Bonjour tout le monde, salut toute seule !

Un petit (très grand !) chapitre en avance !

.o.0.o.

Je voulais répondre à plusieurs lectrices.
Edward n'a pas eu son bac !

OUI, il ne l'a pas eu !

Primo, parce que ça peut arriver, même aux meilleurs.

Secundo, je pense qu'avec tout ce qu'il a vécu, entre Marcus et tout ça,

c'est difficile de se concentrer. En une année de terminale,

Edward a subi :

- La maladie de sa mère,

- Une situation infernale au lycée,

- Un procès avec Marcus

- Des expertises psychologiques, même le jour d'un rattrapage !

- Elisabeth a pris des coups et Edward s'est battu.

Celui qui réussit à traverser tout ça sans faiblir s'appelle Rambo !

C'est pas la mort de ne pas avoir son bac, il va le repasser loin d'un tel climat.

Edward n'a déjà basiquement pas confiance en lui, comment peut-il aller à un examen

en se disant : JE SUIS UN WINNER JE VAIS PASSER OUTRE TOUT CA !

Edward n'a pas raté qu'une seule épreuve ! Certes, il a raté à cause d'une expertise,

mais il a aussi foiré les autres ! Ce n'était pas une surprise.

La vie c'est aussi ça : y en a qui réussissent, y en a qui échouent.

Edward n'est pas parfait.

Merci à celles qui l'ont compris !

Les résultats de l'expertise psychologique aideront à comprendre

comment Edward réagit dans sa tête. La maltraitance psychologique a des répercussions sur les réactions des victimes. Il faut le savoir !

(Plus de détails à ce sujet dans le prochain chapitre !)

.o.0.o.

Quant aux petites plaintes que j'ai reçu concernant le fait qu'on avait pas

la soirée en boîte du pov Alice et Jasper j'ai envie de vous dire : patience !

Le chapitre précédent était déjà long et je ne voyais aucun intérêt à faire

un chapitre de 30 pages qui aurait été long et pénible

non seulement à lire, mais aussi à écrire !

Et si le reste de l'histoire d'Alice a pu vous paraître rapide,

oui ça l'est. Mais Jardin Secret se termine bientôt.

Il faut parfois sacrifier des trucs !

Je tenais à parler de tout cela, à vous expliquer ce que je ressens !

Ca m'a fait un drôle d'effet, parce que je sais pas comment vous

contenter toutes. J'aimerais faire un truc que tout le monde apprécie

mais c'est visiblement impossible

Donc je fais comme je le ressens, et comme j'ai envie que cela se fasse !

.o.0.o.

Après avoir râlé, je vous laisse lire en vous disant que le prochain chapitre

Sera mardi soir. Et le tout tout dernier de la fiction (le 43eme, épilogue !)

Ça sera pour le samedi 22 mai.

Merci à toutes pour votre mobilisation massive au dernier chapitre.

175 reviews… vous m'avez tué -)

Prenez soin de vous,

Bonne fin de semaine,

Je vous embrasse.
Tiftouff.

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Point de vue de Jasper.

Ce séjour à Jacksonville m'avait retourné le bide. Il y a ces gens qui souffrent, enfermés. Nous, on est libres et on se plaint ! Où est la logique, hein ? Et parmi tout ça, dans le lot, il fallait qu'il y ait la mère d'Alice. Elle avait fait preuve d'un courage monstrueux. Dans l'avion du retour, elle s'était endormie les trois quart du trajet, silencieuse le reste. Dans la voiture, pareil. Je la regardais dormir, apaisée. Elle avait enfin trouvé la vérité. Elle avait ébranlé sa vie, sans se retourner vers l'arrière... Je l'admirais pour ça et pour la façon dont elle affrontait les choses. Quand elle s'était mise à pleurer chez sa tante, malgré tout, je n'avais pu m'empêcher de céder à la réconforter.

Depuis notre retour, je n'avais pas fait grand-chose. Je l'avais laissé chez elle, sans avoir de nouvelles. Bella et Edward n'en avaient pas non plus. J'étais pris d'une furieuse envie de me battre et de me battre pour elle. Ca ne m'était jamais arrivé. Peu à peu, elle envahissait mes rêves. Ca m'arrachait mais... je crois qu'Alice... elle était entrain d'envoler toutes mes certitudes. On m'avait appelé pour que je vérifie des séquences du film. J'avais ouvert mes mails sans enthousiasme. Je n'arrivais plus à rien faire, plus à me connecter à ma passion. Je voulais des nouvelles d'Alice ! Deux heures de boulot plus tard, je n'avais rien fait. Je n'étais pas motivé pour ça ! Alice, Alice, Alice ! Je voulais me foutre un coup dans la tronche et oublier. Oublier son visage, sa peau douce... oublier sa gentillesse et son sourire. Elle m'obsédait vraiment. La dernière qui m'avait obsédé comme ça, c'était Maria ! Parfois, il m'était facile d'oublier que nous avions sept ans d'écart et tout un monde entre nous. Parfois, elle était mon égal...

Je l'avais croisé pas loin de chez elle, à l'arrêt de bus. J'avais flippé en réalisant que j'étais venu dans le quartier, un : en mentant à ma famille sur mon lieu de visite, deux : en espérant la voir. Et je l'avais vu. J'avais été vers elle, qui avait une mine si triste. Nous avions peu parlé, nous évertuant à nous balader en silence. Je lui avais offert un café.

«Comment tu te sens par rapport à cette histoire ?»

«Je sais pas comment réagir et... ça me tue !»

Elle avait éclaté en sanglots. J'avais alors pris sa main, et son contact me soulageait presque. Près d'elle, il me semblait n'y avoir qu'une direction à suivre.

«Tu regrettes ?»

«Elle doit tellement... souffrir !»

«Tu sais... Peut-être qu'elle ne réalise plus ! «

« Je suis ignoble si... je l'espère pour elle qu'elle... ne comprenne plus ?»

« Non... Au contraire... Elle t'a mis dans cet orphelinat pour que tu ais une vie plus belle que ce qu'elle ne pouvait te donner. Elle a dû t'aimer profondément tu sais ! Faire ça demande une véritable bravoure. Et tu en as hérité !»

J'avais posé ma main sur son cœur, qui battait vivement. Sa paume avait rejoint la mienne et elle avait inspiré longuement, fermant les yeux.

Elle m'avait semblé si naturelle et calme, à mille lieues de sa folie que j'avais appris à aimer. Lorsqu'elle avait rouvert ses yeux, ils avaient retrouvé un semblant de pétillant. Cette étincelle m'avait réchauffé, comme si elle me rendait vie à son tour. J'ignorais le temps indéfini que nous avions passé tous les deux dans ce bar miteux. Mais je me sentais si différent...

Le lendemain, j'étais revenu à l'arrêt de bus. Encore volontairement. J'étais officiellement entrain de rencontrer un des distributeurs du film dans le centre-ville. Et encore une fois, Alice était là. Cette fois-ci, nous n'entrions pas dans ce bar mais nous faisions une petite marche, jusqu'à l'étang. Alice avait grimpé dans la forêt et m'avait entraîné en haut d'un rocher. La vue était imprenable d'ici ! Je ne connaissais pas cet endroit. Comme la veille, nous étions restés silencieux. Comme la veille, je me surprenais à être suspendu à chacun de ses gestes, même les plus insignifiants.

Elle s'était emparée de ma main, nouant nos doigts...

« Je me suis toujours demandée quelles sensations ça me procurerait...»

J'aurais dû enlever ma main, mais il y avait si longtemps que je n'avais plus effectué ce simple geste avec Maria...

« Alors ?»

Elle n'avait pas répondu, inspirant profondément. Nous n'avions pas rompu ce contact jusqu'à notre retour à l'étang. Et le soir en me couchant, je m'apercevais que sa main me manquait...

Je voulais fuir. Mais je ne pouvais pas. Il y avait Maria, il y avait Alice. Il y avait une grande tendresse sentimentale, il y avait l'inattendu. Cinq jours étaient passés, durant lesquels je retrouvais Alice chaque jour à l'arrêt de bus. Chaque jour, nous nous promenions, sans trop communiquer. Je ne voulais plus manquer ces moments... La veille de l'anniversaire d'Edward, Maria m'avait envoyé un texto. «J'espère que tu rentres bientôt, j'en ai marre de tout organiser à moi toute seule!». Ca m'avait vraiment énervé. J'avais répondu sur le coup «Je reste demain c'est l'anniversaire d'Edward! Je pars le 21 ! Si t'avais voulu que mes parents aident ta Super-Famille, tu n'aurais pas eu à tout organiser seule!». Elle m'avait répondu tard le soir, s'excusant de sa fatigue. Elle s'excusait toujours... et je m'excusais aussi toujours ! J'avais un profond respect et une profonde tendresse pour elle. Elle avait été mon tout, pendant très longtemps. Croire qu'on pouvait échouer me rendait malade !

Puis, il y a eu la sortie en boîte... Je crois que c'est à cet instant que tout a déraillé ! Alice n'allait pas bien. Elle refusait de parler de sa mère, plus que ce qu'elle avait dit. Je voulais qu'elle rit, qu'elle s'amuse, qu'elle vive. Je voulais la remettre en scelle. Ma présence la faisait souffrir mais je voulais qu'elle comprenne que je ne lui voulais aucun mal... Je l'avais amené danser, puis boire. Danser encore. Une danse langoureuse et sensuelle. Edward et Bella, Angela et Ben, étaient plongés dans leur monde de presque jeunes-adultes. Je les enviais. Une seule personne à aimer ! Alice ne tenait pas l'alcool. Au deuxième verre de tequila, elle riait.

«Ne bois pas tant ! Tu as du mal...»

« On s'en fout ce soir... On fête mon bac... non ? Et pour mon bac, je veux danser avec toi!»

Je m'étais alors laissé entraîné, stupidement. Une vague conscience me hurlait de partir, de la laisser. Mais il y avait aussi ces trois types qui la mataient d'un peu trop près, un air malveillant sur le visage. J'étais parti pisser et en revenant, ils l'entouraient, la tripotant. Et elle, elle riait ! Une vague de colère s'était emparée de moi. Elle ne m'appartenait pas, mais personne ne la toucherait avec de mauvaises intentions ! C'est en repoussant le premier type violemment que je réalisais que cette attitude n'était pas normale.

«Heh bouffon ! T'es malade ou quoi ?»

« T'as dix secondes pour te barrer avant que je t'éclate la gueule et t'émascule, c'est clair

J'avais entouré Alice de mes bras.

«Tu te mêles de quoi d'abord ? Elle ne disait pas non je te signale !»

Et ils bandaient encore ces fils de hutte !

«Lâche l'affaire ! C'est ma copine ! Et je suis bourré. Et bourré, je suis extrêmement con!»

Les trois types s'étaient jaugés du regard et étaient partis... sans bander ! Alice m'avait regardé, ébahie. Sans que je ne comprenne, elle s'était jetée sur mes lèvres. J'aurais dû la repousser, mais mes membres ne m'obéissaient plus et je l'attirais à moi. J'avais retrouvé sa bouche qui m'obsédait. A partir de cet instant, je ne sentais plus que son corps contre le mien. Et ça m'avait plu, énormément. Elle avait mis le feu à mon esprit et je m'étais emballé, mon corps détaché de mon esprit. Nos langues s'étaient trouvées, fougueuses. L'envie me submergeait... ce n'était pas normal ! j'aurais dû m'éloigner... Sa peau était douce et ses mains m'avaient caressé de partout. J'avais eu l'impression de me faire avaler, submerger par le plaisir et l'intensité du moment... Je ne pouvais plus m'arrêter, pris par le désir, l'alcool, la frustration...

«Jasper une fois... Rien qu'une fois...»

J'avais cédé. Nous nous étions embrassés avec fougue et elle ondulait du bassin contre mon sexe gorgé de sang. Il y avait si longtemps que je n'avais plus eu une putain d'érection aussi douloureusement agréable ! J'avais arrêté un taxi difficilement et nous étions montés dedans, sans rompre notre connexion. Arrivés à la villa, j'explosais de frustration. Je m'étais attaqué à son cou, son décolleté. Et elle gémissait. Le son aurait pu me faire jouir ! Et puis, Karlyne avait pleuré et d'un coup d'un seul, la bulle avait éclaté. Je me retrouvais avec une gaule d'enfer, Alice nouée à mon corps.

Je n'avais su quoi dire mais lorsque nous avions dû défaire cette étreinte, j'avais souffert. Souffert de ne plus la sentir aussi proche de moi, souffert de la voir s'éloigner. Elle était devenue indispensable à ma vie, un élément central. Le plus idiotement du monde, je l'avais invité à Los Angeles, sachant pertinemment que j'allais nous faire du mal à tous les deux. Elle aurait dû refuser. Elle avait accepté. Un dernier baiser qui m'était resté amer sur les lèvres. Et elle était partie...

Elle était arrivée avec Bella et Edward. Je courrais dans tous les sens, j'avais à peine eu le temps de lui dire bonjour. Le plus naturellement du monde, elle souriait et riait. Et même si de l'autre côté Maria me semblait de plus en plus exigeante, j'étais heureux de voir Alice comme ça. Deux jours avant le mariage, je n'arrivais plus à dormir. Je m'étais levé pour aller prendre l'air et je l'avais trouvé assise, dans la pelouse, à regarder les étoiles. Le cadre autour de nous avait disparu et je nous avais retrouvé à Port Angeles, durant nos balades quotidiennes. Je m'étais assis près d'elle et elle m'avait simplement souri. C'était comme si, durant ces brèves minutes, nous établissions un lien très différent. Elle était venue s'asseoir entre mes jambes et j'avais redécouvert ce simple geste. J'avais envie de la protéger... mais de la protéger de qui, de quoi ? De moi, probablement... Elle avait fini par s'endormir dans mes bras et je l'avais rerentré jusqu'au canapé où elle dormait. Dans ma chambre, j'avais voulu prendre Maria dans mes bras. Le corps n'était pas le même, la douceur de la peau non plus. Là où Alice avait su être légère, Maria me paraissait presque trop lourde. Pourtant, le gabarit était presque identique.

J'avais déjà fait souffrir Maria par le passé. Deux fois. Les heures s'étaient égrenées trop vite et je sentais sur moi tous ces regards réprobateurs. Je réalisais que j'étais plus que désagréable. En fait, je n'étais pas en colère contre eux, mais contre moi. Pour cette vie sans couilles que je menais ! Je n'avais jamais voulu ça de ma vie ! Je savais que quoi qu'il arrive, quelqu'un souffrirait de ce qui allait se passer. Alors, le plus stupidement du monde, j'ai pensé que ce que j'avais ressenti pour Alice en boite était dû à l'alcool, même si au fond, je savais que c'était bien plus que ça !

J'avais décidé de me marier. Avec Maria. Celle que j'aimais depuis si longtemps... Pourquoi cette décision m'avait paru handicapante et lourde ?

Il y avait eu ce dernier argument qui m'avait fait hésiter. Je venais de passer mon costume et la porte de la salle de bain s'était ouverte. Esmé, Carlisle, n'importe qui qui allait venir s'émouvoir de cette journée maussade... Et j'avais senti deux mains fines sur mes hanches. Je m'étais retourné, luttant pour faire en sorte qu'Alice ne revienne pas. Si elle venait, je n'étais plus sûr de savoir où j'allais. Mais c'était elle. Dans une splendide robe rouge à une seule bretelle, maintenue par une fausse rose noire. Si nous avions été seuls et si tout cela ne se passait pas, j'aurais mis un genou à terre devant elle.

«Tu es magnifique...»

Elle avait tripoté la bordure de mon costard.

« Il est vraiment pourri ce costume dans cette couleur grise...»
Sa voix était partie dans les aigues, alors qu'elle esquissait un léger sourire. Ma gorge s'était nouée en voyant un sanglot rouler sur sa joue.

« Elle a de la chance Maria de... t'avoir... que tu l'épouses et...»

Je n'avais pas su quoi répondre. La vérité était qu'elle me coupait le souffle.

«Jasper... Dis-moi que tu l'aimes... Dis-moi que ce qui s'est passé était un accident et que tu veux plus me voir après la cérémonie... Dis-le moi !»

J'étais incapable de lui dire ça sans lui mentir. Je voulais la revoir, je voulais qu'elle reste dans ma vie... je voulais... PUTAIN J'EN SAIS RIEN ! Après un long moment de silence, elle s'effondrait en larmes et je la rattrapais de justesse.

«Alice...»

«Tu ressens des choses pour moi... n'est-ce pas ?»

Elle avait pris mes mains dans les siennes et me fixait dans les yeux.

«DIS MOI MERDE !»

Je déglutissais avant de faire «oui». Parce que c'était la vérité ! Alice émettait un petit soupir et s'appuyait contre moi. Collé à son corps, j'oubliais tout. Elle emplissait tout mon monde.

«Si les circonstances avaient été autres, je suis certaine qu'on aurait... pu vivre quelque chose...»

«Peut-être...»

«Sois heureux, et fais ce qui te donnera le plus de satisfaction...»

« Sois heureuse toi aussi...»

« Sans toi, ça va être difficile...»

Pour une dernière fois, une dernière étreinte, elle se hissait sur la pointe des pieds et je goûtais à ses lèvres. Trop brièvement, elle s'était éloignée et avait quitté la pièce, me laissant face à ce miroir. En costume. En costume de mariage... Ce costume gris pourri...

J'avais pris ma décision, mais elle me semblait si faible et si lourde à porter. Esmé était venue me chercher pour me conduire à l'autel. J'avais eu envie de fuir, mais tout le monde était là et attendait ce mariage ! Maria avait approché dans sa robe courte avec un chapeau et un bouquet. Tous ces visages... tous ces gens sur leur 31... Je ne repérais pas la robe rouge vif. Elle me manquait ! Alice me manquait ! J'aurais aimé... A cet instant, l'évidence me frappait. Je ne voulais pas de cette vie transparente et sans vague. Je voulais la passion ! Pitié, non ! Le prêtre débutait la cérémonie, la tête me tournait et tout à coup, les murs se mettaient à tourner. J'inspirais profondément, essayant de trouver dans Maria cet amour qui m'avait amené ici.

Quelles raisons m'avaient poussé à prendre cette décision ? Je n'étais plus capable de les citer !

Je ne croyais pas au miracle. C'était terminé. Et plus les secondes passaient, plus je réalisais combien Alice me manquait. Des pas derrière me faisaient me retourner. Elle était là. Elle était plus courageuse que moi ! Elle s'était engluée dans notre relation sans queue ni tête, sans hésiter. Elle avait vu sa mère enfermée dans un asile, folle. Elle m'avait demandé une nuit, une seule. Un baiser, puis deux et trois... Elle était venue avec la force du désespoir ici, à Los Angeles. A mon mariage... Elle avait plus de force et de courage que je n'en aurai jamais !

- Si quelqu'un s'oppose à cette union, qu'il parle maintenant ou se taise à jamais !

Et si c'était moi qui parlait ? Si je m'opposais à mon mariage... Que se passerait-il ? Mais avant que je n'ai pu esquisser un mouvement, Emmett à côté de moi prenait la parole.

- Ce mariage n'est qu'une mascarade ! Ca ne sauvera pas votre couple, il y a trop longtemps qu'il est éteint. Jasper, je t'ai connu avec plus de couilles que ça ! Je suis désolé Maria, mais personne ne dit rien. Moi, je le fais. Si vous avez un tant soit peu d'affection pour l'autre, regardez-vous dans les yeux... Vous n'y verrez plus cette étincelle de vos débuts ! Ce n'est pas ce que tu veux, Jasper. Et tu le sais comme nous tous, ici ! Ce n'est qu'une vaste plaisanterie dont je refuse d'être témoin... Désolé !

Je le regardais s'éloigner et quitter l'église sans chercher à comprendre. Il avait raison ! C'était une mascarade pure et dure ! Notre relation en était une ! La foule s'exclamait, s'étonnait, ripostait. Je me retournais vers mes parents pour voir leurs réactions. Esmé se levait pour sortir, probablement engueuler son fils. Et puis, la robe rouge. Elle regardait tout autour d'elle, étonnée, partageant son incrédulité avec Edward et Bella. Ce n'était qu'une mascarade, et Emmett avait encore raison ! Ce mariage n'avait pas de sens et n'en aurait jamais. Je savais pourquoi cette décision de me marier me semblait si lourde. Parce que ce n'est pas la bonne, putain ! Maria me fixait, les sourcils froncés.

- Ton frère est mort dès qu'on sort d'ici... murmurait-elle, furieuse !

Personne ne touchait ou n'insultait mon frère !

- Cet homme est dans son droit le plus stricte... répondait le Curé. Bien... Vu qu'apparemment il y a opposition, je me dois de donner la parole à tous. Quelqu'un d'autre est contre cette union ?

Le silence était oppressant. Maria me regardait d'un œil noir. Je ne peux pas ! JE NE PEUX PAS PUTAIN !

- Moi aussi !

- QUOI ?

C'était lâché ! J'avais fait mon choix et étrangement, ce choix-là me paraissait plus léger. Parce que c'était le bon !

- Je suis désolé, Maria... Mais Emmett a raison... Je peux pas... Je... excuse-moi... C'est fini... Pardon...

Je la regardais une dernière fois, furieuse. Je prenais le même chemin que mon frère il y a deux minutes. C'était terminé ! Je ne regardais personne, n'entendais plus les murmures outrés. En passant au niveau du banc d'Alice, je savais. C'était ce choix-là... Pour la première fois de ma vie, je n'avais plus peur de ne pas savoir ce qui arriverait...

..::..

Point de vue d'Alice.

Je l'avais perdu. Je savais que ça avait été impossible. Je lui avais demandé ma seule nuit, je voulais m'offrir à lui. Karlyne nous avait empêché de faire cette bêtise. J'aurais souffert. A partir de notre nouveau baiser en boîte, je savais qu'il m'échappait. Alors j'avais tout essayé. Prendre tout ce que je pouvais, avant de sombrer. Sans Jasper, je n'avais plus rien. Ses lèvres, ses mains, son corps, le son de sa voix... Il était un tout, et j'étais décidée à ramasser chaque petite miette. Egoïstement, j'avais peut-être cru que... parce qu'il ressentait des choses lui aussi ! Je le savais ! Entre notre retour de Jacksonville et ce mariage, nous nous étions revus. Plusieurs fois. A chaque fois sans rendez-vous, mais aucun de nous n'avait manqué un après-midi. Comme un jardin secret que l'on créait l'un et l'autre, commun. Quand nous étions tous les deux, il était à mille kilomètres de cet homme cinglant et nerveux. Il était apaisé, serein, souriant. Si simple, à des heures de cette personnalité complexe qu'il montrait aux autres. Venir à L.A. avait probablement été la chose la plus compliquée que j'ai voulu faire, mais je voulais être là. Et quand, dans une dernière étreinte, il s'était tu à mes questions, j'avais compris que mon bonheur ne m'était pas passé loin. Il avait été si près... Jusqu'à la dernière seconde. Il avait une femme qui l'aimait probablement au moins autant que moi. Il allait l'épouser, je devais respecter ça. Aimer, c'est vouloir le bonheur de l'autre aussi. Maria lui donne du bonheur.

Pas moi.

J'avais alors quémandé un dernier baiser. Celui qui me resterait sur les lèvres pour toujours. J'étais partie. J'avais été retrouver Edward et Bella qui se préparaient eux aussi. Bella aidait Edward à nouer sa cravate. Je les avais tous les deux. On peut vivre d'amitié, aussi...

- Tu es superbe, Alice ! avait soufflé Edward

- T'es pas mal non plus... avais-je répondu. Le costume noir lui allait très bien.

Bella était magnifique dans une robe bleue nuit arrivant aux mollets. Le tissu scintillait un peu. Elle avait détaché ses cheveux et avait attaché une rose synthétique bleue sur une mèche. Elle avait aussi un châle blanc et des talons noirs. Un maquillage léger la rendait plus épanouie que jamais. Le portable d'Edward avait sonné et il avait répondu. Pendant ce temps-là, Bella s'était approchée et m'avait serré dans ses bras.

- Ton maquillage a coulé... avait-elle murmuré.

Je m'étais détournée vers le miroir pour retoucher. Je n'en avais même pas envie... En fait, je ne voulais pas y aller...

- C'est pas grave... Je vais l'enlever de toute façon...

J'avais commencé à retirer mes talons et mes bijoux.

- Tu ne vas pas y aller ?

- Non... Tu m'excuseras auprès de Jasper...

J'étais montée dans une chambre. Je n'aurais jamais dû venir ici. Et puis, Edward était venu me trouver. Sans un mot, il m'avait juste pris contre lui et j'avais pu laisser couler ma peine.

- Ca fait ma... mal, Edward...

- Je sais...

Je lui avais alors tout raconté. Du début jusqu'à la fin. De notre voyage à Jacksonville aux rendez-vous secrets. A ce dernier baiser. Edward n'avait rien dit.

- Tu vas être en retard à la cérémonie... avais-je soufflé

- Tu es plus importante qu'un mariage, Alice ! Et puis tu sais... j'ai comme une drôle d'impression... que quelque chose va s'y passer...

J'avais aussi ce sentiment. Vous savez, cette petite intuition qui vous dit que quelque chose ne se produira pas, qu'un invité ne viendra pas, qu'un repas sera annulé... Et cette impression, je la traînais depuis longtemps !

- Toi aussi ?

Edward avait acquiescé. Et puis, il s'était tapé le front, un petit sourire naissant sur son visage.

- Oh j'suis con ! J'ai oublié de te donner un truc...

Il s'était levé, était parti dans le couloir pour revenir quelques secondes plus tard. Il m'avait tendu une enveloppe.

- Bon anniversaire...

J'en avais même oublié cette journée. Aujourd'hui, je devenais majeure. Libre de faire ce que bon me semblait !

- Merci !

Il avait un petit sourire alors que j'avais ouvert le papier collé. Dans un petit carré plastifié, il y avait un trèfle à quatre feuilles ! Un vrai porte-bonheur !

- C'est vraiment pathétique comme cadeau mais... je l'ai trouvé il y a cinq jours quand je suis allé me balader avec Enso au parc. Je pense que ce trèfle porte vraiment chance, il a manqué vivre une véritable épreuve parce qu'Enso a pissé juste à côté !

Nous avions éclaté de rire et j'avais serré Edward dans mes bras.

- Merci ! C'est le plus beau cadeau que j'ai reçu. Je t'adore Edward !

- Moi aussi, Alice !

Il m'avait embrassé sur la joue et puis j'avais inspiré, très fière de voir ce petit trèfle... qui avait échappé à une douche by Enso ! C'était totalement idiot mais je m'étais sentie très heureuse et surtout prête à affronter ce qui m'arrivait : Edward était là. J'étais ridicule d'avoir peur de l'avenir. Je pourrais compter sur lui... Je m'étais relevée et avais attrapé mes talons pour les renfiler.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- On va être en retard à ce mariage !

Edward s'était levé et nous avions rejoint l'église. J'avais glissé mon trèfle dans mon petit sac que j'avais fait suivre. Voir Jasper avec Maria était plus dur que prévu, même avec le trèfle ! Mais je n'étais plus seule.

Je n'y avais plus cru. Parfois, j'avais un sursaut d'orgueil quand Jasper s'était retourné vers moi plusieurs fois, comme perdu. Et puis... Et puis Emmett avait parlé ! Je ne croyais pas que c'était possible que ce genre de choses se produisent ! Et puis Jasper...

Il la quitte... devant l'autel !

...

Il marchait d'un pas vif vers la sortie. Maria se mettait à hurler, balançant son bouquet au sol, dans une rage folle. Les Cullen et sa famille se rejoignaient, dans de grands cris.

- VOS FILS SONT DES PETITS CONS MONSIEUR CULLEN !

- JE TE L'AVAIS DIT MARIA ! TU ES PLUS DIGNE QUE LUI !

- Jasper et Emmett ont peut-être mis le bazar mais restez correct, Monsieur Zabatero !

Bella et Edward me regardaient, stupéfaits. Edward riait.

- Oh putain ma parole mais ils sont folklo tes frères, Bébé !

Bella souriait aussi.

- Méfies-toi bien qu'ils nous fassent pas la même chose quand ça arrivera... murmurait-elle.

Ils allaient finir par se marier ! J'en étais certaine ! Personne ne s'opposerait à ça ! Une adrénaline puissante s'emparait de mes veines. On repartait de zéro ! Tout était possible ! Je me levais et me dirigeais vers la sortie. Il fallait que je le trouve ! J'apercevais Emmett, adossé contre un chêne, cravate défaite et manches remontées. Je m'approchais de lui et il me fit un petit signe de tête, avec un léger sourire et les yeux brillants.

- Il espérait que tu sortes... Il est au bord de la rivière, après le pont !
Son sourire me contaminait et je retirais mes talons, pour me mettre à courir.

..::..

Point de vue de Jasper.

Deux mains se posaient sur mes épaules. Deux petites mains que j'aurais identifié parmi des centaines... Je sentais son corps derrière moi. Je m'étais agenouillé ici, devant l'eau. Plus rien ni personne, plus un signe de ce mariage qui n'existerait pas. Je me sentais libre, et heureux. J'ignorais si Alice voudrait de moi un jour, si je méritais son attention. Mais ce que je prenais comme une tendre affection s'était transformé à chaque contact. C'était ma chieuse, désormais ! J'appuyais ma tête les yeux fermés contre son ventre et sentais ses doigts glisser dans mes cheveux. Longtemps, comme à chacun de nos rendez-vous secrets, nous restions silencieux. Et puis, alors que je n'entendais que le bruit de l'eau couler, ses mains descendaient sur mes épaules, dans une lente caresse. J'attrapais ses doigts et les nouais aux miens. Un milliard de papillons dans mon ventre s'envolaient.

- Je t'aime, Jasper...

A cet instant, mon cœur se serrait vivement... pour palpiter plus fort.

- Je t'aime, Alice...

Et c'était vrai. Ni plus ni moins que ça. Ce qui m'avait tant torturé ces derniers mois portait un nom : l'amour.

..::..

{playlist : Wind of Change - Scorpion}

Point de vue d'Alice.

Mon bonheur était décuplé. Je me sentais sereine, entière pour la première fois de toute ma vie ! Je réalisais l'envolée de papillons dans son ventre, l'intensité et l'électricité que portaient ces trois mots. Mille fois j'en avais rêvé... mais rien n'avait été aussi fort. Jasper se tournait face à moi et pour la première fois, je n'avais plus à me retenir. Plus peur de paraître cinglée. C'était réciproque.

C'EST RECIPROQUE !

Je sautais au cou de Jasper. Je savais qu'il était sincère. Ses bras me serrant fort au niveau des reins me le prouvaient suffisamment. Et son regard. Jasper ne mentait jamais !

- J'ai agis en égoïste, Alice. Je n'ai pas voulu admettre que tu avais tout changé, tout ébranlé en moi et...

Je ne pouvais me retenir de sourire, puis de rire.

- Jasper... Ca fait trois ans et demi que je rêve de ça... Tu crois pas que t'as mieux à faire pour te faire pardonner ?

Il se penchait vers moi en souriant, ses lèvres effleurant les miennes.

- Tu perds pas le nord, toi !

Sa bouche se collait alors à la mienne, et je suis certaine que je pouvais m'envoler. Nous en avions eu des baisers... mais des comme ceux-là... Jamais ! Je reléguais dans ma mémoire la trace de cette étreinte dans la salle de bains avant le «mariage». C'était celui là que je voulais garder pour toujours dans mon cœur. Nos langues se mélangèrent un long moment. Aussi longtemps que je pus me passer d'air. Son front touchait le mien.

- Tu sais que je suis pas ... que je suis un con fini... emmerdeur... mauvais caractère... râleur...

- T'as oublié chieur !

- Chieur ! souriait-il. Tu es sûre de toi ?

- Tu ne me fais pas peur !

Il reprenait ma bouche et me serrait contre lui, me soulevant du sol.

- Même si je te proposais n'importe quoi ?

- N'importe quoi ! Tant que c'est une chose que l'on fait ensemble...

- Est-ce que tu veux m'épouser ?

Hein ? Là ?

- Où ça ? Sous le pont avec un SDF pour officiant ?

- Tu veux ? Vraiment ?

Ce qu'il pouvait être lent ce pauvre type !

- J'ai perdu trois ans de ma vie... Ca fait trois ans que je rêve de ça ! Tu n'espérais pas que je te dise autre chose que oui ? Maintenant, si c'est une question que tu me posais comme ça pour tester mon courage face à toi... dis-le moi tout de suite ou...

Il me coupait, un doigt sur mes lèvres.

- Emmett ne sera pas là pour interrompre la cérémonie ! Et je ne dirai pas «non» ! J'ai fait le bon choix.

Il veut vraiment qu'on se marie ? Mon cœur s'envolait. J'aurais dû le faire poireauter mais essayez de retenir quarante fauves qui n'ont pas mangé depuis dix jours, devant un steak saignant... Faire mariner l'amour de sa vie, c'était de la foutaise ! Juste bon pour les faire fuir !

- Si tu m'enlèves cette veste grise merdique, je te jure que je t'épouse avant la fin de la journée !

Il se détachait de moi, retirant sa veste et la lançant dans la rivière. Il est givré !

- Alors ?

- Si on part maintenant, on peut être à Las Vegas avant 18h !

Nous nous mettions à courir en sens inverse. Une foule était tassée devant l'église, et des éclats de voix se faisaient toujours entendre. Emmett était toujours en retrait, proche de sa voiture. Jasper lui tapotait l'épaule.

- Faut qu'on s'en aille... File-moi tes clés, tu prendras ma voiture ! Les clés sont dans la coupe dans l'entrée.

Emmett ne posait pas de questions. Il voulait probablement nous éviter une confrontation avec la famille de Maria. Il nous filait son trousseau et Jasper démarrait à toute vitesse, direction chez lui pour faire un rapide sac, puis pour partir à l'aéroport.

...

Voilà pourquoi nous nous retrouvions en cette fin de soirée dans la ville du jeu et de la folie. Finalement, c'était ce qui nous correspondait le mieux. L'officiant, qui avait plus des allures de Bikers de L'Enfer, se tenait devant nous. Si j'avais cru qu'un jour je me marierai devant Elvis ! J'étais impatiente... et heureuse ! Très heureuse. Jasper me tenait la main. On avait trouvé un costume noir pour lui, ça lui allait beaucoup mieux ! J'Y CROIS PAS ON VA SE MARIER !

- Alice Marie Swan, voulez-vous prendre pour époux Jasper Matthew Cullen ?

- Oui oui oui oui oui !

ET OUI !

- Et vous Jasper, même question prénoms inversés ?

Nous retenions une envie d'éclater de rire. Un vrai rockeur le mec !

- Oui !

Jasper extirpait les alliances de sa poche avec un sourire sur le visage. On s'aime ! Nous avions acheté deux simples anneaux en argent. On les ferait graver en rentrant... si on rentrait ! Jasper attrapait ma main et je réalisais que je tremblais. Ce matin encore, je pleurais son mariage... qui était devenu le mien. Il y a toujours de l'espoir ! J'attrapais l'anneau de Jasper pour le lui passer à son tour et un flash éclaircissait la pièce.

- Bien, par les pouvoirs qui me sont conférés je vous déclare mari et femme ! Vous pouvez embrasser la mariée, voilà des jetons pour le casino ! Félicitations !

Jasper m'attirait contre lui pour m'embrasser. Je suis sa femme ! JE SUIS SA FEMME PUTAIN ! Nous fumes pratiquement chassés de l'intérieur de la paroisse pour faire entrer le couple suivant. Mais qu'importe ! Nous étions chassés ensemble ! L'un contre l'autre, nous quittions la petite église. Je ne cessais d'admirer mon alliance. Je suis mariée ! A JASPEEEEEER ! Jasper m'embrassait le front et je resserrais ma prise sur lui.

- J'espère que tu t'imaginais pas ça romantique parce que le curé était loin de l'être !

J'éclatais de rire. Je m'en fichais complètement !

- On a toute la soirée pour être romantiques... non ?

Jasper haussait les sourcils et après m'avoir entraînée dans un petit restaurant intimiste pour dîner, nous rentrions dans notre chambre d'hôtel... La nuit ne faisait que commencer !

..::..

Point de vue de Jasper.

Je savais que ce que j'allais vivre cette nuit serait plus intense que tout ! Parce que plus les heures passaient, plus elles renforçaient ma certitude que j'aime Alice ! Elle me correspond. Nous sommes différents, mais on regarde ensemble dans la même direction. J'allongeais MA FEMME sur le lit, sans quitter ses lèvres. J'avais déjà envie d'elle. Je m'allongeais entre ses cuisses, subissant ses caresser sur mon torse. Je glissais sa bretelle de robe rouge. J'avais toujours aimé les mariées en rouge ! J'embrassais sa peau qui frissonnait. Ses doigts passaient devant, déboutonnant ma chemise blanche. Chaque frôlement me faisait une décharge électrique. Alice gémissait sous mes baisers humides, alors que je léchais sa douce peau. Elle était si parfumée ! Elle sentait la rose. Nos bassins ondulaient l'un contre l'autre, créant une délicieuse friction. Je perdais ma respiration en voyant le visage de MA FEMME se couvrir de délicieuses rougeurs alors que je lui retirais sa robe. Ses doigts descendaient à mon pantalon, frôlant mon désir. J'étais encore plus excité qu'à notre sortie en boîte ! J'éteignais la lampe de chevet, laissant pour seule lumière la pleine lune qui illuminait la chambre à travers les rideaux blancs. Chaque vêtement finissait par s'envoler dans la pièce.

Peau contre peau, nus tous deux, plus aucune pudeur n'existait. Elle eut le geste de dissimuler sa poitrine à mes yeux. Je lui retirais le bras, en fixant son regard. Je ne voulais pas la gêner.

- Jasper... Je suis vierge...

Rien qu'à son précédent geste, je l'avais compris ! Je déposais mes lèvres sur les siennes.

- C'est une belle vertu... Sais-tu qu'à l'époque, on avait coutume le lendemain d'une nuit de noces d'exposer les draps sur le rebord d'une fenêtre pour prouver la pureté de l'épouse ?

Elle souriait, étonnée.

- Est-ce une connerie idiote que tu viens de trouver pour me mettre à l'aise ?

Je lui donnais un baiser.

- C'est juste une vérité ! Tu n'as pas à t'en faire, je n'étendrai pas les draps demain !

Je caressais son corps lentement, prenant mon temps. Je la sentais se détendre. Quand ses mains s'aventuraient sur moi, je perdais toute notion et dus me faire violence pour ne pas être cet animal que j'étais d'habitude. Elle gémissait et se tortillait quand je caressais son sexe, avant de le pénétrer de mon majeur, puis de mon index. Elle s'étonnait, puis soupirait. Sa féminité était humide et elle se resserrait sur mes doigts, criant mon prénom, étonnée de la sensation. Quand elle fut assez prête et détendue, je me positionnais à son entrée. Elle fermait les yeux et inspirait profondément. Je caressais sa joue.

- Ca va te faire un peu mal mais je ferai le plus doucement possible. Je te le promets !

Elle acquiessait. Alors, je m'immisçais dans ses chairs les plus intimes, lentement, mouvement par mouvement. Je brisais son hymen et elle se crispait, ne retenant pas un petit cri de douleur. Un sanglot lui échappait et je le cueillais sur mes lèvres.

- Ca brûle... marmonnait-elle, les yeux clos.

Je caressais son visage, ses cheveux, son buste et sa poitrine, titillant les extrémités de ses seins de ma langue, espérant qu'elle y prête attention plus qu'à la douleur en elle.

- C'est normal... ça va passer... On prendra le temps qu'il faudra...

Elle s'était adaptée finalement à mon corps en elle. Dès l'instant où elle a commencé à onduler sous moi, je me suis laissé aller, attentif à ce qu'elle ressentait. Cette relation n'avait aucune comparaison possible ! Et j'avais épousé cette fille ! J'accélérais dans sa féminité, l'embrassant. Ses ongles me griffaient et j'explosais en elle, grognant de bonheur. Elle n'avait pas atteint le plaisir mais notre vie ne faisait que commencer !

..::..

Point de vue d'Edward.

- Il s'est barré avec Alice !

Emmett venait de nous raconter tout ce qui s'était passé. WOWOW LA VACHE ! Merde ! Ce trèfle était magique, mais vraiment ! Les Cullen faisaient une tête incroyable, et Carlisle tentait de joindre Jasper. Ca avait été folklorique : Maria avait déchiré sa robe de rage, insultant tous les invités du côté de Jasper. Emmett avait même eu droit à une claque ! Ses parents avaient exigé des Cullen qu'ils les remboursent de moitié. Carlisle était furieux, mettant en avant le fait que même s'ils n'avaient pas aidé à préparer, ils avaient quand même envoyé un chèque conséquent aux Zabatero !

Maria était venue le lendemain chercher ses affaires. La maison appartenait aux Cullen. Elle avait fait ses cartons en un après-midi, inscrivant au marqueur un bon gros «SALAUD» sur les tapisseries de la chambre. Rosalie avait fini par s'énerver royalement en voyant ça.

- OH MAIS C'EST QU'ELLE COMMENCERAIT A NOUS LES BRISER CELLE-LA !

Bon, d'un côté, je la comprenais. Ca devait foutre les boules ! Mais soyons honnêtes, depuis que nous étions arrivés, elle n'avait pas eu un mot gentil, ni quoi que ce soit. Elle était très hautaine. Bella avait dit un soir qu'elle jouait à «La Madame» mais c'était tout à fait ça ! Et puis bon... ma meilleure amie a son bonheur alors... Nous étions restés quatre jours à Los Angeles, pour ranger. Bella et moi nous étions baladés dans la ville, repérant l'université et le lycée. Tous deux étaient à un quart d'heure de la maison de Jasper, mais à l'opposé l'un de l'autre. Je suppose que les premiers jours seraient difficiles, mais on se reverrait le soir, la nuit, le matin... Sur le chemin du retour à Port Angeles, j'avais eu des nouvelles d'Alice. Un simple texto.

«ON S'EST MARIES A VEGAS !

Je suis heureuse. J'ai appelé Charlie & Renée...

Ca risque d'être musclé quand on va rentrer!

On part en lune de miel! Je vous aime tous !

xxx, Alice!»

Jasper, de son côté, avait appelé Carlisle et Esmé. Emmett avait éclaté de rire en apprenant la nouvelle. Je pense par contre que Jasper allait avoir quelques «problèmes» aussi en rentrant, que ce soit avec Carlisle, et même Charlie ! Mais franchement, je serai au premier rang pour voir ça ! Bella avait du mal à y croire. On en parlait encore dans la voiture qui nous ramenait jusqu'à chez Elisabeth.

Ma mère était assise sur une chaise du jardin, en compagnie d'Eric. Tous deux déjeunaient en riant, Enso s'amusant dans le jardin. Hey ! Mais il avait un peu grandi ! Nous ouvrions le portail et le chien jappait, courant vers nous.

- Oh salut toi ! Salut mon kiki !

J'adore ce chien ! Bella se penchait vers lui pour le caresser. Il lui faisait la fête, posant ses pattes sur sa jupe marron. Elisabeth et Eric se levaient pour nous accueillir.

- Bienvenus les enfants !

- Merci M'man !

Elle nous serrait tour à tour dans ses bras et je saluais Eric. Enso avait attrapé le bas de mon jeans entre ses dents et tirait dessus.

- Enso ! Lâche ça !

- C'est devenu son passe-temps favori ! Il se met sous la table et mange les bas de pantalons.

J'attrapais le chien dans mes bras et il remuait la queue. Il était toujours content lui !

- Mais t'es infernal, tu le sais ça ! Hum ? Vilain ! On aurait dû t'appeler trou du cul !

- Edward ! s'exclamait Bella, en me prenant le chien des mains. N'écoute pas Papa, il dit que des bêtises ! Enso ça te va très bien ! Tu n'es pas un trou du cul !

- Papa ! C'est nouveau ça maintenant ?

Bella se tournait à mon opposé, câlinant le chien.

- Mais euh !

J'éclatais de rire. Elisabeth revenait avec deux assiettes et nous servait à déjeuner. Nous lui racontions le mariage, mais elle était au courant !

- Renée est venue ici pour m'en parler, catastrophée ! Charlie veut retourner les USA pour trouver Jasper ! Ils se sont vraiment mariés ?

Je lui montrais le message d'Alice.

- Ne vous avisez pas de me faire un coup pareil tous les deux !

Je regardais Bella et nous nous mettions à sourire. Ce vrai-faux mariage nous avait donné un aperçu de ce que notre avenir nous réservait... Et j'en étais heureux ! Plus qu'heureux ! A condition qu'Emmett ne s'y oppose pas ! Nous terminions nos pâtes rapidement et remontions nos sacs dans ma chambre, Enso dans les pieds. Je rangeais mes affaires et triais le sale. Bella entreposait aussi dans l'armoire quelques vêtements, comme elle en avait pris l'habitude depuis que j'étais revenu ici.

Nous avions été prendre une douche... Bon d'accord... une douche crapuleuse ! et nous avions faits une sieste... crapuleuse aussi ! Mais au moins : aucun problème pour s'endormir après ! Lorsque je me réveillais vers 16h, Eric était encore là. Je les observais de la fenêtre au-dessus de mon lit, allongé sur le ventre. Bella dormait toujours. Elisabeth et Eric riaient, semblaient se taquiner. Parfois, ils se prenaient la main mais ça n'allait jamais plus loin. Quand était la dernière fois où ma mère avait semblé si bien dans ses godasses ? Son visage était moins fatigué. Elle semblait revivre.

- Mais arrête de les regarder bon sang, Edward ! râlait Bella

Elle se redressait en position assise dans le lit, le drap entourant sa poitrine dénudée.

- Si, ça me regarde !

- Tu aurais pu faire des choses plus utiles...

- Comme ?

Elle se mordillait la lèvre inférieure, rougissante.

- Faire en sorte que mon réveil soit agréable par exemple...

Elle passait sa main sur mes reins. Elle me cherche là, hein? Je me jetais sur elle pour l'embrasser langoureusement. Mon désir grandissait à chaque caresse. Nos deux corps se moulaient l'un à l'autre et je la pénétrais sans préambule, lui arrachant un petit gémissement, étouffé contre mes lèvres.

- Ce genre de ré... réveil... là ? haletais-je

- O...oui ! OUI !

- Tu ne penses qu'à ça... Faut que je te punisse !

Je me retirais d'elle et la faisais se mettre à genoux sur le lit, la tête reposante sur l'oreiller. Je me plaçais derrière elle et caressais sa féminité du bout de mon sexe plein de désir. Je la pénétrais vivement, mes mains sur ses hanches et imprimais un délicieux mouvement qui m'électrisait. Elle était si serrée comme ça.

- Plus fort... murmurait-elle, agrippant le drap housse difficilement.

J'allais et venais en elle plus vite, m'enfonçant dans sa chaleur.

- Edward... Edward ! OUI !

Ses muscles se serraient autour de mon membre et je répandais ma semence au fond de son ventre, balbutiant son prénom. Nous retombions dans le matelas, haletants. J'aimais voir son sourire après ces moments. Une perle de sueur roulait sur sa tempe et je l'essuyais. Elle rougissait, cachant son visage à moitié dans le coussin, malicieuse. Elle était tellement belle... - On était pas censés récupérer ?

Elle éclatait de rire, tournant sa tête de l'autre côté.

- Ah mais on a récupéré... toutes les nuits passées à Los Angeles où on n'a pas pu faire l'amour parce qu'il y avait ma famille !

Je cédais à l'hilarité et la rapprochais de moi pour l'embrasser. J'avais une putain de chance de l'avoir dans ma vie ! Elle était toujours là à mes côtés, malgré tout ce qu'elle avait dû traverser.

Quand Eric quittait la maison vers 18H45, Bella s'était attelée à la cuisine. Je mettais la table et maman nous rejoignait, un sourire aux lèvres.

- Bella ma chérie, ne te donne pas tout ce mal ! Tu dois récupérer de votre séjour !

Si elle savait ce qu'on avait «récupéré»... Nous passions à table tous les trois.

- Alors Elisabeth ? Avec Eric ? Ca se présente comment ?

- J'apprécie sa compagnie !

Je prenais un bout de mie de pain pour saucer ma vinaigrette.

- C'est tout ce que tu vas nous dire de plus ? J'le crois pas ! «J'apprécie sa compagnie!»... Bonjour la qualité du ragot, hein ! râlais-je.

Bella me tapotait le bras.

- Heh ! Mais ça ne nous regarde pas !

Elle se foutait de moi là, pas vrai ?

- Mais c'est pas moi qui ais demandé comment ça se présentait...

Elisabeth souriait en nous regardant.

- Eric et moi nous entendons bien, on apprécie de passer du temps ensemble. Il me soutient énormément. Quant au reste, s'il un jour il y a reste, ça ne regarde personne !

Et ben comme ça c'était clair ! Bella et moi retournions à nos assiettes, avant de monter nous coucher. Sans nuit crapuleuse, cette fois-ci, nous étions définitivement crevés !

..

Le lendemain, nous déjeunions chez les Cullen, avec Emmett et Rosalie. Les conversations tournaient essentiellement autour de Jasper et Alice. C'est dingue quand même quand on y pense ! Ca va swinguer quand ils vont rentrer ! Bella avait préparé sa fameuse tarte à l'ananas et je dévorais ma part. Je vous jure que c'est la femme de ma vie !

- Au fait, Newton s'est cassé la gueule encore !

- Mais c'est pas vrai, il a des rollers à la place des orteils ce type ou quoi ? demandait Bella.

- Tu peux parler toi ! Sa mère avait nettoyé le sol dans les allées pour équipement de randonnée. Il a voulu aller faire le rayonnage, je lui ai dis, il m'a répondu : «t'inquiète je gère« et BAM ! Il s'est vautré !

- Il est blessé ?

- Cheville pétée ! Il s'est pas manqué ! Du coup, arrêt de travail ! On cherche quelqu'un pour le remplacer !

Oh... Ca, ça m'intéressait ! Bella, sa mère et Rosalie débarrassaient la table. Je rejoignais Emmett sur le canapé qui regardait un match de baseball.

- Emmett ?

- Ouais ?

- Vous cherchez quelqu'un pour combien de temps à la boutique ?

- Jusqu'à mi-aout. Trois jours par semaine. De 10h à 18h. Ca t'intéresse ?

- Ouais... j'aurai besoin de me faire un peu de pognon !

- Ben écoute je vais appeler la mère Newton et j'te dis !

Il sortait son portable et appelait sa patronne. Après quelques minutes, il raccrochait.

- Elle est désespérée de trouver quelqu'un ! T'as rendez-vous demain pour un entretien d'embauche ! Mais j'pense que c'est bon !

- Merci vieux !

Ca me soulageait. Je voulais commencer à gagner de l'argent non seulement pour mes études, mais aussi pour offrir une bague à Bella quand le moment serait venu...

.!.

L'entretien s'était bien passé. Avec l'été, Mrs Newton voulait remplacer son fils rapidement pour répondre aux besoins de ses clients. J'étais engagé et je commençais demain. Toute l'après-midi, Emmett me briefait, m'expliquait les bases du magasin. Travailler avec lui relevait d'un véritable exploit ! Je comprenais pourquoi la mère Newton le trouvait si charmant : il avait du bagout, toujours le sourire ! Finalement, ce job tombait à points ! Avec le lycée, les frais éventuels, ça me ferait toujours un petit pécule. Et puis, je pourrai peut-être offrir à Bella une bague digne d'elle, quelque chose de plus fort. On ne se fiance pas avec un trèfle à quatre feuilles sur lequel Enso a failli pisser ! Elisabeth était ravie que j'ai pu trouver un travail. Elle était heureuse que la vie reprenne une sorte de court normal.

Je plaçais en rayon les derniers modèles de cannes à pêche. Ma première journée s'était bien passée. Emmett m'aidait beaucoup, ne manquant pas de m'expliquer certains rudiments. J'avais un peu pataugé quand le père Denali était venu me demander des explications sur le pourquoi que la canne d'en haut était plus intéressante que la canne d'en bas ! J't'en sais moi ! Le frère de Bella était alors arrivé.

- Edward, va t'occuper de la caisse, je me charge de Monsieur ! Excusez-le hein ! Vous savez ce que c'est les jeunes de nos jours ! Ils ne s'intéressent pas suffisamment aux sports traditionnels ! La canne de Quantum Specialist va vous permettre de...

Je m'éloignais en caisse pour faire payer un couple de retraités. J'observais Emmett de loin. Il était très pro, amenant une touche d'humour à ses explications. Un très bon vendeur ! Mrs Newton s'approchait.

- Alors Edward ? Tout se passe comme tu veux ?

- Très bien, Mrs Newton !

- Ca te plaît ?

- Je patauge un peu mais je vais m'y faire rapidement !

- Je vais te privilégier pour faire des rangements de matériels, mise en rayon, inventaires et tout ça ! Tu seras peut-être plus à l'aise. Mon Mikey chéri n'aime pas non plus donner des explications !

Mikey chéri ! Oh putain ! Le pauvre ! Le petit Mikey était rouge de honte.

- Merci Mrs Newton ! Mais je peux faire la caisse aussi si ça vous arrange !

- Tu t'arrangeras avec Emmett ! Je sais qu'il n'aime pas trop rester au même poste toute la journée !

- Bien, Madame !

- A demain alors, 10h ?

- Comptez sur moi !

J'encaissais le père Denali et fermais la boutique avec Emmett. Il me raccompagnait chez Elisabeth, qui lisait un livre sur le canapé. Elle se levait et me tendait une lettre et une carte postale. Je l'examinais. Une carte du Brésil ! Qui est au Brésil ?

«Coucou tout le monde ! Ici tout va bien, il y a du soleil,

la mer. Des longues plages à perte de vue ! Idéal pour nous deux ! Beaucoup

de touristes aussi, et de touristEEEs ! Jasper s'est découvert une passion pour les bikinis ! Mais je lui ai interdis d'en porter ! D'ici une semaine, nous quitterons cet endroit paradisiaque pour une autre destination, probablement les Caraïbes ou la Guyane !

Je vous embrasse de tout mon cœur ! J'ai toujours ton trèfle, Edward. Il est vraiment magique ! Merci. Alice.

PS = J'espère que vous profitez bien des 25° d'été de Port Angeles... Ici il y a AU MOINS 38 ! Pauvres petits citadins, je vous envie pas ! Jasper" «

Bande de fumiers tous les deux ! D'abord, y a même pas que 25 ici ! Hier, on avait frôlé 32 ! J'observais l'enveloppe blanche pendant qu'Elisabeth prenait ma carte pour lire.

- J'ai reçu la même. C'est une convocation au tribunal.

Mes entrailles se nouaient. Je parcourais le courrier rapidement. Convocation le Mardi 1er août à 8h30 au tribunal. Assignation devant le tribunal pour coups et blessures. Philip m'avait dit que ça pouvait être rapide, mais personnellement, j'avais trouvé ça trop lent ! Bella toquait à la porte et rentrait dans le salon, avec un sourire aux lèvres. Elle tenait elle aussi un papier dans ses mains. Elle s'approchait de moi et je l'embrassais.

- Bonsoir chéri !

- Bonsoir mon Amour...

Elle m'avait manqué. Terriblement. Je sais qu'elle en avait profité pour aller faire les boutiques pour bébés avec sa sœur Rosalie. L'annonce de l'arrivée des jumeaux les forçait à voir tout en double. Nous montions dans ma chambre et nous nous installions sur le lit, Enso entre nous. Je lançais un fond de musique.

- C'est quoi ta lettre ?

- Ma convocation au tribunal !

- Ah... C'est pour quand ?

- A partir du 1er août à 8h30... Elisabeth a reçu la même.

Et ça recommençait, on tombait dans les mêmes travers. Il allait falloir revoir Marcus, s'expliquer devant des gens. Ca n'en finirait jamais !

- Est-ce que ça t'angoisse ?

- Ouais... Un peu, je crois...

- Tu as su quelque chose pour l'expertise psychologique ?

- Rien du tout, si ce n'est que le psy va rendre ses conclusions seulement quelques jours avant le procès.

Bella prenait ma main et la serrait. J'embrassais son front.

- Quand toute cette merde sera terminée, on pourra partir toi et moi...

Elle souriait.

- Je suis d'accord...

- Et toi, ta lettre, c'est quoi ?

Elle se redressait et me la tendait. Je la parcourais. Elle était admise à Los Angeles en faculté de lettres anciennes !

- Mais c'est génial, Bella ! Exactement ce que tu voulais !

Elle était sereine, heureuse et pourtant, elle ne laissait presque rien transparaître.

- Et tu sais quoi ? Je vais me renseigner ce soir pour les inscriptions au lycée si tu veux toujours de moi !

Elle s'allongeait sur le lit et m'entraînait contre elle. Nous échangions un long baiser langoureux.

- Plus que jamais !

Nous reprenions notre étreinte, jusqu'à ce qu'on sente la truffe d'Enso se poser sur ma joue et celle de Bella. Nous éclations de rire. C'est que Monsieur essayait de se faufiler maintenant ! Il ne supportait pas que Bella et moi nous embrassions ! A chaque fois, il venait foutre sa merde ! Nous nous amusions avec lui de longues minutes et descendions pour dîner. J'avais filé en vitesse acheter une bouteille pour fêter l'admission de Bella en fac ! Après tout, ça se fête, ça !

Plus tard dans la soirée, nous prenions une deuxième coupe elle et moi dans ma chambre. Elle avait raison ! Une fois que tout serait terminé, on pourrait être heureux ! Dès que le procès serait terminé, je la demanderai en mariage officiellement. Ce serait le bon moment. Mais avant, je devais m'assurer que tout serait fait en accord avec sa famille.

Voilà pourquoi je me dirigeais après ma journée de travail vers l'hôpital.

..::..

Point de vue de Carlisle.

La journée avait été longue et pénible. De nombreux accidents, à cause des vacances. Nous avions faits beaucoup de déplacements sur la route. Eric venait de prendre son service de nuit. Il sifflotait alors que je le croisais dans le vestiaire.

- Alors Eric ? Tu m'as l'air bien joyeux !

- Aurais-je des raisons de ne pas l'être ?

- Oh toi ! T'as vu Elisabeth aujourd'hui ! souriais-je

Il acquiesçait, attrapant sa blouse.

- Oui Patron ! Nous avons été nous promener au parc avec le chien d'Edward !

- Et alors, ça avance ?

- Oui, le chien grandit bien !

Il souriait et me lançait un clin d'œil avant de quitter le vestiaire. OOOHHH ! Devais-je sous entendre là un message codé ? Je voulais le rattraper dans les couloirs mais il avait déjà filé ! Gredin ! Il ne perdait rien pour attendre ! Demain dès que j'arrive, je le bipe ! Après tout, c'est moi le patron !

Je filais à mon bureau récupérer mon ordinateur portable. Je voulais regarder attentivement les dernières analyses d'Elisabeth mais je n'en avais pas eu le temps. J'espérais que Karlyne ne soit pas trop agitée ce soir pour pouvoir le faire tranquillement à la maison. On toquait contre la porte de mon bureau.

- Entrez !

Quelle ne fut pas ma surprise de voir Edward !

- Hey ! Edward ! Tu vas bien ?

Il avait l'air un peu pâle et tremblait.

- Ca va... Vous avez cinq minutes ou je vous dérange ?

- Installe-toi ! Je ne suis pas pressé ! Alors... Que me vaut l'honneur de ta visite ? Est-ce que ça va ? Tu es tout pâle !

Il souriait faiblement et je voyais son regard se poser sur la photo de Bella qui était sur mon bureau. Sa Bella, c'était quelque chose ! Ceci dit, l'Edward de Bella, c'était quelque chose aussi !

- J'ignore si Philip vous a informé que le procès débute le 1er août !

- Il me l'a dit, effectivement ! Je l'ai appelé avant-hier pour un dossier concernant un de mes infirmiers qui a été attaqué en justice pour négligences et il m'en a parlé ! Comment tu te sens ?

- Anxieux, je suppose...

- C'est tout à fait normal, mais dis-toi qu'au sortir de ce procès, tu pourras enfin être libre et ne plus te soucier de tout ça...

- Justement Carlisle... Je voulais vous parler de l'issue de ce procès...

- Je t'écoute ! Je suppose que toi et Bella allez vous installer à Los Angeles !

- C'est ce qui est prévu... J'ai contacté le lycée là-bas. Ils vont m'envoyer un formulaire d'inscription et je vais faire transférer mon dossier scolaire.

- En quoi puis-je t'aider ?

Je sentais qu'il tournait autour de quelque chose. Il fronçait les sourcils avant de reporter son attention sur moi. Une bouffée de nervosité s'emparait de moi, inexplicablement. Est-ce que... non... quand même pas !

- A l'issue de ce procès, je voudrais faire quelque chose d'autre... Mais je ne veux pas le faire sans votre accord. Parce que vous m'avez accueilli chez vous, offert un toit et du soutien quand je n'en avais plus. Vous vous souvenez de ce que vous m'aviez demandé de faire en échange des frais de l'avocat ?

Ca y est... Nous y étions !

- Prendre soin de ma fille et l'aimer !

Edward acquiessait.

- Je l'aime, Carlisle. Je l'aime sincèrement. Je veux prendre soin d'elle pour le reste de ma vie. Je veux qu'on construise notre avenir à L.A. Elle a toujours été là pour moi et je veux qu'elle sache que je serai toujours là pour elle, dans n'importe quelles circonstances.

A cet instant précis, je dus retenir mes larmes. Bella partait, définitivement. Ma petite fille... Ce beau petit bébé, le premier fruit de mon amour pour Esmé. Cette petite bouille à sa naissance qui pesait à peine trois kilos pour 50 cms... et qui m'avait fait verser tant de larmes quand j'avais croisé pour la première fois son joli visage si fin et si doux...

- Carlisle, est-ce que vous voulez bien m'accorder sa main ?

Edward, cet adolescent fragile et peu sûr de lui avait changé. Ce n'était plus tout à fait le même. Il avait beaucoup mûri. Je savais que Bella ne serait jamais malheureuse avec lui. Sans lui, elle avait péniblement survécu. Elle s'était baladée au rythme de nos vies, nous accompagnant sans enthousiasme. Elle n'avait plus souri. Il avait une influence positive sur son comportement. Et ils s'aimaient tous deux, profondément ! Lui dire «non» aurait été une bêtise, et Bella m'en aurait voulu toute ma vie ! Bien que si ça se trouve, elle aurait pris exemple sur Jasper et Alice et ils seraient tous deux aussi partis à Las Vegas ! En outre, je n'avais aucune raison de m'y opposer. J'appréciais et j'aimais Edward, comme un fils. Exactement de la même manière que j'avais aimé et «adopté» Emmett quand il était arrivé avec Esmé.

- C'est d'accord, Edward ! Prends soin d'elle. Epouse-la, tu as ma bénédiction !

Edward se relevait alors de la chaise, un large sourire aux lèvres. Je faisais le tour de mon bureau pour le serrer dans mes bras un instant.

- Merci, Carlisle ! Je vous promets que je la vénèrerai chaque jour qui passera !

- Je sais... C'est bien pour ça que j'accepte. Je sais que tu l'aimeras très longtemps. Tu la rends heureuse, plus que ce que je n'aurais jamais espéré ! Et je sais aussi que je ne perds pas une fille, mais que je gagne un fils !

Et c'est ce que je ressentais au plus profond de moi... J'accueillerai d'ici un an ou deux un gendre, un fils.