Hello everybody les p'tits poulets !

C'est encore moi !

Un milliard de milliard de remerciements pour toutes ces reviews !

Vous êtes toutes géniales ! Je le pense sincèrement,

tous ces messages me touchent vraiment et je prends beaucoup de bonheur

à les lire un par un =)

Merci !

Voilà le nouveau chapitre avec un peu d'avance !

J'étais inspirée que voulez-vous !

Pour celles qui suivent, le prochain O.S du Hasard c'est lundi !

Et le prochain chapitre de Jardin Secret c'est dans la nuit de mardi

à mercredi !

Prenez soin de vous,

bonne fin de semaine !

Je vous embrasse,

Tiftouff19.

Point de vue de Bella.

1h30 du matin et nous étions encore entrain de réviser. J'en pouvais plus. J'avais la tête pleine des théories de Freud, Pascal, et autres imbéciles grecs qui avaient passé leur vie à méditer, rien que pour nous faire chier ! Je regardais Edward, qui s'endormait sur ses exercices supplémentaires de stats. On avait entamé une semaine de révisions et dans six jours, les épreuves du bac commenceraient. Edward révisait plus que moi, anticipant déjà le rattrapage qu'il allait devoir subir. Je fermais mon livre alors que le stylo tombait des mains d'Edward. Il avait la tête appuyée contre son bras et ronflait légèrement. Terminé pour ce soir !

- Edward...

Il grognait et sursautait, regardant tout autour de lui, perdu.

- Quoi ?

- Viens... On va se coucher...

Il regardait sa feuille.

- J'ai pas fini... soupirait-il

- Viens, laisse tomber ! Tu t'es endormi ! On va se coucher...

J'attrapais sa main et nous montions à l'étage. Je me dirigeais directement vers mon lit, me déshabillant pour mettre ma nuisette. Edward filait à la salle de bains et revenait en caleçon. Il s'allongeait près de moi et je me glissais dans ses bras, comme chaque soir. Il embrassait mon front.

- T'as pu bosser ta philo ?

- Ouais, mais j'ai la tête qui va exploser... Et toi ? A part avoir dormi, t'as fait quoi ? souriais-je

- Hey ! J'ai pas tant dormi !

- Non... T'as somnolé toute la soirée !

- T'es une vilaine, tu le sais ça ?

Je ne retenais pas mon rire et il me tournait le dos, joueur.

- Je te boude !

Je me redressais sur un coude, amusée.

- Vraiment ?

- Oui chef ! Affirmatif ! Je te boude ! Je veux plus te voir !

- Hum... Ca va être problématique, ça !

- Tant pis pour toi ! Fallait y penser avant Mademoiselle-Maline-Cullen !

Je pouvais sentir le sourire dans sa voix et je posais ma main sur sa cuisse avant de remonter lentement vers son caleçon, le caressant de petits cercles.

- T'es poilu des jambes quand même !

Edward éclatait de rire.

- Tu le remarques que maintenant, toi ? Tu veux que je m'épile à la cire, c'est ça ?

Il se retournait sur le dos et je m'installais à califourchon sur ses cuisses.

- Ca pourrait être drôle !

Il eut une grimace nerveuse et passait son index sur ma joue et mes lèvres.

- T'as un drôle de sens de l'humour, Bella !

Je m'étirais de tout mon long sans réprimer un sourire, m'allongeant sur son torse pour l'embrasser.

- Moui... Mais c'est pour ça que tu m'aimes !

Ses mains se posaient sur mes cuisses avant de se caler contre mes reins. Nous échangions un long baiser langoureux et je m'installais totalement sur lui, étendant mes jambes contre les siennes. Je logeais ma tête dans son cou et inspirais son odeur alors qu'il caressait mes cheveux et embrassait mon front. J'aimais vraiment être dans ses bras, il était si tendre et doux... Il ferait un bon papa plus tard, plein d'amour et de délicatesse...

- Bonne nuit, Bébé !

- Bonne nuit, Edward ! Je t'aime...

Je sentais son souffle balayer mon visage et il embrassait mon nez, ses doigts jouant sur ma nuque. Je m'endormais si facilement contre lui, sans besoin de musique ni de rien d'autre...

- Je t'aime aussi mon Amour...

Il resserrait ses bras autour de moi et je me laissais aller dans son étreinte.

- Bella ? Edward ? Je peux rentrer ?

Je sursautais, cherchant mon réveil des yeux. 11h20. On avait bien dormi ! Je sentais un poids sur mon ventre et trouvais Edward, sa tête appuyée sur mon estomac, ses bras autour de ma taille, un léger sourire sur le visage, le drap du lit lui arrivant au ventre. Il bougeait toujours beaucoup la nuit ! Je passais ma main dans ses cheveux, atendrie par cette vision. Un nouveau coup sur la porte retenait mon attention.

- Oui ?

- Vous êtes réveillés ? Je peux entrer ?

- Vas-y Maman !

Esmé ouvrait la porte alors que je repositionnais correctement ma nuisette. Ma mère souriait et s'approchait sur la pointe des pieds. Elle regardait Edward, toujours dans les bras de Morphée.

- Il dort bien...

- Ouais... On s'est couchés tard, on a révisé jusqu'à une heure du matin ! murmurais-je en fixant mon compagnon et en continuant à jouer avec ses cheveux.

- Elisabeth est en bas...

Ca m'étonnait un peu. Ils s'appelaient une fois par semaine, mais ne se voyaient que peu.

- Je vais le réveiller...

- Je vais lui proposer de rester déjeuner, elle a une séance de radiothérapie cet après-midi...

Edward grognait et bougeait un peu, sans se réveiller.

- Ok... Laisse-nous disons... deux bonnes heures, le temps qu'il émerge !

Nous retenions difficilement un rire et ma mère retournait en bas. Opération suicide : réveiller Edward !

Je passais ma main dans ses cheveux et le secouais légèrement.

- Edward ?

Tout ce que j'obtins fut un grognement. Il bougeait un peu, remontant la couette et enfouissant son visage contre ma jambe.

- Edward... Ta maman est là...

Je lui chatouillais le bout du nez et il eut un mouvement brutal avec son bras, comme s'il cherchait à écraser une mouche. J'éclatais de rire. Il ouvrait les yeux et tournait sa tête vers moi.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Je te réveille... souriais-je

Il grognait et recouvrait sa tête avec la couette.

- Pourquoi tu es si cruelle, Bella ? Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ?

J'éclatais de rire et lui enlevais la couverture.

- Ta mère est là, elle va manger avec nous !

Il se tournait sur le dos et me fixait.

- C'est vrai ? Mais il est quelle heure ?

- 11h30 ! Elle a une séance de radiothérapie cet après-midi !

Edward se mettait à genoux sur le matelas et se tournait vers moi pour m'embrasser.

- Bonjour quand même !

J'encadrais son visage pour prolonger le baiser, et caresser ses lèvres de ma langue. Il m'accordait l'entrée de sa bouche et nos langues se rencontrèrent lentement et sensuellement. Il emprisonnait la mienne entre ses lèvres pour la sucer et déjà, je sentais des décharges me parcourir jusqu'à mon intimité. Je ne pouvais empêcher un gémissement de m'échapper et il me pressait contre lui fermement. Il relâchait ma langue et sa bouche glissait sur mon cou. J'empoignais ses cheveux, ne sachant pas très bien si je tenais à ce qu'il arrête, ou si je voulais qu'il continue...

Un cri de ma petite soeur en bas me ramenait à l'instant présent.

- Edward... Ta mère t'attend...

Il soupirait et déposait un dernier baiser sur ma clavicule. Nous nous habillons rapidement, alors que je peinais à retrouver un rythme cardiaque normal. Main dans la main, nous descendions en bas. Wow ! Il lui était arrivé quoi à Elisabeth ? Elle avait un bleu sur le côté de l'oeil.

- Maman ! Qu'est-ce qui s'est passé ?

- C'est rien chéri... je suis tombée !

Edward s'agenouillait devant le canapé pour la regarder. Mais elle fuyait son regard. Je voyais Esmé qui s'affairait dans la cuisine à préparer des rafraichissements. Elle croisait mon attention et me fit signe de la rejoindre.

- T'as vu le cocard qu'elle a ? Elle t'a dit quoi ?

- Qu'elle était tombée et s'était cognée contre un meuble...

C'était bizarre quand même... Et à voir la tête de ma mère, elle trouvait ça aussi pas normal.

- Vous restez déjeuner avec nous, Elisabeth ?

- Oh je veux pas vous embêter... Je suis juste passée pour amener quelques affaires supplémentaires à Edward...

- Restez avec nous, ça fera plaisir à votre fils !

La mère et le fils se regardaient, en souriant. Edward adorait sa mère et je savais que même s'il se sentait bien chez nous, rien ne remplacerait Elisabeth.

- C'est d'accord...

Rosalie était venue déjeuner aussi. On pouvait commencer à deviner un petit renflement sous son nombril.

- Bella, j'ai ma première échographie le 3 juin à 16h20. Tu voudras m'accompagner si t'as terminé ton épreuve ?

OH YES !

- Evidemment ! T'as de ces questions, toi ! Mais Emmett, il vient pas ?

- Si, bien sûr ! Mais j'aimerais que tu sois là aussi !

- Vous êtes enceinte, Rosalie ? demandait Elisabeth avec un sourire bienveillant.

Ma soeur plaçait sa main sur son ventre. Elle touchait du doigt son rêve, je le savais !

- Oui... De trois mois pratiquement.

- L'accouchement est prévu pour quand ?

- Mi-novembre...

- Toutes mes félicitations ! Vous devez être contente d'être grand-mère, Esmé !

Ma mère souriait.

- J'en suis enchantée ! Même si je me fais un peu de soucis...

- A cause de quoi ?

- D'Emmett ! Je ne sais pas si ça sera facile pour toi Rose d'être à charge de deux enfants en même temps !

Nous éclations de rire tandis que ma soeur soupirait en souriant.

- Il grandira en même temps que le bébé !

- Ce n'est pas le 3 ton audience, Edward ?

- Si Maman... A 10H30 !

- J'ai reçu une convocation la veille pour 16h aussi...

Edward la regardait, visiblement étonné.

- Tu dois y aller toi aussi ?

Elisabeth acquiessait.

- Ca tombait en même temps qu'une séance de radiothérapie. Carlisle a décalé l'examen et c'est là que j'ai su que toi, ça tombait en même temps que le bac... Comment tu vas faire ?

- Aller au rattrapage ! J'ai pas le choix de toute façon !

- Tu y arriveras... Tu es intelligent ! Tu as commencé à faire les inscriptions pour les Universités ?

- Ils ont distribué les formulaires au lycée, j'ai envoyé quelques candidatures mais bon après... Et je savais très bien ce qu'il voulait dire : après, Marcus et lui se sont battus et tout s'est enrayé !

- Tu as postulé où ?

- Je sais plus... En Alaska, à Washington aussi et en Californie...

- Et vous, Bella ?

- Pareil !

- Oh... D'accord... C'est bien, vous allez peut-être être admis ensemble alors...

- C'était le but, Maman !

Sous la table, Edward attrapait ma main et je la serrais fortement. On espérait pouvoir être dans les mêmes universités et s'installer comme «colocataires» dans un appartement !

- Il faudra faire des demandes sur les campus... et envisager des appartements peut-être !

- Oui Maman... T'inquiète pas... On s'en occupe...

Elisabeth eut un sourire timide et attendri.

- J'ai oublié que tu as grandi si vite... Pardon !

Edward lui souriait et se levait de table. Je l'aidais à débarrasser. Alice m'envoyait un texto.

«Angela et Ben viennent réviser l'histoire chez moi,

ça vous dit de venir aussi ? «

Alice essayait d'avancer. Elle n'avait plus reparlé de Jasper depuis «l'incident« et elle se mettait en colère si on avait le malheur d'y faire allusion... Elle essayait de vivre, d'oublier. Quant à Jasper, nous n'avions pas eu de nouvelles, à part Emmett qui nous certifiait qu'il bossait beaucoup. Edward acceptait sa proposition et je lui répondais qu'on arrivait.

- Maman, Alice nous a dit de passer réviser chez elle. On reviendra pour dîner !

Nous embrassions Elisabeth et prenions ma volvo pour aller jusqu'à chez elle.

..::..

Point de vue d'Esmé.

- Un café, Elisabeth ?

- Volontiers...

- Rosalie, je te sers quelque chose ?

- Non merci t'es gentille, je vais y aller, je dois réouvrir le garage, Jared est malade !

Elle se donnait trop dans son métier !

- Prends soin de toi quand même !

Je ne pouvais m'empêcher de m'inquiéter pour elle. Je n'étais pas sa mère mais je l'avais connu, elle avait à peine trois ans ! Je l'avais élevé comme j'ai élevé mes propres filles ! Elle m'embrassait sur la joue.
- Tu t'inquiètes trop, Esmé !

Elle saluait Elisabeth et attrapait sa veste en jeans pour partir. J'amenais nos cafés sur la table. J'étais contente de pouvoir parler à Elisabeth, seule à seule. Son histoire de chute, je n'y croyais que peu... Mais j'avais peur d'entendre la vérité ! Je n'avais que trop bien connu les coups d'Aro... Combien de fois avais-je dit à mes amies que j'étais «tombée contre un meuble» ? Des dizaines, probablement !

- On les couve trop et on ne réalise pas qu'ils grandissent... souriait Elisabeth.

- Je suis tout à fait d'accord avec vous !

- Encore vous, vous avez Karlyne à vous occuper...

- Oui c'est certain, mais vous savez, on a beau en avoir un seul ou cinq dans une maison, chaque départ est une déchirure. J'ai pris une claque quand Jasper a quitté la maison pour s'installer à Los Angeles, même si ce n'est pas mon fils et malgré qu'il y avait encore Emmett, Rosalie et Bella ici. Quand mon fils et ma belle-fille sont partis, ça m'a fait pareil. Et là, malgré qu'il y ait encore Karlyne, savoir que Bella va quitter elle aussi la maison... ça me fait quelque chose !

- Je n'ai eu qu'Edward... Ca me fait bizarre... Ce n'est plus vraiment mon petit garçon...

- On ne les voit pas grandir et devenir adultes, jusqu'à ce qu'ils partent !

- Je suis sincèrement heureuse qu'il soit avec votre fille. Il ne pouvait pas tomber mieux ! Comment je pourrais vous remercier d'avoir pris soin de lui ?

Elle était sincère ! Elle aimait son fils par dessus tout !

- Ne vous inquiétez pas pour ça... Il rend Bella heureuse, ça nous suffit ! Si vous voulez nous remercier, il faudra juste faire tout ce qu'il faut pour qu'ils puissent avoir la vie qu'ils veulent tous les deux...

- Il va falloir leur chercher un appartement, je suppose ?

J'acquiessais.

- S'ils sont admis en Californie, notre fils Jasper les hébergera. Il a une maison là-bas.

- Il ne faudrait pas que ça l'embête...

- Ne vous en faites pas ! Il adore Bella et puis la plupart du temps, il vadrouille, il n'est pas vraiment chez lui. Il n'y aura que sa future femme, Maria. Mais ils auront leur intimité ! Il a deux chambres. Ce ne sera pas un souci pour lui !

- Vous êtes des parents formidables avec Carlisle... Tellement conciliants... Vous avez laissé le petit-ami de votre fille venir chez vous... Vous l'avez accueilli à bras ouverts... Quand je vous vois, vous, faire tout ça... alors que je n'ai pas été capable de...

Elle éclatait en sanglots. Je ressentais comme un pincement au coeur. Elisabeth n'était pas une mauvaise mère, mais elle ne se pardonnerait jamais tout ce qui s'était passé !

Je posais ma main sur son bras.

- Elisabeth. Puis-je vous poser une question ?

Je lui tendais un mouchoir et elle acquiessait.

- Bien sûr...

- Ce cocard... Vous n'êtes pas tombée, n'est-ce pas ?

Ses yeux se fixaient aux miens et je savais que j'avais fait mouche. J'avais connu la situation, et la peur d'avouer...

- Qu'est-ce que vous vous imaginez, Esmé ?

- Et bien... Avec Marcus... Je vais être franche, il a déjà battu Edward, rien ne m'étonnerait venant de votre ex-époux... et votre demande de divorce... J'ai été battu vous savez. Et cette excuse de la chute, je l'ai sorti bien des fois...

- Ne le dites pas à Edward... il a... ça va le mettre dans une rage folle...

- Elisabeth ! Vous devez aller voir la police ! J'ai tardé à y aller, jusqu'à ce qu'Aro s'en prenne à Emmett !

- Ne dites rien à Edward... Je vous en prie !

- Si vous me promettez d'en parler à quelqu'un ! Que s'est-il passé, exactement ?

Elle inspirait et sa voix tremblait.

- Hier soir... Marcus était censé quitter la maison hier matin et après avoir été aider le Pasteur Webber je suis rentrée chez moi. Marcus était encore là lorsque je suis rentrée. Il m'a dit de ne pas... qu'il ne signerait pas les papiers du divorce... qu'il n'irait pas voir l'avocat... Je lui ai dis que ce qu'il avait fait à Edward... pour moi... ça ne méritait aucune seconde chance... J'ai été pathétique pendant dix ans et aveugle, mais lui... mais mon fils... je ne veux plus qu'il souffre de la bêtise de sa mère ! J'ai été ferme. Il a commencé à hurler toutes ces choses... que j'avais gâché sa vie, qu'Edward n'était qu'un monstre... Il m'a poussé contre le mur quand je lui ai dis que j'allais appeler la police... quand j'ai attrapé le téléphone, il m'a giflé !

Je me revoyais vingt ans en arrière, quand Aro m'effrayait avec ses baffes. Parfois encore, il me semblait entendre le claquement et la douleur cuisante sur ma joue et ses coups sur mon corps...

- Je comprends, Elisabeth. Je vous crois. Mais vous ne devez plus lui laisser quoi que ce soit ! Faites changer les serrures immédiatement de chez vous et en attendant, allez ailleurs. Cet homme est fou, Elisabeth !

Elle me fixait, ses yeux brillants de larmes.

- Je n'aurais jamais dû le faire entrer chez moi il y a dix ans...

- Cessez de culpabiliser. Si vous portez plainte, non seulement vous vous débarrasserez de lui mais en plus, vous aiderez Edward. Vous êtes la «solution» si je puis dire... J'ai trop attendu. Aro a frappé mon fils et lui a brisé le bras alors qu'il n'avait que cinq ans ! Il faut aller à la police dès que possible... Vous me le promettez ?

Je voulais avoir sa promesse. Je voulais ne pas la laisser partir tant qu'elle ne me jurerait pas qu'elle ferait ce qu'elle avait à faire ! J'aurais aimé à l'époque que quelqu'un me secoue. Malheureusement, j'étais jeune et isolée. Carlisle avait été là et je lui devais tout !

- On vous aidera, Elisabeth. Je vous accompagnerai s'il le faut ! Mon époux aussi ! Nous sommes tous avec vous...

Je sentais qu'elle hésitait. Elle devait probablement avoir ce sentiment qu'elle devrait absolument nous le rendre après, mais c'était faux ! Et archi-faux ! Soudain, une idée me vint.

- Si vous voulez... je pense même qu'Eric accepterait de vous y suivre...

Sa bouche s'arrondissait en un «O» et je sus que j'avais touché la corde sensible. Ils se plaisaient tous les deux... ça ne faisait aucun doute là-dessus ! Elle eut un léger rougissement, comme ceux que Bella a lorsqu'elle croise le regard d'Edward.

- Est-ce que cet argument sera suffisant pour vous convaincre ? souriais-je

- Esmé...

- Non non non ! Ne dites rien ! Entre nous soit dit, il est très séduisant pour son âge ! Il a de très beaux yeux bleus !

- Je ne vous le fais pas dire...

A son sourire, je savais que c'était gagné.

..::..

Point de vue de Carlisle.

- Tu en es toujours au même niveau avec Mr Brown ?

- J'ai essayé de lui parler, il veut rien entendre. Je lui ai expliqué qu'être hypocondriaque se soignait mais il est persuadé qu'il a vraiment un cancer ! Il est dans une phase d'asthénie ! Ca va virer à la névrose s'il continue !

- Têtu ! Je croyais que notre grand diplomate Eric allait y arriver !

- Faut croire que mon don de persuasion est en chute libre ! Ou alors, que je n'ai pas autant d'influence sur les hommes que sur les femmes !

- Mais Elisabeth par exemple...

- Carlisle ! Ca ne regarde personne d'autre !

- Je sais, je plaisante ! Prends soin d'elle...

- On en est pas encore là ! Je l'apprécie sincèrement, elle est généreuse et altruiste, dévouée aussi...

- Tu lui as proposé le café ?

- Je voulais d'abord le consentement d'Edward ! J'ai eu deux ados à la maison, je sais comment ça réagit ! C'est pire pour lui j'imagine avec ce qu'il a vécu ! Je veux m'assurer qu'il soit d'accord avec tout ce qui se passera...

- C'est sincèrement bien ce que tu fais là ! Edward a besoin de confiance !

- Je sais ! Je ne veux pas me le mettre à dos !

Je consultais ma montre.

- On va aller retrouver l'élue de ton coeur !

- T'as toujours exagéré, Carlisle !

Nous nous dirigions vers la salle d'attente pour aller chercher Elisabeth. J'eus la surprise de la trouver avec Esmé... ET UN BLEU ?! Un mauvais pressentiment me courrait dans la colonne vertébrale. Et au regard de ma femme, ce ne fut que renforcé. Eric me regardait et s'avançait vivement vers Elisabeth.

- Qu'est-ce qu'il vous est arrivé ?

- Carlisle, nous allons avoir besoin d'un certificat médical... Elisabeth va aller porter plainte !

- C'est Voltero qui vous a fait ça ?

La mère d'Edward acquiessait sobrement, Esmé lui pressant l'épaule. Je ne quittais pas ma femme des yeux. L'histoire se répétait ! Je m'agenouillais devant Elisabeth pour regarder sa blessure.

- Ca n'a pas l'air très profond ! Il faut que vous alliez porter plainte !

Eric me rejoignait, s'agenouillant aussi, attrapant la main d'Elisabeth.

- On la soigne d'abord, Carlisle ! Il faut d'abord inspecter la coupure. Vous l'avez désinfecté ?

- Oui... Avec de la bétadine...

- Venez, je vais vous soigner et faire établir un certificat médical ! Vous irez au commissariat après, je vous y emmènerai !

Eric se redressait et soutenait Elisabeth jusqu'au couloir des box des urgences. C'était incroyable ! Incroyable que cet espèce d'enfoiré soit encore en liberté !

- C'est Voltero, hein ?

Esmé acquiessait et soupirait. Je savais qu'elle était très touchée par toutes les histoires de ces femmes qui prenaient des coups.

- Comment tu te sens ?

- J'ai eu peur qu'elle ne veuille rien dire ! Je l'ai invité à déjeuner et quand les enfants sont partis, elle m'a avoué ce qui s'était passé !

- Edward n'est pas au courant ?

- Elle lui a dit qu'elle était tombée...

- Il sera au courant, si elle porte plainte !

- Ca va être difficile pour lui. Il faudra veiller qu'il ne fasse pas de bêtises... Je vais appeler Bella, elle arrivera à le canalyser...

- Attends Esmé... Laisse-les réviser pour l'instant... Ils l'apprendront bien assez tôt !

- D'accord...

..::..

Point de vue d'Eric.

Je prenais un coton imbibé de désinfectant et l'appliquais sur la plaie d'Elisabeth. Elle grimaçait un peu.

- Vous n'avez pas besoin de points. Je vais poser un simple pansement. Vous passerez une crème sur votre contusion et changerez le pansement deux fois par jour. Vous avez de quoi vous soigner chez vous ?

- Oui... Ne vous en faites pas !

J'appliquais le pansement en tapotant pour m'assurer qu'il tienne. J'attrapais une feuille d'ordonnance pour faire état des blessures constatées.

- Vous allez voir... Tout ira bien ! On va vous accompagner !

- Merci, Eric !

Je ne pouvais m'empêcher de fixer ses yeux marrons. Jamais une femme ne devrait traverser tout ça ! Jamais ! Ce Voltero était inhumain ! S'en prendre à son épouse, malade, était une chose ignoble. Et rabaisser sans cesse un enfant aussi ! Je voulais sincèrement l'aider à s'en sortir. Son histoire me touchait au plus haut point. Dès que je l'avais rencontré, je m'étais senti happé par sa sincérité et la douleur évidente qu'elle ressentait de voir son propre fils aussi malheureux.

- Et voilà ! Un visage tout neuf, enfin presque !

Elle m'adressait un pâle sourire et touchait le pansement.

- On va aller au commissariat maintenant ! Je vais prendre ma demie-journée et je vais vous accompagner ! Il vous faudra aussi l'annoncer à votre fils !

Elle attrapait ma main, la serrant fortement.

- Pas Edward... Il va devenir fou... Je le connais, il va aller chercher Marcus et...

Je posais ma main sur la sienne. Je ne connaissais que peu Edward, mais il était certain qu'il ne laisserait rien passer à Marcus ! Si j'étais honnête, je serais parti avec lui pour chercher ce type et le faire payer ! Mais je devais d'abord tenter de calmer les choses. S'emporter maintenant serait une mauvaise idée !

- Ne vous en faites pas, Elisabeth ! Nous serons tous là au moment de le lui dire et on veillera à ce qu'il ne fasse rien d'inconsidéré ! Votre fils est intelligent et je suis certain que si nous lui expliquons pourquoi faire justice lui-même ne serait pas une bonne option, il nous écoutera !

Une larme roulait sur le visage de ma patiente.

- Pourquoi toutes ces choses arrivent, Eric ?

J'attrapais le tabouret pour m'asseoir face à elle. Elle tremblait.

- Je ne sais pas. Si je le savais, j'empêcherais que ça se passe ainsi. Marcus n'est pas quelqu'un de normal. Il a un très gros problème ! Il doit se faire soigner, et ça n'est que mon humble avis !

Elle ne me regardait pas, fixant un point derrière mon épaule.

- Il y a tellement d'hommes sur terre... Il a fallu que je tombe sur lui, qui n'a jamais su être ce que j'aurais espéré !

Elle était nostalgique. Depuis que nous l'avions admise à l'hôpital pour son cancer, elle m'avait énormément parlé de son ancien époux. Elle n'avait pas fait ce deuil en elle, et elle ne le ferait probablement jamais.

- Elisabeth, écoutez-moi. Vous avez espéré quelqu'un qui puisse être une sorte de «copie» de votre premier mari. Il a été pour vous probablement la personne la plus importante dans votre existence...

- Il a été toute... toute ma vie ! hoquetait-elle.

Aurais-je pu l'en blâmer de l'avoir aimé si fort ? Sûrement pas ! Aimer est la plus belle chose au monde. Ceux qui n'ont jamais vécu ça, n'ont rien vécu ! Hésitant, je posais ma main sur sa joue pour effacer ses larmes qui tombaient, abondantes.

- Et il le sera encore très longtemps. Pour toujours, certainement ! Personne ne vous demande de trouver son remplaçant, de l'oublier. Il est une part de vous, pour toujours. Il vous a donné votre unique fils. Il a fait de vous une femme comblée.

- J'étais bien avec lui... Si je n'avais pas eu Edward à sa mort, je... je n'aurais pas vécu... Ma vie se serait arrêtée avec la sienne...

- Mais vous avez eu Edward, et vous l'avez encore ! Il faut que vous compreniez Elisabeth, que votre ancien mari n'a jamais voulu votre peine et votre chagrin. D'où il est, il a certainement beaucoup de peine. Il voudrait aussi que vous trouviez quelqu'un qui vous corresponde vraiment. Vous avez peur de vivre seule, vous voyez Edward faire sa vie avec Isabella, vous savez que d'ici quelques mois, il quittera Port Angeles pour faire ses études. Bien sûr, il vous appelera et vous rendra visite mais il va partir. Et ça vous fait peur.

Elle essuyait ses larmes.

- Il va aller... faire sa propre famille...

- Oui, c'est ce qu'il fera. Votre fils a cette chance inouïe de vivre l'amour le plus puissant qui soit, celui que vous avez pu entretenir avec son père. Il devient plus indépendant. Mais je ne crois pas que c'est une mort en soi.

- Vos fils sont partis... vous ?

- Alexandre oui ! Déjà, quand j'ai divorcé de leur mère il y a cinq ans, ils ont vécu avec elle. Ca a été très dur de ne plus les voir que tous les quinze jours. Mais Alexandre est parti à Seatle faire ses études. Felix partira dans deux ans, probablement. C'est difficile mais est-ce que j'ai l'air déprimé ?

Elle me regardait, affichant un léger sourire.

- Vous ? Déprimé ? Ca vous arrive ?

Je lui souriais à mon tour.

- Je ne le suis pas, et vous savez pourquoi ? Parce que je pense à cette seconde vie qui m'attend. Je vais pouvoir sortir, faire des voyages. Je peux également travailler davantage, avoir plus d'argent et m'offrir des séjours dans des pays étrangers, partir en week-end sans me soucier d'une nourrice ou de je-ne-sais-quoi... Je pense aussi qu'Alexandre et sa petite-amie Lucia vont fonder leur famille et me donner des petits-enfants, qui m'apporteront une nouvelle gaieté dans la maison ! Ce n'est pas perdre une part de soi que de les voir partir, c'est découvrir une nouvelle facette.

Elle me fixait, réfléchissant à ce que je venais de lui dire. Elle avait des yeux très innocents et purs. Intenses. J'enviais le Sergent qui avait su capturer son coeur...

- Edward vous fera sûrement de très beaux petits-enfants dont vous aurez grand plaisir à vous occuper ! Vous ferez un tas de choses très intéressantes pour eux ! D'excellentes confitures, des goûters qu'ils réclameront dès qu'ils arriveront chez vous, des purées artisanales... Vous réinstallerez des balançoires dans vos arbres et des toboggans... Et du tricot ! Parce que les mamies, ça fait du tricot, en principe !

Nous éclations de rire.

- Voilà... J'aime mieux ça !

Elle descendait de la table d'examen et je l'aidais à ne pas tomber.

- Vous êtes exceptionnel, Eric... C'est quelqu'un comme vous que j'aurais dû trouver... Vous auriez respecté Edward... vous auriez su me faire rire... et m'auriez soutenue dans cette maladie...

Je sentais mon coeur battre un peu vite.

- Mais je vous soutiens dans votre combat, Elisabeth. Et demain, je serai encore là quand vous aurez terminé votre séance de radiothérapie. Je vous ferai rire, s'il le faut !

Elle m'adressait un sourire timide et ses joues se peignaient de rouge. C'était très attendrissant !

- Et j'ai aussi l'accord de votre fils pour vous inviter à boire un café si vous êtes disponible... un après-midi...

Elle baissait les yeux en soupirant et en souriant plus largement.

- Vendredi, ça vous irait ?

Parfait !

- C'est mon jour de repos, ça sera parfait ! Et si nous allions au commissariat maintenant ?

- D'accord, je vous suis !

..::..

Point de vue d'Edward.

Bella et moi grimpions dans la cabane. Notre jardin secret... Je m'installais sur le matelas tandis que ma compagne sortait de dessus le tonneau les petites annonces qu'on avait trouvé sur internet et qu'on avait imprimé. Ca faisait quelques jours qu'on faisait des recherches pour nous trouver un appartement. J'avais vraiment envie de vivre avec elle. Elle s'asseyait entre mes jambes et j'entourais sa taille.

- C'est celles pour l'Alaska ?

Elle acquiessait alors que j'embrassais son épaule.

- On regardera celles pour Washington après si mes parents ne sont pas rentrés.

Je trouvais ça bizarre qu'à 19h30 passés, ils ne soient toujours pas là !

- Ils devaient partir, ce soir ?

- Pas que je sache... Papa a peut-être eu un cocktail à l'hôpital... Ca arrive de temps en temps...

Elle attrapait la bouteille de coca qu'on avait amené et en prenait une gorgée, avant de me la tendre. Je buvais alors que Bella sortait un feutre et le débouchonnait avec ses dents.

- Alors... voyons voir...

Je reposais la bouteille et enlaçais la taille de ma compagne. Elle se calait contre moi. J'étais heureux qu'on fasse ces recherches... Nous n'en avions encore parlé à personne d'autre. Je parcourais les annonces en survol.

- Là... Celui-là regarde ! 30m², chambre séparée, salle de bain et toilettes... petite cour... 400$ par mois...

- Y a des photos ?

- Oui... Regarde...

Ca n'avait pas l'air trop mal, quoi que un peu sombre.

- L'avantage de celui-là, c'est qu'il a une séparation pour la chambre... Ca éviterait de défaire et refaire le canapé tous les jours ! T'en penses quoi ?

- Ca a l'air pas trop lumineux quand même... Mais pourquoi pas, ouais !

- Je le coche !

Elle entourait l'annonce et nous regardions les autres.

- Centre-ville, à 5 minutes à pieds du campus de l'université. Commodités diverses, kitchenette équipée, meublé, 350$, 16m² ! Oulah !

- Ouais ! Ca fait cher et c'est tout petit !

- C'est sûr ! 16m² pour deux, on finirait par s'entretuer !

- Remarque... si on est l'un sur l'autre, on prendra pas de place !

Elle éclatait de rire.

- Ce qui voudrait dire que dès qu'on serait dans le studio, il faudrait qu'on fasse l'amour tout le temps ! Un peu fatiguant peut-être... agréable, mais fatiguant !

- Ca ferait désordre devant les invités ! On zappe ?

- On zappe !

Elle rayait l'annonce. Après quelques autres descriptifs relevés ou barrés, nous en tombions sur un plus intéressant.

- 29m², petit appartement jumeau dans chalet en bordure de forêt. Résidence étudiants exclusivement. 390$ + 16$ de charges tout compris. Vue sur Lac. Chambre en mezzanine, cuisine aménagée. Non meublé.

Les photos étaient attrayantes. Le cadre boisé était splendide !

- Oh t'as vu, il y a même une cheminée !

- Ca veut dire quoi «appartement jumeau» ?

- A mon avis, ce doit être un chalet qui est aménagé en deux parties indépendantes mais collées, Bella !

- Ca fait 406$ en tout. C'est pas cher !

- Faudrait meubler !

- C'est pas un problème, ça ! Ca vaut le coup !

- Note le numéro, on appelera plus tard !

- Faudra sûrement faire vite ! L'annonce est attrayante !

Bella rangeait les papiers sur le tonneau et se tournait vers moi pour m'embrasser lentement.

- On va être bien tous les deux... souriait-elle

- On est déjà bien, je trouve !

Elle opinait et m'embrassait de nouveau, s'asseyant à califourchon sur mes cuisses.

- Là, ça sera encore mieux... On pourra être tous les deux, rien que toi et moi. Pas de Karlyne pour nous réveiller, pas besoin d'attendre pour faire l'amour...

J'haussais deux fois les sourcils vivement, plein d'idées peu avouables...

- Ce qui veut dire que je pourrais t'aimer n'importe où dans l'appartement ?

Son sourire se fit très large et elle taquinait mon nez avec le sien.

- N'importe où... Table, cuisine, canapé, salle de bains, lit...

- J'aime beaucoup ces idées !

- On n'aura plus de cabane... Ca va me manquer...

- On pourra revenir ici quand on viendra voir tes parents, les week-end !

Elle me serrait contre elle et j'embrassais son cou. Jamais je n'aurais cru ça possible... qu'on puisse avoir les mêmes envies.

- D'ici là, on va encore profiter de la cabane...

Je reprenais les lèvres de ma petite-amie, savourant sa douceur. Je taquinais sa bouche de ma langue avant de rencontrer la sienne. Elle réprimait un gémissement alors que j'embrassais son cou, suçotant sa peau laiteuse.

- J'ai tellement hâte, Edward... murmurait-elle dans un soupir.

- Ca arrivera, mon Bébé... Ca arrivera bien vite...

Elle émit un gémissement de bien-être et caressait mon dos. Sa main droite passait sur ma joue.

- J'imaginais pas que ça puisse exister...

- De quoi ?

- Tout ça... je veux dire notre histoire... J'ai tellement besoin de toi, tout le temps. Quand t'es pas là ou qu'on est en cours, je m'ennuie. J'ai l'impression d'être vide...

J'embrassais le revers de ses doigts.

- Je ressens comme toi, Bella... Cette même chaleur... et ce froid quand t'es pas là... M'endormir avec toi tous les soirs est le plus beau cadeau qui puisse exister pour moi... Je ferai en sorte que notre avenir soit comme tu le souhaites. Robe blanche, alliance, costume, et gros gâteau !

Elle me souriait tendrement et je savais qu'elle avait très envie de ce mariage, tout comme moi. C'était un nouveau but, un secret commun. Notre ultime besoin !

- Tu crois que ce serait possible qu'on se marie dans un an ou deux ?

- Bien sûr ! Tu voudrais, toi ?

- Evidemment ! Mais je veux être avec toi, avec ou sans mariage !

- Ne compte pas sur moi pour te laisser te marier avec un autre type que moi !

Je l'embrassais et la serrais dans mes bras. Etait-ce cela que mon père avait ressenti lorsqu'il avait croisé les yeux de ma mère ? L'avait-il aimé à ce point de dévotion absolue ?

Des bruits de pneus nous faisaient sursauter et nous quittions à regrets la cabane pour retrouver les Cullen dans le salon. Elisabeth et Eric étaient eux aussi avec eux et je m'en étonnais. Je remarquais le bras d'Eric dans le dos de ma mère... J'avais beau savoir qu'éventuellement, elle et lui... mais ça me faisait bizarre ! La mine d'Elisabeth n'était pas joyeuse et ça m'inquiétait. J'avais ce mauvais pressentiment depuis que j'avais vu ce cocard. Son histoire de chute, je n'y croyais pas ! Si elle me disait que c'était Voltero qui lui avait fait ça, il n'y aurait plus un endroit sur terre où il serait tranquille ! Je creuserai moi-même sa tombe à ce chien !

- Vous étiez où ? Vous avez été boire l'apéritif dans un bar ? demandait ma petite-amie.

Je m'asseyais sur le canapé et Bella venait s'installer sur mes genoux.

- Nous étions au commissariat...

Mon sang se glaçait dans mes veines et je me figeais. Elisabeth croisait mon regard et je sus en un instant que ce mec... cette pourriture, l'avait frappé ! Je me levais brutalement.

- C'est lui qui t'a fait ça ?

- Edward... J'ai porté plainte... Ils vont l'arrêter...

- Je vais le tuer !

C'était définitif ! Il n'y avait rien d'autre à faire avec ce genre d'individus ! J'attrapais mes clés de voiture pour aller le retrouver. J'y passerai le jour et la nuit s'il le fallait, mais il allait crever !

- Edward ! Calme-toi...

La voix suppliante de Bella me faisait me retourner. Elle s'approchait de moi et attrapait ma main. Pourquoi elle me retenait ? Chaque seconde passée était une seconde de trop pour cette pourriture !

- Laisse-moi y aller, Bella !

- Edward, viens !

Elle m'attirait dans le salon. Eric soutenait Elisabeth, pressant son épaule. Il me regardait m'asseoir et prenait la parole.

- Elisabeth a porté plainte. Uley et Swan ont enregistré la déposition. Ils l'arrêteront prochainement.

- Prochainement ? PROCHAINEMENT ? Mais putain, ça veut dire quoi ? Dans deux jours ? Deux mois ? Dix mois ? Il va se passer quoi pendant ce temps, hein ? Elisabeth sera en danger parce que ce gros imbécile est en liberté ? Il peut me frapper moi, mais pas elle ! Je reviens à la maison, Elisabeth ! Tu ne resteras pas toute seule, c'est hors de question !

Je grimpais dans l'escalier pour atteindre la chambre de Bella et attraper mon sac. J'entassais quelques affaires en boule à l'intérieur et la porte s'ouvrait brutalement sur ma petite-amie.

- Qu'est-ce que tu fais ?

Son ton était sévère.

- Mon sac... J'peux pas laisser Elisabeth toute seule !

Une main se posait sur mon sac pour l'attraper et m'empêcher de le terminer.

- Lâche ce sac, Bella !

- Tu vas partir, ça y est ? Tu me refais une remake de ce qui s'est passé il y a un mois, c'est ça ?

Elle allait m'empêcher de partir ?

- Je ne te quitte pas, Bella !

Elle balançait mon sac au sol.

- TU ME VOIS RAVIE DE LE SAVOIR !

Je remarquais qu'elle avait des larmes dans les yeux. On était vraiment entrain de se disputer, là ? Alors qu'il y a dix minutes, on évoquait notre mariage ? Je ramassais mes affaires, fermant le zip du sac.

- Alors tu vas te casser comme ça hein ? Après qu'on t'ait accueilli ici comme si c'était chez toi ?

- Bella ! Je sais ce que vous avez fait pour moi... Et jamais je ne pourrais vous en remercier assez mais... Ce mec est complètement givré ! Je peux pas la laisser toute seule, tu comprends pas ça bordel ?!

Un sanglot roulait sur sa joue et elle claquait la porte. Génial... ! Putain mais décidément ! Marcus aurait tout gagné ! Je ne la comprenais pas... C'était pour Elisabeth que je faisais ça ! Je ne la quittais pas, elle s'emballait toute seule ! Je détestais me disputer avec elle !

Cette journée était pourrie ! Mais vraiment à chier ! Et encore une fois, c'était de la faute du Maestro Marcus, en personne !

J'attrapais mon sac et le mettais sur mon épaule. Mais au moment où j'allais redescendre, la porte de la chambre s'ouvrait à nouveau sur Bella, dont le visage était strié par les larmes. Elle claquait la porte derrière elle et se jetait dans mes bras. Je la serrais contre moi, inspirant son odeur. Elle nouait ses bras autour de ma nuque.

- Pardon, Edward... Excu... excuse-moi... hoquetait-elle
J'embrassais son cou.

- C'est rien Bella... C'est fini...

- Je suis très égoïste. Pardonne-moi... Je voulais pas... Bien sûr... Va avec ta maman... C'est le plus... le plus important...

Je caressais son dos qui était secoué par ses sanglots. Elle n'était pas comme ça, ma Bella...

- C'est oublié mon Amour... Shhh...

Je la serrais au plus fort possible contre moi, embrassant sa joue et son cou.

- Je suis... monstrueuse...

- Mais non Bella... Regarde-moi...

J'attrapais son visage entre mes mains alors qu'elle serrait ma taille. Ses yeux étaient rouges et échappaient de gros sanglots. Je les effaçais un à un, embrassant ses lèvres.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

Elle aggrippait mes bras et fuyait mon regard.

- J'ai cru que... tu me quittais... que tu voulais plus qu'on soit ensemble... comme la dernière fois...

Elle fronçait les sourcils et fermait les yeux, laissant échapper de nouvelles larmes. Je la reprenais contre moi et elle se calait contre mon cou.

- Ca n'arrivera plus jamais, Bella ! Plus jamais !

- Je suis égoïste... Je n'ai pas pensé que... il pourrait... lui faire encore du mal et... je me déteste !

- Hey, Bella... Shhh... Tu n'es pas égoïste... Parce que si tu l'étais, tu ne serais pas revenue dans cette chambre, d'accord ? Je ne te quitte pas, Bébé ! Le temps que Marcus soit arrêté pour ce qu'il vient de faire, je vais rester avec Elisabeth et je veux que tu restes chez tes parents... S'il s'en prenait à toi... Il ne recule devant rien. Il pourrait t'attaquer pour m'atteindre, tu comprends ? Je ne veux pas qu'un jour, ton père vienne me dire que tu as l'arcade abîmée et des bleus partout... Il s'en est pris à sa propre femme... Ca en dit beaucoup !

Bella levait ses yeux humides vers moi. Je ne voulais pas la perdre. Je n'avais pas été cool, j'avais été prêt à partir sans prendre le temps de lui expliquer.

- J'ai peur, Edward...

Elle avait peur... Je l'entraînais sur le rebord du matelas pour nous asseoir.

- Dis-moi de quoi tu as peur...

Elle s'accrochait à mes épaules, sanglotant toujours.

- J'ai peur de quand tu recroiseras Marcus... J'ai peur de ce qui va se passer...

Je la serrais contre moi. Je ne savais pas moi-même ce qui se passerait à ce moment-là !

- Ne t'en fais pas...

Elle ne répondait pas mais ses ongles se plantaient dans ma chair. Elle angoissait et je réalisais que maintenant, ce que je faisais aurait forcément des conséquences sur elle. Nous étions liés, pour toujours !

- Je te promets, Bella... Non... Je te jure sur notre futur mariage, que je ne ferai rien !

- Tu... tu promets ?

- Oui... Si je le recroise, je garderai mon sang-froid. Sauf s'il s'en prend à ma mère ou me cherche physiquement parlant. Je me défendrai ! Mais je n'attaquerai pas...

- Tu n'iras pas... le chercher ?

- Non, Bella... Je vais juste veiller sur Elisabeth... Je te le promets... Tu as confiance en moi ?

Elle plongeait son regard dans le mien et je me sentais hypnotisé. Je venais de renoncer à une vengeance personnelle que je ruminais depuis dix ans... mais c'était pour elle ! Elle avait dit un seul mot, et je l'avais fait !

- Evidemment que j'ai confiance en toi...

- Bien !

Je souriais et me penchais sur ses lèvres pour l'embrasser. Elle s'aggripait à moi avec une force impressionnante et nos langues bataillaient fermement. Quand enfin, nous dûmes nous séparer, je déposais une dizaine de petits baisers sur son visage.

Nous descendions en bas pour retrouver tout le monde. Elle entourait ma taille de ses bras et je ne la lâchais plus.

- Ca va les enfants ? On a entendu crier !

- Ca va, Maman... souriait Bella.

Les quatre nous scrutaient.

- Qu'est-ce qui va se passer maintenant ?

- Marcus sera arrêté probablement... Sam et Charlie étaient furieux. L'interrogatoire a été long, l'inspecteur Gerandy n'est pas facile !

- J'ai contacté un serrurier qui viendra poser une nouvelle sécurité et changer les serrures d'ici une semaine. D'ici là, Elisabeth va rester dormir ici. Ce sera plus confortable qu'à la paroisse. Marcus ne la trouvera pas et si jamais il vient jusqu'ici, je le recevrai correctement ! expliquait Carlisle en mimant un poing qu'il frappait dans le creu de sa paume.

- On sera deux dans ce cas-là ! ajoutait Eric.

Bella et moi éclations de rire et je la serrais dans mes bras, embrassant son front. On venait de se chamailler comme deux gosses pour des prunes ! Personne ne partirait de chez les Cullen !

- Désolée... me murmurait ma petite-amie, un regard malicieux.

- Va falloir qu'on redéfasse mon sac, souriais-je avant d'embrasser son front.

Elle rougissait en baissant le regard, ses bras autour de ma taille.

- Bon ! Et si on préparait à dîner ?

- Je vais vous aider, Esmé ! lançait Elisabeth en se levant.

- Les enfants, vous mettez la table ?

- Je vais rentrer, moi... Je repasserai demain ! annonçait Eric.

- Oh allez... Tu vas bien rester... hein ? demandait Carlisle en lui tapotant l'épaule et en faisant un signe de la tête en direction de ma mère, avec un léger sourire.

Eric levait les yeux au ciel et pinçait ses deux lèvres en souriant également et en secouant sa tête légèrement.

- Si t'insistes...

Bella et moi observions le tableau. Les choses étaient différentes avec Eric. C'était quelqu'un qui pourrait tout à fait convenir à ma mère...