Hello les enfants...

Voilà un nouveau chapitre...

Je crois que j'ai mal écrit la fin du précédent...

Beaucoup d'entre vous ont cru qu'Edward partait sans rien dire à personne...

En fait, il venait juste acheter son billet d'avance.

Donc... à vous de lire la suite =)

*

Pour Ado50 : je suis obligée de te dire non. Je ne participe pas aux RPG. L'écriture me prend beaucoup de temps et j'ai aussi une vie que j'essaie de pas toujours passer derrière mon ordinateur donc c'est non je ne ferai pas Jasper, désolée.

*

Le prochain chapitre sera publié lundi,

because dimanche je vais assister à la comédie musicale de Mozart l'Opéra Rock.

Si le chapitre est fini d'ici samedi, je le posterais dans la soirée,

sinon lundi !

*

Je vous embrasse toutes et tous,

encore 1001 mercis pour toutes vos reviews... 3500 dépassées...

Merci beaucoup du fond du coeur !

Bonne lecture =)


{Playlist :James Blunt - Same mistake}

Point de vue d'Edward.

Je n'avais plus pu décrocher un seul mot depuis que j'étais revenu de l'aéroport, mon unique billet en main. Je partais le lendemain à 9H37. Ca me tuait. Mais si je restais ici, j'exploserai tôt ou tard... Je m'en prendrai aux mauvaises personnes... Je blesserai tous ces gens qui ont tant fait pour moi... Je gâcherai des vies... Je gâcherai SA vie... Je les voyais tous vivre mais je me sentais séparé d'eux. Comme isolé par une bulle invisible qui rétrécissait à vue d'oeil. Même Bella n'arrivait plus à la franchir...

Ma Bella...

Je savais qu'elle sentait que quelque chose clochait. Je le savais à ses regards pénétrants, à sa main tremblante qu'elle posait, hésitante, sur ma cuisse de temps à autre. Je le savais à sa main qui ne lâchait plus la mienne, serrant fort. Je voulais partir d'ici et hurler. Crier. Crier toute cette peine qui me poussait à partir... J'aurais voulu avoir un autre choix. Ne pas lui faire du mal.

Mais Port Angeles n'est pas pour moi. Jamais je ne m'y suis senti chez moi, et je savais que je deviendrai au fil du temps, nocif à Bella. Je perdrai tout contrôle de moi, habité par une haine rongeuse qui éclaterait dès que je croiserai Marcus...

Il a pris les rennes. Il a gagné. J'ai lâché la partie. Je l'ai laissé faire.

Mon père n'aurait pas abandonné le combat ! Mais je n'étais pas mon père et je ne le serai jamais ! Au grand damn d'Elisabeth, qui n'avait pas mérité d'avoir un fils si lâche. Au désespoir de Bella, qui méritait d'avoir un homme sur lequel elle pouvait se reposer, et pas un sur lequel elle devait sans cesse veiller.

J'attrapais mon dernier pull lavé et repassé. Esmé me manquerait. Pour l'amour qu'elle avait su me transmettre. Emmett, Bella et Karlyne étaient des enfants chanceux! Je vérifiais une dernière fois mon sac. Ma petite-amie sortait de la salle de bain et je sentais sa main traîner sur le bas de mon dos.

- Tiens... Ce sont tes médicaments pour tes blessures...

- Merci...

C'était incroyable comme prononcer le moindre mot me devenait insupportablement douloureux. Ca brûle. Et mon coeur battait... comme s'il savait qu'il battait pour les derniers instants grâce à l'amour de cette belle jeune femme ! Irrésistiblement, je me penchais vers elle pour l'embrasser. Je savais que ce serait le dernier... J'y mettais tout mon coeur et toute mon âme. Je voulais qu'elle se souvienne. Une dernière fois, je me laissais envahir par la plénitude de son baiser et de sa douce langue caressant la mienne.

Si le temps s'était arrêté en cet instant, j'aurais pu faire marche arrière. Mais parce que la vie ne reflétait pas toujours quelque chose de joyeux et d'opportuniste, elle ne s'arrêtait pas. Et dans douze heures, je serai dans cet avion pour Chicago. C'était mon choix, je ne l'assumais pas. Mais ça devenait obligatoire... et urgent ! Le visage rouge de Bella s'éloignait et elle se mordait la lèvre, souriante.

- Tu as tout pris ? Ton chargeur pour ton téléphone, tout ?

- Oui Bella...

- Oh ! Tes billets, tiens !

Je la voyais ouvrir la pochette. Et s'étonner. Chaque palpitation en moi devenait plus difficile. Insoutenable.

- Tu as mis où ton billet de retour ? Dans une autre pochette ?

Je fermais le zip du sac en me pinçant le doigt. L'instant était venu... il n'y aurait plus de retour, plus de seconde chance. Une fois les mots franchis, je savais que ma vie changerait, une nouvelle fois. Cette boule grossissante dans ma gorge me donnait envie de vomir.

Il n'y avait plus de fausses promesses à donner. Juste la vérité. Une dernière phrase, et tout partirait en fumée. Trois... Deux... Un... Adieux Bella...

- Il n'y a pas de retour...

Un silence. Un souffle coupé.

- Quoi ?

Je l'avais redouté. Répéter cette phrase qui me déchirait.

- Je ne reviendrai pas à Port Angeles...

Alors, comme secrètement, des milliers de vannes s'ouvraient en moi. Je ne vivais plus, j'étais entrain de me consumer. Mes jambes ne me porteraient plus longtemps.

- Tu... Edward...

Une voix brisée. Un bout de dialogue murmuré. Une vie brisée.

- REGARDE-MOI !

Une voix hurlante et tremblante. Des sanglots. Je me retournais. Une dernière fois... Voir une dernière fois ses yeux chocolat, remplis de détresse.

- OSE ME LE DIRE EN FACE, MERDE !

Je m'y étais préparé. Mais pas suffisamment...

- Il n'y aura pas de vol retour...

Elle déglutissait. Un pleur roulait.

- Alors c'est... fini ?

Dire ce « oui « m'apparaissait alors le plus insupportable mot qui soit. Je me contentais d'acquiesser. Et de ruiner ma vie, définitivement ! Cette fois, Marcus n'y était pour rien. Je détruisais tout seul ma seule raison de continuer à avancer...

Le billet d'avion voletait jusqu'au sol, se posant en silence sur la moquette entre nous. Il nous brisait... non... JE nous brisais ! J'aurais aimé qu'elle dise quelque chose. Qu'elle hurle ou me gifle. Qu'elle bouge simplement, même pour m'insulter. Mais rien... plus rien...

Il n'y eut rien de plus que la porte de la chambre claquant sur elle, sans rien de plus. A cet instant-là, la bulle autour de moi se refermait définitivement. J'allais asphyxier. Cette pièce me devenait étrangère. Un millier d'images avec elle à mon bras défilaient devant mes yeux mais ne m'évoquaient plus que cette désagréable sensation d'étouffer. J'avais vécu la vie d'un autre... Toutes ces photos sur le mur où nous étions deux n'avaient plus de raison d'être. J'en prenais une au hasard. Si elles devaient finir à la poubelle... je tenais à en sauver une ! Ma préférée...

Celle qu'Alice avait pris, il y a un mois environ. Dans le jardin des Cullen, perchés dans la cabane. Nous étions assis sur le plancher de notre repaire et Alice nous avait pris d'en-bas. Bella avait la tête appuyée contre mon épaule. Et je l'aimais ! Même sur la photo. Ce fait était indiscutable ! Je l'aimais !

J'avais été heureux. Au moins une fois dans ma vie !

..::..

Point de vue de Bella.

Courir. Où ? Dans quelle direction ? Peu importe. Je n'ai plus de raison.

Edward me quitte.

Edward s'en va !

«Alors... c'est fini ?

Oui...»

Je n'ai plus d'endroit où aller. Alors, j'y vais... Je n'ai pas le droit à une seconde chance. Il ne s'est pas donné le choix d'être heureux.

Il ne veut plus être dans ma vie, mais je le vois partout. Devant, derrière, à gauche, à droite, yeux ouverts, yeux fermés. Et mon coeur qui bat aussi vite qu'il aura battu pour lui. Edward s'en va ! Les rues défilent, les maisons, les étoiles. C'est fini... Fin du film. Les larmes roulent. Brûlantes comme l'acide. Alors que ça aurait dû soulager cette énorme boule dans ma gorge, ça ne fait qu'empirer. J'étouffe. Je suis dehors et je ne trouve plus l'oxygène.

C'est fini...

Un trou dans la chaussée et ma cheville n'y échappe pas. Est-ce censé faire mal ? Je ne ressens plus rien. M'arrêter brûle mes poumons. Je dois continuer de courir.

Où vas-tu ?

Nulle part sans lui.

Personne ne t'attendra là-bas...

Il va partir.

Un banc. «Il n'y aura pas de retour...».

- Bella...

Je connais ou pas cette voix. Peu importe. Ce n'est pas la sienne... Je n'entends plus rien, à part ce bourdonnement : «Je ne reviendrais pas... Il n'y aura pas de retour!»

- Il m'a quitté, Jasper... il m'a quitté...

J'entends ces mots, comme allumant une réalité trop dure à supporter.

- Je sais Bella... Je suis désolé...

Il est désolé, parce que Edward m'a quitté. Il n'y avait plus rien à dire à ce sujet... C'était terminé !

Fin de l'histoire.

..::..

Point de vue de Carlisle.

Ils se sont séparés. Nous n'avons vu que Bella descendre en pleurant et claquer la porte. Jasper est parti à sa suite ! Il a vite compris et nous aussi. Avec notre précédente expérience de Bella quittant Jacob, nous avions appris à laisser faire Rosalie, Emmett et Jasper avec elle... Ce n'était pas ne pas s'inquiéter. Seulement... seulement, il y a cette idée insupportable que parfois, même en temps que parents, nous ne pouvions correctement tout appréhender.

Edward apparait de longues minutes plus tard. Il n'est pas heureux de cette situation, il ne faut pas être télépathe pour le savoir... Son visage fermé et ses yeux cerclés de rouge parlent pour lui. Il entre dans le salon et pose son sac fait. Partir n'est pas une solution en soi, mais c'est la sienne. Esmé se lève et s'approche de lui. Il lui a redonné goût au piano... rien que ça l'a fait l'aimer énormément. J'assiste à une brève étreinte entre eux.

- Merci pour tout, Esmé !

- Edward... Tu es sûr que c'est ce que tu veux ? Ne veux-tu pas rester avec nous ?

Une larme roule sur la joue de ce jeune homme.

- Non Esmé... Non... je peux pas... Pardon...

Esmé aussi se laisse gagner par l'émotion. Elle l'entoure de toute son affection.

- Ce n'est pas grave chéri... Après tout, tu as ta famille à Chicago ! Vas-y et essaie d'oublier tout ça si tu le peux...

Elle retire avec dévotion les larmes d'Edward. La vie est injuste ! C'était détestable ! Détestable que ce gosse subisse tout ça et détestable qu'il doive en sacrifier l'amour de sa vie !

Parce que je sais, en croisant son regard, qu'il vient de faire la chose la plus dure qu'il ait eu à faire. Il s'approche de moi, hésitant et me tend une lettre.

- Carlisle...

J'avais «adopté» Emmett il y a plus de vingt ans. Edward était entré dans ma vie de la même façon. Il n'avait pas eu de père et il avait été «mon fils» en sortant avec ma fille. Je le prenais dans mes bras.

- Ne te sens pas coupable, Edward...

Il ne répond rien et je sais que c'est trop lui ordonner. Si lui abandonnait le combat, moi j'étais prêt à continuer pour faire tomber Voltero ! Il a détruit Edward et il a détruit l'amour de ma fille ! Un sanglot m'extirpe de mes pensées.

- Je vous serai à jamais reconnaissant pour ... Putain ! Dites-lui que je l'aime, Carlisle ! S'il vous plaît...

- Je le sais... Tu as ma parole, Edward ! Je le lui dirais...

- Merci... Merci pour tout...

Edward est resté là, sur le canapé, toute la nuit. Sans dormir. Jasper m'avait envoyé un texto. Bella refusait de rentrer, il restait avec elle. Je m'enfermais dans la chambre et décachetais l'enveloppe d'Edward.

«Carlisle.

Je serai probablement incapable de tout vous dire en face. Mais je tenais à vous remercier

une dernière fois. Vous n'imaginez pas tout ce que j'ai compris à votre contact.

Ce que n'a pas pu faire mon père, vous l'avez fait. Je l'ai réalisé pendant la garde à vue...

Ce sera toujours un mystère pour moi de savoir qu'il y a des gens comme Marcus, et des Hommes comme vous. Je vous crois de la lignée de mon père, de cette lignée des grands Hommes. Le Sergent n'est plus là mais même si je ne l'ai pas connu, je le vénère et l'aime toujours, chaque seconde passant. J'ai eu la chance de vous cotôyer Carlisle. Et ce que je ressens pour le Sergent, je le ressens aussi pour vous.

Vous m'avez dit un jour que je pourrais vous demander n'importe quoi.

J'ai une dernière requête. Aimez Bella pour moi et veillez sur elle. Toujours.

Je l'ai aimé plus que tout et je sais que je n'aimerai qu'elle pour le restant, malgré que je n'ai que 17 ans. Je ne suis pas heureux de la rendre malheureuse. Si les circonstances avaient été autres, je vous aurai demandé sa main pour l'aimer pour toujours. Marcus a brisé tout ça, et rien que pour ça, n'importe quelle punition dont il pourrait hériter ne sera jamais suffisante.

Sauvez ma mère, s'il vous plaît. Elle ne mérite pas de mourir.

Je pars pour que Bella soit heureuse avec un homme, un vrai. Un homme digne de vous.

Edward.»

*

Il a appelé un taxi pour partir. «Peut-être incapable de supporter d'autres au-revoir!» Ca avait vraiment été très difficile de le voir s'en aller. Ce gamin de 17 ans condamné à vivre comme une vieille personne pour échapper à la vie pitoyable qu'il avait eu. Il est 8h10 quand Jasper revient, portant une Bella pâle et tremblante contre lui. Même si nous l'avions voulu, il nous aurait été impossible de l'engueuler d'être partie... Esmé l'entoure immédiatement mais notre fille semble stoïque. Vide. Jasper éternue et j'apprends qu'ils ont passé la nuit dehors, sur un banc, sans rien dire.

Ca me tord le ventre, parce que ça n'aurait pas dû se passer comme ça... J'ignore pourquoi mais je tends la lettre à Bella. Aussi imprévisible qu'hier, elle sursaute.

- Non... il faut pas qu'il parte... non...

Elle sort en courant et démarre sa voiture. Jasper et moi courrons à la Berline pour la suivre. Elle grille des stop, fait des excès de vitesse...

- MAIS C'EST PAS VRAI ELLE VA SE TUER !

Une boule grossit dans mon ventre !

- ACCELERE P'PA !

Elle se gare devant l'aéroport. 9h17.

« Dernier rappel : tous les passagers du vol 4327 en direction de Chicago sont priés de se rendre Porte d'embarquement 12.»

- Là-bas ! BELLA !

Elle court, mais c'est inutile. Des gens s'offensent, grondent.

- EDWARD ! EDWARD !

Il y a trop de monde. Il a peut-être sûrement embarqué... Elle va se battre et tomber... J'aperçois trop tard la chevelure cuivrée qui franchit le portique d'embarquement. Plus de retour en arrière. Jasper, comme Bella, l'a vu.

- Edwaaaaaaaaaard !

Elle s'écroule, littéralement.

- Bella, Bella, Bella...

- Mademoiselle, ça va ?

- Poussez-vous ! C'est ma fille !

Jasper la tient contre lui. Des larmes ruissellent sur son visage. Elle est blessée et je ne peux rien y faire... pas de pommade ni de remède miracle contre cette douleur...

- C'est fini, Bella...

Elle s'aggrippe à Jasper, sous les yeux des vigiles et des voyageurs. La porte d'embarquement n°12 se referme et avec elle, tout l'amour de ma fille.

..::..

Point de vue de l'infirmier Eric.

Encore une longue journée de boulot ! Etre infirmier se paie en investissement ! Dans la salle de repos, Bree et Lucy discutent autour d'un café, visiblement blasées. On a encore eu du travail cette nuit ! La porte de la salle s'ouvre sur Jackie.

- Bree, tu pourrais venir ? On a admis Mrs Voltero chambre 776 !

Elisabeth ? Ca me foutait un coup.

- Je m'en occupe !

- J'peux y aller si tu veux !

- Non c'est bon, je m'en charge !

J'attrapais le rapport des mains de ma collègue. Malaise vagal, tension trop élevée, nausées. Je tapais à la porte et ouvrais. Elle était là, allongée dans le lit, les yeux dans le vague.

- Bonjour Elisabeth !

- Oh... bonjour Eric !

- Alors... Vous êtes revenue me voir ? Je vais finir par croire que vous ne pouvez plus vous passer de moi !

Un faible sourire. Voilà qui est mieux !

- Je préfèrerais vous voir ailleurs que dans une chambre d'hôpital... répondait-elle, triste.

- Moi aussi ! Evidemment !

Et je le pensais, dans le sens où j'aurais aimé la voir en dehors d'ici !

- Qu'est-ce qui vous est arrivé ?

- J'ai fait un malaise au commissariat...

Au commissariat ?

- Expliquez-moi !

- Et bien... Je me suis sentie pateuse... avec des bouffées de chaleur... la tête m'a tourné et je suis tombée.

Alors qu'elle parlait, je prenais sa tension. Son coeur battait extrêmement rapidement.

- Et les nausées ?

- J'en ai toujours... Ca part, ça revient... Votre collègue n'a pas voulu me laisser repartir mais il faut que j'y retourne...

Et voilà qu'elle se levait !

- Non non ! Vous restez là en observation ! Ce n'est pas quelque chose dont vous pouvez vous soustraire !

- Mon mari doit sortir de garde à vue, je dois...

- Votre mari se débrouillera tout seul !

Elle était têtue, mais je l'étais plus qu'elle !

- Ecoutez-moi Elisabeth ! Vous avez un cancer, un traitement lourd et vous venez de faire un malaise ! Ce n'est pas une simple égratignure ! Je veux que vous restiez ici cette nuit, point barre !

Elle ne ripostait pas, pendant que je continuais mon examen de routine.

- Il faut vraiment que vous essayez de vous détendre ! C'est important !

- Mon fils est parti... et j'ai rien fait pour l'en empêcher !

C'était donc là le coeur du problème ! Je m'asseyais dans le fauteuil à côté du lit et prenais sa main. Elle était gelée !

- Vous avez eu de ses nouvelles ?

- Le chef de police m'a indiqué qu'il était passé leur signaler son déplacement à Chicago chez son oncle pour une durée indéterminée...

- Il a peut-être juste besoin de faire le point... de se retrouver tout seul... Vous avez parlé à Carlisle ?

Elle secouait la tête négativement, chassant ses larmes.

- Je ne l'ai pas revu... Il doit penser de moi que je suis la pire mère du monde !

- Il ne le pensera pas ! Carlisle est la personne la plus compatissante que j'ai jamais rencontré...

- Edward doit me détester !

- Je ne pense pas... Il est peut-être en colère, mais il ne vous déteste probablement pas. Vous devriez attendre encore un peu et l'appeler. Ou lui écrire. Oui, écrivez-lui !

- J'ai tellement honte de l'avoir mis dehors...

J'imaginais pas à quel point ça pouvait être dur ! J'avais jamais été confronté à ça avec mes deux fils, n'ayant jamais refait ma vie avec une femme depuis mon divorce avec leur mère voilà cinq ans !

- Laissez-lui le temps de prendre du recul. D'ici quelques jours, essayez de lui écrire ou de l'appeler !

- Vous croyez ?

- Evidemment ! Vous savez, vous avez fait une erreur mais tout le monde a droit à une seconde chance ! C'est pour ça qu'il y a des gommes au bout des crayons !

Elle me regardait, un vague sourire aux lèvres.

- C'est joliment dit...

- Oh oui, c'est très poétique ! Ca vient du dessin animé Les Simpsons !

Elle se mettait à rire.

- J'ignorais qu'ils maniaient si bien la délicatesse des mots dans cette série...

- On en apprend tous les jours !

Elle acquiessait et pressait ma main faiblement.

- Merci Eric... Je vais suivre votre conseil... Je vais appeler son oncle demain pour savoir comment il va et en fonction de ce qu'il me dira, je lui écrirais ou l'appelerais...

- Promis ?

- Promis ! Merci pour tout...

Je me levais et l'enlaçais. J'avais jamais été aussi familier avec une patiente. Mais l'histoire de cette femme me touchait. Elisabeth me touchait. Elle n'avait rien eu de facile et après avoir perdu son seul grand amour, elle avait dû faire face à tout un tas de choses complexes avec son mari et son fils.

..::..

Point de vue d'Elisabeth.

Eric avait raison. Je contacterai Edward d'ici deux jours. D'après Jerry, il arrivait à 16h à Chicago. Je le laisserai s'installer là-bas tranquillement, pour se vider.

J'ai perdu mon fils. C'était à moi à faire le premier pas ! Le Sergent l'aurait soutenu... Je n'avais pas été une digne mère. Quand, hier, Marcus avait été emmené en garde à vue, je n'avais su comment réagir. Mais quand l'inspecteur Uley m'avait parlé de la plainte d'Emmett Cullen... C'était comme si j'avais eu un électrochoc puissant ! Je n'aurais jamais imaginé que Marcus puisse passer son temps à s'en prendre à Emmett et Rosalie. Ils n'étaient pas frère et soeur ! Je n'avais jamais compris pourquoi il avait refusé de les marier !

Se pouvait-il qu'Edward ait subi un harcèlement identique ?

- Allez Elisabeth ! Courage !

- Merci Eric !

- Tout le plaisir est pour moi !

Eric était adorable... souriant et dynamique... toujours optimiste ! Il ne me jugeait jamais et j'aimais partager avec lui des histoires sur nos enfants. Il avait deux fils, dont un à peine plus jeune qu'Edward... On partageait nos expériences de parents mal lottis !

La porte s'ouvrait à la volée.

- LACHEZ MA FEMME !

- MARCUS !

Mon mari avait le regard fou. Eric me relâchait et se relevait.

- Calmez-vous ! Vous êtes dans un hôpital ici !

- ALORS C'EST CA HEIN ? TU TE BARRES DU COMMISSARIAT POUR VENIR FRICOTTER AVEC CE MEC !

- MAIS VOUS ETES TOTALEMENT IDIOT OU VOUS LE FAITES EXPRES ? ELLE A FAIT UN MALAISE !

- CASSEZ-VOUS DE CETTE CHAMBRE OU JE VOUS JURE QUE JE NE REPONDRAIS PLUS DE RIEN !

Marcus commençait à me faire peur... Jamais je ne l'avais vu aussi menaçant !

- Qu'est-ce qui se passe ici ?

Le Docteur Cullen déboulait, furieux.

- Tiens tiens... voilà l'ange blond ! Alors mon cher Carlisle, comment ça se passe dans votre petit monde parfait merdique ?

Je sursautais en voyant Carlisle plaquer Marcus contre le mur par le col.

- Docteur Cullen ! Marcus...

Eric se jetait sur eux pour essayer de les séparer.

- T'AS BOUSILLE CE GOSSE HEIN ! T'AS FOUTU SA VIE EN L'AIR ! SA VIE ET CELLE DE MA FILLE !

- CARLISLE !

- PAPA !

Trois médecins entraient dans la chambre, se jetant sur la mêlée, et j'apercevais le visage pâle, frêle et fatigué d'Isabella. Un coup partait du côté de Marcus et elle en échappait in extremis. Je me levais pour l'attirer vers le lit et la mettre en sécurité.

- Qu'est-ce qui se passe, ici ?

Isabella tremblait dans mes bras.

- SORTEZ D'ICI VOLTERO ! CASSEZ-VOUS AVANT QUE JE VOUS CASSE LA GUEULE !

- PAPA !

Bella se mettait à pleurer. Deux médecins avaient immobilisé Marcus. Il semblait complètement fou ! Carlisle était retenu par Eric et un autre infirmier.

Il était venu ici, faire scandale... C'était comme si tout m'échappait... je ne reconnaissais plus personne... Marcus semblait avoir tant de violence au fond de lui !

- La police a été appelé ! Carlisle vous vous calmez !

Carlisle se dégageait de l'emprise de ses collègues et fusillait Marcus du regard.

- Pas de problème !
Sa voix était sèche et hargneuse et il partait dans le couloir. Je tenais toujours Bella dans mes bras. Elle semblait à deux doigts de défaillir.

- Ca va Isabella... ça va aller... c'est fini...

Elle gémissait difficilement et ses jambes lâchaient sous elle. Je l'asseyais sur le lit.

- Installez-vous Bella... Asseyez-vous...

Elle fixait Marcus sans le relâcher et ce dernier souriait, avec un mauvais rictus.

- Alors, tu jubiles hein ! Hein tu jubiles ! Ton mec a réussi à me mettre en garde à vue hein !

- MARCUS ! MAIS T'ES MALADE OU QUOI ?!

- Elisabeth... ma chère femme... qui n'a jamais voulu me faire de gosses à cause de ce putain de gamin ! Et qui ne me soutient même pas en garde à vue ! Tout ça pour aller fricotter avec l'infirmier...

- VOLTERO ! ENCORE VOUS !

Les voix du chef Swan et de l'Inspecteur Uley résonnaient dans le couloir.

- Ca commence à suffire ! Qu'est-ce qui s'est ENCORE passé ?

Eric s'approchait.

- Ce monsieur a débarqué comme un fou et s'est mis à divaguer et a provoqué tout le monde !

Uley attrapait Marcus pour l'embarquer.

- Vous commencez à mes les chauffer sévère ! Allez vous nous suivez !

- NON !

- Oh mais on vous demande pas votre avis !

La porte se refermait et Eric se tournait vers nous.

- Vous allez bien ?

Moi oui ça allait, même si je me sentais un peu patraque. Mais Isabella, ça me semblait être autre chose...

- Regardez la petite... Elle a pas l'air d'aller bien...

Elle avait le regard dans le vide et les yeux bouffis et cernés.

- Bella... Tu m'entends ? Est-ce que ça va ?

- Ca va... marmonnait-elle faiblement.

Eric prenait son poul et l'ausculait un instant.

- Tu devrais t'allonger... Est-ce que tu veux parler de ce que tu viens de voir ?

Elle fit «non» de la tête et soupirait.

- Il est parti...

Mon coeur se serrait douloureusement. Son père venait de s'accrocher avec Marcus, et elle pensait à Edward... Cette gamine aura pris plus soin de lui que moi les derniers temps...

- Je m'en occupe, Eric !

- Je vais parler à son père et je reviens...

Il fermait la porte derrière lui. Elle semblait si loin d'ici... Je dégageais une mèche de cheveux derrière son oreille. Longtemps, il n'y eut que le silence entre nous. Je me savais coupable de la situation. Si j'avais du déceler tout ça avant, Edward ne serait pas parti !

Puis, Bella se penchait vers moi et appuyait sa tête contre mon épaule, cherchant mon regard.

- Pourquoi vous avez fait ça ? Pourquoi, Elisabeth ?

- Je suis désolée... J'ai réagis sous la colère... Je n'ai pas pensé que...

- Il était blessé Elisabeth... Il a des bleus, des contusions et l'arcade ouverte. Comment avez-vous fait pour ignorer ça ?

Elle se relevait et faisait les cent pas. Et je me sentais si mal... si oppressée par cette vérité étalée au grand jour !

- Il est parti... Il est parti... Il m'a quitté...

Elle éclatait en sanglots et je me levais pour la prendre dans mes bras. Elle me repoussait.

- NON ! Vous... C'est votre faute si...

La porte de la chambre s'ouvrait de nouveau et Carlisle entrait, se précipitant sur sa fille.

- Bella ma chérie... Viens...

- Il est parti Papa...

- Je sais mon coeur... Je sais...

J'étais plus que jamais honteuse. Carlisle tenait Isabella fermement contre lui et la petite serrait la blouse de son père avec force. Ils avaient une vraie relation. Une relation de confiance... Cette confiance que je n'avais pas cherché à explorer quand j'avais vu mon fils se battre avec Marcus... Bella ne cessait de pleurer. Elle l'aimait tellement... ça se voyait !

- Elisabeth... Faites quelque chose... vous êtes la seule à pouvoir le faire revenir... S'il vous plait...

Le ton suppliant du Docteur Cullen aurait eu raison de mes dernières oppositions si elles avaient existé ! J'appelerai Jerry dès ce soir !

..::..

Point de vue de l'Oncle Jerry.

16H35. L'avion d'Edward avait atteri depuis déjà vingt bonnes minutes. Il devait probablement récupérer ses affaires. Elena lui avait préparé une chambre. Nous étions heureux de le revoir, bien que les circonstances ne soient pas réjouissantes. Ce Marcus avait toujours été hautain et désagréable envers nous, lorsque nous rendions visite au petit. C'est pourquoi il y avait cinq ans que nous n'avions plus remis les pieds à Port Angeles ! Le fait qu'Edward se soit battu avec lui ne m'étonnait qu'à moitié à vrai dire ! Il avait le combat dans les gènes !

- Oh wow... Jerry... Tu es sûr que ton frère est mort ?

Quelle question !

- J'en suis certain dans la mesure où j'ai vu son corps quand on l'a enterré oui, pourquoi ?

- Regarde...

En levant la tête, ce que je voyais relevait pratiquement d'un miracle... Je n'avais pas revu Edward depuis cinq ans, mais rien ne faisait doute quant à son identité !

- Seigneur... Il lui manque juste l'uniforme et on croirait que ton frère est revenu !

C'était fascinant... et effrayant à la fois ! Il s'approchait et je voyais les cocards et l'arcade recousue. Il semblait perdu dans l'aéroport.

- Edward ! On est là !

Il tournait la tête et je lui faisais signe. Il eut un léger sourire en m'apercevant et se dirigeait vers nous.

- Il a une drôle de mine...

C'était le moins que mon épouse puisse dire. Il était plutôt pâle.

- Salut Oncle Jerry... Salut Elena !

- Bienvenu mon garçon !

Ma femme étreignait notre neveu quelques secondes.

- Allez fais voir ton sac on va y aller avant qu'il y ait trop de monde sur la route...

Il se grattait le front et acquiessait.

- C'est que ton oncle n'a plus autant de réflexes qu'avant !

- Ben voyons !

Edward nous adressait un petit sourire, bien vite effacé. Ce gamin n'a pas l'air d'avoir une vie comme ceux de son âge...

*

A table, il ne touchait pratiquement pas à sa côte de porc.

- Tu n'aimes pas ça, Edward ? demandait mon épouse.

Il ne répondait pas, fixant son plat.

- Edward ?

- Hein ? Oh... pardon... je...

- Tout va bien ?

- Oui... pardon...

- Tu es fatigué ?

- En fait... oui !

- Va prendre une douche et te coucher, je t'ai préparé la chambre du fond à droite.

- Merci... Excusez-moi...

Il se levait et débarrassait son assiette. Le téléphone fixe sonnait presque simultanément.

- Allo ?

«Jerry ? C'est Elisabeth»

- Oh, tu vas bien ?

«Oui et toi ? Edward est bien arrivé ?»

- Oui, on l'a récupéré il y a quatre heures !

«Comment il va ?»

- Pas fort j'ai l'impression... Il n'a rien avalé et il a l'air exténué...

J'entendais un soupir au bout du combiné. Même Elisabeth semblait fatiguée !

« Qu'est-ce qu'il fait là ?»

- Je crois qu'il est sous la douche !

« Oh... Je voulais juste...»

- Elisabeth... Je ne crois pas que ce soit le moment... Rappelle demain... Je vais essayer de lui parler demain matin un peu. Je vais l'emmener se balader. Rappelle demain soir... d'accord ?

« Oui... Tu as raison... Merci...»

- Allez, et ne t'inquiète pas ! On va bien s'occuper de lui !

« Oui je sais... Il a quitté sa petite-amie... Elle était tout pour lui...»

- Oh alors c'est ça... Il avait pas l'air très en forme !

« Et elle n'est pas plus en forme que lui... Tout est de ma faute...»

- Malheureusement, ce qui est fait est fait ! Je vais essayer de le faire parler ! Arrête de culpabiliser, ça ne changera rien de toute façon !

« Oui... je sais...»

- Et ton mari ?

« Il est venu faire scandale à l'hôpital après sa garde à vue...»

Oh mais c'est que c'est très étonnant tout ça !

- Je vais être franc ! Qu'est-ce que tu attends pour quitter ce type ? Ton gosse va mal, Elisabeth ! Il va très mal ! Et ça ne date pas d'hier !

« Jerry...»

- Tu sais que j'ai raison ! En arriver là... Rompre avec son propre fils tout contact ! En arriver à des gardes à vue, des procès, des enquêtes, des trucs et des machins... c'est pas normal ! Vraiment pas normal !

« Je sais Jerry ! J'y pense...»

- Ne fais pas qu'y penser ! Agis ! Prends les rennes un peu et arrête d'être soumise ! Il en va de ton fils ! Ton seul fils ! Le fils unique de mon frère !

Elle ne répondait pas. Elena me faisait les gros yeux mais je n'en avais cure ! Il fallait que quelqu'un lui dise ! Une chose était certaine : mon frère aurait détesté voir ça !

- Je vais aller le voir ! Réfléchis-y Elisabeth ! C'est allé trop loin !

Je raccrochais le combiné, furieux.

Je n'arrivais même pas à concevoir qu'elle ait pu laisser les choses dégénérer à ce point !

La porte de la salle de bains s'ouvrait sur Edward. Il sortait en bas de pyjama et en tee-shirt, sa trousse de toilettes à la main. Elena s'approchait de lui.

- Tiens viens voir... Tu peux les mettre dans le tiroir là tes affaires...

- Merci...

- Tu veux pas un thé ? Un café ? Manger ?

- Non... j'ai vraiment pas faim... Merci Elena... je crois que je vais aller me coucher !

- Tu fais comme chez toi : si tu as faim cette nuit tu te lèves, tu te sers !

- C'est gentil ! Merci de m'accueillir... Bonne nuit...

- Bonne nuit mon grand !

Il rejoignait la chambre et refermait la porte. C'était pas une vie pour ce gamin ! J'avais jamais vraiment aimé Voltero. Au début, c'était parce qu'il «remplaçait» mon frère dans le coeur d'Elisabeth et que ça avait été difficile à voir, même si je concevais qu'elle refasse sa vie... mais j'avais pas voulu ça ! J'avais voulu que mon unique neveu ait quelqu'un sur qui compter ! Pas un espèce de pasteur complètement dérangé ! Là, il avait atteint la limite.

- Qu'est-ce qu'elle t'a raconté Elisabeth ?

- Elle m'a demandé si le gamin était bien arrivé... Elle voudrait lui parler, elle rappelera demain !

- Tu y as peut-être été un peu fort avec elle...

- Personne la secoue ! Ecoute, mon frère a été marié avec elle et il l'a suffisamment aimé pour lui faire un gosse ! Tu crois que c'est ce qu'Edward voudrait ? Que son fils se fasse tabasser ? Je t'en prie ! Tu l'as vu comme moi... Il a pris des coups sur la gueule quand même !

- C'est pas ce que je dis ! Je dis simplement que ça ne nous regarde que modérément c'est tout !

- Dès l'instant où mon neveu vient vivre chez nous, ça nous regarde ! Enfin Elena ! Il a 17 ans ! Sa place n'est pas chez son vieil oncle dans une chambre qui sent le renfermé...

- T'exagères ! Je l'ai faite aérer tous les jours depuis qu'on sait qu'il doit venir !

L'air faussement indigné, mon épouse soupirait. J'aimais bien la faire enrager de temps en temps ! Après plus de trente ans de mariage, on peut bien se le permettre !

Le téléphone sonnait encore. Elena répondait.

- Oh Victoria ! Comment tu vas chérie ?

Et voilà notre fille Victoria qui faisait son appel hebdomadaire depuis Vancouver ! Autrement dit, Elena n'est pas couchée avant trois heures, dix sept minutes et trente deux secondes !

Je décidais d'aller voir si Edward était bien installé. J'ouvrais la porte de sa chambre doucement et le trouvait, debout face au mur opposé à la porte, les bras tendus autour d'un cadre de son père, la tête baissée.

- Je suis pas courageux comme toi, Papa... J'me sens nul... Bella me manque... Ca fait même pas 24h et j'arrive plus à respirer...

Bella... ça devait être la petite copine... Un long moment, Edward restait ainsi, silencieux. Je finissais d'entrer et m'approchais.

- Ton père n'a pas toujours été courageux tu sais... Je me souviens même... Si tu savais tout le foin qu'il a fait avec son Elisabeth avant de se lancer...

Edward se tournait vers moi, intéressé.

- On a entendu parler de «la fille de la couturière» pendant presque six mois, avant qu'il n'ose aller l'aborder... Ton père était un vrai froussard !

Edward souriait faiblement et reportait son attention sur le cadre accroché au mur de son père en tenue militaire.

- Pour ce qui était de se battre et mettre des coups, il était toujours le premier ! Mais sentimentalement, il ressemblait à une éponge sèche !

Edward riait.

- C'est vrai ?

J'acquiessais.

- Je t'assure ! C'est même ton oncle Anthony et moi qui avons arrangé leur première rencontre ! Anthony était ami avec le cousin de ta mère. Un jour, il a provoqué une rencontre et moi, j'ai amené Edward en lui faisant croire qu'on allait piquer des poires chez la vieille Zoben. Je me rappelerais toujours de sa tête quand il a vu Elisabeth !

Edward ne disait rien et fixait les photos. Son sac était entrouvert et j'apercevais un cliché sur ses vêtements.

- C'est ta copine ?

- C'était...

Il pâlissait à vue d'oeil, si bien que j'eus crus qu'il allait tourner de l'oeil.

- Je peux ?

Il se penchait et me tendait la photo.

- Elle est très jolie...

Il ne commentait toujours pas et s'asseyait sur le rebord du lit. Il semblait à mille lieux d'ici... Je posais la photo sur la table de chevet et Edward s'en emparait, la touchant du bout de l'index.

- Elle est extraordinaire...

- Ca faisait longtemps que vous étiez ensemble ?

- Presque cinq mois...

- Tu l'as connu au lycée ?

- Oui... et je bossais pour ses parents aussi...

- C'est chez elle cette photo ?

- Dans son jardin... Elle a une cabane dans un arbre... Beaucoup de choses s'y sont passées dans cette cabane... souriait-il, visiblement en proie à des souvenirs intenses.

Il reposait la photo sur la table de nuit et s'allongeait sur le lit.

- Ta mère a appelé pendant que tu étais sous la douche... Elle voulait savoir si tu étais bien arrivé...

- Comme si ça avait de l'importance pour elle...

Il lui en voulait ! Clairement ! A sa place, je lui en aurais voulu aussi !

- Elle compte rappeler demain...

Il ne répondait pas, fixant l'armoire. Je n'aurais pas aimé être dans sa tête à ce moment-là !

- Allez... Je vais aller me coucher ! Essaie de dormir ! En tout cas, t'as pas à t'en faire, tu es ici chez toi !

- Merci...

Je me levais pour quitter la chambre. Je posais ma main sur la poignée de la porte.

- Oncle Jerry ?

- Oui ?

- Ca te dérangerait si demain... on va voir Papa ?

- Je t'y emmènerai en début d'après-midi... Ca ira ?

- Ouais... merci...

- Je t'en prie... Bonne nuit Edward !

- Bonne nuit...