Bonsoir/bonjour... Je sais, je suis en retard de 24h et j'en suis navrée mais dans la vie, on ne fait pas toujours ce qu'on veut et en l'occurence en ce moment, je ne fais pas trop ce que je voudrais...
Un immense merci à vous toutes qui avez suivies Jardin Secret tout du long... C'est vraiment exceptionnel et quand je vois le nombre de reviews, je trouve ça juste... incroyable! Vous êtes justes supers, toutes et tous sans exception ! Merci beaucoup pour tout ! Vous m'avez donné beaucoup plus que ce que ça mérite réellement, alors juste pour ça : Merci !
L'épilogue sera publié finalement peut-être pas avant lundi. C'est une période un peu difficile en ce moment pour moi pour diverses raisons, alors je préfère prendre mon temps, plutôt que de gâcher ce que j'écris.
Je vous souhaite à toutes et à tous une très très bonne lecture, c'est celui là, le chapitre le plus long de toute l'histoire de Jardin Secret...
Bonne lecture !
.o.0.o.
Point de vue de Bella.
Le procès avait débuté depuis plus de trente minutes déjà. Edward et Elisabeth étaient assis à côté de Philip et Marcus avec Maître Gray. Ils parlaient de tellement de choses qui me semblaient futiles... rappel des faits, peines encourues... On sait tout ça bon sang ! Il me tardait une seule chose depuis que nous étions entrés dans cette vaste salle : qu'on en ressorte tous ensemble ! J'avais tout fait pour qu'Edward voit que j'ai confiance mais la vérité, c'est que j'étais morte de peur. Morte de trouille qu'Edward soit condamné à quoi que ce soit par une quelconque entourloupe de l'avocat d'en face. J'écoutais le juge qui listait les possibles sanctions. 1500$ d'amende, prison avec sursis selon la gravité des blessures... on nage en plein délire ! J'avais l'impression qu'Edward était déjà considéré comme coupable.
Rosalie avait tenu à venir. Emmett remplaçait Edward à la boutique Newton mais ma soeur était là et elle me tenait la main. Marcus fut le premier appelé à la barre. Après avoir décliné son identité et juré de ne dire que la vérité... ce dont je doutais fortement... il s'installait face à nous, un sourire provoquant sur ses lèvres. Il semblait sûr de lui. Son avocat se levait, le faisait parler de sa vie de Pasteur «modèle», de son investissement auprès de la Paroisse... Si j'étais une passante dans la rue qui entre par hasard dans ce tribunal sans connaître les protagonistes, j'aurais pu jurer que Marcus n'était qu'une triste victime... C'était d'un tel appitoiement ! Je voyais Edward s'agiter nerveusement sur sa chaise, Philip lui murmurant des choses à l'oreille avant de se lever pour interroger Marcus. Probablement de garder son calme...
- Comment décririez-vous votre quotidien auprès de Mrs Masen-Voltero et son fils unique ?
- Pas facile ! Elisabeth manquait cruellement de volonté pour éduquer son fils. J'ai bien essayé à maintes reprises de lui faire entendre raison mais elle n'avait d'yeux que pour Edward ! Comprenez Monsieur que ce n'est pas facile d'être le mari dans ces cas-là !
- Bien sûr... Quels ont été vos premiers rapports avec Edward Masen ?
- Froids, je le crains ! Edward n'a jamais été un enfant facile ! Très collant et très collé à sa mère, qui n'a pas su lui imposer suffisamment de distances ! J'ai bien essayé de le faire sortir, de lui faire découvrir du sport mais il a toujours eu un comportement autistique !
Edward se pinçait l'arrête du nez, un sourire nerveux sur son visage, sa jambe agitée nerveusement de haut en bas. Il faut qu'il se calme... Il le faut ! Il tremblait et Elisabeth posait sa main sur son épaule.
- Un comportement autistique dites-vous ? L'autisme est une maladie grave et handicapante. Etes-vous entrain d'accuser mon client d'handicapé mental ?
Marcus ne savait pas apparemment si c'était du lard ou du cochon ! Je le lui enfoncerai bien dans le cul moi le saucisson !
- Edward n'a jamais eu une enfance comme les autres gamins de son âge !
- De là à le traiter d'autiste... Une expertise psychologique pourra appuyer ou non votre diagnostic, Professeur ! Pas d'autres questions pour l'instant, Monsieur le Juge !
Marcus retournait à sa place, lançant un regard noir à Philip et à Edward. Ce fut son tour de se lever pour aller témoigner. Il avait mis un costume et la cravate de son père. J'étais certaine que le Sergent se chargerait de lui donner la force nécessaire pour passer cette épreuve... mais s'il y avait bien quelque chose que je redoutais, c'était les nerfs d'Edward, toujours prêts à lâcher... Philip débutait l'entretien.
- Monsieur Masen, quand Monsieur Voltero dit de vous que vous avez un comportement autistique... qu'est-ce que cela vous inspire ?
Edward fronçait les sourcils vers Marcus. Ce dernier était nonchalament appuyé contre son dossier de chaise, incarnation de la provocation, presque serein et heureux de foutre sa merde ! Connard !
- J'ai bien conscience que j'ai jamais été très expensif mais j'suis pas autiste non plus ! J'en ai déjà vu des autistes et je peux vous jurer qu'à côté, je suis socialement très actif ! Je suis pas coupé du monde, je communique !
- Et avec lui ?
Edward eut un rictus et je croisais durant une brève seconde ses yeux vert.
- Je préfère éviter... Avoir pour toute réponse «crétin», «petite merde», «sale gamin», ça gonfle ! J'ai des contacts sociaux autres bien plus appréciables...
- Vous ne vous définissez donc pas comme «autiste» ?
- Pas vraiment... J'ai une petite-amie, j'ai des amis, je vais au lycée, je travaille... je pense pas vraiment que je suis autiste !
- Vous avez dit sur le dépôt de plainte que Monsieur Voltero et vous n'entreteniez plus des relations respectueuses depuis longtemps, ce qui a d'ailleurs initié la bagarre entre vous. Qui a commencé ?
- Il m'a fait descendre exprès pour que j'aille lui chercher un verre d'eau. J'ai refusé, on s'est comme toujours répondus avec peu de civisme, il a traîté ma petite-amie de trainée... Je lui ai mis une droite ! Il n'avait pas à lui manquer de respect de la sorte... Déjà qu'il n'a jamais été très poli avec elle... Un coup en entraînant un autre, il a riposté et voilà ! Il m'a cogné, j'ai répondu. J'allais pas me laisser faire...
Mon coeur se serrait pour lui. Je me sentais un peu responsable de ce qui s'était passé... Tôt ou tard, de toute façon, Edward aurait fini par exploser... mais il avait cogné pour ce qu'avait dit Voltero !
Je plongeais dans ses yeux émeraude, me coupant du monde. J'espérais tant qu'une fois tout ça terminé, on pourrait effacer ce qu'il avait vécu et repartir sur de saines fondations, l'un avec l'autre pour longtemps... Philip sortait de son dossier des feuilles et les donnait au juge.
- Voici les divers certificats médicaux de Monsieur Masen établis à la suite de cette bagarre par le Docteur Carlisle Cullen ici présent !
L'avocat de Marcus se levait.
- Objection ! Je demande le retrait de cette preuve, Monsieur le Juge !
- Pour quel motif je vous prie ?
- Ces certificats n'ont pas été établi par un médecin légiste neutre de la police. Ces documents sont paraphés Carlisle Cullen, qui n'est autre que le père de la petite-amie de Monsieur Masen, qui a été son employeur en début d'année et qui l'a hébergé après cette bagarre. Ce n'est pas recevable !
- Monsieur le Juge, des clichés des blessures ont été pris peu de temps après la bagarre. Vous pouvez constater que mon client a de multiples contusions, bleus et plaies sur le visage et le corps !
Le juge regardait les photos une à une, concentré. Maître Gray se relevait de nouveau.
- Objection ! Qui peut prouver l'authenticité de ces clichés ? Les Cullen ne peuvent-ils point avoir trafiqué d'éventuelles photos ?
A côté de moi, Carlisle éclatait de rire, méchamment. Je n'avais jamais vu mon père comme ça...
- Non mais on croit rêver !
- Monsieur Cullen, taisez-vous !
- Carlisle...
A sa droite, Eric tentait de le résonner. Philip reprenait la parole.
- Maître Gray est entrain de faire un procès différent de celui-ci ! Non seulement il accuse Monsieur Masen mais en plus, il se lance sur un sujet impliquant les Cullen et une éventuelle affabulation ! Isabella et Esmé Cullen étaient là quand Monsieur Masen est arrivé blessé chez eux ! Ils peuvent témoigner de l'état de mon client ! Le Chef Charlie Swan est venu jusqu'à leur domicile pour enregistrer la plainte de Monsieur Masen ! Il peut en attester, ainsi que sa fille Alice.
Tu parles, Alice elle est en train de s'éclater aux Caraïbes...
- Le chef Swan a été écarté de la procédure !
- L'inspecteur Sam Uley a procédé à la suite de l'enquête, en compagnie de l'Inspecteur Jonatan Gerandy ! Lors de la mise en garde à vue, Monsieur Masen portait encore des séquelles physiques de son agression ! Vont-ils tous dire que les Cullen sont tous des menteurs sans exceptions ?
C'est dans ces moments-là que j'admirais les avocats, qui savaient rebondir à la demie-seconde ! C'était impressionnant de les voir interagir !
- Objection rejetée. Continuez !
- Je n'ai pas d'autres questions, Monsieur le juge !
- Bien... Maître Gray ? Le témoin est à vous !
L'avocat de Marcus se levait et s'approchait d'Edward.
- Monsieur Masen, le père de votre petite-amie est médecin, c'est exact ?
- Oui !
- Pourriez-vous jurer devant la Cour que vous n'êtes pas allé chez lui après cette bagarre dans l'intention de porter plainte ?
J'étais interloquée ! Tant qu'il y est, il avait qu'à dire qu'Edward avait tout fait pour que ce procès se fasse et qu'il a intentionnellement cherché Marcus aussi !
- Je ne planifiais pas cette bagarre, Maître ! Jamais je ne me suis dit que Carlisle serait une bonne alternative pour me débarrasser de Voltero !
- Donc... Vous êtes allé là-bas juste pour aller quelque part si je résume bien ?
- Je devais aller où ?
- L'hôpital par exemple. Pourquoi faire courir à la famille de votre petite-amie le risque d'être accusée de partialité dans cette affaire ?
- Je n'ai pas pensé à aller à l'hôpital...
- Vraiment ? Vous n'y avez pas pensé ? Pourtant quand on se blesse... c'est là où l'on se rend, généralement ?
Edward baissait les yeux et les relevait. Ils avaient changé... ils n'étaient plus doux, mais lourds, noirs et profonds !
- Je suis allé là-bas, parce que je n'avais nulle part où aller d'autre et que ma petite-amie était là-bas ! Je devais travailler ce jour-là ! Bella et Esmé se seraient inquiétées. Je ne voulais pas qu'elles paniquent.
- Dans votre tête, n'avez-vous pas imaginé que vous voir dans cet état pourrait être pire pour elles ?
- Ecoutez... Je sais pas pourquoi je suis allé là-bas mais je voulais retrouver ma compagne. J'ai jamais eu personne d'autre que ma mère et Bella est la meilleure chose qui me soit arrivée ! Vous avez été adolescent, un jour, non ? Vous n'avez jamais ressenti ce trouble, cette question terrible qui vous revient sans cesse en tête : où est ma vraie place ? Moi, je l'ai trouvé avec Bella ! Quand vous êtes menacé par un lion, le premier endroit où vous vous réfugiez n'est pas dans sa cage ! C'est en dehors de la grille de sécurité. Je devais faire quoi ? Aller à l'hôpital et revenir chez moi pour finir de me faire tuer ?
- Pauvre con !
- Quoi ?
Marcus s'était levé. Ca allait dégénérer ! Je le savais ! Edward était déjà debout, sur la défensive.
- MONSIEUR MASEN ! MONSIEUR VOLTERO ! CALMEZ-VOUS ! SILENCE !
- TRAITES MOI D'ASSASSIN ALORS QUE C'EST TOI QUI A COMMENCE A ME FRAPPER ! crachait Marcus.
Il s'emballait là ! Personne ne pouvait donc le canalyser ?
- ASSEZ ! SI MONSIEUR VOLTERO NE SE CALME PAS, J'INTERROMPS LA SEANCE !
- ET VOILA ! ON PREFERE CROIRE UN ADOLESCENT QUI N'A D'AUTRES IDEES QUE DE ME POURRIR LA VIE PLUTÔT ? PUISQU'IL FAUT DU SILENCE, VOUS ALLEZ EN AVOIR, JE VOUS LE GARANTIS !
Voltero se rasseyait, mimant une fermeture éclair sur sa bouche.
Non mais je rêve là ! 55 ans et il en arrive à de telles extrémités ? Rosalie me pressait la main alors qu'Edward se rasseyait.
- C'est une bonne chose pour Edward et Elisabeth que Voltero perde son sang-froid devant le juge et les jurés... me murmurait-elle.
J'aurais voulu la croire, sincèrement. Mais serait-ce suffisant ?
..::..
Point de vue d'Edward.
S'il voulait se battre, on allait être deux ! Philip me faisait les gros yeux, m'intimant de ne pas répondre aux provocations de Voltero. Il avait raison : c'était une chance de plus ! J'inspirais profondément, cherchant des yeux ma Bella qui était assise à mi-salle entre Rosalie et Carlisle. Une fois dehors, nous irions dans la cabane. J'avais déjà la bague depuis deux jours. Je l'avais trouvé, bien aidé par Rosalie. Une bague en argent avec une fine vague de diamants, croisant une autre vague du même type, colorée de diamants bleus nuit... la couleur qui lui va le mieux. Son prénom et le mien gravés à l'intérieur. J'avais pris cette bague aujourd'hui avec moi, dans la poche intérieure de ma veste de costume. Pile sur mon coeur. Elle me porterait chance !
- Je n'ai pas d'autres questions Monsieur Le Juge... soupirait l'avocat de Marcus.
En retournant à sa place il le fusillait du regard. Comment organiser la défense d'un type qui pète un plomb à tout moment ? Philip se levait à son tour et le juge m'ordonnait de rejoindre ma place. Elisabeth tremblait. C'était son tour ! Elle se levait, angoissée, pour aller s'asseoir à ma place. Philip commençait son interrogatoire de manière calme et presque rassurante. Il la faisait parler de sa vie avec Marcus, mais aussi de son rapport à moi.
- Mrs Masen... On vous a diagnostiqué la maladie de Hodgkin. Où en êtes-vous actuellement ?
- Le traitement est terminé. Je dois refaire des analyses pour savoir l'évolution des cellules cancéreuses...
- Vous n'êtes donc pas en rémission, vous nous le confirmez ?
- Oui ! Je le confirme...
- Bien... Donc, lorsque Monsieur Voltero a levé la main sur vous, vous étiez donc par déduction toujours malade ?
Elle acquiessait, hésitante. Ses yeux naviguaient sur toute la salle.
- Imaginiez-vous un seul instant que Monsieur Voltero aurait pu lever la main sur une personne malade ?
- Non... Jamais !
- Comment définiriez-vous vos rapports avec votre époux au début de votre relation ?
- Comme tout début de relation... Nous nous entendions très bien, nos travails nous réunissaient... On avait pas mal de points communs. Nous n'étions pas fusionnels mais le temps que nous passions ensemble était agréable. Je sortais un peu, chose que je n'avais plus fait depuis le décès du père de mon fils.
- Vous vous êtes donc installés ensemble... Les choses ont-elles changé à ce moment-là ?
- Un peu. Nous sortions moins, une routine s'installait. Edward était encore un petit garçon, il me demandait énormément d'attention... Nous nous sommes enlisés dans situation compliquée... J'avais espéré que mon fils puisse trouver en Marcus un repère masculin mais ça n'a pas été le cas !
- Pourquoi ?
- Ni Edward ni Marcus n'ont su s'adapter l'un à l'autre.
- Diriez-vous que c'est à cause d'un «comportement autistique» de votre fils ?
- Edward n'est pas autiste ! Il a toujours été très introverti, même avec moi ! Marcus l'a toujours abordé dans l'idée d'en faire un adulte avant l'heure.
- Ton fils est une larve !
Putain je vais le tuer !
- Edward, restez assis !
Philip se levait et s'approchait du juge.
- Monsieur le Juge, je demande le report de l'audience en raison du comportement irrespectueux de Monsieur Voltero ! Nous ne sommes pas dans une confrontation mais un jugement !
- Report accordé, j'aimerais m'entretenir avec Maître Gray, son client et le procureur. Reprise de l'audience demain à 8h30 !
Tout le monde se levait. Alors c'est tout ? On revient demain et tout recommence ? Ca allait se passer comme ça ? Dès que Monseigneur ouvrirait trop sa gueule, on reporterait tout ? Ca n'en finirait jamais ! Toute l'assemblée quittait la salle et Philip se penchait vers Elisabeth et moi.
- C'est positif pour vous. Voltero est entrain de se griller tout seul ! Je ferai intervenir le psychiatre demain, les résultats appuyeront ce qui s'est passé aujourd'hui !
Je me levais pour rejoindre Bella et sa famille. Ma compagne semblait crispée. Elle faisait tellement d'efforts pour paraître sereine...
- Tu veux qu'on aille se promener ?
J'acceptais. De toute façon, rester à la maison à végéter n'aurait rien apporté de positif !
::..
Bella conduisait jusqu'à la plage où nous avions été campé avec ses frères. Nous longions le chemin de sable main dans la main et pieds nus. C'était agréable et chaud ! Enso courrait devant nous, reniflant le sable. Il déterrait quelque chose avec dextérité. Nous éclations de rire en le voyant enfoncer sa truffe dans le trou qu'il venait de faire tout en remuant la queue.
- Il va avoir plein de sable après !
- Enso ! Sors de là !
Bella se rapprochait de moi alors que le chien revenait, un baton dans la gueule. Je l'attrapais et lui lançais loin, il courrait pour le chercher. Je passais mon bras autour de la nuque de ma petite-amie et elle m'enlaçait la taille, embrassant mon torse.
- Demain c'est fini, Edward...
- Je sais...
Nous nous arrêtions en bordure de mer. Enso jouait dans l'eau... Il allait être propre ! J'attrapais la main de Bella et la portais à mes lèvres avant de nouer nos doigts.
- Je sais que c'est difficile aussi pour toi tout ça... Mais je te promets que dès que les jurés ont rendu leur verdict, je ferai tout pour effacer ce que je te fais vivre...
- J'ai pas besoin que tu...
Je posais un doigt sur ses lèvres.
- Je t'aime, Bella. Et tu sais que je veux faire en sorte que notre vie ensemble soit la plus intéressante possible pour toi. Dès que c'est terminé, je ne penserai plus qu'à toi pour le reste de ma vie !
Si j'y croyais, je l'aurais demandé en mariage maintenant. Mais je voulais que ça se passe une fois que toute contrainte serait terminée. Une larme roulait sur la joue de Bella. Je l'effaçais avec mon pouce et elle se blotissait contre moi. Je la gardais dans mes bras un long moment, en fait jusqu'à ce qu'Enso ne revienne vers nous et se secoue à côté de nous, nous aspergeant d'eau.
- Ah putain salaud !
- Comment ils parlent à leur chien eux, regarde-moi ça Emily !
Nous nous retournions et tombions sur Jacob et sa copine.
- Qu'est-ce que vous faites sur ma propriété ? souriait l'ex de Bella.
- T'étais pas censé le savoir !
Le couple s'approchait de nous et nous saluait.
- Vous êtes revenus de Washington pour les vacances ?
- On a été passer quinze jours au Canada chez l'oncle d'Emily et puis on va rester là jusqu'à fin août ! Et vous alors ? Comment ça se présente l'année prochaine ?
- Los Angeles, faculté de lettres modernes pour moi et terminale pour Edward !
- Ah ouais, ton cousin il y est pas au lycée là-bas, Emily ?
- Jared ? Si ! Il va entrer en Terminale aussi cette année, option scientifique !
- Comme Edward !
- Il adore le lycée là-bas, ils sont très sympas, les classes sont en petits effectifs, les profs disponibles ! Vraiment, il s'en plaint pas ! Il a redoublé sa Seconde ici et à cause du divorce de ses parents, il est entré là-bas mais il le préfère au lycée de la Réserve ! Il avait peur parce qu'il paumait ses potes mais finalement il s'en est refait rapidement !
- On pourra te mettre en relation avec lui... Mais tu le connais Jared, Bella, non ?
Ma compagne fronçait les sourcils en réfléchissant.
- Jared... Celui qui avait les cheveux jusque dans le dos, là ? Celui qui habitait à côté de chez Billy ?
Jacob acquiessait.
- Il t'a marqué !
- Ben ouais, j'avais déjà été étonné par ta longueur de cheveux, alors la sienne...
Bella souriait tandis que Jacob s'offusquait faussement.
- Critique encore une fois mes cheveux et j'te noie dans la mer !
- Tu les as fait épointer ce mois-ci ?
- Cours, Bella ! Cours !
Ma petite-amie éclatait de rire et se mettait à longer la plage en courant poursuivie par son ex. Emily et moi continuions d'avancer derrière eux en les regardant. Bella venait de se faire attraper au vol par Jacob, et ce dernier l'avait balancé sur son épaule, lui claquant la cuisse ! Encore heureux que ça ne soit que la cuisse... Emily souriait, sereine.
- Ca ne te rend pas jalouse ?
- De quoi ? De les voir s'amuser ? Non, pas le moins du monde ! Au début, si. Forcément. Ils venaient de se quitter et je croyais qu'ils étaient un de ces couples qui, séparés, ne pouvaient pas s'empêcher d'entretenir une relation fusionnelle... Mais en fait, ce sont de simples amis...
Jacob relâchait Bella et celle-ci grimpait sur son dos, morte de rire en criant : «Hu!»
- Et puis c'est mieux de pouvoir sortir tous ensemble sans se soupçonner, tu crois pas ?
- Si, c'est certain ! Je préfère savoir que Bella et Jacob sont bons amis plutôt qu'ils aient à se cacher pour se voir !
Emily me tapotait le bras.
- Bella t'aime, ça ne fait aucun doute ! Je sais que Jake m'aime aussi ! On a pas trop à s'en faire tu sais...
Je voyais Enso courir à côté de Jacob en aboyant, alors que celui-ci courrait le long de la plage, Bella sur son dos. Le petit chien n'aime pas qu'on touche à sa maîtresse !
- Le père de Jake nous a parlé de la fête pour vos fiançailles... C'est gentil de nous inviter !
- Vous êtes de bons amis à elle... Ca me paraissait normal...
- Tu te jettes à l'eau quand ?
- Une fois que le verdict de mon procès sera prononcé... Demain soir si tout va bien !
- Je croise les doigts pour toi !
- Merci...
Emily était sympa. Et même si ça me trouait de le reconnaître : Jacob aussi ! Nous avions ramené le chien trempé chez ma mère avant d'aller boire un verre tous les quatre. La journée se terminait à une vitesse folle. Elisabeth avait reçu un long coup de fil d'Eric. Ils discutaient de choses et d'autres pendant que Bella se douchait. Voir ma mère sourire et rire à une quelconque plaisanterie de cet infirmier me rendait heureux mais aussi un peu peiné. Elle avait droit au bonheur bien sûr... mais ça me faisait bizarre... peut-être parce que les choses changeaient, que j'allais partir et que je prenais un chemin différent, la laissant derrière... Finalement, je montais à l'étage et ouvrais la porte de la salle de bains. Bella était sortie de la douche, enroulée dans une grande serviette blanche, les cheveux humides. Je m'asseyais sur le rebord de la baignoire pendant qu'elle se brossait.
- Elisabeth est au téléphone avec Eric...
Bella se tournait vers moi et posait ses mains sur mes épaules.
- Ca t'embête s'ils ont une relation ? me demandait-elle.
- Je sais pas... Je suppose que ça me fait drôle... mais elle a droit au bonheur, ça je ne le conteste pas... J'ai seulement l'impression que c'est différent de Marcus... Tu sais, c'est comme si je savais qu'Eric était le bon pour elle et je sais qu'elle ne pense plus à mon père...
En fait, c'était ça qui m'emmerdait... J'avais toujours vu ma mère pleurer mon père... maintenant qu'Eric lui offrait une distraction, j'avais peur que sa mémoire disparaisse... Bella s'asseyait sur mes genoux et m'embrassait.
- Ton père ne disparaîtra jamais ni dans son coeur ni dans le tien... Il sera toujours là en elle. Eric lui offre des choses que Marcus ne lui a pas donné, et que ton père lui offrait... Mais il ne cherche pas à le remplacer.
- Elle n'a plus reparlé de lui depuis qu'elle a demandé le divorce avec Marcus...
Ma gorge se nouait. Je ne voulais pas que l'esprit de mon père s'estompe.
- Edward écoute-moi... Ton père sera toujours là. Toujours. Il veut qu'elle soit heureuse... c'est peut-être lui de là-haut qui a fait en sorte qu'elle le rencontre. Eric ne lui fera jamais de mal et il respectera toujours le fait que ta maman pense à ton papa. Ce n'est pas parce qu'elle n'en parle plus, qu'elle l'oubliera... Seulement... comment dire ? Seulement, les choses changent... On va s'en aller, faire notre vie, dans une maison, une ville différente. La vie nous force à tourner des pages, voire à refermer des livres entiers d'une épreuve. C'est ce qui se passe en ce moment pour nous tous... C'est difficile à accepter le changement, mais tout se fera en douceur. Il y a des choses que l'on emmène d'un livre à un autre et je crois que ton Papa a été un passage trop important du précédent livre d'Elisabeth pour qu'elle ne l'oublie. Ce n'est pas un point final... C'est juste une suite... Tu comprends ?
J'acquiessais, resserrant mon étreinte autour d'elle. Elle entourait mon cou de ses bras, embrassant ma tempe. Bizarrement, les larmes me submergeaient à cet instant. Bella ne s'en formalisait pas. Elle me laissait passer certains caps tout en restant près de moi.
- On sera tous là au commencement du prochain livre, Edward. On sera tous ensemble, prêts à écrire d'autres lignes qui feront naître de magnifiques histoires...
Elle me reprenait contre elle, caressant ma joue. La nouvelle histoire commencerait demain...
..::..
Point de vue de Bella.
Le réveil indiquait 6h49. J'étais réveillée depuis pratiquement une heure... En fait, je n'avais pas beaucoup dormi... repensant sans cesse à cette nouvelle audience... Edward dormait, blotti sous la couette. La nuit avait été fraîche et j'avais dû fermer les fenêtres que nous avions entrouverts avant de nous endormir, tant il faisait lourd. Un orage avait éclaté et la pluie tombée avait rendu l'atmosphère presque froide. J'écoutais la fine pluie tomber sur la rigole devant la fenêtre. Le visage de mon compagnon semblait crispé. Je lissais doucement la ride qui s'était formée entre ses sourcils. J'aurais aimé ne pas avoir à le réveiller... A côté du réveil trônaient les cartes postales envoyées par Alice et Jasper. Brésil, Guyane, Argentine, Caraïbes et la dernière en date, de quatre jours, provenait de Cancùn, au Mexique ! Se font pas chier les deux ! J'attrapais la carte.
«Bonjour l'Amérique qui s'ennuie, ici l'Amérique qui s'éclate!
De toutes les villes qu'on a visité, Cancùn est la meilleure!
Comment va la fraîcheur dans Port Angeles ?
On aurait voulu vous envoyer un peu de soleil
mais le coli aurait coûté bien trop cher !
Désolés, vraiment !
A la prochaine ! JazzZZzzzz !
PS : Désolée, c'était son tour de faire la carte... Je savais que c'était une mauvaise idée!»
Ils avaient l'air de filer une très belle idylle et j'étais contente pour eux ! Je reposais la carte et Edward grognait dans son sommeil, se recroquevillant sur lui-même un peu plus. J'embrassais son épaule, son cou et sa joue, mon buste collé à son dos. Ma main traînait sur sa cuisse et son bas de pyjama.
- Edward... chéri... Il faut que tu te réveilles mon coeur...
- Mmmmmm...
Je souriais, réembrassant sa joue. Il se retournait vers moi, son nez dans mon cou.
- Pas envie...
- C'est la dernière fois qu'on y va...
- Si l'autre se donne pas en spectacle ! grondait-il.
- Le juge a dû l'avertir que s'il recommençait, ça se passerait mal... J'ai confiance mon Amour. Ce soir ça sera terminé... on fêtera ça comme il se doit...
Edward ouvrait ses yeux et posait sa main sur ma taille, me brûlant par ses prunelles vertes.
- Tu sais pas encore à quel point...
Mon coeur s'affolait à cet aveu. Avait-il déjà prévu quelque chose ? Je déposais mes lèvres sur les siennes et nous nous embrassions longuement, comme pour repousser l'instant où nous devrions quitter ce lit chaud et accueillant pour retourner au tribunal.
Peu de temps avant de partir, je le surprenais dans la chambre de sa mère avec une photo encadrée de son père qu'il sortait du tiroir de la table de chevet. Je le laissais à sa contemplation quelques instants avant de le rejoindre. Lorsqu'il me vit, il me souriait sans poser le cadre. Le Sergent avait été un très bel homme, peut-être un peu plus grand et charpenté qu'Edward, mais tout aussi séduisant. Je ne comprenais que trop bien Elisabeth qui avait craqué pour lui... Après tout, j'avais craqué moi aussi ! Et si je devais le perdre un jour... Le deuil serait impossible...
::..
Le psychologue venait à la barre des témoins, un dossier sous la main. Après s'être présenté, il remettait un exemplaire au juge à sa gauche et ouvrait le sien.
- Que pouvez-nous nous dire de Monsieur Masen ?
- J'ai auditionné trois fois ce jeune homme. La première séance a été interrompu à cause de différents avec son beau-père, alors présent. Une grande agressivité régnait dans la pièce et Monsieur Masen ne se livrait pas facilement. Lors du questionnaire écrit, j'ai pu apprécier que Monsieur Masen se livrait davantage. Ce jeune homme, au travers ses réponses, souffre d'un complexe d'infériorité très prononcé, ainsi que d'une Estime de Soi très dévalorisante.
- Cette Estime de Soi est une chose importante ?
- Oui, énormément ! Elle est un axe essentiel pour construire sa personnalité. Dans le cas de Monsieur Masen, cette estime de Soi est extrêmement faible. Monsieur Masen pense être inexistant, à la fois pour les autres, mais aussi pour lui-même.
- Vous avez pu le questionner sur les relations à son entourage. Comment expliqueriez-vous sa relation à Mrs Masen ?
- Elle est très importante, primordiale. Pendant très longtemps, il a vécu proche d'elle. Il a cependant l'impression de n'être que le fantôme de son père. Ce qui le fait se sentir inférieur encore une fois.
- Et sa relation à Mr Voltero ?
- L'un et l'autre sont entrés dans un combat de supériorité. Tous deux luttent pour la place de «mâle dominant». Cependant, monsieur Masen se perçoit encore et toujours comme inférieur à Monsieur Voltero. Ce dernier étant le mari d'Elisabeth, Edward a l'impression qu'il restera sans cesse le deuxième. Il traverse depuis l'arrivée de monsieur Voltero dans sa famille une grande «crise d'angoisse existencielle».
- Vous pouvez expliquer ce terme d'angoisse existencielle ?
- Nous angoissons tous à l'idée d'être quelqu'un, de ne pas l'être, de devenir une personne à part entière... C'est l'angoisse la plus complexe à maîtriser, parce qu'elle peut prendre des années entières, voire une vie à être résolue si je puis dire. Cette angoisse est comblée lorsqu'on est enfant par la présence parentale : papa, maman. Ici, Monsieur Masen a déjà le désavantage de ne pas avoir de figure paternelle. Il n'a conscience que de sa vie auprès de sa maman, puisque son papa est décédé alors qu'il n'avait que deux ans. Jusqu'à ses 6 ans, sa maman s'est occupée de lui et uniquement de lui. L'arrivée de Marcus lui a donné la sensation d'être relégué au second plan. Il est de nature timide et il est probable qu'il se soit senti obligé de s'effacer face au couple de sa maman. Cela a affecté de façon durable son développement psycho-affectif et émotif. Monsieur Masen a toujours l'impression d'aborder les autres différemment de la plupart des gens autour de lui. Ce genre de situation est dûe en partie par les maltraitances psychologiques.
- Quelles en sont les conséquences concrètes ?
- Tout d'abord, le premier handicap est un stress chronique important qui peut devenir vraiment problématique. Monsieur Masen est stressé. Je l'ai beaucoup observé durant notre premier entretien et il était très nerveux, très agité. Son regard est fuyant la plupart du temps, il cherche à éviter le contact avec autrui. Ensuite, il y a énormément de mélancolie, de réserve, voire d'effacement. Monsieur Masen est tout à fait dans ce type de pensées. Il est sans cesse dans la recherche de la figure que représentait son père décédé. Il y a également un doute de Soi, que ce soit dans un domaine professionnel ou affectif. Lorsque Monsieur Masen m'a parlé de sa relation de couple, j'ai très vite noté que sa compagne avait un rôle très protecteur avec lui, visant toujours à le rassurer, lui expliquer les choses calmement, être réconforté sur l'amour qu'ils échangent et sur celui de sa compagne...
Ca c'est sûr ! Ca m'épatait que cet homme qui ne connaissait pas Edward il y a encore trois mois de ça, puisse déduire autant de choses au travers des tas de questionnaires et des réponses.
- Il y a aussi une forme passive-agressive. La plupart du temps, la victime de maltraitance psychologique est persuadée que quoi qu'elle fasse, dans n'importe quelle situation, elle restera une loque sans importance. Cette «faiblesse» sera rejetée sur la personne qui a opéré la maltraitance et peut provoquer des bagarres. En l'occurence comme cela s'est déroulé ici avec, selon Monsieur Masen, Monsieur Voltero !
- VOUS DITES N'IMPORTE QUOI !
- MONSIEUR VOLTERO CALMEZ-VOUS !
- IL VOUS A PAYE POUR SORTIR CE CHAPELET D'ANNERIES OU QUOI ? MERDE !
On peut pas le piquer avec des calmants ce type ? Je reportais mon attention sur Edward qui était blanc comme un linge. Je n'avais qu'une envie, c'était d'aller le rejoindre et le prendre dans mes bras pour l'emmener loin de ce procès...
- Monsieur le Juge, je demande à m'entretenir avec l'avocat de Monsieur Voltero ! annonçait Philip.
- Très bien, la séance est suspendue, elle reprendra à 10h45 !
Et merde bordel ! Edward se levait pour sortir de la salle, visiblement tendu. Si la séance était encore interrompue après, il allait finir par exploser !
..::..
Point de vue de Jasper.
- Oh allez Jasper ! Vieeens !
- Il va me tuer !
- Mais non, à peine ! Allez !
- Ah ha ah ! Grosse maligne ! Ca te fait marrer hein ?
Alice acquiessait, souriante, tirant ma main pour me faire sortir de la voiture.
- Allez magne-toi ! Déjà que Charlie va être en rogne...
- AH ! Tu vois ! Tu l'admets qu'il va être en rogne !
- A la réflexion, on aurait peut-être dû acheter une combinaison pour te protéger !
Vas-y c'est ça fous-toi bien de ma gueule toi ! Je quittais la voiture et attrapais le bouquet et la bouteille.
- Je te jure que j'ai l'air d'un con comme ça !
- Mais non allez, tu seras très bien ! En plus, ma mère te connaît déjà et elle t'apprécie... Et elle adore les fleurs !
- Ton père aussi me connait quand il venait chez la vieille en face de l'épicerie parce qu'on baissait nos froques sous ses fenêtres avec Emmett !
Alala, la belle époque ! Alice éclatait de rire.
- Il s'en souvient en plus ! C'est con hein !
- Très con... grognais-je
- Allez viens ! Plus on attend, plus Charlie va se foutre en boule !
Elle me tirait jusqu'à la porte d'entrée. J'hallucine en couleurs !
- Ma propre femme m'amène dans la gueule du loup, j'm'en rappelerai de celle-là !
La porte était close et Alice se tournait vers moi. Elle resplendissait... elle pétillait... Je n'imaginais plus un instant sans elle... Elle passait ses bras autour de ma nuque.
- Je te protègerai ! Je connais ses points faibles à Charlie !
- Ah ouais et c'est quoi ? Faut que je le menace avec un bazooka ? Parce que attends ma biche, j'dois en avoir un dans le coffre de la caisse je vais aller le chercher de suite !
- Jasper ? Tu veux pas la fermer dix secondes s'il te plaît et m'embrasser plutôt que de préparer un plan anti-kamikaze contre ton beau-papa préféré ? Et puis si t'es sage... peut-être que ce soir tu pourras avoir une petite gâterie...
Grrrrr ! Bon... Si elle me prend par les sentiments...
- Vilaine !
J'entourais sa petite taille fine de mes bras et la soulevais pour la plaquer contre le mur en pierres de la maison et l'embrasser, sentant son sourire contre mes lèvres. Elle passait ses jambes autour de ma taille et nos langues se liaient furieusement. Oh bon sang ! J'avais envie d'elle, encore... Oh oui encore ! Parce que putain, on avait eu deux vies en voyage : une vie de touristes et la nuit, on avait pour mission de réveiller toutes les chambres des hôtels où on avait dormi ! J'entendais un «driiiiinngggg» et j'étais littéralement pratiquement entrain de me frotter à elle avant de réaliser qu'on venait de s'appuyer contre la sonnette.
Nous ouvrions les yeux l'un sur l'autre et la porte s'entrebaîllait... sur le chef Swan ! et merde ! OH PUTAIN ET PUIS TU PEUX Y ALLER ! J'suis pratiquement entrain de violer sa fille unique contre le mur ! Je reposais Alice sur le sol.
- Oh salut Papa !
Je montrais le bouquet et la bouteille. Quelque chose me dit : mauvaise manip' mec !
- Bonjour Beau-Papa !
Faut pas perdre la face ! JAMAIS ! Mais bon... Charlie avait déjà les yeux noirs et le visage rouge.
- 'Trez... marmonnait-il.
Je faisais passer Alice devant moi et me penchais vers elle.
- Mon testament est dans mon bureau... Ca a été sympa ce mois avec toi ! Adieux !
Charlie claquait la porte. Gloups !
..::..
Point de vue de Charlie.
J'en reviens pas... Ils sont VRAIMENT mariés ! Il y a les bagues... Renée avait crié en voyant Alice et l'avait serré dans ses bras. Elle a qu'à la féliciter aussi pendant qu'elle y est !
- Heh bien... C'est très inattendu mais... félicitations !
Je rêve !
- Merci Maman !
- Merci, Renée !
Ma femme se tournait vers moi.
- Charlie... Tu sais ce dont on a parlé !
- Oui mais excuse-moi ! Un type vient d'embarquer ta gamine pendant un mois au travers toute l'Amerique du Sud et toi, tu les félicites !
- Mais enfin ! Il l'a tout de même pas séquestré et violé !
Encore heureux ! Quoi que, ce qu'ils faisaient là devant le mur hein...
- Alice n'est qu'une enfant ! Elle a à peine 18 ans !
Alice soufflait en louchant. Jasper la regardait, se mordant la lèvre, avec visiblement une envie de rire. Il paraissait presque fasciné...
- Mais ça va maintenant Papa putain ! J'aime Jasper ! Faudra que tu fasses avec ! Tu le connais depuis qu'il est tout petit !
- Ah ben ça oui ! Je connais même ses fesses à ce jeune homme !
- J'étais petit à l'époque...
- Oui... 12 ans !
Et il était fier de lui ce con ! Il posait la bouteille sur la table et attrapait la main d'Alice, me mettant sous le nez l'alliance de ma fille. Alice est mariée...
- Ecoutez Charlie... Je sais pas... En fait j'imagine pas un putain d'instant ce que ça peut vous faire parce que j'ai pas de gamine et je sais que vous aimez Alice. Vous l'avez aimé suffisamment pour aller la chercher à l'autre bout du pays et lui donner un toit. La ramener ici a été juste la chose la plus intelligente que vous aurez fait pour ma vie. J'aime votre fille, franchement ! Et je sais qu'elle m'aime aussi assez pour m'avoir suivi jusqu'à Vegas... Elle n'a pas été forcé et elle sera aimée, je peux vous le jurer. Vous êtes un mec bien, Charlie. Pour avoir accepté de donner de l'amour à cette gamine qui n'en avait pas assez dans son orphelinat. Et je continue de croire qu'au fond, vous serez quelqu'un de bien pour voir qu'on s'aime. Je vous l'ai prise alors qu'elle a à peine 18 ans. Mais je sais ce que je veux pour le futur et je le veux avec elle. Je veux qu'elle vive sa vie à fond, qu'elle devienne costumière sur des films. Je vais me charger dès notre retour à L.A. de la faire inscrire dans une école pour ça et je lui donnerai tous les moyens nécessaires pour qu'elle réussisse. Après... je sais que si vous voulez pas de moi chez vous, je respecterai ça ! Mais j'espère que pas une seule fois vous avez imaginé la rejeter pour ça ! Parce que moi, j'veux pas d'embrouilles ! Je montrais p'tètre mon cul à cette vieille charogne à mes 12 ans parce que c'était pour déconner avec mon frangin. Mais là, non ! Avec Alice, je déconne pas et je ne déconnerai pas...
Jasper était un bon gamin. Comme Emmett d'ailleurs. J'aurais peut-être pu espérer mieux pour Alice, mais visiblement, elle l'aimait et l'avait choisi, lui...
- Charlie, je peux te voir ? Installez-vous les enfants ! On revient !
Renée m'entraînait dans la chambre et sortait un album de sous le lit. L'album de l'arrivée d'Alice...
- C'était il y a quinze ans Charlie... Et on a fait du bon boulot avec elle ! On avait aussi 18 ans quand on s'est mariés...
- Je sais !
- Et on est toujours ensemble, non ?
Renée, ou l'art de me montrer mes erreurs !
- Je sais que tu es en colère de la façon dont ça s'est passé. Moi aussi, pour être honnête. Mais Alice sourit. N'as-tu donc jamais fait attention le soir à table depuis trois ans qu'elle nous parle de lui ?
L'éviter aurait été difficile ! Mais j'avais toujours pensé que ça n'était qu'une passade...
- Elle a fini par l'épouser. Elle est heureuse comme ça et je suis sûre que même s'ils ont eu un mariage à la sauvette, c'était le plus beau jour de sa vie !
- C'est toujours le plus beau jour de ma vie, Maman ! Et je ne compte pas toucher à ce souvenir...
Nous nous retournions vers Alice qui était dans l'encadrement de la porte. Elle me semblait si épanouie... Jamais je ne l'avais vu rayonner comme ça. Une larme roulait sur sa joue et je crois bien que les miennes menaçaient aussi. Elle s'est mariée...
- Papa, s'il te plaît... Accepte-le ! Je te demande pas de faire semblant de l'apprécier, mais juste d'accepter l'idée qu'on s'aime et que je suis heureuse de m'être mariée avec l'homme de ma vie le jour de mes 18 ans à Las Vegas...
Elle semblait si sincère... si belle...
- Charlie... Essaie... Moi aussi ça m'a fait un choc mais l'évidence est que Jasper va prendre soin d'elle...
Annoncé comme ça, ça paraissait si simple... Elles en étaient tellement convaincues...
- Jasper a réussi et il me fera réussir. Je n'ai pas peur de vivre avec lui. Edward et Bella vont se marier aussi ! On ne sera pas des cas à part tu sais...
Alice s'est mariée et elle va s'en aller. Comme Edward qui quittera Elisabeth, comme Isabella qui quittera Carlisle et Esmé. On a beau les élever, leur donner vie, les adopter... Ils finissent tous par partir... mais ça... c'était dur à accepter ! On veut tous pour eux le plus de bonheur et apparemment, ma petite fille a trouvé le sien.
- Jure-moi Alice que si la moindre chose se passe mal, tu reviendras...
- Bien sûr, Papa ! Mais tout ira bien !
Alice sautillait jusqu'à nous et nous prenait dans ses bras. Je revoyais cette petite de trois ans qui nous avait tendu les bras à l'orphelinat.
- On a quelque chose pour vous... Venez...
Nous descendions en bas retrouver Jasper qui regardait les photos d'Alice petite, accrochées au mur. Il souriait. Alice se dirigeait vers lui et attrapait sa main. Jasper extirpait une enveloppe marron de son blouson en jeans.
- C'est le seul exemplaire qu'on a... On a décidé qu'il vous revenait de droit, parce que nous, on a les souvenirs et ça nous suffit !
Je décollais l'enveloppe et extirpais un cliché. Leur photo de mariage. Le baiser de leur mariage. C'était concret. Ils se sont réellement mariés... L'émotion me submergeait de toute part, me faisant trembler comme jamais encore je n'avais tremblé. Une boule douloureuse se formait dans ma gorge. Il faut l'accepter... c'est comme ça, ils s'aiment ! Je les observais tous les deux. Ils se tenaient debout devant moi, collés l'un à l'autre, Alice tenant le bras de Jasper contre son corps, ce dernier me fixait résolument, sa main aggrippée à celle d'Alice. Juste 18 ans et elle est partie...
- Prends soin d'elle !
- Vous avez ma parole !
- C'est tout ce que je veux...
J'avais confiance en Carlisle. Son fils était quelqu'un de bien, puisque lui-même était une personne de confiance... mais c'était trop d'un coup.
- Excusez-moi...
Je reposais le cliché sur la table, et prenais mon blouson pour sortir prendre l'air. Elle sera heureuse... c'était une chose certaine !
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Point de vue d'Elisabeth.
Ce procès me semblait interminable. Et cette pause aussi. Edward perdait patience et j'en perdais aussi. Quand je regardais Marcus maintenant, je ne parvenais plus à comprendre comment j'avais pu l'épouser, alors qu'il avait fait tant de mal à mon fils. Et surtout, comment n'avais-je jamais ouvert les yeux devant ça ? Jamais je ne me pardonnerai d'avoir vu la souffrance dans les yeux d'Edward alors que le psychologue retraçait tout ce qu'il ressentait... A la sortie de la salle d'audience, il s'était assis sur un des bancs à califourchon et Bella était venue s'installer contre lui. Il ne faisait que la regarder et lui caressait les cheveux. Elle saurait lui redonner confiance et lui redonner une vie au fil du temps. Ce que je n'avais pas su faire, elle y arrivait avec beaucoup d'aisance. Elle est tout ce qu'il a de plus cher au monde. Je réprimais un sanglot et sentais une main se poser sur mon épaule. Eric.
- Ca va, Elisabeth ?
J'acquiessais. Le procureur sortait de la salle et nous rappelait. Cette fois, nous allions peut-être enfin trouver une issue... Marcus était à sa place, à côté de son avocat qui semblait furieux. Le juge prenait la parole.
- Avez-vous d'autres témoins à faire venir à la barre ?
- Non, pas d'autres témoins !
- Non plus Monsieur le Juge !
Le Juge se levait.
- Nous allons nous retirer pour statuer sur ce cas.
Je les regardais se lever et voyais le regard blanc d'Edward. Il se tournait vers moi, un sourire timide sur le visage, les yeux fermés.
- Ca va chéri ?
- Maman ? J'suis désolé de t'avoir amenée jusqu'ici...
- C'est oublié Edward... Tout ira bien ! Tu seras heureux !
Il fixait ses mains croisées et je sentais mon siège trembler à cause de ses mouvements nerveux de jambes.
- Je t'aime, Maman.
- Moi aussi je t'aime, Edward. Je t'aimerai toujours et pas parce que tu es le portrait de ton père. Je t'aime parce que tu es mon fils et que je suis fière de toi. Je n'ai jamais rêvé avoir un fils aussi beau, aussi gentil, aussi disponible... Je t'aime et je suis très fière de toi. Ne doute plus jamais de l'homme bien que tu es... Tu es très différent de ton père mais tu es au moins aussi admirable que lui l'était...
Il se redressait et je me retrouvais dans ses bras. Il y avait tellement de temps que je n'avais plus pris mon fils contre moi... et ça faisait un bien fou. Comment avais-je pu le mettre dehors ? Un coup de folie sûrement ! Mais je ferai tout pour qu'il me pardonne un jour...
::..
- Les jurés ont rendu leur verdict. Monsieur Marcus Voltero devra s'acquitter d'une indemnité de 5000$ pour préjudice moral et maltraitance psychologique à l'encontre de Monsieur Edward Masen et de 1500$ pour coups et blessures à l'encontre de Mrs Elisabeth Voltero-Masen et il est condamné à trois mois de prison avec sursie. Monsieur Voltero ne pourra plus approcher son ex-épouse à moins de cinq cent mètres...
- QUOI ? MAIS C'EST N'IMPORTE QUOI !
- ASSEYEZ-VOUS MARCUS ! hurlait son avocat.
Edward n'avait rien... Il était innocenté ! Mon fils relevait la tête, incrédule.
- Le psychologue ayant conclu dans son rapport une maltraitance psychologique aux conséquences importantes pour le développement de Monsieur Masen, il a été décidé qu'aucune poursuite ne serait engagée contre lui, s'il n'existe pas de récidive de sa part. Affaire classée.
- C'EST DEGUEULASSE ! DEGUEULASSE !
Marcus fut attrapé par deux policiers et entraîné dans une petite salle à part. C'est terminé... Edward se levait et je suivais son mouvement. Philip lui tapotait l'épaule.
- C'est fini... Vous pouvez partir...
Edward me tombait dans les bras. C'est terminé !
- Edward !
Nous nous lâchions et je voyais Bella le rejoindre, fendant la foule qui sortait. Elle se jetait dans ses bras et ils s'embrassaient longuement, heureux. Carlisle s'approchait et m'étreignait. - N'oubliez pas de venir demain pour vos résultats d'analyses...
- J'ai un bon pressentiment, Docteur... Vous croyez que c'est à cause de l'euphorie de l'instant ?
- Peut-être... ou peut-être pas...
- Merci Carlisle... Merci pour tout...
- Allez... Il faut se dépêcher... Votre fils nous a explicitement demandé que tout soit prêt à temps !
Nous éclations de rire. Edward irait demander sa main à Bella dans leur cabane et nous retrouverait tous ensuite pour faire un barbecue autour de cette bonne nouvelle...
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{Playlist : Placebo - Special Needs}
Point de vue d'Edward.
J'avais emmené Bella se promener dans Port Angeles. J'espérais que tout serait prêt ! Et puis, au signal de Rosalie qui m'avait envoyé un texto, je nous reconduisais à pieds chez les Cullen. Bella commençait à se diriger vers la porte d'entrée, souriante. Elle était heureuse du verdict ! Et moi aussi ! Avec cet argent, je pourrai envisager de pouvoir participer aux préparatifs du mariage. Je passerai mon bac et j'épouserai ma compagne... si elle veut bien ! - Euh non Bella... Attends !
- On ne rentre pas ?
- J'ai envie qu'on aille dans la cabane d'abord !
- Si tu veux... ça fait longtemps !
Je l'entraînais dans le jardin, à travers les haies. Revenir au début, là où tout a commencé, à la naissance de notre jardin secret... Je sentais le poids de l'écrin dans ma poche de veste de costume. Je grimpais en premier dans la cabane, tout était décoré. Une nappe blanche sur le vieux tonneau, deux flûtes de champagne, une bouteille, un bouquet de roses de toutes les couleurs... 18 pour être précis. Je m'installais à genoux sur le matelas et Bella montait. Ses yeux s'écarquillaient en voyant la décoration.
- Woow... Edward... Tu as appelé les décorateurs du Ritz pour refaire notre petit intérieur ? souriait-elle.
Je ne pus m'empêcher de lui rendre ce magnifique sourire. Elle s'installait sur la plateforme face à moi.
- Du champagne ?
J'acquiessais et attrapais le bouquet.
- C'est pour toi...
Elle attrapait le bouquet et en humait le parfum, un sourire satisfait sur le visage.
- Merci mon Amour... Elles sont splendides... Tu n'aurais pas dû...
Elle s'approchait et m'embrassait chastement.
- C'est pour une occasion spéciale...
- Tu vois... Je te l'avais dit que tout s'arrangerait à la fin !
Je souriais. C'est vrai... elle me l'avait dit !
- Ce n'est pas tout à fait la fin... Il me reste un paragraphe à exploiter avant la fin de l'histoire...
Je me rapprochais d'elle, à genoux et attrapais l'écrin de velour bleu foncé. La mâchoire de Bella se décrochait et j'étais pris de tremblements.
- Edward...
- Aujourd'hui Bella, je me mets à genoux devant toi. Enfin pas vraiment vu que t'es agenouillée aussi dans cette cabane mais je crois que c'est le seul endroit qui convenait vraiment à cet instant...
Des larmes remplissaient ses yeux et elle plaquait sa main contre sa bouche. J'ouvrais l'écrin difficilement.
- Je te l'avais promis, Bella. Je tiens toujours mes promesses. Si nous voulons entamer un livre rien qu'à nous, il faut refermer celui-ci sur un happy end. Je t'aime Bella, de tout mon coeur et je n'imagine plus une seconde sans toi. Est-ce que tu veux bien devenir ma femme ?
En cet instant, ce fut comme si rien n'avait été prévu. On savait que l'on se marierait, mais la surprise était telle dans ses yeux que je ne voulais plus voir son regard sans cette flamme... plus jamais !
- J'en rêve, Edward... Oui ! Je veux devenir ta femme ! Pour toujours ! Et même plus...
- Et même plus...
J'avais envie de pleurer et j'aurais été idiot de retenir ces larmes. J'attrapais sa main gauche et glissais la bague autour de son annulaire. Elle était parfaite pour elle. Je relevais le visage vers le sien et j'embrassais sa larme qui roulait. Elle entourait ma nuque de ses bras et m'attirait à ses lèvres. Nos langues se rencontrèrent, doucement, lentement. Je l'aime, je l'aime. Je l'aime.
De longues minutes durant, nous sommes restés ici, simplement, front contre front et lèvres contre lèvres. Elle était mon essentiel, elle faisait partie de ma vie. C'est tout ce que je demandais...
..::..
Point de vue de Bella.
Dans la maison, ils étaient tous là. Papa, Maman, Emmett, Rosalie, Karlyne qui tenait presque debout, Elisabeth, Eric, Jacob, Emily, Charlie, Renée et même Jerry et Elena venus spécialement de Chicago. Le salon était décoré d'un tas de fleurs, et tous souriaient. Nos mères pleuraient... Je portais cette bague et je la portais pour toujours. Nous allons nous marier. Tous fêtaient cet instant. Jamais je n'oublierai ce 2 Août, qui véhiculait tant de promesses... La porte s'ouvrait. OH ! JASPER ET ALICE !
- Saaaaaaaaaaaaluuuuuuuuuuuuuuuuuut !
Ils portaient bien leurs alliances ! Alice me sautait dessus, criant.
- FAIS VOIR TA BAGUE BELLA !
Elle était de retour ! Pas de doute ! Jasper s'approchait alors qu'Alice félicitait son meilleur ami. Il me serrait dans ses bras, un large sourire sur le visage.
- Je me suis marié alors t'en fais autant hein c'est ça la Tomate ? Tu veux me piquer la vedette !
- T'es barge ! Je veux sûrement pas te ressembler !
Il riait et m'embrassait.
- Félicitations... Je suis heureux pour vous deux !
- Moi aussi !
Il me faisait un petit clin d'oeil et regardait ma bague. Carlisle s'approchait.
- Pas maintenant Jasper mais je te jure que tu ne vas pas y couper !
Jasper soupirait.
- Et voilà ! Punaise mais c'est la St Jasper aujourd'hui ou quoi ? Je suis une star, trop de sollicitations pour la même journée...
Au fil de la soirée, nous trinquions à cette future union. Je m'y voyais déjà... dans une robe simple. Avec eux. Nos familles... Notre famille. Je ne lâchais plus la main d'Edward et il ne lâchait plus la mienne non plus. Son contact ne devait plus m'être retiré. Jamais ! Si cela arrivait, j'en mourrai... Mes parents installèrent un barbecue dehors et nous nous retrouvions tous autour de grillades, comme si un immense poids s'était enlevé. Jamais en une soirée Edward n'avait autant ri et ça, ça valait de l'or ! Il plaisantait même avec Eric, et lorsque ce dernier proposait à Elisabeth de l'emmener boire un café en extérieur, Edward lui tapotait l'épaule.
- J'espère que vous prendrez soin d'elle !
- Je le ferai, Edward. Je te le promets !
.
Edward me conduisait chez lui, en silence. Nous avions la maison pour nous ce soir. Sans un mot, il m'entraînait dans la chambre, avec une bouteille de champagne et deux coupes à la main. Il fermait la porte pratiquement sur la truffe d'Enso. Le pauvre ! Il a l'habitude de venir dormir dans la chambre avec nous mais ce soir, c'est spécial... Je m'installais sur le lit et Edward nous versait deux verres. Il s'approchait de moi et faisait choquer nos coupes. Je portais le liquide à mes lèvres et reposais mon verre. Edward venait se loger entre mes cuisses et je sentais son désir contre ma féminité. Il ondulait lentement du bassin, couvrant mon visage de doux baisers.
- Je t'aime, Edward...
- Moi aussi... Je t'aime plus que tout...
Son visage glissait dans mon cou et il me retirait mon haut, pour cajoler ma poitrine de baisers. Au fil des minutes, nous enlevions peu à peu chaque vêtement, pour nous retrouver nus. Edward prenait ma main dans la sienne et regardait la bague. Ses yeux pétillaient. Je le désirais tellement ! Il l'embrassait et reprenait mes lèvres alors qu'il se positionnait à mon entrée et me pénétrait lentement. Cette nuit ne fut que tendresse... un joli aperçu de ce qui allait nous arriver dans le futur... Il me pénétrait de plus en plus loin et je griffais son dos, nos langues et bouches liées. Il accélérait et les sensations envahissaient mon corps. Je me resserrais autour de lui en criant et il venait de suite après, sa semence se répendant dans mon ventre. Il retombait, essouflé contre moi, nos coeurs battant une chamade intense l'un contre l'autre.
Je voulais vivre ça pour toujours...
Edward me fit l'amour deux fois de plus cette nuit-là... Au petit matin, vers 6h, je m'éveillais, son corps nu chaud contre le mien. Nous étions au plus possible collés mais ça me convenait parfaitement. Je me penchais pour attraper dans mon sac mon cahier qu'il m'avait offert à Noël. Avec le clair de lune, ma bague scintillait. Elle est splendide ! Une vraie merveille ! Je décapuchonais mon stylo et me redressais dans le lit. Edward ronchonnait mais ne se réveillait pas. J'admirais un instant son dos musclé et ouvrais le livret. Il ne restait qu'une page, mais cela suffisait pour marquer que je l'aime !
A ma grande surprise, la page était déjà entamée, de l'écriture fine d'Edward. Je me décalais sous la fenêtre pour lire les quelques lignes qu'il m'avait marqué.
«Peu de gens ont la chance de réaliser leurs rêves.
Moi, je l'ai fait, grâce à toi ! Tu es mon rêve, Bella.
Et bientôt, tu seras ma femme.
Je t'aime pour toujours.»
Je ne pus retenir une larme et reposais le livre. Je me penchais vers Edward, entourant ses reins de mon bras et embrassant son épaule.
- Je t'aime aussi, pour toujours...
Un petit sourire illuminait son visage et il ouvrait les yeux.
- Merci...
