je connaissais l'absence d'une mère. Bien qu'on ait pas eu à se plaindre avec Esmé !
Bella était partie les accompagner à l'hopital en ce samedi avec Alice. Emmett était venu avec Rose et nous étions autour d'un billard dans la salle de jeux de la maison.
- Faudrait qu'ils sortent ce soir !
- T'as raison frangin !
- Ils vont pas vouloir...
- Et ben on les forcera ! T'as pas joué au baseball juste pour te forger un corps si athlétique Emmett ! T'auras qu'à les pousser dans la voiture !
Maria arrivait.
- Une sortie ce soir ? Mais minou ! Je voulais qu'on parle !
Méfie-toi toi ! Le minou il va finir par sortir les griffes !
- Parler de quoi ?
Je m'apprêtais à tirer la dernière boule, si je la mettais, je pourrais shooter la noire et gagner contre Emmett !
- De l'organisation de notre mariage en Juin !
La queue ripait sur mes doigts, je manquais mon coup. Qu'est-ce qu'elle vient de dire là ?
- De quoi en quoi ? J'ai mal compris !
- De notre mariage au mois de Juin ! On a déjà tout réfléchis avec mes parents : on fera ça dans la petite église au coin de la rue Fellington tu sais à deux rues de chez nous à Los Angeles ! Charlotte sera mon témoin et Emmett sera le tien et...
- Aaaaattends voir là... C'est quoi cette blague là ?
- C'est pas une blague minou !
Argh putain mais elle va pas arrêter de m'appeler comme ça ?
- Attends... Tu veux dire que tu as TOUT prévu ?
Elle acquiessait. Mais elle me prend pour un jambon là où quoi ?
- Et demander l'avi du concerné, ça t'a pas traversé l'esprit ?
- Ecoute Jasper ! Si on t'écoutait, jamais on se marierait, jamais on se serait trouvé une maison, jamais on aurait vécu ensemble ! T'as peur de t'engager et si on te pousse pas, tu fais rien !
- Mais enfin Maria ! On te parle de mariage là ! Pas d'acheter un paquet de serviettes hygiéniques !
Emmett éclatait de rire mais moi, ça me faisait pas marrer !
- Toi, la ferme !
Non mais attends, j'hallucine en couleurs !
- Si je t'avais pas poussé, on aurait pas vécu ensemble dans cette maison ! On a presque 25 ans ! Il est temps ! Ca fait un an qu'on est fiancés ! On a déjà tout prévu avec mes parents !
- Mais c'est pas une raison bordel !
Elle se rapprochait de moi.
- Ce mariage ressoudera notre couple ! On peut encore s'aimer passionnément Jasper !
Elle avait décidé de me faire mourir étranglé par tant d'absurdités ou quoi ? Parce que si c'était le cas, c'était réussi ! et l'autre derrière ce gros con qui se marrait !
- T'es foutu Jazz !
Et le pire, c'est qu'il avait raison !
- Putain ! Faut que j'aille fumer un joint !
Emmett et Rose éclataient de rire. Bordel de merde !
Je m'installais sur le balcon et roulais ma clope. Et merde, en rade de briquet ! Putain fait chier ! Je filais à la cuisine et attrapais une allumette.
- Tu ne fumes pas dans la maison, Jasper... me sermonnait Esmé
- Non non t'inquiète !
J'allumais ma cigarette et ressortais pour éviter que ça sente partout. Putain j'suis dans la merde ! En fait, je crois que j'avais jamais eu les couilles pour lui dire la vérité à Maria. Que le soir de ma demande, j'étais beurré et que j'avais parié 100$ que je ferai cette demande avec un copain. Maria, c'était mon premier amour. Mon premier véritable amour. Mais dès l'instant où j'avais accepté qu'on vive ensemble, les choses avaient dégénéré !
J'arrivais pas à me résoudre à la quitter. En fait, c'était moi le jambon dans l'histoire ! A pas vouloir lui faire de mal avec la vérité, je m'étais piégé tout seul ! et là, il était big le piège ! Mais big de chez big ! Et j'étais dans la merde jusqu'au cou ! En fait, j'étais trop gentil avec elle. Et puis bon... On a quand même vécu une très forte histoire d'amour ! Elle a toujours été patiente avec moi. Je l'avais trompé deux fois ! Les deux fois elle avait su. Les deux fois, elle m'avait pardonné. Je l'avais plus jamais refait parce qu'elle avait accepté la chose, me pardonnant et, persuadée qu'elle était responsable de cet état de faits, m'avait juré d'être une meilleure compagne...
Pas que Maria était désagréable, loin de ça ! Mais elle n'avait plus ce grain de folie qui m'avait plu quand je l'avais rencontré. Elle était complètement cyphonée, très originale ! Elle pétillait, s'habillait avec beaucoup de couleurs. Elle peignait de très beaux tableaux abstraits que j'adorais contempler. Avant de vivre ensemble, on alternait : un soir chez elle, un soir chez moi. On passait des heures à discuter, sans se soucier de rien. Y avait c'te putain de flamme passionnelle entre nous deux ! Ce truc qui faisait que j'avais voulu que ce soit elle.
Mais bon, elle s'était mise à parler d'appartement, de lit commun, de «Chez-nous»... D'un tas de trucs pas pour moi ! J'avais sûrement pas envie de tout ça ! Pas avant mes 40 ans au moins ! Et me voilà enterré jusqu'au pif ! J'allais intégrer ce putain de schéma des humains : trouver sa moitié, faire sa vie, un beau mariage qui te ruine, et deux ans plus tard un beau bébé qui viendrait enrichir la population. De nos jours, si t'as pas ça, t'es un râté ! Et si j'ai envie d'être un râté moi ? J'pense franchement pas qu'on pouvait dire qu'on ratait son existence si on avait pas sa famille ! Y a des tas d'autres trucs, merde ! Voyager, réussir, aboutir à son rêve, être heureux !
Et honnêtement, je pense pas que passer son temps à nettoyer le cul de son mome s'apparente au bonheur absolu !
Foutu système de merde !
La porte d'entrée s'ouvrait et Rosalie me rejoignait.
- Je peux ?
- Je croyais que t'avais arrêté !
Je lui tendais la cigarette pour qu'elle en prenne une bouffée. Elle haussait les épaules et me la rendait.
- J'ai arrêté !
Sacrée Rose !
- Qu'est-ce que tu vas faire pour Maria ?
- J'en sais rien...
- Elle t'aime, Jazz ! Mais toi, tu l'aimes plus...
- Non, ça n'a rien à voir !
- Si, ça a tout à voir ! Tu la rejettes en masse. Pourquoi tu la quittes pas ?
- Si je te disais que j'y arrive pas, tu me croirais ?
Elle acquiessait et reprenait ma cigarette.
- C'est pas facile ! Regarde, quand Emmett flirtait avec cette nana y a deux ans... J'ai jamais pu me résoudre à le quitter...
- C'est vrai ça ! Elle est devenue quoi la nénette ?
- Elle a déménagé au Canada... Mais bon tu vois, je me disais : « ce type c'est pas pour moi finalement !» et puis j'ai pas pu me résoudre. Finalement, tout est rentré dans l'ordre. En fait des fois, t'en as marre des gens mais c'est des périodes !
- Ca fait quand même un bail que Maria me gave !
- Reconnais que t'es pas indulgent avec elle ! T'as un sacré caractère de merde, surtout en ce moment ! Mais je crois que si elle te saoulait tant que ça, tu l'aurais quitté depuis longtemps. Soit t'es amoureux d'elle, soit tu t'attaches trop aux bons souvenirs que t'as avec elle !
- Et comment tu sais quand c'est le bon cas ?
- Il faut que tu t'accroches ! J'veux dire... Si tu l'aimes ben elle va te saouler encore un peu mais d'ici quelques temps, ça te branchera de l'épouser. Si t'es attaché qu'aux souvenirs, ça passera pas et là tu sauras qu'il faut arrêter tout ça !
Elle a fumé la frangine ou quoi ? Elle déteste Maria ! Enfin oui, elle a fumé ma clope mais c'est pas de l'herbe que j'ai mis dedans !
- T'es entrain de me dire, toi, Rosalie Cullen, qu'il faut que je persévère avec Maria, une fille qui t'énerve au plus haut point ?
Elle écrasait ma cigarette dans le cendrier qui restait dehors en permanence à chaque fois que je venais à la maison.
- Je me fous d'elle, mais je pense à toi ! Je veux pas que tu fouttes en l'air l'histoire d'amour la plus importante pour toi, juste parce qu'elle t'énerve un peu ! Dans la vie, faut s'accrocher à ceux qu'on aime, même si c'est parfois dur ! Si tu savais le nombre de fois où j'ai envie d'emplatrer Emmett... Ca fait partie des couples, c'est pas pour autant que je suis mécontente d'avoir insisté pour sauver notre histoire et avoir la famille que je veux avec lui !
- Il te saoule souvent ?
Elle fit «non» de la tête dans un petit sourire et se rappuyait contre la rambarde du balcon.
- Non... Seulement quand il pète au lit !
Ca c'est ma frangine ! Dans un sens, elle n'avait pas tord.
- Bon, on sort ce soir ?
- Bonne idée !
La volvo de Bella se garait devant la maison et elle, Edward et Alice en sortaient. Et revoilà le schtroumpf joyeux ! Aucun d'eux n'avait le sourire mais le pire était sans doute ce pauvre mec !
- Alors ça y est ?
- Oui... Ils l'ont hospitalisé...
Edward s'appuyait contre la rambarde blanche.
- On sort ce soir, ça vous dit de venir ? On va en boîte !
- Oh oui ! Ca fait longtemps que j'y suis pas allée !
Ben tiens, ça m'aurait étonné que le lutin survitaminé soit contre !
- Edward ? Bella ?
Le dit Edward levait la tête vers nous.
- Très franchement, je me sens pas trop d'humeur à y aller...
- Ca te ferait du bien Edward... murmurait Bella
Elle était hyper patiente avec lui. Je l'avais jamais trop connu comme ça : douce, patiente, tendre et calme...
- Elle a raison ! Tu sais, faut pas que tu restes à végéter ! Ca aidera pas ta mère à guérir si elle te voit dépérir en attendant son retour...
Et ben ! Pour une fois qu'Alice dit un truc de posé ! Où est mon pic que je le grave dans la roche ?!
- Je sais pas si Marcus...
- Tu le vois quelquepart Marcus, toi ?
Edward regardait Alice et elle semblait vraiment sévère. J'avais franchement envie de me marrer ! Des fois, c'te gosse, elle avait des réactions marrantes ! Une vraie p'tite mère !
- En plus, elle t'a dit quoi Elisabeth avant qu'on s'en aille ? Que ?... Tu dois... t'a...
- ...muser...
- Voilà ! Exactement : t'amuser ! Alors ce soir tu viens, un point c'est tout ! Elle est pas là et JE suis ta mère de substitution ! Tu le sais ça !
Nous éclations de rire. Autoritaire en plus ! Finalement, il acceptait.
..::..
Point de vue d'Edward.
Il allait dire «non». C'était plus que sûr ! Il était même pas resté après avoir amené Elisabeth à l'hopital.
« Allo ?»
- Marcus ? C'est Edward !
« Qu'est-ce que tu veux ?»
- Je vais en boite ce soir avec les copains !
J'entendais un petit rire au bout du fil.
«Et je suppose que tu m'appelles pour me demander si je veux venir ?»
- Non ! Juste pour te prévenir !
« C'est bien, mais tu sais, ce genre de nouvelles me fait perdre un temps précieux !»
- Oh pardon... Je te fais rater ton match de hockey sûrement !
« Méfies-toi bien Masen !»
- Je rentrerai tard !
« Minuit dernier délai ! Je plaisante pas !»
Il raccrochait.
Aux Jeux Olympiques de la connerie, il raflerait toutes les médailles d'or cet enfoiré !
- Alors ?
- C'est bon !
Non, en fait aux Jeux Olympiques, il aurait la médaille d'argent ! Il m'avait laissé faire cette sortie, ce qui, pour lui représentait probablement un acte d'amour effroyable !
*
La soirée battait son plein. Samba, salsa, musiques latinos... Ca change du piano ! Ils avaient eu raison d'insister : j'étais bien avec eux. Et Elisabeth m'avait sommé de m'amuser ! La rentrée était lundi, ça nous laissait ce week-end pour nous amuser !
Bella m'avait entrainé sur la piste de danse. Nous étions de piètres danseurs mais peu importe ! J'étais bien avec elle ! A côté de nous, Emmett offrait une danse à Alice. C'était le tableau le plus étrange que j'ai jamais vu : cette petite bonne femme d'un mètre cinquante sept, avec ce gros balou. Les bras de Bella autour de ma nuque attiraient mon attention. Elle souriait et se hissait sur la pointe des pieds.
- Merci d'être venu... criait-elle pour se faire entendre à mon oreille.
- Merci d'avoir insisté !
- J'ai rien fait, c'est Alice !
J'haussais les épaules et nous continuions de danser.
- J'ai dit à Rosalie pour toi et moi... Ca te gène pas ? Elle ne dira rien à personne !
Le secret s'effritait !
- Non... T'inquiète pas !
Je me penchais à son oreille.
- J'ai envie de t'embrasser...
- J'ai aussi ce problème-là !
Son petit sourire malicieux me faisait frissonner. J'avais du mal à oublier son corps magnifique et en voyant sa poitrine moulée dans sa chemise blanche nouée à la taille ce soir, tous mes sens s'affolaient. Je réalisais qu'elle m'attirait un peu en retrait, plus dans la foule. Nous n'étions pas visibles depuis notre table où étaient les autres.
Deux lèvres se posaient sur les miennes et je me laissais aller, retrouvant la délicate saveur de sa bouche. Sa langue taquinait la mienne et je me perdais dans les sensations. Cette fille me fera fondre d'une façon ou d'une autre... sa poitrine était appuyée contre mon buste et ses bras entouraient fermement ma nuque comme pour me maintenir près d'elle. Ne t'inquiète pas ma Bella, je ne partirai pas loin de toi ! J'avais encore envie d'elle... La sentir danser contre moi sans décoller nos bouches, juste frôlant mon désir... Elle le sentait, j'en étais sûr !
C'est à ce moment-là qu'une grosse tape me broyait le dos. Je me retournais vers l'agresseur... Emmett ! Emmett tout sourire avec Alice !
- J'EN ETAIS SUR !
Je me tournais vers Bella qui était cramoisie. Elle appuyait sa tête contre mon torse alors que nous étions toujours collés l'un à l'autre. Heureusement qu'on était collés, parce que j'avais un «léger problème technique» devant !
- JE LEUR AVAIS BIEN DIT QUE PASSER PRESQUE TROIS HEURES DANS UNE CABANE C'ETAIT PAS NORMAAAAAAAAAAAAAAL ! ET J'AVAIS RAISOOOON !
Je soupirais. Cette fois, on était grillés !
- Faites pas cette tête là ! C'est génial ! Bienvenu dans la famille, Edward !
Alice frétillait. On était bon pour l'interrogatoire !
- Je le savais ! J'en étais sûre ! Vous êtes nuls pour vous cacher !
Les bras de Bella glissaient autour de ma taille et elle soupirait.
- Et bien si vous êtes si contents, vous avez qu'à nous payer une tournée !
- Avec grand plaisir !
Et voilà comment on se retrouvait au centre de la conversation autour de la table, nos verres pleins devant nous. J'avais l'impression d'être un peu au lycée, au centre de tous les regards ! J'apprenais avec stupeur que Jasper et Alice le savaient depuis longtemps...
- On vous a surpris un lundi au lycée !
- Mais...
Bella me regardait, incrédule. Ah ben bravo la discrétion ! Ma copine éclatait de rire et appuyait sa tête contre mon épaule.
- On est mauvais !
Sa tête dépitée me faisait malgré moi rigoler.
- Très mauvais !
Jasper reposait son verre.
- Le bisou ! Le bisou !
- Ta gueule Jazz ! grognait Bella
Mais Alice se rangeait du côté du frère de Bella. Evidemment...
- Le bisou ! Le bisou !
Bella râlait et finalement attrapait ma nuque pour me faire tourner vers elle.
- On aura la paix après !
J'acquiessais et l'embrassais. C'était vraiment désagréable d'être épié de la sorte ! Déjà l'autre soir quand ma mère nous regardait, je me sentais mal... mais là, c'était pire parce qu'ils étaient plus nombreux ! Des applaudissements s'élevaient autour de la table.
- Bon allez maintenant arrêtez-vous, je tiens pas à vous voir copuler ! râlait Emmett.
La musique de Ricky Martin «Un dos tres Maria» s'élançait. Maria se penchait vers Jasper.
- Oh minou ! C'est notre chanson !
Jasper eut un rictus.
- Non c'est la tienne, je m'appelle pas Maria, moi !
Elle lui tapait l'épaule en riant.
- Ce que t'es bête, Minou !
Jasper soufflait en faisant tourner son verre devant lui. Il observait avec une grande attention le liquide dedans. Si j'avais pas à me plaindre de mon couple, je crois que le sien était en perdition !
- Ah si tiens, j'ai envie de danser finalement !
- Ah ben enf'...
Mais avec surprise, on voyait Jasper se lever et tirer sur le bras d'Alice pour l'entrainer danser.
- Hééé !
Ma meilleure amie manquait de renverser son verre, se faisant littéralement attirer sur la piste. Maria avait la bouche ouverte et les regardait, incrédule. Il a fait vraiment fort là quand même ! Cette pauvre nana...
Sur la piste, Alice semblait totalement paralysée. Ce fut bien pire lorsque Jasper posait ses mains sur sa taille pour la faire danser. Bella se tournait vers moi, visiblement très surprise.
- Non mais t'as vu ça ?!
Alice et Jazz dansaient maintenant de façon synchronisée. Alice avait toujours aimé la danse... en revanche, j'ignorais tout des talents de Jasper ! Il la faisait tournoyer sur elle-même, sans jamais sourire. Ma meilleure amie, ell,e était aux anges et ça se voyait sur son visage ! Bella attrapait ma main sous la table et nouait nos doigts.
Nous étions les deux seuls à connaitre le secret d'Alice... Et je crois que jamais elle n'aurait pu être aussi heureuse !
Lorsqu'ils regagnaient la table, l'ambiance s'était rafraîchie. Maria ne disait plus rien. Alice, elle, était survoltée et m'entrainait sur la piste. Elle ne me disait rien mais je la sentais au comble du bonheur... Jamais, il y a trois mois en arrière, elle aurait pu espérer une telle chose ! Alors elle profitait. C'était finalement elle qui avait raison : profiter de ces moments simples comme si elle n'aurait que ça à vivre ! Avec l'hospitalisation de Maman, je me disais que finalement : chaque instant, même insignifiant, était précieux !
*
Après avoir déposé Bella et Alice dans leur maison respective, je rentrais chez moi. Deux heures du matin... j'allais me faire flinguer ! Les lumières étaient éteintes et le portail fermé. Je l'ouvrais et me garais dans l'allée.
Mais au moment où je voulais ouvrir la porte d'entrée, elle était fermée. J'attrapais mon trousseau de clés mais je découvrais avec surprise que ma clé ne s'enfonçait pas jusqu'au bout dans la serrure.
Putain ce gros con ! Il m'a fermé dehors et a laissé son trousseau dans la serrure ! Il allait pas s'en tirer comme ça !
Je tapais fortement sur la porte. Une fois.
Deux fois.
Trois fois.
Rien !
J'entendais un coulissement au-dessus de ma tête et voyais Marcus ouvrir la fenêtre de sa chambre.
- T'AS PAS FINI TON BORDEL OUAIS ? IL EST DEUX HEURES DU MATIN !
Vu sa gueule et ses cheveux en bataille, il dormait.
- T'as laissé ta clé dans la serrure !
C'est alors qu'un large sourire s'étalait sur son visage.
- J'avais dit minuit, Masen ! Il est deux heures ! Tu m'as pris pour un con maintenant tu te démerdes ! C'est moi qui fais les lois ici tant que ta mère n'est pas là !
Quoi ?
- Tu te démerdes !
Il s'éloignait de la fenêtre et revenait en lançant un truc. Mon pyjama !
- OUVRE CETTE PUTAIN DE PORTE !
- T'as qu'à dormir dans ta voiture ! Bonne nuit !
Il ricanait et refermait la fenêtre et le volet.
PUTAIN !
