Bah voilà !

J'ai un petit peu d'avance sur ce chapitre alors pourquoi attendre ?

Prochaine séance mardi soir et je peux vous dire une chose

... j'ai hâte mdr !

Encore une fois, 1001 mercis de votre intérêt pour cette histoire !

Toutes toutes toutes vos reviews me font infiniment plaisir,

même si je ne suis pas sûre de les mériter !

On me demande souvent si j'accepte qu'on répertorie mes histoires,

la réponse est OUI !

Merci infiniment à vous !

Rendez-vous mardi dans la soirée !

Bon week-end, prenez soin de vous !

Tiftouff.

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Point de vue d'Edward.

J'attendais dans un couloir, devant une petite salle, Carlisle face à moi. Le médecin me regardait et tournait sa tête lorsque nous entendions des pas. Mon avocat arrivait et nous serrait la main.

- Bonjour, excusez-moi je suis en retard !

- Pas de soucis, on n'est pas encore reçus ! D'ici dix minutes...

- J'ai croisé l'avocat de la partie adverse, ainsi que le plaignant.

- Il est là, Voltero ?

- Oui, il est ici !

Et voilà... Penser à Bella, j'ai promis, je ne ferai rien ! J'ai promis ! Je me mettais à marcher, pour calmer les tremblements.

- C'est vraiment légal, sa présence ?

- On peut en discuter mais ce n'est pas interdit... J'ai le droit de le faire sortir si ça se déroule mal !

Je sentais le regard de Carlisle sur moi. Rester cool ! Inspirer, expirer !

- Ca va aller, Edward ?

- J'ai vraiment le choix que ça aille ? Je râte une épreuve du bac, j'ai foiré celle d'hier, et cet espèce de... il est là ! C'est dégueulasse !

- Edward, il va falloir que vous vous conteniez. Il y aura l'avocat de votre beau-père, il pourra retenir n'importe quoi contre vous, le moindre geste de nervosité. Il va falloir vous montrer plus fort que lui ! Hier, il a commencé à perdre son sang-froid devant votre maman et devant témoin ! Je m'en servirai inévitablement contre lui ! Mais c'est aussi à effet inverse et l'avocat peut retenir tout élément contre vous.

- Ne t'en fais pas, Edward. Philip sera avec toi !

- Ca dure combien de temps ?

- Une petite heure, une heure et demie peut-être. Tout dépend du déroulement de l'entretien. Le psychologue va vous poser des questions sur votre enfance, essayez d'y répondre le plus honnêtement possible. Ceci dit, je n'ai pas beaucoup de conseils, évitez d'attaquer directement votre beau-père. Ca ne vous servira pas !

- Bien... Je vais essayer...

Nous retombions dans le silence. Je me sentais plus qu'oppressé. Chaque seconde me rapprochait de revoir Marcus, et j'appréhendais. J'envoyais un texto à Bella, je ne voulais pas qu'elle s'inquiète et râte son épreuve. Ca avait été dur pour moi de me concentrer hier... Je terminais mon message lorsque j'entendais des pas et une voix glaciale que je ne connaissais que trop bien. Je ne voulais pas lever la tête et voyais quatre chaussures. Je fermais les yeux, sachant très bien que Marcus et son avocat venaient de nous rejoindre.

- Bonjour !

L'avocat nous serrait la main et je voyais celle de Marcus se présenter devant moi. Je détournais le regard de l'autre côté, sans le regarder. Il rêvait là ! Jamais je ne serrerai la main de celui qui a frappé ma mère !

- Espèce de sale gamin ! entendis-je marmonner.
Je serrais les poings et fermais les yeux, inspirant. Je voyais derrière mes paupières le visage de Bella et nos étreintes. Je repensais à hier, à la façon dont nous avions été connecté pour faire l'amour...

- Je vous conseille, mon cher confrère, de dire à votre client de surveiller ses paroles !

- Je note aussi, cher confrère, l'attitude irrespectueuse de votre client à vous !

- Parce qu'il faudrait que je lui fasse des courbettes et le remercie pour avoir frappé ma mère et pourri ma vie ?

C'était incroyable ! Incroyable ! Me contenir serait plus dur que ce que j'avais prévu ! Je croisais pour la première fois depuis des semaines le regard froid de Marcus. Il me fixait, sans une expression sur le visage, les bras croisés. Une immense haine se déversait dans mes veines. Je n'avais qu'une envie : le frapper, encore et encore ! Jusqu'à ce qu'il crève au sol comme un chien !

- Nous ne sommes pas dans un règlement de compte ici, mais dans une expertise psychologique !

Le ton froid de l'avocat de Voltero me donnait envie de vomir.

- Parce qu'il a pris en compte cette affirmation hier quand il a rit devant ma mère et a essayé de la déstabiliser ? Il l'a pris en compte ça, lui ?

- Méfiez-vous monsieur Masen, vous êtes devant témoins !

Je sentais la main de Carlisle se poser sur mon épaule.

- Edward... Calme-toi !

- C'est ça votre grande stratégie ? Menacer ? Hier, quand il a commencé à s'adresser à Elisabeth en essayant de la culpabiliser, vous l'avez prévenu de se taire ? C'est comme ça que ça marche ?

- Ta mère a fait le mauvais choix, pour elle !

Pitié !

- Quoi ?

Uley ouvrait la porte d'une petite salle et nous faisait signe.

- Edward, stop ! allez ça suffit ! Rentre là-dedans et tâche de te calmer ! Je t'attends dehors !

Carlisle me poussait à l'intérieur de la pièce dans laquelle un homme était déjà là, assis, avec un dossier devant lui. Il nous saluait et je m'installais à côté de Philip, pendant que Marcus et son avocat de merde prenaient place de l'autre côté de la table. Sam, Gerandy et Charlie s'installaient en fond, probablement prêts à intervenir si quoi que ce soit se passait mal. Philip se penchait vers moi.

- Faites comme s'il n'y avait que vous, le psychologue et moi...

Je ne pus retenir un rictus.

- Vous en avez d'autres des blagues dans le genre ?

- Je sais que vous paraît injuste, mais c'est important que vous maîtrisiez ce qui va se passer... murmurait-il avant de redresser son dossier et le tapoter sur la table. Ce mec avait pourri dix ans de ma vie et ce n'était pas ce que je pourrais dire ou faire qui changerait quoi que ce soit !

- Bonjour Monsieur Masen !

- Bonjour...

- Je suis Ryan Monroe, je suis psychologue spécialisé dans les relations familiales. Je suis envoyé par le parquet de Seattle pour faire cet entretien. Nous allons revisiter votre passé et je vous demanderai de répondre le plus sincèrement possible à mes questions. Il ne s'agit pas de tricher, mais de dresser votre portrait psychologique. Les résultats que j'en déduirai pourront être appelé comme preuve éventuelle durant un hypothétique procès !

Marcus ricanait, tapant sur la table.

- C'est ridicule ! Qu'est-ce que ça a à dire un gamin de son âge ?

- Maître Gray, je vous prierai de demander à votre client de se taire avant que je n'arrête cet entretien et demande un recours contre votre présence ici ! tonnait Philip.

Un silence retombait.

- Monsieur Voltero, je comprends que ceci est pénible mais il faut que vous compreniez que la personne qui répond ici, c'est Monsieur Masen !

- Comme d'habitude, marmonnait-il

- Monsieur Voltero !

Marcus s'appuyait contre son dossier de chaise, croisant les bras et mimant une fermeture éclair sur sa bouche. Pathétique ! Et puéril aussi !

- Bien... Edward... Vous avez 17 ans, bientôt 18. Vous êtes le fils d'Elisabeth et d'Edward Masen, décédé durant un entraînement militaire il y a seize ans. Votre maman et vous avez déménagé de Chicago pour Port Angeles et elle est restée seule à vous élever jusqu'à vos cinq ans. Elle a rencontré Monsieur Voltero sur son lieu de travail et un an plus tard, il a emménagé chez vous. Comment votre mère vous a présenté cette idée ? A-t-elle eu beaucoup de liaisons après votre père ?

Il posait vraiment ce genre de questions ?

- Je sais pas... Je me rappelle pas... Je n'ai jamais vu d'hommes à la maison, à part lui...

Je désignais Marcus d'un signe de tête. Ce dernier secouait la tête avec un large sourire, sous le regard furieux de son avocat. Philip le fixait, notant des choses.

- Vous a-t-elle parlé de Marcus Voltero avant qu'il n'intègre le domicile ?

- Oui... Elle m'emmenait à l'église le dimanche... alors je l'ai rencontré !

- Et que vous a-t-elle dit quand il a emménagé à la maison ?

J'avais beau réfléchir, je ne m'en rappelais pas trop, à part ce soir où j'étais rentré et où il avait investi la maison.

- Je ne sais pas si elle m'en a parlé avant... Je ne me rappelle pas. Je me rappelle juste un soir être rentré de l'école en bus et Marcus était là, avec ses valises.

Le psychologue notait.

- Rien de particulier ne vous revient à ce sujet ?

- Non... Rien...

- Quel genre de relation avez-vous avec votre mère ?

- Avant ou après ce qui s'est passé ?

- Au cours de votre enfance...

- Je n'ai que ma mère. Pas de grand-père ni de grand-mère. Ma mère était fille unique et un des frères de mon père est mort aussi. Je n'ai connu que mon oncle Jerry, sa femme et leurs enfants... Et encore leurs enfants... si je les croisais, je serais incapable de les reconnaître. Alors Elisabeth pour moi c'est... elle a longtemps été ma seule relation... Je sais que je ressemble aussi beaucoup à mon père alors j'me dis que ça a dû l'inciter à me garder près d'elle.

- Vous avez souvent été comparé à votre père défunt ?

Marcus tapait ses mains sur la table en souriant, comme s'il venait d'entendre une chose absurde.

- Monsieur le psychologue... Tous les jours à la maison c'était ça ! «Et que tu ressembles à ton père !», «Et que tu fais comme ton père», «Et que ton père serait fier !»... c'était d'un comique, je vous assure ! Pathétique !

- C'est toi qui est pathétique ! T'es jaloux parce qu'elle t'a jamais laissé l'aimer comme elle avait laissé mon père le faire, c'est ça ?

Marcus se levait, furieux. La machine était lancée !

- Ton putain de père a pourri ma vie, tu m'entends ? J'ai jamais eu une seule chance avec elle à cause de lui ! Et toi, tu n'es que le mauvais reflet de son fantôme ! Elle t'aime pas ta mère ! Elle aime ton père à travers toi !

Je ne sus quoi répondre... «Elle aime ton père à travers toi!»... J'avais toujours craint d'entendre ça... et ça se produisait... Au fond de moi, j'avais toujours eu peur que cette vérité éclate. Parce que je savais que c'était vrai, en partie. Je n'étais pas aimé parce que j'étais moi. J'étais aimé parce que j'étais Edward fils de. C'était la dernière chose dont j'avais besoin... et même si je savais que Voltero était une ordure, il crachait cette vérité que je voulais nier. Il l'avait dit. Et c'était lancé par un homme qui avait connu ma mère... Je me levais de ma chaise et sortais de la pièce. La vérité était dévoilée par lui...

..::..

Point de vue de Carlisle.

Je voyais Edward claquer la porte de la salle et partir dehors. Je ne le sentais pas bien ! Mais pas bien du tout ! Maintenir Voltero dans cette salle était une sombre idée ! J'allais poser un recours si c'était possible ! Mais d'abord, je devais retrouver Edward. Je n'eus pas à aller loin. Il était sur les marches montant au commissariat, assis, replié sur lui-même. En m'approchant, je remarquais qu'il pleurait.

- Edward...

Il ne réagissait pas alors que je posais ma main sur son épaule et m'asseyais près de lui. Il avait la tête tournée à l'opposé, se mordant le bras et fermant les yeux avec force. Un gamin de cet âge-là ne devrait pas souffrir autant.

- Qu'est-ce qui s'est passé, Edward ?

- Vous vous êtes déjà senti... de trop ? Vous avez déjà eu l'impression de pas avoir votre place ?

- Pourquoi ?

Il reniflait et relevait sa tête vers moi, me fixant d'un regard embué.

- Répondez-moi !

A dire vrai, je n'avais jamais ressenti ça...

- Je ne sais pas, Edward. Non, ça ne m'est jamais arrivé comme toi tu peux le ressentir...

Il passait sa main nerveusement dans ses cheveux et soupirait, s'essuyant les joues.

- Il a dit ce que j'ai toujours su pendant des années... que j'étais aimé parce que je suis comme mon père...

- Edward... ce n'est pas vrai !

Il se levait vivement, tapant ses mains sur ses flancs.

- Mais putain réalisez Carlisle ! Je m'appelle Edward ! Ed-ward ! Comme mon père ! Je ressemble à mon père ! Elisabeth a passé sa vie à me comparer à lui ! Je suis ce qu'elle voulait que je sois ! Je suis un échec pour elle...

Je me levais à mon tour.

- Il n'y a que Bella qui m'aime pour ce que je suis...

Je m'approchais de lui et posais ma main sur son épaule.

- C'est faux, il n'y a pas que Bella. Pour nous aussi tu comptes. Pour mes fils, mes filles, ma femme... Je t'apprécie énormément pour l'homme que tu es... Tu es quelqu'un pour nous, Edward. Tu es toi, et on t'aime ainsi ! Et je suis certain qu'Elisabeth t'aime aussi parce que tu es son fils, et pas une simple copie de ton père...

Il se tournait vers moi, visiblement ébranlé.

- Jamais je ne pourrai... assez vous remercier...

Je l'étreignais longuement. Il n'avait pas à chercher mille façons de me remercier !

- Tu prends soin de Bella, tu la rends heureuse. C'est une compensation suffisante...

- Je le ferai toute ma vie, tant qu'elle voudra de moi !

J'en avais une boule au ventre mais ainsi était la vie. Mes enfants étaient nés et grandissaient... puis partaient.

- Je pense que tu devras la supporter longtemps, alors... souriais-je.

Il souriait à son tour et baissait les yeux. A ce moment-là, Sam venait.

- Edward, il faudrait que vous reveniez. On a fait sortir votre beau-père. La prochaine séance se déroulera sans lui.

- Vas-y... c'est important ! Je peux le suivre ?

- Si vous voulez oui...

J'accompagnais Edward et nous rejoignions la salle. Philip et l'avocat de Marcus étaient en grande discussion. Edward se réinstallait à côté du psychologue et je m'asseyais en face.

- Excusez-moi pour... être sorti.

- Ca arrive fréquemment... Nous allons reprendre. Si vous aviez l'occasion que votre père vous entende, que souhaiteriez-vous lui dire ?

Edward fixait le vide un long moment.

- Je sais pas... qu'il me manque probablement... qu'il manque à ma mère aussi. Des fois, je lui en veux d'avoir fait cette dernière mission avec cet entraînement qui l'a tué. Non, en fait, je lui en veux tout le temps ! Je sais que c'était son métier et qu'il était respecté pour ce truc mais jamais, quand j'aurai des enfants, jamais je ne repousserai une échéance pour eux. Je peux pas m'imaginer une seule seconde aller risquer mourir et les laisser derrière, au risque de pas les revoir !

- A partir de l'arrivée de votre beau-père, comment vous êtes-vous senti ?

- Ca a été soudain... j'étais impressionné parce que je le voyais tous les dimanches à l'église parler à tous ces gens qui l'écoutaient... Et après, je sais pas... ça a été comme si je voulais attirer son attention ou quelque chose comme ça !

De longues minutes durant, l'enfance d'Edward et sa relation à Marcus a été approfondi. Il a dû remplir un long questionnaire remis par le psychologue. Une nouvelle rencontre fut programmée la semaine suivante. Nous quittions le commissariat, sans trop savoir quoi penser. Rien ne nous avait été indiqué, ni le temps que mettra le psychologue pour rendre son verdict, ni combien de temps les rencontres dureront. Philip m'avait dit qu'en général, il y avait deux à trois séances, mais que ça variait énormément.

A la sortie, Bella était adossée à sa volvo, concentrée dans ses brouillons et une copie. Elle nous apercevait, balançait ses affaires sur son siège et se mettait à courir vers Edward qui l'enlaçait fermement. Jamais elle n'avait couru comme ça vers moi... sauf peut-être quand c'était le jour de son anniversaire qu'elle était enfant, et qu'elle savait que je revenais avec ses cadeaux ! Ils s'étreignirent longuement, comme si on les avait privé de quelque chose. Edward l'embrassait et je me détournais jusqu'à ma voiture.

..::..

Point de vue de Bella.

Sur le chemin du retour, Edward ne disait pas grand chose. Il lisait attentivement la feuille d'examen de statistiques et analysait mes brouillons.

- Tu t'es plantée là...

Je m'arrêtais au feu rouge et me penchais.

- Où ?

- Là... Fallait faire une étape de plus avant de faire la fraction...

- Merde !

Il souriait.

- Jusqu'au bout ils t'auront fait chier ces maths !

- Je ne suis pas fâchée d'en terminer...

Il déposait un baiser sur ma joue et je l'embrassais avant que le feu ne repasse au vert. Arrivés à la maison, nous croisions Jasper qui sautait les trois marches du perron, avec son sac.

- Ca a été ?

- Ouais !

- Et toi Edward ?

Mon compagnon haussait simplement les épaules, visage fermé. Il ne m'avait pas dit ce qui clochait, mais je comptais bien le savoir ! Jasper et moi échangions un regard et il tapotait son épaule.

- Je file, tu embrasseras tout le monde pour moi !

- Tu reviens le week-end prochain ?

- Je sais pas, comme c'est les deux dernières semaines de tournage on va sûrement bosser les raccords ! J'appelerai Papa et je te dirai !

- Ok, bosse bien !

- Ouais, on va essayer ! Tu m'envoies un texto quand t'as été à l'écho de Rose !

Il partait en courant à sa voiture.

- Ah merde au fait, Edward ! Ta mère m'a dit de te dire qu'après sa séance de radiothérapie, elle va chez vous parce que le serrurier va passer !

- Oh, ok ! Merci !

Mon frère s'en allait et nous nous retrouvions seuls dans la maison. Edward semblait perdu, comme s'il ne savait pas où aller ou quoi faire de ses dix doigts !

- J'ai encore un peu de temps avant d'aller à l'échographie de ma soeur, on va se promener au bord du lac ?

- Ouais, si tu veux...

..

Nous traversions le centre-ville nos doigts entrelacés. Edward était silencieux depuis un petit moment. Je ne savais pas comment aborder la situation même si je voulais qu'il me parle de ce qu'il ressentait au fond de lui. J'enlaçais sa taille et il me tenait par les épaules. Nous avancions et croisions Kate et Johan.

- Alors, ces épreuves ?

- On va bien attendre les résultats pour nous prononcer... Et vous ? Ca a été ?

- Je crois oui ! Dis Bella, tu as vu la robe de mariée rose-bonbons dans la boutique là-bas ?

- Rose bonbon ?

Elle m'entrainait devant la vitrine et je voyais la robe qui ressemblait à une énorme fraise tagada.

- C'est horrible ! La robe jaune citron un peu pâle est jolie par contre !

- C'est vrai... J'aime bien la rouge aussi avec le bustier et le chapeau !

- Elle est très classe !

Je sentais un bras s'enrouler à ma taille et voyais le reflet d'Edward dans la vitre. Il souriait faiblement. Je me tournais vers lui et l'enlaçais. Nous saluions Kate et Johan avant de rester face au magasin.

- Je ne me vois pas du tout dans une robe rose bonbons pour me marier...

- Vraiment ? Dommage ! J'aurais donc jamais l'occasion d'épouser une fraise tagada !

Je sentais ses lèvres se poser sur ma tempe avec douceur.

- Tu pourras épouser une meringue ou un citron !

- Ca te plaît toi en jaune pâle comme ça ?

- Oui, ça te plaît pas toi ?

- Difficile à dire, je te rappelle que c'est pas moi qu'on habillera en princesse !

Je ne pouvais retenir un rougissement.

- Une princesse, comme tu y vas !

Il me reculait, tenant ses mains sur mes hanches.

- Tu as raison, tu seras encore mieux qu'une princesse ce jour-là... Et ça sera comme ça pour le reste de ma vie...

Oh bah alors là... Edward, ou l'art de me rendre barge par deux simples phrases ! Je devais rougir furieusement parce qu'il passait le revers de ses doigts sur mes joues, avant de sourire et de m'embrasser.

- On finit d'aller au lac ?

J'acquiessais et nous nous dirigions vers le lac. Un beau soleil innondait la baie et nous nous installions contre un arbre, sur la pelouse. Je posais ma veste et Edward s'asseyait en tailleur face à moi. Il y avait peu d'espace entre nous, nos mains nouées. Le silence s'imposait alors qu'Edward jouait avec nos doigts, le visage froncé. De temps à autre, il embrassait mes mains et les faisait toucher ses joues. Il recherchait de la tendresse et il ne faisait cela que lorsque quelque chose le tracassait...

- Bella ?

- Oui ?

- Pourquoi tu m'aimes ?

Il plongeait son regard dans le mien et j'y voyais alors un réel questionnement et non une remise en cause.

- Parce que tu es toi, tu es quelqu'un de bien et de sincère. Tu es doux, tendre, patient et calme... Tu as des yeux qui me font fondre dès que je les vois, et aussi et surtout parce que j'aime sentir mon coeur s'affoler et mes jambes trembler de bonheur quand tu me prends dans tes bras. Parce que j'aime ce que tu as apporté à ma vie, ta présence tous les jours et aussi parce que je sais qu'on se respecte l'un et l'autre et qu'on s'aime de la même façon tous les deux ! souriais-je.

Son regard avait quitté le mien et il admirait le petit carré d'herbes entre nos deux corps.

- Pourquoi tu me demandes ça ? Tu as peur que je ne t'aime pas ?

Il relevait brutalement les yeux vers moi et posait sa paume sur ma joue.

- Non... Je sais que tu m'aimes... C'est juste ce qu'a dit Marcus qui...

Marcus, Marcus, Marcus ! Je n'arrivais même pas à comprendre pourquoi il se tracassait avec ce qu'il disait !

- Edward ! Chut, écoute-moi s'il te plaît... Ce qu'a pu te dire ce crétin ne compte pas. Il a cherché à te déstabiliser. Il sent qu'il perd la partie, alors il abat ses dernières cartes. Il a fait en sorte que chaque jour qui passe, tu te sentes mal dans ta peau et insignifiant. Mais tu es fort, Edward et plus intelligent que lui ! Qu'est-ce qu'il t'a dit exactement ?

Edward soupirait et fermait les yeux un bref instant.

- Viens là... Dis-moi ce qu'il t'a dit...

Je lui ouvrais mes bras et il vint s'allonger entre mes jambes, son dos contre mon buste. J'entourais mes bras autour de son cou et embrassais sa tempe. Un long moment, nous fixions le lac s'étendant devant nous. Edward caressait mes bras de ses doigts.

- Il a fini par me dire que ma mère ne m'aimait pas pour moi, mais parce que je ressemble à mon père...

Oh seigneur mais quel crétin ce type !

- C'est faux et j'en suis sûre ! Elle t'aime parce que tu es le plus beau cadeau que le Sergent a pu lui faire ! Alors oui, tu lui ressembles, j'ai vu les photos de ton papa. Oui, il est probable que ta mère pense à lui quand elle te voit. Mais elle ne pense pas qu'à lui. Elle pense au fils super qu'elle a pu avoir, à ce garçon si généreux que ton père lui a offert et qui ferait sa fierté s'il était encore là. Ton père n'est pas ton ennemi et ne le sera jamais... tu comprends ? Marcus fait tout ça parce que c'est un crétin... une merde molle si tu veux mon avis !

Edward éclatait de rire et levait sa tête vers moi. C'était bon de le voir sourire. C'était la plus belle chose que je possédais. Il embrassait ma mâchoire et je me penchais pour quérir ses douces lèvres. Il se tournait sur le flanc droit contre moi et nichait son visage dans mon cou, déposant sa bouche contre. Je caressais ses joues et ses cheveux alors qu'il entourait ma taille de ses bras puissants. J'embrassais son front et pliais ma jambe gauche contre son dos.

- Ne pense plus à tout ça, Edward... Ta mère t'aime pour ce que tu es. Pas pour ta ressemblance avec ton père.

- Je voudrais te croire, tu sais... J'ai jamais été à l'aise ave ce fantôme de mon père... On m'a toujours dit que c'était quelqu'un de bien, de fort, de courageux. Au fond, je sais que je ne serai jamais comme lui...

Je continuais de le câliner et l'écouter. Je sais qu'il en avait besoin...

- Tu es quelqu'un de bien. Tu es aussi fort et courageux, parce que avoir dit la vérité à ta mère, aller porter plainte et affronter Marcus dans un procès, c'est très courageux. Etre courageux n'est pas forcément aller à la guerre et porter un uniforme. Etre courageux c'est en toi... Tu devrais parler à ta maman de ce que tu ressens...

- Non, elle culpabilise déjà assez !

- Je serais toi, je le ferais ! Tu fais comme tu sens...

Après un temps silencieux, Edward se redressait et m'embrassait sous l'oreille. Il la caressait du bout du nez, me causant des frissons.

- J'irai la voir après sa séance pendant que tu seras à l'échographie de ta soeur...

Je savourais sa tendresse, souriante, et retrouvais ses lèvres rapidement.

.

- Et je vous présente Bébé n°1... Et bébé n°2 !

- QUOI ?

Des jumeaux ?!?!

- Vous êtes sûre ?

- Certaine ! Ca fait vingt-cinq ans que je pratique ce métier et je sais reconnaître des jumeaux quand j'en vois !

- Des jumeaux... Mais... comment on va faire ?

Je me tournais vers Emmett, qui semblait paniquer. J'avais envie de le filmer pour envoyer ça à Jasper rien que pour me marrer !

- Tu feras la même chose qu'avec un bébé, mais tu le feras deux fois, andouille !

- Ah ah ah petite comique !

Rosalie soupirait, conquise malgré tout. Elle ne lâchait pas l'écran des yeux et les coeurs qui battaient. Une larme roulait sur sa joue et j'embrassais ma soeur.

- Félicitations !

- Merci chérie !

- Toi je te félicite pas, le râleur !

- Heh mais n'empêche t'as vu, j'suis un sacré viseur ! Deux dans le mille !

Nous éclations de rire et la professionnelle effectuait des contrôles de rigueur. Elle décidait de nous laisser quelques instants et j'écoutais encore les battements de mes futurs neveux ou futures nièces... Un instant, j'imaginais partager cette joie qui semblait tellement intense avec Edward... Il me tiendrait la main et ensemble, nous sentirions notre coeur battre plus fort en entendant ces «boum-boum-boum-boum» incessants...

- Je vais vous laisser profiter de ça ! Vous prenez un cliché de l'échographie pour moi ?

- Bien sûr ! Tu n'annonces rien à Papa et Maman ? On va leur dire ce soir...

- Promis...

J'embrassais mon frère et ma soeur avant de sortir de la salle.

Je retrouvais Edward une des salles d'attente. Elisabeth devait encore être à sa séance de radiothérapie. Mon compagnon bouquinait un magasine scientifique, dos au couloir d'où j'arrivais. Je posais mes mains sur ses yeux et il souriait.

- C'est qui ?

- Ma future tatie préférée...

Je déposais un baiser sous son oreille.

- Future tatie préférée plutôt deux fois qu'une !

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

Je m'installais sur ses genoux et l'embrassais.

- Rosalie attend des jumeaux !

Je voyais l'étonnement se peindre sur son visage.

- Vraiment ?

- Tu aurais vu la tête de mon frère, c'était spectaculaire !

- Des jumeaux ? Vous savez si c'est des filles ou des mecs ?

- Non, on le saura qu'au cinquième mois !

- Tu vas être deux fois tatie alors !

- Tu vas m'aider dans cette tâche, Tonton... souriais-je avant de l'embrasser.

La mère d'Edward sortait à ce moment-là, soutenue par Eric.

- Et voilà, c'est terminé ! Plus qu'une séance et on pourra faire un bilan ! Et dans un mois, vous pourrez faire le marathon de New-York !

- N'exagérez pas, Eric !

- C'est si peu mon genre ! Je vais aller remplir des papiers et je vous ramène votre dossier, d'accord ?

- Merci ! Vous êtes gentil !

- A votre service...

L'infirmier se détournait en lançant un clin d'oeil à Elisabeth. Contre moi, Edward posait son visage contre mon cou et grognait faiblement. Je me mettais à rire en caressant sa joue. L'idée que sa mère se fasse draguer ne l'enchantait guère, même s'il respectait énormément Eric et l'appréciait. C'était sa mère, c'était normal. Si ma mère devait mourir et que mon père se fasse draguer par une aide-soignante, je n'étais pas certaine de savoir apprécier le geste.

Le soir, ce fut une explosion de joie dans le salon quand ma soeur et mon frère offrirent à mes parents deux paires de chaussures. Alice était venue passer la soirée à réviser avec nous. Elisabeth passait sa dernière nuit à la maison. Le serrurier avait eu un petit problème de fourniture de matériel et ne passerait que le lendemain. Edward et moi nous couchions vers 23h et je me blotissais dans ses bras. Il embrassait mon front.

- Bella ?

- Hmmm ?

Je sentais son doigt caresser ma mâchoire avec tendresse.

- J'ai pensé à quelque chose...

- Dis-moi...

Je relevais la tête vers lui et captais son regard vert.

- Je veux qu'on parle sans s'engueuler de ce sujet... parce qu'on a pas de vaisselle à casser... souriait-il.

Je riais.

- Oui, bien sûr...

Je me doutais du sujet qu'il voulait aborder et je savais que ça devait finir par arriver...

- Tu veux retourner chez ta maman ?

Il touchait ma joue du revers de ses doigts.

- Je sais que Marcus est en détention provisoire mais quand il sortira...

- Tu crois qu'il s'en prendra à elle ?

- J'en ai peur... Je voudrais être là si... Elle est faible, elle ne saurait pas se défendre...

- Elle a changé les serrures, il ne rentrera plus !

- Je sais...

Mon coeur se serrait et si je ne me retenais pas, je me serais mise à pleurer.

- Tu veux partir... quand ?

Cette idée me donnait envie de vomir. Il était parti à Chicago et j'avais cru mourir à chaque respiration sans lui...

- Bella, je ne partirai pas sans qu'on ait trouvé un compromis, ni sans que tu m'ais dit ce que tu ressentais.

Je me redressais contre la tête du lit et fermais les yeux. Il en fit de même et prenait ma main.

- Tu veux réellement savoir ?

- Si je te le demande, c'est que oui, je veux savoir !

- Bien...

Je décidais de tout lui dire. Après tout, c'est ce qu'il voulait...

- Je me suis habituée à ta présence ici et j'ai toujours peur que tu partes comme tu as fait... Je sais aussi que tu fais ça pour Elisabeth et je ne peux pas t'empêcher de le faire.

- Ôte-toi cette idée de la tête mon amour... Je ne te quitterai plus ! J'en ai souffert aussi, énormément ! Chaque heure qui passait me déchirait. Je te jure Bella que ce ne sont pas des paroles en l'air. Je partirai juste le temps que je ne suis pas sûr que Marcus n'approchera plus ma mère. Dès la rentrée, quoi qu'il arrive, on vivra ensemble ! Je te le promets...

- Je sais...

- J'ai quelque chose à te proposer !

- Je t'écoute !

- Tu pourras venir dormir chez moi si tu veux !

Je m'installais à califourchon sur ses cuisses.

- Parce que tu t'imaginais que j'allais passer toutes mes nuits toute seule jusqu'à la rentrée ? Tu te fourres un doigt dans l'oeil mon lapin !

Un large sourire se dessinait sur son visage.

- J'espérais que tu me répondes quelque chose de tordu dans ce genre-là...

Je m'emparais de ses lèvres et sa langue caressait la mienne. Il passait ses bras autour de ma taille et m'enlaçait.

- Je ne suis pas tordue !

- Si tu l'es ! Et tu le sais !

Nous nous embrassions encore et il m'allongeait sur le matelas pour me faire l'amour. Nous essayions d'être discrets, Elisabeth dormant dans ma chambre et nous dans celle de Jasper. Je m'endormais dans les bras de mon compagnon, rassurée par le fait que ce n'était pas une séparation. Septembre arriverait vite et nous pourrions vivre ensemble...

..::..

Point de vue d'Edward.

Dernière épreuve du bac. Celle d'hier avait été très compliqué. Après l'examen, nous avions retrouvé notre professeure qui avait regardé le sujet avec nous, pour nous expliquer quoi faire. Même elle trouvait le sujet coton ! C'était bien ma veine ça ! Déjà qu'en langue, j'avais l'impression de m'être troué... Ca ne s'annonçait pas terrible ! J'avais une sale impression ! Bella pensait aussi avoir râté l'épreuve de sciences. Même Alice n'était pas optimiste... Il n'y avait que Ben et Angela qui semblaient s'approcher des réponses justes avec leurs brouillons.

- Au moins, c'est terminé !

- Ca vous dirait de fêter ça ?

- On peut aller en boîte...

- On peut pas ce week-end nous, on va chez mon frère avec Angie ! lançait Ben

- On peut faire ça le week-end prochain ? suggérait Bella.

- Ouais ! Pourquoi pas ?

Nous nous séparions après nous être promis de nous tenir au courant. Je me tournais une dernière fois vers ce lycée... C'était terminé ! Je pouvais tourner une page. Je ne verrai plus ces gros cons... En croisant Irina et ses petites copines, je réalisais le chemin parcouru. A la rentrée de Septembre, j'étais un idiot enfermé entre ma voiture et la forêt... En juin aujourd'hui, je suis entouré. De ma meilleure amie, de ma petite-amie, de mes amis. La vie, le vent, ça tournait toujours. J'avais appris à m'accrocher, ne pas me renfermer. Bella y était pour beaucoup ! Malgré tout ce qui s'était passé, je ne regrettais rien.

- J'espère que tu te casses très loin pour la rentrée, Masen ! Envoie-moi un mail pour que je ne m'inscrive pas dans la même université que toi ! grondait Irina.

Je me retournais sur elle.

- Rassure-toi, je vais tout faire pour ne plus croiser ta tête ! J'ai trop passé de temps aux toilettes à vomir en pensant à toi !

J'attrapais la main de ma compagne et l'entraînais vers ma voiture. C'en était terminé et ce fut comme si un poids me quittait ! La prochaine fois que je reviendrai, ce serait pour les résultats. Après, je n'aurai plus aucune pensée pour ce lieu ! Le seul qui allait me manquer serait cette forêt !

Kate et Tanya s'apprêtaient à partir dans la voiture de l'aînée des Denali.

- Alors ? C'est terminé !

- Oui, avec aucun regrets ! souriait Bella.

- Vous faites quoi l'année prochaine ?

- On attend des réponses de facultés, et vous ?

- Pareil...

Le garçon de Première, Colin, arrivait vers Tanya et lui donnait un baiser sur la bouche. Hééé beeeen ! Là aussi, les choses changeaient ! Bella me souriait et Kate nous adressait un clin d'oeil.

- On garde contact ? demandait Kate

- Bien sûr !

Nous échangions nos emails avec plaisir. Kate était vraiment une fille sympa ! Je l'avais toujours apprécié et je crois que c'était réciproque ! Les Denali partaient, laissant Irina prendre le bus. Nous montions dans ma voiture et je conduisais jusqu'à chez les Cullen.

J'eus la surprise de voir la voiture de ma mère garée devant la maison. Nous entendions des voix provenant du jardin derrière.

- Ils doivent prendre l'apéritif !

Nous déposions nos sacs dans le salon pour rejoindre les Cullen et... OH ! Jerry et Elena !

- Salut gamin !

- Heh ! Oncle Jerry ! Tante Elena !

Je les serrais les uns après les autres dans mes bras.

- On t'avait promis qu'on viendrait, nous voilà !

- J'suis super content de vous voir !

- T'as meilleure mine ! Je suppose que c'est la faute de cette charmante jeune brunette aux grands yeux ?

J'acquiessais en souriant et passais ma main sur la taille de Bella.

- C'est Bella... ma compagne et Bella, je te présente mon oncle et ma tante !

- C'est un plaisir de vous rencontrer, on a beaucoup entendu parler de vous il y a quelques semaines de ça !

- Enchantée !

- Vous voulez un apéritif les enfants pour fêter la fin du bac ?

- Avec plaisir !

La soirée s'éternisait autour de la table en bois, à l'extérieur. Bella, sa mère et la mienne préparaient des toasts et nous dînions ainsi, à la bonne franquette. J'étais sincèrement heureux de revoir mon oncle et ma tante. Je leur devais beaucoup ! C'était ça la vie et ça aurait pu être encore mieux si Marcus n'avait pas investi mon existence. Quand je voyais ce bleu sur le visage de ma mère, ça me donnait envie d'aller le trouver et de le tuer purement et simplement ! C'était tout ce qu'il méritait ! Il fallait encore faire ce combat, aller subir ces expertises. J'ignorais quand tout allait se terminer mais ce jour-là, je pourrais vraiment commencer une nouvelle vie et tout oublier, en compagnie des gens que j'aime. Ce soir, toutes ces personnes étaient là. Je voulais tous les garder auprès de moi et effacer cette ordure !

..::..

Point de vue de Jasper.

- NON PUTAIN NON NON ET NON ! CETTE SEQUENCE DOIT ETRE REFAITE, Y A PAS A CHIER DEUX FLANS A LA NOIX DE COCO ! C'EST NUL ! AUCUNE COHERENCE DANS LES PLANS, LE RACCORD EST IMPOSSIBLE A FAIRE !

- Mais comment tu veux qu'on fasse ça, Jasper ?!

- Et ben c'est pas compliqué merde ! On reprend les mêmes et on recommence ! Faut faire ça ! Sois tu veux un film de qualité et on reste jusqu'à 22h, soit tu veux chier ton film et dans ce cas-là, je démissionne !

- Jasper... C'est le dernier jour de tournage ! On est tous crevés !

- Pas moi ! C'est mon premier film je compte bien le mener correctement ! Je vous veux tous sur le décor d'ici dix minutes, point barre !

C'est pas possible d'être entouré d'abrutis aussi incompétents ! Je ne comprenais pas du tout cette fatigue qui les avait envahis les uns après les autres, à la queue leuleu ! On avait eu plusieurs rushs sur le tournage et c'était vrai que c'était pénible mais putain dans la vie quand on veut un truc, faut qu'on s'accroche !

J'attrapais mon portable pour appeler Carlisle.

«Allo ?»

- Papa ? C'est Jazz !

«Salut bonhomme ! Alors, ce tournage, c'est terminé ?»

- Problème de raccords et de cohérence ! Je pense pas partir de Seattle avant minuit ! Donc m'attendez pas avant cinq heures du matin !

« Tu tiendras pour la route ?»

- Ca fait quatre jours qu'on termine les tournages à quatre heures donc j'ai le rythme c'est bon t'en fais pas !

« Bien ! Esmé te laissera à dîner dans le frigo !»

- Ah merci c'est cool ! Je passe un coup de fil à Maria et j'y retourne !

« D'accord ! Bonne fin de soirée!»

- Merci ! A plus !

Je raccrochais et tapais le numéro de ma fiancée.

- Maria ? C'est moi !

« Oh, c'est toi!»

Elle avait l'air blasé.

- Ca va ?

«Ouais, ça va ! Je suis un peu fatiguée...»

- Qu'est-ce que t'as ?

« Ma mère me rend folle pour les derniers préparatifs...»

- C'est ta mère, y a rien de neuf là-dedans !

« Jasper !»

- Tu sais très bien ce que je pense d'elle !

« Et je sais très bien ce qu'elle pense de toi !»

- Je le sais aussi !

Maria soupirait.

« Excuse-moi, je suis crevée...»

- Moi aussi, désolé !

« Tu as terminé ?»

- On a un dernier plan à faire ! Je serai chez mes parents tard... guère avant cinq heures !

« Tu y restes combien de temps ?»

- Jusqu'au 13, on arrivera tous le 14 ! Il y aura des trucs à terminer de préparer ?

« Non, je me charge de tout !»

- C'est ridicule, mes parents pourraient vous aider !

« Nous sommes assez compétents pour ça tu sais !»

Son ton était sec. Maria et sa vanité...

- Bon... Je te fais confiance !

« Très bien... Ecoute, je dois y aller ! Charlotte est venue dîner à la maison !»

- Ok !

« Tu m'envoies un message quand tu es arrivé ?»

Je ne pus retenir un sourire. Elle s'inquiétait toujours, pire qu'Esmé !

- D'accord, comme d'habitude !

« Je t'aime...»

- Je t'aime aussi !

Je raccrochais et balançais mon téléphone sur la table dans le mobil-home avant de m'affaler sur le canapé. J'étais crevé, vidé. Depuis deux semaines, j'avais l'impression que quoi que je fasse, ça serait un échec ! Je détestais échouer ! Et je détestais me dire que je risquais aussi de tout perdre, sur tous les plans ! Professionnellement, je savais que plusieurs personnes du tournage s'étaient plaintes à Todd de mon comportement. Tout le monde m'agaçait ces temps. C'était très irritant tous ces regards, ces attentes. On attendait de moi une sorte de génie ! Mais putain j'suis pas comme Aladdin et la lampe magique, moi ! Suffit pas de me caresser le manche trois fois pour que je sorte une espèce de Génie des idées !

J'avais comme l'impression que sentimentalement parlant, ça allait être encore plus compliqué que ce que je vivais sur les plateaux. Je me sentais oppressé. Je n'avais aucun choix, aucune opinion à émettre. C'était tac tac tac et tac ! Ca filait droit ! Maria me faisait peut-être payer mon manque d'investissement... Plus la date se rapprochait et plus je sentais mes couilles se liquéfier ! Je pensais encore et toujours à Alice... Malgré toute ma volonté, je n'arrivais pas à l'oublier... Et plus ça allait, plus l'illusion que tout irait toujours bien dans ma vie s'effaçait. Je savais plus ce que je devais faire : hurler, ou accepter ce qui allait m'arriver.

Emmett avait raison ! J'avais devant moi deux options : Maria et ma vie tranquille. Cet avenir tracé qui contenterait tout le monde. Mon amour de toujours. Et Alice. Alice et le risque. La passion. Deux vies totalement opposées, sept ans d'écart et tout un monde entre nous !

J'avais juste l'impression d'être face à un ravin au fond en flammes qui me séparait de la vie du lutin. Si je reste sur le côté, tout irait bien. Mais si je m'élançais pour atteindre l'autre rive...