Je me réveille vers 9 heures.
Zut ! Je ne vais pas être prête quand il sera là. Il va me prendre pour une flemmarde.
Faut dire que c'est un peu la faute de mon père. Vers 19 heures, il est venu toquer à ma porte.
-Ca fait une semaine que tu es ici et on s'est à peine vus. Ca te dirait une pizza.
Je ne pouvais pas refuser. D'abord parce que c'est mon père. Et puis parce qu'il avait fait l'effort.
Finalement, ça était une bonne soirée. Charlie parle peu, moi non plus. Mais ça ne nous dérange pas. Il m'a questionné sur le lycée et les copains.
Il a un peu tiqué quand je lui ai dit que je mange avec Jessica et Mike à la cantine.
Par contre, il aime bien les Cullen.
-Chic famille. Je vois souvent le docteur aux urgences. Il est sympa et très professionnel. On voit qu'il est fou amoureux de sa femme. Et ses gosses, ils sont corrects. Jamais un problème. Ce qui n'est pas le cas de toutes les familles.
Je souris : il parle de Jessica ou de Mike là ! Peut-être les deux.
Finalement, j'aime bien Charlie. Je me promets de passer plus de temps avec lui. Je crois qu'il le mérite.
Je m'habille en vitesse : jean et tee-shirt. Il va faire bon, un redoux automnal.
A 10 heures pile, j'entends la voiture s'arrêter dans l'allée. Ce type est une montre vivante. Il va falloir que je me rappelle de ne jamais être en retard.
Il m'adresse son sourire charmeur et je suis déjà au paradis.
Décidément, Forks me fait devenir bigote. Ressaisis-toi !
Il nous emmène à une quinzaine de kilomètres à l'extérieur de la ville et arrête sa voiture sur un chemin de terre. Il sort un sac à dos du coffre – en vrai gentlemen, c'est lui qui portera le pique-nique.
-Il y en a pour une bonne heure de marche, m'annonce-t-il en m'indiquant le chemin du doigt.
Zut ! J'ai oublié les pansements à la maison.
Mais la marche est agréable.
Edward fait la conversation pour me faire oublier ma maladresse. Il me tient la main pour franchir les obstacles.
Au bout d'une heure, comme promis, nous arrivons dans une petite clairière.
Même pas tombée !Trop forte !
C'est joli. Il y a pleins de petites fleurs et il fait beau.
Nous nous asseyons dans l'herbe et il sort le casse-croûte.
Il a prévu pour dix !
Mais en fait, il a bon appétit et je rigole en le voyant engloutir le paquet de chips et le sandwich au jambon de la taille d'une baguette.
-Comment fais-tu pour manger autant et être aussi mince ! m'exclamai-je, un peu jalouse je l'avoue.
-Beaucoup de sport ! Avec mes frères et sœurs, nous partons souvent en camping. Le week-end, on fait du base-ball. C'est vrai que depuis qu'Emmett et Rosalie sont à la fac, c'est plus pareil mais ils rentrent souvent nous voir.
-Vous êtes très unis !
-Oui ! Carlisle et Esmée ont réussi à faire de nous une vraie famille. C'est pas facile avec notre passé différent.
-Alors pas de place pour une petite amie, j'imagine.
Je me rends compte de la stupidité de ma question. Quelle gourde !
Je rougis instantanément ! Double gourde !
Il me regarde longuement, un sourire en coin. Je suis gênée. Il faut que je dise quelque chose pour combler le silence mais là j'ai l'impression d'avoir subitement été décérébrée ! Triple gourde !
-En fait, l'année dernière, j'ai un peu flirté avec Jessica, m'avoue-t-il dans un murmure.
Je lève la tête vers lui, complètement abasourdie.
-Jessica Stanley !
-Tu en connais une autre ! rigole-t-il.
-Bin… C'est que… Je sais pas. Je vous imaginais pas ensemble.
-Tu imagines bien. Ca n'a absolument pas marché.
Voilà qui explique pourquoi elle me bassine avec les Cullen depuis quinze jours. Visiblement, ce ne doit pas être elle qui a rompu.
-Et toi ? Pas de petit ami.
Pivoine à nouveau. Décidément, gourde est devenue mon troisième prénom !
-Non ! Pas depuis un an., marmonnai-je.
-C'est curieux ! Une jolie fille comme toi. Je pensai qu'il y avait un garçon qui te plairait à Phœnix.
-Il faut croire qu'on ne me trouvait pas aussi joli que ça à Phœnix.
Nouveau silence. Je regarde mes pieds et je me demande s'il est possible que de la fumée sorte par mes oreilles.
Je sens soudain sa main sur ma joue. Il me fait lever la tête vers lui et ses lèvres se penchent dangereusement vers les miennes.
