Mes pensées reviennent continuellement vers Bella. Ma mère me questionne un peu sur elle mais j'élude très vite.
Alice et elle me regardent bizarrement. Au diable les femmes et leur intuition.
Je me demande comment je pourrai lui parler plus souvent. Nous n'avons que le cours de biologie en commun et elle a ses propres amis à la cafétéria, et elle a choisi justement ceux que j'apprécie le moins. C'est d'ailleurs pour cela qu'au départ, je l'avais purement ignorée.
Vers deux heures du matin, il me vient enfin une idée lumineuse et je m'endors paisiblement.
PDV Bella
C'est la première fois que je fantasme sur un garçon. Je rougis toute seule sous ma couette en repensant à mes rêves de la nuit.
Je m'habille en vitesse, mon sempiternel jean et un tee-shirt à manche longue. J'engouffre un bol de céréales avec du lait avant de passer dans ma minuscule salle de bain. Je n'aime pas traîner le matin. Je me dépêche de sortir pour prendre ma voiture.
Je m'arrête net sur la palier. Une Volvo grise est stationnée derrière ma Ford.
Edward sort et m'adresse son sourire moqueur.
-Mais qu'est ce que tu fais là ?, balbutiai-je.
-Et bien je préserve ta Ford, répliqua-t-il aussi sec.
Je lui fais une moue narquoise. Il fait le tour de la voiture et m'ouvre la portière.
-Ma voiture supporte mieux les courts trajets que la tienne, continua-t-il.
Je prends l'air offensé mais monte tout de même. Je n'allais le planter là alors que j'avais rêvé de lui toute la nuit.
Il s'assoit au volant et démarre.
-Alors contente de la météo, me lance-t-il gaiement.
Il comptait donc se moquer de moi durant tout le trajet !
-Je suis fan, répondis-je du tact au tact. Voir pousser des moisissures et des champignons à vue d'œil a toujours été une de mes passions secrètes.
Il ricane doucement :
-A questions stupides…, continuai-je.
-Ouais. Approuva-t-il. Alors explique moi ce qui t'a fait venir dans l'endroit le plus humide de tout le nord de l'Amérique.
Je suis surprise de sa question. En quoi ma petite vie intéresse-t-il ? Mais je lui réponds, juste pour continuer à entendre sa voix. Ce type a une carrière de crooner assurée.
-Ma mère s'est trouvée un nouveau petit copain. Et ils ont décidé de vivre ensemble. J'étais de trop alors j'ai décidé qu'il était temps de venir chez Charlie.
-Et maintenant tu es malheureuse ?
-Non ! gémis-je.
Je suis bien sure qu'il ne me croit mais il n'insiste pas.
-Charlie est plutôt sympa ?
-Ouais ! Mais j'ai pas l'habitude d'avoir un parent sur le dos à longueur de temps. Ma mère disparaissait souvent pendant plusieurs jours avant de revenir en larmes pour se faire consoler. Alors j'ai demandé à avoir le studio derrière la maison.
J'en reviens pas de lui avoir révéler tout cela. Je le regarde timidement. Il ne se moque pas et me regarde avec… tendresse !!
Nous arrivons au lycée. Il me donne rendez-vous dans l'après-midi pour me ramener. J'ai le sourire au lèvres et je ne le quitte pas de la journée.
Durant le temps cantine, je me force à rester avec mes amis. Je trouve Jessica soûlante, Mike collant, Tyler obscène avec ses œillades à vomir. Seule Angela me laisse un peu d'air. Et je ne peux m'empêcher de jeter des coups d'œil à la table des Cullen. Edward ne me regarde pas.
Zut !
PDV Edward
Bella est vraiment une fille chouette. Elle n'a pas eu une enfance facile entre un père trop loin et une mère absente. Et malgré cela, elle est bonne élève et veut réussir ses études. C'est une battante.
Je suis content d'avoir penser à aller la chercher en voiture à son appartement. Je ferais comme ça tous les matins. Ca n'a pas l'air de l'embêter.
A la cantine, je me force à fixer mon plateau repas. Je ne veux pas expliquer mon attitude à Jasper et Alice. Déjà qu'ils ont trouvé louche qu'on ne vienne pas au lycée ensemble.
Jasper se fiche royalement de mes changements. Il a les yeux rivés sur Alice et ne semble vivre que pour elle. C'est un garçon à fleur de peau, qui a du mal à gérer ses rapports avec les autres. Je dois faire attention avec lui de ne jamais trop montrer mes émotions car il s'emporte vite.
Mais Alice, c'est une maline. Elle me fixe avec un petit sourire narquois qui semble dire : je sais ce qui se passe et je sais comment ça va finir.
Alice a une intuition exacerbée.
Jusqu'ici, j'avais trouvé ça plutôt amusant.
Mais là, elle m'agace.
J'arrive dans les premiers au parking. Curieux ! Je n'ai pas eu l'impression de marcher vite. Elle arrive quelques minutes plus tard. Je lui ouvre la porte – elle rougit – elle ne doit pas être habituer à la galanterie.
C'est vrai qu'ici, les adolescents sont de genre « je te couche et je te baise »
Moi, j'ai juste envie d'être là, à côté d'elle, à l'écouter.
Mais elle prend les devants et m'interroge sur ma famille.
C'est de bonne guerre. A chacun son tour.
Je lui apprends que j'ai été adopté quand j'avais quelques semaines avec ma sœur jumelle Alice. Mes parents sont morts dans un accident de voiture. Puis Emmett est arrivé.
Nous sommes restés plusieurs années comme ça et puis les services sociaux ont contacté mes parents pour des jumeaux qui posaient problème à leur famille d'accueil.
Nous les avons accueillis un été et ça s'est tellement bien passé que Jasper et Rosalie sont restés avec nous.
Ca était le vrai coup de foudre entre Jasper et Alice, Emmett et Rosalie.
Nos parents nous ont toujours soutenu, sans nous juger.
C'était ce qui faisait la force de notre famille.
PDV Bella
Je suis très émue qu'Edward me raconte tout ça. Moi je ne dis rien.
De tout façon, il n'y a rien à dire.
Il semble apprécier. Apparemment, je suis la seule de la ville à ne pas les avoir juger.
Ce que les gens peuvent être cons !
Je me rends compte que nous avons passé des heures à discuter dans sa voiture. La nuit est tombée. Il commence à se faire tard.
Je lui proposerai bien de rentrer boire quelque chose. Mais rien que d'y penser, je commence à hyper ventiler.
Et puis, j'ai pas envie que mon père rentre et aperçoive une voiture garée devant la maison. Sinon, adieu le studio !
Je lui souhaite une bonne soirée.
Il me dit à demain, replace une mèche de mes cheveux derrière mon oreille et m'embrasse sur la joue!
Là, pour le coup, l'air me manque.
La semaine se passe comme ça. C'est dingue ce qu'on peut avoir à se raconter. Nous nous trouvons des goûts en commun. C'est un féru de littérature, même si nous n'apprécions pas les même auteurs.
Je l'engueule presque quand il me dit qu'il trouve Roméo idiot. Ca le fait rire.
-Un type qui avoue son amour une fille pour se barrer avec Juliette et qui en plus tue son cousin, ça ne mérite pas d'être heureux.
Bon, il n'a pas tord !
Mais quand même, merde, c'est Roméo !
Nous aimons aussi la musique, le cinéma, les balades sur la plage.
Par contre, je ne suis pas très shopping. « Passer des heures à choisir entre un tee-shirt bleu ou vert, ce n'est pas mon truc. » Et puis, je n'ai pas les moyens, mais ça, je ne lui dis pas. Il me regarde bizarrement, un sourire en coin. Quelque chose le fait rire mais il ne veut pas me dire quoi.
Les semaines se passent et ne se ressemblent pas. Celle-là passe très vite. Trop vite. Le vendredi, je suis morose. Je vais me retrouver toute seule durant tout le week-end. Et pour une fois, j'aime pas.
-Tu fais quoi demain, me demande-t-il, l'air de rien, au milieu de la conversation.
-Rien de particulier.
-J'avais prévu une balade dans la forêt. La météo va être bonne. Il ne va presque pas pleuvoir – il m'adresse un clin d'œil moqueur – Ca te dirait de m'accompagner.
Je le fixe quelques minutes, sceptique.
-Quoi, continue-t-il, plus sérieux. Il y a un problème.
-En fait, je me demande si la patience et l'indulgence faisaient partis de tes qualités.
Il retient un rire.
-Je croyais que tu aimais bien les balades.
-Au bord de la plage ! Là, nous parlons d'arbres, de fougères… racines.
-Tu veux parler de ta fâcheuse habitude de prendre l'équilibre.
Merde ! Il avait remarqué cela. Je lui fais une grimace : il s'esclaffe.
-Ne t'inquiète pas. La balade n'est pas très difficile. Et je sais être patient lorsqu'il le faut.
Il me fixe à nouveau. Il attend une réponse. J'acquiesce. Il a le visage impassible, presque froid.
-Je viens te chercher vers 10 heures. C'est moi qui prévoit le pique-nique, me dit-il simplement.
Je fais le rapprochement avec un dîner au chandelle dans un restaurant.
C'est idiot !
