Chapitre 6-Comment Bien Dormir, Made By Edward Cullen

Il se rapprochait toujours, et bientôt il franchit les derniers millimètres qui nous séparaient encore, lentement, très lentement, m'infligeant une torture plus douce que celle qu'il avait exercée une minute plus tôt, mais tout aussi diabolique.

Puis…

-Aaooouuuuh !!!!

Je poussai un petit cri de stupeur et sursautai alors que le hurlement du loup mourait dans la pénombre soudain inquiétante de la forêt.

Je sortis difficilement et beaucoup trop brutalement de l'état second dans lequel je me trouvais deux secondes plus tôt.

J'évaluai la distance qui me séparait d'Edward…Où plutôt de ses lèvres.

Oups !

Pourquoi étaient-elles si proches ??!

Oh ! Mon ! Dieu !

Allais-je vraiment faire ce que je pensais que j'allais faire ??!

Edward se passait nerveusement la main dans les cheveux, s'étant découvert une soudaine passion pour ses chaussures boueuses. Nous étions à présent séparés deux mètres, troublés de ce qui avait failli arriver. Je me surpris à le regretter…un petit peu.

L'ambiance dans laquelle je me sentais en sécurité, qui me semblait si mystérieuse quelques instants plus tôt, m'apparaissait maintenant lugubre et inquiétante, remplie d'ombres démesurées, s'étirant infiniment vers les cimes d'arbres qui se perdaient dans l'étendue nocturne et étoilée.

Edward se détourna enfin de ses fascinantes chaussures et me lança un regard gêné. Je n'en menais pas large non plus, je me doutais que mon visage avait viré au cramoisi foncé.

-Euh…Euh…Il commence à faire froid…On…On rentre ?

Je me contentai d'acquiescer, incapable que j'étais de répondre intelligemment. Nous marchâmes en silence, maintenant une distance respectable entre nos deux corps…loin de la proximité que nous affections dans la clairière…

Arrête de penser à ça !

Mais comment je pourrais m'empêcher de penser à ça ?!

Il ne s'est rien passé, bon sang !

Mais justement, ça a failli se passer !

Il a failli se passer quoi, au juste ?

Euh…On…On a failli…S'embrasser…

Avoue que t'aurais bien aimé !

Mouais, c'est louche tout ça.

Chut !

Ma petite voix intérieure belliqueuse se décida enfin à me laisser tranquille. La sensation de gêne qui m'habitait disparaissait peu à peu, et il semblait que cela fut de même pour Edward, car lorsque nous arrivâmes devant chez moi de nouveau, Il m'adressa un large sourire, qui signifiait que nous ne devions pas tenir compte de ce qui avait failli se passer, et le laisser gâcher notre soirée.

Nous allâmes de concert vers la porte d'entrée et ce n'est qu'arrivée devant, la main sur la poignée, que je me rendis compte de ma très grossière erreur.

Je fermai les yeux et expirai lentement, me maudissant entre les dents.

-Ben alors, s'impatienta Edward, déconcerté. Tu ouvres ou pas ? Je veux pas dire mais il fait quand même froid, dehors !

-Edward, si tu te moques, tu es mort.

-Pardon ?

-La porte est fermée, et, comme tu as eu la génialissime idée de passer par la fenêtre, je n'ai pas pris les clés avec moi. Je répète, si tu te moques, tu es mort.

Je gardai les yeux fermés, attendant un rire qui ne vint pas.

Je le regardai, et fus assez surprise de le voir réfléchir, et non se retenir de rire. Puis, il se tourna vers moi avec un sourire jusqu'aux oreilles…qui ne laissait présager rien de bon !

-Edward, à quoi tu penses ?

-Puisqu'il est impossible de passer par la porte, on est obligés de passer par la fenêtre…

-Oh non, non non non non non !!!

-Allez, viens, m'encouragea-t-il en m'empoignant le poignet et contournant la maison pour se poster au pied de l'imposant arbre qui grimpait jusqu'à ma fenêtre.

-Et comment tu comptes t'y prendre pour monter ?lui demandai-je, sceptique, surtout pour essayer d'échapper à l'escalade forcée qu'il me proposait. Jouer à King Kong ?

-Exactement !!

-Pardon ? Tu n'es tout de même pas sérieux ?

-Pourquoi, s'interrogea-t-il, sincèrement étonné.

-Tu m'as vue descendre, non ? Comment veux-tu que j'arrive à grimper dans les branches ??!

-Fastoche, déclara-t-il, blasé, en me tournant le dos.

-T'as trouvé une solution avec ce cerveau rempli d'air ?

-Ne te moques de mon intellect, Swan, je suis bien meilleur que toi.

-Pour la bêtise, ça c'est sûr !

-Swan, gronda-t-il, mais je sentais un sourire dans sa voix. Assez discuté. Monte !

-Mais je t'ai dit que…

-Sur mon dos, Bella, soupira-t-il, monte sur mon dos.

-…

-Bella ? Tu te grouilles ? Je me les cailles, là !

Sans rien répondre, je m'approchai timidement de son large dos musclé. Je posai légèrement mes mains sur ses épaules et tentai tant bien que mal de m'agripper à lui.

-Bella, si tu ne veux pas que je meure d'étouffement, arrête de me serrer le cou ainsi !

-Désolée !m'excusai-je immédiatement en le lâchant.

-Bon, laisse-moi faire.

Puis il m'attrapa les jambes avec ses mains et les releva rapidement, les encerclant autour de sa taille. Il prit mes bras pour les placer autour de son cou. Cette fois, bien qu'encore assez surprise de la manière dont il avait agi, je fis attention à ne pas l'étrangler. Il s'assura que j'étais bien accrochée, puis il se mit à grimper.

Je me rendis compte qu'il pouvait être beaucoup plus agile que ne le laissait deviner ses muscles justes comme il faut. Il se hissait sur les branches aussi facilement que n'importe quel exercice quotidien. Il grimpait, gracile, ses longs muscles fins prenant appui sur les branches massives et les muscles de son dos jouant sous sa peau, que je me retenais difficilement de caresser.

Nous parvînmes enfin à ma fenêtre, et il se glissa dans ma chambre sans un bruit.

Je descendis en tremblotant de son dos, me frottant vigoureusement les bras pour tenter de me réchauffer. Edward me regarda avec un sourire en coin, puis me dit :

-A la la, les femmes, tellement frileuses !

-T'as rien à dire, c'est injuste, vous, les mecs, vous n'avez jamais froid ! On dirait que vous êtes équipés d'un radiateur intérieur !

Il me regarda énigmatiquement un quart de seconde puis s'approcha de moi.

-Si tu veux, je peux t'aider à te réchauffer…

Il n'existait pas d'image plus séduisante que celle qui se présentait à moi : Edward se rapprochait lentement de moi, m'offrant ses bras écartés en une étreinte chaleureuse, un sourire en coin sur le visage et ses magnifiques yeux émeraudes me fixaient tendrement, une lueur que je n'eus pas le temps d'identifier, car…

Le téléphone sonna à ce moment-là.

(Que toutes celles qui maudissent le téléphone pour sonner à de tels moments lèvent la main !)

Je déglutis lentement, et Edward ferma les yeux et il me sembla qu'il jura entre ses dents. Je détournais le regard et empoignai mon portable dans ma poche.

D'ailleurs, on aurait pu se demander ce que je pouvais faire avec un portable : à Phoenix, je m'en servais uniquement pour appeler ma mère…Et aussi pour communiquer avec le seul étudiant qui ne se soit jamais intéressé à moi là-bas.

J'ai nommé, Josh Meyer !!!

D'ailleurs, son nom apparaissait sur l'écran du cellulaire.

Je décrochai avant que la dernière sonnerie ne retentisse.

-Allô ?

-Hey, Bell's !

-Salut Josh !!!

-Pourquoi tu m'as pas appelé ?se plaignit-il à l'autre bout du fil. J'ai cru que tu m'avais oublié !

-C'était assez tentant, le taquinai-je, habituée à ce petit jeu entre nous.

Je vis du coin de l'œil Edward se balançant d'un pied sur l'autre, na sachant trop comment réagir. Je lui enjoignis de s'asseoir sur mon lit et m'excusai d'un regard accompagné d'une petite grimace.

-Je peux savoir pourquoi tu m'appelles si tard ? A part juste pour le plaisir de me déranger ?

-Je te dérange ? Hum, je me demande ce que tu dois être en train de faire à onze heures du soir…

-Josh !m'exclamai-je, scandalisée.

Le pire c'est qu'il n'était pas totalement loin de la vérité !

-Je te chambre, t'inquiète ! Non, je t'appelle tard…parce que je ne pouvais pas attendre demain pour te l'annoncer !

-De quoi ?

-Attention, prépare-toi…D'ici deux jours, j'emménagerai à Forks !!!

-HEIN ???!!!

-Et ouai, ça laisse sur le cul, non ?

-Josh ! C'est pas possible !!! Deux jours ? Mais pourquoi ?

-Oh la, calme, ma vieille ! Mon père a été muté à Seattle, et du coup j'ai demandé à être à Forks, puisque tu y étais. Mon père a été assez enthousiaste à cette idée, et finalement, il a obtenu un poste à l'hôpital de Forks. C'est pas génial, ça ?

C'est vrai, le père de Josh était un médecin réputé…

-C'est génial, ça c'est sûr !approuvai-je, sautillant presque sur place.

-Ouai, mon père va travailler en collaboration avec un certain docteur Cullen…Tu le connais ?

-Pardon ??! Qui ?

-Tu dois sûrement le connaître, ça m'étonnerait que tu n'aies pas encore fait de petit séjour à l'hôpital, avec ta maladresse légendaire.

-Pas possible, murmurai-je plus pour moi-même qu'à l'intention de Josh, mais celui-ci m'entendit tout de même.

-Donc tu le connais ? Il t'a soigné combien de fois ?

-Zéro, ris-je, mais c'est mon voisin, et ses enfants sont avec moi au lycée. Tu sais, je t'en ai déjà parlé, de mes vacances à Forks…

En disant cela, j'adressai un sourire épanoui à Edward ? Rien que le souvenir de ces vacances me rendaient heureuses, qui n'étaient pourtant rien par rapport à la situation présente : Edward, dans ma chambre, sur mon lit.

Je me reconcentrai difficilement sur ma conversation en ne voyant pas Edward répondre à mon sourire. En effet, il se contentait de m'observer en fronçant légèrement les sourcils. Je retournai à ma discussion téléphonique, déconcertée.

-Donc, tu arrive lundi, c'est ça ?

-Yes ma poule, tu vas devoir me supporter encore longtemps !

-Pitié pas ça, déclarai-je ironiquement.

-Dis pas ça, je sais que tu m'aimes quand même !

-Mais oui, évidemment que je t'aime !répondis-je en souriant sincèrement.

Bon allez, je dois te laisser ! On se reparle plus tard ? Bye !

-Bisous Josh, à plus tard !

Je décrochai et me tournai en direction d'Edward, qui baissait les yeux.

Que s'était-il passé ? Où était passé sa bonne humeur ?

-Edward ? Ça ne va pas ?

-Hum…

Je m'assis doucement à ses côtés, le matelas s'affaissant légèrement sous mon poids.

-Ce…Ce type, c'était…

-Josh ? Oh, c'est un copain de Phoenix ! Mon seul ami, quand on y pense, mais bon, lui répondis-je en balayant ma dernière phrase d'un revers de la main négligeant.

-Ton copain, hum…rumina-t-il sombrement.

-Attends, Edward…Ne me dis pas que…

-Tu as l'air d'être heureuse avec lui, c'est…bien, ajouta-t-il, penaud et le regard toujours baissé.

Je ne pus m'empêcher d'ouvrir une grande bouche, puis j'éclatai de rire, un rire incontrôlé.

Lui releva les yeux sur moi et je vis bien qu'il ne comprenait rien à ma réaction.

-Non, Edward…C'est pas du tout ce que tu crois !haletai-je, tâchant de reprendre mon souffle entre deux rires. Ne me dis pas que tu as cru que je sortais avec …Josh ??!!

Cette pensée eut pour effet de redoubler mon rire, et je m'effondrai de tout mon long sur mon lit, me tenant les côtes. Et avec Edward qui me regardait de travers, perdu comme pas possible, cela serait dur d'arrêter de rire !

Je me repris avec beaucoup de peine, puis ayant retrouvé une respiration à peu près normale, je me redressai et expirai longuement.

-Enfin, je…je veux dire…que…bredouilla Edward, troublé. Enfin, tu…tu lui a dit que tu l'aimais…Mais je savais pas que tu avais un copain, enfin non, tu viens de dire que non, mais…

Je me retins de repartir dans mon fou rire mais expliquai calmement, comme si je parlais à un enfant de trois ans (d'ailleurs, en ce moment, Edward ressemblait atrocement à une petit enfant…trop chou !)

-Ecoute-moi bien, Edward, Josh est un ami, un ami certes très proches et intime, mais ce n'est qu'un ami. Pour moi, rien que la possibilité d'être avec lui…C'est horrible !!!

Le regard d'Edward s'adoucit quelque peu, bien qu'une lueur sceptique persiste encore.

-Et si c'est le fait que je lui dise que je l'aime qui te dérange, poursuivis-je, ce n'est rien, absolument rien ! Nous nous disons cela tout le temps ! Evidemment, ce ne sont pas des paroles en l'air, je l'aime vraiment, mais pas en amour. Tu n'as de souci à te faire…

Pour clôturer mon petit discours, je laissai une petite phrase venue du fond du cœur s'échapper de mes lèvres :

-Personne encore n'a réussi à prendre mon cœur…à part une personne…

En disant cela, je le regardai profondément dans les yeux, me noyant dans ses prunelles émeraude.

Oh. Mon .Dieu.

Avais-je vraiment dis cela ?

Je me maudis instantanément, il devait sûrement me prendre pour une folle de lui parler ainsi…et pourtant, contrairement à mes attentes, je vis dans son regard qu'il était…Soulagé ?

Vraiment ?

Oh…

Ce moment d'aveu informulé ne dura qu'un instant, et Edward se leva brusquement, secouant la tête comme pour se débarrasser de pensées non désirées.

-Bon, qu'est-ce que tu veux faire ? me demanda-t-il de but en blanc.

-Quoi ? Tu ne rentres pas chez toi ?m'étonnai-je.

-Et les découvrir en plein acte ? Non merci, très peu pour moi, répliqua-t-il en frissonnant de la tête aux pieds. Alors ? On fait quoi ?

-Euh…Un film, ça te dit ?

-Pourquoi pas ? T'as quoi à me proposer ?

-Euh…Je pense que tu ne voudrais pas regarder de film d'amour ?

-Tu n'aurais pas le film Saw ?

-Pardon ? Mais ça va pas ?

-Ben quoi, certaines filles aiment ce film.

-Eh ben pas moi, d'accord ?

-Pas de problème ! N'empêche que j'aurais bien aimé te réconforter comme la dernière fois, au cinéma…

Pour toute réponse, je lui balançais un de mes oreillers. Il rit en le regardant de plus près.

-Vraiment, Bee ? Un oreiller Minnie rose ?

-Ne t'avises pas de te moquer, je le garde pour des raisons sentimentales !

-Ah oui ?

-Exactement, c'est Charlie qui me l'a offert à trois ans…et puis il est très douillet !

Il se contenta de rire doucement, puis se tourna vers la pile de DVD qui montait près de ma télé. (Et puis, c'est pratique d'avoir la télé dans sa chambre^^) Il enclencha un film dont je ne vis pas le titre et sauta sur le lit pour s'installer à côté de moi. Je m'adossai à ma tête de lit, me retrouvant face à l'écran, mes genoux repliés contre ma poitrine pour me tenir chaude. Edward, sans ménagement, se glissa sous les couettes et s'emmitoufla bien profondément. Il soupira de contentement lorsqu'il fut bien au chaud.

-Alors comme ça, monsieur n'a jamais froid, hein ?

-C'est juste pour le plaisir du confort, ne me confonds pas avec certaines filles frileuses !

-Vraiment ? Eh bien la fille frileuse a froid, là tout de suite, et elle comptait se mettre sous la couverture !

-Qu'st-ce qui t'en empêche ?me demanda-t-il innocemment en relevant la couette pour me laisser me glisser dessous.

Je ne sais pas pourquoi, mais la perspective de me retrouver collée à lui m'enchantait, bien que j'hésite un peu…la partie raisonnable de ma tête ne faisait pas le poids et je me jetai contre le torse d'Edward, respirant à fond mais discrètement son odeur enivrante. Il rabattit la couette sur nous deux et le film débuta.

-Tu as mis quel film, au final ?

-Eh bien, étant donné que tu ne voulais pas de film d'horreur et que je ne voulais pas de film à l'eau de rose, j'ai mis une comédie. « Hitch, l'expert en séduction ».

-Oh, ça tombe bien, cela faisait longtemps que je ne l'avais pas vu ! Et puis comme ça, ajoutai-je, tu pourras apprendre des techniques de drague convenables !

-Comment ?s'offusqua-t-il. Miss Swan, vous osez critiquer ma technique légendaire ?

-Je ne dis rien du tout !protestai-je en m'enfonçant dans les couvertures, redoutant une nouvelle attaque de chatouilles.

Il ne dit rien et se concentra sur le film. Inconsciemment, me sembla-t-il, il passa un bras autour de mes épaules pour me maintenir contre lui. Inconsciemment ou pas, ce geste me plaisait beaucoup…beaucoup trop.

Je repensai à ce qui avait failli se passer.

Et aussi à son attitude depuis que j'étais revenue à Forks.

Son attitude envers moi.

Mes réactions face à lui.

Ses gestes.

Ses allusions.

Ses expressions.

Ses yeux.

Son sourire.

Son odeur.

Ses mains puissantes et douces en même temps.

Son torse accueillant et chaleureux.

Ses tics nerveux, comme se passer la main dans les cheveux.

Son rire.

Tout.

Lui.

En entier.

Et…Mes sentiments.

Enver lui.

Mes réponses face à son comportement.

Mon corps réagissait malgré moi à Edward, voulant toujours se trouver au plus proche de lui.

Je repassai dans mon esprit tout ce qui était en ma connaissance.

Mais il y avait une chose que je ne connaissais guère, ou tout du moins, que je ne m'étais pas avouée.

Je pense…

Je me doute…

J'imagine…

J'ai peur…

Et j'en ai envie…

Je n'ose pas m'avouer…

Que je suis amoureuse d'Edward Cullen.