Alors, voici enfin le retour de "Bella Piou-piou"! Alors, là on verra le déclenchement du début de la mise en place de la réconciliation entre Bella et Edward...Mais je ne vais pas dévoiler ce qu'ils apsse, ce serait pas bien^^

Donc comme oujours, je m'excuse du retard impardonnable que je prends toujours, et pour ce chapitre-là plus que les autres^^D'ailleurs il faut remercier Nessie-mouss, ma co-auteure, pour ce chapitre, car elle m'oblige de force à écrire, en me faisant des petite têtes de chien battu...vous la verriez vou ne pourriez pas résister, avec sa petite bouille et ses petites fossettes^^(si elle voit que j'ai écrit ça, elle va d'ailleurs me trucider...tant pis.)

Donc, les personnages appartiennent à S.M, tout le bla-bla habituel...

Bonne lecture !!!


Chapitre 13 – Aouch !...

POV Bella

Je flottais, je pense.

Ou en tout cas, tout ce que je voyais, c'était le ciel. Hum, il allait bientôt pleuvoir, au vu de ces gros nuages gris, là-bas. Peut-être même une tempête.

Mais j'aurai préféré rester en l'air dans cette position et passer ma vie à prévoir la météo plutôt que de retoucher la terre ferme.

Car le choc fut…brutal.

Et douloureux.

Trèèèèèès douloureux.

Mon cul d'en souviendra pendant longtemps.

J'atterris en partie sur le dos et ma respiration fut coupée instantanément, des taches noires envahirent mes yeux et je clignai des paupières. Je roulai sur le côté tellement j'avais mal. Je tentai difficilement de respirer une seule, rien qu'une petite bouffée d'air, mais le sable rougeâtre s'invita dans ma gorge et m'étouffa encore plus. Ma jambe droite était retombée dans une position anormale et une douleur fulgurante incendia ma cuisse et remonta jusqu'à ma tête où elle persista. Un cri de douleur concentrée m'échappa et je fus victime d'une quinte de toux causée par la poussière. J'ouvris péniblement les yeux, dans le flou total. Des volutes brunâtres valsaient autour de moi, masquant tout en-dehors d'un rayon d'un mètre. Ma poitrine s'élevait et s'abaissait à un rythme saccadé, sous le coup de l'étouffement, de la douleur, du choc et de la surprise.

Il me semblait que j'évoluais dans un univers de coton, mais bientôt je reçus une nouvelle attaque intense de douleur provenant de ma cuisse droite, puis ce fut à mon bassin de se manifester et de protester contre l'atterrissage tout sauf délicat et le sol irrégulier. Puis enfin mes oreilles se réveillèrent, et un concert de hurlement me vrilla les tympans. Au travers des nuages de poussières, j'apercevais des ombres, beaucoup de silhouettes accourant à ma rencontre. Les moteurs des quads se rapprochaient en désordre et je pouvais discerner des dérapages exécutés en panique, provoquant encore plus de volutes de poussière.

Les grains me piquaient les yeux et je battis des paupières pour tenter de retrouver une vue nette.

Des formes sortirent du nuage opaque et je pus voir l'énorme masse d'Emmett se ruer sur moi avant d'avoir la vue bouchée par son torse. J'entendis le cri perçant d'Alice à ma gauche et elle s'agenouilla tout près de moi en lâchant des mots sans aucun rapport, des sanglots dans la voix. Les profs arrivèrent en criant de libérer le passage et mon prof, celui-là même qui se narguait de moi quelques minutes plus tôt, m'arracha laborieusement des bras puissants d'Emmett. Rosalie se tenait non loin d'Emmett et me regardait avec des yeux inquiets. Je n'avais jamais beaucoup parlé avec elle, et je pouvais comprendre qu'elle paraisse froide aux premiers abords, mais elle possédait un grand cœur et elle veillait surtout sur son entourage. Jasper tentait avec peine d'éloigner Alice qui sanglotait mais finalement il réussit à la prendre dans ses bras.

-Swan ? Swan, tu vas bien ?

Je reportai mon regard sur M. Garner.

-Je pense, commençai-je avant d'être interrompue par une quinte de toux.

La poussière ne voulait pas se déloger de ma gorge et ma voix me parut rauque. Je repris avec une voix plus normale mais toujours poussiéreuse :

-Je pense que ça va, sauf…

Mais à ce moment-là je ne pus finir ma phrase.

Edward venait d'apparaître en fendant la foule et il me regardait, complètement perdu, une irrépressible angoisse visible sur son visage, les yeux totalement désemparé. Je croisai son regard et il ferma les yeux en contractant ses sourcils. Il se passa rapidement la main sur le visage puis il rouvrit ses yeux. Il semblait vouloir ne pas croire ce qu'il voyait mais il réalisait que ce n'était un rêve.

Il avait bien accéléré alors que je le suppliais de ralentir.

Il avait bien accéléré alors que je me sentais mal.

Il avait bien accéléré alors que j'étais sur le point de m'évanouir.

C'était à cause de lui.

-Bella…murmura-t-il. Dé…Déso…

-EDWARD !!!

Le cri d'Alice juste à côté de moi m'obligea à me mettre les mains sur les oreilles, tant la puissance et le crissement de sa voix étaient élevés. Elle se releva et fonça sur Edward qui la regarda approcher avec appréhension.

-NON MAIS TU ES MALADE !? QU'EST-CE QUI T'A PRIS ??!! Tu te rends compte, au moins ? TU TE RENDS COMPTE ? Elle a failli mourir, c'est ça que tu espères ?! Je ne sais pas ce qu'il se passe entre vous deux mais sérieusement, ARRETEZ ! Ca prend des proportions démesurées ! Mais merde, Edward, prends conscience que tu as failli la tuer ! Réfléchis un peu…et…excuse-toi, ou…ou je sais…je sais pas…

Ses derniers mots se perdirent dans ses sanglots et elle se retourna face au torse de Jasper qui, angoissé et totalement désemparé, referma ses bras autour de son frêle corps de lutin.

Je reportai mon attention sur Edward. Il regardait droit vers Alice et la culpabilité se lisait clairement sur son visage. Il allait répliquer quelque chose quand le coach se releva prestement et se posta devant lui, pointant son index sur son torse et le faisant reculer pas à pas.

-Cullen ! Je ne sais ni ce qu'il se passe sous ton cerveau ni rien sur ta vie personnelle, et ça ne me regarde pas en général, mais quand ça engendre un accident comme celui-ci, là je dois m'en charger ! Je t'interdis de l'approcher, c'est clair ? Il aurait pu arriver quelque chose de bien plus grave, et là, je donne pas cher de ta peau, à voir la réaction de tes amis !

En effet, Emmett semblait prêt à exploser à chaque seconde et n'était retenu que par Rose qui avait agrippé légèrement son poignet et qui caressait son bras du bout de ses doigts.

Le coach continuait de sermonner Edward, inlassablement. Une foule d'ados et de professeurs m'entouraient, mais je ne leur prêtais pas attention, je préférais me focaliser sur Edward.

A un moment il croisa mon regard. Ses sourcils étaient affaissés dans une expression de tristesse et de culpabilité mêlées. Je voyais ses yeux briller. Il ferma les yeux de nouveau et secoua imperceptiblement la tête avant de les rouvrir, focalisé sur le prof qui l'engueulait toujours.

Un professeur me demanda quelque chose mais je ne fis pas attention. Je hochai vaguement de la tête, sans savoir à quelle question je répondais par l'affirmative. Mes sens semblaient ne vouloir que prendre en compte ce qui se passait avec Edward. Il reporta son regard sur moi et je vis à quel point il avait mal.

Soudain je sentis plusieurs paires de mains me prendre les bras et me soulever, un bras s'enroula autour de ma taille pour m'aider à me relever. Ce devait sûrement être cela la question à laquelle je n'avais pas prêté attention : peux-tu te lever ?

J'aurais vraiment dû écouter et répondre non.

Vraiment.

Car je n'étais pas capable de me lever.

A l'instant où ma jambe effleura le sol de terre, la douleur que j'avais occultée revint en force, enfonçant des milliards de poignards le long de ma cuisse en remontant jusqu'à mon cerveau où elle se répercuta au point de me faire hurler de douleur.

Mes mains se dégagèrent en un instant de l'emprise de ceux qui voulaient m'aider pour se porter sur les côtés de ma tête, et je m'écrasai moi-même mon cerveau entre mes mains, n'importe quoi pour faire taire cette douleur insupportable. Privée de soutien, je m'affaissai immédiatement dans un flou total, et le poids soudain porté sur ma jambe blessée causa une nouvelle vague de douleur, de nouveaux poignards, et un nouveau hurlement, qui cette fois n'avait plus rien d'humain.

Je remarquai à peine la terre dure sous mon dos lorsque je tombai, tellement la douleur occultait toutes les informations extérieures. Une partie de mon cerveau, une infime partie qui luttait pour rester lucide perçut les cris qui m'appelaient de toutes parts et des ordres en panique, des mains qui se posaient sur mon corps, mais chaque contact, que ce soit sur ma cuisse droite, origine de la douleur, où n'importe quelle zone de mon corps se trouvant au-dessus, provoquait un autre picotement douloureux.

Je ne sentais plus le reste de ma jambe droite qui se trouvait en dessous de ma cuisse.

Rien du tout.

Peu à peu, je sentis comme du coton envelopper mon corps, brouillant la douleur sans réussir à l'étouffer complètement, mais cette période d'accalmie me procurait tant de bien que je me laissai aller à la tentation du sommeil. Je ne devrais pas, je sais, mais j'étais incapable de résister.

Avant de céder la place à l'inconscience, je sentis une larme solitaire rouler sur ma joue sale de poussière.

Mais contrairement à tout ce que je ressentais en ce moment, cette larme n'était pas due à ma blessure.

Plutôt à une douleur intérieure, et qui se situait plus au niveau du cœur.

Car lorsque mon premier cri s'était échappé de ma bouche lors de mon affaissement, j'avais vu comme au ralenti le dos d'Edward s'éloignait de plus en plus, loin de moi, me fuyant.

J'émergeai de l'inconscience dans un état semi-comateux, entre le sommeil et l'éveil.

Le matelas sur lequel j'étais allongée subissait de fréquents soubresauts et je compris que je me trouvais dans une voiture.

Une ambulance.

Je tournai légèrement la tête vers le côté.

-Alors Swan, j'avais raison non ?lança mon prof de sport sur le ton de la plaisanterie, bien que ses traits tirés montraient à quel point il était angoissé. Tu aurais mieux fait d'être malade. Je ne t'autoriserai plus jamais à faire cours de sport à présent !

Je tentai de sourire mais si j'avais réussi, je ne le sus pas.

Je ne sentais plus le reste de mon corps.

Ce n'était pas plus mal. J'étais soulagée de ne plus sentir la douleur de ma cuisse. Je devinai que j'étais salement amochée. La sensation paisible de l'anesthésiant que l'on m'avait sûrement administré me donnait envie de fermer les yeux et je ne me fis pas prier.

Juste avant de sombrer dans l'inconscience une nouvelle fois, mon regard dériva vers la fenêtre de l'ambulance qui filait sur la route boisée. Des fines gouttelettes s'étaient mises à tomber, et elles ne tarderaient pas à laisser la place à la tempête que les gros nuages noirs au-dessus de nous promettaient.

Oh Mon Dieu…

Des courbatures me tiraillaient de toutes parts. C'était un véritable supplice !

J'ouvris avec peine les yeux car il me semblait que l'on avait posé des poids dessus.

Tout ce que je vis fut en premier le mur blanc et l'odeur si propre aux hôpitaux m'assaillit les narines. Grrr…je détestais les hôpitaux, et bien sûr, il fallait que j'atterrisse dans un de ces bâtiments de l'horreur, courbaturées, incapable de sentir ma jambe bien que je la voie suspendue en l'air, plâtrée du haut de la cuisse jusqu'à juste en dessous du genou.

C'était bien ma veine.

Les évènements qui m'avaient conduite dans cette misère me revinrent en mémoire.

Edward s'excusait, puis je me laissais déverser ce que j'avais sur le cœur, puis on s'engueulait, puis il s'enfermait dans son mutisme, puis il accélérait, puis je le lâchais, puis la chute. Et enfin, il me tournait le dos et partait sans un mot. Alors que je hurlais.

Je n'avais même pas pu le regarder dans les yeux avant qu'il parte, je n'avais pas pu voir ce qu'il pensait, la raison de son départ.

On ne peut quand même pas se foutre d'une personne au point de dégager alors que cette personne se tordait de douleur par sa faute.

Enfin, je crois.

J'espère…

Je laissais échapper un soupir et aussitôt, des têtes apparurent au-dessus de moi. Ç'en était presque comique : les sept têtes formaient un cercle parfait dans mon champ de vision, exactement comme dans les dessins animés ridicules que chaque gosse regarde. Ou alors comme sur la pochette du dvd de Docteur House. Ça dépend des références.

Quoi qu'il en soit, on pouvait clairement voir sur le visage d'Alice qu'elle avait pleuré. Ses joues rougies portaient encore les traces des larmes. C'était comme ça avec Alice : soit super-excitée, soit super-en colère, soit super-triste. Mais ça restait une fille super.

A côté d'elle, Jasper avait ses cheveux bouclés qui lui retombaient un peu devant ses yeux et ses sourcils froncés montraient qu'il s'inquiétait lui aussi. Ça me faisait plaisir : il n'était pas extrêmement bavard et bien que je sois certaine qu'il soit sympa, je n'avais jamais eu de grande conversation avec lui, à un point où je me demandais s'il m'appréciait ou s'il me voyait comme une intruse.

Après ce dernier venait sa sœur. La blonde et sulfureuse Rosalie était dotée d'un profond sentiment familial, et en quelque sorte, c'est comme si elle m'avait adopté.

Elle paraissait vraiment frêle en comparaison avec Emmett. Et je dois avouer que c'était plutôt mignon de le voir avec cette tête de chien battu…

Josh aussi était là. Je m'en voulais un peu parce qu'en ce moment, je m'étais quelque peu renfermée sur moi-même, m'éloignant de toutes les personnes qui s'inquiétaient de mon état et de ma situation, et Josh en faisait bien partie !

Et venait ensuite Cassie. Dès que je la voyais je ressentais une bouffée de jalousie, tellement elle était belle, mignonne, et en plus attachante, gentille, intelligente et…pfff…On ne pouvait pas me blâmer d'avoir réagi comme une idiote immature lorsque Edward s'était rapproché d'elle, non ? J'aurais dû réfléchir, me dire que s'il agissait ainsi, c'était uniquement parce que Cassie était nouvelle. OK, c'est sûr qu'elle réagissait bien face à son comportement, mais quoi de plus normal ? Si je n'avais pas connu les Cullen, comment est-ce que je me serais intégrée ? Jessica ou Mike m'aurait pris sous leur aile ? Pitié ! Je ne souhaitais cela à personne, pour rien au monde ! Et j'aurais été plus que reconnaissante si Edward était venu vers moi de lui-même, et j'aurais eu les mêmes réactions que Cassie, les mêmes rougissements, alors pourquoi l'avais-je prise en grippe ? Bon, je n'avais pas été froide pendant longtemps, et maintenant que je la voyais si proche de mon meilleur, je me sentais plus que ridicule.

Pathétique…

Je tiquai sur la dernière personne.

Qu'est-ce que cette personne venait faire ici ?

Elle n'allait pas avec le reste des personnes présentes. Pas du tout, même. Cette place, c'était celle d'Edward ! De lui seul ! J'avais désespérément besoin de le voir, même si c'était à cause de lui que je me retrouvais ainsi plâtrée…Revoir le moment de son départ alors que je m'enfonçais dans une douleur innommable me fendit encore plus le cœur, comme si c'était possible.

Je tentai de détourner la tête avec rage mais à cause de mon engourdissement je ne réussis qu'à déplacer mon cou de quelques centimètres et lâcher un petit cri étranglé à cause de la douleur.

La morphine n'est pas magique…

Aussitôt après mon faible cri, tout le monde s'inquiéta et batifola autour de moi. Je les rassurai d'un mouvement de main et de petites protestations, car je voulais absolument poser une question :

-Pourquoi Lauren est là ?

Ma voix rocailleuse me surprit et je me l'éclairci en attendant une réponse. Tous mes amis se regardaient, passablement gênés.

-Eh bien, commença Alice, c'est que, tu vois, comme…elle était là…

-Tu comprends, continua Josh, on pouvait pas la laisser, et puis…

-De toute façon, ça ne fait rien, hein ? Tenta maladroitement Emmett, avant d'être enfin interrompu par l'intéressée.

-Je suis désolée.

Je me tournai enfin face à Lauren. Cassie m'aida à me redresser sur les oreillers en position assise pendant que je l'observais.

Lauren me regardait droit dans les yeux mais elle affichait une mine sombre, le visage baissé et le tient pâle. Dans ses yeux je pouvais lire qu'elle était sincère. Je lui fis un clignement de paupières pour montrer que j'étais intriquée et pour qu'elle s'explique. Elle respira à fond et commença :

-Je sais que j'ai pu paraître une peste il n'y a pas si longtemps, je m'en rends compte. Je sais que j'ai pu être blessante. Mais je tiens à m'excuser. Je…en fait, je m'accrochais à Jessica, je me laissai entraîner, mais c'est fini je vais changer, je le promets. Je me rends bien compte que c'est à cause de moi, toute cette situation…tendue…entre toi et Edward, depuis…depuis la piscine…Mais je te rassure, rien ne s'est passé entre lui et moi, je te le jure, c'est juste que, pour la première fois depuis longtemps, quelqu'un a enfin été gentil avec moi, et…et je ne veux pas que tu lui en veuilles, et que ça finisse dans des situations comme…comme maintenant…

Je la fixais silencieusement alors qu'elle s'était tue. Tout le monde gardait le silence autour de nous.

Ainsi c'était donc vrai.

J'avais tenté de me voiler la face et de garder l'image d'une Lauren détestable pour me protéger de l'idée, de la possibilité qu'Edward ne tombe amoureux d'elle. Elle reprit en inspirant profondément :

-J'aimerais, si vous le voulez bien…

Nouvelle inspiration

-J'aimerais être une de vos amies…

Silence.

Toujours aucun bruit dans la pièce, excepté le bip régulier de la machine mesurant mon rythme cardiaque. Tous abasourdis, mais en même temps…en même temps admiratifs.

On voyait clairement qu'exprimer son souhait lui avait demandé un énorme effort.

Alors que je revoyais mes sentiments et mes préjugés à son égard, un médecin entra.

Et pas n'importe lequel.

Evidemment, je déteste les hôpitaux, mais il y a de gentils médecins. Mais ça rendait la situation très gênante.

-Alors Bella ! Qu'est-ce que tu nous as encore fait ?

-Bonjour Carlisle, soupirai-je.

-Il fallait t'y attendre, Bella !rit-il. Vu ta maladresse, ça m'étonne que tu ne sois pas arrivée aux urgences plus tôt !

Je fis la moue mais abandonnai l'idée de tourner la tête, pressentant les douleurs que ce geste occasionnerait.

-Carlisle ! Si tu ne l'empêche pas d'avoir mal, je m'émancipe, c'est clair ?menaça Alice.

-Je la suis, même si techniquement, je ne suis pas vraiment ton fils, rajouta Jasper immédiatement.

C'est trop mignon…

Après un petit rire, Carlisle reprit en branchant une perfusion de morphine :

-Bon, pour commencer, comment t'es-tu fait cette méchante fracture ? Car pour ce faire ce genre de double fracture, il faut être très fort…ou demander de l'aide.

-Carlisle !protesta Rosalie. Bella n'aurait jamais demandé spontanément à quelqu'un de lui briser la jambe !

-Ne t'inquiète pas, Rosalie. Mais vraiment, Bella, peux-tu me dire comment c'est arrivé ? Parce que j'avoue que j'ai assez de mal à m'expliquer la façon dont tu t'es cassé la jambe, la cuisse qui plus est. Pour ce genre de blessure, je ne vois que l'hypothèse de la chute, mais tomber d'une hauteur au lycée…je ne vois pas. Alors ?

Je baissai les yeux.

Comment pouvais-je annoncer à mon voisin de bu en blanc que si je me retrouvais dans cet état, c'était à cause de son fils ?

Impossible.

-Eh bien, on était parti faire du quad, avec les professeurs de sport du lycée, commençai-je, maladroite, m'apprêtant à mentir sur la suite.

Idiote, Bella. Tu n'as jamais su mentir et ce n'est pas maintenant que tu vas t'inventer ce don. Tout le monde sait que tu es une piètre menteuse, regarde les choses en face.

Tant pis pour Edward, dis que c'est de sa faute, que tout est de sa faute ! De toute façon, qu'est-ce que tu en a à faire de lui maintenant ?

Je refusai d'écouter cette stupide voix intérieure.

-C'est ma faute, Dr. Cullen.

Mon regard se braqua immédiatement sur Lauren.

Elle venait vraiment de dire ça ?

Qu'est-ce qui la poussait à se dénoncer…alors qu'elle n'y était absolument pour rien ?

Je vis Carlisle la regarder avec une expression perplexe.

Il l'invita à continuer d'un mouvement de main.

-J'étais dans le groupe de Bella pour le quad, et on a commencé ensemble. Je conduisais. Seulement, je n'ai pas contrôlé la vitesse et le guidon avait du mal à tourner. Nous sommes passées à vingt centimètres de la clôture et j'ai donné un brusque coup de guidon, ce qui a fait basculer le quad sur deux roues. Je me suis tenue au guidon mais Bella est tombée et…voilà.

Carlisle hochait la tête, réfléchissant.

Venait-elle vraiment de faire ça ?

Elle s'était accusée, m'évitant les explications embarrassantes à propos d'Edward.

Et en tout cas, elle était bien meilleure que moi en mensonge !

Car Carlisle acquiesça, convaincu, puis ressortit de la pièce.

Je gardais mon regard obstinément fixé à Lauren, soufflée.

Mais, maladroite comme je l'étais, je ne réussis qu'à balbutier pauvrement :

-Je…hem, merci, Lauren…mais…tu…

-De rien, me coupa Lauren avec un petit sourire contrit. Je pense que c'est plutôt à moi de te remercier pour ne pas m'avoir virée de ta chambre en hurlant.

Carlisle revint, des papiers à la main.

-Bella, j'ai tes résultats d'examens. Tu vas devoir garder ton attelle pendant 3 semaines, puis tu continueras en suivant des séances de rééducation en parallèle. La bonne nouvelle, ajouta-t-il en agitant l'un des papiers en l'air, c'est que tu as maintenant cette jolie dispense d'E.P.S. pour minimum 2 mois.

Je tendis immédiatement les bras vers le précieux papier.

-Oh, Carlisle, je vous aime !

Il rit en me le donnant et je serrai la feuille contre mon cœur, déclenchant les rires de mes amis.

-Et puis, reprit le médecin blond, je suis certain qu'il y en a qui seront ravis de t'amener au lycée pendant ce temps !...D'ailleurs, où est Edward? Ca m'étonne de ne pas le voir avec toi, Bella.

Je rougis et focalisai mon regard sur le certificat médical. Alice sauva la situation.

-Il est parti faire un tour ! Tu sais, il avait du mal à supporter…de voir Bella comme ça…Alors il est parti ramener son tas de ferraille.

-Un peu de respect pour ma voiture !ripostai-je.

Carlisle parut encore plus troublé.

Je ne l'avais jamais vu aussi douteux, aussi peu confiant. Il était d'ordinaire sûr de lui, mais aujourd'hui, entre les explications vaseuse, invraisemblables et l'apparition de Lauren, il avait de quoi être désarçonné.

-Euh…D'accord…Quoi qu'il en soit, tu peux sortir ce soir. Veux tu que j'appelle Charlie ?

-Non !m'écriai-je. Je le connais, il va paniquer, appeler Renée, elle va paniquer, elle va rappliquer, me garder…Donc pas la peine !

-D'accord, acquiesça Carlisle. Les enfants, vous vous occuperez d'elle ?

-Bien sûr, répondirent en cœur Alice et Emmett.

Carlisle me sourit et sortit en me souhaitant un bon rétablissement.

Le reste de l'après midi passa calmement, les Cullen, les Hale, Josh, Cassie et Lauren me parlaient pour me divertir. Et dès que le sujet menaçait de dériver sur Edward, l'un ou l'autre s'empressait de lancer une réplique sans aucun rapport avec le sujet pour repartir dans une autre conversation. On pourrait presque sentir la tension dans l'air, presque palpable. Personne ne montrait ce qu'il pensait, mais j'entendis tout de même Alice marmonner en pestant contre son frère.

Lors de ma sortie, Emmett était a mes petits soins, et ç'en était presque risible. Il avait insisté pour pousser mon fauteuil roulant jusqu'à l'entrée de l'hôpital puis il me porta de force dans ses bras jusqu'à sa Jeep, avec laquelle il avait suivi l'ambulance à mon arrivée.

La tempête qui menaçait depuis mon accident commençait à éclater et les nuages étaient traversés de temps à autre d'éclairs inquiétant, au loin. La pluie formait de grosses flaques au sol et rebondissait sur les capots des voitures sur le grand parking. Rosalie se plaignait faiblement que ses cheveux allaient friser mais Emmett ne semblait nullement s'incommoder de la pluie. Je vis Alice s'éloigner vers sa Porsche jaune garée non-loin, sa main au dessus d'elle pour la protéger.

-Alice ?l'apostrophai-je. Tu vas où ?

-J'ai dit qu'Edward s'était chargé de ton antiquité, alors je vais la ramener pour ne pas que ça paraisse étrange. Au fait, tu es chiante !

-Moi aussi je t'aime !raillai-je.

Ils m'accompagnaient dans notre rue et se garèrent devant leur maison.

-Bon, ben…à lundi, je vais rentrer chez moi…

Une expression choquée se peignit sur le visage d'Emmett.

-Pas question !se récriat-il. Tu es placée sous notre charge, alors on te garde !

Il reçut en réponse une tape sur la tête de la part de Rosalie.

-Si Bella veut rester chez elle, elle va chez elle !

-Mais c'est beaucoup plus simple d'aller chez nous !riposta Emmett, avec l'expression innocente d'un jeune enfant.

-Mais là on parle de Bella !argumenta de nouveau la belle blonde.

-Mais…

-Arrêter vous deux !tempéra Jasper. Excuse-les, Bella. Ce sont des idiots mais ils vont bien ensemble. Et pour éviter que ma jolie sœur ne sorte les griffes et que ce mignon couple ne s'étripe mutuellement, tu ferais mieux de choisir toi-même.

Il me sourit et je me mis à réfléchir.

Chez moi, personne ne m'attendait, Charlie ne rentrerait que très tard à cause son boulot de shérif. Il restait des lasagnes, je les décongèlerai, on les mangera en silence, dans la petite cuisine mal éclairée, et je serai réduite à passer ma soirée à ruminer dans mon coin, ressassant mes idées noires, l'accident, Edward, Lauren, Edward avec Lauren, Edward avec moi, la tension entre nous deux…

Ouai, ok.

Mauvais plan. Très mauvais plan.

-Je vais chez vous, ok, soupirai-je.

-Yiiihah ! cria Emmett en levant les bras sous le regard exaspéré de sa petite amie.

Nous entrâmes dans la somptueuse demeure des Cullen. Comment une maison comme la mienne et celle des Cullen pouvaient être voisines ? Emmett m'ordonna de ne pas bouger du canapé alors je m'affalais sans protester au milieu des coussins en velours sur le canapé en cuir, bien moelleux. Rosalie resta et nous papotâmes ensemble alors qu'Emmett faisait la navette entre le salon et les autres pièces, m'apportant successivement à boire, à manger, plusieurs couvertures, des livres pris a Edward, des magazines pris à Alice, une tonne de DVD, un chauffage d'appoint, un ordinateur portable et un livre de sudoku. Et il était sur le point de m'apporter une bouillote quand Rosalie le stoppa et le força à s'assoir sur le canapé.

Un peu plus tard, Alice revint, trempée, pestant contre ma, je cite, « pourriture de vieille ferraille cabossée…et ne dépassant même pas les 50km/h !!! » Bon, en même temps, ma Chevrolet était un peu différente de sa Porsche adorée.

Alice profita en quelque sorte de ma position de faiblesse pour me montrer des croquis qu'elle avait préparés en vue du bal de Noël.

-Mais enfin, Alice ! Nous ne sommes que fin Octobre !

-Et alors ? On ne s'y prend jamais trop tôt pour un bal ! Tu devrais t'y attendre, depuis que tu me connais.

-Malheureusement, soupirai-je.

-Donc vois-tu, ta robe sera bleue, évidemment. Il y aura ces froissements, sur le côté, et bien sûr, la forme générale de ta robe s'accordera avec le costume d'Edward, et pour tes cheveux, je pense…

-Attends quoi ??la coupai-je.

-Pour tes cheveux, reprit-elle, je pense faire…

-Non, Alice ! Ce que tu as dit, avant ! Tu crois sincèrement que…avec Edward…c'est toujours d'actualité ? Tu crois encore ça alors que tu as été la première à l'engueuler ouvertement ce matin ?

-Oui, bien sûr, admit Alice, mais tu me connais : je change d'humeur sans arrêt ! J'ai réagi sous le coup de l'émotion, et d'ailleurs sil le méritait bien, mais je sais que vous allez vous réconcilier, puis d'ici Noël, vous irez en couple pour le bal ! C'est obligé.

Elle prit un air menaçant et susurra en pointant sur moi un doigt inquisiteur :

-Et je ne tolèrerai aucune discussion, c'est comme ça et puis c'est tout. Compris ?

Soudain, je ne voulus plus qu'elle me dicte ainsi mes actes, et qu'elle se mêle de l'affaire entre son frère et moi.

-Non, Alice !répliquai-je fermement en me levant, la couverture tombant à terre.

Ma jambe me faisait toujours un mal de chien mais je m'appuyai sur l'autre pour me soutenir.

-Quand est-ce que tu arriveras à te mettre en tête qu'il ne se passera rien ? On est doués qu'à s'engueuler ou à compliquer les choses, et cela ne s'arrangera pas avec le temps, et pas d'ici Noël ! Il faut que tu arrêtes de tout planifier, de tout t'imaginer, sans prendre en compte les sentiments de ceux que tu manipules ! Tu crois vraiment que j'apprécie que tu joues à Barbie Bella, que tu me forces à m'habiller d'une façon où je me sens mal à l'aise, et ridicule en plus de ça quand Edward ne fait pas attention à moi ?! Tu crois vraiment que ça arrange les choses que tu me pousses à aller vers lui, alors que lui de son côté il traîne avec une autre et s'éloigne encore plus ? Réfléchis à ça, bon sang ! Si je veux m'écarter de tout ça, c'est mon choix ! Tu ne comprends pas que je refuse de continuer ? Tout simplement parce que ça me fait mal, mal ! Et je ne suis pas maso, alors je ne persévère pas, mais est-ce que tu peux le comprendre ?! J'en ai pas l'impression !

Mes yeux me brûlaient, mais je continuai d'ancrer mon regard à celui d'Alice.

Et pour la première fois, elle demeura muette. Pour la première fois, je la trouvai chétive et fragile. Ses épaules tombaient et elle se recroquevillait légèrement sur elle-même, avec un regard pitoyable.

A ce moment-là un mouvement à la périphérie de mon champ de vision attira mon attention.

Je levai le regard vers la fenêtre et vis un éclair argenté.

La Volvo passait lentement devant la fenêtre et vint se garer devant la maison.

A partir de là je ne réfléchis plus. L'esprit encore embrouillé par mon éclat de colère, je ne pris même pas le temps de croiser le regard de Rosalie, d'Emmett, de Jasper et encore moins de celui d'Alice. Je me rendis compte que ma tête était embrouillée ainsi depuis une semaine entière.

Je me détournai alors que les pas du dernier Cullen crissaient sur l'allée qui menait à la porte d'entrée de la villa. Je ne réfléchis pas non plus et je m'appuyai sur ma jambe droite dans ma manœuvre. Je réprimai un cri et failli trébucher, mais je me retins au canapé et serrai mes dents pour éteindre la douleur. J'empoignai mes béquilles posées contre le divan.

-J'ai besoin d'air, grognai-je entre mes dents avant de m'en aller.

J'atteignis la cuisine et sortit par la porte donnant sur le jardin au moment où la poignée de la porte d'entrée s'actionnait.

Je fis le tour de la villa rapidement, boitillant le plus vite possible et gagnai ma Chevrolet. Alice avait laissé les clés sur le contact.

Je m'installai sur mon siège et balançai mes béquilles sur le siège passager. Je tournai la clé de contact. La voiture vibra sous moi mais ne démarra pas.

-Allez, gémis-je, c'est vraiment pas le moment !

Je tournai la clé plusieurs fois sans résultats.

Puis, alors que je m'apprêtai à me décourager et à me cogner la tête contre le volant, le moteur crachota et s'emballa. Je n'attendis pas plus et fonçai sur la route goudronnée. Je crus voir la porte Cullen s'ouvrir à la volée et un cri retentir, mais je n'étais sûre de rien dans l'état de confusion dans lequel je me trouvais.

Je parcourus des kilomètres sans me rendre compte de la direction que je prenais. Mes yeux me brûlaient toujours mais aucune larme ne se décidait à sortir pour soulager mon esprit surchargé. La pluie martelait le capot de le voiture et rendait la vue floue, comme si mes yeux embués ne suffisaient pas. Le tonnerre grondait et je laissais échapper un cri incontrôlé à chaque grondement.

J'atterris sur une étendue dégagée et je me demandai vaguement où je me trouvais. Je remarquai alors un panneau indiquant La Push ? J'étais arrivée sur un terrain vague donnant sur la falaise, à un endroit que je n'avais jamais vu. J'observai fixement la terre devant moi. La pluie creusait des trous et formait des flaques et de la boue informe partout. Je coupai le moteur et les essuie-glaces se coupèrent avec, laissant un rideau de pluie s'abattre sur la vitre. Au lieu de rester confinée dans l'habitacle bien à l'abri et au chaud, ce que n'importe qui possédant un minimum de cervelle ferait sans hésiter, je décidai de sortir. Je serrai étroitement les pans de mon manteau contre moi et rabattit ma capuche sur mes boucles sans forme avant de me pencher pour attraper mes béquilles. Je les tirai avec difficulté en-dehors de la voiture.

Il ne fallut qu'un court laps de temps pour que je me retrouve trempée jusqu'aux os. Mes béquilles glissèrent plusieurs fois alors que je marchais en direction de la falaise. Je faillis tomber encore plus de fois et l'idée tentatrice de retourner au sec chez les Cullen, entourée de mes amis, me vint à l'esprit, mais je la repoussai de toutes mes forces. J'arrivai enfin au bord de la falaise. Une chute d'ici causerait beaucoup de dégâts à al personne qui aurait l'idée de sauter…Tout d'un coup, les vagues qui s'écrasaient en bas me firent envie. La tempête les rendait folles…et presque belles. Elles se rencontraient, se battaient avec acharnement avant de battre en retraite, pour revenir à la charge avec une force redoublée. Elles m'hypnotisaient, en quelque sorte. Je me sentais happée par elle inexorablement, et je remarquai vaguement que je tanguais dans leur direction…Le vent me fouettait le visage et ma capuche se baissa sous la bourrasque, laissant les cheveux voler librement dans l'air et balayer mon visage.

Une porte claqua.

Je sursautai fébrilement.

-BELLA !!!

Sa voix était brouillée par la tempête, mais je l'avais reconnue.

Instinctivement, je me retournai vers sa source et je vis la Volvo argentée, pleins phares enclenchés, garée juste à côté de mon antiquité.

En y réfléchissant, je n'aurais jamais dû me retourner. Il s'agissait d'une grave erreur.

Et le pire dans cette histoire, c'est que je n'ai même pas réussi croiser ses émeraudes avant de chuter.

Dommage.


...Bon, ne vous inquiétez pas, ce n'est pas la fin de la pauvre vie de notre chétive Bella, loin de là ! Sinon ce serait très radical, et ce serait très dommage^^

Mais non, il reste encore...peut-être deux chapitres...avant la fin.

Ouai, je sais, c'est bientôt la fin, c'est triste, mais bon...voilà, quoi ! Désolée ! Enfin, c'est pas encore décidé planifié arrêté, hein ! Vous pouvez vous attendre à des changements, mais je disais juste ça pour vous préparer psychologiquement. Et sinon, bonne nouvelle pour remonter le moral : je viens de me blesser, et j'en ai pour 6 semaines, donc ça me fait plein de temps pour écrire, si c'est pas beau, ça^^

Donc, logiquement (quoique moi je ne sois jamais logique, avec mon cerveau de Némo), les chapitres devraient arriver un peu plus vite...enfin c'est prévu !

Reviews sur ce petit chapitre un peu bizarre ?(petite bouille à la nessie-mouss...)