Bonjour tout le monde =)
Tout d'abord, un immense merci pour tous vos voeux
pour mon anniversaire et vos reviews sur le Sur-épilogue
de Fragile Comme Du Crystal.
A la base, je l'ai écris pour me faire plaisir,
et lire votre enthousiasme m'a fait énormément chaud au coeur.
Merci !
*
Et merci encore une fois pour ces reviews sur Jardin Secret...
Ce chapitre m'a demandé énormément de temps à rédiger.
Il explore certaines choses complexes mais j'espère que
ça vous plaira en tout cas...
*
Prochain rendez-vous samedi ?
Je vous embrasse !
Merci pour tout, prenez soin de vous
& soyez heureuses (-x) !
Tiffany.
Point de vue de Jasper.
Pratiquement 5h du matin, et on est toujours là ! C'est mon premier tournage de nuit, et j'aurai jamais pensé que c'était si compliqué ! Putain, j'aurais pas dû picoler autant au repas, j'ai la tête prise dans deux grilles-pain déréglés maintenant !
Bella et Edward avaient abandonné vers 3h30, préférant retourner dans leur chambre d'hôtel. Franchement, tant mieux ! Un peu plus et on avait droit à un exposé sur l'accouplement de deux adolescents en rut ! Et la petite Alice, elle, non. Elle était encore là, discrète comme tout. D'ailleurs, ça faisait une bonne demie-heure qu'on l'entendait plus piailler. A première vue, on pouvait penser qu'elle était du genre à toujours être bruyante, mais elle savait très bien foutre la paix quand il fallait ! Et elle s'en vexait pas, c'était ça qui était génial !
- Ok Thomas, t'es prêt ? Faut qu'on la termine, ils vont réouvrir la route d'ici vingt minutes ! Moteur, ça tourne, Scène 25-B, prise 7, action !
J'enfilais un blouson, tout en surveillant le déroulement du plan sur le monitoring. Cette fois, aucun chien qui aboie, aucune voiture qui passe et qui klaxonne, aucun commentaire trop bruyant de la foule qui s'amasse. Logan prenait vie dans sa folie et avec les faibles éclairages de la ville, le rendu à l'écran était vraiment sombre et pesant.
Pile poil ce qu'il nous faut !
Thomas haletait son «NON!» et faisait un demi-tour sur lui-même en sautant, animé par la nervosité. Il quittait la ruelle en courant, disparaissant dans la nuit. Je me raclais la gorge.
- Coupez ! C'est bon, on la garde ! On remballe !
Heh putain ! J'arrivais même plus à parler ! A force de gueuler comme une truie aussi... Demain, le papounet allait pouvoir osculter la gorge de son fiston d'amour ! Les techniciens rangeaient le matériel et Thomas revenait, les yeux cernés. La fatigue donnait de la crédibilité à son personnage.
- Elle est à qui c'te gamine là-bas ?
Je me retournais pour voir qu'il désignait Alice qui... Ah ben bravo ! Ah ben tu m'étonnes qu'on l'entendait plus ! Elle était allongée en chien de fusil sur un banc, blottie dans son manteau, les yeux fermés. Je retenais un rire.
- C'est la copine de ma frangine !
- Elle est où ta soeur ?
- Elle est partie y a un petit moment avec son mec ! Je vais ramener la petite...
Je consultais ma montre. 5h17.
- Ok ! A lundi, bon dimanche !
- Ouais merci, rentre bien !
BOOONNN ! Va falloir s'occuper de cette petite chose maintenant ! Je m'approchais du banc. Je détestais franchement réveiller les gens, c'était un vrai crève-coeur ! Dormir, c'était mon bonheur sur terre ! Je me penchais vers Alice. Elle avait une bouille vraiment innocente. Elle gémissait dans son sommeil, se frottant le nez, sourcils froncés. Elle était gelée !
- Oh... Alice !
- Mmmm...
Son bras tombait dans le vide, mais elle ne bougeait pas.
- Alice !
Je touchais son épaule pour la secouer.
- Aliiiice ! Youhou ! Le lutin joyeux ! Pssiiit !
- Laisse-moi dormmm...
Oulalalalalalalalah ! Ca va être difficile ça ! Bon tant pis hein ! On va pas camper là non plus ! En plus, les tentes ça se plante pas sur du béton ! J'attrapais difficilement la petite, la mettant sur ses pieds. Elle ne se réveillait pas, son corps penchant vers le mien.
- Alice... On va rentrer ! Il est 5h passé !
Pour toute réponse, je n'obtenais qu'une espèce de gémissement étouffé, sourcils froncés. Je la guidais tant bien que mal jusqu'à la voiture et finissais par la porter. On va pas coucher là non plus ! Le chauffeur m'ouvrait la portière et je nous installais à l'arrière. Elle s'allongeait sur la banquette, sans vraiment avoir repris conscience, posant sa tête sur mes cuisses.
- Heh ! Te gène pas hein !
Elle se retournait, sans réagir. Y a plus de jeunesse ! Le trajet jusqu'à l'hôtel fut rapide et je l'extirpais de la voiture.
- C'est laquelle ta chambre ?
Elle ouvrait les yeux faiblement, me regardant sans vraiment me voir. Son corps chancelait dangeureusement. Mais putain, elle a pris un rail de coke ou quoi là ?
- Hein ?
Sa voix était faible.
- Tu as quelle chambre ?
- Mandadeuneu...
Elle refermait les yeux, s'appuyant contre moi. Mandadeuneu... Mandadeuneu... J'ai pas étudié le russe moi oh !
- Alice ! T'es dans quelle chambre ?
Un ronflement s'élevait. Bon, on va pas y rester 107 ans non plus ! Tant pis pour la chambre ! Je la prenais dans mes bras et filais jusqu'à la mienne au troisième étage. J'ouvrais la porte avec le pass, tout en essayant de pas faire tomber Alice.
On devrait me décerner une putain de palme pour ma patience !
J'entrais dans la piaule et allumais la lumière. J'amenais Alice jusqu'au lit et l'y allongeais. C'est que ça pèse son poids un corps endormi quand même ! J'aimerais pas porter Emmett endormi ! J'aimerais déjà pas le porter tout court... Alice se recroquevillait sur elle-même sur le matelas.
- Attends de te mettre sous la couette quand même !
Un deuxième ronflement s'élevait, léger. C'était pas un ronflement de routier, c'était un petit truc discret très mignon qui allait bien avec sa petite bouille ! Je retirais ses chaussures et chaussettes en faisant attention. J'crois qu'elle est H.S. la pauvre ! Je lui enlevais son blouson et la glissais tant bien que mal sous la couette. Elle ne bronchait pas, se mettant sur le ventre.
Je filais sous la douche pour me rafraîchir. Et ben bordel de dieu ! Ca fait du bien ! Je m'essuyais et enfilais mon caleçon et un tee-shirt. Bah ouais hein ! J'vais dormir avec une gamine, j'veux pas me faire coffrer pour proxénétisme ! J'éteignais les lumières et me faufilais jusqu'au lit. Non mais je rêve là ! Elle est déjà en position étoile de mer dans un lit King size ! Elle se fait pas chier ! En m'asseyant sur le bord du matelas, elle bougeait, me laissant la place.
- Trop aimable !
Je me glissais sous la couette et à peine l'avais-je rabattu qu'Alice bougeait encore, se rapprochant de moi. Trop près... trop près ! Mayday ! Mayday ! Oh putain la garce ! Elle a les pieds froids ! Trop tard ! Elle se collait à moi, blottie sur elle-même.
Ce fut vraiment étrange... son petit visage paisiblement endormi, un léger sourire se dessinant sur ses lèvres. Je n'avais jamais remarqué à quel point elle avait de belles lèvres fines... Et puis, elle sentait bon ! C'était quand même incroyable que cette petite chose soit amoureuse de moi... J'avais rien fait pour ça et elle, elle le vivait, et plutôt à fond apparemment... C'était troublant ! Et tellement... intriguant... Jamais je n'avais vécu ça. Je ne savais pas ce que je devais faire, ni comment agir. Contre mon corps, je sentais le sien respirer, paisible. Sa respiration appuyée résonnait dans la pièce et je l'observais, calme. Au début, elle m'avait fait flipper à être excitée comme ça, à partir dans tous les sens ! Bon ok... elle a 17 ans ! Et moi 24... Je suis plus calme qu'elle, parce que beaucoup plus vieux ! Mais je la découvrais chaque fois un peu plus, plus calme, posée, sereine, ambitieuse. Et ça me plaisait ! Je me surprenais à espérer qu'elle me raconte sa vie, ses envies. Je voulais qu'elle retrouve ses parents et qu'elle réussisse à devenir costumière. J'étais prêt à la brancher avec tous mes contacts, si ça pouvait l'aider.
C'était étrange... Cette fille que je ne connaissais que depuis six mois m'apprenait tellement de choses sur les autres... et sur moi aussi. Jamais, avant, je n'aurais voulu aider quelqu'un, encore moins une adolescente ! Alice bougeait contre moi, son bras passant sur ma taille. Wow !
- Sper...
Elle dormait. Sper... comme Jasper ? Sentait-elle ma présence dans son sommeil ? Elle était décidément bien à part ! J'étendais mon bras, pour trouver une position confortable sans la déranger. Il n'y en eu aucune autre de moins pénible que de poser ma main sur sa taille...
..::..
Point de vue d'Alice.
J'étais bien au chaud. Vraiment confortables ces matelas d'hôtel et... PUTAIN C'EST QUOI CA ? J'ouvrais les yeux brutalement, sentant sous ma main gauche une chose bizarre. UN PENIIIS ?????? EN ERECTION ????????
- AH PUTAIN !
Je sursautais, retirant mes doigts brutalement. Je regardais le corps à côté de moi. Je n'étais pas dans ma chambre... dans celle de JASPER ??? Et j'ai passé la nuit ma main sur son... ?? OULALALAH ! Mais comment j'avais atteris là moi ?
- Mmmm... Woooow ! Doucement, merde, y en a qui dorment !
Jasper se retournait, la tête dans son oreiller, visiblement mal luné. Qu'est-ce que je fous au lit avec lui ? Bon, j'étais déjà pas nue, ce qui était une bonne option ! Quoi que... Il se tournait sur le flanc gauche face à moi et ouvrait les yeux.
- Merde Alice ! C'est dimanche... Il est 8h du matin...
Il refermait les yeux, sa voix s'éteignant. Il avait des cernes... Bon... réfléchissons, il s'est passé quoi hier ? Tournage, repas avec l'équipe du film, tournage nocturne, Edward et Bella qui s'en vont... J'avais dû m'endormir. Mais POURQUOI je suis là ? Je suis devenue noctambule ?
Ah non je sais ça y est ! Je suis entrain de rêver encore ! Voilà c'est ça !
Sur le côté, je voyais Jasper ouvrir et refermer un oeil, puis sourire et se mettre à rire.
- Quoi ?
- Tu verrais ta tronche... t'as une grosse marque d'oreiller sur la joue !
- OH NON C'EST PAS VRAI !
Je sautais du lit et me dirigeais dans la salle de bains alors qu'il éclatait de rire. Merde merde merde ! C'te gueule de déterrée ! ET IL M'A VU COMME CA ?! J'ouvrais les robinets pour m'asperger d'eau et discipliner mes cheveux tant bien que mal avec mes doigts. C'est pas un rêve ! J'ai beau me pincer...
J'AI DORMI AVEC JASPER !!!!! Et j'ai touché son... sa «chose»... PUTAIN ET S'IL S'EN EST APERCU ??Valait mieux que je quitte cette chambre... Je retournais vers le lit, pour récupérer mon manteau, mes chaussures et mes chaussettes.
- Merci pour... mais faudrait que... je vais te laisser...
- Tu te barres comme ça ? Comme une voleuse ? Après que je t'ai gracieusement fait de la place dans mon plumard et ais supporté tes ronflements et tes coups de pieds dans mon tibia ?
- Je ne ronfle pas !
- Et non mon cul tiens ! T'as pas arrêté !
- J'ai ronflé ?
- Pas qu'un peu ! J'ai cru que je prenais le TGV !
Je ne pouvais retenir un rire devant son large sourire. Il était vraiment super mignon comme ça... NON ! NON ALICE ! ON A DIT «NON» !
- Recouche-toi... On est rentrés à 5h du matin...
C'était tentant... Très tentant ! Après tout, il allait se marier, ça serait la seule fois où je pourrais dormir avec lui... Je filais sous la couette, me rallongeant dans la chaleur provoquée par son corps.
Je le regardais, ses yeux clos. Il machonnait inconsciemment, posant ses mains sous son oreiller. On aurait dit un bébé...
- Arrête de m'regarder... marmonnait-il.
Je ne pus retenir un sourire.
- Tu préfères que je regarde tes fesses ?
Il attirait la couette sur lui, l'enserrant bien, sans ouvrir les yeux.
- Ah non hein, pas ça ! C'est mon cul !
- Redonne-moi de la couverture !
Il me balançait la couette et je m'y installais dessous, me recroquevillant sur moi-même. Je n'osais plus l'approcher. J'avais passé la nuit à moitié sur lui... pourquoi n'en avais-je pas été consciente ? Et lui ? Il s'en était aperçu ou pas ? Au bout d'un moment, il se tournait sur le dos et ouvrait les yeux. Je le fixais toujours. Il se frottait le visage en soupirant et se tournait vers moi de nouveau.
- T'as plus sommeil ?
- Non... Toi non plus ?
- J'ai l'impression que mon crâne va péter !
- T'as pas assez dormi sûrement !
- J'imaginais pas que ça serait aussi fatiguant de tourner un film...
Je n'aurais jamais imaginé que Jasper, ce grand passionné de cinéma, puisse dire ça !
- Tu regrettes d'en avoir fait ton métier ?
- Non, du tout... C'est juste que ça demande un certain rythme et une grosse rigueur que j'ai pas d'habitude !
- Il va durer longtemps, votre tournage ?
- Un mois, Thomas commence un autre film à partir du 11 juin...
- Vous dépendez de son emploi du temps ?
- Oui... Du sien et de celui de Sofia. Ce sont les héros principaux...
- Ah ok... En tout cas, merci de m'avoir invité !
Il m'adressait un petit sourire.
- Ca t'a plu ?
J'acquiessais vivement, ce qui agrandissait son sourire.
- C'était génial ! J'ai pu parler longtemps hier avec votre costumière. Elle est adorable ! Elle m'a donné des adresses d'école dans le pays et elle m'a même donné son email.
- Ah ça c'est cool ! Tu vas te lancer là-dedans après le bac, alors ?
- J'aimerais, ouais...
Il fronçait les sourcils, faisant claquer sa langue.
- Non Alice ! C'est pas «j'aimerais, ouais...» c'est : «Oui je vais le faire, je vais tous les défoncer et être la première de ma promotion!»...
Jasper était un gars très courageux. Il savait ce qu'il voulait et s'en donnait les moyens...
- Y a des tas de gens plus talentueux que moi, tu sais...
- Ouais, et y a aussi des tas de gens moins talentueux que toi, je le sais ! Ecoute-moi bien ! T'as 17 ans et t'as un talent d'enfer ! A partir du moment où tu as un don, tu ne dois pas le gâcher en fausse modestie ! Tu as le droit de revendiquer ta place parmi les meilleurs... T'as bien un rêve au fond de toi, non ?
Ca des rêves... j'en avais... J'avais celui de réussir dans la mode... et celui qui s'éteignait au fur et à mesure que le 1er juillet se rapprochait...
- Faut s'y accrocher. Et si tu as la moindre faille pour le réaliser, alors engoufres-y toi !
J'accrochais ses yeux bleus gris et me perdais dans ses profondeurs. En cet instant, ce fut comme si j'étais mise à nue par cet homme. Comme s'il pouvait lire au fond de moi tout ce que je ressentais pour lui. Je savais que je devais me détacher de son regard, sous risque de me trahir... Sans que je ne m'y attende vraiment, il attrapait ma main pour la presser brièvement.
- Je sais ce que tu ressens, Alice...
Mon coeur s'accélérait, trop vivement. Ce que je ressens ? Qui lui avait dit ? Bella ? Edward ?
- J'ai eu 17 ans aussi, et des rêves pleins la tête... Pas grand-monde pour m'y aider. Pas de contact dans le milieu du ciné, rien !
J'avais envie de courir tant j'étais soulagée. Mais aussi intriguée par ce qu'il me disait. Des fois, c'était comme si nous étions très proches, et la seconde d'après, de parfaits inconnus.
Il implantait une nouvelle fois son regard dans le mien.
- Si je peux faire un truc, n'importe quoi pour t'aider à réaliser un rêve, n'importe lequel, je le ferai ! Pratiquement personne ne m'a aidé. J'ai croisé seulement trois personnes dans ce milieu qui m'ont mis le pied à l'étrier. Ca a beaucoup compté pour moi. Ce qu'on reçoit, il faut qu'on puisse le redonner. Alors si ma présence peut t'aider dans quoi que ce soit, faut que tu me le dises. N'oublie jamais de faire ce que tu as envie de faire.
Jamais je n'aurais cru ça... si je le prenais au mot... Je me sentais plus proche de lui que jamais, dans cette chambre d'hôtel. Nous n'étions que deux et personne d'autre pour nous perturber.
- Tu as continué à chercher tes parents ?
- Non... J'attends de pouvoir me rendre à Jacksonville...
- Tu iras à l'orphelinat où tu as été recueillie ?
- Sûrement... « Si tu ne sais pas où tu vas, retourne d'où tu viens...»
- Ouais... C'est pas faux, ça ! Tu vas y aller avec tes parents ?
- Renée pense que c'est quelque chose que je dois faire seule... Elle sera là si les choses se passent mal... Elle reste ma mère ! Quant à Charlie... son travail lui demande beaucoup alors...
- Edward pourrait te suivre...
- Il a autre chose à penser... Avec ce qui s'est passé avec Marcus et puis l'expertise psychologique qui arrive... je ne lui en ai même pas parlé ! Bella est avec lui, elle le soutient et ça se comprend... En fait, j'suis seule, mais ça me dérange pas...
Jasper se redressait sur un coude.
- C'est faux ! T'es pas toute seule... Je suis là moi !
Wow... euh... et ben wow !
- Mais tu...
- On fixera une date pour y aller tous les deux. Tu me diras quand tu veux...
J'étais soufflée... et charmée... je savais que c'était pas ce qui aurait dû se passer mais je voulais en profiter...
- Merci Jasper... Ca compte beaucoup pour moi !
Il souriait et passait sous la couette.
- Je sais ! Je suis indispensable !
Nous éclations de rire. J'étais vraiment bien avec lui... Une heure durant, nous avons parlé de choses et d'autres. Nous avions un tas de points communs, mais aussi beaucoup de différentes. Pas les mêmes points de vue sur certaines choses, pas les mêmes idées. Mais nous nous ressemblions sur des petits détails.
Ses mots me trottaient dans la tête... «N'oublie jamais de faire ce que tu as envie... si je peux t'aider, je le ferai...»
- Jasper ?
- Oui ?
- Comment t'as su que Maria était la femme de ta vie ?
Il soupirait et fixait le plafond, en haussant les épaules.
- Aucune idée... Ca a été mon premier amour, mon premier baiser, ma première fois et tout le tralala... j'imagine que ça tisse des trucs en moi... Ca a été une question de même envie, au même moment, les mêmes ambitions, tout ça !
- Comme un coup de foudre ?
- Ouais... peut-être... On était amis depuis longtemps avant. Un jour, on a été à une soirée, on a bu un peu, ça nous a déshinibé... et comme j'ai toujours pensé qu'on a qu'une chance dans la vie, je l'ai embrassé... J'me suis dit «Merde au pire, elle m'en fout une et se tire «...Et voilà !
Il avait saisi sa chance... sa seule chance... cette chance que j'aurais, à 0.02%. Il avait foncé, tête baissée...
- A quoi tu penses ?
Je ne voyais plus que ses lèvres. Plus que cette infime chance... qui ne changerait rien pour lui, mais tout pour moi. Il soupirait et se rapprochait de moi.
- Alice... Regarde-moi...
Je plongeais dans son regard, hésitante. Il avait les sourcils froncés.
- Je sais... Je sais ce que tu ressens, là...
Il appuyait sa main sur mon coeur et me fixait. Il savait. J'en étais sûre.
- Ca fait combien de temps ?
J'étais hypnotisée par son regard. Il n'y avait plus rien d'autre. Il allait fuir... mais je lui devais des réponses...
- Trois ans...
Les mots furent difficiles à sortir. Et je crois que ce fut étrange pour lui aussi... Ca se voyait !
- Est-ce que tu as très mal ?
Je sentais sa paume toujours sur mon coeur, qui s'embalait. Je voulais partir, loin. Ne plus l'affronter... De nous deux, il était le plus fort ! Je fis «non» de la tête mais les larmes montaient doucement. Je lui avais tout avoué, sans résistance. Il allait partir, me fuir. Refuser de me donner son aide. Il allait quitter ma vie, sans crier gare. J'allais perdre cette seule raison que j'avais de me lever le matin...
Sa main remontait vers mon visage, et je sentais le revers de ses doigts caresser ma joue. Je fermais les yeux, savourant ce geste. Jamais je n'en aurais espéré de tels... Je ne devrais pas aimer ça... je devrais le repousser...
- Ne pleure pas Alice. Ni toi ni moi ne sommes responsables de ce que tu ressens... Il ne faut pas que tu... Je suis désolé, Alice. J'aimerais savoir quoi faire pour faire en sorte que tu souffres moins quand je suis là.
Je reniflais et me reculais légèrement de lui. Il posait sa main sur le matelas et je fixais ses doigts.
- Je souffre... pas...
Il m'adressait un bref sourire et passais son index sur le bout de mon nez.
- L'amour fait toujours souffrir... C'est écrit dans tous les livres... Mais on finit par oublier... et ça aussi, c'est écrit ! Tu m'oublieras...
Non ! Il voulait partir de ma vie !
- Jamais !
J'étais décidée. Il n'y avait aucune issue pour un «nous». Je ne pourrais rien changer. Un jour, oui, j'aurai quelqu'un d'autre. Mais ce ne serait pas lui, et je vivrais avec tous ces regrets. Il m'était impossible d'oublier son passage dans mon existence, même s'il devait refuser de me revoir lorsque j'aurai quitté cette chambre. Je ne pourrais pas modifier le fait qu'il allait se marier avec la femme de sa vie. Mais je pouvais me donner une dernière fois un rêve. Un aboutissement. Une dernière illustration en couleur, la plus belle de toutes, dans ce livre que je devrais refermer.
- Tu m'as dit de me glisser dans toutes les failles... Alors regarde...
Sans vraiment réfléchir davantage, je m'approchais de lui et crochetais sa nuque pour déposer mes lèvres sur les siennes...
Ca valait le coup... même si je devais m'en mordre les doigts plus tard, et souffrir encore plus... Mes lèvres bougeaient seules contre les siennes et je savourais un dernier contact avant de nous séparer.
Je ne me retournais pas, quittant le lit sur cette sensation. Je pouvais sentir ses lèvres encore sur les miennes, leur goût sucré. Je ramassais mes chaussures et mes chaussettes ainsi que mon blouson et claquais la porte de sa chambre. J'aurais pu passer ma vie à accepter son aide, l'aide d'un bon ami. J'avais préféré couper court à tout ça. Tôt ou tard, la vérité aurait jailli et j'aurais fait n'importe quoi, brisant son ménage. La souffrance était déjà trop forte. Jasper ne voudra plus me voir, après ça. Je reprendrai ma vie. Le reste suivrait... cette espèce de fatalité qui fait qu'on sait qu'on n'y échappera pas...
Pourtant, je ne regrettais rien. Je ne regrettais pas ce baiser. Et ça ne serait jamais le cas. Les portes de l'ascenseur s'ouvraient sur le deuxième étage. J'avançais dans le couloir pour retourner dans ma chambre. Elle me semblait à mille lieues de ce qui venait de se passer... Je m'arrêtais un instant devant la chambre 187. Celle d'Edward et Bella... ils pouvaient s'embrasser, vivre ensemble et s'aimer. J'aurais tout ça aussi un jour, probablement. Avec un autre... Je venais d'enterrer mes dernières illusions. Edward et Bella iraient loin ensemble. Ils étaient faits l'un pour l'autre. Dans la vie, dans chaque groupe d'amis, il y a les veinards, les chanceux. Ceux qui partent avec leur moitié, font leur vie et ont des enfants. Et puis il y a les autres, ceux qui les regardent partir, seuls, et qui stagnent perdus dans les souvenirs. J'étais dans cette deuxième catégorie. Je voyais Edward partir avec sa moitié. Bientôt, ils feraient probablement leur vie dans leur appartement. Je serai sûrement invitée une fois par semaine pour une pizza. On discuterait tous les trois, on parlerait du bon temps et on rigolerait de nos conneries. Je finirais par rentrer chez moi pour me coucher et attendre que les journées passent... Ils se marieront, feront des enfants. Je serai peut-être marraine, ce qui me rendrait incroyablement heureuse et fière... Edward est mon meilleur ami...
La porte 187 s'ouvrait sur eux deux. Ils étaient heureux, souriants. Ils avaient probablement fait beaucoup de cochonneries cette nuit ! Mais j'étais contente pour eux, sincèrement.
- Alice... qu'est-ce que tu fais là pieds nus ? Ca va pas ?
Je n'avais plus qu'Edward et Bella. Je n'avais plus qu'eux pour mettre du bonheur dans ma vie... J'aurais dû en être heureuse, mais je sentais les larmes monter et rouler sur mes joues. Pour la deuxième fois en une demie-heure.
- Edward... J'ai fait une connerie !
- Alice... Viens... Shhhh... Viens, parle-moi... Qu'est-ce qui s'est passé ?
Je ne pouvais pas lui dire. Ca ne sortait plus. Je me sentais fatiguée et vide. J'avais perdu la seule chose qui me faisait marcher toute la journée. Je sentais les bras d'Edward m'entourer et me serrer contre lui. Ses lèvres se posaient sur mon front.
Mais qu'est-ce que j'ai fait ?!
..::..
Point de vue de Jasper.
Alice... Elle avait fait ça... Cette gamine... Elle l'a fait... Elle m'a embrassé... Ca avait été si soudain... et si tendre... Et elle était partie... Je n'avais même pas pu réagir... Qu'est-ce qu'elle venait de faire, là ? Ca m'avait plu. Et beaucoup. Cette sensation qui fait que, d'un coup, on a le coeur qui bat plus vite, plus fort, et surtout qu'on s'en rend compte...
Putain merde ! Elle m'a embrassé ! Elle m'a embrassé alors qu'elle ressent tout ça et que je suis incapable de le lui rendre !! L'amour ça fait mal... Elle a quand même pris le risque... elle a obéit à sa pulsion... Et elle m'a embrassé ! Elle s'est blessée... Je n'imaginais pas la peine qu'elle avait pu ressentir... et la force dont elle avait dû faire preuve et...
PUTAIN !
Et le pire... c'est que j'avais aimé ça ! Vraiment... j'ai aimé ça alors que j'ai une fiancée... Je n'étais pas vraiment un type fiable... j'avais déjà trompé Maria deux fois. Je n'étais pas quelqu'un sur lequel on pouvait compter. Je faisais du mal à Maria... à Alice...
Et merde putain ! Elle m'a embrassé... Et je sentais encore ses lèvres contre moi, son odeur, sa peau... Elle ressentait des choses... tellement de choses. Que j'étais incapable de lui donner. Et que jamais je ne pourrais lui donner, parce qu'un monde nous séparait. Et que même si j'aurais éventuellement pu l'aider, je ne pourrais jamais être ce Jasper qu'elle avait idéalisé !
J'étais le mec de Maria, et on allait se marier. Je l'avais suffisamment blessé par le passé, je n'avais pas le droit de lui faire du mal. Je l'aimais profondément et sincèrement. J'avais toujours en moi cette tendresse pour Maria. Elle avait été tout pour moi, pendant longtemps.
Alors pourquoi ? Pourquoi je sentais encore les lèvres d'Alice ? Pourquoi j'en tremblais ? Pourquoi je n'avais qu'une envie, celle de la retrouver pour lui dire que, pour elle, c'était mieux de passer à autre chose ? Cet amour qu'elle me portait, je ne le méritais pas.
Elle m'a embrassé. Elle a pris une décision. Elle a fait ce qu'elle a eu envie de faire... Je suis un con !
Un con qui a aimé se faire embrasser par Alice... je devais le reconnaître ! Pour la première fois depuis des années et des années, un baiser m'avait électrisé. Un baiser avait été humain...
..::..
Point de vue d'Emmett.
- Il est où Jasper ? On va pas partir sans lui dire au-revoir !
- J'sais pas... C'est p'tètre Edward et Bella qui l'ont fait fuir à être aussi démonstratifs !
J'éclatais de rire en voyant les têtes de ma p'tite soeur et son copain.
- Va te faire foutre, Emmett ! On t'emmerde !
Edward haussait les sourcils en regardant Bella. Je ne pouvais retenir mon rire.
- Ah t'as vu hein ! Elle a du caractère la mioche !
- Bella ! grondait Carlisle.
- C'est Emmett qui a commencé !
- Hé dis donc ! T'aurais pas commencé à copuler devant tout le monde, je te parlerais pas de ça !
Carlisle soupirait en secouant la tête.
- Non mais vous avez quel âge tous les deux ?
Alice arrivait avec son sac. Depuis ce matin, elle avait une drôle de tête... Elle avait pleuré, j'étais pas Einstein mais ça se voyait ! Elle se dirigeait vers Edward qui la prenait contre elle. Un plan à trois mon salaud ? Bella s'approchait aussi de son amie.
- Ca va, Alice ? Tu ne te sens pas bien ?
Carlisle se dirigeait vers elle.
- Non c'est bon...
Edward et Bella se regardaient tristement. Mais il s'est passé quoi putain ? Je déteste pas être au courant ! Rosalie m'appelle toujours «miss Commères» mais en fait, elle a raison ! Ca me va bien je trouve !
- Personne veut aller voir si Jasper est pas dans sa chambre ? Il est pratiquement 15h30, faudrait pas tarder à se mettre en route, on a quatre heures de voiture...
- J'y vais !
{Playlist : LDF - 100Monkeys -version de l'album "Grape Seedless"}
Je grimpais au troisième étage et allais toquer à sa chambre.
- Jasper, t'es là ?
Aucune réponse. J'attrapais mon portable et composais son numéro. Pourquoi personne pense jamais à faire ça dans ma famille ? Il décrochait.
«Ouais ?»
- T'es où frérot ?
«Sur le toit de l'hôtel...»
Il avait une voix assez rauque. Y a un truc qui va pas ! Je le connais suffisamment... Je me dirigeais vers l'escalier qui grimpait en haut. La vue était assez imprenable d'ici. On voyait tout : le grand lac, la ville s'étendant sous nos pieds... Jasper était assis au sol, sa cigarette roulée à la bouche, les yeux dans le vide. Ben décidément, mister Happy est en congés aujourd'hui ou quoi ?
- Hé, Jazzou ! On te cherche partout depuis une heure... On va s'en aller !
- Désolé... Il est quelle heure ?
- 15h25 !
Il faisait tomber la cendre de sa clope et reprenait une bouffée.
- Il se passe quoi là ? Alice fait une tronche de dix mètres de long et toi pareil...
Il eut un petit rictus et reportait sa cigarette à sa bouche.
- Alice... Un sacré petit bout de nana, hein ?
J'ignorais pourquoi mais jamais personne ne me confiait des trucs. Seulement, j'étais pas idiot et je voyais très bien que quelque chose se tramait. Alice était dingue de Jasper. Elle avait cette espèce de vénération dans le regard pour lui.
- Il s'est passé un truc entre vous ?
Il eut un rire et fixait droit devant lui.
- Elle est amoureuse de moi.
- Ouais, je sais, ça se voit ! Et alors ? Tu l'as renvoyé chier à cause de ça ?
Sa cigarette entre son index et son majeur, il se grattait la lèvre avec son pouce.
- Elle m'a embrassé ! T'imagines ?
Woooow ! Elle l'a embrassé ? Là comme ça là ? Elle a du courage la gonze !
- Putain ! Elle a du courage !
- Ouais...
- Et alors ? C'était si mauvais que ça ? Vu ta tronche... ça a pas dû être une partie de plaisir !
Il écrasait sa clope au sol.
- C'était très bien...
Oh ho... je connaissais cette tête-là !
- Ca t'a plu ?
- C'est pas question de ça, Emmett ! Je vais me marier putain ! Cette gosse m'aime, elle m'embrasse et je lui donne de l'espoir là où elle ne devrait pas en avoir ! Elle souffre, elle late sévère ! J'ai pas eu un putain de cran pour lui dire qu'elle devrait pas faire ça ! C'est pas bon pour elle !
Il me prend pour un pigeon !
- Arrête de me prendre pour une bille, mec ! T'as pas répondu à ma question ! Ca t'a plu ?
- J'me rappelle même plus quand c'était la dernière fois que Maria m'a embrassé comme ça... - Jasper ! Arrête de faire ça ! Dis-moi clairement oui ou non !
Il me regardait brièvement de côté, avant de se mordre le bout du pouce, nerveusement. Rosalie avait le même tic nerveux de se bouffer la peau autour des ongles ! Ca m'agaçait prodigieusement !
- Ouais ! Ouais, ça m'a plu ! Mais y a pas d'issue. Je vais me marier. Elle a 17 piges, j'en ai 24 ! Elle m'aime depuis trois ans, tu réalises ?! Trois ans, putain ! Elle bousille sa vie pour cette histoire ! Elle... putain ! Elle fantasme un truc que jamais elle aura, parce que ça se passera pas comme ça ! Je voudrais qu'elle reprenne son histoire, qu'elle fasse sa vie. Ce sera plus sain pour elle !
Je le comprenais, un peu. Dans le sens où ça l'emmerdait qu'Alice se fasse des films... Alice devait énormément en souffrir. Mais ça devait être difficile pour lui aussi, de savoir qu'il peut détruire une vie sans le vouloir !
- Et toi ? Tu ressens comment tout ça ?
- Tu te rends compte que cette gosse est amoureuse de moi ? Cette petite nana de rien du tout là... qui a un talent de malade, une ambition de dingue, et autant de sincérité dans ses yeux... Elle se fout en l'air pour moi !
- Ca te perturbe tant que ça ? Pourquoi tu ne le lui dis pas ?
- Ca reviendrait à l'envoyer se cogner la tête contre le mur !
L'éternel problème de mon demi-frère !
- Faut dire les choses tu sais... Mais tu sais quoi ? Je crois que t'es paumé. Alice, c'est la goutte d'eau. Elle représente l'imprévu, la passion, l'aventure. T'as toujours voulu ça mais t'as jamais voulu plaquer ton confort. T'es trop attaché aux souvenirs. Tu tiens à Maria ouais c'est sûr ! C'est ton premier amour, personne peut renier ça. Mais Alice est arrivée dans ta vie, elle ose des trucs que tu voudrais oser, toi ! Tu sais qu'avec Alice, tu ne prévois pas ce qui va arriver, tu vis dangeureusement et t'aimes ça au fond ! Maria t'offre du calme, de la tendresse, oui. C'est pratique parce que t'as aucune envie de quitter tes charentaises mon pote ! Mais dans le fond... Alice te renvoie tout ce que tu pourrais avoir, mais que t'oses pas attraper au vol. T'as 24 ans, t'as pas envie de vivre pépère toute ta vie dès maintenant... Tu veux pas ce mariage, Jasper.
- J'aime Maria !
Bien sûr qu'il l'aimait et qu'il l'avait aimé ! Il est probable qu'une part de lui-même l'aimera toujours. Mais plus de la même façon qu'avant. Tant qu'il s'accrocherait à l'idée qu'il peut redonner du doré à son couple, il se foutrait en l'air ! Mais Jasper était têtu et borné.
- T'essaies de convaincre qui, là ?
Je me relevais et lui tapotais l'épaule. Il suivait mon mouvement, sans enthousiasme. Il était paumé ! Et j'aurais pas aimé être à sa place... Pas du tout même !
Nous redescendions en bas et les autres semblaient s'impatienter. Jasper s'approchait de Carlisle et je voyais très clairement Alice se raidir contre Edward. Elle devait se sentir super mal, elle aussi ! Elle a du cran cette gamine ! Faut une bonne dose de courage pour tenter ça quand même !
- Ben alors mon gamin, tu étais où ?
- Ouais désolé... J'étais sur le toit, j'ai pas vu le temps passer !
- Merci pour la visite du site de tournage !
- De rien P'pa ! Merci d'être venu, ça m'a fait plaisir !
- On remontera avant la fin ! Tu descends le week-end prochain ?
Jasper embrassait Bella et ses yeux tombaient sur ceux d'Alice. Elle se mettait à rougir et détournait le regard.
- Ouais... Sûrement samedi dans la journée !
Il serrait la main d'Edward et s'approchait d'Alice. Cette dernière peinait à lâcher Edward. Jasper se penchait vers elle pour lui faire la bise.
- Rentre-bien...
- Merci...
Mon frère se tournait vers moi et me donnait une brève acolade. Je le connaissais, il allait ruminer un bon moment ! Il était comme Bella, quand quelque chose le contrariait. Il se renfermait.
- On s'appelle dans la semaine ?
- Ouais, pas de soucis vieille tige !
Il souriait et me tapait la tête.
- Crétin va !
Nous nous dirigions vers la voiture. Eric et ses fils étaient partis ce matin. J'observais Alice par le rétroviseur intérieur. Drôle d'histoire, quand même...
..::..
Point de vue d'Edward.
- Edward ? Tu as reçu une lettre du commissariat ! Ca doit être ta convocation !
Je descendais au salon pour voir Esmé. Elle me tendait une enveloppe.
- Merci !
Je l'ouvrais et en effet, c'était ma convocation pour l'expertise psychologique.
- C'est pour quand ?
- Le 3 juin à 10H30...
Le 3 juin... Y avait un truc qui cadrait pas... Y avait un truc à cette date... mais quoi ? C'était pas l'anniversaire de ma mère, ni celui d'Alice et encore moins celui de Bella...
- Esmé ?
- Oui ?
- C'est votre anniversaire le 3 juin ?
Esmé eut un large sourire alors qu'elle nourrissait Karlyne.
- Non mon chéri, pas du tout, pourquoi ?
- Non j'sais pas... La date me dit un truc...
- Ton anniversaire n'est que le 20 tu sais ? souriait-elle
Elle me chariait gentiment. J'adorais Esmé et elle savait très bien que j'étais tête en l'air quand je m'y mettais !
- Je sais !
Karlyne souriait, avec ses deux petites dents du bas qui avaient poussé. Elle me tendait les bras alors que je me servais un verre d'eau.
- Tu as conquis mes deux filles, je crois !
Je passais mon doigt dans la petite main écartée de cette petite chose qui serrait sa poigne.
- Areuhbaba !
- Karlyne ? C'est ici que ça se passe chérie !
La petite me fixait avec un large sourire et Esmé éclatait de rire.
- Je crois qu'elle est amoureuse !
Je ne pouvais retenir un rire. Elle était vraiment trop belle cette gosse ! Je me penchais pour déposer un petit baiser sur sa joue et elle eut un petit mouvement chatouilleux.
- Ca doit être la barbe qui pousse qui fait ça !
- Edward ?! Tu embrasses ma soeur dès que j'ai le dos tourné ?
Esmé enfournait une cuillère dans la bouche de Karlyne alors que Bella s'approchait, faussement fâchée.
- C'est ta soeur qui lui a fait de l'oeil !
Bella s'approchait de Karlyne et la chatouillait.
- Dis donc ! Il est à moi, petite coquine !
J'aimais observer Bella avec sa soeur. Elle ferait une très bonne maman !
- Bella, tu vas pouvoir aider Edward dans ses trous de mémoire. Il y a quoi le 3 juin ?
- Le 3 juin ? Pourquoi ?
- J'ai reçu ma convocation pour l'expertise psychologique.
Elle attrapait le papier et lisait, écarquillant ses yeux.
- Mais Edward ! On a une épreuve du bac ce jour-là ! De 8h à 12h !
OH PUTAIN !
- Appelle le commissariat tout de suite ! Attends... On va d'abord appeler Philip !
Philip, c'était mon avocat. On l'avait rencontré lundi dans la soirée, il était venu dîner chez les Cullen. Il m'avait fait forte impression ! Costard cravate, attitude sûre de lui et énormément de charisme... le genre de mec tu te fais tout petit à côté ! Il avait déjà aidé Esmé à l'époque contre Aro et avait réussi à le faire condamner. Carlisle avait toute confiance en lui et moi aussi.
Je composais son numéro et tombais sur sa secrétaire.
«Bureau de Maître Junsberg !»
- Bonjour... Edward Masen... Je pourrais parler à Maître Junsberg ?
«Un instant je vous prie!»
Je patientais jusqu'à entendre l'avocat.
«Bonjour Edward ! J'allais vous appeler. J'ai reçu un exemplaire de votre convocation. Je serai présent, évidemment !»
- En fait... J'ai juste un souci par rapport à ça !
«Lequel ? S'il s'agit de votre beau-père, je vais demander à ce que la première séance de l'expertise ne se déroule qu'en la présence de son avocat...»
Ca me soulageait de savoir ça. Plus j'y pensais, et plus ça m'énervait que Marcus soit là pour ça !
- En fait... Le 3 juin ça tombe pendant ma période de bac...
«Ah ! Zut, c'est problématique ! Ecoutez, je vais appeler le commissariat et je vous tiens au courant !»
- Merci !
Je raccrochais. Esmé et Bella attendaient.
- Il va appeler le commissariat et me rappeler...
Ca m'énervait ça ! Putain, fallait toujours que y ait une couille dans le potage sérieux ! Je détestais Marcus ! Sans lui, on en serait pas là !
- Je vais me doucher en attendant !
- D'accord Edward... Je répondrai, ne t'inquiète pas !
- Merci Esmé !
J'embrassais Bella sur la joue et montais à l'étage. Putain ! En plein milieu du bac ! Fait chier merde ! Je filais dans la salle de bains et me déshabillais pour rentrer dans la cabine de douche. J'étais pas sous le jet que la porte s'ouvrait et se refermait sur Bella. Je la voyais se déshabiller et j'eus envie d'elle, presque instantanément. Elle fermait le verrou et se faufilait dans le petit espace avec moi, un léger sourire aux lèvres.
- J'ai besoin d'une douche moi aussi...
Ouh la jolie menteuse !
- T'en as pris une ce matin avant d'aller au lycée !
Elle enroulait ses bras autour de ma taille, déposant un baiser humide à la base de mon cou et un autre sur mon épaule. Ca en devenait terriblement frissonnant... Je fermais les yeux, sentant son corps se presser contre le mien sous l'eau du jet. Son ventre heurtait mon désir pour elle et... putain que c'est bon !
- J'ai été faire du shopping avec Alice je te signale... Ca m'a épuisé tu sais...
Elle cajolait mon torse, mutine et sa langue léchait l'eau qui ruisselait.
- Elle va comment, A... Alice ?
- Elle n'en a pas parlé... Je crois qu'elle veut oublier...
Sa main descendait sur mon ventre pour venir se poser sur mon sexe qui durcissait entre ses doigts. Elle entamait un lent mouvement de va-et-vient sur toute la longueur alors que je prenais ses lèvres. Nos langues bataillaient fermement et elle accélérait sa masturbation sur moi alors que je caressais ses fesses.
- J'ai envie qu'on fasse l'amour...
- Tu me tueras, Bella...
Moi aussi j'en crevais d'envie ! Plus que tout ! Je la soulevais et la plaquais contre le carrelage froid. Elle retenait un petit cri et je la pénétrais sans plus de ménagements. Nous laissions échapper des gémissements de plaisir alors que je la sentais tout autour de moi, si humide et si douce... Sa tête partait vers l'arrière alors que je m'immisçais plus en elle. Elle aggrippait mes cheveux et je suçotais son cou, dont l'odeur était renforcée par l'eau tombant sur nous. Elle était si belle, les cheveux mouillés et la bouche entrouverte, se laissant aller.
- Tu es belle, mon Amour... Je t'aime !
Ses doigts se resserraient dans mes cheveux et elle gémissait, plantant son regard dans le mien. Nos lèvres s'accrochaient brièvement, saccadées par les pénétrations successives.
- Redis-le moi !
- Je t... t'aime... Oui, Bella !
Ses parois se refermaient autour de moi.
- Edward ! Encoore !
- Je t'aime !
Je mettais un coup de rein brutal, sentant mes muscles se tendre. Je n'obéissais plus qu'à mon plaisir d'être en elle. Je voulais son bonheur et je voulais le mien ! Elle se crispait contre moi et je me retirais d'elle, la reposant au sol.
- Edward ?!
Je m'agenouillais et embrassais ses cuisses, remontant vers sa féminité imprégnée de désir. Je passais ma langue sur sa fente et elle criait.
- Oh ouii ! Edward ! OUI !
Je titillais de petits cercles son clitoris. La tension était insupportable et je passais ma main sur mon plaisir tendu à l'extrême, me caressant pour alléger l'instant. Je ne pus retenir un grognement contre l'intimité de Bella... Elle explosait en très peu de temps, alors que ma main libre caressait son sexe avec ferveur. Mon désir me tiraillait et de la voir si belle et abandonnée me fit venir à mon tour. Je réfrénais un cri de bonheur alors que le corps de Bella se détendait progressivement. Nos respirations se faisaient affolées et je me redressais contre le corps de ma compagne. Elle s'emparait de mes lèvres, se collant à moi. Je la serrais contre moi, savourant sa présence. Elle agissait sur moi, comme le plus doux des apaisants. Sans elle, j'aurais pété un plomb depuis des mois !
Nos langues se caressaient et nous échangions quelques douces caresses. J'aimais la douceur satinée de sa peau... Nous nous lavions mutuellement avec tendresse, sans un mot, mais avec un tas de sourires et de baisers volés. Je passais une serviette sur ma taille et enroulais Bella dans son peignoire. Elle se relevait les cheveux avec une pince et j'en profitais pour l'embrasser dans le cou. De belles rougeurs parcouraient son visage et elle se tournait vers moi, attrapant mes mains.
- T'as envie qu'on aille dans la cabane ?
Je ne pus retenir un large sourire. Bien sûr ! Evidemment qu'on allait y aller !
- Evidemment, Bella !
- Alors habille-toi ! Je veux pas que tu te balades à moitié à poils devant ma propre petite soeur qui semble baver devant toi !
J'éclatais de rire alors qu'elle me balançait mes affaires dans un clin d'oeil et partait dans sa chambre.
*
En bas, Esmé était au téléphone. Elle nous fit signe de venir. C'était sans doute mon avocat !
- Je vous le passe... Tiens Edward, c'est Philip !
J'attrapais le combiné.
- Oui Maître ?
«Je viens d'avoir le commissariat. J'ai appelé je suis tombé sur l'Inspecteur Gerandy. Il refuse de reculer l'entretien ou de l'avancer. J'ai appelé le procureur mais il n'a rien voulu entendre non plus ! Sam Uley aurait été plus conciliant mais malheureusement, ce n'est pas lui qui décide. Je me suis donc permis d'appeler votre proviseur ainsi que le président de l'Académie. Vous serez donc directement admis sur les listes pour le rattrapage de cette épreuve.»
Putain !
- Il n'y a vraiment rien à faire ?
«J'ai appelé partout. Malheureusement, on ne peut décaler le bac et Gerandy et le procureur sont fermes à ce sujet ! Je suis désolé.»
- Bon... Merci...
«Je serai là en tout cas. Tu auras un justificatif s'il y a un quelconque problème ! Je suis navré, bonne soirée, Edward !»
- Merci... Bonne soirée.
Je raccrochais le téléphone et soupirais. Carlisle rentrait et Esmé lui racontait ce qui venait de se passer.
- Ils veulent pas décaler l'expertise ! Gerandy et le procureur s'en foutent apparemment !
Carlisle soufflait bruyamment. Esmé passait sa main autour de sa taille alors que Bella me prenait la main.
- Il a pas changé... Toujours aussi idiot ! soupirait-elle.
- Je te jure Esmé que ce type ne s'en sortira pas comme ça !
- Calme-toi ! Si tu fais quelque chose maintenant, ça retombera sur Edward...
Ces mots me tordaient le ventre. Gerandy ne m'aimait pas. Carlisle n'aimait pas Gerandy. Il entrait toujours dans une espèce de colère noire quand il parlait de lui... Carlisle levait les bras et les faisait retomber contre ses flancs, dans un bruit en soupirant.
- Alors faut faire quoi ? Continuer d'accepter ses méthodes totalement amorales ?
Esmé soupirait et se tournait vers nous.
- Si vous alliez vous promener les enfants ?
Sans insister, Bella m'entraînait dans le jardin jusqu'à notre cabane. J'y grimpais après elle et m'installais sur le matelas. Elle se blotissait contre moi et nous regardions le soleil tomber lentement sur la ville.
- Tout n'est pas perdu, Edward... Tu iras au rattrapage pour cette épreuve !
- Ca va être un sacré bordel ce truc ! Je le sens pas Bella... Je le sens vraiment pas !
Et c'était vrai ! Ca commençait à me faire flipper ! Tous les profs redoublaient d'efforts pour nous briefer à l'approche des examens, devoirs sur table, fiches à réaliser et à montrer... examens blancs... Et cette convocation qui tombait pile au mauvais moment ! J'avais accumulé énormément de retard, que je peinais à rattraper. Tout s'entassait.
Ma petite-amie se redressait contre moi et passait ses bras autour de ma nuque alors que j'entourais sa taille.
- Tout ira bien, Edward ! Tu as eu un bulletin scolaire excellent sur pratiquement toute l'année... Ais confiance en toi, tout ira bien ! Tu sais des choses, tu peux le faire !
J'avais surtout peur de ne pas savoir tout gérer !
- Et si l'un empiète sur l'autre ? Qu'est-ce que je vais faire, moi ?
Ses yeux chocolat plongeaient dans les miens.
- Tu as peur de l'expertise ?
- Un peu... Revoir Marcus... Tu sais, je sais pas si je pourrai tenir et tout ça... c'est idiot mais... j'ai craqué une fois et là... je sais pas comment ça va se passer...
Bella m'écoutait, sans jamais me juger.
- Ca ira, Edward... C'est normal que ça t'angoisse. Mais tu dois être plus fort que lui. Tu n'es pas tout seul, on sera tous là. Dès que j'aurai terminé mon épreuve, je viendrai t'attendre et je serai là quand tu sortiras. T'es pas tout seul et tu ne le seras jamais plus !
J'aurais aimé avoir tant de confiance en moi qu'elle en avait à mon sujet. J'appuyais mes lèvres contre les siennes et posais ma tête dans le creux de son cou. Elle embrassait mon front en silence et caressais mes cheveux à la base de ma nuque, avec tant de douceurs.
Elle était là et c'était tout ce qui comptait. J'allais devoir être fort et occulter toutes les contrariétés. Mais il en allait de l'issue de toute cette histoire, et de notre avenir ensemble. Rien que pour ça, je devais me forcer !
