Hello vous toutes et tous !

Voici un nouveau chapitre... J'espère que vous l'apprécierez !

*

Je vous remercie pour les votes que vous avez attribué à mon OS sur le concours Bloody Valentine.

Terminer quatrième pour un one-shot fait en vitesse, j'en suis plutot contente LOL

Merci beaucoup et félicitations à Drinou pour sa victoire !

*

Le prochain chapitre sera publié vendredi si je ne peux pas avant.

Je vous embrasse,

prenez soin de vous !

tiftouff.


Des mercis à alphonsine, Angélique, bébé23, cynthia, flow, halay, Jenn (Merci beaucoup =)), Julie, leïla, lou0çoOo6, lovecullenn, matrineu54, severine. Twi-Vane-Light.

Camoushe963 : MDR Marcus en toilettes publiques ! Vous rivalisez d'ingéniosité pour le punir ce mec :-D Quant à Alice & Jasper, c'est pas d'actualité pour l'instant ! J'aime bien torturer Edward en fait... LOL

coquette-pomme (Merci beaucoup pour cette review ! J'suis ravie que Le Hasard et Sea Sex and Surf t'aient plu=)),

Emilie : Merci pour cette looooongue review =) J'ai adoré ! =) Marcus a effectué une réelle maltraitance morale sur son beau-fils. Sûrement pour lui montrer clairement qu'Elisabeth était à lui, et pas à Edward... Il peut y avoir de multiples causes à cette maltraitance... Edward ne veut rien dire à sa mère pour ne pas lui faire de mal. Quant à Jasper, ce n'est finalement qu'un mec paumé, incapable de prendre les grandes décisions pour sa vie... Alors mariage ou pas mariage... Grande question =) Merci miss !

evid3-nce (Oui tu m'avais déjà mis une review =)),

fan de twilight (Je te remercie du conseil mais j'ai déjà de l'aide d'une personne ayant eu la maladie de Hodgkin et puis très honnêtement... JE DETESTE DESPERATE HOUSEWIVES mdr !),

Fraise (Mdrrrrr exploser Marcus avec du Baygon mdrrr !! En fait, Jasper n'a pas tellement de couilles pour les grandes décisions de sa vie... Il tient à sa liberté, au détriment de Maria...),

Lily (Tu risques de déprimer encore longtemps pour Alice et Jasper... J'ai précisé maintes et maintes fois que ce couple, s'il se fait, ne se fera pas dans la facilité ni dans l'immédiat),

Morgane (C'est parfois assez compliqué de faire un côté assez sombre avec Elisabeth et sa maladie, et un autre côté bien plus léger avec Jasper...Mais bon j'ai voulu, j'assume LOL),

onja (Tout le monde veut tuer Marcus LOL),

PAuline (Je mets deux chapitres par semaine!),

Roxanne (Merci pour ta review sur FCDC, pour les compliments et tout ça... ça me touche beaucoup!),

Tessaai (J'ai encore quelques idées à explorer pour cette fic, ne t'inquiète pas =)),

Twiladdict (Alice a pris un peu de bonheur =) et je te dis que OUI je vais vous faire poireauter pour savoir s'ils vont se mettre ensemble ou pas MDR !),

twilight-poison (Merci beaucoup =)).

Et un immense merci-clin d'oeil à AnZeLe42100 pour m'avoir expliqué comment poster malgré le beug du site MDR Grâce à elle, vous avez votre chapitre en temps et en heure, n'est-ce pas formidable ? Gros bisous ma belle =) Ah... un dernier détail... Jack est à moi :-D


POV EDWARD :

- Aliiice ! Oh !

Deux cailloux projetés sur le volet. Ah ben quand même ! Elle ouvrait sa fenêtre !

- Edward ? Qu'est-ce que tu fous là ?

- J'peux dormir chez toi ?

- Quoi ? Attends, je descends !

J'étais parti chez Alice. Il était hors de question que je dorme dans ma bagnole avec la neige et les -8 degrés dehors ! J'avais pas osé réveiller Bella... j'aurai pu, et je savais qu'elle serait furieuse si elle apprenait que j'avais pas osé la déranger... Mais je me voyais mal débarquer chez elle à 3h du matin !

Le hall des Swan s'illuminait. La voiture du Chef Swan n'était pas là. Il devait être de service de nuit. Renée ne poserait pas de questions. Alice m'ouvrait la porte, en chemise de nuit avec un pantalon de pyjama.

- Entre bon sang ! Qu'est-ce que tu fous sous ce froid ?

Elle grelottait rien qu'en ayant ouvert la porte. J'appréciais la chaleur du foyer des Swan.

- Qu'est-ce qui se passe, Alice ? Edward ? Qu'est-ce que tu fais là ?

La mère d'Alice sortait de sa chambre. Qu'est-ce qu'il fallait répondre ?

- J'avais dit à Edward de venir dormir ! Faut que je lui parle d'un truc trèèèès important !

Renée haussait simplement les épaules. C'était une bonne excuse : elle avait l'habitude de nos soirées discussions avec sa fille.

- Vous parlez doucement et ne dormez pas tard ! On s'en va demain à 7 heures chez Grand-mère Swan !

- T'inquiète pas Maman !

Alice m'entrainait dans sa chambre et refermait la porte.

- Marcus a encore frappé, je suppose ?

- Ouais... Il m'a fermé dehors !

- Il est complètement dingue ! Edward, ce qu'il fait, c'est dégueulasse !

Sans blague ?

- Non, tu crois ?

- Il faut que tu en parles à ta mère !

- Laisse ma mère en dehors de ça ! Putain Alice, elle est à l'hopital depuis ce matin et j'suis déjà à la rue ! Si elle sait ça, ça va la tuer !

Ma meilleure amie faisait une petite mou et s'asseyait sur son lit. Je m'installais face à elle.

- Bon... C'est vrai que c'est pas le moment idéal pour lui en parler... Mais t'avais pas tes clés ?

- Il avait laissé les siennes derrière la serrure et j'avais pas mon double du garage !

- Il est futé ce con ! Et Bella, elle en dit quoi ?

- Bella, elle doit dormir et elle a pas à savoir ça non plus ! Je veux pas qu'elle ait de soucis supplémentaires...

- C'est ta copine !

- Je sais...

- Elle sera pas contente de savoir que t'as pas été chez elle !

Voilà précisément ce que je ne voulais pas entendre !

- Putain mais qu'est-ce qu'il fallait que je fasse ? Que j'aille sonner chez elle à 3h du matin la bouche en coeur ? Bonsoir Dr Cullen, excusez-moi de vous déranger mais mon beau-père ce cher pasteur que vous allez voir tous les dimanches aux sermons, m'a foutu dehors parce que j'ai pas vu l'heure passer en boite ! Je peux vous demander asile ?

- Ils t'auraient pas dit «non» !

- Bon écoute, si tu veux que je me casse, j'y vais ! C'est pas la peine hein !

Je me levais mais elle se relevait, m'attrapant par le poignet.

- Tu restes là ! Comme de toute façon t'irais pas chez Bella, autant rester au chaud !

- Merci...

Sa chambre, c'était le grand luxe ! Fille unique adoptée, ses parents avaient une sorte de vénération pour elle ! L'étage était pratiquement que pour elle : elle possédait sa chambre avec un lit et un canapé clic-clac, sa salle de bain et son ordinateur. Je l'aidais à déplier le clic-clac et à mettre un drap et une couverture. Je me changeais dans la salle de bain et m'installais dans le lit. C'était le grand luxe ce clic-clac comparé à ce que Marcus aurait aimé que je vive !!

Alice revenait et s'allongeait dans son lit.

- On part demain matin à 7h... Tu vas faire quoi ?

- Je sais pas...

- Tu veux que je te laisse mes clés pour rester ici ?

- Non, t'en fais pas... J'irai boire un coup dans un bar si j'en trouve un et j'irai chez Bella après... J'aurai qu'à dire que je suis tombé du lit !

Un petit silence s'instaurait entre nous deux.

- Edward ?

- Hum ?

- T'es heureux avec Bella ?

- Bien sûr !

- C'est ce que je voulais entendre...

Je ne pouvais réprimer un sourire. Dans le fond, Alice était plus qu'adorable !

- Ca fait longtemps que tu sais pour elle et moi ?

- On vous a surpris avec Jasper et Benjamin le lundi après la fête du lycée...

- Ca fait trois semaines alors...

- J'ai cru que j'allais vous étriper ! Jasper m'a empêché de venir !

- C'était pour ça votre pacte du silence ?

- Ouais... Il m'a fait jurer de ne rien dire !

- En échange de quoi ?

- Il m'a promis d'être moins désagréable avec moi...

Mission plus ou moins râtée quand même... Jazz n'épargnait pas Alice !

- A ton avis, ça va donner quoi son couple avec Maria ?

- Ecoute Alice... Tu sais, je crois que tu devrais pas...

- Je m'emballe pas... Seulement, si tu savais ce que j'ai ressenti quand il m'a fait danser tout à l'heure...

- Raconte-moi !

Je savais qu'elle en crevait d'envie. C'était Alice et elle était transparente pour moi ! Je la connaissais par coeur et aussi étonnant que cela puisse paraitre, j'avais besoin qu'elle me parle de tout ça !

- Je sais pas pourquoi il a fait ça mais... Quand il a posé ses mains sur moi... Je crois que je me suis envolée...

Je ne pouvais retenir un sourire.

- C'était comme si tout avait sa place dans le monde... Comme si la musique la plus parfaite qui soit résonnait pour tout le monde...

J'entendais presque sa joie et un soupir de satisfaction dans ses paroles...

- Je sais que je dois pas m'emballer mais jamais dans toute ma vie, je crois que j'aurai jamais espéré autant de choses avec lui... Je te dois une fière chandelle ! T'as bien fait de flasher sur sa soeur !

Je riais avec elle avant de me perdre dans mes pensées, toutes allant à ma petite-amie... J'allais devoir me battre... si je ne le faisais pas pour moi, je le ferai pour Bella ! Pour que je puisse devenir un type à peu près normal dont elle soit fière ! Qu'on ait un avenir ensemble... - Oh non... J'ai oublié d'aller éteindre la lumière...

- Bouge pas, j'y vais !

Je me relevais pour aller atteindre l'interrupteur. Elle allumait son portable pour que je ne tombe pas. Je m'approchais de son lit pour l'embrasser sur la joue.

- Bonne nuit Alice...

- Bonne nuit mon p'tit père !

Je me dirigeais à tatons vers le clic-clac et me glissais sous la couette, fermant rapidement les yeux, épuisé.

*

- Edward ! Réveille-toi !

Hein ? Quoi ? Alice ?

- Edward ! Il est 7h ! Réveille-toi !

- Alice...

- Allez debout la marmotte !

- Quoi ?

Mais qu'est-ce qu'elle racontait ?

- Il est 7 heures et on va bientôt partir !

Je m'étirais...

- On va pas tarder à s'en aller ! Pas que je veuille te foutre dehors mais...

Je me levais et m'habillais rapidement pour ne pas les mettre en retard.

8h20... J'étais garé dans une ruelle proche de chez les Cullen depuis une heure. Alice m'envoyait des textos, se fustigeant d'avoir dû me mettre dehors. J'étais pas à la rue... J'avais le chauffage dans ma voiture ! Et heureusement, parce qu'il y avait - 10 dehors ! Je coupais le moteur pour pas tomber en panne de batterie. Une dizaine de minutes plus tard, alors que j'étais sorti me dégourdir les jambes, je voyais la berline du Docteur Cullen sortir du garage. Esmé refermait le portail et montait côté passager. Matinaux...

Si je comptais bien, il ne resterait dans la maison plus que Jasper, Maria, Bella et Karlyne... J'avais envie de serrer Bella dans mes bras... Je traversais à pieds et simplement vêtu de ma chemise d'hier soir et de mon blouson, les deux rues me séparant du portail noir. J'ouvrais et glissais mes clés dans la porte. J'étais immédiatement assailli par la chaleur du foyer. Je refermais le plus discrètement possible la porte d'entrée et me rendais à la cuisine. Bella...

Elle était derrière le comptoir de la cuisine, en nuisette, entrain de boire un verre de jus d'orange, ses cheveux partant un peu dans tous les sens. Elle se retournait et sursautait en me voyant.

- Edward ? Tu m'as fait peur !

- Excuse-moi...

Un petit sourire se dessinait sur son visage et elle s'approchait de moi. Revenu à la maison... Je me laissais haper par ses yeux chocolat alors qu'elle s'emparait de ma main.

- Edward... Ta main est toute froide...

Sa paume passait sur ma joue, les sourcils froncés.

- Ton visage est tout rouge et gelé ! Tu es dehors depuis longtemps ?

J'étais incapable de lui mentir. Un seul regard d'elle et j'étais mis à nu !

- Marcus m'a foutu à la porte cette nuit et j'ai dormi chez Alice... Elle a dû partir tôt ce matin pour aller dans sa famille alors j'ai passé le reste du temps dans ma voiture... Mais si je suis froid, c'est parce que j'étais sorti me dégourdir les jambes...

Son visage s'animait au fil de mon récit. J'allais sûrement me faire engueuler !

- Tu es gelé ! Ne reste pas là ! Tu es fou d'aller dehors avec juste ton blouson et ta petite chemise ! Tu as dormi longtemps ?

- Je sais pas... Trois quatre heures...

- Edward...
Elle soupirait et s'emparait de mes lèvres. Son corps me réchauffait doucement. Elle passait ses mains sur mon blouson pour me le retirer.

- Ta mère m'a laissé ses consignes ?

- Pour l'instant, tu ne t'occupes pas de ça ! Viens !

Elle m'entrainait à l'étage dans sa chambre. La pièce était encore plongée dans le noir, à l'exception d'une petite lampe de chevet. Elle refermait la porte derrière nous et se glissait sous sa couette. Euh... wow... elle me tendait la main et je me déchaussais avec mes pieds. Elle se poussait et je m'allongeais à mon tour sous la couette. Du chaud... Merci mon dieu !

Nous étions face à face, plongeant dans le regard de l'autre. Sa main caressait ma joue et j'embrassais sa paume. Longtemps, nous restions silencieux. Je savais qu'elle se posait mille questions...

..::..

Point de vue de Bella.

Edward grelottait. Je passais ma main le long de son bras pour le frictionner et essayer de le réchauffer. La situation dégénérait... Marcus n'hésitait pas à le mettre à la rue en plein hiver ! Ce mec était à interner et rapidement !

- Merci Bella...

Je me rapprochais d'Edward et passais mon bras sur sa taille. Il déposait un baiser sur mes lèvres. De larges cernes se dessinaient sous ses yeux. Il n'avait pas beaucoup dormi.

- Essaie de t'endormir, Edward...

- Non ça va...

- Sois pas idiot... Tu as sûrement pris froid sur un coup de fatigue... Il est à peine 8h45... On a le temps...

- Faut que je descende bosser...

- Laisse ça... Papa et Maman sont chez le frère de Carlisle toute la journée avec Karlyne... Même si tu ne commences qu'à midi, c'est pas grave !

Il n'était pas convaincu ! Je le savais... Et pourtant, c'était la vérité !

- D'accord mais... on leur dira qu'ils ne me paient pas trop par rapport aux heures que j'ai vraiment fait...
Je posais mon index sur sa bouche.

- On s'arrangera de ça... Et puis, tu ne vas pas me gâcher mon plaisir !

- Quel plaisir ?

- Celui de t'avoir rien qu'à moi pour une grasse matinée...

Il m'adressait un petit sourire et se rapprochait encore plus de moi.

- Je suppose que je te dois bien quelques heures à dormir près de toi pour m'accueillir si gentiment dans ton lit...

Je me redressais sur un coude pour voir son sourire et me penchais pour l'embrasser. Sa peau se réchauffait doucement mais il tremblait encore un peu. Si avec ça il n'était pas tombé malade, je m'appelais plus Cullen ! Sa langue vint timidement effleurer mes lèvres et je me laissais aller à ce bonheur de le sentir près de moi. Sa main sous mon corps trainait sur mes reins. Je caressais son torse et sa nuque. A bout de souffle, nous nous séparions avant que je ne me blotisse contre lui. Ses bras se refermaient sur moi et il nous calait bien sous la couette.

J'avais encore sommeil et je dois bien avouer que jamais je n'avais eu de meilleur oreiller qu'Edward Masen... Je sentais un baiser sur mon front et dans mes cheveux, avant de sombrer.

*

Edward s'agitait dans son sommeil, transpirant et tremblant.

- Non ! Pas Maman ! Noonn... Maman !

Il se réveillait en sursaut. Il haletait comme s'il venait de parcourir une course à pieds effrénée.

- Edward... Shhh... Calme-toi tout va bien ! Ce n'était qu'un cauchemar !

Il me regardait comme s'il ne se rappelait pas de moi. Sa chemise était trempe à cause de sa transpiration.

- Bella...

- Oui c'est moi... Calme-toi... dis-moi de quoi tu as rêvé...

Il déglutissait et se redressait dans le lit en se frottant les yeux. Une perle de sueur roulait sur sa tempe.

- Je... ma mère... Il lui... elle...

J'imaginais sans mal la suite de son cauchemar : la mort d'Elisabeth...Je m'approchais de lui et essuyais la sueur dans son cou.

- Calme-toi... Rien de tout ça ne s'est passé. Ta mère est bien en vie, rassure-toi !

Il appuyait sa tête contre le mur derrière lui.

- Je sais...

- Est-ce que tu veux aller te doucher ? Tu es tout en sueur...

- Ouais, s'il te plait...

Je le guidais jusqu'à la salle de bain attenante à ma chambre. Je lui sortais une grande serviette et un gant.

- Je vais te chercher un polo de Jasper en bas. Vous faites à peu près la même taille !

{Playlist : Playlist - Running up that hill}

Il ne disait mot. J'ignorais à quel point il pouvait se sentir mal d'avoir rêvé de ça... Je m'approchais de lui pour l'enlacer. Je remarquais combien sa poigne sur moi était forte. Je caressais son dos et sa nuque, espérant l'apaiser.

- Ca va ?

Il acquiessait contre moi, sans me relâcher pour autant. Je l'embrassais. Je ne savais pas trop comment je devais agir... Je voulais juste qu'il sache que j'étais là pour lui... Ce qu'il devait vivre était sûrement une des choses les plus difficiles ! Surtout à 17 ans... Nos langues se mélangeaient lentement et peu à peu, je me retrouvais appuyée contre le mur de la pièce. Nos mains parcouraient le corps de l'autre avec avidité, comme pour se prouver que nous étions bien ensemble. Mon coeur battait lourdement dans ma poitrine en sentant le corps d'Edward pressé contre le mien. Son désir naissait doucement et je m'enflammais. J'avais envie d'une nouvelle découverte avec lui...

Il appuyait son front contre le mien et fermait les yeux.

- Est-ce que... tu viendrais avec moi... te doucher ?

Son souffle fort et sa voix éraillée eurent raison de mes dernières volontés si elles avaient existé ! J'acceptais en l'embrassant et je commençais à déboutonner sa chemise. Il faisait glisser les bretelles de ma nuisette, embrassant mon cou et mes épaules tour à tour. Je faisais tomber au sol son habit, redécouvrant son torse parfait et légèrement musclé. Je ne me lassais pas du goût de sa peau sous mes lèvres... Je le sentais hésiter avant de me retirer ma nuisette. Il abaissait finalement ses doigts en bas du tissu pour le remonter lentement le long de mes cuisses et de mon ventre. Son visage rougi me faisait fondre. Je l'aidais à enlever mon vêtement de nuit, me dévoilant ainsi nue ou pratiquement à ses yeux.

Edward me ramenait contre lui, m'enlaçant. Ses mains glissaient le long de mon dos, allant buter sur mes reins et l'élastique de ma culotte. J'embrassais son épaule avant de laisser passer mes bras entre nous pour défaire son jeans. Il me désirait et je n'en étais que plus émoustillée... Je faisais descendre sa fermeture éclair après avoir déboutonné son pantalon et, lentement, pour lui laisser la possibilité de me repousser, je faisais tomber son jeans. Il ne bronchait pas, son souffle déréglé. Il le retirait et je me sentais rougir. Je n'avais plus revu d'hommes depuis Jacob... et je n'avais plus été nue devant un homme depuis lui...

Je décidais de lui laisser le champ de décider si oui ou non, nous nous mettrions totalement nus. Edward avait besoin de temps pour assimiler certains changements. Il détestait les choses trop brutales et je ne voulais pas le brusquer. Il nouait sa main tremblante à la mienne et m'entrainait dans la cabine de douche. Dans le petit espace, nos corps se pressaient l'un contre l'autre. J'allumais le pommeau en hauteur et l'eau tiède tombait en cascade sur nous. Nos lèvres ne se lâchaient pas tandis que nos mains exploraient l'autre.

J'attrapais le gel douche et en versais dans le gant. Avec douceur, je commençais à nettoyer son buste. Ses yeux suivaient le mouvement de ma main sur lui et je souriais pour le rassurer. Lorsque je décrivais des cercles de mousse blanche sur son ventre, je sentais ses muscles se tendre et sa respiration se bloquer.

- Respire, Edward... murmurais-je avant de m'aventurer autour de son nombril. Ses mains se refermaient en deux poings.

Il était toujours intimidé par cet aspect de notre relation et je le comprenais. Je n'en avais pas mené large les premières fois non plus !

- Tout ira au rythme que tu voudras... On ne se fera que du bien... C'est entre toi et moi... C'est notre nouveau secret...

Il fermait les yeux en souriant légèrement. Jamais il n'avait autant tremblé devant moi... A tel point que je craignais qu'il s'en trouve mal... Sa tête appuyée contre le verre de la cabine, sa bouche entrouverte, ses cheveux mouillés par l'eau... Jamais je ne l'avais trouvé aussi sexy et j'avais très envie que l'on se donne du bonheur. Alors que je ne m'y attendais pas, je le vis rouvrir les yeux et prendre mes mains pour les poser sur l'élastique de son boxer humide.

- Fais-le... sinon j'y arriverai pas...

Mon coeur manquait un battement alors que j'abaissais son sous-vêtement. Je le fixais dans les yeux, afin qu'il ne se sente pas gêné. Je lançais le caleçon par-dessus la cabine et me rapprochais de lui. Son désir était à nu, appuyé contre mon ventre. Edward retenait un grognement alors que je sentais une coulée de désir entre mes jambes et mes parois se contracter d'elles-même. Sa main caressait ma joue alors que les siennes s'empourpraient. J'embrassais sa paume.

J'attendais un instant et reprenais mon gant. Il n'avait rien dit mais refermait les yeux. Je le lavais jusqu'à sa taille et passais sur ses cuisses. Il était magnifique, là nu et empli d'un désir qui le rendait gêné... J'avais presque l'impression d'être une espèce de démon, assoiffée de son sexe ! Et malgré toute ma volonté de ne pas brusquer les choses, le démon gagnait. J'effleurais sa masculinité de mes doigts et il frémissait, rouvrant les yeux brutalement.

- Bella...

Je sentais le sang afflurer dans mon visage en une sensation palpitante.

- Pardon Edward... Excuse-moi, je...

J'avais envie de m'enfuir... de dissimuler ma faiblesse... Mais contre toute attente, il reprenait ma main en tremblant et la posais sur son sexe sans la lâcher. Ses yeux n'étaient plus vert. Ils étaient plus sombres... Je me perdais dans cette lueur de désir et de plaisir ! J'avais envie de lui montrer un autre aspect de ce côté de notre relation...

- Montre-moi comment... te faire du bien, Edward...

Je voulais qu'il prenne les devants pour lui. Je voulais qu'il ait autant de plaisir que possible, afin que cela reste un bel instant dans son esprit. Chaque homme faisait sûrement les choses différemment... Et je n'avais eu qu'un homme, très différent d'Edward ! Mon coeur s'envolait lorsqu'il entourait ma paume de la sienne et m'inculquait le début d'un mouvement sur sa longueur. Après l'avoir simplement caressé du bout des doigts, il refermait nos poignes sur son sexe et m'intimait un va-et-vient lentement rythmé. J'aimais sentir sa douceur sur ma peau... C'était comme si jamais je ne pourrais m'en lasser...

- Bella...

Son torse se soulevait et s'abaissait rapidement, ses yeux fiévreux entrouverts. Son membre frémissait contre mes doigts et ma féminité palpitait douloureusement au fil des mouvements. Ses hanches venaient en direction de ma main qu'il avait lâché. Il se tendait et sa mâchoire se crispait juste avant de venir rapidement entre mes doigts.

- PUTAIN ! Aaahh... Be... lla...

Je l'admirais, magnifique dans sa jouissance, mes parois se contractant de plaisir.

Je ne calculais plus ses fabuleuses secondes où j'appréciais le spectacle sous mes yeux de mon compagnon, tentant de reprendre contenance. Quand enfin, il rouvrait les yeux pour rencontrer les miens. Sans un mot, il se redressait de la paroi de la cabine de douche et, tremblant, posait ses mains sur mes hanches pour m'embrasser. Nos langues se liaient vivement dans un baiser sensuel. Je me pressais contre lui afin d'imprimer en moi sa chaleur. Il rompait le baiser, embrassant ma joue et posait son front sur le mien. L'eau chaude ruisselait toujours sur nous. Sa main se baladait sur ma joue, son pouce balayant ma peau humide. Il était impossible qu'un jour je me lasse de lui...

Timidement, il glissait ses paumes dans mon dos jusqu'au bas de mes reins... Il ne s'arrêtait qu'à la lisière de mes fesses, me rapprochant encore plus de lui. Je portais toujours ma culotte blanche qui était devenue transparente. Les doigts d'Edward effectuaient de petits cercles alors qu'il reprenait mes lèvres.

- Aide-moi Bella à te faire ressentir la même chose...

Mon coeur manquait d'exploser et je caressais sa nuque. Je ne voulais pas qu'il le fasse parce que je venais de le faire même si j'en mourrais d'envie!

- Tu es sûr ?

Il acquiessait, captivant mes yeux des siens.

- Je veux te... voir... comme tu viens de le faire pour moi...

Je posais mes mains sur les siennes, le guidant jusqu'à l'élastique de mon sous-vêtement.

..::..

Point de vue d'Edward.

J'ignorais que de telles choses pouvaient exister... J'ignorais qu'une telle déferlante de désir et de plaisir pouvait envahir le corps et l'esprit, paralysant tout sentiment et toute action.

Ce qu'elle venait de me faire n'avait pas de prix ! Jamais je n'avais ressenti un tel bonheur et j'étais venu bien plus rapidement que lorsque je me donnais moi-même du plaisir en solitaire. Et là, je voulais lui faire partager cela... Je ne me rappelais pas m'être senti aussi hésitant de toute ma vie. Ses mains guidaient les miennes sur le tissu et je sentais ses courbes au travers son vêtement humide, collant à sa peau. Elle prenait appui sur le carrelage derrière elle et entrainait mes paumes sur son ventre et sa poitrine.

Je me délectais de la sensation. Sa peau était toujours aussi douce. J'effleurais l'arrondi de ses seins, sentant contre ma paume ses tétons durcis. Elle laissait échapper un léger gémissement et se mordait la lèvre. J'appuyais mes lèvres sur les siennes alors qu'elle me guidait de nouveau sur tout son corps. J'effectuais de larges cercles avec mes mains et elle se mettait à trembler alors que je frôlais le contour de son nombril. Ses yeux croisaient les miens alors qu'elle faisait passer mes doigts sous l'élastique de sa culotte.

Seigneur... Mon coeur s'emballait et ma gorge s'asséchait brutalement. Ses yeux me brûlaient en voyant sa bouche s'entrouvrir. J'étais totalement pétrifié. Elle était... bon sang... je ne sais pas comment tant de douceur et de chaleur pouvaient être concentrées si fortement... c'était... wow ! Sa main bougeait sur la mienne, m'intimant d'appuyer contre son centre. Ses doigts pressaient les mains, m'amenant à toucher sa fente. Ses yeux ne quittaient pas mon regard et j'entendais son souffle inégal, semblable à ma respiration...

- Edward...

Son majeur appuyait sur le mien qui entrait dans ses chairs intimes. Elle était humide... C'était si chaud et à la fois si doux. Je regardais ses lèvres laisser échapper un «Oh» et ses yeux se fermaient. Elle pressait mon doigt de façon à le faire bouger le long de son intimité. Je ne maîtrisais plus rien... je ne faisais que ressentir l'incroyable douceur de sa peau à cet endroit. C'était probablement la peau la plus pure de tout son corps. Mon doigt entrait en contact avec son bout de chair qui lui procurait énormément de plaisir. Elle m'indiquait de petits cercles autour de ce que je supposais être son clitoris et je me satisfaisais d'entendre gémissements et soupirs voluptueux. Elle faisait rouler rapidement ses mains sur son sous-vêtement qui retombait à ses pieds.

Sa main revenait sur la mienne et les yeux dans les yeux, j'obéissais à la pression qui entrait mon doigt en elle. J'aurai pu en mourir tant c'était plaisant. Jamais je n'aurai imaginé quelque chose d'aussi agréable...

- Oui Edward... Comme ça !

Je simulais un va-et-vient en elle, tremblant. Quelques instants plus tard, son souffle inégal se saccadait plus vivement et elle se perdait dans un cri qu'elle étouffait contre mon épaule. Sa féminité se refermait sur mon majeur et je ressentais pleinement la pression. C'était d'une telle force... vraiment étonnant !

- OUI ! Edward !

Une coulée tombait sur ma main alors que son corps crispé se détendait progressivement. Elle était toute rouge et sa poitrine se soulevait à grande vitesse. Un large sourire se dessinait sur son visage et j'admirais ses prunelles noircies. Elle m'attirait à elle, glissant sa langue dans ma bouche. J'étais presque aussi essouflé qu'elle... essouflé par tant de découverte et d'angoisse... l'angoisse de ne pas être guidé, de ne pas faire les choses correctement... Elle avait été là à chaque pas, me guidant pour que je lui procure le plus de plaisir possible... Nos lèvres se séparaient et elle déposait un dernier baiser sur ma bouche.

- Je t'aime...

- Je t'aime aussi Bella... Merci pour tout...

Elle m'embrassait une dernière fois et me prenait dans ses bras, m'entrainant dans un câlin long et délicieux. A regrets, je la laissais me lâcher puis se laver. Je lui nettoyais le dos. Elle en faisait de même et sortait la première pour se sécher et descendre me chercher des affaires de son frère afin que je sois au sec.

Cette fille était ma déesse... Je craignais d'être extrêmement mauvais par rapport à l'aspect sexuel de notre relation. Mais j'avais aussi la certitude qu'elle me guiderait.

*

Nous avions trouvé un peu de paix dans la cabane. Jasper n'avait eu de cesse de nous charier toute la journée, estimant son «sommeil interrompu par des nuisances un peu douteuses...». Emmett, venu déjeuner avec Rosalie, n'avait pas mis dix ans à comprendre l'allusion et nous en avions pris plein la tronche. Heureusement que Rose les sermonnait telle une maman. Bella et moi étions partis nous réfugier dans la cabane. Nous étions blottis l'un contre l'autre, sous une couverture chaude qu'on avait amené de la maison exprès. Bella soupirait d'aise contre mon torse.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- J'ai pas envie de retourner en cours demain...

Je caressais ses cheveux.

- Moi non plus...

- Tu vas voir ta mère ?

- Si je peux, oui, après les cours ! Pourquoi ?

- Je peux venir avec toi ?

Ca me faisait extrêmement plaisir qu'elle me demande ça... Et ça me réconfortait aussi de savoir que je ne serai pas tout seul pour voir ma mère dans je ne sais quel état !

- Bien sûr Bella... Je passerai te chercher demain matin et on ira après. Je te ramènerai directement chez toi !

Elle déposait un baiser dans mon cou.

- Merci...

Un long silence s'instaurait entre nous, durant lequel la nuit tombait sur Port Angeles. Sous mes yeux, je voyais les lampadaires des rues s'allumer. La ville me semblait tellement calme d'ici, et la vie était tellement douce et apaisante...

- Je crois que je pourrais vivre dans cette cabane...

Bella relevait la tête vers moi avec un léger sourire tandis que mes doigts jouaient dans ses cheveux.

- A ce point ?

- Tu trouves pas qu'on y est bien ?

- Si... C'est vrai... Mais elle me plait nettement moins sans toi !

Je ne pouvais retenir mon sourire. J'adorais cet endroit et j'en étais tombé amoureux dès la première fois où on y avait mis les pieds. Mais c'est vrai que sans Bella, cette cabane devenait plus triste... J'embrassais Bella légèrement.

- Tu la louerais pas des fois ? plaisantais-je

Elle riait contre mon torse.

- C'est gratuit pour toi à condition que tu m'acceptes comme colocataire !

- On pourra faire avec, je pense !

- Alors vendu ! Vous me paierez en bisous, en câlins et en petite séance comme ce matin...

Je me sentais rougir à l'évocation de ce souvenir particulièrement agréable et grisant.

- Ca devrait pouvoir s'arranger... Je peux déjà vous donner un premier accompte, Miss Cullen !

Elle acquiessait et m'attirait à ses lèvres pour un long baiser.

- Vous avez cette cabane, Monsieur Masen !

- Parfait !

Elle se repositionnait contre moi, ses bras serrant ma taille et sa tête appuyée contre mon buste.

- Et puis comme ça, si Marcus te refout dehors et que t'oses pas m'appeler, tu pourras venir dormir ici !

L'idée me plaisait diablement et je la laissais dans un coin de ma tête. Peu de temps après, je dus me séparer de ma compagne pour rentrer chez moi...

*

Marcus était affalé dans le canapé. J'étais décidé à lui demander des comptes ! Il se levait en m'entendant arriver.

- Tu étais où ?

- Dehors ! Ca t'étonne ?

- Ne commence pas ! Tu m'as cherché en rentrant à deux heures cette nuit ! Tu n'as eu que ce que tu méritais ! A partir de maintenant, ça sera selon mes règles en l'absence de ta mère ! Et si t'es pas rentré à l'heure indiquée, tu dors dehors !

- Maman t'a jamais dit de me traiter comme ça avant de partir !

Il ricanait.

- Ta mère, elle a la paix de toi et ton comportement pitoyable là-bas ! Tu l'as poussé à bout, Masen ! Je n'ai pas de pitié pour toi et ce que tu lui as fait subir toute sa vie ! A partir de maintenant, c'est chacun sa merde !

Il se rasseyait sur le canapé, ouvrant le journal. Je le savais déjà que l'état d'Elisabeth était partiellement ma faute ! Je sais pas ce qui me retenait de lui en coller une pour me le rappeler ! Bella... Penser à Bella... Ne pas craquer !

- Tu prépareras la bouffe étant donné que tu me prends pour un con ! Pâtes et rôti ! Et je le veux à 19h pétantes !

Alors là, c'était trop facile ! Beaucoup, beaucoup, beaucoup trop facile !

- Dans tes rêves, Voltero ! Tu l'as dit toi-même, à partir de maintenant, c'est chacun sa merde ! Et ton rôti, tu te le mets là où je pense !

Je grimpais les escaliers rapidement, pas tellement rassuré. Je m'enfermais dans ma chambre et allumais la musique. J'avais l'impression de ne pas être venu ici depuis une éternité ! J'envoyais un texto à Bella et me couchais directement.

{Playlist : Stereophonics - Maybe Tomorrow}

Quinze jours sans maman... Qu'est-ce que j'allais devenir ? Et qu'est-ce qui allait se passer si elle succombait et que je devrais atteindre ma majorité en compagnie de Marcus ? Un vent de panique me submergeait soudain. J'allais devoir rester ici, dans cette ambiance avec lui... J'étais aussi condamné ! C'est alors que je me surprenais à faire une prière, pour ma mère.

**

La semaine avait défilé lentement et de façon terne et ennuyeuse. Nous avions avoué à Angela et Ben notre relation avec Bella. Ils s'étaient réjouis, sans faire d'esclandre particulière. Ils étaient discrets et c'était appréciable. J'avais pu aller voir ma mère une petite heure lundi. Elle était vraiment très fatiguée et souffrait. Elle avait fait un tas d'examens complexes et attendait les résultats. La voir dans ce lit d'hopital si affaiblie et fatiguée m'avait tordu le ventre... Heureusement que Bella m'avait suivi. Elisabeth était heureuse de nous voir, même si elle déplorait l'absence de Marcus. Bella nous avait laissé une petite demi-heure ensemble, pour aller voir son père dans son bureau. Elisabeth m'avait demandé de lui détailler mon week-end. J'avais passé sous silence les altercations. Elle se battait contre la mort. Elle n'avait pas besoin de détails qui auraient pu l'affaiblir ! Elle avait fini par s'endormir alors que je lui tenais la main. Le mercredi, j'apprenais par le Dr Cullen en allant travailler que le diagnostic de la maladie de Hodgkin était confirmé et qu'elle resterait hospitalisée pour avoir dans la foulée une première séance de chimiothérapie. Ils avaient détecté la maladie au deuxième stade, ce qui les rendait optimistes !

Au lycée, Bella et moi nous étions mis d'accord pour essayer d'être discrets au plus possible. Je n'avais absolument pas envie que tous les élèves se retournent sur nous deux. Irina et Tanya étaient exécrables ! Les vacances ne semblaient pas les avoir calmées. A chacune de nos rencontres, nous entendions des insultes et des mots désagréables. Cela m'était bien égal qu'elles me fassent une mauvaise réputation - pire que celle que j'avais. Ce que j'acceptais moi, c'était d'entendre les mots «salopes» ou «petite conne» associés à Bella ! Dans ces cas-là, nous passions notre chemin et rejoignions Alice, Ben et Angela.

Ces derniers étaient extrêmement compréhensifs avec nous. Ils acceptaient que l'on ait envie d'avoir des moments à deux, ou qu'on veuille manger ensemble. J'aurai imaginé Alice vraiment chiante avec cette histoire mais en fait, elle était occupée à emmagasiner le plus de temps possible à proximité de Jasper, sachant qu'il repartait pour Los Angeles samedi ! Elle était justement assise sur une des marches montant au lycée, proche de Benjamin et Jazz qui tournaient. Bella et moi étions assis sur le muret à côté des voitures.

- Elle me fait de la peine... murmurait mon amie.
- A moi aussi... Elle l'aime vraiment beaucoup... Depuis cette danse en boite... c'est comme si elle flottait à 15 mètres du sol...

- La chute sera dure... Hier soir, Carlisle et Jasper ont discuté parce que ça énervait Carlisle que Maria appelle et que Jazz trouve mille raisons pour jamais lui décrocher. Mon père lui a conseillé d'essayer de sauver son couple et d'arrêter de faire le con.

Aïe !

- Et qu'a dit ton frère ?

- J'ai pas entendu toute la discussion parce qu'Esmé voulait mon avi sur des croquis pour ma chambre que je veux réaménager. Mais Jasper a passé près de deux heures au téléphone avec Maria qui est repartie et il a dit à Carlisle qu'il avait raison. Qu'il réalisait qu'il avait merdé !

Je reportais mon attention sur Alice, dont les yeux pétillaient, visiblement concentrée sur ce que racontait Jasper à Benjamin.

- Il n'a pas annulé le mariage... Pas pour l'instant. Je sais que Jasper n'est pas courageux mais Maria est son premier véritable amour... C'est pas facile d'accepter d'y renoncer.

- Tu crois qu'ils peuvent se redonner une chance ?

Elle semblait hésiter, ses yeux rivés sur Alice.

- C'est probable... Jasper sait que le premier amour est rarement le dernier. Mais je crois qu'il refuse cette idée. Il a vécu beaucoup de choses avec Maria...

- Je comprends... C'est pas facile de renoncer à tout ça...

- Exactement... Et c'est pas comme si lui et Alice étaient du même monde... Ils ont sept ans d'écart et tout un univers entre eux...

Elle acquiessait, ne rajoutant rien.

Je réalisais la chance que j'avais d'avoir trouvé Bella et que cet amour soit réciproque. Irina n'avait jamais été plus qu'un fantasme et pour la première fois, avec Bella, je comprenais ce que c'était que l'amour partagé. Alice, elle, nageait en plein rêve et délire.

Je passais ma main sur les reins de Bella, la rapprochant de moi. Son bras entourait ma taille et elle calait sa tête contre mon épaule. Je posais ma tête contre la sienne.

- Les choses ne tournent jamais rond. S'il y avait une justice, Alice serait avec Jasper et ta mère ne serait pas à l'hopital...

- Ni avec Marcus...

- Et toi, tu serais heureux...

Je m'éloignais d'elle et elle levait son visage vers le mien.

- Je suis heureux avec toi, Bella !

Sa main effleurait discrètement ma joue.

- Je te voudrais heureux tout le temps...

- Ta seule présence m'aide à ne pas foutre mon poing dans la gueule à ce connard...

- Comment ça a été cette semaine ?

Avec Marcus dans les parages, elle n'avait pas pu venir à la maison comme nous l'aurions voulu. Marcus était arrivé mardi alors qu'elle était encore dans le salon. Il l'avait presque mise dehors dans la minute suivante, nous sermonnant sur le fait que sa maison ne serait «pas un théâtre du sexe!», bien qu'on était atelé à faire nos devoirs ensemble uniquement. Depuis, elle n'était plus revenue après les cours car il s'arrangeait pour être rentré avant moi.

- Froidement, comme toujours ! Elisabeth a appelé deux soirs de suite, il ne me l'a pas passé. J'ai dû la rappeler de mon portable. Et après, les banalités habituelles. Je me lève, je me fais agresser, je vais sous la douche et je me fais agresser en sortant, je mange je me fais agresser. Je vais même te dire mieux : je dors et je me fais agresser !

Je voyais l'étonnement se peindre sur son visage.

- Comment ça ?

- Il a trouvé que je dormais trop, que ça me faisait perdre mon temps et que je devrais étudier !

- Mais ton bulletin est excellent ! Tu as 15.75 de moyenne !

Je ne retenais pas un rictus.

- Il ne peut pas le savoir, il n'y a jamais jeté le moindre coup d'oeil !

Elle secouait la tête de droite à gauche avant de m'enlacer.

- Plus qu'une semaine Edward... Ta mère va bientot rentrer... Tiens bon !

- Je tiens, Bella... Je tiens pour elle et toi...

Elle me souriait et m'embrassait légèrement. J'oubliais tout près d'elle, y compris que nous étions au lycée.

En nous séparant, je m'apercevais qu'Alice se dirigeait vers nous, la tête basse et un sourire penaud sur le visage.

- Ca va, Alice ? demandait Bella.

Elle acquiessait.

- Je peux m'asseoir avec vous ?

- Tu ne restes pas avec Jasper et Benjamin ?

Elle grimpait sur le muret, s'asseyant à ma gauche.

- Il téléphone à Maria...

Je relevais la tête vers Jazz qui, effectivement, était pendu au portable. Il souriait. A côté de nous, Alice soupirait bruyamment et je pouvais presque sentir son coeur trop lourd. Elle aussi souffrait. Souvent, en la voyant, on se disait qu'une fille comme elle devait toujours être de bonne humeur... que sa situation ne prêtait pas à déprimer... Mais c'était faux ! Elle en était à un stade beaucoup trop impliqué émotionnellement dans cette relation vouée à l'échec.

Elle aussi avait besoin d'être soutenue.

- Allez viens là... murmurais-je en l'attrapant par les épaules pour la caler contre moi.

Elle se laissait aller, se blotissant dans mes bras.

- Il va me... me manquer la semaine prochaine... hoquetait-elle. Mais il faut bien qu'il sauve son couple, pas vrai ?

Sa voix transpirait la peine. Bella me regardait, désolée. Elle descendait du mur pour revenir s'asseoir du côté d'Alice. Elle attrapait sa main.

- Je suis désolée Alice...

Ma meilleure amie pressait sa main avec un sourire trop faible pour Alice Swan.

Chaque personne avait son histoire et souffrait à son niveau. Avec les tristes événements pour Elisabeth et la peine que vivait Alice, j'en prenais conscience un peu plus chaque jour.