Coucou coucou coucou !
Je vous remercie toutes mille fois, deux mille fois, trois milles fois
de tous vos messages que j'adore lire !
Je n'ai pas pu vous répondre,
parce que putain croyez-moi,
ce chapitre m'aura demandé pas mal de boulot !
Ils sont difficiles ceux-là en ce moment!
*
Prochain chapitre, mercredi !
Pour celles qui lisent les O.S du Hasard, je publierai le suivant lundi !
*
Je vous remercie toutes et tous de vos messages,
de vos lectures compréhensives... de cette confiance que vous m'accordez !
Ca compte beaucoup pour moi, surtout en ce moment !
*
Prenez soin de vous,
je vous embrasse !
Prenez soin de vous !
Tiftouff !
Point de vue de Carlisle.
- QUOI ? MAIS VOUS PLAISANTEZ !
- Monsieur Cullen... Nous n'avons pas le choix ! Monsieur Voltero a posé un recours tout à fait justifié ! Nous obéissons aux lois !
J'en revenais pas ! Si je croisais Marcus, je me chargeais de le faire passer par la fenêtre !
Je quittais l'hôpital précipitamment, le coeur affolé. Ils allaient mettre Edward en garde à vue !
- Je suis désolé Carlisle...
Je me tournais vers Charlie, qui était accompagné de son supérieur.
- Vous n'y êtes pour rien...
Devant nous, le supérieur de Charlie marchait d'un pas décidé. Suite à une plainte de Marcus, ils avaient décidé de ne plus mandater Charlie Swan sur ce cas ! «Trop de liens avec un des accusés» !
Le mari d'Elisabeth avait fait valoir son hospitalisation, après avoir appelé un avocat. Ce mec était une ordure ! Une bonne grosse ordure que j'avais envie d'expédier directement dans un broyeur !
- MAIS POURQUOI C'EST EDWARD QUI VA EN GARDE A VUE ? IL A AUSSI DEPOSE PLAINTE JE VOUS SIGNALE !
Le supérieur de Charlie se tournait vers moi.
- Je vous prierais de garder pour vous vos remarques ! Monsieur Voltero est hospitalisé et Monsieur Masen ne l'est pas ! Il me semble que tout est dit ! De plus, le rapport stipule bien qu'il a donné le premier coup ! Il le reconnait lui-même !
- Mais Voltero est apte à sortir !
Ca m'exaspérait parce que ce matin, en croisant Eric qui venait de raccompagner Elisabeth jusqu'à un taxi, il m'avait affirmé que Voltero n'avait aucune raison de rester plus longuement ! IL SIMULAIT !
- Un de vos confrères a estimé qu'il devait rester ! C'est peut-être injuste mais c'est comme ça ! Il a été décidé d'une enquête préliminaire et je souhaite utiliser cette garde à vue pour tirer des choses au clair ! Le témoignage de Monsieur Masen ne concorde pas avec celui de Monsieur Voltero ! Il est donc convoqué en garde à vue !
Incroyable ! Vraiment incroyable que la parole de cet homme ne soit pas remise en cause un seul instant ! C'est forcément Edward, puisque c'est un ado qui a des problèmes relationnels ! Quant à mon «confrère» qui avait eu la judicieuse idée de le garder un peu plus, il allait pas faire long feu dans l'hôpital !
- Combien de temps ?
- 24h, reconductibles une fois si besoin est !
Je conduisais, furieux, derrière la voiture de police. Bella qui allait devoir assister à ça... voir Edward être menotté et emmené au poste ! Ma petite fille...
- Carlisle... Je vais continuer l'enquête de mon côté ! Je vous le promets !
- Charlie...
- Edward compte beaucoup dans la vie d'Alice. Elle me tuerait si je ne faisais pas tout mon possible !
- Charlie... passons un pacte ! Faut qu'on fasse tout pour le sortir de là, définitivement !
- Je suis avec vous !
Ca me rassurait de savoir Charlie de notre côté. Mais la partie n'était pas gagnée !
Je me garais devant la maison. J'avais à peine remarqué la carure d'Emmett.
- Hé ! Qu'est-ce qui se passe ?
J'entrais juste à temps dans le salon, mon beau-fils sur les talons, pour voir l'inspecteur Gerandy interpeler Edward qui était dans la cuisine avec Bella.
- Edward Anthony Masen ? Veuillez me suivre s'il vous plaît ! Vous êtes placé en garde à vue dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte pour coups et blessures sur la personne du Pasteur Marcus Voltero !
Tout s'écroulait et je remerciais le ciel qu'Emmett ait été là pour retenir Bella qui fut victime d'un étourdissement à ce moment-là !
..::..
Point de vue d'Edward.
Les menottes. J'avais jamais joué aux gendarmes et aux voleurs ! Et là, on me les passait !
Charlie... Carlisle... Emmett... L'inspecteur... Bella...
- Hé hé hé... Bella... Bella... Reste avec nous !
Bella qui s'effondre, retenue de justesse par son frère.
- BELLA !
Mais on me tirait en arrière. Bella, le visage pâle et les mains tremblantes.
- Vous venez avec nous Monsieur Masen !
- Bella... LACHEZ-MOI !
- VOUS VOUS CALMEZ !
- HEH GERANDY ! CE N'EST QU'UNE GARDE A VUE ! PAS UN TERRORISTE ! s'exclamait Charlie.
Je ne comprenais plus. Ils étaient venus me chercher... devant Bella !
- Edward...
- Assis là, Emmett !
J'avais à peine le temps de la voir reprendre conscience qu'on m'entraînait à l'extérieur. On m'installait dans la voiture de police mais je voyais Charlie.
- Je vous suis... me murmurait-il.
J'acquiessais. Je n'avais pas voulu lutter contre ça... je partais vers l'inconnu !
*
Des minutes... ou des heures... J'ignorais depuis combien de temps j'étais enfermé dans cette cellule. Bella... Ma Bella qui s'évanouit... Je ne pourrais jamais oublier tout ce mal que je lui infligeais. Si elle pleurait ou tombait dans les vapes, c'était à cause de ma situation ! Je l'aimais et elle m'aimait ! Aimer, ce n'est pas souffrir. Pas comme ça !
Un loquet me tirait de ma rêverie. Quelqu'un venait. Je me levais difficilement à cause de mes blessures du lit sur lequel j'étais assis. Gerandy et un autre homme en tenue d'officier venaient à ma rencontre. Ils n'ouvraient pas la cellule.
- Inspecteur Sam Uley... j'aimerais vous poser quelques questions !
Ca allait être les mêmes questions ! Depuis que j'étais là, ils m'avaient interrogé deux fois déjà !
- Vous portez plainte pour coups et blessures contre le Pasteur Voltero, c'est bien ça ?
- Oui !
- Vous vous êtes battus le mercredi 19 avril, c'est ça ?
- Oui !
- Et vous avouez avoir porté le premier coup ! Pourquoi ?
- Comme je l'ai dit, nous nous sommes disputés comme toujours. Il a insulté ma petite-amie et je me suis énervé. Je lui ai mis un coup de poing.
- Vous dites que vous être disputés «comme toujours«... Toujours ?
- On s'est jamais entendus lui et moi !
- Comment ça ?
Je détestais parler de ça... parce que les gens savaient que j'étais faible ! Et je voulais pas être faible ! J'aurais voulu être courageux et pas cette putain de lopette de merde que j'étais devenu par sa faute !
- Marcus aime bien «dominer « le fils de sa femme ! ajoutais-je, un brin sarcastique.
- Vous avez des preuves de ce que vous avancez ?
- Il s'est bien gardé de me laisser l'occasion d'en avoir !
Le flic notait.
- Bien... Vous me dites qu'il a insulté votre petite-amie... Quels ont été les termes utilisés ?
- Trainée. Il l'a traité de trainée !
- Vous en êtes sûr ?
- Certain !
- Vous affirmez ensuite ne pas vous souvenir de la suite de la bagarre... Comment expliquez-vous que vous vous souvenez de l'insulte exacte utilisée par votre beau-père ?
Lui, il se foutait de ma gueule ! Clairement !
- Quand on utilise ce genre de mots à l'encontre de la seule personne qui compte vraiment pour vous, je vous jure que vous vous en rappelez !
- Et vous ne vous rappelez de rien ensuite ?
- Je me rappelle avoir été poussé contre le mur. Je me suis cogné. Je me rappelle avoir pris des coups et quand ma mère est arrivée, j'en donnais.
Il notait des choses dans un carnet en acquiessant.
- C'est une version que vous confirmez ?
J'en avais marre ! VRAIMENT marre !
- Il va vous falloir combien d'interrogatoires encore pour que vous cessiez de me poser cette question ?
Il ne me regardait pas.
- Le Docteur Cullen vient d'arriver. Il se porte responsable de vous quand vous sortirez d'ici ! Vous êtes encore en garde à vue pour vingt heures !
VINGT HEURES ? Les deux flics repartaient par là où ils étaient arrivés. Carlisle était là ! Il était venu ! Ca me serrait inexplicablement la gorge. J'avais honte ! Il m'hébergeait, il me soignait. Il m'avait offert un travail. J'abusais de la situation ! Je lui faisais perdre son temps ! Il prenait de gros risques dans cette histoire... L'idée m'était insupportable ! Esmé qui m'avait accueilli à bras ouverts... Emmett et Jasper qui m'avaient intégré à leur fratrie rapidement... Rosalie, qui avait si souvent réparé ma voiture à perte parfois... Karlyne, qui, du haut de ses cinq mois, écoutait toujours mes petits doutes !
Et Bella... Ma Bella... Je ne pouvais même pas résumer notre histoire... Ces quatre derniers mois avaient été les plus importants de toute ma vie. Je bousillais tout, je n'avais pas su me maîtriser. Il aurait suffit d'un petit effort... juste de serrer les dents... et tout se serait bien passé ! Nous n'aurions pas explosé, je vivrais toujours chez ma mère et je serais apte à faire l'amour à ma compagne pour qu'elle sache tout l'amour que j'éprouvais pour elle.
- PUTAIN !
Presque immédiatement, j'entendais de nouveau le loquet. C'était quoi cette fois ? J'allais me faire coffrer pour avoir juré dans ma cellule, c'est ça ? Au dehors, par la petite fenêtre à barreaux, j'apercevais la nuit bien tombée.
- Edward...
Je sursautais en voyant Carlisle et Charlie.
- Techniquement, on peut pas venir te voirmais Sam est un ami... Comment tu te sens ?
Je m'approchais de la porte, accrochant les barreaux.
- Comment va Bella ?
Le médecin s'approchait.
- Elle va bien Edward... Elle va bien... Et toi ça va ?
- Ouais...
- Ils t'ont interrogé plusieurs fois ?
- Oui !
- Tu as toujours dit pareil ?
- Bien sûr ! J'ai dit la vérité !
- Bon écoute... Reste calme... Tout ira bien ! Tu es sous le coup de la présomption d'innocence. J'ai parlé avec mon avocat, vu que tu as été blessé aussi, ça «équilibre» la balance si on peut dire ça comme ça...
Equilibrer la balance... Présomption d'innocence... Avocat...
J'éclatais en pleurs. Pourquoi ça m'arrivait à moi ? Pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai fait de si horrible ?
- Hé... Tiens bon mon garçon ! Ne craque pas...
Je sentais une pression sur mes poings aggripés aux barreaux. Carlisle.
- Tout va bien se passer... Ils vont te relâcher. Ils n'ont aucune preuve vraiment importante pour te garder en prison.
- J'aimerais tellement... J'me sens tellement nul Carlisle... J'ai jamais été quelqu'un... tout ça c'est ma faute... Je voulais pas faire de mal à Bella, Carlisle... Croyez-moi je vous en supplie ! Je veux pas la... Je sais plus comment faut faire...
- Je sais Edward... Tu as beaucoup donné à ma fille... Tu as fait d'elle une jeune femme rayonnante et...
- Je lui fais tant de mal ces derniers temps...
- Tout va s'arranger...
Non ! Rien ne s'arrangerait ! Jamais ! Marcus avait toutes les cartes en main et il rêvait que je dégage définitivement du paysage ! Une porte claquait.
- On peut pas rester... Ils reviennent ! Ne craque pas Edward ! On est dans la pièce à côté ! Je partirais pas avant que tu ne sois sorti d'ici ! Ais confiance !
Ils quittaient l'espace sombre et je laissais libre court à tout ce que je ressentais lorsqu'ils furent partis.
..::..
POV EMMETT :
Quelle nuit... Rose et moi étions restés à la maison avec Bella, Karlyne et Esmé. Bella s'était enfermée dans sa salle de bain avec ma femme pendant plus de deux heures. C'était pas humain de la voir comme ça !
Pauvre gamin qui avait dû passer sa nuit en taule ! Bella avait les yeux dans le vague, au-dessus de son bol de céréales qu'elle n'avait pas touché. La sonnette à l'entrée résonnait. Esmé allait ouvrir et revenait avec Alice. Elle tombait dans les bras de Bella.
- Ca va aller...
- Pourquoi Papa ne rentre pas ?
Ca me tordait le ventre. Franchement. J'en avais même pas faim ! Ce porc de Marcus s'en tirait bien !
- Il va rester là-bas jusqu'à ce qu'Edward sorte... Emmett, tu devrais aller travailler !
Esmé, la voix de la raison !
- Bah ouais mais j'ai pas envie !
- Personne n'a envie de faire quoi que ce soit aujourd'hui mais c'est important de continuer afin que quand Edward rentre, il se retrouve rapidement dans un quotidien normal. Il va en avoir besoin après une nuit en cellule...
Bella gémissait à cette pensée.
- Bon allez... je vais y aller !
Je conduisais jusqu'au magasin des Newton mais je m'arrêtais à la station essence pour faire le plein. Une voiture se garait et... LE PERE VOLTERO ! Baaah ! Il était pas si amoché que ça ! Faut pas pousser la vieille dans les orties non plus !
Il était seul. Ben tiens, il est vite sorti de l'hôpital ce con ! Edward a pas dû frapper assez fort ! Un coup de pistolet à essence dans le derche, ça le fait, non ?
- Qu'est-ce que vous regardez comme ça ? lançait Marcus dans ma direction.
Tiens tiens tiens... Il cherche la merde ? Intéressant !
- Un conseil, Voltero ! Bouclez la !
La femme qui faisait regonfler ses pneus à côté nous regardait.
- Je n'ai pas de conseils à recevoir d'un homme qui saute sa soeur !
Allez viens mon pote ! Tu cherches la merde ? Y a une bonne grosse bouse qui t'attend !
- Il s'est réfugié chez toi l'autre, j'parie !
- Qu'est-ce que vous en avez à branler de toute façon ?
Il reposait le pistolet de l'essence dans le loquet et s'approchait.
- Ce gamin est un con et tu vaux pas mieux que lui ! Epouser sa propre soeur...
Je n'irais pas le toucher ! Il cherchait la bagarre ! Edward était tombé dans le panneau mais moi, j'étais plus rusé que ça !
- Rosalie N'EST PAS ma soeur !
Il eut un mauvais rictus et retournait à sa voiture pour partir. Il payait son essence et je me retournais vers la femme qui était derrière nous. Elle m'adressait une petite grimace. C'était une patiente de mon père que j'avais croisé à plusieurs reprises.
- Quel drôle de bonhomme... Et ça se dit Pasteur ?
- Madame Sternberg... Vous pourriez me rendre service ?
- Si je peux... oui ! Evidemment !
- Vous avez entendu ce que Voltero a dit ?
- Oui ! Il vous a attaqué sur votre épouse...
- Vous pouvez me suivre jusqu'au commissariat ?
J'ignorais si c'était suffisant mais... après tout ! Fallait tout tenter !
*
Je me garais devant le commissariat et entrais dans le bâtiment avec Mrs Sternberg. Carlisle était assis sur une chaise, un café à la main. Deux flics étaient dans le bureau et un troisième arrivait, suivi par Edward qui était menotté. Ridicule ! Comme s'il avait tué quelqu'un !
- Emmett ? Qu'est-ce que tu fais là ? Mrs Sternberg ?
- Je voudrais voir le chef Swan !
- Je suis l'inspecteur Uley ! Je remplace le chef Swan qui est en repos aujourd'hui !
- Chef Swan ou pas, je veux quelqu'un qui fasse efficacement son boulot !
- Mais qu'est-ce qui se passe, Emmett ?
- Je voudrais déposer une plainte contre le Pasteur Voltero pour non-respect de ma personne et celle de ma femme et pour comportement abusif. Il ne cesse de se montrer grossier depuis que j'ai épousé Rosalie et de nous rabaisser à chaque fois qu'il nous croise ! Et j'ai ici Mrs Sternberg qui est prête à témoigner !
..::..
Point de vue de Bella.
24 heures qu'il était parti avec eux... Je savais qu'il devait ressortir mais je me sentais si mal... si mal sans lui... Qu'est-ce qu'ils lui faisaient là-bas ? L'avaient-ils harcelé toute la nuit pour lui reposer quarante fois les mêmes questions comme on le voit parfois dans des films ? Avait-il pu manger et boire ?
Dans quel état allait-il rentrer ?
J'avais beau avoir été prévenu qu'il pouvait être interpelé à tout moment, le voir partir menotté sans rien de plus que sa chemise en coton sur son tee-shirt et son jeans, ça m'avait tordu les boyaux.
- BELLA ? ILS SONT LA !
Ils sont rentrés !
Je sautais de mon lit pour me précipiter en bas. Esmé se tenait dans le couloir avec Karlyne dans les bras. Elle allait VRAIMENT attendre qu'ils passent la porte pour les voir ? Je sortais au dehors, claquant la porte contre le mur du couloir. Et mon coeur battait en voyant ses cheveux cuivrés et son visage abîmé sortir de la voiture.
- Edward !
Il n'y avait rien de meilleur que de le sentir me serrer contre lui. Sa main caressait mes cheveux avec tendresse. Il est revenu !
- Ca va, Bella...
Sa voix était enrouée et fatiguée. Je m'éloignais de son étreinte pour l'observer. Il avait de larges cernes sous les yeux. A côté de lui, mon père semblait aussi fatigué. Emmett était avec eux. Esmé arrivait derrière nous et prenait Edward dans ses bras.
- Ca va mon chéri ? Tout va bien ?
- Oui... Merci Esmé !
- Esmé... Tu peux sortir une bonne bière à ton fils !
Ma mère s'éloignait d'Edward pour regarder Emmett.
- Tu n'es pas au travail, toi ?
- J'ai été porter plainte !
HEIN ?
- QUOI ?
- J'ai croisé Voltero à la pompe à essence, il est devenu grossier pour changer et m'a attaqué sur Rosalie et tout le reste. Ca m'a énervé et j'ai été porter plainte parce que ça commence à suffir de se faire traiter d'incestueux et de petit con à chaque fois !
Quoi ? Mais... il... Une plainte contre Marcus. Une nouvelle plainte !
- Mais... tu...
- J'ai eu de la chance que Mrs Sternberg soit à la pompe à ce moment-là. Elle est venue témoigner pour moi ! Il ne va pas échapper à une petite garde à vue à son tour !
- On a de la chance, l'inspecteur Uley a été mandaté à la place de Charlie. Ils s'entendent bien ! Il a beaucoup discuté avec Charlie ! ajoutait Carlisle.
C'était comme si on avait regonflé mon coeur d'espoirs ! J'avais envie d'embrasser Emmett !
- Emmett ! Tu es mon Dieu désormais ! plaisantais-je
J'avais mon bras passé autour de la taille d'Edward mais remarquais combien il était silencieux. Je sentais ses doigts jouer avec l'ourlet de mon petit pull.
- Edward... C'est génial ! Tu te rends compte ?
- Bella ma chérie, ça sera long encore ne t'emballe pas ! me modérait Carlisle
- Mais c'est positif non ?! Si Charlie et Sam trouvent plusieurs plaintes, ils iront fouiller du côté de chez Marcus et...
Edward soupirait et se détachait de moi.
- Excusez-moi...
Il se dirigeait vers la maison, la tête basse. Il y avait quelque chose qui n'allait pas !
- Il est éprouvé, Bella... Ca a été une nuit difficile pour lui tu sais...
- Mais il devrait être content !
- Il faut qu'il se repose... Tout se bouscule dans sa tête... C'est pas évident tu sais...
Pas évident ! Ca je le savais ! Mais il fallait pas qu'il affronte toutes ses peurs tout seul ! Et pourtant, je savais que c'était ce qu'il faisait ! Parce qu'Edward avait toujours été comme ça, tout garder pour lui !
..
Je le retrouvais dans ma chambre, assis sur le rebord du lit. Il avait sa tête appuyée dans ses mains et soupirait. Je m'approchais doucement, refermant la porte. Lorsque je prenais place près de lui, il sursautait.
- Shhh... c'est moi Edward, c'est rien...
- Bella...
Il appuyait sa tête contre la mienne alors que j'entourais sa taille de mes bras pour le rassurer.
- Raconte-moi comment ça s'est passé...
Je massais son dos doucement pour essayer de faire en sorte qu'il se sente revenu au calme. Il attrapait ma main libre et soufflait.
- Ils m'ont interrogé au moins dix fois... Toujours les mêmes questions...
- Tu as pu manger, boire et dormir ?
- Les deux premiers oui... le troisième... j'ai eu du mal...
- Il y avait du bruit ?
- Non, c'était calme... Mais... j'ai pas réussi à mettre tout ça de côté et... puis Gerandy est venu me réinterroger alors...
- Ils ont probablement essayé de te faire craquer...
Il se relevait et se mettait à faire les cent pas devant moi.
- Mais craqué sur quoi, Bella ? Je dis la vérité depuis le début !
Il était fatigué et énervé. Je poussais un peu, j'aurais dû le laisser se reposer. Je me levais pour le rejoindre et attraper ses mains. A chaque fois que je voyais ses cocards, ses égratignures et bleus sur ses bras, son arcade recousue et sa lèvre fendue, j'avais envie d'exploser.
- Hey... C'est fini maintenant... Tu ne mens pas... La justice se fera ! J'ai confiance !
Il retournait s'asseoir sur le lit.
- Ils vont aller chez moi et chercher Marcus... devant Elisabeth...
C'était donc ça le problème... il se souciait pour sa mère !
- Probablement, oui...
Il soupirait et je revenais vers lui.
- Ca va la tuer...
- Non Edward... Ne t'inquiète pas... Elle est entourée médicalement...
- Mais elle va... c'est son mari et... Elle va encore plus me détester après...
- Edward... Elle ne te déteste pas ! Elle a juste agi sous la colère. Il faut lui laisser du temps pour comprendre tout ce qui vient de se passer. Elle savait que lui et toi vous ne vous entendiez pas... Elle savait que ça exploserait... Ce n'est pas facile d'accepter ça... Ca a dû lui faire du mal mais elle finira par comprendre. Elle reviendra vers toi, je te le promets. Mon père va s'occuper d'elle.
- Pourquoi j'ai fait ça alors qu'elle a un cancer ? Pourquoi, Bella ?
Mon coeur se serrait. Comme s'il restait persuadé que sa mère n'allait pas y survivre...
- Regarde-moi... Il t'a cherché et tu as répondu. Il est fautif également. Tu ne peux pas prendre sur tes épaules tout le mal parce qu'il a aussi ses responsabilités ! Ca fait dix ans qu'il est chez toi et dix ans que tous les jours, tu entends dire que tout est ta faute ! Mais ce n'est pas vrai. Tu ressens ça parce qu'il a tout fait pour que tu ressentes ça... Tu n'es pas mauvais, Edward !
Il me regardait dans les yeux un instant et j'ignorais pourquoi mais cette façon me faisait chanceler. Il y avait tant de choses en lui... tant de culpabilité façonnée par Marcus... Il avait fait son oeuvre ! Il avait tout préparé pour qu'Edward et Elisabeth s'éloignent l'un de l'autre ! J'ignorais pourquoi certaines personnes étaient si mauvaises. Rien ne justifiait de tels actes.
- Edward... Essaie de te reposer... Tu as passé 24h au commissariat... Va te détendre... prendre une bonne douche et te coucher... Tout va bien, c'est fini...
Il acquiessait et se levait. J'allais fouiller dans l'armoire de Jasper pour lui trouver des vêtements propres et les lui apportais dans la salle de bains. Je m'installais sur mon lit et dix minutes plus tard, il ressortait, le visage fermé.
- Viens... Allonge-toi...
Il se glissait sous les couvertures et perdait son regard dans la contemplation d'un point sur le mur. Ca ne servait à rien d'insister... après tout... j'ignorais dans quel état je me serais trouvée à sa place... si Esmé m'avait mis dehors sur un énorme malentendu... Edward n'avait toujours pu compter que sur sa mère. Même si j'étais sa petite-amie, Elisabeth avait toujours été là pour lui. Ca doit être difficile de couper les ponts brutalement avec son seul repère...
- Tu veux que je reste avec toi ?
Il attrapait ma main et la pressait doucement avant de la reposer.
- Va avec ta famille...
- Ca va aller ?
Il acquiessait et fermait les yeux.
- Je vais dormir...
- D'accord... Je t'aime...
- Moi aussi...
Je déposais un léger baiser sur ses lèvres avant de fermer le store pour le laisser se reposer. J'aurais dû me réjouir du fait qu'Emmett ait également porté plainte. Mais je sais pas... j'avais comme quelque chose qui me pesait sur l'estomac... comme si Edward s'éloignait... J'étais de plus en plus impuissante face à tout ce qu'il ressentait. A part le soutenir moralement, je ne savais rien faire d'autre. J'aurais tellement aimé pouvoir apporter des preuves matérielles... des trucs qui auraient pu l'aider...
*
En bas, Charlie et Sam Uley étaient dans le salon, avec Alice.
- Il s'est endormi ?
J'opinais et me servais un verre d'eau.
- Isabella... on va mettre le Pasteur Voltero en garde à vue, à la fois pour Edward mais aussi pour la plainte de ton frère. Je trouve vraiment étrange que de telles plaintes soient portées à l'encontre d'un Pasteur. Je vais enquêter avec Charlie, même si nous ne sommes pas censés le faire ensemble.
- Merci...
- As-tu déjà remarqué quelque chose d'anormal chez les Masen ?
Edward aurait détesté que j'en parle mais là, il n'était plus question de protéger sa susceptibilité. C'était allé trop loin !
- Marcus est détestable avec lui ! Avec tout le monde, d'ailleurs ! Il ne cesse d'agresser les gens !
A côté de moi, Alice confirmait.
- Il est toujours entrain de rabaisser Edward et tout ce qui touche à lui. Mais jamais il ne le fera devant la mère d'Edward !
- L'ennui... C'est qu'il nous faudrait des preuves matérielles mais ça risque d'être difficile...
Alice se levait du canapé, faisant les cent pas.
- C'est impossible ! Il doit FORCEMENT y en avoir ! Forcément !
Carlisle s'approchait.
- La dernière fois qu'Elisabeth a été hospitalisé, Edward est venu ici. Voltero a déboulé le lendemain pour lui demander des explications. Il a attrapé Edward par le col. Emmett était là, d'ailleurs ils se sont agrippés aussi. Il y avait Angela Webber et Ben Cheney.
Alice et moi confirmions. Sam notait dans son bloc-notes.
- Est-ce que vous seriez d'accord pour venir faire une déposition au commissariat ? Ca nous sera utile dans une hypothétique enquête future...
- Evidemment !
- On va aller faire un petit tour chez le Pasteur Webber... C'est le collègue de travail de Marcus...
Je me sentais incroyablement reconnaissante envers Sam et Charlie qui prenaient des risques et qui avaient l'air de croire en nos paroles. J'avais peur qu'ils ne nous prennent pas au sérieux ! Mais grâce à Emmett, qui venait confirmer nos dires, nous étions regardés autrement et nos témoignages pris avec professionnalisme...
On allait tous nous y mettre ! L'erreur que nous avions fait de ne pas en parler avant allait être réparée ! C'était certain !
..::..
{playlist : Robert Francis - Junebox}
Point de vue de Jasper.
- Vous êtes doué, Cullen !
- Merci !
- Ca vous plait, John ?
- Tout à fait ! Je valide !
YES ! L'auteur du livre que j'avais réadapté en scénario avait validé mon boulot ! En route pour le tournage !
- Vous m'assisterez en tant que réalisateur sur le projet ! On va vous présenter toute l'équipe ! Bienvenu à bord, matelot !
Je me levais de la chaise sur laquelle j'étais depuis deux heures. J'vous raconte pas l'état de mon postérieur si délicat totalement engourdi ! Faut souffrir pour réaliser son rêve ! Ils m'accompagnaient jusqu'aux studios de tournage où je rencontrais tout le monde : des cameramans à la costumière, en passant par les maquilleuses. Charmantes, charmantes ! Bah quoi ? J'en profite ! Quand j'serai marié, je les ferai fuir avec mon alliance !
Je rencontrais les acteurs principaux. C'était un film pour les débutants mais j'avais pu visionner les essais du casting et ils collaient parfaitement à mon sens pour tourner dans le film. Le héros principal, Logan, irait très bien physiquement avec Thomas, ce jeune acteur qu'on avait déjà vu dans des soap à la télé ! Un grand brun aux yeux noirs et au regard intimidant ! Parfait pour Logan ! Quant à la jeune actrice, Sofia, qui interprèterait Haley, elle avait la douceur mais aussi le regard impitoyable de l'héroïne. CA VA SAIGNEEEEEEEEEEEEER !
- On commence le tournage dans deux semaines ! On en a pour un mois maximum, ça ira pour toi ?
- Impeccable ! Je me marie que début juillet !
Jeremy, le producteur, me tapait l'épaule.
- T'inquiète pas, tu seras libre à cette époque ! T'auras le temps de t'entraîner pour écrire tes voeux !
Oh putain c'est vrai ! Faut écrire les voeux aussi ! Trop de boulot tue le boulot !
Je reprenais la voiture pour retourner chez mes parents et leur annoncer la bonne nouvelle ! Bientôt, je serais aux Oscars ! Et toc ! Voilà trois heures que je roulais. Je quittais l'autoroute pour rejoindre Port Angeles. J'avais envoyé un texto à Maria, qui avait essayé de m'appeler deux fois. Elle se réjouissait du succès du scénario. Elle avait même proposé de venir passer une semaine sur le tournage pour me soutenir les premiers jours ! Dans le fond, je l'adorais. Je l'adorais et je voulais qu'elle reste dans ma vie et moi dans la sienne ! Mais j'ignorais la façon dont j'aurais aimé y être... Ce mariage sauverait-il vraiment notre couple ? J'entrais dans Port Angeles et m'arrêtais à la supérette pour acheter une bouteille de mousseux. On allait fêter ça, ça leur changerait les idées.
- Hé ! Mais fais gaffe toi !
Merde ! J'avais bousculé quelqu'un !
- Tiens, toujours dans mes pattes ! Je vais finir par croire que tu me suis...
- Oh ! Salut Alice !
- Salut ! Où vas-tu d'un pas si décidé ?
- Acheter du champagne ! Ils ont validé mon scénario ! On commence le tournage dans deux semaines !
Un sourire se fendait sur son visage et elle était adorable, avec sa petite mou taquine.
- J'suis contente pour toi...
- Merci !
- Ceci dit... j'éviterais la bouteille ce soir...
- Pourquoi ça ?
- Personne t'a prévenu ?
- Non... Y a quoi ? Edward a eu d'autres emmerdes ?
- Il a été en garde à vue...
Putain ! Mais ça allait loin !
- Tu déconnes ?!
- Malheureusement non ! Mais ton frère a porté plainte contre Voltero aussi !
- Et c'est bien ou pas ?
- Disons que ça force les flics à enquêter davantage sur Marcus...
- Ils vont mettre à jour la vérité !
- J'espère...
Elle avait une petite mou toute triste. Un lutin joyeux malheureux ? Oulala ! Ca va pas ça !
- Et toi, ça va ?
- Je suis contente qu'Edward soit sorti...
J'observais rapido le contenu de son sac d'achats. Des pots de glaces ! Déprime-Land, bonjour et bienvenu dans notre opération : Pour un pot de glace Ben&Jerry acheté, une dépression offerte !
- Ouais... C'est pour ça que tu t'achètes de quoi prendre 20 kilos ce soir !
- C'est mon corps, j'en fais ce que j'en veux que je sache !
Elle a du répondant la p'tite ! J'aime ça ! C'est tout de suite beaucoup plus drôle !
- Ah mais tout à fait ! Mais à ce rythme-là, tu vas devoir refaire du shopping ! Bien que j'imagine que ça te pose pas de problèmes particuliers...
Un léger sourire se dessinait sur son visage. Là c'est mieux ! Mais c'est pas encore suffisant !
- T'as quelque chose contre les kilos en trop ?
- Absolument pas ! Je trouve que ça donne un côté bon-vivant plus agréable personnellement, mais je pense à ton porte-monnaie !
- Merci de te soucier de sa santé !
- Je lutte dans l'association des Portes-Monnaies troués, j'te l'avais pas dit ?
- T'as vraiment réponse à tout !
- Bah faut bien si je veux monter sur le toit du monde !
Elle éclatait de rire.
- Sur le toit du monde, carrément ?
- Faut de l'ambition dans la vie, tu savais pas ?
Elle secouait la tête de droite à gauche, avec un sourire qui s'agrandissait un peu plus. C'était mignon qu'elle essaye de l'empêcher de s'épanouir !
- Hey... N'empêche pas ton sourire d'être plus grand tu veux... Il est trop joli pour être caché ! Les gens ne sourient pas assez... alors si on doit empêcher le peu de bonheur qu'on a d'exister, on est foutus !
Sans que je m'y attende, elle me faisait un petit clin d'oeil rougissant.
C'était bizarre... je me sentais incroyable proche et touché par cette gamine ! Elle était entière. Elle était mignone à cacher des trucs ! Elle avait un beau sourire. Elle avait du talent et elle était pleine de vie ! Des gens comme ça, faut pas les gâcher !
- Alors si je te suis, ce soir je devrais plutôt m'amuser et pas manger ces glaces ?
- T'as tout compris, Lucie !
- Alice !
- Je sais, mais Alice ne rimait pas avec le mot «compris» !
Elle se mettait de nouveau à rire.
- Donc, ça te gènerait pas que je m'impose pour fêter le succès de ton film ?
- Tu m'offenses là ! Est-ce que j'ai une tête à refuser aux gens de s'amuser ?
- Je sais pas... T'es imprévisible alors...
- Super Jasper l'imprévisible !
Elle éclatait de rire et regardait son sac.
- Je les donnerais à ta soeur et à Edward les pots de glace !
- Tu peux me les donner à moi aussi...
Elle relevait la tête, visiblement outrée. J'éclatais de rire.
- Tu viens de me faire une plaidoirie pour pas que je les bouffe et derrière, tu les voudrais ?
- Ben ouais... J'aime bien certaines petites douceurs au chocolat...
Elle levait les yeux au ciel en soupirant et je lui tendais mes clés de voiture.
- Va dans la bagnole, je te ramène mais je vais chercher une bouteille !
Alice filait dans ma voiture et je la ramenais d'abord chez ses parents pour qu'elle les prévienne. Sa mère, Renée, vint me faire tout un discours sur le fait que «si ma fille boit, il faut qu'elle dorme sur place ou qu'elle soit ramenée!»...
Vous comprenez pourquoi j'veux pas de gosses ? Si j'dois passer ma vie à flipper pour quelqu'un d'autre, ça me boufferait ! J'suis égoiste, je sais ! Et c'est bien pour ça que je veux pas de gamins ! Parce que je serais incapable de m'occuper correctement d'un petit lardon doré !
.
A la maison, l'ambiance était presque pesante, ce que je pouvais comprendre. Edward dormait à l'étage et Bella végétait devant la télé. Esmé et Carlisle discutaient autour d'un catalogue.
- Salut les p'tits loups !
- Oh Jasper ! T'es rentré ?
Bella se levait vers nous, un sourcil harqué.
- Qu'est-ce que tu fais avec Alice ?
- Elle s'est enfermée dans la voiture et m'a braqué un pistolet sur la tempe pour que je la ramène ici !
Alice se dirigeait vers ma soeur.
- Alors, comment ça s'est passé ?
- Impeccable ! On commence dans deux semaines ! Je viendrais les week-end à la maison !
- Bien sûr mon grand, tu es ici chez toi ! Je suis content que tu y arrives !
Carlisle me serrait contre lui et je remarquais ses cernes.
- Et ben Esmé ! T'as épuisé Papa c'te nuit ?
- Jasper !
- J'ai été au commissariat pour m'assurer que tout allait bien pendant la garde à vue d'Edward.
- Ah ouais... Comment ça s'est passé ?
- A peu près bien. Enfin, comme une garde à vue !
- Et Edward ? Comment il a vécu tout ça ?
Esmé me tendait un verre de jus d'orange. Jamais elle me servirait spontanément une bière... Je l'adorais ! Elle jouait vraiment au maman avec Rose et moi ! Après tout, elle nous avait élevé pratiquement ! On était pas bien vieux quand elle est venue vivre avec Emmett chez nous !
- Il est fatigué... physiquement et mentalement...
- Normal... Il a dix-sept ans !
Bella soupirait. J'aimais pas la voir toute triste ! Mais son Edward... c'était quelque chose pour elle !
- Allez ma chouchou... Tu vas venir avec nous ce soir... On va aller boire un verre...
- Non... Je veux rester avec lui...
- Tu devrais venir Bella... Il va dormir toute la nuit ! Même si tu sors une heure, ça ira ! Il ne t'en voudra pas !
- C'est non, Jasper !
Elle se levait et montait à l'étage dans sa chambre. C'était dur pour elle aussi !
- Emmett et Rose, ils sont libres ce soir ?
- Ils vont au restaurant je crois...
- Et vous ? Vous voulez venir ?
Esmé s'approchait de moi et posait sa main sur mon épaule.
- On fêtera ça demain, Jasper... Ce soir, je crois que tout le monde est fatigué. Mais demain je te promets qu'on fera un apéritif avec toute la famille... Ca te va ?
Dire que je n'étais pas déçu serait un mensonge, mais je comprenais qu'ils n'aient pas la tête à ça !
- Bon ben va pour demain alors !
- Moi je suis toujours partante si tu veux pour ce soir ! Seulement si t'en as envie...
- Bah écoute ouais !
*
Finalement, je me retrouvais avec la petite Alice assis au bord de la rivière sur une aire de pique-nique un peu avant la sortie de Port Angeles. Nous curions un pot de glace qu'elle avait acheté, avec deux gobelets en plastique de mousseux. Hey, c'était vachement cool ! P'tètre même vachement mieux qu'une virée au bar ! Elle avait d'la suite dans les idées c'te gamine !
- Hey au fait, t'as avancé pour retrouver tes parents ? T'as pu joindre celle que t'arrivais pas à avoir ?
- Ca n'a pas été très concluant... Elle m'a dit «non, je ne connais rien sur ce que vous me demandez...» j'ai demandé si elle était sûre et elle m'a raccroché au nez !
Ca, ça sentait la personne qui est mal à l'aise !
- Au début j'ai cru qu'elle voulait me cacher quelque chose mais je me dis que c'est peut-être les 34 messages vocaux que j'ai laissé qui l'ont agacé !
- 34 ? T'es barge tu le sais ça ?
- Je prends ça comme un compliment !
- Mais enfin... Peut-être que ta première intuition était la bonne !
- Ca serait quand même une extraordinaire coincidence que ça soit elle !
- Et alors ? Est-ce que parce que ça en est une que tu vas arrêter ? Ne pas galérer te fait peur ou quoi ?
- Non c'est pas ça...
- C'est quoi alors ?
- Plus je me dis que c'est possible, plus ça me fait peur !
- T'as plus envie d'aller au bout ?
- Ca me fait peur... J'aimerais en parler avec quelqu'un, avoir quelqu'un qui m'y accompagnerait cet été mais je peux pas le dire à Edward ou Bella maintenant...
Elle se fout de moi là !
- Ben j'suis là moi !
- T'as probablement autre chose à foutre que t'intéresser à ça !
Je posais ma cuillère dans le pot vide et finissais mon verre.
- Quand je commence à regarder un feuilleton, je le regarde jusqu'au bout !
Bon... sauf les Feux de L'amour ! Ca, j'arrivais pas à y aller jusqu'au bout !
..::..
Point de vue d'Edward.
Bella dormait paisiblement à côté de moi dans le lit. Je sais qu'elle avait pleuré cette nuit... Elle était malheureuse et c'était à cause de tout ce que je lui infligeais... C'était comme si nous étions oppressés dans un espace trop petit, et que l'oxygène venait à nous manquer. Ma situation compressait la vie heureuse de Bella, la noyant peu à peu. Je l'aime. Et je l'aimerais toujours. Mais je ne voulais pas la rendre malheureuse. Jamais !
- A quoi tu penses ?
Je n'avais pas remarqué son réveil.
- Ca va, Edward ? Tu es tout blanc... Tu veux que j'aille chercher Carlisle ?
Je la retenais par le poignet. Ce n'était pas de Carlisle dont j'avais besoin. Il fallait que je lui dise.
- Bella... faut que je te dise quelque chose...
Elle se rasseyait dans le lit.
- Je t'écoute...
- Je vais... partir quelques temps...
- Quoi ? Mais où ?
- Je vais aller chez mon Oncle Jerry à Chicago...
Un long moment, elle restait silencieuse.
- Quand est-ce que tu vas y aller ?
- Je sais pas... je pensais dans la semaine, vu qu'on est en vacances de printemps...
- Tu vas y rester longtemps ?
- Je... sais pas encore exactement...
- Tu veux que je vienne avec toi ?
- Non... Reste avec ta famille... Tu pourras passer du temps avec Rosalie... Tu ne la vois pas énormément...
- C'est vrai que je la vois moins qu'avant... En plus c'est son anniversaire le 26...
- Alors reste ici...
Elle s'approchait de moi en acquiessant et déposait ses lèvres sur les miennes. Je ne méritais plus ses baisers... Timidement, elle passait sa langue contre ma lèvre et je la laissais m'embrasser comme elle le souhaitait. Ma bouche était douloureuse mais qu'importe ! Je voulais ressentir cette relation le plus possible, tant qu'il me l'était encore donné !
Avec douceur, elle reposait sa tête contre mon torse et entourait ma taille de ses bras frêles.
- En plus, on se reverra quand tu reviendras ici... Tu habites avec nous maintenant...
Ma gorge se nouait. Je n'arrivais plus à parler ! Il l'aurait fallu pourtant...
*
J'avais appelé Jerry et il était ravi de me recevoir ! Elisabeth l'avait appelé hier pour lui expliquer ce qui s'était passé ! Carlisle était d'accord pour que j'y aille. Après tout, j'étais sous sa responsabilité morale. J'avais été retirer de l'argent de mon compte. Nous avions averti le commissariat de ce voyage et je devrais aller au commissariat à Chicago pour prouver que je ne m'étais pas fait la malle ! J'avais dû leur communiquer l'adresse postale et le numéro de mon Oncle Jerry pour rester à leur disposition. L'inspecteur Gerandy même appelé pour vérifier mon «alibi» ! Dans le genre parano lui...
J'étais au guichet de l'aéroport pour prendre mon billet.
- Bonjour Monsieur...
- Bonjour...
- Vous désirez ?
Ce fut difficile de lui répondre. La tête me tournait dangeureusement et mon coeur s'accélérait presque douloureusement. Mais je savais très bien que la discussion qui allait suivre avec Bella quand je rentrerais serait bien plus dur que d'acheter ce billet ! C'était la chose la plus stupide que je faisais de toute ma vie, mais il le fallait, pour que Bella soit heureuse... parce que j'étais une merde et que les deux seules femmes de ma vie, ma mère et ma copine, n'étaient pas épanouies auprès de moi !
- Un aller simple pour Chicago...
Juste un truc avant que vous ne décidiez de m'envoyer Interpol aux fesses...
Don't forget : je sais ce que je fais !
(Différentes insultes et menaces ne marcheront pas :^P )
See you mercredi !
Tchou !
