Hello à toutes !
Bon, ok, j'ai encore une fois mis beaucoup de temps à poster, et je m'en excuse bien bas, en espérant que ce n'est pas pour cette raison que vous me bouderez et ne me lirez plus.
Vous êtes prêtes à voir Bella sur un quad ? (juste pour info, j'en ai déjà fait, et du coup ça m'a aidé à écrire ce chapitre, et croyez-moi, les vitesses indiquées sont très, très, très rapides !)
Beaucoup espèrent que la situation entre nos deux tourtereaux va s'améliorer, et pour le savoir il faudra lire ce chapitre !
Bonne lecture, bye !
POV Bella
Youpi…
J'étais quasiment sûre que je passerai faire un petit coucou aux urgences d'ici ce soir.
Non mais moi, faire du quad ? Moi ?? Est-ce que les profs ont un brin de conscience ? Mon prof pourrait au moins me faire une dispense pour ce cours-ci…
Je m'avançai dans la foule dense qui discutait gaiement, euphorique à l'idée de tester le quad, et tentai de m'approcher de mon prof, parlant tranquillement avec une de ses collègues à propos de la sortie et de l'organisation.
-Monsieur ?l'appelai-je. Je pourrais vous parler ? S'il vous plaît…
-Miss Swan ! Oui, bien sûr. Tu m'excuses, je reviens tout de suite, ajouta-t-il à sa collègue. Que puis-je faire pour vous ?
-Eh bien, commençai-je sans vraiment savoir comment formuler ma demande, je…disons que vous me connaissez, et vous connaissez ma maladresse…
-Ne m'en parlez pas !rit-il. Je me demande toujours comment vous faites pour être encore en vie !
-Ah ah…ris-je nerveusement. Et donc, je me disais, étant donné mon incapacité à coordonner mes jambes comme je le veux, que vous m'accorderiez…une dispense exceptionnelle ? Dans l'intérêt de tout le monde, évidemment ! Vous êtes d'accord pour dire que je ne contrôle pas mes jambes, alors imaginez-moi aux commandes d'un engin motorisé !
-Hum…En effet, cela serait plutôt dangereux, acquiesça-t-il avec un grand sourire.
Alors…il allait accepter ? Vraiment ? Il a comprit que pour éviter le massacre de dizaines de lycéens je ne devais pas participer ? Merci mon…
-Mais ne vous en faites pas, miss Swan, nous obligeons les élèves à se mettre par deux, vous n'aurez qu'à vous asseoir à l'arrière et à faire semblant, comme vous en avez l'habitude.
Il repartit dans un éclat de rire et s'éloigna, retrouvant ses collègues.
Et moi je me retrouvais là, bouche bée.
Il est horrible !
Comment je vais survivre ?
Je me retournai sans vraiment m'en rendre compte et rejoignis Alice qui batifolait insouciamment avec Jasper. Je la regardais, et, haussant un sourcil :
-Comment peux-tu être aussi en forme et joyeuse ?lui demandai-je inconsciemment, sidérée.
-Mais Bee, on va faire du quad ! Du QUAD !!! C'est génial !!! C'est extra ! C'est magnifique ! C'est fabuleux ! C'est ex…
-C'est bon, c'est bon !la coupai-je. Merci, on a compris, tu adores ! Mais Alice, je suis contente pour toi, et je suis sûre que tu vas adorer que je te dise qu'il faut se mettre par deux au quad mais…
-VRAIMENT ??!explosa-t-elle. Mais Jazz, ça veut dire qu'on pourra se mettre ensemble ! Youpiiiiiii !
Et elle se jeta littéralement à son cou, enroulant ses bras et ses jambes autour du pauvre Jasper.
-Alice !la rappelai-je à l'ordre. Ecoute, je suis contente pour toi, tu pourras profiter et abuser de jasper autant que tu veux, mais pense à peu à ta meilleure amie ! Moi, pas douée, quad, tout le monde ! Cela t'évoque-t-il quelque chose ?
Elle daigna se laisser glisser de son petit copain et se posta devant moi.
-Quelque chose comme catastrophe imminente et inéluctable ?proposa-t-elle.
-C'est un peu cru et fort, comme expression, mais en gros, oui.
-Eh bien ma vieille, pour une fois je ne suis pas d'accord sur ce sujet. Tu viens juste de nous dire que l'on devait se mettre par groupe de deux par quad. Donc tu as ta solution.
-Qui est … ?
-Enfin, Bella, ça coule de source ! Tu te mets avec mon frère !
-Emmett ? Alice, je sais que c'est un gros ours et qu'il me protégera et doit être capable de manier parfaitement l'engin mais je ne suis pas sûre que Rosalie soit d'accord.
Alice soupira profondément et je l'entendis murmurer quelque chose comme « cas désespéré » et « pas un gramme de cervelle ».
-Bella, Bella, comment veux-tu qu'on y arrive un jour avec des empotés comme vous deux ? Bon, je reprends : Non, tu ne te mettras pas avec Em, je te le déconseille même fortement, mais tu vas te mettre avec Edward pour te rapprocher doucement mais sûrement. De toute façons, avec vous, j'abandonne la tactique traditionnelle, ça marche pas, vous êtes trop imbéciles.
-Euh…Alice ?intervins-je. Tu dirais quoi si je te répondais quelque chose du genre… « Tu es dingue, barjo, parano, et horriblement encombrante ? » Ah, oui, et aussi, « il n'est pas question que je fasse ceci ? »
-Eh bien très chère, commença Alice, très diplomate, un sourire ravissant collé au sourire, je te signalerais que je sais te maîtriser et te plier à ma volonté, et que tu as tout intérêt à m'obéir, dans le cas présent.
Un frisson courut le long de mon échine, et je restai glacée quelques instants, immobile, les yeux dans les yeux d'Alice, incapable de réagir. Puis finalement, je fermai la bouche j'avais laissée béante, tournai les talons et m'éloignai le plus vite possible de ce démon incarné.
Je me réfugiai vers la personne qui me vint le premier à l'esprit.
-Josh, aide-moooiiii !!!!gémis-je en m'agrippant au dos de son t-shirt.
Il émit une exclamation, interloqué, et tourna la tête pour me voir. Je relevai alors les yeux en faisant la moue, puis remarquai une autre présence. Je me décalai sur le côté pour voir à qui il parlait, et ne fus pas surprise de voir Cassie toute gênée.
-Salut Cassie !lançai-je malgré ma situation désespérée.
-Salut Bella, me répondit-elle doucement, les joues légèrement roses.
Décidément, cette fille avait les mêmes réactions que moi, ça en devenait flippant !
-Donc Bella, tu as besoin d'aide pourquoi ?
-A ton avis ?rétorquai-je. Tu as entendus ce qu'on allait faire ?
-Le quad ? Bien sûr ! Je trouve ça génial !!! Ah…je vois où est le problème, réalisa-t-il enfin.
-Exactement, acquiesçai-je. Et évidemment, ils ne veulent pas m'interdire d'en faire…
-Il faudrait t'interdire pas seulement le quad mais tous les sports, ma vieille !s'esclaffa Josh.
Je grognai un peu en sachant parfaitement qu'il avait raison avant de continuer.
-Mais on doit se mettre par deux au quad, et le prof lui-même m'a dit de faire semblant de participer, et donc, je me demandais si tu pouvais te mettre avec moi ?
Ma voix avait légèrement dérapé vers les aigus sur la fin tant j'espérais que je ne me retrouverai pas avec…lui.
Pitié, pitié, pitié…
Ma voix intérieure espéra jusqu'au bout, mais le verdict tomba, inéluctablement :
-Désolé, Bee, mais je me suis déjà engagé. Tu vois, Cassie est aussi malhabile voire pire que toi en matière d'activités extérieures et elle n'a jamais fait de quad, alors…Je ne vais pas pouvoir être ton sauveur, aujourd'hui.
Gaah…Je le savais !
-Traître, grinçai-je entre mes dents à son intention. Tu me délaisses, je demande le divorce !
-Mais ma chérie, répondit-il sur le même ton pour pas que Cassie l'entende, tu sais que tu es la seule femme de ma vie et que je t'aimerai toujours !
-Mais bien sûr, en attendant va roucouler auprès de la deuxième femme de ta vie, Don Juan.
Il eut un petit rire avant d'ajouter :
-Pour le quad, tu n'as qu'à te mettre avec Edward, c'est le plus logique.
Je le regardai fixement, bouche bée, choquée.
-Double traître !!!persiflai-je avant de me retourner et de m'enfuir le plus vite possible.
Pourquoi étaient-ils tous aussi sadiques ?! Pourquoi voulaient-ils tous me mettre avec Edward ?!
Je redressai ma tête et mon regard tomba sur quelque chose d'autrement plus intéressant.
Pourquoi Jessica portait-elle la veste d'Edward ?
Celle-là même que Lauren portait depuis plusieurs jours d'affilés ?
D'ailleurs elle ne se gênait pas pour l'afficher…
Je regardai passer Jessica, hautaine, exposant bien fièrement son trophée.
Non mais pourquoi sa veste avec son odeur et sa chaleur se retrouvait successivement sur les épaules des deux poufs de service ??!
Bon d'accord, j'étais peut-être un peu trop méchante envers Lauren, j'avais fini par remarquer aussi qu'elle n'avait pas l'air bien, ces temps-ci.
Mais tout de même, on ne sait toujours pas ce qu'il s'est passé avec elle derrière la piscine !
Et c'est bien connu, le silence est pire que les paroles, ce qu'on ne dit pas est quelque chose que l'on désire dissimiler…
Moral en chute libre.
*
-Allez ! Rassemblez-vous ! Dépêchez-vous de monter, on va avoir du retard !
Je traînai les pieds jusqu'au bus. Je me plaçais, sans y réfléchir, au fond du bus, sur la rangée de cinq places. Les deux couples qui m'avaient rejetée juste avant, refusant de m'aider pour le quad, s'assirent aussi sur la rangée. Je me tournai ostensiblement vers la fenêtre, les boudant pour de faux. De mon poste je bénéficiais d'une vue d'ensemble du bus et de ses passagers. Très pratique.
Je remarquais sans peine Kimberley, une fille de ma classe, reluquer aussi discrètement que possible Blake, un gars qui partageait notre cours de chimie, alors que ce dernier était plongé dans un magazine automobile. Mais il avait plutôt l'impression de se focaliser sur les mannequins qui posaient à côté des modèles rutilants.
J'apercevais aussi les mots qui volaient de banquettes en banquettes par deux groupes de filles assises aux opposés du bus. Certains élèves s'étaient déjà retirés du monde pour écouter leur mp3 tranquillement, fermant les yeux, sans bouger, ou d'autres en murmurant les paroles. Seule Stacy, la fille la plus extravertie après Alice que je n'aie jamais vue et qui partageait mon cours de sport, s'époumonait à chanter le refrain de « Sexy Bitch ». Elle mit son portable n haut-parleur et le refrain fut repris par tous les élèves de l'avant du bus, là où elle se trouvait. Les profs présents abandonnèrent l'idée de les faire taire, désabusés, ils levèrent les yeux au ciel et reprirent leurs conversations. N'importe qui regardait attentivement leurs échanges pouvait remarquer que notre prof de sport flirtait avec la prof qui discutait avec lui lorsque je lui avais demandé l'autorisation de ne pas participer au quad.
Mais mes yeux arrêtèrent instantanément de voyager à travers le bus lorsque je vis entrer Jessica et Mike. Mike affichait une mine bougonne, sûrement parce que Jessica portait et semblait adorer la veste d'Edward.
Pour une fois, j'étais de tout cœur avec cet idiot !
Ils s'installèrent tous deux à la troisième rangée de gauche, et Lauren, la mine déconfite et …mal à l'aise, s'assit juste devant eux. Lorsqu'Edward entra enfin dans le bus, je voulais de toutes mes forces détourner le regard, mais je ne réussis pas. Mais de toute façon, il ne me jeta pas un regard, pour changer. Il semblait focalisé sur Jessica, et ses yeux passaient de Lauren à Jessica avec une lueur de totale incompréhension.
Il n'y avait plus de place libre sur la rangée où je me trouvais, mais j'espérais tout de même qu'il vienne nous rejoindre, au lieu de quoi il fonça sur Lauren et se pencha vers elle. Il bloquait le passage et les derniers élèves qui montaient dans le car protestaient.
-Cullen !l'interpela notre prof, vous gênez le passage, on va finir par être en retard.
Il commença à se relever mais déjà le bus s'ébrouer et le moteur retentit sous nos pieds.
-Assez-vous tous, maintenant ! Et Cullen, posez vos fesses sur ce siège, bon sang ! soupira le prof alors qu'Edward s'apprêtait à s'éloigner de Lauren.
Il dut finalement s'asseoir près de Lauren. Je le vis souffler fortement et se passer les mains sur le visage puis se tourna vers Lauren qui avait un air désolé à faire pleurer un bigorneau. (Pourquoi un bigorneau, ne me demandez pas, mais vous avez déjà vu un bigorneau pleurer, vous ?)
Bref, inutile de dire que c'est morose que j'arrivai au terrain où devait se dérouler la séance de quad. Je regardai le paysage par la fenêtre.
Devant nous s'étalait une immense étendue de terre que le vent soulevait par petits paquet çà et là. De nombreux bosses et autres obstacles interrompaient l'horizontalité du sol et finalement, ce terrain ne présageait rien de bon pour ma survie. Mais bien sûr, Alice, Josh et Emmett pendaient devant ma fenêtre, excités comme des puces. Enfin, surtout Emmett.
Nous sortîmes tous et je resserrai ma veste autour de moi pour atténuer mes frissons, ce qui n'eut aucun effet, car mes frissons étaient causés non pas par la température, au contraire elle était plutôt chaude (en comparaison avec la moyenne de Forks, bien entendu), mais à cause de l'appréhension.
Je me plaçai dans le fond de la foule et écoutai les profs.
-Bon, donc vous êtes en tout une petite centaine, les autres élèves ont été emmenés en d'autres endroits. Nous avons ici à disposition 48 quads, ce qui est parfait. Souvenez-vous que vous avez beaucoup de chance de pouvoir pratiquer cette activité, c'est la seule fois que cela se produira au lycée !
-De la chance, marmonnai-je dans ma barbe, mon œil, j'ai vachement de chance de risquer ma vie encore plus que d'habitude !
Un léger rire me parvint et je tournai la tête pour voir d'où il provenait. Lorsque je vis qu'il s'agissait d'Edward, je détournai rapidement le regard.
Lauren se trouvait encore à ses côtés.
Je tentai de rester concentrée sur le discours du professeur.
-Vous vous mettrez par équipes de deux et conduirez en alternance. Tout d'abord, chaque équipe va se placer près d'un quad, et devra attendre la venue d'un enseignant. On vous expliquera les manettes, les règles de sécurité, comme ne pas faire l'idiot en se croyant le roi du monde et en lâchant les bras, ou vous risquerez de vous faire tout bonnement éjecter du quad. Même pas besoin d'heures de colle, votre cul aura compris la leçon à votre place !
Quelques rires s'élevèrent dans l'assemblée.
-Vous passerez à tour de rôle sur le circuit, en laissant trente secondes entre chaque départ, pour éviter toute collision. Le but étant bien sûr de commencer doucement puis d'accélérer et d'apprendre à négocier les virages et les obstacles, ne pas faire de sauts périlleux comme je doute que certains rêvent de le faire, mais je ne vise personne…Mais ceux et celles qui préfèrent rester prudents et ce sera prudents, il y en a certains qui ont assez vu l'hôpital dans leur vie, et on les remerciera bien fort d'éviter ce genre d'accident. Encore une fois, je ne vise personne, bien entendu !
Ouai, ben on se demande vraiment de qui il parle…
-Bon ! Je pense que vous allez pouvoir vous mettre en place…Je rappelle que les quads sont rangés du plus petit et lent au plus gros et donc plus rapide. Faites attention quand même, et il serait préférable que des poids plus conséquents se retrouvent sur les grands quads pour ne pas que l'engin se retourne, et les anorexiques sur les plus légers !
Lorsqu'il donna enfin le feu vert, je ne fus pas surprise de voir Emmett, qui sautillait presque sur place depuis quelques minutes, s'élancer pour devancer tous les autres et s'approprier le plus monumental des quads.
Toute la foule se dispersa et je me retrouvai, seule, comme une idiote. Je regardai vaguement les engins alignés au milieu de la poussière, et je dois avouer qu'ils ne me donnaient pas, mais alors vraiment pas envie. Je regardai vite fait du côté des professeurs en pleine discussion.
Peut-être qu'ils ne remarqueraient pas si je m'éclipsais…
-Tiens, Swan !
Merde…
-Je me doutais bien que vous voudriez y coupez, susurra mon cher prof de sport, mais malheureusement pour vous, je tiens à vous voir sur un quad. Disons, pour le plaisir personnel. Vous pouvez me trouver sadique ou tout ce que vous voulez, mais je n'aurais jamais choisi d'être prof si je ne pouvais pas m'accorder ce genre de moments, ajouta-t-il avec un rire qui me glaça de la tête aux pieds malgré la température douce.
Ainsi il me laissait aller au-devant de ma mort sans aucun scrupule…
SADIQUE !!!
Il m'accompagna bien gentiment au seul quad vide qui restait.
Oh non…Il s'agissait du quad numéro 39 sur 48…Autrement dit, il faisait partie des plus gros et rapides et…imposant.
-Tiens, vous devriez être avec deux autres personnes…Je pensais vous mettre avec seulement une personne, mais nous sommes en nombre impair et puis de toute façon, il n'y a plus de quad ! Donc tout va bien ! Ah, c'est bon, ils arrivent…
Il me quitta pour s'avancer vers les nouveaux arrivants. Je ne voulais pas me retourner pour voir leur visage, je me doutais déjà de qui cela pouvait être.
-Où étiez-vous passés, vous deux ? Bon, c'est pas grave, mettez-vous avec Swan, en vitesse !
En effet, Alice était avec Jasper, Emmett était avec Rosalie, (d'ailleurs, leur quad était déjà en tête de la fille de départ, Emmett excité se cramponnant au guidon et Rosalie levant les yeux au ciel mais en souriant tout de même, cramponnée à son petit copain.) Josh était avec Cassie, et Mike avec Jessica…Il ne restait plus qu'eux…
-Désolé monsieur, on était…aux toilettes.
-Mouais, enfin bref, je vais vous expliquer les règles.
Je ne m'étais pas trompée, je ne pouvais manquer de reconnaître ce magnifique ténor qui me faisait mal au ventre.
Je m'obstinais à ne pas croiser son regard, à ne pas le voir, car je savais pertinemment qui l'accompagnait. Vous vous direz peut-être que j'agissais comme une gamine, mais c'était le moyen le plus sûr.
-Donc cela ressemble au vélo, ce n'et pas extrêmement compliqué, enfin, sauf pour miss Swan, évidemment !
Il rit tout seul de sa blague et je le fusillai du regard. J'avais le droit, avec lui.
Mais il s'arrêta de rire quand il vit que personne ne riait avec lui, vu la tension qui régnait entre Edward et moi, et Lauren qui était trop gênée et je ne sais quoi pour émettre le moindre son.
-Je disais donc, reprit-il, c'est comme un vélo, en dessous des branches du guidon, on a les freins. La manette de droite c'est bien le frein, mais la manette de gauche est l'embrayage. N'essayez pas de freinez avec celle-ci, vous ne ralentirez sûrement pas ! Ensuite, ce bouton à droite sur lequel on appuie avec le pouce, c'est l'accélérateur. Et enfin, ce petit bouton jaune très mignon c'est tout simplement…
Il appuya dessus en même temps qu'il le dit, ce qui nous vrilla les tympans.
-…C'est le klaxon. Sur ce modèle-là, vous pouvez atteindre les 110 km/h.
-110 ???relevai-je. Mais j'espère bien que je n'irai jamais à cette vitesse ! Je vais mourir !
-Ne vous emballez pas, tempéra-t-il, le plus gros, celui que votre ami a pris, va jusqu'à 125 km/h ! Et il n'a pas l'air de trouver cela désagréable…Enfin, moi non plus je ne trouverai pas cela déplaisant d'avoir une jolie blonde cramponnée à moi !
Encore une fois, il rit tout seul. Etait-il au courant que Rosalie était presque la belle-sœur d'Edward ? Quel idiot…
-Enfin bref…les plus petits quads que nous avons là vont jusqu'à 50 km/h. Le vôtre est donc un bon modèle. Passons maintenant aux règles de sécurité…Normalement, vous devriez avoir un casque, mais le petit lycée que nous sommes n'en a pas en assez grande quantité, et seulement quelques groupes en a, malheureusement pas nous ! Donc vous devrez faire attention à la tête ! De toute façon on a une assurance ! Le conducteur commence par aller doucement, pas à fond au premier tour ! Enfin, à part Emmett, mais ça c'est une autre histoire…Hem…Oui, je disais, pas à fond au premier tour, on doit accélérer progressivement, ralentir, surtout beaucoup ralentir dans les virages, ou sinon votre quad risque de se retourner. Pareil pour les bosses, à part si vous tenez à faire des vols planés. Mais nous avons une pro des vols planés, j'imagine !
Je pourrais sûrement porter plainte pour harcèlement, non ?
-Mouai, reprit-il, gêné, car il avait sûrement compris que nous n'étions pas vraiment d'humeur à rire. Bon, ensuite le deuxième passager ne doit pas se tenir aux barres en fer de derrière, mais au conducteur, c'est important. Posez bien vos pieds sur cette plate-forme, et votre derrière doit être bien enfoncé pour ne pas que vous vous envoliez ou que vous fassiez un bon en arrière après une accélération. Comme vous êtes trois, vous passez chacun votre tour en conducteur et en passager. Vous ferez simplement un peu moins de tours que les autres, mais quasiment pas, puisque Bella ne va pas conduire…enfin, j'espère pour elle et pour nous. Mais Swan, je veux vous voir sur ce quad, est-ce clair ? Sinon je vous mettrez des zéros jusqu'à la fin de l'année !
Sur ce, il s'éloigna vers un autre groupe pour recommencer son speech.
Au fond, je m'en fichais comme d'une guigne qu'il me mette une moyenne de zéro en sport, si ça pouvait m'empêcher de monter sur cet engin…
-Bon, qui commence ?demanda enfin Edward.
Il ne s'était tourné ni vers moi ni vers Lauren, il regardait juste le quad.
-A vous l'honneur, je vais éviter de me tuer aujourd'hui, répondis-je, froide à souhait.
Avant que j'aie eu le temps de me reculer pour laisser la place à Lauren, cette dernière intervint :
-Laisse, Bella, je vais faire un tour aux toilettes avant !
Et elle partit sans qu'on ait le temps de réagir.
-Bon, ben…
Edward en voulait toujours pas me regarder, et je faisais de même. Il se décida enfin à s'installer sur le quad et attendit.
J'attendis.
Je regardais mes pieds.
-Euh…Swan ? Tu viens ou pas ?
-Tu crois vraiment que je vais monter sur ce truc ?crachai-je, légèrement plus acide que je ne l'aurais voulu.
-Tout doux, ça va…
-SWAN !!!
La voix de mon prof sadique m'avait vrillé les tympans et je m'installai avec bon nombre de réticences derrière Edward.
On attendit.
Ou plutôt, il ne démarrait pas.
Je finis par demander quoi.
-Tu attends le dégel ?
-Il faudrait que tu t'accroches.
Lentement, je posai mes mains sur sa taille.
Il attendit.
-Tu sais, reprit-il finalement, c'est pas que je m'en soucie énormément, après tout c'est plus ton problème que le mien, mais je pense qu'il faudrait que tu t'accroches vraiment. Histoire de ne pas être éjectée et que tous le monde voie une Bella-piou-piou dans les airs.
Son ton finit de me mettre les nerfs en pelote.
J'enroulai fermement mes deux bras autour de son torse et pour me venger (petite vengeance) j'enfonçai mes doigts dans sa chair. Je le sentis se crisper sous mes mains.
-Mais bon sang qu'est-ce que t'as ?siffla-t-il.
Je restai coite et on nous appela pour nous mettre dans la file de départ.
Nous ne dîmes rien et ce fut enfin notre tour de démarrer.
Je sentis tout à coup le vrombissement du moteur sous moi et le quad démarra au quart de tour sur la piste. J'entendis vaguement un professeur crier d'aller moins vite, mais le vent m'empêchait d'entendre correctement et mes cheveux volaient devant mon visage à me cacher la vue. Je me cramponnai inconsciemment à Edward en réprimant un cri mais en serrant les dents. Et même si en ce moment la situation n'était pas géniale entre nous deux, je ne pus m'empêcher de respirer son odeur à fond et de la trouver magnifiquement envoûtante.
Mais un brusque soubresaut me ramena vivement à la réalité. Nous venions de passer sur une bosse et l'atterrissage (car nous avions décollé !) fut tout sauf délicat. Je jetai un coup d'œil au compteur : 85km/h.
Quoi ??!
Mais il voulait ma mort ou quoi ?!
-EDWARD ! Ralentis, t'es fou !
Il ne répondit rien, il se contentait de fixer la route, déterminé.
-EDWARD !!!!criai-je plus fort, à son oreille cette fois.
-Amuse-toi !me répondit-il avant d'accélérer encore plus car nous étions sur une ligne droite.
M'amuser mais il est con pu quoi ?
Je fermai les yeux le plus fort possible.
Je commençais à me sentir légèrement mal…
-Je t'en prie, Edward !réussis-je à couiner alors que je tentais de garder ma respiration à un rythme stable.
-Allez, quoi, Bee !
Cela faisait tellement longtemps qu'il ne m'avait pas appelée ainsi ! J'espérai en cet instant un améliorement dans notre relation, qu'il soit infime ou pas, du moment qu'on arrête de s'ignorer ou de se lancer des piques.
Je me forçai difficilement à ouvrir les yeux un à un et j'essayai de me laisser charmer.
Autour de nous, le paysage défilait inlassablement à une vitesse folle. En effet, le compteur affichait 90 km/h. La poussière dans les airs me piquait les yeux mais je les maintins ouverts avec toute la force dont je disposais car le spectacle qui s'offrait à moi était tout simplement magnifique.
Outre les étendues vides à perte de vue, les cris de joie en fond sonore, les montagnes verdoyantes à l'horizon et la douce chaleur malgré le vent provoqué par la vitesse, ce qui se démarquait par sa beauté dans tout cet ensemble demeurait Edward.
Il rayonnait, tout simplement.
Un large sourire ornait son visage, creusant d'adorables fossettes dans ses joues imberbes. Ses yeux plissés brillaient à cause du vent qui les fouettait mais aussi à cause de l'excitation et du plaisir non-dissimulé que l'on pouvait y trouver.
Mes yeux étaient captivés par ce modèle de beauté.
Pas une beauté de mannequin que l'on voit dans les magazines, la vraie beauté, celle qui rit, s'amuse et illumine un visage et ceux de son entourage.
J'étais toujours à le regarder, oubliant presque la vitesse quand il tourna la tête de façon à me chuchoter à l'oreille :
- Alors, ce n'est pas génial ?
En réponse, je lui retournai un sourire instinctif, tant j'étais heureuse qu'il me parle ainsi, normalement.
Puis, mue par un élan de courage, je levai la tête vers le soleil chatoyant, comme un loup-garou, et de ma gorge s'éleva un cri de pure joie.
D'abord surpris par ce cri, Edward me regarda avec étonnement puis éclata de rire et cria à son tour.
Nous riions ensemble alors que nous atteignions le piquet indiquant la moitié du parcours. Edward prit une bosse de plein fouet et le quad s'envola durant quelques secondes. Je m'accrochai de toutes mes forces et enfouit mon visage dans le dos d'Edward, étouffant ainsi un autre cri, de frayeur, cette fois. Je respirai très difficilement alors que je sentis le quad garder une allure soutenue alors que nous étions entrés dans une zone particulièrement instable et dangereuse, de mon point de vue.
Il tourna la tête et, le visage fermé, les yeux baissés, il me chuchota rendue presque imperceptible à cause du vent :
-Je suis désolé, Bella…pour tout…
En effet, je sentais qu'il ne s'excusait pas seulement pour le saut que l'on venait d'exécuter, mais aussi pour tout ce qui nous brouillait en ce moment, l'histoire avec Lauren.
Malgré la compréhension que j'essayais d'éprouver, je ne pus empêcher une part de moi-même de se révolter, de vouloir réagir. Il ne pouvait pas semer le doute dans mon esprit et s'en sortir avec un simple « désolé », effacer les questions sans réponses avec ce simple mot. Au fond, qu'est-ce que ça voulait dire ? S'il s'excusait, cela voulait dire qu'il s'était bien passé quelque chose, quelque chose qu'il ne voulait pas nous révéler ! Il n'avait tout simplement pas le droit !
Il était resté dans la même position et il déposa un léger baiser sur ma joue alors que dans ma tête, mes pensées livraient bataille. Deux clans s'affrontaient et réclamaient l'approbation de mon cerveau, comme dans un procès. Deux avocats usant de tous leur savoir-faire pour convaincre le juge, exposant tous leurs arguments.
L'avocat tout de blanc vêtu parlait en faveur d'Edward, disant que s'il cachait ce qu'il s'était passé derrière cette fameuse piscine, ce n'était pas forcément quelque chose d'horrible, peut-être juste que Lauren lui avait dit une chose qu'il ne voulait pas répéter, ou qu'il se sentait obligé de protéger cette chose. Il décrétait que je devais lui pardonner, étant donné qu'il quémande ainsi mon pardon avec ce baiser.
Mais la partie opposée avait plus de vigueur et la rage qui l'habitait lui donnait une force imbattable. L'avocat vêtu de noir affirmait qu'Edward ne réagissait pas lorsque l'on faisait des suppositions sur cet évènement, et on en déduisait que rien de ce qu'on imaginait n'était pire que la vérité. Sinon, comment expliquer le fait que la veste d'Edward se soit successivement retrouvée sur les épaules de Lauren puis de Jessica ? Qu'il passe autant de temps avec Lauren ? Qu'il la regarde avec tant d'attention ? Il ne nous disait plus rien, il ne s'approchait plus de moi, il m'évitait, finis les gestes discrets qui étaient presque devenus naturels dans notre comportement avant toute cette histoire et l'arrivée de Cassie…
Ma conscience tempéra en rappelant que moi aussi je l'évitais, que je ne lui parlais plus.
Mais c'était à lui de faire le premier pas !
Mais ne venait-il pas de le faire, à cet instant ?
Bien sûr, mais…
Tout s'embrouillait, les avocats et le juge parlaient tous en même temps et je ne les comprenais plus, je de discernais qu'un brouhaha où se mêlaient hargne, compréhension, incompréhension, solitude, rejet, pitié, colère, rage…
Je ne pouvais en supporter davantage, et dans ces moments-là, l'instinct prend le dessus sur la raison, et ce qui devait arriver arriva.
-Je ne veux pas de tes excuses. Ni de tes baisers. Il est trop tard. Ou alors explique-toi.
Silence. Juste le vent soufflant rapidement à mes oreilles. Je pouvais voir ses mains se contracter autour des manches du guidon, et les os de ses phalanges saillaient. Il prit une grande respiration, comme pour se calmer. Je me préparai à écouter attentivement les explications tant attendues.
Mais rien ne vint. Je ne voyais même pas son visage.
Bien.
Il ne dirait rien.
Il laisserait mon imagination inventer un substitut de la vérité.
Parce qu'il avait honte.
Je rageais intérieurement.
-Lâche.
Je n'avais pu retenir ce mot. Et il s'agissait d'une affirmation, pas d'une supposition.
-Tu n'es qu'un lâche.
Ses poings se contractèrent encore plus. Je sentis le quad accélérer. Mais je ne m'en souciai pas immédiatement. Mais bien vite, la vitesse s'accrut, et nous prîmes une bosse à 95 km/h ! Je ne m'y étais pas attendue et je ne maintenais pas mon cou à ce moment, alors mon front percuta avec force la dureté du dos d'Edward. Des points lumineux apparurent devant mes yeux alors que je sentais toujours le quad accélérer. Nous en étions maintenant à 100 km/h. Je sentais tout mon corps vibrer, et mes dents claquaient tant je ne pouvais pas maintenir ma mâchoire fermée à cause de la vitesse. Mon rythme cardiaque s'accéléra jusqu'à me faire mal, et ma tête me donnait le tournis.
-Edward, murmurai-je avec peine, je t'en prie…ra…ralentis…
Mais il ne m'écouta pas. Je vis comme dans un rêve l'aiguille du compteur vibrer et grimper encore un peu, passant de 100 à 105 puis à 110 km/h. Mon ventre ne suivait pas, il restait en arrière alors que mon corps avait du mal à rester accroché à Edward.
-Edward !parvins-je à crier malgré ma faiblesse.
Nous rattrapions le quad qui se trouvait devant nous petit à petit…
-EDWARD !!! STOP !!! JE…
Je ne pouvais pas finir ma phrase. Je fermai les yeux, des larmes s'en échappaient à cause du vent, mes doigts congelés ne tenaient plus le tissu de son pull, je ne sentais plus mes jambes, je n'entendais que mon cœur battre frénétiquement dans ma poitrine, ma martelant de l'intérieur alors que je souffrais déjà de l'extérieur.
Edward s'obstinait à maintenir la vitesse maximale, il ne se doutait pas de mon état…
Je ne sentais presque plus mon corps, mais je parvins à deviner que mes mains avaient lâché le pull d'Edward et que le quad ne se trouvait plus sous moi…
J'étais dans les airs.
Alors alors...une Bella volante, c'est dangereux...
Aurais-je droit à vos reviews ? Pleeeaaaaseee...^-^
