POV Bella

Ce baiser ! Ce baiser !

Il avait dit qu'il voulait attendre qu'on se connaisse mieux.

Heureusement qu'il a changé d'idées. Pour tout l'or du monde, j'aurai voulu rater cela.

J'oublie mon dimanche à traîner comme une morte vivante dans l'appartement. J'oublie même la conversation avec Jessica.

Elle m'avait pratiquement kidnappée à la sortie de la cafétéria alors que je me dirigeais en littérature. Elle n'y était pas allée par quatre chemins, me demandant depuis quand j'étais avec Edward.

J'avais été franche : nous n'étions pas encore ensemble, ce qui était le cas à ce moment là.

Sommes-nous ensemble maintenant ? Je me le demande.

Elle m'avait alors prévenue des dangers de côtoyer un Cullen. Ils sont arrogants, vaniteux. Et Edward était bien entendu le pire de tous. Il vous faisait croire qu'il vous aimait, il vous mettait dans son lit et ensuite il vous larguait comme une vieille chaussette.

Jessica et Edward ont-ils couché ensemble ?

Peut-être que oui, peut-être que non ! Pourquoi devrais-je croire Jessica plus qu'Edward ?

Tant pis, je prends le risque. D'une certaine façon, je n'ai pas beaucoup le choix. Edward est devenu une nécessité pour moi. J'ai besoin de savoir qu'il est là le matin pour me mener au lycée, qu'il sera là le soir pour me raccompagner. J'ai besoin de sa présence, de sa voix, d'entendre son rire quand il se moque de moi et de voir sa moue de gamin de cinq ans quand je le rembarre.

J'ai tout simplement besoin de lui. Comment peut-on être aussi accroc à quelqu'un en si peu de temps ? Moi qui avait toujours cru que je me suffisais à moi-même.

Le lendemain matin, je me dépêche de sortir pour ne pas le faire attendre. Je lui dis bonjour et passe à côté de lui pour m'installer côté passager. Mais il m'attrape par la taille et m'attire vers lui pour m'embrasser avec fougue. Je réponds à son baiser avec envie et passion. Son corps est chaud, son souffle doux. J'ai la tête qui tourne un peu.

Bonjour, me chuchote-t-il en me gardant collé à lui. Tu m'as manqué.

Je rougis fortement.

Décidément, ce gars en sait pas ce qu'il veut.

Mais, sincèrement, j'ai adoré cela.

POV Edward

Comment pouvait-elle s'installer dans la voiture sans m'embrasser ?

Bon d'accord ! J'avais dit que je voulais prendre mon temps. C'est d'ailleurs ce que j'arrive à me convaincre quand je suis loin d'elle.

C'est ce que je pense quand j'essaye d'être un peu responsable.

C'est même ce que j'ai dit à Esmée.

La veille au soir, lorsque j'étais rentré à la maison, Alice m'avait immédiatement sauté dessus – au sens propre comme au sens figuré.

J'avais d'ailleurs atterri lourdement sur le canapé du salon et même si son attitude m'exaspérait, je n'avais pas pu m'empêcher de rire.

Alors, elle te plait, avait-elle crié. Tu l'as invité. Tu l'as embrassée. Tu as couché avec elle. Tu…

Alice, je n'ai pas besoin de spectateurs. Alors tes envies de voyeuses invétérées, je te prierai de les réserver à quelqu'un d'autre.

Allez, Edward ! Arrête de jouer les rabats-joies. Ca se voit que tu es dingue de cette fille. Tu la regardes, comme si… comme si… je sais pas moi. Tu la regardes comme si tu étais amoureux.

C'est peut-être un peu tôt pour parler robe de mariée et bague au doigt, tu ne crois pas.

Non ! dit-elle simplement. J'avais déjà choisi ma robe une semaine après l'arrivée de Jasper.

Je lève les yeux au ciel. Alice est décidément trop… Alice.

Tout le monde n'est pas comme toi. Alors laisse-moi tranquille avec ça, tu veux. Et je t'interdis d'aller voir Bella et de lui fiche tes sales idées dans la tête, compris !

Oh là là ! Quel caractère, monsieur Cullen. Ne t'inquiètes pas. Je ne vais pas la manger ta petite humaine.

Et aussi vite qu'elle était arrivée, là voilà repartie. Ca, c'est du Alice tout crachée. Elle se jette à corps perdu dans une idée, quelques minutes, comme si sa vie en dépendait et puis dès qu'elle en trouve une autre, elle disparaît. Les médecins l'ont diagnostiquée hyperactive. Moi je pense plutôt que, tout comme moi, elle a été très affectée par le fait de perdre nos parents et que c'est sa manière de gérer. Tant qu'elle pense à quelque chose, elle ne pense pas à la perte.

Je suis content de m'enfermer dans ma chambre. Ici, elle ne reviendra pas m'enquiquiner avec ses idées loufoques. Après tout Jasper est là pour ça.

Et puis justement, j'ai évité Jasper. Il est plus subtil qu'Emmett comme garçon mais tout de même, je vais bien avoir quelques réflexions bien placées.

Emmett ! Pourvu qu'il n'apprenne pas, sinon je suis fichu jusqu'à la fin de l'année scolaire.

J'entends deux coups discrets à la porte et Esmée entre. Elle m'adresse une sourire chaleureux et vient s'asseoir à côté de moi sur le lit.

Tu as passé une bonne journée ? me demande-t-elle nonchalamment.

Je ne peux pas m'empêcher de rire. Je n'ose pas rembarrer ma mère. D'abord parce que c'est ma mère – question de respect. Et puis elle est trop gentille pour ça.

Allez maman, crache le morceau. Nous savons toi et moi que tu n'es pas venu pour me sortir des banalités de ce genre.

Elle rit doucement à son tour.

J'oublie qu'il faut toujours jouer franc jeu avec toi. Décidément, vous avez beau être des jumeaux, vous êtes vraiment différents. Alors c'est vrai ce que raconte ta sœur ?

Ca dépend. Que dit-elle ?

Elle prétend que tu fréquentes Isabella Swan.

Elle préfère qu'on l'appelle Bella, rectifiai-je.

Elle m'adresse un petit sourire : d'accord cette réponse ne lui suffira pas.

Disons que nous sommes au début. Je voudrais, enfin, je préfèrerai….

Je n'arrive pas à trouver mes mots. C'est pathétique.

Tu ne voudrais pas faire la même erreur qu'avec Jessica Stanley, finit-elle pour moi.

J'acquiesce. C'est ça. Ne pas me tromper encore une fois. Ma mère n'est au courant que pour Jessica parce que j'ai commis l'énorme erreur de l'emmener à la maison. Mais il y en a eu d'autres avant, lorsque nous étions à Chicago.

Je comprends. Mais tu sais, j'ai rencontré Bella une fois et je ne crois pas qu'elle soit comme les autres filles. Il y a dans son attitude quelque chose de différent. Je crois que c'est quelqu'un qui a aussi beaucoup souffert, même si son histoire n'est pas la même que la tienne. Elle est capable de comprendre ton point de vue et de voir autre chose que le superficiel.

Je ne réponds pas. Mais je suis d'accord avec elle. Bella n'est pas comme les autres filles. D'ailleurs, tout dans son attitude me le montre. Le fait qu'il est fallu que je la force pour accepter la boite à musique, le fait qu'elle râle quand je paye son repas.

Tu es quelqu'un de bien Edward et je suis sure que tu feras le bon choix. Mais, quoique tu décides, sache que j'aime bien Bella. Et j'aimerai bien la revoir. Serais-tu d'accord pour l'inviter à la maison un week-end ?

Je suis soudain pris d'une peur panique. Non pas que Bella vienne me déplaise. Mais un week-end, ça veut dire avec la présence d'Emmett. Esmée semble comprendre mon malaise.

Tu sais, murmure-t-elle, tu peux être certain qu'avec Alice, toute la famille sera au courant très rapidement.

On pourrait tout de même éviter cela à Bella, au moins la première fois ? suggérai-je.

Soit ! Alors un soir de la semaine alors. Invite la à venir voir mes vieilleries. Elle a l'air d'apprécier les brocantes.

J'avais promis d'y réfléchir. Avais-je envie que Bella vienne chez moi, qu'elle prenne une place aussi importante dans ma vie aussi vite ?

Bien sur que j'en avais envie ? Mais était-ce bon pour moi ? Bon pour nous ? Bon pour elle ?

En attendant, elle était à nouveau dans ma voiture, radieuse, rougissant jusqu'à la pointe des cheveux. Une bouffée d'orgueil m'envahit : Bella était mienne.

Ma mère t'envoie son bonjour, murmurai-je enfin.

Elle tourna brusquement la tête vers moi, visiblement alarmée.

Est-elle au courant pour nous ?

C'est à dire, la taquinai-je à nouveau en la regardant avec mon petit sourire.

Elle s'empourpra à nouveau. Dieu que j'aimais cela. Mais je devais me calmer sinon j'allai finir par lui sauter dessus.

Et bin… que tu viens me chercher tous les matins,… que nous avons passé le samedi ensemble,…

Ma mère est du genre très intuitive, lui confirmai-je. Et puis, avec ma sœur, un secret ne le reste pas longtemps.

Est-elle d'accord ?

Je fronçais les sourcils. Pourquoi pensait-elle que ma mère serait contre notre fréquentation. Je la vis se mordre sa lèvre, comme à chaque fois qu'elle était nerveuse.

Tu sais, ici, je reste la fille de Renée qui a fichu le camp du foyer conjugal avec son bébé pour vivre dans le péché. Les petites villes sont très attachés aux principes.

Ma mère t'apprécie beaucoup, la coupai-je pour qu'elle comprenne que je trouvais ces racontars stupides. D'ailleurs, elle m'a proposé de t'inviter à venir à la maison. Elle te montrerai ses vieilleries, comme elle les appelle.

Bella resta un instant silencieuse. Elle devait certainement digérer l'information.

Quand ? finit-elle par demander.

Pourquoi pas demain soir ? Je viendrai te chercher vers 18h00 chez toi.

Va pour demain, murmura-t-elle.

Je crois que je n'ai jamais eu aussi peur.

Je crois que je n'ai jamais été aussi fier.