PDV Bella

J'avais mal dormi cette nuit là et j'ai maudit le réveil.

J'ai détesté mes cheveux qui refusaient de se laisser brosser.

J'ai haï mes vêtements que je trouvais soudain très fade.

Je trouvai le goût de mes céréales insipides, le lait imbuvable.

Bref ! J'avais l'impression d'être quinze jours en arrière et de retrouver mon enfer personnel.

Et puis j'ai ouvert la porte. Edward est à nouveau là, appuyé contre le capot de sa voiture, m'adressant son petit sourire en coin qui me fait craquer.

Et soudain, l'enclume qui gigotait au fond de mon estomac s'envole comme par magie, je me redresse un peu et je suis heureuse.

Nous partons au lycée, comme si de rien n'était. Il ne parle pas du week-end. Je ne comprends pas. Ce type est un peu bizarre.

Je me demande brièvement si Jessica n'avait pas raison sur les Cullen. Jessica ! Avoir raison ! Ils ont du mettre un truc bizarre dans les céréales !

Edward arrête la voiture sur le parking ! Nous sommes dans les premiers, comme d'habitude. D'ordinaire, il sort le premier pour m'ouvrir la porte, en vrai gentleman. Mais là, il ne bouge pas. Il fixe le volant, la mâchoire serrée.

C'est pas bon ça !

POV Edward

Je joue les dégueulasses avec elle. Je m'en veux énormément.

D'abord je lui joue le copain qui vient la chercher à la maison tous les matins, ensuite je l'invite à ce qu'on pourrait qualifier de premier rendez-vous. Et enfin je l'ignore complètement durant le reste du week-end !

Elle doit me prendre au minimum pour un dingue, au pire pour un salop !

Je gare la voiture et reste à fixer le volant. Je dois lui expliquer ! Mais je ne sais pas si elle va comprendre. Ca me fiche la trouille.

-Quand j'ai été adopté par Carlisle et Esmée, j'ai mis six mois avant de leur adresser la parole. J'ai fait la gueule à Rosalie et Jasper pendant des années avant de commencer à me sentir bien avec eux. Je ne suis pas très sociable. J'ai toujours eu du mal à me sentir à l'aise avec les autres…

J'ai commencé par ce dont je suis sûr : ma famille ! Je la regarde enfin. Elle ressemble à un petit chat apeuré. Tu dois la rassurer Edward.

-Mais avec toi, tout va trop vite. Je sais que ça va te paraître dingue, mais c'est la première fois que je me sens bien avec quelqu'un aussi vite. Et ça me fiche la trouille.

Elle me sourit gentiment. J'ai l'impression qu'elle a compris. Je pousse un soupir de soulagement et lui rend son sourire.

-Tout ce que j'ai besoin, c'est d'un peu de temps. Qu'on apprenne à se connaître, continuai-je.

-Tu ne vas pas me faire la gueule pendant six mois ? demande-t-elle.

J'éclate de rire et elle fait une petite moue vexée.

-Je ne crois pas que j'en serai capable, Bella. Ca te dirait de manger avec moi à la cafétéria ?

-C'est un deuxième rencard ? se moque-t-elle.

Je ris une deuxième fois. Elle a raison, je suis pathétique !