Hello Everyone ! Normalement, pas mal d'entre vous sont en vacances, et je le souhaite pour bientôt aux autres !

Je suis affreusement désolée pour ce court chapire, un peu bâclé, mais c'est parce que je n'ai pas eu de temps pour écrire, et que je pars...tout à l'heure. Dans 2 heures. Pour un mois. Donc cela signifie : pas de chapitre 16. Dans ce chapitre, je n'ai pas réussi à mettre tout ce que je voulais, mais j'avais du mal à me décoincer, panne d'inspiration. DOnc désolée, mais lisez tout de même ce chapitre^^

Biz et bonnes vacances à toutes !


Chapitre 15 – Enfin…Ou Pas

POV Bella

Au départ j'avais amorcé la conversation pour le mettre en colère et qu'il choisisse la bonne décision autrement dit, qu'il me laisse crever seule au fond de la grotte, une jambe dans l'attelle.

Puis la fausse-vraie dispute s'était transformée en vrai règlement de compte ou plutôt d'explications mais jamais au grand jamais je n'aurais pu effleurer l'idée que cela se finisse…ainsi.

Nous nous lâchâmes enfin, essoufflés et transis du froid, bien que le feu grouillât à l'intérieur de mon corpps.

Le baiser avait eu un gout salé à cause de l'eau, mais malgré le froid qui m'envahissait, me paralysant de plus en plus, c'était vraiment la dernière chose dont je me souciais, là tout de suite. La douceur des lèvres d'Edward s'attardait encore sur les miennes, me donnant irrésistiblement envie d'y regoûter. Pour rattraper toutes les fois où je ne l'avais qu'imaginé…

-C'est plus clair, maintenant ?

La voix d'Edward me ramena à l'instant présent. Sa voix résonnait clairement dans le calme relatif qui avait succédé au tonnerre. Certes, le roulement des vagues contre les parois de la grotte produisait encore beaucoup de bruit, mais comparé aux minutes de chaos que nous avions traversées, ce n'était rien. Je repensais à la fameuse question et tentai de formuler une réponse intelligible.

Je dis bien, je tentai.

-O…oui…non…Enfin, un peu, mais…Mais non, enfin, tu me comprends…Non, je suis bête…Je veux dire…Je pense avoir assimilé toutes tes explications…Enfin, je pense…Mais le dernier point m'a quelque peu déboussolée.

Un léger sourire en coin s'insinua sur ses lèvres tentatrices. L'éclat dans ses yeux me rendit encore plus confuse, si c'était possible.

-Mais, ce n'est pas que je suis idiote, me sentis-je obligée de préciser. C'est juste que...J'ai un peu de mal…Avec…Enfin…Mais j'ai compris…Enfin, non, non ! Je…Explique-moi ! Raah…Encore des explications, je suis désolée…C'est juste que…que…que je t'aime.

Je hoquetai de surprise et plaquai immédiatement mes mains dégoulinantes sur ma bouche, yeux écarquillés. Je ne savais vraiment pas ce qui m'avait pris ! Sorti tout seul !

Ben on attendait vraiment qu'il sorte, celui-là !

Là c'est vraiment pas le moment !m'énervai-je contre moi-même.

Désolée, mais étant ta conscience, bien que tu me rejettes sans arrêt, je me dois de t'accompagner devant tous les moments importants de ta vie ! Sauf évidemment au cas où tu deviendrais folle, là je pourrais pas faire grand-chose et je partirai en vacances !

Mais là ce n'est pas un moment « important » ! C'est…un moment de quoi, d'abord ?

Tu dis que c'est pas un moment important ? Alors redis-moi ça après avoir vu ce qu'il va se passer maintenant.

Je tiquai intérieurement mais je n'eus pas le temps de m'interroger davantage, car un doigt se glissa sous mon menton.

Je relevai la tête, sa main écarta celle qui cachait ma bouche et je sentis soudainement la douceur de ses lèvres retrouver la place qu'elles avaient quittée. Intuitivement, les miennes suivirent le mouvement et mes mains coururent se réfugier dans les cheveux d'Edward.

-Dans ce cas, murmura-t-il contre mes lèvres, tu es mon idiote préférée.

Je ris un peu mais profitai à fond du baiser. Je ne pus empêcher un gémissement de m'échapper et je le sentis sourire. Je me raccrochais à lui, primo : parce que j'en avais trop envie et que je ne pouvais contrôler mes pulsions, secondo : parce que sinon, je coulais. Cette dernière réflexion me rappela à la raison.

-Edward ?

-Oui, souffla-t-il, me regardant dans les yeux, un grand sourire éclatant sur le visage.

-J'ai froid…

Il haussa les sourcils et regarda autour de nous. L'eau nous arrivait au menton…

-Désolée de te rappeler notre hypothétique mort imminente, ajoutai-je, mais maintenant que tu…Enfin bref, j'aimerais bien vivre, et avec toi si possible !

-Tiens, tu ne veux plus rester derrière ?releva-t-il.

-Plus maintenant !affirmai-je.

-Tu sais que je ne t'aurai jamais laissé mourir, hein Bee ?

Je ne pus m'empêcher de sourire mais la dure réalité me rappela à son bon souvenir.

-Edward, s'il-te-plait !le réprimandai-je.

-Ouai, tout de suite !

Et il disparut.

Sous l'eau, hein, pas comme par magie.

Il réapparut presque aussitôt.

-Bordel, les courants sont forts là-dessous !

-Et t'as une solution ?

-Euh…demander à Poséidon de la jouer mollo ?

-Une solution autre que de prier pour notre salut ?repris-je.

-Ben…tiens !

Et il essaya de déloger la branche fatale de son emplacement, à coups de pieds et de mains.

-Saloperie ! Bon, tant pis…Agrippe-toi bien à moi !

-Quoi ?

-Bella !

Et donc je plaçai mes bras autour de son cou et il me fit passer devant lui. Je nouai mes jambes autour de sa taille.

-T'es bien accrochée ?

Je hochai douloureusement la tête, le froid, la douleur et la fatigue se manifestant bien ouvertement.

Après tout, cela faisait bien toute la nuit que nous étions là.

Avant de plonger, il pressa ses chaudes lèvres contre les miennes et je pus apercevoir dans ses yeux une lueur d'hésitation et d'incertitude dans les yeux.

-OK. C'est parti, alors !

Je pris une grande inspiration et fermai les yeux alors que nous nous immergions dans l'eau glacée même si avec le temps, j'étais presque immunisée contre la température.

Mais…On n'allait quand même pas mourir dans cette grotte, quand même ? Je veux dire, bien sûr que c'était une situation plutôt…singulière…Mais les courants ne devaient pas être forts au point de nous noyer…

Non ?

Si ?

POV Edward

Bordel, ces courants sont vraiment forts !

Je ramenai une nouvelle fois mes bras contre mon corps avant de reprendre la brasse. Je me faisais presque agresser par les courants qui me heurtaient de tous côtés, se contredisant les uns les autres.

Il faut dire qu'avoir Bella collée à mon corps ne m'aidait pas.

Tant sur le plan pratique que sur le plan émotionnel !

Je me sentais encore un peu secoué par les dernières minutes entre nous, mais je me demandais si ce n'était pas juste dû à l'ambiance (si on pouvait dire ça) particulière de la grotte et le stress de la situation. Lorsque l'on sera à la surface, sains et saufs, est-ce qu'elle regrettera, ou changera d'avis ? Ou fera comme si rien ne s'était passé ?

Pour le moment, une autre partie de mon cerveau dérangé d'adolescent bourré d'hormones dégagea ces pensées qui n'allaient pas vraiment à la situation.

Cette partie, c'était l'instinct de survie.

En effet, cela servait à quoi de penser à ce qu'il se passerait après si un n'arrive pas à passer la simple étape de remonter à la surface ?

Je nageais du mieux que je le pouvais, mais cela requérait un effort quasi surhumain. Nous maintenir a la surface dans la grotte nous avez déjà épuisés. En prenant garde à Bella, je m'accrochai à cette satanée branche qui nous bloquait le passage et passai sous elle. Mon dos râpa sur toute la longueur alors que nous franchissions l'obstacle. Bella fermait fortement les yeux et s'accrochait à moi comme une noyée à une bouée – hum, comparaison de mauvais goût dans cette situation. Même ainsi, je n'ai pu m'empêcher de la trouver magnifique. Quel idiot j'avais été !

Tu te répètes, mon gars…

Je promets que je repartirai comme rien ne c'était passé, et on pourra être ensemble sans gêne !

L'espoir fait vivre, c'est bien connu…

Oh, la ferme ! Laisse-moi être un adolescent totalement stupide de temps en temps !

Stupide, tu l'es au naturel. Mais le stupide que tu es devrait regarder devant lui au lieu de mater sa belle, parce que sinon il n'y aura plus de Bella.

Quoi ?

Je levais brusquement la tête, à peine assez tôt pour apercevoir une autre branche, sûrement arrachée par la tempête, encore plus grosse que la précédente, fonçait droit sur nous. Je me décalai maladroitement, mes gestes rendus difficiles à contrôler et affreusement lents à cause de l'eau. La branche massive qui se destinait à mon épaule gauche passa juste en effleurent mes côtes. En revanche, elle toucha Bella dans la hanche. Dans le mouvement elle s'était retrouvée en plein dans la trajectoire de ce stupide bout de bois.

Oh ! TU es stupide, ne rejette pas la faute sur une branche innocente !

Bella ouvrit les yeux à cause du choc et je vis sa douleur, alors qu'elle ouvrait la bouche pour crier. La branche, propulsée par le courant, l'arracha à mon étreinte et son chemin fut marqué par les précieuses bulles d'air que Bella laissait échapper. Je jurai intérieurement et m'enfonçai à sa suite. Les barres de fer placées dans son attelle l'entraînaient inexorablement vers le fond alors qu'elle se débattait vainement, et entravait ses mouvements. Je me doutais que sa blessure – ou plutôt ses blessures – la faisaient souffrir le martyr car ses traits doux étaient déformés par la douleur et la panique. Je la récupérai environs quatre mètres plus bas…

La pression avait augmenté et me pesait aux oreilles, mais je tirai tout de même Bella contre mon torse et prit le temps qu'elle soit bien accrochée avant de reprendre mes brasses. Mes poumons ne contenaient presque plus d'air, alors ceux de Bella, qui avait crié, ne devaient plus en contenir du tout…mes yeux se voilaient et j'avais l'impression d'être sur le point d'exploser.

Je poussais avec l'énergie du désespoir sur mes muscles tétanisés. Littéralement. Je ne les sentais plus du tout, me contentant d'envoyer l'ordre à mes jambes et à mes bras. J'avis du mal à me hisser car un seul de mes bras nageait. L'autre s'échinait à garder une Bella amorphe, à moitié inconsciente, contre mon torse une clarté transperçait la surface de l'eau, mais je, ne sauvais pas dire si c'était dû à l'aube naissante ou aux délires de mon cerveau en manque d'oxygène.

Alors que je laissais échapper la dernière bulle de mon aire, ma main creva la surface.

L'air frais me frappa le visage et instinctivement, j'aspirai avidement de longues goulées d'oxygène, me brûlant la gorge et les poumons. Mon corps ne me sembla plus sur le point d'exploser, ma tête et mon cœur avaient cessé de crier grâce en quête de ce gaz précieux. Je me rappelai alors Bella. Elle fermait les yeux mais sa poitrine se soulevait tout de même, faiblement mais elle se soulevait. Je caressai doucement sa joue et elle pencha la tête pour chercher le contact. Je ne savais pas si elle le faisait consciemment ou non, mais je trouvais ce geste très mignon. Mon cœur se remit à s'accélérer, mais plus à cause du manque d'air. Elle papillonna des paupières avant de me voir, penché tout près de son visage, caressant sa joue et la tenant fermement pour ne pas qu'elle coule une nouvelle fois.

Bon d'accord, je ne la serrais peut-être pas seulement pour cette raison.

Toujours est-il qu'en me remarquant, ses joues auparavant livides, comme la mort, rougirent comme éclosent les fleurs.

Tu deviens poétique, toi, maintenant ?

Oh, ferme-là, steuplait…

Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais à la place, elle se redressa brusquement et toussa longuement, expulsant l'eau traîtresse qui s'était infiltrée en elle.

Durant sa quinte de toux, Bella s'accrocha à mes bras et épaules. Du coup quand elle eut enfin expulsé toute l'eau de ses poumons, elle se retrouva encore plus collée à moi qu'elle ne l'était déjà, nos vêtements nous collant à la peau. Elle rougit encore plus, si c'était possible.

-J'en reviens pas…souffla-t-elle.

-De quoi ?

-On…on est sortis, on a réussi à sortir ! Alors que la grotte se remplissait, alors qu'on gelait, alors que… que je m'étai résignée à ce que tu me laisses seule…

-Bella, la coupai-je avec un sourire. Tu sais maintenant que je ne t'aurai jamais laissée seule, et puis tu ferais bien de respirer calmement, on vient à peine d'échapper à la noyade !

Elle rit, d'un rire cristallin, et je ne pus m'empêcher de la trouver extraordinairement belle. Ses cheveux trempés collés à ses tempes, ses yeux rieurs, son sourire éclatant, plus grand que je ne l'avais vu ces deux dernières semaines, son visage empourpré par le froid et l'émotion.

Sans que je ne m'y attende, elle se colla encore plus sur mon torse, resserra ses bras autour de mon cou et posa ses lèvres sur les miennes. C'était si bon, en ce moment, de l'avoir avec moi comme ça ! Le baiser commença tendre mais l'adrénaline apportée par les évènements s'incrusta et il devint fougueux, passionné mais toujours tendre. Nous nous relâchâmes à bout de souffle, haletants.

-C'est ça que tu appelles respirer calmement ?peinai-je à articuler.

Pour toute réponse, elle me sourit et enfouit sa tête dans mon cou. Je me souris à moi-même mais repensais à la situation. Même si nous étions sortis de la grotte, nous étions toujours dans la mer. Je fis un tour d'horizon.

Je n'avais pas rêvé, la lumière provenait bien de l'aube pointait derrière la surface de l'eau. La tempête s'était calmée et elle se cantonnait à présent vers Seattle, bien loin de Forks. Quelques rafales de vent continuaient de soulever des vagues, mais elles manquaient de vigueur et nous étions à peine ballotés. Des débris de toutes sortes flottaient paresseusement sur la mer plein d'énormes branches de bois.

Au fait, à partir de maintenant, je hais les arbres.

Surtout les soirs de tempête.

POV BELLA

Là, tout de suite, j'étais plus que bien.

Plus aucune anxiété, plus de mal pour respirer, plus de terreur panique…

Bien que je n'aie pas paniqué d'un poil, hein, entendons-nous bien là-dessus.

Pas paniqué ? Même pas un chouïa ?

Oui, bon, laisse-moi, c'est moi qui raconte !

Je disais donc, là, vraiment, j'étais plus que bien.

La douce voix d'Edward, rendue légèrement rauque (mais plus sexy) par l'eau de mer, me tira de mes pensées.

-Mets-toi sur mon dos, on va regagner la côte.

Je tournai la tête.

Je ne reconnaissais pas l'endroit de la côte en face duquel nous nous trouvions.

Enfin, en face, je veux dire qu'il était à environ 25 mètres de nous.

Mais nous avions beaucoup dérivé, et en tout cas, nos voitures n'étaient plus là.

-Je refuse que tu me portes jusque là-bas, contrai-je. Tu es déjà assez fatigué et j'ai déjà trop abusé de toi.

-Oui, en m'embrassant par surprise par exemple…

-Mais c'est toi qui as commencé !protestai-je alors que mes joues s'empourpraient de nouveau.

-Quoi, tu t'en plains maintenant ? me demanda-t-il en haussant un sourcil.

-Idiot !

Pour le faire taire, j'acceptai de grimper sur son dos, prenant bien garde à ma jambe invalide. L'attelle, qui s'était imprégnée d'eau au maximum, pesait à présent une tonne. Il nagea tranquillement vers la berge sur la mer qui devenait de plus en plus calme.

Les reflets de l'aube sur l'eau offraient une vision vraiment idyllique. De toute façon, tout m'aurait paru merveilleux par rapport à la tempête à laquelle nous venions de survivre.

Je ne veux plus jamais retourner à la plage avec ce temps !

D'ailleurs, pourquoi étais-je venue, comme une conne, au bord de la falaise ?

Et pourquoi j'étais tombée ?

Je veux revoir Phoenix, avec son abonnement au soleil et au moins, là-bas, il n'y a pas de falaise escarpée où des adolescents en colère vont droit au suicide…

Tu crois pas que t'es légèrement déprimante, parfois ? Ressaisis-toi : le cauchemar est fini…

Mais on n'est toujours pas sorti de l'eau, il peut encore arriver des trucs bien pires !

Tu es sur le dos du mec le plus beau que t'aies jamais vu…

Si ça se trouve on va se faire aspirer par un crabe géant !

Il t'as embrassé…

Personne ne retrouvera nos corps !

Vous vous êtes expliqués en long et en large…

On va être oubliés !

Il n'y a plus aucun malentendu entre vous…

Je n'aurai même pas de pierre tombale !

Vous vous êtes avoué vos sentiments…

Je ne serai qu'un cadavre de plus dans les fonds marins !

Vous êtes à même pas dix mètres de la côte…

Entortillée dans des algues immondes !

ET TU VAS ARRETER DE M'INTERROMPRE !

…Oui madame…

Gentille fille ! Nan mais vraiment…

Je resserrai ma prise sur les épaules d'Edward et il me sembla apercevoir un sourire sur son visage.

Nous atteignîmes les roches deux minutes plus tard. Ici, la falaise s'était adoucie et Edward trouva une brèche qui menait à une petite crique. L'eau ne causait qu'un léger clapotis, calmée par la douceur de l'aurore. Je descendis lentement, prudemment du dos d'Edward, laissant ma jambe pendre librement dans l'eau. Chaque mouvement, même infime, me causait une douleur fulgurante, bien qu'endormie par le froid. Edward m'accompagna dans mes gestes, me soutenant légèrement. Lorsque j'eus quitté son dos rassurant, nous nous retrouvâmes face à face, presque collés, et soudain, je bloquai.

Je repensai à ce qu'il y avait entre nous.

Raaah…Tu penses trop, tu sais, ça en devient lassant.

Je l'ignorai avec superbe.

Je n'avais jamais été avec quelqu'un de façon intime. Bien sûr, j'étais très proche de Josh, mais ça n'entrait pas dans la même catégorie qu'Edward. Pendant toutes ces dernières semaines, je n'avais eu de cesse de penser à lui, et maintenant que j'étais enfin libre de faire ce que je voulais…j'étais bloquée. Gênée. Je ne savais pas, je n'avais aucune idée de la façon de laquelle je devais me comporter à présent. Pourtant, j'étais environnée de couples : Alice et Jasper, Emmett et Rosalie, bientôt Josh et Cassie… Eux, ils semblaient agir normalement, instinctivement. Mais bon, chacun était particulier, à sa façon. Nous deux…nous étions des idiots, handicapés des sentiments.

Qu'est-ce que vous voulez, il fallait bien que j'hérite un minimum de Charlie !

Apparemment, Edward avait eu un monologue intérieur similaire au mien, car ses il baissa les yeux et se recula, hésitant, ne sachant que faire de ses mains, et il en passa une dans ses cheveux. Il se décala à ma gauche et posa sa deuxième main sur les rochers couverts de mousse.

-Hum…

-Ouep…

-Je…

-Oui ?

-… Non. Rien…

-OK …

Wow, je n'ai jamais vu de silence gêné aussi vivant de toute ma vie !

J'aimerai bien t'y voir !

Ben tu sais, je suis presque sûre que n'importe qui ferait mieux que vous deux, parce que vous n'êtes que des idiots ! Non mais franchement, regardez-vous bien ! Je me demande même comment vous avez réussi à en arriver à ce stade là ! Là je suis à 100% avec Alice, et si je…

-AAAAAAAAAAAAHHH !

Mon sursaut fut si violent que j'eus du mal à reprendre mon souffle et que j'eus l'impression de revivre notre semi-noyade.

- NON MAIS CA VA PAS ?

Je me tournai vers Edward, l'auteur de ce cri plutôt…aigu.

Il gesticulait en tous sens, son bras en l'air, l'autre le tenant au poignet.

-Edward ?

Je regardai plus attentivement la chose qu'il tenait au bout de sa main…ou plutôt qui le tenait, car il s'agissait…d'un crabe.

-Bellaaaaaaaa ! Fais quelque chose !

Je mis ma main devant ma bouche pour empêcher mon rire de s'échapper.

Enfin, il cessa de s'agiter et me regarda, les yeux larmoyants, presque pleurnichant.

-Beee…ça fait mal…

Mes épaules étaient secouées par les soubresauts que provoquait mon rire réfréné et des larmes dégoulinaient sur mes joues.

-Bee ?

Son air attristé de petit garçon finit par m'achever et je ris à gorge déployée sans pouvoir m'arrêter. Mes abdominaux m'imploraient grâce, mais dès que je commençais à me calmer, un coup d'œil au doigt et à l'expression d'Edward suffisait à me relancer dans ma folie hystérique.

Il s'approcha de moi l'air grognon mais pleurant presque. Je pouffai et donnai une pichenette sur le pauvre crustacé. Il lâcha prise et sauta gaiement dans l'eau avant de remonter sur son rocher. Je me retournai vers Edward. Sa lèvre inférieure était redressée en une moue boudeuse et il posait son regard partout sauf sur moi. Je me mordis la lèvre là, juste comme ça, il apparaissait magnifique. Lorsqu'il daigna enfin croiser mon regard, il ne s'écoula qu'une seconde avant que nous éclations simultanément de rire. Il me serra dans ses bras et nous nous écroulâmes presque sur un rocher. Alors que ma tête touchait la roche et que celle d'Edward se tenait non loin, un petit bruit rugueux attira notre attention et nous tournâmes la tête. Notre ami le crabe nous observait, posé gentiment sur ses pattes repliées sous lui. Edward et moi nous regardâmes et piquâmes un autre fou rire.

A ce moment-là, je compris une chose.

Nous n'avions pas besoin de changer de rôle l'un par rapport à l'autre juste parce que nous nous étions enfin libérés des révélations à propos de nos sentiments l'un pour l'autre ( bien qu'évidemment, ce fait ne soit pas insignifiant). Avant toute cette longue histoire, nous étions complices et agissions sans réfléchir, et c'était cela qui était bon. Maintenant, il suffisait de faire exactement pareil, à l'exception que si l'envie me prenait de me coller à lui ou de l'embrasser, je n'aurais plus à me retenir.

Tout bénef' !

Voilà comment agissaient Alice et Jasper, Emmett et Rosalie.

Edward releva son doigt à peine rougi et renifla en simulant un sanglot de petit garçon. Il me fit une moue à la Cullen, et j'éclatai de rire. Mais je ne pus résister à la tentation, et je me penchai vers lui en murmurant :

-Tu as droit à un bisou magique…

Je déposai délicatement mes lèvres sur les siennes. Son doigt blessé soudain oublié, il m'encercla la taille d'un bras et son autre main vint s'enfuir dans mes cheveux. Je sentais son sourire contre ma bouche.

Cela confirmait ma théorie. Nous pouvions agir totalement normalement, avec quelques avantages.

J'aime les avantages…

Pour une fois, j'étais entièrement d'accord avec ma petite voix.

Je souris contre ses lèvres et il le sentit.

-Pourquoi souris-tu ?

-Je n'ai pas le droit ?

-Seulement si tu m'expliques pourquoi…Parce que sinon j'ai un peu l'impression que tu te fiches de moi.

-Non, ne t'inquiète pas, je pense à toute autre chose. Je pensais au fait que nous étions enfin sortis de cette pression et tension très désagréable entre nous, et enfin échappés des eaux, et que nous étions enfin ensemble. Je pense que nous nous sommes bien débrouillés sur cette partie là de l'histoire. Pour le reste, par contre, nous restons des cas désespérés, malheureusement.

-Ecoute, tu ne pouvais pas tout avoir : tu as choisi le physique de l'homme et son charme irrésistible, pas son sens pratique ni son adresse pour les relations de cœur. Pour tout échange, adressez-vous au service après-vente.

-Pas question !me récriai-je en passant possessivement mes bras autour de son cou. Maintenant que je t'ai attrapé, au bout de si longtemps, tu n'as pas intérêt à t'échapper !

-Voilà une déclaration qui me plaît beaucoup, roucoula-t-il en se remettant à picorer mes lèvres, sans s'attarder sur elles, les taquinant légèrement.

-Edward, grognai-je.

-Oui mon amour ?

Je rougis à l'emploi de ce nom, mais je ne me laissai pas déstabilisée.

-Embrasse-moi. Vraiment. Tout de suite.

-A vos ordres, mon général.

Mouai…Je préférais le surnom précédant…mais je ne m'en formalisai plus à partir du moment où il quémanda l'accès à ma bouche.


Bonnes vacances !