Bon, je sais, du retard...Mais pour me faire pardonner, un chapitre plus long que d'habitude et plutôt intéressant !
Et j'ai une excuse ! Voyez-vous, j'écris en cours, au lieu d'écouter bien sagement les profs, et après je file les brouillons à ma très chère Nessie-Mousse (c'est elle qui me coach alors remerciez-la^^)qui les recopie sur ordi, comme ça on perd pas trop de temps et elle peut lire les chapitres en avant-première...sauf qu'elle a réussi à paumer un brouillon...double-page...impossible à retrouver, à moins qu'elle l'ait bouffé.(là vous pouvez la tuer si vous voulez, je vous en empêcherai pas)
Et donc, avec ma mémoire de poisson rouge (à votre avis pourquoi on m'appelle Némo ?) je ne me souvenais pas vraiment de ce que j'avais écris dessus ! Donc assez grosse dépression mais on a quand même essayé avec Nessie de ré-écrire tout ce dont on se souvenait...et vous nous direz si on a pas oublié trop de choses. Ceci explique cela, donc vous comprenez pourquoi ce chapitre à tardé à venir !
Pour celles qui s'inquièteraient, NON Bella n'est pas tombée ! Enfin, si, mais non, enfin...vous comprendrez en lisant le chapitre^^
Have fun !
Chapitre 14 – Révélations un Soir De Tempête
Une fois de plus ce jour là, je me retrouvai à observer le ciel. A ce moment-là, il n'avait plus rien de gai, et il ressembler moins au paradis divin qu'à la gueule béante d'un fauve fait d'éclair et de noirceur, rugissant dans la nuit, pleurant sur la Terre. Prêt à m'avaler une bonne fois pour toutes.
Mais pour l'instant, c'était plutôt la mer en-dessous de moi qui semblait prête à me gober comme une vulgaire crevette.
Je me sentis tomber. Et j'eus peur.
Vous savez, cette peur panique, qui vous empêche de réagir, même si vous savez qu'il en va de votre vie, qui vous empêche de vous raccrocher à n'importe quoi avant de tomber.
Alors, sur un sursaut de lucidité et grâce à mon faible instinct de survie, je tendis les bras en l'air.
Dans le vide.
Inutile.
Dans le cas où il n'y a personne avec vous.
Mais soudain, je sentis quelque chose m'agripper le poignet avec hargne. Ce brusque arrêt retint mon bras et je ressentis une intense douleur me transpercer l'épaule, comme si elle allait se détacher de mon corps. J'hurlai sans même m'en rendre compte. Je me retrouvai ensuite haletante, la tête tournée vers la furie des eaux. Mes béquilles dégringolaient les quelques mètres qui les séparaient des vagues puis elles disparurent au milieu de l'écume. Cet endroit de la falaise n'était pas très haut, et les vagues venaient parfois lécher la roche deux mètres sous moi. Et il me sembla que le niveau de l'eau montait depuis tout a l'heure, mais je n'étais sûre de rien et je 'eus pas le temps d'observer la mer plus longtemps. Puis une deuxième main m'agrippa le coude, et je me sentis élevée. Je relevai la tête.
Edward se tenait en équilibre précaire sur une minuscule corniche formée naturellement dans la roche, dos appuyé contre la falaise et tentant tant bien que mal de me soutenir.
-Edward…
Je doute qu'il m'ait entendue, tant mon niveau de voix me sembla faible et la bourrasque assourdissante.
Edward voulu tirer une nouvelle fois sur mon bras pour me soulever et poussai un nouvel hurlement, à cause de la récente blessure à l'épaule. Il s'empressa de passer un bras autour de ma taille mais eu moment où sa main m'encercla, un morceau de roche sur lequel il prenait appui s'écroula et il glissa dangereusement avant de se rattraper par la main droite à une branche incrustée dans la pierre tandis que sa main gauche me maintenait difficilement contre lui. Il leva la tête vers le sommet, cinq mètres au-dessus de nous.
-Et merde ! On ne va pas pouvoir remonter !
Il jura entre ses dents et se plaqua contre la falaise, ses pieds reposant dangereusement dans un creux, appliqué à me maintenir contre lui. Malgré ses vêtements trempés et la situation critique dans laquelle nous nous trouvions, je collais ma tête contre on torse et mes mains serrèrent son T-shirt comme s'il s'agissait de la dernière faveur qui m'était accordée.
Les yeux plissés, son regard voyageaient dans tous les sens à la recherche d'une solution quelquonque.
-Bella, me murmura-t-il, accroche-toi à mon cou et mes tes jambes autour de ma taille.
-Quoi ?réagis-je bêtement.
Il ancra son regard dans le mien et je ne pris pas la peine de réfléchir plus. Je me glissai dans son dos et passai mes bras et mes jambes autour de lui. Mais quand je voulus lever la jambe droite, un éclair de douleur intensifiée par la pluie remonta jusqu'à ma tête et je me souvins de l'attelle. Tant pis, je ferai sans. Je laissai ma jambe pendouiller dans le vide alors qu'Edward se tenait face à la falaise, cherchant ses prises.
Je me retrouvais dans le vide.
Euh…l'avait-il fait exprès ? Voulait-il me sacrifier pour sauver sa peau ?j'espère que bien que non !
-Attention, Bee !
Et il sauta.
Je fermai les yeux de toutes mes forces, appréhendant le choc imminent avec les eaux en plein combat. Mais un choc auquel je ne m'attendais pas survint avant. Un choc sourd, et je me cognai le front contre le dos d'Edward, et je poussai un petit cri.
Puis je nous sentis tomber et Edward perdit l'équilibre, roula au sol. Je poussai un autre cri car dans la roulade, ma jambe heurta le sol rocheux.
Je tiquai alors.
Sol ?
En effet, j'étais prestement allongée sur une surface dure, humide et froide. J'ouvris les yeux et retins un hoquet de surprise.
Le visage d'Edward se trouvait à seulement quelques centimètres du mien. Ses yeux fous d'inquiétude me soutenaient inlassablement.
-Bella ? murmura-t-il faiblement en encadrant mon visage entre ses mains. Bella, ça va ? Je t'en prie, Bee…
Incapable de parler, je ne pus que hocher doucement la tête. Il expira, soulagé, et sa tête vint d'enfuir dans mon cou. Je laissai mes yeux en l'air et vis un plafond. J'inspectai rapidement ce qui nous entourait. Nous nous trouvions dans une grotte, juste au bord de la falaise. Les parois ruisselaient tandis que la pluie fermait un rideau a l'entrée et s'engouffrait dans la cavité. Je tournai la tête et ne réussis pas à voir le fond de la grotte tant il faisait sombre.
-Ed…Edward ?
Il releva la tête avec un petit sourire en coin, celui-là même qui me faisait craquer et me réchauffait en dépit de la température extérieur. Quelques gouttes perlaient au bout de ses mèches folles qui tombaient devant ses yeux où transparaissait un soulagement incommensurable.
-Je suis désolé pour…ce saut inattendu et…je pense que je t'ai fait mal, dit-il en jetant un coup d'œil vers ma jambe, et son visage se ferma au souvenir de la cause de ma blessure. Mais je t'en supplie, Bella, ne refais jamais ça !
-Faire quoi ?relevai-je.
-Pourquoi voulais-tu te suicider ?souffla-t-il.
Je restai bouche bée.
-Me suicider ?
-Ben…
Je me redressai vivement sur mes bras, obligeant ainsi Edward à s'accroupir, à rappeler qu'il était allongé sur moi la seconde d'avant.
-Tu crois vraiment que j'allais me suicider ?
-Non ? Ce n'est pas ça ?
-Enfin, Edward ! Pourquoi aurais-je fait ça ? Tu croyais vraiment que j'allais sauter spontanément, à cause de toi ?
J'étais effarée.
D'accord, je me sentais vraiment très mal, et ce depuis un bon moment, mais au point de m'ôter la vie ?
Je soupirai, en colère contre toute cette situation.
Edward resta longuement silencieux et j'en déduis qu'il réfléchissait. Alors je m'étais adossée à une paroi trempée et que je détaillais minutieusement mes chaussures, passablement gênée, son doux ténor s'éleva enfin, résonnant dans las cavité.
-Bon. Donc, mettons ton « saut »de la falaise sur le compte de ta maladresse récurrente. Quant à ta venue ici…je pense qu'il est temps de quelques explications.
-Moi, je pense que tu devrais tout expliquer, répliquai-je. Ce n'est pas moi qui disparais tout le temps en compagnie d'une fille sans rien dire.
Il accusa le coup.
-Je me disais bien que c'était ça le problème, soupira-t-il. Bien ! Par où commencer ? Depuis quand est-ce que l'ambiance est si…tendus, entre nous ? Quand tu es arrivée à Forks, je sais pas, on n'avait même pas besoin de se parler pour se comprendre ! Qu'est-ce qui a changé ?
Je connaissais la réponse, mais j'avais honte de l'avouer. Tout avait commencé avec une petite erreur de la part d'Edward, puis j'avais exagéré le problème.
Mais c'est tout de même à cause de lui !
Mais c'est moi qui ai amplifié !
Il faut dire qu'il n'a pas fait beaucoup d'efforts non plus !
Mais je l'ai ignoré ! Si je n'avais pas été si égoïste et immature, on n'en serait pas là !
Je fis taire mon débat intérieur et décidai de jouer cartes sur tables.
Enfin, à moitié.
-Josh, murmurai-je. Depuis que Josh est arrivé.
En effet, ce n'était pas exactement la vérité. Certes, il s'agissait de l'élément déclencheur, mais…
Je relevai timidement le regard et croisais à moitié celui scrutateur d'Edward. Mes joues rosirent.
Mais merde, quoi ! Même quand je disais à moitié la vérité, mon corps me dénonçait contre mon gré !
Edward comprit et compléta ma demi-vérité.
-Cassie, lâcha-t-il.
Je baissai la tête, honteuse.
-Non mais je rêve ! Tu m'as ignoré à cause de Cassie ?
Alors, pour une raison inexpliquée, juste par instinct, j'élevai la voix à mon tour.
-D'après mes souvenirs, tu as mal réagi à l'arrivée de Josh !
-Tu as littéralement sauté sur lui ! C'est normal que je me sois demandé quoi, non ?
-Mais je t'ai expliqué que nous n'étions qu'amis ! Au moins, moi je donne des explications, alors que l'on ne sait toujours pas ce qu'il s'est passé derrière la piscine avec Lauren !crachai-je.
Je regrettai aussitôt mes paroles.
Il me regarda, une drôle de lueur dans le regard.
-Bella…Tu ne sais rien de Lauren ! Tu ne sais pas ce qu'il lui arrive ! Tu n'as pas le droit de la juger comme ça ! Bon sang, essai de comprendre !
-Mais J'ESSAIE !hurlai-je, les larmes aux bords des yeux. J'essaie mais que veux-tu que je fasse quand tu disparais un jour faire je ne sais quoi avec une fille et quand tu reviens, cette fille porte ta veste sur son dos ? Puis quand cette même veste, je la vois sur Jessica ? Et quand tu disparais aux toilettes avec Lauren juste avant le quad ? Tu ne peux pas savoir tout ce que j'ai pu imaginer…
Je m'écroulai dos contre la paroi ruisselante et enfouis ma tête dans les mains, les larmes roulant enfin sur mes joues après avoir été si longtemps retenues, et secouée d'avoir enfin tout déballé à Edward. Cette fois, il ne se défilerait pas !
-Bella…
Je ne bougeai pas, sanglotant pitoyablement.
-Bella, relève la tête…
Sa voix tentatrice m'incitait à lui obéir, mais j'y percevais une once de colère contrôlée, et cela suffit à me maintenir cachée.
-Bella, s'il-te-plaît…
Cette fois, je ne résistai plus. Il fallait affronter la situation en face. Je croisai le regard émeraude d'Edward.
-Ecoute, là je pense vraiment qu'il faudrait tout expliquer…
-Il serait temps, soufflai-je, amère.
Tout mon ressentiment s'échappait sans que je puisse le réguler.
-Il y a…un truc, avec Lauren…mais je ne sais pas vraiment…
Oh non…
Quand un mec disait à sa petite amie qu'il y avait un « truc » avec une autre fille, c'était toujours pour annoncer la rupture. Il s'agissait d'une règle universelle. Bien que dans mon cas nous ne sortions pas ensemble, je reçus un petit coup de poignard en plein dans l'endroit où ça fait mal.
Je fermais les yeux, faisant en sorte que ma déchirure intérieure ne transparaisse pas dans mes traits, mais je continuai tout de même à l'écouter.
-Je ne sais pas vraiment si je peux le dire…
Vas-y, dis-le enfin, qu'on en finisse !
Je posai mes mains à plat contre le sol et les laissai tremper dans la fine couche d'eau glacée qui recouvrait la pierre.
-C'est assez personnel…Elle a une vie difficile.
… «Et donc je l'ai prise en pitié, elle me fend le cœur, et je suis tombé amoureux d'elle… » C'est ça la suite logique dans ce genre de discours, non ?
-C'est ce qu'il s'est passé derrière la piscine.
…Euh…Hein ?
-Quoi ? Attends, attends, bégayai-je…J'ai pas compris.
-Derrière la piscine, elle m'a raconté sa vie.
…
-Attends, quoi ?répétai-je encore une fois, comme une idiote.
Il soupira en se pinçant l'arrête du nez – oh oh, il est en colère…
-Derrière la piscine, reprit-il en détachant bien les mots, Lauren m'a tout raconté, elle m'a déballé son histoire, ses emmerdes, tu comprends ?
Je bloquais sur cette explication, j'avais beaucoup de mal à y croire.
-C'est…c'est tout ?tiquai-je.
Edward hocha la tête en re-soupirant, puis la secoua un peu pour faire partir les gouttes qui lui tombaient devant les yeux.
-Ouai, en gros, c'est ça. Au départ, je me suis demandé quoi, puis elle s'est lancée, elle m'a absolument tout raconté à propos de ses malheurs, et…j'avais vraiment mal au cœur de la voir ainsi, en pleurs…
Ah ! « Pris en pitié », « mal au cœur », c'est presque pareil, on commence le fameux discours dont on connaît tous la fin…
-Elle pleurait et hurlait en même temps, on se serait cru dans un film, qui aurait reçu plusieurs oscars, qui plus est, puis quand elle s'est arrêtée, je l'ai consolée, ben, elle m'a embrassé, mais je l'ai repoussée, elle sanglotait de plus belle…
-Quoi ?persiflai-je
Toute ma surprise et ma haine se combinaient dans ce mot, mais une part non négligeable de tristesse s'était immiscée elle aussi, telle une intruse guère désirée.
Mes mains s'abattirent dans les petites flaques d'eau dans le sol, causant des clapotis qui éclaboussèrent mes cuisses, comme si elles n'étaient pas assez glacées comme ça. J'avais l'impression que le froid et l'humidité sur mes jambes étendues s'accentuaient. Le grondement des vagues augmentaient de plus en plus, comme s'ils s'approchaient. La tempête était loin d'être finie, au contraire, et cela signifiait que j'en avais encore pour longtemps à rester coincée avec lui…
-Vous vous êtes embrassés ?répétai-je.
-Non, Bella, c'est elle, reprit patiemment Edward, et je l'ai repoussée…
Je ne l'écoutais plus vraiment. Cette douloureuse information tournait en boucle dans mon esprit, pour me faire souffrir davantage. Inexplicablement, mon cerveau refusait en bloc d'enregistrer la dernière chose qu'il avait précisée.
-Bella ! Je ne l'ai pas embrassée, tu m'entends ?
Je grognai en réponse.
-Mais c'est pas vrai !enragea-t-il. Toi aussi, ça ne ferait pas de mal que tu t'expliques de temps en temps ! Et puis de toutes façons, qu'est-ce que ça peut te faire qu'on se soit embrassés ou pas ? Vu ton comportement cette semaine, tu n'as pas l'air de tenir des masses à moi !
Cette fois, je tiquai.
C'est vrai…qu'est-ce que j'en avais à faire, que cet idiot embrasse une autre ?
Mon dieu, tu raisonnes comme une femme mariée jalouse et honteuse de l'avouer…Et tu sais parfaitement pourquoi ça te révoltes à ce point, le fait qu'il embrasse une fille. Allez, petite Bella, répète après moi : tu l'aimes. Allez, avoue-le, tu verras, ça te fera du bien. Ou énormément de mal, ça dépend dans quel sens tu peux prendre la chose.
Non ! Je refuse !
Qu'est-ce que t'es obstinée, ce n'est pas possible…
Ouai ben obstinée et fière de l'être !
Et stupide, en plus de ça ! Ma pauvre, je me demande bien comment ce mec à pu tomber amoureux de toi…
…Euh…pardon ?
Oui, il t'aime, ça se voit, non ?
…Mais…de un : non, ça ne se voit pas, et de deux : t'es qu'une conscience, comment tu pourrais le savoir ?
Je suis peut-être une conscience, mais par définition, je dis toujours la vérité et les faits accomplis. Et d'ailleurs, tu devrais me remercier au lieu de me remballer à chaque fois, vu toutes les conneries que je t'ai évitées.
…Euh…OK…on va dire que j'ai rien entendu, OK ?
Comme tu veux…stupide petite idiote…
Oh, la conscience, tu te calmes, maintenant. Je pourrais t'ignorer à jamais.
Stupide petite idiote, je fais partie de toi, tu ne l'as toujours pas compris ? Alors t'es coincée avec moi pour le restant de tes jours, que tu le veuilles ou non.
Pour l'instant, je suis surtout coincée avec un adonis…plutôt en colère.
Mon petit entretien avec ma conscience détestée m'avait tout de même remis les idées en places. Bien que j'aie toujours du mal à le croire, je repris :
-Bon, donc Lauren s'est jetée sur toi et tu l'as rejetée ?
Je ne pus empêcher un ricanement de s'échapper de mes lèvres presque bleues à cause du froid et de la pluie glacée.
-Je vois que tu ne me croies toujours pas, constata-t-il sèchement en se pinçant l'arête d u nez. Mais bordel, qu'est-ce que je pourrais bien faire pour te prouver que je dis vrai ?
Je haussai les épaules, envoyant de petits picotements de douleur dans mon épaule.
Une nouvelle bourrasque arriva, nous apportant avec elle des gouttelettes d'eau de mer, alors qu'un éclair illuminait la grotte fantomatique. Le coup de tonnerre presque immédiatement me fit sursauter malgré moi, sachant que cela signifiait que la foudre se trouvait très près de nous. Je réussis tout de même à dire :
-Et la veste ? Après Lauren, c'est Jessica que tu as réconforté ?
Je vis son visage prendre un effroyable masque de colère et il ouvrit la bouche pour se défendre, mais sa voix fut couverte par un nouveau coup de tonnerre, en même temps qu'une vague digne des plus dangereuses plages au monde s'engouffrait dans la grotte, qui s'était révélée pas si profonde que ça.
Un vrai tombeau pour les noyés…
POV Edward
En un instant je fus recouvert d'eau salée et mes yeux piquèrent affreusement. Je crachai, rejetant de l'eau de mer. J'ouvris les yeux après me les avoir frotté.
Bella était appuyée sur son bras droit, tournée vers le fond de la grotte et tournant le dos à la mer. Elle toussait sans pouvoir s'arrêter. Une alarme se déclencha instantanément en moi. Je me levai précipitamment et accouru vers elle, faisant rempart de mon corps face à une nouvelle vague qui s'engouffrait dans la grotte, et m'installant de façon à ne pas toucher sa jambe droite emprisonnée dans l'attelle.
Quand je pense que c'est à cause de moi cette blessure…
Je ne savais pas ce qu'il m'avait pris lorsque j'avais accéléré comme un malade sur cette foutue piste. J'étais en colère, en colère contre les malentendus qui s'étaient accumulés depuis une semaine, en colère de la façon dont la situation avait dégénéré au point qu'on ne se parle même plus, en colère contre mon manque de courage pour tout expliquer, alors que cela aurait tout arrangé.
Pourquoi étais-je si con, bordel !
Pour le moment, je décidai de me concentrer sur le moment présent.
Notre situation tendue pouvait être rangée au placard, pour l'instant.
Une nouvelle vague salée se déversa dans la grotte avant de se retirer. J'avais maintenu Bella bien serrée dans mes bras, sa tête contre mon torse pour qu'elle ne reçoive pas d'eau en pleine figure. Je me levai en la tenant comme une jeune mariée et avançai en tâtant la paroi humide et rugueuse. Je finis par trouver un petit renfoncement et je me glissai derrière ce petit pan de pierre qui nous offrait une accalmie bien méritée.
J'étudiai la situation : les éclairs à présent fréquents éclairaient parfaitement le fond de la grotte, qui n'était profonde, en comptant de l'entrée jusqu'à la paroi du fond, que de cinq mètres, sept au maximum, et large de trois ou quatre mètres. Vous excuserez mon manque de précision concernant les mesures, mais présentement, vous comprendrez que je n'avais pas vraiment le temps de calculer au millimètre près l'endroit qui pourrait nous servir de tombeau dans un hypothétique funeste futur.
Vu la faible capacité de cette grotte naturelle formée dans la falaise, les vagues qui continuaient à un rythme irrégulier de la prendre d'assaut la rempliraient en un rien de temps. En effet, la mer montait très rapidement à cause de la tempête. Lorsque nous étions arrivés, le niveau de la mer se trouvait à seulement quelques mètres en-dessous du sol de la grotte et à présent les vagues les plus violentes parvenaient à nous atteindre. Nous n'aurions pas à attendre longtemps avant que le niveau de l'eau ne dépasse le sol, et alors nous n'aurions plus qu'à attendre notre mort…
Pessimiste ? Moi ?
Non, juste réaliste.
Alors qu'une autre vague passait à côté de nous, Bella leva la tête.
L'eau m'arrivait à mi-mollet, donc presque au genou pour Bella. Elle était plus en danger que moi. Lorsque je baissai mon regard sur elle, je me laissai happer par le chocolat noir intense au fond de ses yeux. Cela faisait tellement longtemps que je ne pouvais pas en profiter. Toute cette histoire idiote avait pris des proportions ridicules !
Nous étions ridicules !
J'étais ridicule !
Comment nous étions-nous embrouillés ainsi ? C'était parti…de je ne sais même plus quoi. Un jour où je devais être d'une humeur de chiotte, sûrement, et Bella avait dû se rebiffer, à tous les coups. Enfin…Pour l'instant, on avait plus important sur les bras, les explications viendraient plus tard.
L'eau glacée montait rapidement et implacablement, approchant de mes cuisses. Mon jean me collait à la peau et cela en était affreusement désagréable.
-Je n'ai jamais eu aussi froid que lorsque que je suis tombé dans le ruisseau, marmonnai-je. Tu t'en souviens ? On dînait chez mes parents, puis on s'est éclipsé dans la forêt, tout ça pour que tu me jettes dans un ruisseau glacé en plein milieu de la nuit !
Elle s'écarta légèrement pour me regarder en face et répliqua, un petit sourire amusé aux lèvres :
-Eh ! C'est toi qui m'avais jetée à l'eau en premier, que je sache ! Et puis, si je me rappelle bien, je ne t'ai jamais demandé de me suivre.
-Je n'ai jamais dit que je regrettais, attention, nuançai-je. C'est juste que l'expérience était…disons refroidissante.
-Plutôt, oui, pouffa Bella.
Ça faisait du bien de l'entendre rire dans une situation aussi critique. Mais à cause de la température extérieure, accentuée par l'eau glacée, son rire se tut rapidement, remplacé par une toux qui fit trembler tout le haut de son cœur. Elle se reprit du mieux qu'elle put et ajouta, d'une vois enrouée, pas plus épaisse qu'un souffle :
-C'est cette nuit-là que tu t'es infiltré dans ma chambre, non ?
J'acquiesçai fièrement et rit un peu, me remémorant l'expression de son visage lorsqu'elle m'avait vu à sa fenêtre.
-Yep. Et c'est aussi ce soir-là où j'ai failli…enfin…
Pouvais-je dire « où j'ai failli t'embrasser » ? Parce que je ne savais pas vraiment comment elle pouvait le prendre…
Ouaip. C'était pas une bonne idée.
Rien qu'au souvenir de sa réaction dès que ce satané loup nous avait interrompus juste avant ce qui avait failli arriver, je devinai qu'il ne fallait pas continuer sur ce sujet.
-Je déteste les loups depuis ce jour, murmura-t-elle, bougonne.
Venait-elle vraiment de dire cela ?
-Je hais tous les clébards, rajoutai-je.
-Même les bébés beagles ? Ils sont quand même mignons !se défendit-elle.
-D'accord. Dans ce cas, je hais tous les clébards, sauf les bébés beagles, rectifiai-je. Contente ?
-Très.
Elle émit un petit rire cristallin qui se répercuta sur les parois avant d'être noyé par une nouvelle vague et une rafale de vent à l'extérieur.
Je jetai un coup d'œil vers le bas pour constater que le niveau de l'eau m'arrivait maintenant presque aux hanches. En même pas cinq minutes, nous étions passés de notre position assise au sol, croyant être à l'abri, au stade critique de deux malheureux ados à moitié submergés par la mer un soir de tempête.
Pas très réjouissant, non ?
Pour changer mes idées noires, je lançai :
-Si tu veux, quand on sortira, on ira au cinéma.
Je la sentis glousser contre mon torse.
-Pardon ? Tu pense à ça maintenant, toi ?
-Ben quoi ? C'est une façon de tuer le temps comme une autre.
- Si tu veux, concéda-t-elle avant de laisser un petit silence.
Puis elle reprit soudainement en plantant son regard chocolat dans le mien, incisif :
-Mais interdiction de m'emmener revoir une autre horreur, comme la dernière fois ! Compris ?
-Dommage, c'était amusant, contrai-je.
-Amusant ? Amusant ? Mais bien sûr, c'est amusant de voir des meurtres en séries, des dizaines de corps d'affilées se faire trancher la tête, transpercer par des lames, pris au piège par des zombies ou des vampires, des viscères et autres boyaux voler dans les airs comme des serpentins ! Rassure-moi : quelle est exactement ta définition du mot « amusant » ?
Je ne pus m'empêcher de pouffer face à sa réaction et à son expression si téméraire.
-Non, je ne parlais pas du film, rectifiai-je. Je parlais de toi.
Elle tiqua.
-Je trouvais que c'était amusant de te voir agrippée à moi et geignant pendant tout le film.
-Eh !
Je reçus un malheureux coup de poing contre mes pectoraux.
-N'essaie pas de paraître agressive, petite Bella, tu arrives au mieux à ressembler à un chaton en colère.
Nouveau coup de poing, mais cette fois avec moins de volonté, car je pouvais entendre Bella se retenir difficilement de rire.
Je fermai les yeux et souris intérieurement, désabusé.
Dire qu'il avait fallu en arriver là pour retrouver un semblant de notre relation d'avant.
Il avait fallu arriver perdus dans une grotte creusée dans le flanc d'une falaise, un soir de tempête, avec de l'eau nous arrivant jusqu'aux hanches.
C'est bien ce que je disais : nous étions ridicule.
-Nous sommes pathétiques, non ?
-Un peu, ouai, acquiesça Bella, toujours dans mes bras.
Un frisson entier la parcourut.
L'eau venait d'atteindre son ventre, et ses lèvres bleues témoignaient du froid qu'elle ressentait. Je frictionnai vainement ses bras et son dos de mes mains trempées. Elle lâcha un rire nerveux et secoua la tête.
-Laisse, ça ne sert à rien. Ce qui nous aiderait, ce serait un endroit chaud et surtout sec. Une bonne veste bien chaude, finit-elle par murmurer sur un ton sarcastique.
OK.
J'avais comme l'impression qu'elle ne digérait pas l'histoire de la veste.
-Ecoute-moi bien, cette fois ! Bella, la veste a atterri sur les épaules de Lauren parce qu'après que je l'aie repoussée, elle pleurait encore plus fort ! Ce qui est normal, non ? Alors comment voulais-tu que je réagisse ? J'ai fait tout ce que je pouvais faire, je l'ai prise dans mes bras, j'ai essayé de la consoler, mais rien n'y faisait ! Alors j'ai finis par lui mettre ma veste sur ses épaules, tout simplement. Voilà tout. Fin de m'histoire, okay ?
Bella grogna et elle laissa ses doigts, qu'elle avait retirés de mon torse, onduler à la surface de l'eau, réfléchissant longuement et semblant canaliser sa colère, tête baissée.
Et voilà comment notre part d'idiotie reprenait le dessus dans notre personnalité : il y a un instant, nous rigolions bon enfant en nous remémorant des épisodes sympas, et nous en étions revenus à un sujet épineux, et toute la bonne humeur possible dans une situation telle que nous étions s'était envolée. Youpi…Idiot de Cullen…
Lorsque je compris qu'elle n'allait pas relever la tête de son plein gré, je lui empoignai le menton et la forçai à me regarder dans les yeux. Ce que je vis me fit mal. Ses yeux tremblaient au même titre que son corps entier, sauf que ce tremblement-là n'était en aucun cas dû au froid et à l'eau. Elle hésitait et je pouvais deviner à quel point cette dernière semaine l'avait ébranlée.
Mon regard capta la menace une seconde en avance et j'eus à peine le temps de coller le visage de Bella contre mon torse au risque de lui faire mal avant que l'eau salée s'abatte sur nous, s'infiltrant clandestinement dans ma bouche et mon nez. Pourtant, nous étions dans le renfoncement, et il aurait nous protéger. Comment avions-nous reçu une vague de face ?
Je levai les yeux et battis des paupières pour chasser l'eau de mes yeux et calculai la situation.
D'accord. En fait, la vague était tellement puissante qu'elle avait atteint le fond de la grotte et avait ricoché contre celui-ci, nous frappant avec une intensité réduite mais tout de même écrasante. Je toussai pour expulser l'eau amère de ma gorge.
-Bella ? Tout va bien ?
Elle hocha distraitement la tête, fixant le bas.
-Bella ?
-Edward…L'eau monte beaucoup, non ?
Je baissai les yeux et en effet, l'eau m'arrivait au milieu du ventre, et elle montait de plus en plus avec les vagues qui se déversaient beaucoup plus rapidement qu'avant. Mais le plus grave, c'était que l'eau atteignait presque la poitrine de Bella. Elle serait rapidement immergée et je devinai ses pensées.
-Non, non, non, Bella ! Ne t'inquiète pas, on va s'en sortir, il n'y a pas à s'imaginer le pire !
-Mais tu es conscient que tu auras du mal à me sortir de là, en tout cas ?continua-t-elle.
-Mais bien sûr que non ! Ecoute, on va essayer de nager et on sortira de la grotte, et donc on n'aura plus qu'à se laisser monter par la mer, OK ?
-Non, Edward, souffla-t-elle, je ne peux pas nager…
-Comment ?
-Je suis paralysée, tétanisée, j'arrive pas à bouger d'un millimètre tellement je suis frigorifiée et de plus, la douleur dans ma cuisse s'est réveillée avec le froid et…
Elle ne finit pas sa phrase car un éclair illumina toute la grotte et lui arracha un hurlement incontrôlé. La lumière fut aussi suivie par un coup de tonnerre à côté duquel le brouhaha constant de la tempête en folie paraissait bien amateur. Sourd pendant quelques secondes, je fermai les yeux et lorsque je les rouvris, sonné, je vis Bella tremblant par à-coups, parcourue par des milliers de soubresauts, tellement que je crus qu'elle subissait une crise de convulsions.
Je le pris par les épaules et mis ma tête à son niveau.
-Bella !
Pas de réponse.
-BELLA !
Elle ouvrit les yeux et deux petites larmes s'échappèrent et se mêlèrent aux gouttes d'eau qui ravageaient déjà des joues.
-Je suis désolée, sanglota-t-elle.
-Mais…Mais qu'est-ce que tu racontes ? Ne t'en fais pas, on ne courre aucun danger, on va facilement remonter à la surface !
Elle secoua fermement la tête.
-Non, je suis désolée pour toute cette merde que j'ai foutue…Je sais que ça a commencé quand Josh est arrivé, je n'aurais pas dû réagir ainsi face à lui, ou pas devant toi…Mais je ne savais pas que tu étais là ! Et il faut vraiment que tu saches, qu'il n'y a rien de rien entre nous, Edward ! Rien…
-Eh, Bella, la coupai-je. Tu n'as pas à culpabiliser sur ça ! Je pense que dans l'histoire, c'est surtout moi l'idiot, j'ai été…jaloux…sans raison, et puis Cassie est arrivée, et j'avoue que…j'ai été très idiot.
Elle garda le silence un instant.
-Et…Et Lauren ?murmura-t-elle faiblement, si bien que je doutai de l'avoir entendue avec le roulement des vagues à l'intérieur de la grotte qui faisait office de caisse de résonnance.
-Et bien, cette fois, commençai-je, ce n'était pas dut out prévu, et en aucun cas dirigé contre ou pour toi, il n'y avait absolument rien derrière tout ça, mais la situation était déjà assez…délicate…et je pense que le fait de ne pas nous parler a aggravé la chose…et puis…enfin bref, je me répète mais je suis un…
-ATTENTION EDWARD !
Je ne compris pas tout de suite mais je le sentis bien assez tôt.
Quelque chose percuta mon dos de plein fouet, et j'eus la sensation qu'il se fracassait en deux, en plein milieu. Je serrai la mâchoire mais un cri m'échappa et je m'écroulai contre Bella, me retenant difficilement à la paroi humide. Finalement, je ne prenais plus en compte mes membres pour la simple raison que je ne les sentais plus, un flash lumineux brouillant mon cerveau, et je me laissai glisser dans l'eau. Au bout d'un certain temps, je pris conscience que j'étais totalement immergé, et je remontai à la surface d'un coup de pied rageur. J'inspirai à fond une fois à l'air libre mais je me rendis compte que quelque chose n'allait pas : Bella n'était plus devant moi…
-Bella ?soufflai-je.
Rien à part le raffut des vagues.
-Bella ?retentai-je en raffermissant ma voix.
Je baissai les yeux vers l'eau dont je commençais à sentir l'effet. En effet, elle commença doucement à me porter, elle m'arrivait à la poitrine. Si elle m'arrivait à ce niveau, alors pour Bella…
Je ne réfléchis pas et plongeai la tête sous l'eau. J'ouvris les yeux et le sel m'agressa immédiatement, mais je me fis force pour ne pas les fermer. Il fallait absolument que je la retrouve !
Enfin, je la vis.
Elle se trouvait presque allongée au fond de la grotte, les yeux fermés, et je doutai qu'elle soit consciente.
Je remontai le temps de prendre une profonde inspiration et plongeai. Je partis à l'aveuglette vers le fond que j'atteignis rapidement. Sous l'eau, tout semblait calme. La tempête paraissait ne pas faire partie de ce monde, je n'entendais plus le roulement continu des vagues et le bruit assourdissant et agressif du tonnerre. Mais je n'avais pas le temps de me reposer. Je fouillai le fond avec mes mains et lorsqu'elles touchèrent la forme inanimée de Bella, je l'empoignai et plaçai mes mains sous ses genoux et sous son dos, gêné par son attelle qui couvrait toute sa jambe, puis je me mis debout et poussai du pied. Je fus projeté à la surface, mais le temps que j'aille chercher Bella, le niveau de la mer avait largement dépassé le sol de la grotte, et l'eau entrait sans retenue, et non plus juste par vagues. Je ne touchais plus le fond de pierre. Je regardai au-dessus de moi pour voir que je ne tarderais pas à atteindre le plafond.
Je sentis une nouvelle fois quelque chose buter contre mon dos, et je me retournai, me dirigeant face à l'entrée et vis ce qui m'avait percuté l'instant d'avant, m'envoyant au fond de l'eau et causant la quasi-noyade de Bella. Il s'agissait d'une branche qui avait été sûrement arrachée par la tempête puis qui avait dérivé sur la mer déchaînée.
Bella remua dans mes bras et mon attention se reporta sur elle. Elle grelottait tout autant que moi et ses yeux papillonnèrent un peu avant qu'elle murmure entre ses lèvres bleues :
-Edward…Lâche-moi…Je dois être lourde…
Je laissai échapper un petit rire cynique.
-Tu sais, Bella, dans l'eau, tu es super légère.
Comme si c'était fait exprès pour me contredire, j'eus un petit moment de faiblesse et je m'enfonçai dans l'eau, et la moitié du corps de Bella se retrouva trempé. Je me repris bien vite et battis des pieds furieusement pour me maintenir à la surface.
-Tu vois bien que je n'ai aucun problème…Pour…Te soutenir, assurai-je, mais je ne devais pas être très crédible car je peinais à garder un rythme assez élevé pour garder son corps hors de l'eau. Et je pourrais…te porter comme…ça, autant de temps…que possible ! Et putain cette branche elle fait chier !
Elle me rentrait dedans depuis tout à l'heure, et cela avait le don de m'énerver prodigieusement car cela augmentait la difficulté de cette tâche si importante qui était de survivre.
Je me retournai et…
-ET MERDE !
Bella tourna lascivement la tête vers la branche et souffla :
-Oh…comment…
-Si tu te demandes comment on va sortir, et bien…je sais pas trop.
La branche s'était fichée dans les côtés de la grotte, nous bloquant le passage. L'eau qui entrait à contre courant formait un résistance à notre avancée et il serait dur passer sous la branche, dans l'eau, avec le courant qu'il y avait.
Ce serait dur pour une personne seule, alors avec quelqu'un qui en portait une autre…
-Edward ?
-Quoi ?répondis-je un peu plus sèchement que je ne l'aurais voulu, mais mon ton se radoucit dès que je vis le visage de Bella qui souriait faiblement. Tu n'as pas mal ?
-Ce serait te mentir que de dire que je vais nickel, mais j'en ai marre un peu marre des mensonges. Et donc…j'aimerais que tu partes.
Euh…
-Quoi ? Enfin, je veux dire, bien sûr, on va partir, ce n'est pas…
-Non, m'interrompit-elle. Je veux dire…vas-y.
-Comment…quoi ?
J'avais peur de ce qu'elle allait me dire.
-Bordel, Edward…dégage et sauve ta peau ! C'est pas compliqué…
-Et te laisser derrière ?m'insurgeai-je. Tu es malade ?
-Non, juste frigorifiée et très fatiguée ! Et avec ma jambe, je doute qu'on puisse vraiment s'en sortir ! Ouvre les yeux, Edward. Il y a à peine assez de place pour notre tête avant qu'on touche le plafond et l'eau continue de monter ! Et cette branche qui doit peser une tonne n'a pas l'air d'avoir envie de bouger ! Tu n'aurais aucun mal à sortir ! ALORS BORDEL LAISSE-MOI !
Je restai muet de stupeur. Venait-elle vraiment de me proposer de la laisser attendre la noyade pendant que moi je me sauvais comme un simple lâche ?
-Bella, là on n'est pas dans un film, okay ? Personne ne va venir te chercher à la dernière minute, et il n'y aura pas de passage merveilleux à la fin de la scène ! Si je t'abandonne tu vas tout simplement mourir, tu le comprends ça ? Et bien sûr, je pourrais partir et te laisser moisir ici, mais je tiens à toi et je ne suis un lâche ! D'accord ?
Elle prit une profonde inspiration et ferma les yeux.
Puis elle lâcha, toujours les paupières closes :
-Si.
L'eau qui me glaçait jusqu'aux os ne m'importa plus alors qu'elle continuait, la voix peu assurée, tremblotante :
-Tu l'as assez bien démontré ces derniers temps, je pense ! A fuir sans arrêt, à ne rien nous dire, à échapper à toute explication, à te soustraire à toutes les situations gênantes ou qui auraient pu t'embarrasser ! Tu es mal placé pour me faire des leçons de morale ! Je ne suis peut-être pas un modèle de bonne attitude, de sainteté ou de tout ce que tu voudras, je n'ai peut-être pas fait toujours les bonnes actions aux bons moments, mais au moins je n'ai pas essayé de fuir, comme certains ! Et ma jambe, tu en fais quoi ? C'était quoi ce petit jeu sur le quad ? D'ailleurs, avant cet épisode j'avais déjà une piètre opinion de tes principes, mais tu n'as fait que t'enfoncer ! Tu t'imagines un peu dans quel état j'étais ?
Je ne sentais même plus mon corps, juste mon cœur qui battait frénétiquement sans rien comprendre. Je me sentais oppressé et l'eau autour de nous n'y était pour rien.
-Mais justement, me défendis-je, j'essaie de réparer mes fautes ! Et toi, comme d'habitude, tu tournes tout au catastrophique et m'empêche de bien agir !
-Maintenant tu vas m'accuser pour ce que tu es ? Tu vas tout me mettre sur le dos ? Eh bien d'accord, dans ce cas pars, tu n'as plus rien à faire ici, je crois.
Je fronçai les sourcils.
-Comment tu peux me dire ça ?soufflai-je.
-Oh, avant que tu partes, m'ignora-t-elle, s'il y a un truc que j'aimerai que tu te souviennes, ce serait que…c'est de ta faute.
Je ne pouvais en supporter plus. Mes bras qui ne me répondaient plus avaient lâché Bella sans que je ne m'en rende compte et je m'étais mis à nager vers la sortie sans que je puisse m'en empêcher. Il me sembla qu'une larme brillait sur la joue de Bella, mais je n'en étais pas sûr.
POV Bella
Ça me tuait de le faire, ça me transperçait le cœur profondément, mais j'étais obligée.
A quoi cela servirait-il que nous périssions tous les deux idiotement au fond d'une grotte un soir de tempête ?
Ce serait inutile et stupide.
Autant que la semaine qui venait de passer. Et puis, je devais bien me résigner. Je ne pouvais pas nager à cause de ma jambe, alors autant qu'un de nous deux s'en sorte. J'avais déjà eu de la chance d'avoir survécu plus de dix-sept ans malgré ma maladresse légendaire. Bon, évidemment, Charlie serai triste, mais on dirait vraiment que j'étais arrivée à Forks pour mourir. Au départ, tout semblait bien se passer, et en y repensant, c'était cruel de me faire miroiter un bonheur possible. Car après, déchirure, noyade, peine, chute…ou plutôt double chute.
Je ne sais pas si quelqu'un dirige le monde là-haut, mais c'est vraiment un fichu connard.
Quoi, je blasphème ? On s'en fout, maintenant, non ?
J'avais délibérément envenimé la conversation pour faire sortir Edward de ses gonds, qu'il me déteste et parte, fasse le bon choix pour sa vie.
Je ne devais pas le regarder, ou sinon je ne pourrais pas m'empêcher de l'appeler, ou de faire quelque chose. Peut-être le serrer dans mes bras une dernière fois…Non. Je fermai les yeux pour me contrôler, mais déjà je descendais lentement vers le fond. Fichue gravité…Sûrement inventée par le même connard qui m'avait mis dans une telle situation et qui m'avait balancé une telle vie…Et les barres de fer que contenait mon attelle n'arrangeaient rien. Je soupirais, créant des bulles à la surface, lorsque qu'n bras me remonta d'un coup sec.
-Eh !
-Idiote ! Tu croyais vraiment que j'allais partir ? T'es pire que ce que je ne pensais ! Tu es incapable de comprendre quand on te parle ou quoi ?
La discussion que j'avais amorcée pour faire enrager Edward et qu'il sauve tout simplement sa peau s'était transformée en un véritable déballage de tout ce que nous gardons à l'intérieur, l'un comme l'autre.
-Si, grinçai-je entre mes dents, je t'ai parfaitement écouté. En revanche, toi tu ferais bien de te déboucher les oreilles.
-Je ne partirai pas avant que tu aies compris ce qu'il s'était passé. Quitte à mourir, autant que tu meures en sachant la vérité, non ?
-Contente de voir à quel point tu tiens au repos de ma conscience !
-Je ne partirai pas tout court, mais j'aimerais vraiment que tu assimiles ce que je t'ai dit. Tu m'as écouté, tout à l'heure, non ? Ta petite cervelle a bien dû enregistrer ce que j'ai expliqué et comprendre qu'il ne s'était rien passé et qu'il ne se passera jamais rien entre moi et Lauren ou encore Cassie ?
-Je…Je…non…enfin…
J'étais paniquée et confuse. Franchement, je m'en fichais maintenant que l'eau m'englobe et remplisse entièrement la grotte.
-MAIS CE N'EST PAS POSSIBLE D'ÊTRE AUSSI BORNEE !
Je fermai les yeux et me recroquevillai sous sa colère.
-Mais…je ne sais pas quoi penser, c'est confus…Tu n'arrêtes pas de changer de comportement, tu ne t'expliques jamais, et ajouté à ça les rumeurs qui aggravent de jours en jours…Je sais bien qu'il ne faut pas les écouter, que c'est n'importe quoi…mais je ne peux pas m'empêcher de douter…
Je me pris la tête dans les mains et tirai mes cheveux vers l'arrière, en proie à la panique. Tout se passait trop vite, trop d'informations arrivent en même temps, saturant mon esprit. Toutes mes interrogations me revenaient en force malgré toutes les explications que j'avais écoutées et que j'avais données, et l'eau ravageait mes oreilles, m'embrouillant et me donnant mal à la tête, le froid me piquait par tous les pores de ma peau. Toute la tension que j'avais refoulée et que je pensais avoir enterré avec mes doutes revint à la surface, décuplée par une probable mort proche qui se concrétisait de plus en plus avec la montée de l'eau. Je bus légèrement la tasse et m'essuyai les yeux, agressés par l'eau de mer.
-Je ne comprends plus rien, soupirai-je difficilement, sentant venir les premiers signes d'une crise d'angoisse. Depuis une semaine, j'ai abandonné, je suis fatiguée de chercher…Je ne te comprends pas Edward…
Rien que prononcer son nom causait un écho douloureux dans ma poitrine. Je fermai fortement les yeux, tentant de garder une respiration qui me maintienne consciente. Normalement, l'explication que venait de me donner Edward aurait dû me soulager, et tout aurai dû s'améliorer…Mais comment pouvais-je être sûre qu'une nouvelle Lauren ou une nouvelle Cassie n'apparaisse encore après et ne vienne interférer une nouvelle fois ? Une part de moi bloquait ma confiance, refusait que je me laisse aller, tout simplement. Quoique, dans l'état actuel des choses, c'était peut-être le dernier point auquel une personne normalement constituée penserait.
Mais je n'étais normale, je pense que vous l'aurez compris, depuis le temps.
Ma respiration encore difficile, je rouvris les yeux. Edward se tenait toujours devant moi, immobile et trempé. Ses cheveux éméchés gouttaient, et les étoiles et la lune dans le fond diffusaient leur lumière, qui se reflétait dans ses yeux émeraude, accentuant leur profondeur. Je secouai la tête.
-Je ne comprends rien, gémis-je une nouvelle fois.
Soudain, je sentis de la chaleur sur mes lèvres. La douceur des lèvres d'Edward domptait les miennes, les caressait tendrement. Le brouillard qui envahissait mon esprit se dissipa peu à peu pour laisser la place à une seule pensée : Edward m'embrassait.
Et cette fois, ce n'était pas pour un jeu ou autre chose. Il m'embrassait.
-Bordel, Bella, murmura-t-il, je t'aime. Ça au moins, tu le comprends ?
Je rejette toute accusation concernant le sadisme ! Il faut le dire à ma génitrice et à ma co-auteure, elle m'a autorisé à écrire ça ! Pas ma faute !(enfin, si, mais c'et tellement amusant^^)
Par contre, je n'aurai peut-être pas beaucoup de temps d'écrire ces temps-ci parce que -snif- je commence mes exams. Brevet blanc dans moins d'une semaine et j'enchaîne avec les compos, tout le monde est happy...Enfin bref, ne vous inquiétez pas parce que je trouverai bien un peu de temps pour écrire la suite^^ (personellement, je doute très fortement que j'arriverai à me concentrer longtemps sur mes révisions...)
J'espère que vous avez aimé ce chapitre ! J'y ai mis beaucoup de temps, vous auriez dû voir comment je m'acharnais sur mon clavier, le pauvre, je pense qu'il a souffert.
A la prochaine, en espérant que ce soit bientôt !
Némo
