Hello everybody !
Me voilà de retour avec ce chapitre n°29 !!
Je vous remercie une fois de plus toutes et tous de vos réactions,
c'est vraiment super pour moi de lire tous ces messages...
Je ne saurais vous remercier assez !
3.000 Reviews passées...
MERCI INFINIMENT =) =) =)
*
Ce chapitre est du même calibre que le précédent,
je peine énormément à les écrire !
Je voulais aussi souligner une chose !
Niveau juridique, plainte, enquête et compagnie, j'y pige pas grand chose !
Donc je fais un peu à ma sauce !
J'espère que vous saurez ne pas trop me tenir rigueur si quelques
informations sont erronnées...
Je fais des recherches mais ça reste assez flou pour moi malgré tout !
Je vous remercie de votre indulgence et puis bon... ce n'est qu'une fic, pas vrai ?
*
Le prochain chapitre sera publié dimanche !
Je vous embrasse,
bonne lecture et bonne semaine !
Tiftouff19.
{Playlist : Mika - I See You}
Point de vue d'Alice.
Rosalie et Emmett avaient quitté le bar vers 23h15. C'est quand même incroyable ! Edward en est venu aux mains avec Marcus... Ca devait arriver de toute façon ! Marcus est une belle ordure ! J'avais envie de tout faire pour aider Charlie à empêcher qu'Edward ne se fasse arrêter !
- Je vais rentrer... annonçais-je à Jasper.
Il avait le nez dans son portable, envoyant des messages depuis dix minutes, probablement à sa fiancée. Celle-là aussi hein ! J'te dis que moi j'te prendrais le Marcus, la Maria, la Irina et ses petites copines et hop ! Dans une benne à ordures direction la décharge publique !
- Oh ouais excuse-moi, c'était ma copine !
Ah ben mince alors ! Moi qui pensais que c'était le chat !
- Faut que je me dépêche, le dernier bus passe à 30 et il est 25 !
- Je vais t'accompagner à l'arrêt ! Des fois qu'un sombre inconnu t'attende pour te capturer et t'emmener dans un endroit bizarre, pour te faire des choses étranges... A moins que ça t'intéresse !
Il me regardait en haussant les sourcils deux fois de suite avec un sourire malicieux. Je lui adressais un petit sourire. Si c'est toi l'inconnu, emmène-moi où tu veux, je te suivrais les yeux fermés ! Calme Alice... Caaaalme ! Il va se marier, n'oublie pas !
Nous attrapions nos vestes et sortions. Il faisait bon et la nuit était étoilée. Nous marchions en silence jusqu'à l'arrêt. Mais arrivés au tournant, je voyais le bus redémarrer de l'arrêt !
- HEH ! STOOOP ! HEH ! REVIENS CRETIN ! PUNAISE MAIS QUEL ABRUTI CE CHAUFFEUR !
Je pouvais bien pester, il ne s'arrêtait pas pour autant ! Et merde ! J'étais quite pour appeler ma mère, la réveiller et me faire appeler Berthe demain ! Derrière, Jasper rigolait. Je me retournais vers lui. Forcément que ça le fait marrer ! Il a pas râté son dernier bus lui !
- Ca te fait rire, toi ?
Il avait un sourire amusé accroché sur le visage, ses yeux pétillaient de malice et ses mains étaient dans ses poches. J'étais avec Jasper Cullen, toute seule dans les rues de Port Angeles sous la nuit étoilée... et même si j'avais mis toutes les chances de mon côté pour l'oublier, là, ce ne m'était plus possible !
- Calme-toi Alice ! Dis-toi que ça pourrait être pire !
- Je vois pas ce qu'il pourrait y avoir de pire que me faire engueuler par mes parents parce que je traîne dehors sans qu'ils le sachent ! Je te rappelle qu'ils me croient sagement chez Bella !
Jasper ne se séparait pas de son amusement. Très drôle, petit comique !
- Dis-toi que tu pourrais être seule dans les rues de Port Angeles, en ayant râté ton bus, sous un torrent de grêle et une tempête de vent, en minie-jupe !
- Ah ha ! T'as fait l'école du rire toi hein ?!
- Ouais mais ils m'ont renvoyé parce que j'étais trop fort ! Allez, reste cool petite chose surexcitée ! On va aller chez toi à pieds, je vais te raccompagner !
- Tu...
- Je ?
- Rien !
- D'accord ! Allez viens, j'ai pas l'intention de me coucher trop tard ce soir... Quatre ou cinq heures du matin, ça sera raisonnable !
Ce mec est fêlé ! Officiellement ! Fêlé mais génial ! Encore mieux que dans mes rêves ! Non, Alice ! Il faut l'oublier...
Nous marchions dans les rues éclairées, en silence, depuis cinq bonnes minutes.
- Je déteste les lampadaires ! ronchonnait-il en mettant un petit coup de pied à un lampadaire que nous venions de passer.
- Pourquoi tant de haine ?
- Parce qu'ils m'empêchent d'admirer les étoiles... Et je déteste ne pas voir les étoiles !
Machinalement, je levais le regard vers le ciel. C'est vrai que l'éclairage orangé gâchait un peu la fête !
J'avançais, toute à ma contemplation, quand un bip me sortait de mes pensées. Elle ne dort jamais sa meuf ou quoi ?
- Et moi, je déteste les portables qui brisent souvent des moments importants !
Doucement ma fille ! Jasper regardait l'écran de son téléphone et refermait le clapet en souriant.
- T'as raison...
Je ne pouvais retenir un sourire et il me le rendait. Si Edward était là, je savais ce qu'il m'aurait dit : «Alice ! Tu recommences !».
Edward... Jamais de toute ma vie je n'aurai pensé le voir dans cet état alors que cette couille mole de Voltero était confortablement installé dans sa chambre d'hosto ! Parfois, on croit rêver... Hospitalisé juste pour quelques contusions et la pomette ouverte ! J'avais eu du mal à me contenir quand Charlie m'avait amené à l'hopital avec lui et que je l'avais vu dans ce lit, faisant semblant de souffrir le martyr ! Je l'aurai bien crevé !
- C'est fou ce qui est arrivé à ton pote...
Je sursautais et me tournais vers Jasper.
- Ca couvait... Voltero est un fumier !
- J'avais cru comprendre... mais Edward est dans la merde !
- Voltero aussi ! Dès que mon père va commencer son enquête, je vais pas me gêner pour lui dire tout ce que j'ai toujours vu en allant chez les Masen !
- Faut l'aider ! S'il va en taule, ça tuerait Bella ! Il l'a beaucoup abîmé ?
- Il lui a pété le nez et il a des gros cocards et des bleus ! Ils se sont bien rendus la politesse l'un et l'autre !
- Il a de la poigne le Edward !
- Je crois surtout que c'est dix ans de haine qui sont ressorties... Le fait que Marcus ait insulté Bella a été la brèche de trop sur le barrage et tout a cédé !
- Qu'il insulte pas ma soeur devant moi ce type, sinon je te jure qu'il va en gober des hérissons par le cul !
J'éclatais de rire. Il te sortait ça aussi sérieusement que s'il avait parlé avec des grands philosophes !
- Et toi ? Comment tu le vis ?
Je me tournais vers lui vivement. Etait-il vraiment entrain de s'occuper de mon état d'esprit ?
- Pourquoi tu me demandes ça ?
- Edward est ton meilleur ami, ça doit bien te faire chier quelque part... non ? J'ai sept ans de plus que toi, et durant ces sept ans j'ai pu apprendre quelques trucs dans la vie. Je sais que garder tout ça au fond de soi, c'est pas la solution... Je suis pas psy, j'peux pas t'aider totalement mais si t'as besoin de parler...
- Merci Jasper. J'apprécie sincèrement !
- Et ben mais j'espère bien !
Nous échangions un sourire et je tournais dans ma rue. J'arrivais au portail de mon jardin secret, m'apprêtant à en sortir et à laisser derrière moi ce petit paradis...
- Je suis en colère après Marcus... je m'en veux aussi...
- Pourquoi ?
- De pas avoir parlé à mes parents... D'avoir laissé cette situation s'installer...
- T'y es pour rien !
- Je voyais comment Marcus lui parlait... le traitait... j'aurais pu en parler à mon père pour empêcher ça !
Nous nous arrêtions devant ma maison. Le volet du salon était encore ouvert et la lumière bleue de la télé filtrait à travers les rideaux. Jasper me faisait face.
- Merci de m'avoir raccompagnée jusqu'ici !
Il eut un petit sourire et regardait le sol avant de remonter ses yeux bleus gris vers moi.
- Ne te sens pas coupable, Alice. Surtout pas. Si tu en avais parlé à ton père, Edward t'en aurait voulu. S'il n'en a pas parlé, c'était pas pour se donner un genre. Il a sûrement honte de ça. A sa place, j'en mènerais pas large non plus ! Les choses se sont passées ainsi, parce que ça devait être comme ça... Avec des «si», avec des «mais», tout ce qu'on doit vivre n'existerait pas. Et moi je pense que si on doit vivre un certain nombre de trucs, c'est que ça a sa place et son sens dans notre existence. On n'en voit pas l'utilité sur le coup, mais plus tard, ça tombe enfin sous le sens ! Ne te fustige pas trop... ça sert à rien !
Je ne pouvais plus détacher mon regard du sien... Avait-il raison ? Est-ce que tout ce qu'on devait vivre prenait son sens plus tard ? Comme si on était gérés par une espèce de destin qui aurait été écrit à l'avance ?
La porte d'entrée s'ouvrait et je sortais de mes pensées.
- Alice ? C'est toi ?
Renée sortait en robe de chambre et s'approchait dans l'allée.
- Oui c'est moi Maman !
- C'est à cette heure-ci que tu reviens ? Je commençais à m'inquiéter !
Jasper la regardait et me retournait un sourire... TERRIBLEMENT SEXY AAAAAHHHH MAMAAAAAAAAAANNNN ! Je me meurs !
- Voyons Alice ! Tu n'as pas honte de faire s'inquiéter ta mère ? me sermonnait faussement Jasper.
- Il a raison, tu devrais écouter ton ami ! souriait Renée en ouvrant le portail.
- Maman... Je te présente Jasper Cullen, le... frère de Bella !
Renée tournait brutalement sa tête vers Jasper, sa bouche formant un «O» et ses yeux s'écarquillaient... J'aurais jamais dû le présenter ! Renée savait tout de mon «béguin» pour lui ! Je ne lui avais jamais avoué ouvertement mais elle en avait souvent entendu parler !
- Enchantée, Jasper !
Il lui serrait la main.
- Enchanté, Madame !
- Jasper m'a raccompagné à pieds, j'ai râté le dernier bus !
- Je pourrais presque croire que tu l'as fait exprès... murmurait Renée en me souriant.
Je fronçais les sourcils. Tais-toi ! Je t'en supplie, tais-toi !
- Je vous la ramène entière, saine et sauve !
- Vous êtes venus à pieds ? Vous voulez que je vous ramène ?
- Non, je vais repartir à pattes ! J'aime bien marcher la nuit ! Ca me détend !
- Merci Jasper ! Tu embrasseras Bella et Edward pour moi...
- J'y manquerais pas mais j'attendrais qu'Edward se réveille... Il dort et vaut mieux qu'il récupère !
J'acquiessais et Jasper s'approchait pour me faire la bise.
- Dors bien !
- Rentre bien !
- Madame !
Il saluait ma mère d'un geste de la tête et faisait demi-tour pour repartir.
Trois... Deux... Un... Zéro !
- C'est LE Jasper dont tu me rabaches les oreilles ? Charmant !
- Renée...
- Mais je ne dis que la vérité, chérie !
- C'est bien ça qui m'énerve ! râlais-je
Ma mère riait et nous rentrions dans la maison. Je me faufilais dans ma chambre et passais mon pyjama après avoir souhaité bonne nuit à mes parents. Mais alors que je fermais les volets, j'apercevais les millions de petites lumières éclairant le ciel. Mue par une pulsion encore inconnue, j'ouvrais mes battants et grimpais sur le rebord de la fenêtre, pour m'y asseoir.
Je me sentais vraiment infiniment petite sous cette voute magnifique, décorée de sa constellation. Muette par ma contemplation, je ne pensais plus à cette journée de fous... Jasper avait raison. C'était vraiment beau et rien ne devrait gâcher ce spectacle...
..::..
Point de vue de Jasper.
Ca avait du leur foutre un coup au moral de trouver Edward dans cet état-là ! C'te pauvre Alice, elle avait l'air vraiment furax et à la fois vexée ! Elle s'en voulait, c'était inévitable ! En fait, c'était un truc de gonzesses, j'te parie que demain la p'tite Tomate se sentira coupable aussi !
Ca me faisait chier que le lutin joyeux ait une baisse de moral. Elle faisait partie de ces gens qui mettaient instinctivement de bonne humeur les autres. J'avais bien aimé me balader avec elle et sa spontanéité ! C'était vraiment super bizarre de se dire qu'elle a un béguin pour moi... Très étrange ! J'veux dire, j'avais rien fait pour ça !
Si j'étais honnête, mais je ne l'étais pas, j'avouerais qu'elle est plutôt jolie. Elle a un visage pétillant et souriant, c'est assez agréable dans ces temps où personne ne sourit. Mais soyons raisonnables ! On a sept ans d'écart et je vais me marier ! J'ai une vie bien écrite et que ça soit prévu, ça me plait ! Je hais la surprise ! Tout ce qui sort du train-train habituel, ça me fait flipper ! Avec Maria, c'est bien parce qu'elle hait l'imprévu ! Métro, boulot, sexe et dodo ! Maria c'est mon premier amour, celle en qui j'ai placé TOUS mes espoirs ! Elle me connait parfaitement et je la connais parfaitement.
C'est cool le monde, non ?
C'était cool dans la mesure où on s'emmerdait pas... Et très honnêtement... j'en flippe. J'ai 24 ans, j'me marie dans un peu moins de trois mois direction une jolie petite vie de famille !
Que de bonheur en perspective hein !
Ah merde ! Le texto de Maria ! J'attrapais mon portable pour lire son dernier message.
«Je vais choisir les amuse-gueules pour le 1er, demain!
Je vais opter pour celui qu'ils appellent Les Rafinés.
Ca t'ira ?»
Bordel j'me rappelais même plus des contenus de menus ! Elle avait déjà tout organisé ou presque avec ses parents... Esmé l'avait appelé cette semaine pour savoir si elle voulait de l'aide, mais ils avaient refusé. Encore heureux que mes parents avaient reçus des cartons d'invitation, sinon on aurait pu se demander s'ils étaient concernés par le truc !
«Prends ceux que tu préfères, je sais que ça sera bien!»
J'ouvrais la porte d'entrée. La lampe du salon était allumée. J'y entrais et trouvais Edward et Bella allongés sur le canapé. Lui s'était mis dans l'autre sens, la tête posée sur la banquette qui faisait angle. Bella avait sa tête au même niveau, allongée dans la banquette angle elle aussi. Elle dormait profondément, couverte par sa couette. Edward, lui, était réveillé et assis. Il se frottait les yeux.
- Ca va, Ed ?
Il me regardait et acquiessait.
- Tu veux quelque chose ?
Il se redressait péniblement, avec un petit mouvement de corps, peu stable sur sa jambe.
- J'voulais prendre un cachet pour la douleur...
Il avançait en boîtant.
- Fais pas l'abruti, je vais aller te le chercher !
Derrière, Bella gémissait dans son sommeil.
- Edward...
Bah évidemment, c'était pas le prénom de son frère adoré qu'elle prononçait en premier en se réveillant, tiens ! Il se retournait vers elle et attrapait sa main.
- Je suis là...
- Qu'est-ce que tu fais ? Recouches-toi ! marmonnait-elle, endormie.
- Rien... J'allais chercher un cachet !
Je filais à la cuisine, prenais un comprimé et un verre d'eau pour le lui ramener.
- Je vais me coucher, j'ai raccompagné Alice... Vous voulez pas monter à l'étage ?
- Non ça va...
- Comme vous voulez ! Bonne nuit !
Je filais dans ma chambre et attrapais mon scénario que j'avais terminé de rédiger. Je reprenais le livre et les passages surlignés en fluo qui me semblaient capitaux. Parti comme ça, on avait un film de presque 1h40. Pour un petit film d'auteur, c'était correct !
Mais eux, ils vont penser que c'est correct ou que c'est à chier ? Je pouvais pas passer à côté ! Ca me tenait vraiment à coeur !
Et hop, c'est parti pour une bonne grosse nuit blanche mon kiki !
..::..
Point de vue de Bella.
Edward se rallongeait en grimaçant. Je l'aidais à s'installer confortablement. Il était sur le dos, fixant le plafond sans sciller. J'observais son visage meurtri... Il n'avait rien fait pour mériter ça ! RIEN ! Cette simple pensée me faisait monter les larmes aux yeux.
C'est tellement injuste... Et cet abruti qui devait jubiler d'être parvenu à ses fins !
- Pleure pas Bébé... C'est rien...
Les pleurs roulaient sur mes joues et je ne savais plus comment les contrôler. Mon visage me piquait désagréablement et j'avais cette douloureuse boule dans la gorge. Un sanglot bruyant m'échappait. Je devais être forte ! C'est lui qui a subi tout ça ! Pas toi ! Toi, tu dois être là pour lui ! Rien de plus, rien de moins ! Rester à ta place et l'entourer de tout ton amour...
Mais je n'y arrivais pas et j'en avais honte. Honte de me mettre à pleurer devant lui alors que mon rôle aurait été de l'exorter à se battre, à ne pas baisser les bras pour faire tomber Marcus de l'espèce de trône sur lequel il s'était installé !
- Bella... S'il te plaît... Arrête de pleurer, je...
Son menton tremblait et sa main se posait sur ma joue, hésitante. Je me redressais à son niveau pour poser ma tête sur son épaule. Je n'osais même plus le toucher de peur de lui faire mal...
- Je suis désolée Edward... Si désolée...
- Ne le sois pas... Tu n'y es pour rien... C'est de ma faute, j'aurais pas dû en arriver là mais j'arrive même pas à regretter... le seul truc que je regrette, c'est que tu doives assister à ça et la façon dont je mets ta famille dans l'embarras !
Je me relevais vivement, comme électrocutée.
- Tu redis ça une seule fois et je t'achève, Masen ! C'est clair ?
- Bella...
- Non ! Ne dis rien ! Je me fiche de ce que tu as pu faire. Je t'aime. Ca devrait te suffire comme preuve pour te sentir à l'aise ici ! C'est ta maison et je suis à toi depuis la première fois que t'as mis le pied dans ce salon ! N'ais pas peur de penser à toi et à ta guérison. On va s'occuper de toi comme si tu étais l'un de cette famille, car c'est ce que tu es ! Tu l'es devenu à la seconde où je t'ai embrassé. C'est nous tous contre lui maintenant.
Et j'en étais convaincue ! Mes parents et frères et soeurs avaient fait de lui un membre de la famille. Il devait le savoir ! Lui ici, il n'était plus un sous-membre. Il devenait l'égal de nous tous ! Il me souriait faiblement et caressait mes lèvres de son pouce.
- Merci Bébé !
J'embrassais son front et sa bouche légèrement. Il avait la lèvre ouverte et je ne voulais pas lui faire de mal, bien qu'il m'en coûtait beaucoup de ne pas laisser cette passion dévorante m'envahir totalement.
- Tu devrais dormir, tu te lèves dans quatre heures pour aller au lycée...
- Je n'y vais pas, je reste avec toi !
- Quoi ? Mais Bella... Tu as le bac en fin d'année et...
- Mais toi aussi ! Esmé est d'accord, seulement si je retourne en classe vendredi. Elle sera là pour veiller sur toi vendredi. Demain, on sera tous seuls et il faut bien que quelqu'un reste pour surveiller que tu fasses pas d'imprudence !
Sans que je ne le vois vraiment venir, il se mettait à pleurer.
- Hey... Edward ! Shhh... Qu'est-ce qui se passe ?
Il fermait les yeux avec force, fronçant les sourcils et en reniflant légèrement. Ses poings se serraient.
- Rien...
- Dis-moi !
- Elisabeth...
Mon coeur se serrait. J'en revenais pas qu'elle l'ait mis dehors ! Ca ne lui ressemblait tellement pas !
- Elle n'a pas raisonné avec recul sur le moment... mais calme-toi... Elle va y réfléchir, j'en suis certaine ! Ca ne ressemble pas à ta maman d'agir avec autant d'impulsivité. Elle a été guidé sous le coup de la colère mais elle va sûrement y repenser et se dire qu'elle a été trop loin ! Elle va réfléchir, j'en suis convaincue !
Il faisait «non» de la tête.
- C'est son mari... et je l'ai tabassé... Elle...
- Shhh... Elle va forcément y repenser ! Ne t'en fais pas ! Tu as un toit ici. Tu n'es pas à la rue. Je suis certaine que les choses se tasseront avec le temps...
Il ne répondait plus et j'essuyais ses larmes.
- Tu veux prendre un autre cachet pour dormir ?
Il acceptait volontiers et je me levais jusqu'à la salle de bain du rez-de-chaussée pour attraper les somnifères que Carlisle lui avait donné tout à l'heure. Il l'avalait et se rallongeait. Je remettais la couverture sur lui et me replaçais, ma tête au niveau de la sienne. Je passais mon bras gauche en travers son buste pour attraper sa main droite et entrelacer nos doigts. Il s'endormait au bout de quelques minutes et je le regardais un bon bout de temps, peinant à trouver le sommeil.
J'étais prête à aller parler à Elisabeth s'il le fallait mais je préférais attendre quelques jours. Elle devait sûrement être encore sous le coup de la colère et il ne servait à rien de l'énerver encore plus. Les choses viendraient et jusqu'à ce moment-là, je prendrais soin d'Edward.
..::..
Point de vue d'Elisabeth.
- C'EST QUAND MÊME LE COUP DE GRÂCE CHEF SWAN ! JE ME FAIS AGRESSER PAR CE FOU ET VOUS REMETTEZ EN DOUTE MA PAROLE ? JE SUIS PASTEUR NON DE DIEU !
«Agresser par ce fou...» Comment avions-nous pu en arriver là ? J'avais tout râté ! Râté l'éducation de mon fils, râté l'arrivée de Marcus dans la famille... J'étais partie rendre visite à Amanda et en revenant, mon fils et mon mari se battaient... Je n'aurai pas dû m'octroyer cet après-midi ! C'est de ma faute !
- Vous avez porté plainte Monsieur Voltero et par ce fait, vous m'avez mandaté pour faire justice, de façon à ce que je trouve tous les éléments de cette affaire. J'ai constaté que votre témoignage ne concordait pas avec celui d'Edward. Je me dois donc de vous réinterroger tous les deux, c'est la procédure !
- J'EN AI RIEN A FOUTRE DE VOTRE PROCEDURE ! JE SUIS HOSPITALISE ! JE N'AI PAS A VOUS REPONDRE !
- Vous êtes certes hospitalisé, mais votre état est bon ! Votre médecin me l'a confirmé ! Vous êtes apte à reprendre votre témoignage. Et maintenant, ou vous coopérez et tout se passe bien, ou je considère que vous entravez à l'enquête et là, votre bonne foi serait sérieusement remise en cause !
J'observais le Chef Swan. Il fixait Marcus, comme s'il cherchait quelque chose. Mon mari et mon fils s'étaient engagés dans une procédure judiciaire... Jamais je n'aurai cru ça possible... Mon fils... Mon petit garçon... Edward... Je peinais à croire que ce petit garçon que j'avais mis au monde était celui qui s'était tenu à califourchon sur Marcus, frappant son visage de toutes ses forces.
Je me rappelerais toujours du visage de son père lorsqu'il était né ! Il n'avait pas fait de trop longs discours. Edward Senior n'était pas un grand expansif. Il m'avait simplement dit «Merci». Un merci ému et sincère. Le merci qui avait changé ma vie... Que dirait-il aujourd'hui s'il voyait la situation de son enfant ? Edward lui ressemblait, dans bien des domaines. Comme lui, il ne savait pas mentir. Comme lui, il ne montrait jamais ses émotions. Se pouvait-il qu'à cause de ça, j'ai manqué des signes avant-coureurs de cette bagarre ? Lui et Marcus ne s'étaient jamais entendus.
J'ai tout râté ! Tout est ma faute ! Si j'avais connu mon fils suffisamment, et si j'avais su m'imposer davantage face à Marcus quand Edward en avait besoin, rien de tel ne se serait produit !
- Je vous l'ai dit ! Je lui ai demandé quelque chose, il a refusé. Il a commencé à me pousser, à me coller contre le mur. J'ai riposté. Il avait une poigne impressionnante ! Je me suis débattu, il m'a relâché et a commencé à me marteler de coups, comme pris de folie ! Je n'ai pu le maîtriser un temps et j'ai lancé des coups au hasard ! Jusqu'à ce qu'il me fasse chuter au sol, m'assomant à moitié et qu'Elisabeth n'arrive.
Tout ça ne ressemblait tellement pas au Edward que j'avais connu... A mon petit garçon... ce petit qui me faisait des dessins et des calins quand je rentrais le soir ! Celui qui allait toujours me cueillir des gros bouquets de tournesols parfois plus grand que lui avec sa tante, quand nous étions en vacances chez son Oncle Jerry !
Où était-il passé ? Edward était devenu un homme et je ne m'en étais pas aperçue... Quand j'avais trouvé ce préservatif dans sa poche de jeans... c'était comme si mon coeur s'était arrêté de battre un instant. Edward... Mon Edward avait des relations physiques avec Isabella... J'aurais été stupide de penser le contraire, tous deux étaient deux adolescents amoureux qui partageaient au moins une fois par semaine le même lit ! Ce fut le premier choc... La première fois que vraiment j'avais réalisé qu'Edward m'échappait. Il était devenu un homme. Un homme intelligent qui savait se protéger pour aimer le plus sainement possible sa Bella...
Un homme capable de se battre... En écoutant Marcus, j'aurais aimé le secouer, lui hurler qu'Edward en était incapable ! Mais je l'avais vu de mes propres yeux entrain d'asséner ces coups !
- Comment expliquez-vous qu'Edward ne donne pas le même récit que vous ?
- OH MAIS VOUS ETES CON OU VOUS LE FAITES EXPRES ? IL MENT C'EST EVIDENT ! IL NE FAIT QUE CA DEPUIS QU'IL EST PETIT !
- Edward ne ferait pas ça !
Les mots avaient franchis mes lèvres. Marcus et Charlie se tournaient vers moi et j'avais l'impression d'être oppressée par ces deux regards. Je savais ce que pensait Marcus : une femme doit soutenir son mari dans n'importe quelles circonstances, au péril du reste ! Il me l'avait assez répété !
- Tu ne pensais pas non plus qu'il serait capable de se battre et de sauter la fille Cullen ! Et pourtant, tu l'as vu comme moi, non ?! Alors je t'en supplie ! Arrête ça merde !
- Monsieur Voltero ! Calmez-vous !
- OH VOUS HEIN ! VOUS ME FAITES CHIER ! REMETTRE EN QUESTION MA PAROLE DE PASTEUR N'EST PAS TRES FUTE MONSIEUR SWAN !
- Je vous demanderais de vous calmer et de me respecter !
- Mais je vous respecte moi, Monsieur ! C'est vous qui ne le faites pas !
Le chef Swan soupirait et soufflait, visiblement agacé.
- Un commentaire de plus de ce genre et j'ajoute dans votre dossier un petit apparté indiquant un «outrage à agent de la force publique». Je serais vous, Monsieur Voltero, je prendrais garde à mes paroles... Surtout devant témoin !
Marcus se donnait en spectacle depuis hier ! Je savais qu'il avait toujours eu ce côté en lui très vaniteux ! Mais là... Il me gênait horriblement ! Devant le père d'Alice, le mari de Renée. Renée qui était mon amie depuis plus de quinze ans !
- Marcus, calme-toi s'il te plaît !
- TU N'AS PAS A ME DIRE CE QUE JE DOIS FAIRE ! C'EST DE LA FAUTE DE TON SALE GAMIN SI ON EN EST LA ALORS TU FERAIS MIEUX DE TE TAIRE !
Dix ans que ça durait ! Dix ans que lui et Edward se bouffaient le nez. Et quand je prenais la défense d'Edward, j'étais une mauvaise mère. Si je prenais la défense de Marcus, Edward s'estimait mal compris ! Je me levais et claquais la porte de la chambre.
Ca faisait du bien de marcher dans les couloirs de cet hôpital que j'avais un peu trop fréquenté ces derniers temps... Parfois, j'avais l'impression en venant dans une de ces chambres que je coupais avec la situation à la maison. Pas que j'étais heureuse d'être malade loin de là ! Mais ma vision avait changé depuis que le Docteur Cullen m'avait diagnostiqué ce cancer. Etait-ce parce que j'avais accordé moins d'importance à ce qui se passait entre Marcus et Edward que la situation avait changé ?
- Mrs Voltero ? Que faites-vous là ? Je vous croyais en congés de nous pendant quinze jours ! Je me retournais vers la voix chaleureuse masculine qui m'avait interpelé. Eric... l'aide-soignant qui s'occupait de moi !
- Je m'y croyais aussi...
- On m'a raconté que votre mari avait été admis dans nos locaux. C'est grave ?
- Il y a eu... comment dire ? Une bagarre à la maison !
- Rien d'important, j'espère ?
- Mon mari et mon fils se sont battus...
Eric ne semblait même pas surpris. Les premiers temps de la maladie, lorsqu'il était chargé de me faire des prises de sang et des analyses diverses, il m'avait beaucoup fait parler de ma vie privée pour «faire oublier le reste». Et il avait vite compris qu'Edward et Marcus ne partiraient pas en vacances ensemble !
- J'en suis navré...
- Ca devait finir par arriver...
- Vu comment vous m'en parliez... ça me semblait inévitable !
J'acquiessais. Tout le monde l'avait vu venir, sauf moi !
- Le bilan humain est lourd ? souriait-il
- Mon mari sort ce soir, donc non. A part des points sur sa pomette... Rien de plus que des bleus et quelques cocards !
- Et votre fils ?
Mes entrailles se serraient... Dans la colère, je n'avais même pas analysé plus en détails ses blessures... Mais j'avais vu du sang sur son arcade. J'avais envie de vomir.
- Je l'ai...
- Vous l'avez mis dehors, c'est ça ?
Le plus honteusement du monde, j'acquiessais encore une fois. Marcus avait raison ! Je n'avais jamais su m'y prendre avec mon fils !
- Je suis la mère la plus pathétique du monde !
Eric s'approchait de moi et passait son bras autour de mes épaules.
- Laissez passer de l'eau sous les ponts. Ca s'arrangera ! Rien ne dure toute la vie, pas même les ennuis ! Vous êtes quelqu'un de bien, Elisabeth. Ne l'oubliez pas ! Si ma mère avait pu avoir votre dévotion sur toute ma vie, j'aurais été l'enfant le plus heureux du monde croyez-moi !
- Mais il... s'il est seul et blessé et...
- Il a bien une petite chérie chez qui se réfugier, non ?
J'aimais bien Eric... Il me faisait sourire la plupart du temps, même quand il m'installait les poches pour la chimio ! «Allez Elisabeth, on va exterminer les méchantes souches cancéreuses ! Prête pour la guerre ?»
- Oui... Il sort avec la fille du Docteur Cullen !
- Oooh ! Et bah j'étais pas au courant de celle-là ! Vous croyez que Carlisle me l'aurait dit ? Même pas ! Quel chameau !
Je ne pouvais me retenir de sourire. Carlisle était infiniment apprécié et respecté dans cet hopital.
- Ne vous en faites pas, il a dû aller chez Carlisle...
- J'espère... Je... S'il est blessé que... le Docteur Cullen le soigne au moins s'il ne veut pas l'héberger...
- Le connaissant, il lui aura fait une petite place ! Vous pourrez lui en parler, il arrivera dans une heure !
- Merci Eric !
- Je vous en prie... Excusez-moi mais je dois faire mes visites. Un vieux qui s'est encore fracturé la hanche et qui s'estime maltraité par les infirmières ! Je dois aller faire la police !
- Allez-y alors...
- Ne vous inquiétez pas Elisabeth... Ca se calmera... Mais n'oubliez pas de vous reposer. Vous avez une lourde maladie et un traitement difficile. Pensez à vous aussi...
J'aurai aimé croire en son sourire et en sa bonne foi évidente. Mais c'était beaucoup plus grave que ça... et j'ignorais quoi faire... Je décidais de rentrer à la maison et ne plus entendre tout ce brouhaha incessant que j'avais créé !
Ma faute. Tout est ma faute !
..::..
Point de vue d'Edward.
Charlie était revenu chez les Cullen à la mi-journée. Bella et moi étions enlacés sur le canapé, entrain de regarder un film. Jasper était parti à Seatle, stressé comme un dingue, pour rencontrer son producteur et Karlyne était gardée par Rosalie qui ne travaillait pas.
Le chef Swan était entré, visiblement soucieux.
- Bonjour les enfants !
Bella et moi nous étions réinstallés correctement contre les coussins. Charlie soupirait en s'asseyant.
- Edward, il faut que tu me redonnes ton témoignage concernant la bagarre. Je suis désolé de t'embêter avec ça mais tu dois te souvenir du plus possible ! Une enquête préliminaire a été ouverte par le procureur...
J'essayais de rassembler mes souvenirs mais c'était difficile. Je savais avec certitude qu'il avait insulté Bella, que j'avais lâché le premier coup. Après, c'était beaucoup plus vague. Je me rappelais avoir été poussé contre le mur et que ma tête y avait tapé. A partir de là, je n'avais que des bribes, avec cette sensation à un moment donné d'avoir été roué de coups. Et puis d'en avoir donné. Beaucoup.
Je livrais à Charlie mon récit.
- C'est cohérent. Tu dis que ta tête a frappé contre un mur... Il t'y a poussé ou tu y es tombé dans l'élan ?
- Il m'a poussé... J'en suis presque certain !
Je ressentais encore l'élancement derrière mon crâne et y passais ma main machinalement, jusqu'à ce que des doigts plus délicats frôlent les miens. Bella...
- Il a une bosse...
Charlie extirpait une feuille.
- Carlisle l'a noté dans son certificat médical ! Ecoute Edward... Il faut que je te prévienne ! Je suis passé voir Marcus tout à l'heure. Notre entretien ne s'est pas très bien passé, il a eu des mots un peu mal placés à mon encontre. Je crois sincèrement qu'il commence à perdre les pédales ! Ceci dit, le fait que tu ais donné le premier coup et que tu le reconnaisses ne plaide pas en ta faveur.
Ca, je le savais très bien !
- Actuellement, Marcus est en position de force !
Je sursautais lorsque Bella s'écriait à côté de moi :
- Quoi ? Mais pourquoi ?
- Rien que par le simple fait qu'il ait cet «avantage» et surtout qu'il ait été hospitalisé !
- Mais quoi ? Il a quoi ? Un trauma crânien ?
- Si ça pouvait l'empêcher de dire des conneries... soupirais-je.
J'avais pas cogné assez fort ! A vrai dire, si Elisabeth n'était pas revenue, je l'aurai massacré ! J'aurai été en taule mais au moins, j'aurais su pourquoi !
Des fois... c'était comme si... comme si je ne me reconnaissais pas ! Jamais je ne me serais cru capable de tant de violence et de haine... Jamais j'aurais pu imaginer souhaiter la mort de quelqu'un ! Et ça me faisait peur... j'avais peur d'être un monstre et surtout, j'avais peur que Bella n'apprenne tout ça et s'enfuit... Après tout, je l'aurai cherché ! Mais je ne voulais pas... je ne voulais pas qu'elle ait peur de moi...
- Marcus a eu la pomette ouverte, il a des sutures et au niveau des contusions, vous êtes sensiblement à égalité !
A côté de moi, je sentais le corps de Bella trembler. Ses mains sur les miennes étaient subitement bien froides. Je les enserrais avec toute ma force possible, pour essayer de l'apaiser. J'aurais aimé qu'elle sorte... Qu'elle n'assiste pas à ça !
- Vous êtes entrain de dire que parce qu'il a été hospitalisé, ça «l'avantage» en quelque sorte ?
Charlie acquiessait.
- MAIS C'EST INJUSTE ! EDWARD EST TOUT AUTANT BLESSE QUE LUI !
Des larmes roulaient sur les joues de ma petite-amie. Ca me tordait le ventre ! J'en étais là et je l'entraînais dans ma chute !
- Il a... il souffre autant que lui et il ne va pas pleurnicher... il... c'est dégueulasse ! DEGUEULASSE !
Elle éclatait en sanglots et Charlie baissait la tête.
- Ca m'embête tout autant que vous, les enfants...
Je prenais Bella dans mes bras et tentais de l'apaiser du mieux que je le pouvais. Je pouvais sentir chacun de ses pleurs se graver en moi... Jamais je ne me pardonnerais de lui faire autant de mal...
- Shhh... Calme-toi Bella... Ca va s'arranger...
Mais ma voix s'éteignait dans mes paroles. J'en doutais moi-même ! Malgré l'aide de Charlie, j'étais presque piégé !
- Edward... s'ils... si tu es... Edward...
Elle suffoquait pratiquement, son poing serrant mon tee-shirt.
- Bébé... Va prendre un bain... Ca va te détendre et te faire du bien... Je vais discuter avec Charlie...
Elle était à bout ! Elle avait passé une fin de journée, une nuit et un nouveau jour pourri en ma compagnie ! Elle ratait le lycée, elle s'évertuait à s'occuper de moi, de mes cachets, de me passer la pommade et désinfecter mes plaies... C'était pas une vie pour elle ! Et c'était de ma faute ! Entièrement de ma faute...
- Tu es sûr ?
Je caressais ses cheveux et enlevais de mes doigts ses larmes qui gâchaient tant sa beauté... J'embrassais son front lentement, inspirant son odeur pour me donner du courage.
- Vas-y ! Je te rejoins quand on a fini...
Elle acquiessait et se levait. Ses yeux me paraissaient si tristes... Je ne la rendais pas heureuse ! Elle avait perdu cette malice ! Elle passait avec douceur ses bras autour de mon cou et embrassait ma mâchoire.
- Je t'aime... me murmurait-elle à l'oreille.
Mes mains sur sa taille, je lui répondais tout aussi doucement.
- Je t'aime Bella...
*
Elle disparaissait dans le couloir pour monter les escaliers allant à sa salle de bains.
- La pauvre... Elle t'aime beaucoup on dirait !
- Je l'aime autant... répondis-je à Charlie.
- Revenons à nos moutons... Il faut que tu saches que Marcus peut faire valoir son hospitalisation comme «appui» en quelque sorte... Tu aurais dû te rendre aux urgences. Je ne sais pas si le certificat médical aura beaucoup de poids face à l'hospitalisation. Un séjour à l'hosto, même pour une situation minime, a beaucoup plus d'influences...
- Vous êtes entrain de me dire que je peux aller en garde à vue n'importe quand s'il décide de faire valoir son hospitalisation ?
Charlie acquiessait et j'avais envie de tout péter ! Foutu système de merde !
- Edward, je te promets de tout faire pour que tu t'en sortes ! Marcus n'est pas net ! Dis-moi, je veux tout savoir sur lui ! Tout ce qu'il a pu te faire... Et si tu as des preuves, même infimes... Dis-moi où elles sont...
Malheureusement, les preuves... les preuves étaient parties en fumée. Entre mes 12 et mes 16 ans, je tenais des cahiers dans lesquels je consignais tout ce qu'il me faisait subir. Une fois terminé, je les relisais et les brûlais, enterrant ainsi toute ma rancoeur pour Marcus! MAIS QUEL CON !
- Je n'en ai techniquement pas le droit, mais je vais tout faire pour t'innocenter... Je ne suis pas censé prendre parti pour l'un ou l'autre, mais tu es le meilleur ami d'Alice. Rien que pour ça, je dois t'aider ! Mais il faut que tu saches... Marcus peut, à tout moment, faire valoir que je te connais et que je suis trop proche de toi pour continuer l'enquête de façon neutre. Ca arrivera à un moment donné. A partir de cet instant-là, je ne pourrais plus participer à l'enquête et... il est fortement probable qu'ils viennent te placer en garde à vue pendant 24h.
- Je vais aller... en taule ?
- Ils vont te garder au commissariat 24h et t'interroger sur cette affaire, te faire répéter vingt fois la même réponse. Après, ils te relâcheront. Dans le pire des cas, ils te garderont 24h de plus mais après, tu ressortiras. Mais tu devras leur rendre compte de tous tes déplacements si jamais tu dois voyager !
Putain de merde !
- En attendant, je vais faire mon maximum pour trouver le plus d'éléments possibles ! Je te le promets !
Bon en gros, j'allais pas pouvoir échapper à la garde à vue ! Valait mieux que je me blinde ! Ce n'est que 24 heures, ce n'est que 24heures, ce n'est que 24heures !
- Je suis désolé Edward...
- Vous avez fait tout ce que vous pouviez Charlie... et je vous en serai reconnaissant tout le temps !
Il se relevait et me serrait la main avant de partir. Je me dirigeais péniblement à l'escalier et grimpais les marches difficilement.
Il n'avait pas eu assez ! C'était comme si j'avais pas cogné assez fort !
J'entrais dans la salle de bains et trouvais Bella dans la baignoire pleine de mousse. Malgré la situation, je ne la trouvais que trop belle... trop bien pour moi ! Elle ouvrait les yeux et me souriait. Je m'installais sur le tabouret qui était devant la coiffeuse et elle me tendait sa main mouillée que j'attrapais.
- Alors ?
- Charlie pense que je ne vais pas pouvoir éviter la garde à vue...
- Quoi ?
- Minimum 24h, maximum 48 heures...
Elle soupirait et attrapait sa serviette sur le porte-serviette. Elle se relevait et se rinçait sommairement avant de s'enrouler dans le long linge blanc. Elle était vraiment très belle... plus que belle... magnifique... Jamais plus je ne voulais voir d'autres corps féminins nus devant moi ! C'était elle ou ce serait rien du tout !
Elle sortait de la baignoire et vidait l'eau puis s'enroulait dans son peignoire. Je me relevais difficilement et l'attirais contre moi, malgré mes muscles engourdis et douloureux.
- Pardonne-moi Bella... Je voulais pas te mettre dans une telle situation... Je suis désolé...
Ses bras serraient ma taille sans forcer et elle posait sa tête contre mon coeur. Nous restions ainsi silencieux, coupés du monde, et je voulais tout faire pour que l'orage qui menaçait ne nous atteigne pas...
