Bonjour tout le monde !

Finalement, je suis pas aussi en retard que ça.

Colombo est à la télé, il est 1h du matin... c'est cool LOL.

Voilà un nouveau chapitre... Il a été un peu dur à écrire.

Mais il est là, alors peu importe la façon dont il est venu !

J'ai deux nouvelles !

La première : cette histoire comportera certainement 42 chapitres.

Je suis obligée de faire une "extension" pour pouvoir traîter

tout correctement !

La deuxième : je sais que j'ai annoncé une pause une fois cette fic terminée.

Je continuerai bien sûr les O.S du Hasard, au rythme d'un tous les 15 jours,

comme présentement. J'envisage également de lancer un one-shot

(qui se transformera peut-être en fiction de deux ou trois chapitres,

mais rien n'est certain!). Cependant, je ne la lancerai pas de suite.

Mais je tenais à vous en avertir, parce que vous êtes vraiment beaucoup

à me manifester vos marques d'affection pour mes écrits,

et ça me donne énormément de bonheur.
Jamais je ne pourrais assez vous remercier pour tout ce soutien

et vos messages géniaux que j'adore sans exception !

Le prochain chapitre sera là dimanche dans la soirée.

Encore merci à vous !

Couvrez-vous et faites attention, le mauvais temps est de retour ^^

Je vous embrasse, bonne fin de semaine !

Tiftouff.

Point de vue de Jasper.

Putain de journée et putain de semaine de merde ! Y a rien qui a tourné rond ! Rien du tout ! J'arrivais pas à m'ôter de la tête tous ces trucs. J'avais l'impression d'être une cocotte-minute qui va exploser tant ça me gonflait ! Je tournais aux cachets depuis une semaine, avec un mal de crâne pas possible ! Ouais bon ok... y avait eu deux trois cuites bien senties avec les mecs du tournage aussi !

D'habitude l'alcool, le whisky... c'étaient deux bons amnésiques ! J'oubliais à peu près tout en picolant la plupart du temps ! J'avais franchement espéré mardi en sortant que je pourrais dormir à mon retour mais que dale ! Il y avait encore son odeur dans la pièce... J'en culpabilisais. J'allais me marier putain ! Tu peux pas te marier et éprouver ces battements trop rapides pour une autre ! Emmett était un putain d'enfoiré pour avoir eu raison. J'essayais de convaincre qui ? Je sais même pas où je vais. Ce 1er juillet arrivait comme le dernier jour. Mais le dernier jour de quoi, merde ? J'vais me marier, c'est quand même pas la mort, non ? C'est quoi après tout ? Une bague, un changement de nom pour Mademoiselle sur son chéquier et voilà !

- MERDE JASPER ! PUTAIN FAIS GAFFE QUOI !

- Quoi ?

- Putain mais c'est quoi ton problème, mec ? Ca fait trois fois qu'on refait cette prise et t'as pas vu que le preneur de son se reflétait dans les carreaux du salon ? Qu'est-ce que t'as ? Ca fait une semaine que tu patauges dans la semoule ! Ca te plait pas de bosser ou quoi ?

Tout le monde me regardait. Au moins vingt tronches que j'aurais envie de shooter avec un flingue ! Todd, le producteur-Chef-Chef me fixait, les mains sur les hanches. Il est marrant comme ça, on dirait mon père !

- Ok les mecs, on fait une pause et un raccord maquillage pour Sofia ! Jazz, tu viens avec moi !

Ca allait chier pour ma plaque d'immatriculation ! Il m'entraînait dans un mobile-home qui nous servait de loge.

- J'suis désolé Todd... J'vais faire mieux, me vire pas steuplait !

- Pourquoi tu veux que j'te vire ? T'as un grand instinct créatif, tu es attentif et passionné ! T'as pas peur d'essayer des choses dans le scénario... La semaine dernière, t'étais au top ! Tu nous as tous troué le cul !

- Il est déjà troué, techniquement !

Todd souriait.

- Peu importe ! T'as du talent mais on te sent ailleurs cette semaine ! T'es malade ? T'as pas arrêté de te prendre les pieds dans les cordons, sur les décors et te casser la gueule... T'es pas patient et t'as une tête à faire peur !

Je m'asseyais sur l'espèce de canapé miteux de la caravane.

- Ecoute, j'suis désolé. J'ai deux trois soucis et...

- C'est ton mariage ? T'es pressé de retrouver ta dulcinée ?

Franchement ? Franchement, non !

- C'est ça, sans l'être...

- Ecoute petit ! Je sais pas ce qui se passe dans ta tête et honnêtement j'veux pas le savoir parce que ça m'a l'air d'être un sacré merdier ! Si tu partais dans ta famille maintenant ? Fais un break ! Je reconnais qu'on t'en as beaucoup donné pour ton premier tournage... c'était peut-être trop !

PUTAIN ! IL ME VIRE ??

- Todd putain non ! Fais pas ça s'il te plaît !

- Quoi ? J'en connais pas beaucoup qui refuseraient un week-end !

Un week-end... Un simple week-end !

- On a pas besoin de toi jusqu'à mercredi ! On va beaucoup bosser avec la seconde équipe pour les plans larges et les raccords. On peut se démerder ! Rentre dans ta famille, va te reposer.

- T'es sûr ?

- Ouais allez... De toute façon, t'es assez absent ces derniers jours. File et reviens-nous avec de nouvelles idées fumeuses !

- Compte sur moi ! Merci vieux...

J'échangeais une brève acolade avec lui et filais dans ma chambre d'hôtel faire un sac rapide.

Conduire me permettait de souffler. Je me sentais étonnemment excité à l'idée de rentrer à la maison chez Carlisle. Je savais qu'Alice serait... Je pilais brutalement. Alice... BORDEL A CUL MAIS COMMENT ON LA FAIT SORTIR DE SON CERVEAU CELLE-LA ???

Je venais de passer le panneau de Port Angeles et je me garais sur un parking. Je suis dans la merde ! Ce tout petit truc haut comme deux pommes avait réussi à tout chambouler dans ma tête. C'est sa faute aussi ! Et dire que cette gosse vient peut-être de se foutre super mal à cause de ce qu'elle a fait ! Pourquoi, sur 6 milliards d'êtres humains, il a fallu que ça tombe sur ma gueule son «coup de foudre solo « ? Un claquement de porte et des rires me faisaient sursauter.

ALICE ?

Elle sortait du bar en face duquel j'étais garé, accompagnée par la fille Webber et son copain. Fallait que j'lui parle ! Que je sache comment elle allait ! Aimer, ça fait du bien, mais ça fait aussi super mal ! Je quittais ma voiture en quatrième vitesse.

- Alice !

Elle se retournait vers moi et fronçait les sourcils, après avoir eu un temps étonnée.

- Oh... Salut !

Elle retournait vers ses potes. Elle allait se barrer sans rien dire ? Je courrais à son niveau et lui attrapais le poignet.

- Qu'est-ce que tu veux ?

Je voulais pas la prendre de front. Elle avait pas l'air dans son assiette et je craignais d'en être responsable, pour pas l'avoir repoussé, pas lui avoir dit de faire sa vie sans moi...

- On peut aller boire un truc ?

Je sentais les regards de ses deux amis sur moi.

- Vas-y Alice... De toute façon, nous, on va rentrer...

- Bon... je suppose que c'est ok ! On se voit demain pour bosser la physique ?

- D'accord ! Edward et Bella seront là ?

- S'ils arrêtent de se bécoter à tout va, ouais j'essayerai de leur dire de passer !

Je ne pouvais retenir un sourire et lâchais le poignet d'Alice.

- Ils ont continué cette semaine ?

- Tu parles ! Evidemment ! Quand t'es amoureux, tu comptes pas le nombre d'orgasmes...

Je sentais mon sourire s'agrandir et ses joues rosissaient. Elle fixait le sol et nous nous dirigions vers l'entrée du pub. On s'installait au comptoir et je commandais deux bières.

- Alors... je suppose que tu m'as pas invité ici pour la beauté du geste !

Elle me fixait direct dans les yeux. Son regard était troublant...

- On peut discuter simplement, non ?

- Très bien, de quoi ?

Elle me prenait totalement au dépourvu. J'avais pas prévu ça !

- Beeeeenn...

- Mais encore ?

Ca commençait à me chauffer sévère ! D'habitude c'est moi le type qui emmerde son peuple !

- A ton avis ? T'as trouvé beaucoup de champignons dans la forêt ces temps ? Hum ?

- Non ! Ils sont pas sortis à cette époque de l'année !

Elle me laissait comme un con ! Elle savait ce qu'elle voulait, qui elle était ! C'était tout bonnement fascinant...

- Arrête de me regarder comme ça...

- T'en as de bonnes, toi ! Tu veux que j'te regarde comment ? Avec mes mains ?

Elle souriait faiblement détournant ses yeux. Elle prenait une gorgée de bière et de la mousse lui restait sur les lèvres. Elle ne semblait pas s'en rendre compte et c'était le genre de trucs qui me faisait beuguer deux heures ! Je me penchais et passais mon pouce sur ses lèvres.

Ses lèvres harcelantes et tentatrices...

Avec une lenteur exagérée, je lui retirais la fine pellicule blanche et elle fermait les yeux alors que mon pouce traînait sur sa bouche. Je dois l'enlever... faut que je l'enlève, faut que je l'enlève, faut que je l'enlève... Elle était très jolie, immobile, les yeux se fermant comme si elle savourait quelque chose ou s'empêchait de vivre. ENLEVE CE PUTAIN DE POUCE !

- Jasper... S'il te plaît... arrête...

Elle avait émis cette plainte dans un murmure à peine audible, noyé dans le brouhaha du bar. Je retirais ma main, portant mon pouce à ma bouche pour goûter la mousse. J'étais censé lui parler... et j'en étais réduit à la subir... Elle descendait du tabouret, manquant de tomber. Je la rattrapais. Elle était toute pâle et tremblait, récupérant son sac.

- Jasper... Excuse-moi... mais je peux pas...

Elle allait partir et j'avais encore merdé ! Pour la deuxième fois de la journée, je la rattrapais par le poignet.

- Reste... s'il te plaît !

Elle me fixait un long moment et fit marche arrière, se réinstallant à côté de moi.

- Merci...

Elle opinait, sans rien dire, continuant de boire.

- Alors tu... ton tournage ?

- C'est un peu compliqué... On bosse beaucoup...

- Et tu es là en week-end ?

- Jusqu'à mercredi, ouais !

J'avalais une bonne rasade de bière.

- Et toi ? Tu as tes révisions pour le bac ?

- Oui... ça me stresse un peu.

- Normal... J'ai bien flippé moi aussi à l'époque... Tu voudrais aller quand à Jacksonville ?

Elle me fixait comme si Shrek et Bob L'Eponge étaient entrés dans le bar en string !

- Tu veux toujours m'y accompagner ?

- Je n'ai qu'une parole, pourquoi ? Tu croyais que j'allais te lâcher ?

Elle avalait sa bière.

- Je pensais juste que... non rien, laisse tomber !

- Après le bac ?

- Ouais... Tu te maries le 1er, c'est ça ?

J'acquiessais.

- Au cas où, le rattrapage nous c'est à partir du 26 juin je crois... Entre le 10 et le 25 si tu veux...

- Je termine le tournage le 10 justement. Le 12 ?

- Parfait !

Nous restions silencieux, terminant nos verres. Je réglais l'addition mais Alice sortait son porte-monnaie.

- Non laisse... C'est pour moi !

- Je peux payer aussi !

- Je suis gentleman, une femme n'a pas à payer !

- Je dirais plutôt macho !

- Je suis au service de la beauté Féminine...

Je regrettais immédiatement mes paroles, sentant son regard sur moi. Je sortais mes pièces mais les faisais tomber au sol. Putain mais quelle bite ! L'esprit de Bella est entré en moi ou quoi là ?! Alice se penchait et ramassait pour tendre au barman.

- Merci !

Elle sortait et je l'accompagnais.

- Tu veux que je te dépose quelque part ? J'ai ma voiture !

- Non... Je vais rentrer à pieds...

- Tu vas aller jusqu'à chez toi avec ces talons ?

Elle avait deux tours Eiffel sous les pieds !

- J'ai passé ma journée avec et j'y arrive très bien...

- T'es sûre ?

Je me sentais con d'insister mais... c'était comme si je voulais pas la laisser partir. Un fossé se creusait. Est-ce qu'elle se détachait ? Elle se rapprochait de moi et posait sa main sur mon épaule.

- N'insiste pas Jazz, tu veux ? Merci pour le verre...

Elle déposait sa bouche sur ma joue, presque à la commissure de mes lèvres. Elles étaient douces. Le baiser fut bref et elle avait de délicieuses rougeurs assorties à son rouge à lèvres explosif et pourtant si sensuel sur elle. Je la regardais s'éloigner, gracieuse.

Deux minutes... un break... je sais je suis à 10 minutes de chez mes parents. Mais juste deux minutes... Jamais de toute ma vie, je m'étais senti autant largué.

..::..

Point de vue d'Elisabeth.

Nous étions partis à pieds de chez les Cullen. Sur le trajet, nous restions silencieux. J'appréciais sincèrement Eric, sa présence rassurante et réconfortante. Nous marchions tranquillement, sans besoin particulier de prononcer des mots inutiles. Nous croisions la petite Swan en sens inverse. Elle semblait perdue et je crus distinguer une larme sur sa joue.

- Alice ? Ca va ma belle ?

Elle relevait la tête, essuyant son visage.

- Oh, Elisabeth...

- Ca va ma chérie ? Tu es toute pâle...

- Ca va...

Une nouvelle larme roulait, puis une deuxième. Son menton tremblait.

- Non ça va pas...

Elle haletait et s'appuyait contre le muret de la maison derrière elle.

- Tu te sens mal ?

Eric s'approchait d'elle, l'aidant à s'asseoir. Assis à côté d'elle, il lui pressait le poignet. Elle ne contrôlait plus ses sanglots.

- Vous avez mal quelque part ?

Alice serrait contre sa poitrine son sac, pleurant bruyamment.

- Tu es toute seule ? Renée sait où tu es ?

Elle fit "non" de la tête et je lui attrapais un mouchoir. Elle le prenait mais au lieu de l'utiliser, elle le déchirait nerveusement.

- Est-ce que vous avez mal quelque part ?

Elle s'accrochait à son sac, se pliant en deux pratiquement. C'était impressionnant !

- On devrait appeler les pompiers peut-être ?

Eric contrôlait son rythme cardiaque. Je m'agenouillais devant elle. Depuis qu'elle était devenue la copine d'Edward, je l'avais vu grandir. Renée était une excellente amie... Alice était comme une fille pour moi.

- Tu veux que Renée vienne te chercher ?

Elle acquiessait et j'attrapais mon téléphone, composant son numéro.

» Oui Elisabeth ?»

- Je suis à l'angle de la troisième rue en face du restaurant italien "Pizza Mario"... Tu peux venir ? Je suis avec Alice, elle est en larmes !

«Qu'est-ce qui lui est arrivée ? Elle s'est faite agresser ? «

- Je ne saurais pas te dire mais elle a l'air en bonne santé physiquement...

J'entendais mon amie soupirer.

«Encore à cause de ce Jasper je parie... Depuis qu'elle est rentrée de leur week-end, elle est comme ça...»

- Dépêche-toi !

«Je suis au supermarché, j'en ai pour deux minutes!»

Et effectivement, à peine cinq minutes plus tard, Renée se garait sur le trottoir face à nous, pilant à quelques centimètres de l'arbre. Elle sortait en courant et se précipitait sur Alice qui se calmait peu à peu.

- Maman !

- Alice ! Viens là ma chérie... viens...

Je les regardais partir au véhicule. Renée m'adressait un "merci" discret et reprenait le volant, embarquant sa fille. J'échangeais un regard vers Eric, qui semblait étonné.

- Je sais pas ce qui lui arrive mais ça ressemble assez à un choc psychologique ! Elle avait l'air en bonne santé.

- Déception sentimentale, sûrement...

- Voyez... Ces jeunes... Ca aime passionnément et quand ça se déchire, ça ne supporte plus rien...

Nous reprenions notre route.

- Ces jeunes ? Vous ne croyez donc plus en l'amour, Eric ?

Il haussait les épaules.

- Je suis sûrement trop vieux pour ça...

- N'avez-vous donc pas confiance en votre potentiel séduction ? souriais-je

Nous entrions dans le café et nous installions en terrasse.

- Le problème de mon potentiel séduction, c'est qu'il opère rarement sur les personnes que j'aimerais...

Je tombais dans le bleu profond de ses yeux. Il était encore très bel homme, dégageant un charisme naturel impressionnant.

- Parce que vous avez des "cibles" actuellement ?

- Une oui...

Il souriait, fixant ses mains.

- Mais j'ignore comment me dévoiler à elle...

Si, très honnêtement, je trouvais Eric dans mon lit, je n'irais pas dormir dans la baignoire !

- Soyez sincère ! Vous êtes quelqu'un de bien, elle vous appréciera...

Dans un geste tremblant, il approchait ses mains de la mienne qui reposait sur la table.

- Je l'espère ! Ca prendra du temps, mais j'attendrai le temps qu'il faudra...

..::..

Point de vue d'Edward.

Nous étions vendredi et le bac commençait lundi. Mais surtout cette putain d'expertise psychologique de mes deux le jour suivant, sans compter celle de maman le lundi ! J'étais assis à califourchon sur le banc en bois de la table de la salle à manger à côté de Bella qui révisait ses statistiques. Mes doigts traînaient machinalement sur le bas de son dos découvert par le débardeur. Elle frissonnait mais ne disait rien. La porte d'entrée claquait et je me redressais légèrement. Elisabeth et Eric revenaient de leur sortie, un léger sourire aux lèvres. Je ne veux rien savoir !!

- Bonsoir les enfants !

- Bonsoir...

- Merci Eric pour ce café... C'était très agréable !

- Je vous en prie... On se voit lundi ?

- Vous n'êtes pas obligé de venir à cette expertise...

- J'y tiens !

- Ca me fera plaisir dans ce cas...

- Passez une bonne soirée ! Au-revoir les enfants !

- Au-revoir...

Ils schlinguaient l'attirance ces deux-là ! Bella me prenait la main et souriait. Je l'embrassais brièvement alors que ma mère partait prendre une douche. Une fois seuls, je la rapprochais de moi et nouais ma langue à la sienne, lentement. La porte claquait de nouveau, nous faisant sursauter.

- Vous avez oublié quelque chose, Eric ?

- Je voulais te demander Edward... Est-ce que ça t'embêterait si j'emmenais ta maman déjeuner, un jour... ?

Il allait me demander à chaque fois ? «Edward, je peux parler à votre maman ? «, «Edward, je peux penser à votre maman ? « Je souriais.

- Vous avez carte blanche !

- Ca c'est gentil ! Allez cette fois, c'est la bonne ! Bonne soirée !

Bella riait et la porte se refermait. Je l'attirais de nouveau à moi, entourant sa taille de mes bras.

- Ca te fait marrer, toi ?

J'embrassais son épaule.

- Un peu !

Je me penchais vers ses lèvres pour l'embrasser à nouveau. Sa langue caressait la mienne et elles se rencontraient, sensuelles.

- C'était qui ?

On soufflait fortement, nous tournant vers Jasper qui était descendu, entrain de manger un gâteau.

- Eric, le futur beau-père d'Edward !

- L'infirmier qui est venu avec Papa là ?

- Lui-même !

- Ta mère a un ticket avec ?

- Apparemment, ouais !

Jasper passait devant nous pour aller jeter son emballage de gâteau.

- Pouah pouah pouah ! Regardez-moi ça ! A 50 ans, ils se sentent libérés ! C'est la fête du slip !

Nous éclations de rire et ma mère revenait à ce moment-là.

- Vous dites ça pour moi, Jasper ?

Le frère de ma copine revenait dans le salon, tapotant l'épaule d'Elisabeth en souriant.

- J'vais vous dire moi ! Eclatez-vous et mettez-y un bon coup pour moi !

- Oh non Jasper t'es dégueulasse ! s'exclamait Bella. Moi j'me casse ! Je ne veux plus avoir un quelconque rapport avec ce mec !

- Dis donc la Tomate ! T'es pas en reste toi non plus avec ton cher et tendre !

Putain, pas devant ma mère, merde ! J'sais bien que j'suis pas né dans un chou mais quand même !! Je prenais le cahier de Bella et la suivais à l'étage. Elle se dirigeait vers la salle de bains pour se faire couler un bain. Je vérifiais quelques trucs dans mon portable quand Bella m'appelait.

Je la trouvais dans une mousse impressionnante.

- On va te perdre là-dedans… souriais-je en m'installant sur le rebord de la baignoire.

- Je lancerai une balise de détresse ! Tu veux pas venir avec moi ?

Elle me faisait une petite mou adorable.

- Je vais descendre aider ma mère à préparer à manger et à mettre la table ! Les Masen font un vrai squatte chez vous !

- Elle a gardé le nom de ton père, Elisabeth ?

- Elle a le nom de Marcus mais je sais pas si elle avait gardé celui de mon père... Je sais pas si c'est possible légalement...

- Sûrement, elle est veuve, pas divorcée c'est différent.

- J'en ai strictement aucune idée... Mais je préfère l'appeler Masen que Voltero !

- C'est plus élégant...

Bella passait les paumes de ses mains sur la mousse blanche.

- Tu penses quoi d'Eric ?

Elle parut étonnée.

- Pourquoi tu me demandes ça ?

Je haussais les épaules. C'est vrai ça, pourquoi je lui demande ça ?

- Pour savoir...

- Il est sympa, dynamique, optimiste... Il irait bien avec ta maman...

- Tu crois ?

- Il s'occupe bien d'elle, il l'écoute, il la soutient. Et puis, il te respecte. C'est important aussi...

- Ca fait bizarre d'ailleurs...

Si Marcus avait pu être moitié aussi gentil qu'Eric, j'aurais été heureux !

- Ca se fera doucement. Je ne pense pas que ce soient deux personnes très expansives. Ils prendront leur temps si quelque chose doit se passer entre eux.

- Je me demande comment ça va se faire...

C'était vraiment con, mais l'amour entre personnes plus «âgées» m'intriguait ! Bien sûr, c'était chose normale mais je me demandais comment on négociait ça avec plus de maturité ! Si j'avais rencontré Bella à 50 ans, notre histoire aurait-elle été si fusionnelle ?

- A ton avis... Comment ça s'est fait entre nous ? Ce que tu as ressenti quand tu as commencé à m'aimer, ils le ressentent aussi !

Je repensais à tous ces rêves d'elle, mes pensées bloquées sur elle, mon impatience de la retrouver et mes jambes qui devenaient guimauves quand elle s'approchait...

- Tiens, bonne question ça ! Comment t'es tombé amoureux de moi ?

Je regardais son visage innocent et angélique.

- J'ai commencé à penser à toi tout le temps... à oublier le reste... j'avais l'impression de perdre mon temps si je ne te regardais pas... j'ai rêvé de toi chaque nuit... et puis la suite tu la connais...

Elle se mordillait la lèvre inférieure en rougissant.

- Tu as rêvé de moi ? Comment ?

Si elle savait ! J'attrapais un peu de mousse sur mon index et la déposais sur le bout de son nez.

- Je t'expliquerai quand tu seras plus grande ! souriais-je en appuyant mon bras sur la paroi de la baignoire contre le mur.

Sans que je ne réalise, elle me faisait tomber dans l'eau en riant aux éclats. L'eau aspergeait le sol et imbibait le tapis de bain.

- Bella !

J'aurais voulu l'engueuler mais en fait, j'étais entrain de rire. Elle m'attirait à elle pour m'embrasser, passant ses bras autour de ma nuque.

- Ca t'apprendra à garder pour toi tes rêves coquins !

Bon ! Mouillé pour mouillé... ! Dieu merci, les Cullen ont un sèche-linge ! Je retirais mes chaussures avec mes pieds et finissais d'entrer habillé dans le bain, provoquant les cris de Bella. Je m'installais au-dessus d'elle, maintenant mon poids avec mes mains. J'embrassais ses lèvres, puis sa joue et son cou.

- T'es complètement cinglé comme type !

- Dis donc ! Qui c'est qui s'est arrangée pour que je tombe dans l'eau ?

Elle retirait ses mains de ma nuque et me les montrait.

- Ce sont ces vilaines choses, pas bien les filles ! Méchantes !

Elle se tapait le dessus des mains et j'éclatais de rire.

- Tu te plains de la santé mentale de Jasper mais je commence à me poser des questions sur la tienne ! plaisantais-je

Je reprenais ses lèvres brièvement.

- Ne me compare pas à cette chose s'il te plaît !

Je me redressais un peu, m'adossant à la paroi du bain, mes pieds par-dessus la paroi de la baignoire, dans le vide. Bella passait les siennes sur mon ventre et je caressais ses jambes en la regardant.

- C'est ton frère, tu lui ressembles...

- Non, je ressemble à Emmett !

- Physiquement oui ! Mais dans ta petite caboche... c'est différent !

- Tu redis une seule fois que je ressemble à ce type et je t'étrangle !

Je la regardais avant de répéter mon affirmation. Elle était adorable quand elle s'énervait !

- Je t'aime plus c'est terminé ! Et quand je sortirai de ce bain, je casserai la vaisselle pour que tu comprennes !

Je me mettais à rire.

- Pourquoi casser de la vaisselle ?

- J'ai une théorie à ce sujet... Si on casse plus souvent de vaisselle au lieu de s'engueuler, les couples tiennent plus longtemps !

- T'es sérieuse là ?

- J'te jure ! Sous prétexte de faire passer la vaisselle pourrie si précieuse de notre vieille arrière grande tante Lucette au lieu de les casser pendant une dispute, on évite le conflit. Si je pète deux assiettes et toi deux, ça veut dire que t'es plus important pour moi que la vaisselle, donc que je t'aime ! C.Q.F.D !

Quand je disais qu'elle était tordue...

- Si tu le dis !

Elle croisait les bras sur sa poitrine, boudeuse.

- Ben me crois pas...

Je me penchais vers elle pour l'embrasser à nouveau.

- Mais si Bella... Je te crois !

Elle me regardait en coin.

- Tu me crois pas !

- Mais si Bébé ! Mais me contredis pas quand je dis que t'es aussi loufoque que ton frère, alors...

Après un instant de réflexion, elle souriait, rougissante et passait ses mains sur sa jambe jusqu'à attraper les miennes.

- C'est pas faux... Mais c'est mon frère, c'est normal, c'est génétique, j'y suis pour rien !

Je secouais la tête de gauche à droite en souriant avant de me relever tant bien que mal, le poids de mes vêtements mouillés n'aidant pas.

Après m'être changé, je recevais un texto d'Alice. «Tu pourrais venir après manger ?» J'en parlais à Bella et convenais de me rendre chez les Swan après le dîner. Il était 20H30 quand je me garais face à la maison des Swan. Ma meilleure amie était déjà assise sur le perron, une petite mou tristounette.

- Hey ! J'suis là !

Elle se levait et se jetait dans mes bras, se mettant à pleurer, manquant de me faire vasciller.

- Merci d'être venu...

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- On peut aller au parc ?

- Ouais, bien sûr !

Je nous entraînais à pieds en silence vers le parc à cinq minutes d'ici. Elle allait pas bien, je le sentais ! Je passais mon bras autour de ses épaules et elle entourait ma taille, s'appuyant contre moi.

- Tu veux pas me parler ?

Elle soupirait lourdement.

- Jasper m'a invité à boire un verre tout à l'heure...

- Ah bon ?

C'était étonnant, il n'en avait parlé à personne !

- Et vous avez parlé ?

- Edward... Si je te disais que je crois qu'il ressent des choses pour moi, tu me croirais ?

Très franchement, je ne savais pas quoi penser de leur relation à tous les deux. C'était étrange...

- Je sais pas Alice... Jasper ne me parle pas de ce qu'il ressent alors je peux pas te dire... Mais tu sais... il va se marier...

Je sentais son poing serrer mon pull.

- Ne dis pas ça !

Je m'arrêtais pour lui faire face. Ca me déchirait mais elle devait réaliser !

- Alice... C'est la vérité ! Il va se marier... C'est fini... Il faut que tu le comprennes ! Je sais que ça fait mal... Mais c'est la pure vérité !

Ca me broyait de la voir s'effondrer en larmes contre mon torse... Je détestais lui faire du mal !

- Allez Alice... Sois forte...

- J'ai plus rien... pl... plus rien...

Je l'embrassais sur le front et la serrais contre moi.

- Mais si... Tu trouveras quelqu'un et puis je serai toujours là pour toi !

Elle me fixait et s'éloignait vers une balançoire où elle s'asseyait. Je passais derrière elle et commençais à la pousser. C'était un truc qu'on avait souvent fait tous les deux...

- Tu vas partir avec Bella... entendis-je au bout d'un moment.

Je la stoppais et la faisais tourner vers moi.

- Alice, tu seras toujours une part de ma vie que je veux pas laisser tomber... Tu sais quoi ? Je crois que si tu n'avais pas été capable de t'entendre avec Bella, je ne serai pas sorti avec elle... Tu ne nous perdras pas, Alice ! Jamais ! Quoi qu'il arrive, j'aurai toujours du temps pour toi...

Elle me regardait et je m'agenouillais devant elle. Elle m'enlaçait et nichait son visage contre mon épaule, sans descendre de la balançoire.

- Tu m'as manqué, Edward...

- Toi aussi...

J'avais conscience que depuis que Bella était entrée dans ma vie, j'avais un peu négligé Alice. Je voulais y remédier, faire en sorte d'avoir du temps pour ma meilleure amie et du temps pour ma petite-amie. Je voulais compenser ce manque que j'avais créé en n'étant pas capable de voir ce qu'elle traversait avec Jasper.

- On va passer plus de temps ensemble. Je te le promets...

- Merci, Edward... Tu sais, j'aurais dû t'écouter avant qu'il soit trop tard... quand tu me disais que Jasper et moi... Jamais j'aurais dû m'attacher à lui comme ça... c'est pathétique !

- Ca se commande pas ça... Si t'avais essayé de me dire que Bella était pas pour moi, je t'aurais envoyée sur les roses...

Elle souriait, toujours calée contre moi.

- Elle est faite pour toi et tu es né pour elle ! Vous irez loin tous les deux, je le sais...

Je ne pus retenir un sourire. Oui, je voulais ça ! Aller loin avec Bella mais ne pas laisser mon amie derrière...

- Tu trouveras quelqu'un toi aussi ! Même si c'est pas Jasper...

- Ca prendra du temps pour l'oublier... Je suis même pas sûre de le vouloir...

- C'est une partie de toi que tu n'oublieras pas... Mais ne te rends pas malade... S'il doit venir à toi, si tu comptes vraiment pour lui, il viendra te chercher. Mais vis Alice, vis, je t'en prie !

Je voulais retrouver mon Alice qui pétillait. Je ne savais pas ce que Jasper trafiquait avec elle, mais ça me plaisait pas trop...

Je raccompagnais ma meilleure amie chez elle et en rentrant chez les Cullen, je trouvais Jasper assis sur la rampe du balcon.

- Alors ? Tu fais le mur, coquin ?

Je m'installais face à lui. Nous n'avions pas vraiment parlé tous les deux depuis que j'étais entré ici.

- C'est quoi pour toi, Alice ?

Il me fixait, apparemment dérouté par ma question puis posait son regard vers les sapinettes, se mordant le bout du doigt.

- Si je le savais, je serais pas là à cogiter...

Wow... Si je m'y attendais à celle-là...

- Me regarde pas comme ça ! Je sais l'importance qu'a Alice dans ta vie, c'est ta meilleure amie ! Je veux pas qu'elle ait mal. J'suis p'tètre un con, mais j'aime pas faire souffrir les gens que j'aime. Les leçons, c'est bon, Emmett s'en est déjà chargé ! Je sais ce qu'elle ressent et crois-moi Edward que j'aimerais faire en sorte que ça soit plus simple ! Mais tant que ça sera pas plus clair dans ma tête, j'peux rien faire, ok ? Tu ferais bien d'aller rejoindre Bella dans le canapé, elle t'attend !

Au moins avec Jasper, on savait quoi faire ! Je rentrais sans rien ajouter, un peu perdu. J'ignorais que ce qui se passait entre eux était plus profond que la façade qu'on voyait... pour être honnête, jamais je n'aurais imaginé Jasper parler d'elle comme ça... Je retrouvais Bella allongée dans le canapé transformé en lit, endormie. On y dormait depuis que ma mère était ici et que Jasper était revenu de Seattle. Il avait réintégré sa chambre et Elisabeth était dans celle de Bella pour que ce soit plus confortable pour elle.

Je me déshabillais, me glissais dans la couette et attirais ma compagne contre moi, embrassant son épaule. Elle gémissait et se tournait face à moi, sans ouvrir les yeux. J'embrassais sa joue et sa bouche du bout des lèvres pour ne pas la réveiller. Finalement, j'avais eu de la chance qu'on se trouve elle et moi, sans difficultés particulières...

J'arrivais devant la salle d'examens, accompagné de Ben. Bella était la salle à côté et elle angoissait. Alice lui tapait les mains, qu'elle ne pouvait s'empêcher de ronger. Elle m'adressait un sourire timide et je la rejoignais rapidement.

- Ca va, Bella ?

Elle acquiessait.

- Et toi ?

J'haussais les épaules. Elle m'enlaçait par la taille et je l'embrassais rapidement.

- Ca ira, Edward... Tout ira bien pour ta mère... Eric est avec elle et ma mère aussi !

- S'ils avaient pas été là, je crois que je l'aurai pas laissé y aller toute seule...

- Ca ira pour elle ! J'en suis certaine...

- J'espère...

J'en avais pas dormi dimanche soir. Ma mère passait son expertise psychologique et Marcus serait probablement présent... s'il devait la toucher... Heureusement qu'Eric l'avait accompagné, ainsi qu'Esmé. Je collais mon front à celui de Bella et sentais son souffle contre moi. Ses mains posées sur mon torse m'apaisaient et je cherchais ses lèvres.

- Allez vous rentrez ? On commence !

Je l'embrassais une dernière fois.

- Bonne chance !

- Toi aussi !

- Merde, Alice !

- J't'emmerde moi aussi, souriait-elle avec un clin d'oeil.
Je rejoignais Ben et ma salle. En attendant les copies, je jetais un coup d'oeil à ma montre. Elisabeth doit être sur le point de revoir ce fumier ! Je me sentais bouillir. S'il avait le malheur de se présenter demain, je n'étais pas sûr de savoir tenir ma promesse à Bella...

Je sursautais lorsque Banner déposait les copies sous nos yeux. Littérature, génial ! J'en avais même oublié la matière qu'on passait aujourd'hui ! Le texte sous mes yeux n'avait aucun sens. Il fallait que je me concentre, ne pas penser que si ma mère est malade et en est là aujourd'hui, c'était de la faute d'une seule et même ordure !

..::..

Point de vue de Bella.

Je ne pensais pas m'en être trop mal sortie. C'était assez facile et avec une chance incroyable, nous avions traité un sujet similaire en classe. J'avais pris trois heures sur les quatre imparties et après une dernière relecture, je me levais pour rendre ma copie et sortir. Alice et Angela griffonnaient toujours. Je fermais la porte et me dirigeais vers le hall.

Edward était déjà sorti ?

Il était assis sur un banc, bras appuyés sur ses cuisses et une main frictionnant son visage. Mes entrailles se serraient... j'avais crains que l'expertise d'Elisabeth ne le déconcentre et visiblement, c'est ce qui s'était produit ! Je m'approchais et déposais mon sac à côté du banc avant de m'y asseoir.

- Salut !

Il sursautait, me regardant comme s'il voyait une étrangère.

- Salut... T'as déjà fini ?

J'acquiessais et passais ma main sur son dos.

- Et toi ?

- Je suis sorti au bout de deux heures...

Deux heures ?!?!

- Tu...

- Ouais j'ai foiré, ça arrive non ?!

Il se levait en soufflant, visiblement exaspéré. J'en étais sûre ! Je le connaissais comme si je l'avais fait ! Cette histoire allait le pourrir jusqu'au bout ! Il claquait la porte et je le suivais. Il s'arrêtait au niveau du stade de basket de la cour et s'appuyait contre un arbre. Je le rejoignais en trottinant et passais mes mains autour de sa taille, appuyant ma tête contre son dos.

- Tu as écris quelque chose sur ta copie ?

- Mon nom, mon prénom, la date et le sujet...

Je savais que la littérature n'avait jamais été son domaine et que tout ce qui était lecture l'emmerdait prodigieusement... et avec ce qui arrivait à sa mère... je sais que ce n'était pas une excuse mais disons que je pouvais comprendre... Il se retournait face à moi et se laissait glisser au sol, sa tête entre les mains.

- Je savais des trucs tu vois... Je savais qu'on avait dit des choses en classe... Ca m'a rappelé un tas de choses mais les idées venaient pas... J'arrivais plus à rien assembler ! J'arrêtais pas de penser à Elisabeth et à ce connard !

Je m'agenouillais devant lui, prenant ses mains dans les miennes.

- Tu n'as vraiment rien écrit ?

- Si... J'ai balancé quelques conneries mais j'ai même pas deux pages complètes...

- Tu as pris le texte ou les disserts ?

- Le texte...

- Ce n'étaient que de simples questions, c'est normal que ça ne te prenne pas quatre pages...

- La dernière question, c'était une courte dissertation et elle rapportait je sais pas combien ! J'ai rien fait !

Je soupirais.

- J'suis vraiment un bon à rien !

- Non... Ecoute... Je sais que c'est compliqué pour toi mais tu n'es pas un incapable ! Cette histoire te trotte dans la tête et c'est normal. S'il faut, tu iras au rattrapage. Qui sait, peut-être que tu cartonneras dans les autres matières et que ça compensera ce que tu as mal fait ?

Il levait son visage vers moi et je m'avançais, le prenant dans mes bras. Sa tête reposait sur ma poitrine et j'enroulais mes bras autour de sa nuque. J'embrassais ses cheveux et je le voyais fermer les yeux, me maintenant contre lui.

- Je vais t'aider à réviser pour le reste et si tu dois aller au rattrapage...

- Merci Bella...

Nous restions un moment seuls à nous câliner, jusqu'à ce que le flot d'élèves n'envahisse la cour. Comme d'habitude, nous entendions sur notre passage des commentaires désagréables. Ces gamins pathétiques n'avaient rien d'autre à faire ! Une fois Alice, Angela et Ben sortis, nous rentrions chez nous.

Elisabeth était assise sur le canapé, à côté de ma mère qui l'écoutait. Edward, en l'apercevant, se précipitait sur elle.

- Maman !

Il l'entourait de toute sa force et elle lui rendait son étreinte, l'embrassant sur la joue. Il s'agenouillait devant elle.

- Comment tu vas ?

- Ca va...

- Il était là ?

Elisabeth eut un silence durant lequel une larme roulait sur sa joue. Ca me tordait le ventre de la voir comme ça... Je sentais Jasper arriver derrière moi, j'étais restée dans l'encadrement de la porte et voyais Elisabeth acquiesser à la question de son fils, tout en lui caressant le visage et les cheveux. Elle le ramenait contre elle, l'embrassant avec force.

- Je suis désolée Edward de ne pas avoir su t'offrir une vie correcte...

Jasper posait sa main sur mon épaule et Esmé se levait pour nous rejoindre. Nous fermions la porte du couloir et je posais mon sac.

- Comment ça s'est passé pour Elisabeth ?

- Marcus était là... D'après Sam, ça a vite tourné en confrontation. Marcus n'a pas arrêté de rire et de lui dire «Regarde ce que tu as fait de ma vie!»... Elle ne sait pas où elle en est mais elle a tenu bon ! Ils ont fait sortir Marcus. Il est en détention provisoire depuis samedi. Il sera relâché à la fin des expertises, le temps du jugement... Mais tu sais, ça n'est pas facile. Ils ont dores et déjà programmé une autre séance avec le psychiatre, sans la présence de Marcus et son avocat. Elle aura aussi un rendez-vous avec le médecin légiste pour un certificat médical à propos de sa blessure.

- Celui de Papa ne suffit pas ?

- Non, malheureusement. C'est Gerandy qui a insisté sur ce point ! Ton père n'est pas très content ! Bon et vous, cette épreuve ?

- Edward est sorti au bout de deux heures. Il pense avoir râté son examen...

Esmé soupirait et s'asseyait sur une marche d'escalier, à côté de mon frère.

- C'était à révoir... Faire subir ça à ce garçon pendant une épreuve aussi importante... c'est pitoyable ! Et toi ?

- Je crois que je ne m'en suis pas trop mal sortie... Mais si ça se trouve, ça n'est qu'une impression !

- Il n'y a pas de raison ! Mais je crois qu'il va falloir envisager qu'Edward aille au rattrapage... On le mettra dans de bonnes conditions si cela doit se produire... Ca sera difficile pour lui demain... Et pour toi aussi ! Il va falloir que tu fasses des efforts pour te concentrer !

- Je sais... Je vais aller prendre une douche !

J'ouvrais la porte et trouvais Edward toujours à genoux devant sa mère qui le câlinait. Ils parlaient à voix basse et ne semblaient pas s'être aperçus de ma présence. Je me dirigeais vers la cuisine pour prendre un verre d'eau et entendais Elisabeth murmurer.

- Je suis déjà très fière de toi, Trésor. Quoi que tu fasses...

Je montais à l'étage rapidement, me sentant de trop. Dans la douche, je me détendais, essayant de chasser de mon esprit que demain, j'irai seule passer mon épreuve de bac. Une dizaine de minutes plus tard, la porte s'ouvrait et Edward me rejoignait dans la salle de bains. Il se déshabillait et me rejoignais. Nous nous collions l'un à l'autre, silencieux. Sans un mot, ses mains commencèrent à glisser sur mon corps, aidées par le gel douche. Chaque centimètre de peau fut touché, effleuré. Je me laissais aller dans son étreinte, savourant sa douceur.

Nos désirs nous guidaient et peu à peu, les attouchements se firent plus prononcés, lèvres contre lèvres. Ses doigts passaient sur mes seins, mes hanches, mes fesses, mes cuisses, mon sexe, mon ventre, pour retrouver ma poitrine, puis ma gorge, mes épaules... Je me laissais emporter par sa délicatesse et, haletante, je suivais un tracé identique sur son corps. L'excitation ne laissait guère d'issue à cette douche et après avoir flatté ma féminité avec ses doigts, il me soulevait et, me plaquant contre le mur carrelé, il me pénétrait lentement. Il restait immobile, ses yeux vert noircis ancrés aux miens. Peu à peu, et parce que nous étions dans une relation primitive, nos deux corps ondulaient, imbriqués, nous procurant un doux plaisir infini, loin de tout ça... J'aggrippais ses cheveux et son épaule, le griffant au passage. Ses bras autour de ma taille, il me pénétrait de plus en plus fort, haletant. Nos langues se trouvaient, taquines, et dans un gémissement étouffé, je me resserrais autour de lui, sentant son sexe frémir et déverser sa jouissance en moi. Il restait sans bouger, son visage enfoui dans mon cou, alors que je peinais à retrouver un rythme cardiaque correct.

- Je t'aime, Edward... Ne l'oublie jamais !

Pour toute réponse, il me reposait au sol et m'embrassait avec une infinie tendresse. Il m'aimait aussi, je le savais ! C'était plus qu'instinctif ! C'était pire qu'une certitude !

Aucun mot superflu ne fut échangé durant la soirée. A table, l'ambiance était un peu morose. Même Jasper semblait respecter ça. Rosalie et Emmett étaient venus dîner, pour profiter de notre frère avant son retour à Seattle le lendemain. Toute la nuit ou presque, il a joué de la guitare sur le balcon, chantonnant à voix basse.

Le lendemain matin, à 6h30 au moment de me lever, je serrais longuement Edward dans mes bras, pour tenter de nous rassurer l'un l'autre. J'aurais tout fait pour être avec lui à ce moment-là ! Tout ! Mais je ne pouvais pas et jamais Edward ne l'aurait voulu ! Mon père irait avec lui.

Je rentrais dans la salle d'examens sans entrain particulier. Je ressentais ce qu'Edward avait pu vivre hier, à penser à des choses extérieures. Lorsque la prof nous rappelait que la moitié du temps était écoulé, je décidais de me concentrer. Il n'aurait pas voulu que je râte mes examens !

Quand je sortais de la salle une heure plus tard, j'allumais mon téléphone. Immédiatement, je reçus un texto, envoyé à 10h16.

«Marcus est là, je t'ai fait une promesse Bella.

Je ne ferai rien qui pourra aller contre moi.

Fais tout ce que tu peux pour réussir ces stats,

j'ai confiance en toi,

je t'aime. Edward.»