Et voici la suite!!! Vraiment je m'amuse beaucoup à écrire cette fic! Il faut dire un grand merci à Nessie-mouss et ses idées^^
Bonne lecture, je vous laisse savourer!
POV Bella
Après mon aveu non-avoué dans la voiture, je me précipitai dehors sitôt qu'Edward m'ait ouvert la portière. Je ne voulais pas qu'il voit que je m'étais empourprée. Pitié, pitié, pitié, faites qu'il n'ait pas vu mes joues !!! A peine arrivée sur le palier que la porte s'ouvrit sans que je l'aie touchée. Non, je vous jure, aucun tour de magie !...juste Emmett qui nous guettait de la fenêtre et s'était précipité pour nous ouvrir.
-Alors, les tourtereaux, vous avez fini de vous embrasser ?
-Emmett !la voix d'Edward avait claqué en même temps que la mienne.
Il nous regardait, un léger sourire sur le visage. Nous entrâmes et découvrîmes tout le monde attablé. Apparemment, ils semblaient tous nous attendre. En voyant toutes les victuailles étalées sur la table je remarquai que je n'avais plus faim, le pop-corn dont je m'étais goinfrée m'avait coupé l'appétit. Je regardais, vaguement dégoûtée, Emmett dévorer littéralement tout ce qui lui passait devant le nez, ou plutôt la bouche.
-Euh, Esmée ?
-Oui, ma chérie ?
-Ce n'est vraiment pas contre toi et ta cuisine, crois-moi, mais je n'ai pas faim, pas faim du tout.
-Tu es malade ?
Tout de suite, l'instinct maternel d'Esmée prenait le dessus. Je m'empressai de la rassurer :
-Non non ! Ne t'inquiètes pas, je vais parfaitement bien ! Peut-être juste le contrecoup du décalage horaire, à la limite. Je pense que je vais aller faire un tour dehors, pour me rafraîchir.
-Je t'accompagne !
Je me figée, étonnée, et regardai en direction d'Edward. Venait-il vraiment de me proposer de m'accompagner dehors ? J'étais à demi-levée, le regardant toujours alors que lui se levait gracieusement de sa chaise et se dirigeait vers la porte.
-Ben alors ? Tu viens ?
-Euh, oui ! Tout de suite ! J'a…j'arrive !
Il sourit de ma réaction, et je me dépêchai de le rejoindre sous, je le sentais, le regard narquois d'Emmett.
La fraîcheur de la nuit me surpris immédiatement. Bien que l'on soit encore en été, les soirées étaient TRES fraîches, à Forks. Je retins vainement un frisson, et je me mis à la suite d'Edward. Il se dirigea en direction du petit bois sur le trottoir d'en face. Eh, oui, c'est comme cela, à Forks ! La forêt est juste à côté, et il ne faut pas espérer apercevoir des immeubles !
-T'es prête à affronter le lycée de Forks ?
Sa question me surprit, j'étais perdue dans mes pensées.
-Euh, ben…j'y ai pas tellement réfléchi…Je me dis que ça va aller…ou pas…
Ma tête dû le faire rire, à moins que ce soit mon hésitation. J'ai toujours été bizarre, autant l'avouer !
-T'inquiète pas, de toute façon on sera là !me rassura Edward en passant un bras sur mes épaules.
Je me rapprochai instinctivement de lui et respirai à fond l'odeur qui se dégageait de son torse. Je ne savais pas ce qui avait changé depuis cinq ans, mais je me sentais irrésistiblement attirée par lui. Nous approchâmes d'un petit cours d'eau qui traversait la forêt. Je m'assis sur un tronc d'arbre renversé et Edward vint m'y rejoindre. Je soupirai en repensant à Phoenix. Si j'y étais, je serais probablement en train de passer ma dernière soirée de liberté enfermée dans ma chambre, un bon bouquin à la main. Peut-être que je changerai en vivant à Forks. Et puis, avec les Cullen, j'étais sûre de ne plus m'ennuyer. Alerté par mon soupir, Edward se pencha de façon à se retrouver face à mon visage, me scrutant.
-Je sais que je peux être ennuyeux, mais je pensais tout de même que je ne l'étais pas au point de te faire soupirer !
Je ris doucement, et me levai sans explication. Je me rapprochai innocemment du cours d'eau, m'accroupis, trempai les mains dans l'eau…et l'aspergeai abondamment ! Il me reg arda d'abord ébahi, puis réagis et s'élança vers moi, menaçant, pour m'encercler la taille de ses bras et, sans ménagement, il me jeta à l'eau ! Une eau à dix degrés, ce n'était pas exactement ce que je préférais.
-EDWARD ANTHONY CULLEN !!!!!!!!
-Oui, mademoiselle ? Y aurait-il quelque chose qui vous dérange ?me nargua-t-il, penché au dessus de moi, bien au sec, un sourcil arqué.
-C'est toi qui me dérange ! Je déteste les bains de minuit !
-Eh ben je suis vraiment désolé pour toi !
Je bouillais de rage, mais face à son air et à sa gueule d'ange, je ne pus m'empêcher de finalement éclater de rire. Il me tendit galamment sa main, que je pris avec enthousiasme et il me redressa. J'en profitai pour me serrer contre lui et le tremper au passage.
-Argh ! Bee, une chemise toute neuve !s'écria-t-il.
-Quel dommage ! Eh ben je suis vraiment désolé pour toi !m'excusai-je, faussement désolée, réutilisant ses propres mots.
-Ah ouai, tu veux la jouer comme ça ?
-Mais de quoi tu parles, Eddy ?
-Tu cherches les ennuis, là, Isabella !
-Oh, que j'ai peur !
Il réagit au quart de tour et me courut après. Il me rattrapa très facilement, il faut dire que j'avais de plus petites jambes et, maladroite comme je l'étais, j'aurais à tous les coups trébuché contre une racine d'arbre. Il m'attrapa par les hanches et me souleva de terre. Il me balança sur son épaule comme un vulgaire sac à patates et se dirigea à nouveau vers le ruisseau. Comprenant ses projets, je me mis à protester à grands renforts de coups inutiles.
-Edward ! Non ! Ne me rejette pas à l'eau ! Edwaaa…iiiiiiiiiiiiiiih ! Elle est froide !!!
-C'est toi qui l'a voulu !rétorqua Edward en me décochant un sourire coin.
Je ne résistai pas et un sourire s'installa sur mes lèvres.
-Ce n'est pas juste, toi t'as tes muscles pour t'aider.
-En effet, la vie est vraiment mal faite !
-En effet, approuvai-je avant de l'asperger une nouvelle fois d'eau. Il grogna, mais bientôt il rit à gorge déployée, et vint me rejoindre dans l'eau. Elle était gelée et nous ne tardâmes pas à ressortir, frigorifiés, mais contents et fiers comme des gamins. Nous fîmes le chemin du retour en continuant de rire, je n'avais pas ri ainsi depuis, depuis…depuis cinq ans, en fait. Bien que la vie soit agréable à Phoenix, je n'avais pas de véritables amis et je ne sortais jamais, à part pour les courses ou aller à la bibliothèque, ce qui faisait de moi une personne pas très sociable. Je pense que c'était la principale raison qui avait décidé ma mère de m'envoyer vivre chez Charlie. Je fus tirée de mes pensées par un nouvel éclat de rire de la part de mon dieu grec. Je levai la tête et vis que nous arrivions en vue de la maison Cullen. Et je vis aussi la tête d'un Emmett hilare à travers la fenêtre de l'immense salle à manger des Cullen. Je rougis jusqu'à la racine des cheveux. Non mais quelle allure on devait avoir, Edward et moi, trempés de la tête aux pieds, rigolant comme de gamins en pleine nuit ? Pour toute réponse, Edward me prit par les hanches et me fit avancer jusqu'au palier. De là, la porte s'ouvrit à la volée pour dévoiler Alice, Jasper, Rosalie et surtout Emmett, pliés en deux de rire. Charlie ne tarda pas à passer la tête par la porte et eut du mal à se retenir de rire, il rejoignit Carlisle et enfin ils explosèrent de rire.
-Mais qu'avez-vous fait pour vous retrouver comme ça ?m'interrogea Alice entre deux éclats de rire.
-Ils ont dû faire des trucs pas très catholiques dans le ruisseau…insinua Emmett.
-Viens me faire un câlin, Emmett !et sans le consulter je l'entourai de mes bras bien mouillés et gelés.
-Ah ! Bella ! Traîtresse ! Enlève tes sales pattes de là !
Je lui fis des yeux de merlans frits, et il gémit. J'avais assez expérimenté cette expression pour savoir qu'elle marchait parfaitement sur lui lors de mes vacances. Rosalie me regarda, effarée, et me prit dans ses bras malgré le fait que je sois trempée.
-Oh, toi, je t'adore déjà ! Tu es la première à pouvoir faire plier Emmett, après moi !
-Ce n'est qu'un gros nounours, il est assez facile à manipuler, quand on sait s'y prendre, ajoutai-je, souriant de toutes mes dents.
-Ce n'est qu'un gros nounours, en effet, mais un nounours qui tient bien chaud la nuit, approuva Rosalie en se détournant de moi pour enlacer son petit-ami et de déposer un chaste baiser sur ses lèvres.
-Je sais faire d'autres choses plus intéressantes, la nuit, n'est-ce pas, Rose ?
-Hmm
Ce fut les derniers mots de Rosalie, et leur baiser se fit beaucoup moins chaste.
-S'il-vous-plaît !intervint Alice. Vous pouvez pas attendre un peu ? Vous avez une chambre, pour ça !
Rosalie avait à présent enroulé ses jambes autour de la taille d'Emmett, et leur étreinte était très gênante pour nous.
-Rosalie, intervint Jasper, en tant que frère jumeau, je n'ai pas tellement envie de te voir à l'action !
Ils réagirent enfin et, sans se lâcher, commencèrent lentement à monter les escaliers pour s'enfermer dans leur chambre. Je me retournai vers les autres.
-Mais comment vous faites pour supporter ça ?
-Moi non plus, je ne sais pas comment je fais, soupira mon dieu grec. Et dis-toi qu'en plus il y a Alice et Jasper.
-Oh, dur. Je compatis.
- Tu serais pas en train de te foutre de moi, par hasard ?
-Moi ? Pas du tout…
-Tu vas pas rire longtemps, crois-moi, parce que maintenant tu vas devoir endurer ça tous les jours !
-S'il-te-plaît, Edward, gémis-je, j'aimerais profiter de ma dernière soirée sans avoir à penser à ce que sera ma vie avec toi…
-Pourquoi en particulier moi ? Au contraire, ma présence et un honneur !
-On dit que les idiots sont toujours heureux, soufflai-je.
-Mademoiselle Swan, je prends cela comme un affront personnel, je vous jure que vous le regretterai…
-Oh, que sa grâce me pardonne, je n'ai pu retenir la vérité de sortir de mes lèvres, je suis confuse.
-Bell, grogna-t-il, menaçant.
-Désolé Edward, mais tu devras te venger de ma fille une autre fois, je tiens à la garder en vie au moins jusqu'à la rentrée, sinon t'imagines ce que me dirais sa mère ?
-Ne vous inquiétez pas, Charlie. Je compte savourer ma vengeance, je veux qu'elle soit lente et douloureuse…
-Edward !m'exclamai-je, horrifiée.
-Bon allez, on rentre !
Esmée et Carlisle me souhaitèrent une bonne nuit, et Alice me sauta au cou. Jasper se contenta d'un sourire franc, mais il dévorait Alice du regard. Apparemment, il n'y aurait pas que Rosalie qui resterait dormir chez les Cullen, ce soir…Je me tournai pour finir vers Edward. Il m'enlaça la taille et déposa un baiser sonore sur ma joue avant de me souhaiter bonne nuit lui aussi.
-Fais de beaux rêves, ma Bella, l'entendis me souffler à l'oreille.
Je rougis furieusement. Je rêvais ou il m'avait bien appelé « ma Bella » ? Pas que cela me dérangeait, loin de là…
Cette nuit-là, je m'endormis paisiblement.
Le réveil fut plus brutal. J'avais récolté un vieux, très vieux réveil, et le son de l'alarme n'était plus réglable, à mon grand malheur. La sonnerie stridente et répétitive me vrilla les oreilles à sept heures du matin, les je ne sais combien de décibels me perçant les tympans. Je criai de surprise et me jetai sur cette antiquité pour l'éteindre mais cette saleté ne voulait rien entendre, je fus donc obligée de la cacher au fond de mon armoire, bien enfoncée dans mes chaussettes. Enfin la paix ! Le son était encore un peu perceptible, mais il n'était plus nocif pour mes nerfs. Je filai à la douche et après m'être décontractée sous le jet d'eau chaude, je m'habillai soigneusement. Bien que je ne sois pas accro à la mode, contrairement à mon lutin de meilleure amie, je n'étais pas idiote. Je savais que si je ne faisais pas un minimum d'efforts question look pour la rentrée, j'allais fortement le regretter. Je choisis donc un ensemble assez mignon, on verra si Alice l'approuvera. Je descendis en hâte prendre mon petit-déjeuner, manquant de m'étaler de tout mon long dans le hall. Charlie était déjà parti au travail, il m'avait lissé un mot me disant qu'il rentrerait tard et me souhaitant bonne chance pour la rentrée. De la chance, c'est de cela dont j'aurai besoin, avec la catastrophe ambulante que je suis. Après avoir ingurgité un bref café et quelques miettes de pain, je courus finir de me préparer. Mais comment faisais-je pour toujours être en retard ? Alors que je me préparais à sortir pour attraper le premier bus, un coup de klaxon me fit sursauter. J'ouvris la porte et découvris la superbe Volvo argent de mon voisin, stationnant devant ma modeste demeure. Il semblait m'attendre. Comme une cruche, je ne réagissais pas. Edward passa donc la tête par la fenêtre de la portière et me cria :
-Bah alors, tu comptes rester comme ça encore longtemps ?
Je me ressaisis et fermai la maison derrière moi. Evidemment, je fis tomber mes clefs dans une flaque et je trébuchai à deux mètres de la voiture. Je me rattrapai difficilement au capot, pour croiser le regard moqueur mais rempli de…pitié ?d'Edward. Le rouge me monta aux joues et je m'installai côté passager sans un mot. Je le sentis bouger et il me déposa un baiser sur la joue, très près des lèvres.
-Bonjour quand même, lança-t-il, tout guilleret.
-B'jour. Je peux savoir pourquoi tu es de si bonne humeur ? C'est quand même la rentrée, relevai-je, sarcastique.
-Pour une fois, je me dis que cette année ne sera pas ennuyeuse, puisque tu seras là.
-Vraiment, je me demande comment tu as fait pour survivre sans moi pendant toutes ces années !
-Tu veux dire, comment je vais faire pour survivre avec durant cette année !
-Tu viens de dire que ce soit mieux que je sois là, et juste après tu te plains, t'es pas très cohérent, tu sais. Au fait, où sont les autres ?
-Ils ont pris la jeep d'Emmett, me répondis Edward. Et je ne voulais pas m'immiscer entre les couples. C'est déjà assez dur de devoir se lever avec Rosalie et Jasper dans la maison et de les voir faire des papouilles avec mon frère et ma sœur.
Il frissonna en y repensant, ce qui me fit un peu rire, je dois l'avouer.
Nous arrivions en vue du misérable, minuscule, lycée de Forks. Dans le parking, il n'y avait aucune voiture semblable à celle d'Edward, juste de vieilles camionnettes, fourgons et autres voitures dépassées et défraîchies. Plusieurs groupes de lycéens discutaient en attendant le début des cours. Je descendis de la voiture lentement, appréhendant un petit peu cette première dans un nouveau lycée. Heureusement que je connaissais déjà les Cullen et les Hale, je ne devrais pas me sentir trop seule. Tous les regards se tournèrent vers moi. Mon arrivée devait être un fait important dans la petite vie tranquille de Forks. Edward se rapprocha de moi, et immédiatement les chuchotages et autres messes basses commencèrent. Ils devaient se demander pourquoi Edward me connaissait déjà, pourquoi il était si proche de moi. Nous rejoignîmes les autres, qui nous attendaient devant l'entrée. Bien évidemment, Alice me sauta au cou.
-Bella ! Tu m'as manqué !
-Alice, ça fait dix heures au maximum !
-Peut-être, mais tu m'as manqué pendant cinq ans, alors j'ai bien le droit de me défouler maintenant. A propos, on pourrait se refaire une sortie shopping same…
-Non !la coupai-je immédiatement. J'ai ma dose pour les trois prochains mois, crois-moi.
-T'es pas drôle, ronchonna-t-elle, dépitée.
-Je tiens à ma vie, ce n'est pas pareil, répliquai-je.
Je continuai à faire le tour du groupe pour dire bonjour à tout le monde. J'étais contente, car j'avais réussi à me faire apprécier rapidement de Rosalie, la belle blonde qui semblait superficielle et inaccessible. Mais elle était bien au-dessus de cela. La sonnerie retentit, et je me dépêchai de me rendre à l'accueil après avoir salué mes amis. Je me retrouvai devant une petite femme, Mme. Cope. Elle me souhaita tout d'abord la bienvenue à Forks, me donna mon emploi du temps, et m'expliqua rapidement le règlement de l'école et toutes ces choses fastidieuses auxquelles personne ne faisait attention. Je pris connaissance de tous les documents qu'elle m'avait fourré entre les mains, vérifiai mon emploi du temps, le plan de l'école, et me dirigeai vers ma classe. J'espérais avoir le plus de cours possibles avec Alice ou Edward…enfin, surtout Edward. Malheureusement, l'histoire se déroulerait sans eux. A la seconde où j'entrai dans la salle, je sentis tous les regards braqués sur moi, bien que je me refuse à les affronter. J'étais atteinte d'une timidité incurable, et l'assurance dont je faisais preuve en présence de mes nouveaux voisins était exceptionnelle. Je me présentai rapidement au professeur qui semblait tout sauf amical. Par bonheur, il m'envoya m'asseoir sans m'obliger à faire une présentation devant toute la classe. Je balayai la pièce du regard et ne trouvai qu'une seule place de libre. Je la rejoignis et m'assis sans autre forme de procès. Le cours reprit là où je l'avais interrompu. Je me mis à griffonner quelques phrases du cours, sans vraiment y prêter attention. Mon voisin, auquel je n'avais même pas jeté un regard, engagea la conversation :
-Alors, ça va la nouvelle ? Tu viens d'où ? Tu t'appelles Isabella, c'est ça ?
Je me tournai légèrement vers lui et le détaillai rapidement. Assez banale, les cheveux châtains coupés courts, une tête ronde, pas de trait très particulier.
-Bella, rectifiai-je machinalement.
-Bella, d'accord, acquiesça-t-il avec un grand sourire. Et donc ?
-Quoi ?demandai-je, peut-être avec un ton plus froid que je ne l'aurais voulu.
Je ne savais pas pourquoi, mais tout de suite, ce gars ne me plaisait pas. Peut-être à cause de son visage empreint d'arrogance, ou alors cette lueur dans les yeux, si…sûre, possessive.
-D'où tu viens ? Cela m'intéresserait d'en savoir plus sur toi…
-Phoenix, répondis-je simplement avant de me retourner face au tableau.
-OK…Et…Aurais-tu, par le plus grand des hasards, un petit-ami ?
-Je peux savoir en quoi ça te regarde ?
-Cela m'intéresse au plus haut point. Alors ? Prise ou pas ?
-Non.
Inutile de préciser qu'en fait je n'en avais tout simplement jamais eu.
-Pourtant, t'avais l'air proche de Cullen, ce matin. Mais au fait, comment ça se fait que tu les connaisses déjà ? Ils ne laissent d'habitude personne s'approcher.
Je commençais à le trouver légèrement encombrant.
-Comme je te l'ai dit, ça ne te regarde en rien.
-Pas si tu es célibataire….
Je lui lançai un coup d'œil incompréhensif, mais me retournai vivement vers le professeur lorsque je vis l'étincelle vulgaire dans son regard.
-Au fait, moi c'est Mike. Mike Newton.
Je ne fis pas attention et le reste du cours se déroula dans le silence. Dès que la sonnerie retentit, je me dépêchai de rassembler mes affaires et quittai la salle sans dire un mot. Si tous les garçons de cette école ressemblaient à ce Mike Newton, je retourne à Phoenix ! (enfin, seulement si les Cullen me suivent.)
J'entrai dans mon deuxième cours de la matinée : Anglais. Je sentais que cette année, j'allais adorer cette matière, car Edward se trouvait dans la pièce. La place à sa droite était libre, je m'empressai de m'y installer. Il ne m'avait pas encore remarquée, occupé à regarder dans le vide, tout à ses pensées.
-Bonjour, beau gosse, lui chuchotai-je à son oreille.
Je voulais m'amuser un peu après l'heure que je venais de subir. Et je fus servie, car il sursauta légèrement en se retournant, puis s'empourpra instantanément en me voyant à quelques centimètres de son visage.
-Oh, c'est toi, murmura-t-il.
-Tu t'attendais à quelqu'un d'autre ?relevai-je, affichant une moue déçue.
Juste à ce moment-là, une voix niaise à souhait nous interrompit :
-Eddychoouuuu !!!
-J'avais peur que ce soit elle, marmonna-t-il, la mine funèbre.
Je me retournai pour voir qui était la propriétaire de cette voix tout simplement idiote et vulgaire. Une adolescente blonde décolorée, affublée d'une jupe au ras des fesses, d'un T-shirt super moulant, maquillée outrageusement, marchant avec des talons dotés d'immenses talons, nous dévisageait intensément. Ou plutôt, elle déshabillait Edward du regard. Elle lui fit ou sourire qu'elle voulait sûrement aguicheur, mais qui n'eut pas beaucoup d'effet, selon la grimace que fit Edward.
-Qu'est-ce que tu fais là, Jessica ?cracha-t-il.
Donc, cette pouffe s'appelait Jessica…
-C'est génial, nous avons encore cours ensemble cette année, Eddychou !
-C'es bien, Jessica, je suis content pour toi. Maintenant, tu peux aller t'asseoir.
-J'avais espéré pouvoir m'asseoir à côté de toi, mais apparemment la place est déjà prise…
Sa voix avait changé en un instant. A présent elle charriait des glaçons en me regardant. Je détournai rapidement le regard, gênée. Mais cette Jessica ne voulait pas me lâcher.
-Tu es Isabella Swan, c'est ça ?
-Bella, rectifia Edward pour moi.
-Donc, Isabella, (elle insista bien sur mon prénom complet) peux-tu aller prendre une autre place, s'il-te-plaît ?
J'ouvrais grands les yeux, effarée. J'avais bien entendu ? Elle me demandait de changer de place ? Elle tenait à ce point à être près d'Edward ? Je n'avais pas mesuré sa popularité, mais apparemment, je n'étais pas la seule à qui il faisait de l'effet.
-Bella reste ici, décréta Edward en détachant bien les syllabes.
Il passa son bras sur mes épaules pour bien signifier à Jessica qu'elle pouvait partir.
Cette dernière paraissait prête à exploser, mais elle obéit docilement et alla s'installer deux rangées derrière, d'où, je le sentais, elle me lançait des regards noirs. L'heure se déroula dans une ambiance tendue. Edward avait enlevé son bras de mes épaules, mais à la place il serrait ma main, ce qui était loin de me déplaire. La sonnerie retentit et Jessica ne se fit pas prier pour sortir en trombe de la salle de classe. Edward me retint alors que je me levais.
-Je suis désolé, pour Jessica, elle ne me lâche jamais…
-Tu n'as pas à t'excuser, la situation était juste très gênante…
-Hum…Tu as quoi comme cours, maintenant ?
-Heu….
Je sortis mon emploi du temps de mon sac et répondis :
-Français et Maths.
- Dommage, on ne sera pas ensemble. Bon, dans ce cas, on se verra à la cafétéria !
Sur ce, il déposa un baiser furtif sur ma joue, ce qui ne manqua pas de me rougir, mais il ne le remarqua pas, et sortit rejoindre son prochain cours.
Quant à moi, je me dirigeai vers la salle de maths, et m'assis sans faire attention à mon entourage. Mon attention fut soudain attirée par la personne qui s'assit à côté de moi.
-Tiens, Isabella !
Pitié, pas elle !
-On n'a pas trop eu le temps de bien se présenter, tout à l'heure. Je suis Jessica Stanley.
-Mmm.
Je n'allais tout de même pas lui faire la conversation innocemment. Son attitude vis-à-vis d'Edward m'avait énervée au plus haut point.
-Je suis sûûûûre que l'on va bien s'entendre, Isabella !
Elle parlait vraiment à moi, là ? Bien s'entendre ? Elle et moi ? En tous cas, pas si elle continuait à m'appeler Isabella !
-Bella !la repris-je méchamment, mais elle ne sembla pas s'en formaliser.
-Comment ça se fait que tu sois aussi proche d'Edward ?attaqua-t-elle d'emblée.
-Je le connais de vacances, répondis-je évasivement.
Je ne voulais pas lui dire que j'étais désormais sa voisine, cela ne me semblait pas une bonne idée.
-C'était il y a combien de temps ? T'es restée longtemps ? Vous êtes restés en contact ?
Au fur et à mesure qu'elle débitait ses questions, son ton gagnait en méchanceté. Je répondis pourtant avec une assurance que je ne me connaissais pas :
-C'était il y a cinq ans, je suis restée trois semaines, et nous sommes un peu restés en contact, ça te va ?
-Mais pourtant, il t'a accompagné en voiture, ce matin !
Sa façade de bonne copine avait définitivement laissé place à la garce qu'elle semblait être.
-Il voulait être gentil pour le premier jour de l'année, c'est tout !
En disant cela, je me rendis compte qu'en réalité, il n'avait pas vraiment de raison valable pour me servir de chauffeur. J'aurais très bien pu me débrouiller en bus…mais je n'allais pas me plaindre. Heureusement, le prof de français entra dans la pièce et commença son cours en réclamant le silence, ce qui stoppa notre joute verbale, et je pus enfin avoir la paix. Je sens que je ne venais pas de me faire une bonne amie.
A l'heure suivante, je rejoignis Alice en salle de maths. Heureusement, car Mike Newton se trouvait lui aussi dans ce cours et il avait amorcé un mouvement pour me rejoindre lorsqu'Alice lui avait barré la route, sautillant, toute guillerette. L'heure se passa calmement. Enfin un cours tranquille !
Nous allâmes ensemble à la cafétéria. Je remarquai que Mike nous suivait de près. Je ne fis pas trop attention, jusqu'au moment où Alice m'abandonna quelques instants le temps de faire un détour par les toilettes. Mike m'accosta à la seconde où Alice disparut de mon champ de vision.
-Eh, Bella !
Je serrai les dents pour éviter de répondre discourtoisement. La tension accumulée ce matin avec Mike et Jessica assemblés menaçaient d'exploser.
-Oui ?dis-je en me retournant vers lui.
-On n'a pas eu le temps de discuter, ce matin.
-En effet, et alors ?
Mon ton glacial n'eut pas l'air de le refroidir.
-Je me disais qu'on pourrait se rattraper. Tu pourrais venir manger avec nous, ce midi, me proposa-t-il.
-Non, désolée, mais je mange avec les Cullen, aujourd'hui…
-Dans ce cas, demain ?
-…et probablement tous les jours de la semaine, je serais avec eux, terminai-je. Alors ce sera pas possible, désolée !
-Vendredi soir, t'es libre ?
-Non, répondis d'emblée.
-C'est pas possible, t'as quand même pas déjà quelque chose de prévu ?
- Non, je ne pense pas, mais si j'avais quelque chose de prévu, ce ne serait sûrement pas avec toi.
J'espérais qu'après ma dernière réplique, il me laisserait tranquille. C'était sans compter sur son idiotie monumentale. Je commençais à me retourner quand il m'agrippa brutalement le bras.
-C'est encore Cullen ? Mais qu'est-ce qu'il a, ce type ? Tu le connais même pas !
-Ce qui montre que tu ne connais rien de ma vie privée. Maintenant, tu peux me laisser ? J'aimerais aller manger.
J'essayais tant bien que mal de ne pas perdre mon calme.
Mike resserra sa prise sur mon bras, si bien qu'il me le broyait presque.
-Aïe ! Mike lâche-moi ! Arrête ! Tu me fais mal !
-Newton !
La voix avait claqué, implacable, remplie de haine et de rage.
-Cullen, cracha Mike au nouvel arrivant.
Edward se précipita vers moi et s'empressa de me libérer de l'étreinte de Mike. Il m'enserra des l'étau protecteur de ses bras, et je m'y blottis avec joie. Si un regard pouvait tuer, Mike serait mort sur place, Edward le regardait avec une flamme de haine au fond de ses yeux. Ils s'affrontèrent du regard durant un moment qui me parut infini, puis Mike finis par lâcher et il repartit, me laissant dans les bras d'Edward. Ce dernier enfouit son visage dans mes cheveux et soupira de soulagement.
Puis il prit mon bras dans sa main et me le massa doucement.
-Tu n'as pas mal ?
-Non…Non, ça va aller.
-Saleté de Newton, jura Edward entre ses dents.
Alice choisit ce moment pour arriver.
-J'ai vu Newton partir, il avait l'air assez furieux…
-Ce gars n'est qu'un pauvre con, intervint Edward. Bella, ne l'approche plus jamais.
-Ce sera dur, on partage le cours d'histoire.
-Quoi ? Et tu ne me l'avais pas dit ?
-Je e savais pas que ça pouvait être important, tentai-je de me défendre.
Je ne comprenais pas la colère d'Edward.
Alice me regarda, l'air grave.
Tandis que nous nous dirigions vers la cafétéria, elle m'expliqua.
-Ecoute, il faut que tu saches que Mike Newton est un coureur de jupons, et il se croit un tombeur. Il peut être très insistant quand il le veut, alors il faut essayer de ne pas l'approcher, O.K ?
-T'inquiète, j'ai retenu la leçon, la rassurai-je.
Edward ne semblait pas avoir décoléré devant nous. Je me plaçai derrière lui dans la file d'attente, et posai ma main timidement sur son bras, tentant de le calmer.
-Edward…
Automatiquement, son visage s'apaisa et il tourna vers moi un sourire bienveillant.
-Tu n'es pas en colère, hein ?demandai-je d'une toute petite voix.
Il me fit son sourire en coin et fit glisser un de ses doigts le long de ma joue, occasionnant un frisson le long de mon échine.
-C'est juste que ce Newton me tape sur les nerfs.
Nous allâmes rejoindre le reste de nos amis à une table au centre de la salle. Emmett tenait Rosalie par la taille, et Alice s'empressa de se jeter dans les bras de Jasper. Edward s'assit, et comme il ne restait qu'une seule place, je fus presque obligée de m'asseoir à ses côtés.
-Tout le monde, lança Alice, tout excitée, réservez votre samedi prochain ! Puisqu'une certaine personne ne veut pas aller faire du shopping, je me disais qu'on pourrait aller à la plage de La Push, il est censé faire du beau temps.
-Beau temps, à Forks ?raillai-je.
Pour toute réponse, Alice me tira sa petite langue.
Tout le monde manifesta son approbation pour la sortie, et le repas se déroula dans la bonne ambiance générale. Sauf pour Edward. Je le sentais tendu, il n'arrêtait pas de jeter des regards noirs à la ronde. Je me disais qu'il en voulait encore à Mike. Pourtant, ce qu'il avait fait n'étais pas si grave. Il ne méritait pas de perturber ainsi ce dieu grec. Emmett, comme à son habitude, me taquina.
-Eh, Bella ! T'as survécu aux chiens en chaleur ?
-De quoi tu parles, encore ?soupirai-je, m'attendant à une autre idiotie made by Emmett.
-Quoi, t'as pas remarqué ?s'étonna-t-il.
-Mais quoi, Em !
-En tout, Eddy, lui, s'en est rendu compte, et ça n'a pas l'air de lui plaire des masses, constata-t-il.
Je me tournai vers Edward, assis à mes côtés. Depuis le début du repas, il n'avait cessé d'afficher une mine sombre, méfiante et agressante. E suivis l'un de ses regards noirs, pour tomber sur un groupe garçons qui se retournèrent aussitôt en chuchotant. Je ne comprenais pas l'attitude d'Edward. D'accord, depuis le matin, on ne me lâchait pas. Mais de là à réagir ainsi, il y allait un peu fort.
Je reportai mon attention sur Emmett qui fixait Edward, goguenard. Il commençait à m'exaspérer sérieusement ! Je déteste quand je ne comprends pas ou que je ne suis pas au courant de quelque chose !
-Bon, Emmett ! Tu peux m'expliquer clairement de quoi tu parles, à la fin ?m'énervai-je.
-Aaaaah, Bella, jeune fille pure et innocente….Laisse-moi t'expliquer : quand une nouvelle personne arrive dans un lycée tel que celui-ci où tout le monde connaît tout le monde depuis la maternelle, cette personne se retrouve le centre de l'attention pour une durée indéterminée…
-Merci, je l'avais déjà compris, ça, intervins-je.
-Ce que tu ne comprends peut-être pas, continua Emmett, imperturbable, c'est que, dans le même principe, quand une fille comme toi débarque dans un lycée où tous les garçons ont eu le temps de sortir avec toutes les filles, qu'elles soient potables, intéressantes, ou pas, ils ne comptent pas laisser cette nouvelle proie sans avoir tenté leur chance…
Je le dévisageais, un sourcil levé. Je fis un tour d'horizon, et je m'aperçus en effet que la grande majorité de mes observateurs se trouvaient être de sexe masculin.
-Mais pourquoi s'intéresseraient-ils à moi, demandai-je, déconcertée. Je n'ai absolument rien de particulier, et ce serait une première…
Toute la table me dévisageait, effarée. Je commençais à me sentir légèrement gênée, là !
-Quoi ?!
-Mais enfin, Bella, me raisonna Alice, tu es loin d'être inintéressante ! Et question physique, tu n'as pas à être étonnée que les mecs te matent, crois-moi !
-Euh, Alice ? Là, tu parles de moi, Bella Swan, tu es sûre de ne pas confondre avec Rosalie ?
L'intéressée sourit à ma remarque, amusée.
-Oh, Bella !s'exaspéra Emmett. Si tu ne me crois pas, d'accord ! Mais dans ce cas, pourquoi Edward réagirait-il ainsi ?
A la mention de son prénom, Edward sortit de sa série de fusillades, mais il évita de me regarder. Je vis, à moins que ce soit mon imagination tordue, une petite rougeur envahir ses joues. Je reconsidérai les paroles d'Emmett et Alice. Se pourrait-il vraiment que j'attire les regards ?...N'importe quoi ! D'ailleurs, Emmett avait bien dit « toutes les filles, qu'elles soient intéressantes ou pas. » Donc j'avais bien raison, je suis banale et inintéressante. Mais bon, que Edward me défende, en quelque sorte, de cette manière n'était pas désagréable…
Pour le sortir de ses pensées, je tirai timidement sur sa manche. Il releva immédiatement la tête et croisa mon regard. Aussitôt, un sourire rassurant étira ses lèvres.
-Edward…Ca va ?osai-je demander.
-T'inquiètes pas, me rassura-t-il.
Il passa un bras autour de mes épaules et me rapprocha de son torse tandis que mon cœur ratait un battement. Nous étions déjà proches, mais là je me retrouvais appuyée contre lui, tête reposant sur son épaule. Je sentis mon visage s'empourprer et en même temps le regard assassin de la moitié des filles de la cafétéria. Mais pour le moment, franchement, je m'en fichais royalement. J'étais si bien, contre le corps tout chaud d'Edward…
-Désolé, continua-t-il en caressant distraitement mes cheveux, c'est juste que Newton m'a mis en rogne.
-Quoi ? Newton ? Il a encore fait des siennes ? C'est pas possible…soupira Rosalie.
-Il fallait bien s'attendre à ce qu'il lui mette le grappin dessus, tempéra Jasper.
C'était presque la première fois que j'entendais la voix du petit-ami d'Alice.
-Il est si réputé que ça ?me renseignai-je.
-Malheureusement, acquiesça Alice, fataliste.
-S'il te fait quoi que ce soit, intervint Emmett, surtout, prévins-nous. Je suis sûr qu'Edward se fera une joie de le réduire en bouillie, n'est-ce pas, Ed ?
-Mmm mmm…se contenta-t-il de répondre, mais ses yeux noirs parlaient pour lui
Il caressait toujours mes cheveux et ce n'est pas moi qui allais m'en plaindre !
Driiiiiiiiiiiiiiiing !
Stupide cloche !
Pourquoi interrompait-elle un tel moment ? Saleté !
Je me levai à regret, mais, à mon grand bonheur, Edward maintint le contact entre nous. Il laissa sa main glisser dans mon dos et me dirigea vers mon prochain cours.
-Tu as biologie avancée, c'est bien ça ?
-Moui…
Je désespérais à l'idée de passer un après-midi sans lui et c'est presque en traînant les pieds que j'entrai en classe. Mais je remarquai un truc : la main d'Edward se trouvait toujours dans mon dos. Je me retournai vers lui, levant un sourcil interrogateur. Il croisa mon regard et m'adressa un grand sourire, auquel je me sentis fondre.
-Eh oui, je suis aussi en bio avancée ! Cela nous fera au moins deux cours ensemble ! Tu ne te sentiras pas trop seule…Tu arriveras à me supporter ?me demanda-t-il, taquin, en usant d'une moue de chien battue irrésistible.
Je sentis le rouge me monter aux joues et répondis en détournant le regard :
-Je suis maudite…
Puis nous éclatâmes de rire.
Je ne pouvais que me réjouir à cette nouvelle ! Vivement qu'on ait des TPs, que l'on puisse discuter tranquillement. Au moins, je n'aurai pas à m'asseoir à côté d'un inconnu, une copie de Mike ou encore d'une de Jessica. Nous nous installâmes au deuxième rang, côté fenêtre. Nous discutions tranquillement en attendant le professeur lorsque l'attention d'Edward fut attirée par quelque chose à l'entrée. Son visage se ferma et son regard s'obscurcit. Je me tournai vers la porte pour connaître la raison de ce soudain rembrunissement.
Mike se trouvait dans l'encadrement de la porte, chaque bras passé par-dessus les épaules de Jessica à sa droite, et d'une réplique de cette dernière à sa gauche. Quand ils me remarquèrent, Mike sourit indécemment tandis que Jessica et Jessica-bis me fusillaient du regard. Je ne connaissais pas la deuxième fille que déjà elle me détestait. Wow, quelle chance ! Première journée au lycée réussie !
Je me remis face à Edward, qui soupirait profondément.
-Finalement, ce cours là ne sera peut-être pas aussi bien que je l'avais imaginé…Désolé, Bella.
-Quoi ? Non, ne t'excuse pas…Et puis, on n'a qu'à faire comme s'ils n'étaient pas là…C'est pas comme si on était assis à côté d'eux.
Les nouveaux arrivants indésirables s'assirent plusieurs rangées derrière nous. Je pouvais sentir le regard noir de Jessica dans mon dos. Edward dût le sentir aussi, car il se rapprocha au maximum de moi. Je pouvais sentir sa chaleur corporelle irradier mon flanc, ce qui n'était pas pour me déplaire.
Le cours se passa dans un silence assez tendu. Mais dès que nous nous retrouvâmes dans le couloir, l'atmosphère s'allégea. Nous allâmes ensemble à notre prochain cours, EPS. Il se trouvait que nous avions aussi ce cours en commun. Je me mis à trembler à l'approche du gymnase.
-Bella ? Ca ne va pas ?
-Tu te rappelles de ma maladresse ?
-Bien sûr que oui, acquiesça-t-il en riant doucement.
-Eh bien, disons qu'elle ne s'est toujours pas arrangée, c'est même pire, maintenant. Je te dis pas ce que c'est, en sport.
-Ouh, j'ai hâte de voir ça, exulta Edward.
Je lui balançai un coup dans l'épaule.
Nous nous séparâmes pour aller dans nos vestiaires respectifs. Lorsque j'arrivai dans le petit gymnase, je stoppai devant l'image qui se présentait à moi.
Edward, en short et T-shirt, en train de s'échauffer en courant autour du terrain, plaisantant avec d'autres mecs. Il m'aperçu et vint à ma rencontre. Ses amis le suivirent.
-Les gars, je vous présente Bella, mais j'imagine que vous devez déjà la connaître.
-Bien sûr, elle est célèbre, maintenant !approuva un garçon blond.
-Bella, continua Edward, voici Dan. L'autre idiot brun est Matt, et le dernier c'est Ben.
-Salut tout le monde, lançai-je aux garçons.
A ce moment-là, Ben remarqua quelqu'un derrière moi et se précipita vers cette personne.
-Ange !
Je me retournai pour le voir enlacer une jolie brune puis l'embrasser tendrement.
Edward me chuchota à l'oreille :
-Pas besoin de te préciser qu'Angela et Ben sont ensemble, j'imagine ?
-Non, j'ai compris toute seule, comme une grande, répondis sur le même ton.
Le prof de sport arriva et rassembla tout le monde.
-Aujourd'hui, séance volley ! Je veux des équipes mixtes, uniformes, et surtout, tout le monde joue ! Je surveillerai pour voir si vous avez compris.
Ouille ! Moi qui avais espéré me mettre dans un coin et ne pas bouger, c'était mal parti. Par chance je me retrouvai dans l'équipe d'Edward ! Je me plaçai bien au fond du terrain, me tenant à l'écart. L'équipe se débrouillait très très très bien sans moi et cela aurait pu continuer si le coach ne m'avait pas pistée.
-Swan ! Même si tu es nouvelle, ça ne t'autorise pas à flemmarder ! Devant le filet, tout de suite !
Mais pourquoi moi ??!
Je traînai les pieds en direction du filet. Edward me fit un clin d'œil lorsque je passai devant lui avant de me positionner. Je tentai de suivre la balle des yeux, mais malgré tout je fus prise au dépourvu lorsqu'elle arriva sur moi. Je plaçai mes bras pour effectuer…n'importe quoi, la balle rebondit douloureusement sur mes avant-bras avant de retomber à mes pieds. Je regardai atour de moi, déconfite. Jessica Stanley et Lauren Mallory ricanaient sur le terrain d'à côté. Puis je sentis une douce fraîcheur sur mes poignets endoloris. Je baissai les yeux dessus et aperçus deux grandes mains qui les caressaient doucement. Je rencontrai les prunelles inquiètes d'Edward.
-Tu vas bien ? Tu n'as pas trop mal ?
-Euh…Non…Non, ça va, merci.
Wow ! Je ne savais pas que prononcer une phrase intelligible pouvait s'avérer si difficile ! Mais quand deux yeux de rêve au milieu d'un visage de dieu appartenant à un corps divin vous scrutent du regard, tout comportement normal devient impossible.
Il se replaça à sa place initiale, deux mètres derrière moi. J'avoue que le savoir près de moi ma rassurait, en même temps cela me troublait.
Retranchée dans mes pensées, je ne vis pas arriver la balle, encore une fois. Sauf que là, c'était nettement plus grave.
Celui qui se trouvait face à moi, un certain Tyler Crowley, je crois, venais de faire un énorme smash…directement sur moi.
Cela se passait comme au cinéma, au ralenti. Je pouvais voir chaque centimètre que la balle parcourait, se rapprochant inévitablement de moi et de mon pauvre crâne.
Et puis au moment où la balle était censée me percuter, elle fut déviée de son trajet par un puissant bras et mon champ de vision fut obstrué par un torse massif. Avant de comprendre quelque chose je me retrouvai emprisonnée au creux de deux bras réconfortant, la tête sur une épaule.
L'odeur qui m'emplit les narines m'indiqua aussitôt l'identité de mon « sauveur ».
-Edward…
-Putain mais Bella, je savais que t'avais pas de bol et que t'étais nulle en sport, mais quand même, fais attention !
Je levai les yeux et rencontrai les yeux inquiets d'Edward. Je me sentis un peu coupable et me mordis nerveusement la lèvre. Un éclair passa dans les yeux de mon charmant sauveur et il resserra sa prise autour de moi en enfouissant sa tête dans mes cheveux.
-Arrête de te mettre en danger, mes nerfs ont du mal à tenir, me souffla-t-il dans l'oreille.
Je m'empourprai furieusement, et je devins encore plus rouge quand je vis Lauren et Jessica en train de me lancer des regards noirs. Je tentai de faire abstraction malgré le regard pesant des deux pouffiasses.
-Cullen ! Swan ! C'est bon, vous avez fini ? C'et en dehors de mon cours, les câlins, O.K. ?
-Oui, coach, répondit docilement Edward, ne me quittant pas du regard, alors qu'il se détachait de moi.
Je ne pus m'empêcher de regretter son départ.
Dix minutes de torture plus tard, six trébuchements et trois balles ratées (l'équipe avait tout de même fini par comprendre qu'il na valait mieux que la balle se tienne à l'écart d mes mains), le coach nous envoya nous changer.
Je soupirai de soulagement. J'étais presque arrivée à la porte des vestiaires des filles quand Edward me rattrapa.
-Tu m'attends devant le gymnase ?
-De quoi ? Pourquoi ?
Idiote. Tu pouvais pas répondre un truc un peu mieux que ça ???
-Ben…Je vais te raccompagner…A moins que tu ne veuilles pas, ajouta-t-il, un peu déçu.
-Non !répondis-je aussitôt. Non, je veux dire…Oui, évidemment que je veux que u me raccompagnes…Enfin j'accepte ! De toute façon j'i pas le choix, hein ? Je n'ai pas de voiture.
Il me servit son sourire en coin et fila dans les vestiaires réservés aux garçons.
Je me changeai en vitesse et rejoignit Edward devant le gymnase. A voir ses cheveux, il avait pris une douche…Qu'est-ce qu'il était beau avec les quelques mèches trempées qui lui tombaient devant les yeux ! Cela me faisait à la veille, lorsque nous étions tous les deux dans le ruisseau.
Je m'approchai de lui et-mon dieu qu'il sentait bon !- nous allâmes ensemble jusqu'à sa voiture dont il m'ouvrit toujours la portière.
Le soir, allongée sur mon lit, je ressassai ma journée.
Ma vie était géniale !
Je ne pouvais pas rêver mieux.
Ce qui allait se passer aller me prouvait le contraire.
En effet, je me levai et me dirigeai machinalement vers la fenêtre de ma chambre. Le ciel était magnifique. Les nuages avaient libéré une trouée dans la nuit pour laisser apparaître les étoiles et une lune pleine et brillante. On la voyait parfaitement bien, et je me perdis dans sa beauté mystérieuse.
Une lumière attira mon regard.
Elle provenait d'une fenêtre pile en face de la mienne. Je plissai les yeux et détaillai le jeune homme qui venait d'entrai dans une pièce que je devinai comme étant une chambre. Le jeune homme se tourna légèrement vers la fenêtre en se dirigeant vers son bureau et je pus enfin voir son visage…
Oh…
Mon…
Dieu…
Edward !
A bien y repenser, c'était tout à fait normal. Il était mon voisin, et nos fenêtres dépassaient la haie qui séparait nos deux maisons bien différentes. Deux grands arbres encadraient nos fenêtre, libérant un espace pour un parfait vis-à-vis.
Non, il n'était tout de même pas en train de…
Si !
Il enlevait lentement son T-shirt, dévoilant un torse magnifiquement bien musclé.
Je maudis la distance qui nous séparait, m'empêchant de mieux voir !
En même temps, je me sentais un peu coupable de l'épier.
Torse nu, il sortit en éteignant la lumière et alla dans une autre pièce, sortant de mon champ de vision. Je me recouchai bien au chaud dans mon lit et m'endormis rapidement. Mes rêves comportaient beaucoup d'Edward torse nu…
Inutile de dire que je dormis merveilleusement bien.
Alors?! Alors?
Bien, moyen, ou nul à chier? (Vous pouvez être franche^^)
Et si vous avez des idées, elles sont le bienvenu!! Prochain chapitre, La Push!! Soleil, maillot de bain, bronzette, crème solaire, plage, et nos deux tourtereaux favoris!!!
XD
