Résumé des chapitres précédents : Kakashi ne supporte plus sa vie solitaire tandis qu'Iruka se sent abandonné depuis que Naruto a quitté le village. Le ninja copieur propose finalement au chûnin un arrangement qui pourrait les satisfaire tous les deux. Le sensei accepte mais sous certaines conditions. Après quelques mois de vie commune sous l'égide des règles dictées par Iruka, les choses finissent par évoluer.

Disclaimer : Rien à moi, tout à Kishimoto Masashi.

Rating : M

Dernières notes : Veuillez me pardonner pour cette longue absence, il semblerait que je me sois perdue sur le chemin de la vie.

Un grand merci à Mayura-8 pour sa bêta-lecture. Sa gentillesse, sa rapidité et ses suggestions sont toujours aussi grandement appréciées. Merci à celles et ceux qui ont prit le temps de lire les premiers chapitres et laissés un commentaire. Les critiques constructives sont toujours les bienvenues. N'hésitez donc pas à me laisser savoir ce que vous en avez pensé.

Voici l'avant-dernier chapitre de cette fic qui, à lui seul, justifie le M.

Bonne lecture.

CHAPITRE 4

La scène était complètement surréaliste mais elle semblait tellement authentique dans le moindre détail. La disposition des meubles de la chambre d'Iruka, son couvre lit bleu marine et les cadres photos disposés sur la table de nuit.

Tout ce que Kakashi touchait, sentait ou entendait ne pouvait le tromper ; pourtant, au fond de lui, il savait pertinemment que jamais Iruka ne le laisserait faire une telle chose : enfreindre la règle n°4.

Alors pourquoi ne faisait-il rien pour l'arrêter ? Pire encore, pourquoi l'encourageait-il ?

Le jônin se trouvait au-dessus du jeune professeur, couchés sur le lit de ce dernier. Leurs corps, entièrement nus étaient pressés l'un contre l'autre et leurs bas-ventres étaient en constantes frictions, attisant chaque fois un peu plus le désir de chacun.

Ils se dévoraient littéralement des yeux et des lèvres tandis que leurs doigts s'étaient entrelacés de manière naturelle, comme si cela avait toujours été leur place.

Kakashi ne savait pas comment une telle chose s'était produite mais elle s'était produite. Peu importe, il était trop tard pour reculer et de toute façon, il n'avait aucune envie de s'arrêter.

Il fit ensuite glisser sa bouche le long de la gorge de son compagnon, léchant et embrassant cette peau mate au doux parfum ambré. Iruka ne protesta pas non plus lorsqu'il sentit l'une des mains de l'homme aux cheveux d'argent se détacher de l'une des siennes pour saisir son sexe. En réponse, le jeune professeur s'agrippa à la peau d'albâtre pour y laisser la trace de ses ongles.

Le ninja copieur poussa un grognement et accentua les frictions de son bas-ventre contre celui du chûnin. Un gémissement rauque s'échappa de la gorge de ce dernier. Iruka se sentait partir. Ses yeux se révulsèrent sous le plaisir qui le parcourait de part en part.

Kakashi aimait l'entendre gémir à son oreille et le sentir s'accrocher à lui de manière aussi désespérée.

Il quitta, au bout d'un certain temps, le cou du jeune homme pour embrasser les muscles saillants de son torse, puis s'attarda longuement sur ses mamelons, avant de descendre plus bas sur son ventre plat. Le chûnin frémissait à chaque baiser que déposait le ninja copieur sur sa peau.

Kakashi n'en resta pas là, il abandonna l'autre main d'Iruka pour la faire glisser le long de son corps, jusqu'à l'intérieur de ses cuisses frémissantes. Le professeur enfouie ses doigts dans la chevelure argentée. De sa bouche, le jônin l'embrassa tendrement sur les hanches avant d'engloutir son membre dressé et engorgé.

Le jeune homme se mit à gémir sans plus aucune retenue cette fois. Les caresses que lui prodiguait Kakashi le rendaient fiévreux. La pression ferme qu'exerçait le ninja copieur sur ses hanches l'empêchait de les bouger comme il l'aurait voulu.

Qu'importe, il était proche de l'extase mais à peine avait-il formulé cette pensée dans son esprit embrumé, que son compagnon cessa ses caresses buccales. Il laissa échapper, bien malgré lui, un gémissement de frustration.

C'est alors que le jônin se mit à ramper sur son corps jusqu'à ce que leurs visages soient au même niveau. Ils se dévisagèrent pendant un moment, sans dire un mot. De toute façon, ils n'en avaient pas besoin, les regards qu'ils s'échangeaient et la pression de leurs corps étaient suffisants.

Kakashi embrassa de nouveau Iruka puis releva ses cuisses avant de s'enfoncer lentement en lui. Il ne rencontra aucune résistance, seulement sa chaleur et son étroitesse. Le ninja copieur stoppa sa progression, juste le temps pour lui d'observer le visage rougit et le regard voilé du jeune professeur.

Il n'arrivait pas à se rassasier de la vision érotique que lui fournissait cet homme soumis au désir et au plaisir. Ses lèvres entrouvertes, ses longs cheveux bruns répandus sur le dessus de lit, sa respiration haletante, autant de détails qui rendaient Kakashi complètement fou.

Il se pencha et du bout de sa langue retraça la cicatrice qui barrait les joues et le nez de son amant, puis il reprit le mouvement de ses hanches, s'enfonçant un peu plus à chaque fois en lui. Il s'efforça de ne pas fermer les yeux car il ne voulait pas perdre une seule seconde du regard, l'expression de plaisir qui déformait le visage de son compagnon.

Comment avait-il fait pour ne pas succomber plus tôt à la tentation permanente que représentait Iruka ?

Les doigts du chûnin effleurèrent la cicatrice sur l'œil gauche du ninja copieur, avant de glisser le long de sa mâchoire, puis ils descendirent sur son cou par de simples attouchements, afin de reprendre le chemin de son torse sculpté.

Le jeune homme ne s'arrêta pas là pour autant, il releva encore un peu plus ses propres cuisses, arrachant au passage un grognement de la part de Kakashi. Ce dernier accéléra le balancement de ses hanches, tandis que son partenaire griffait sa peau brûlante, comme pour la retenir tout contre la sienne, comme s'il voulait se fondre en elle.

Bientôt, ce fut trop. Iruka finit par se libérer dans un râle. Une sensation de chaleur se répandit sur le bas-ventre du jônin, alors qu'il éprouvait en même temps un resserrement au niveau de son membre. Il ne lui en fallut pas plus pour jouir à son tour.

Le ninja copieur se réveilla à ce moment là, en sursaut, essoufflé et en sueur. Ce n'était qu'un rêve. Il ne cessait de se répéter qu'il ne s'agissait que d'un rêve ; pourtant... il avait bien senti le parfum d'Iruka, touché sa peau, goûté à ses lèvres… et à bien d'autres choses.

Il lui fallut un petit moment avant de pouvoir reprendre ses esprits et analyser la situation. Quelques exercices respiratoires lui permirent de retrouver un certain contrôle. Il en avait besoin pour faire la différence entre la réalité et le rêve.

Un simple coup d'œil lui apprit qu'il était chez Iruka, couché dans son lit. Il se souvenait être rentré d'une mission durant la nuit puis de s'être allongé auprès du chûnin. Jusque là, rien d'anormal, puisque cela faisait partie de leur quotidien et puis il y avait eu ce rêve saisissant de réalité.

Un autre regard sur le réveil, cette fois, lui confirma que le jeune professeur était parti depuis longtemps donner ses cours à l'académie. Heureusement, sinon il aurait pu voir que le meilleur ninja de Konoha venait de salir les draps comme un adolescent boutonneux et sexuellement frustré en pleine poussée hormonale.

Comme c'était humiliant. Cela ne lui était jamais arrivé auparavant, même lorsqu'il était plus jeune. Kakashi poussa un long soupir de lassitude. Il n'avait vraiment pas besoin de ça. Rassemblant le peu de dignité qui lui restait, il emporta les preuves de son rêve jusque dans la buanderie afin de laver le tout.

Tandis que le lave-linge tournait, Kakashi ne pouvait s'empêcher de se demander comment il allait gérer sa relation avec Iruka, maintenant qu'il fantasmait sur lui. Maintenant qu'il l'aimait.

XoXoXoXoXoX

"Allez, Iruka, tu peux bien me le dire à moi. T'as une copine ?"

Kakashi venait de pénétrer dans le bureau des missions lorsqu'il capta cette phrase prononcée par Gemma. De son œil visible, il repéra le jônin au senbon assis à coté du professeur derrière le bureau de dépôt des rapports de mission.

"Qu'est-ce qui te fait dire que j'ai une copine ?" demanda Iruka avec impassibilité.

Gemma poussa un soupir et fit glisser son senbon jusqu'à la commissure de ses lèvres.

"S'il-te-plaît, Iruka, pas de ça avec moi. Je sais très bien que tu vois quelqu'un depuis des mois. Je suis simplement curieux de savoir pourquoi tu ne me l'as pas encore présentée."

Le jeune homme se contenta de hausser les épaules tandis qu'il vérifiait qu'il ne manquait rien sur le rapport qu'un ninja venait de lui remettre.

"Il ne t'est jamais venu à l'esprit que tu pouvais te tromper ?" répondit-il en estampillant le document officiel avant de le déposer sur la pile des fichiers à classer.

"Non, jamais."

Iruka poussa un soupir de désespoir.

"Au risque de me répéter, je ne sors avec personne. Et quand bien même se serait le cas, il est hors de question que je te la présente."

Le Tokubetsu jônin ferma à demi les yeux tandis qu'un sourire malicieux étirait ses lèvres minces.

"Bah ! Je comprends que tu ne veuilles pas, un beau gosse comme moi te la ravirait sur le champ," répliqua-t-il avec humour.

Iruka réprima un ricanement et saisit un nouveau rapport tendu par un autre shinobi.

"Je ne pense pas, avec un égo aussi surdimensionné que le tien, elle s'enfuirait sur le champ."

"T'es dur avec moi, sensei," se récria le jônin faussement indigné.

Le ninja témoin de cette joute verbale ne put s'empêcher de sourire mais au regard assassin que lui lança Gemma, il préféra s'enfuir sans demander son reste dès qu'Iruka lui signala que son rapport venait d'être enregistré.

"Non, sérieusement, Iruka. Avoue. Tu fais pourtant bien quelque chose le soir. Raidô t'a aperçu l'autre jour à l'épicerie, tu avais fait des courses pour tout un régiment."

Un petit sourire amusé apparut sur les lèvres du chûnin.

"Alors c'est ça ! Tu es jaloux parce que j'ai fait des courses et que je ne t'ai pas invité à venir vider mon frigo ! Dis-moi tout, la cuisine de Raidô est toujours aussi mauvaise ?"

Le Tokubetsu jônin eut un petit rictus.

"T'as pas idée."

Cette fois, Iruka ne se priva pas pour ricaner ouvertement.

"Sérieusement, Gemma, à ton âge, il serait tant que tu apprennes à cuisiner. D'ailleurs, il vaut mieux pour toi que Raidô ne sache pas que tu n'apprécies pas ses repas, sinon t'es bon pour te chercher un nouveau logement."

Le shinobi plissa les yeux d'une manière inquiétante.

"Est-ce que c'est une manière détournée de me dire que tu es prêt à m'accueillir chez toi, Iruka-sensei ?"

"Non, non, pas du tout ! Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire," se récria le jeune homme.

"Oh ! C'est bien dommage mais si dans le pire des cas, reprit Gemma d'un ton léger, Raidô me met dehors, je pourrais toujours venir m'installer chez toi puisque tu ne sors avec personne, je ne dérangerais donc pas et puis ça te fera un peu de compagnie pour tromper ta solitude."

Iruka eut presque envie de rire. Presque.

"N'y pense même pas. J'ai déjà donné. Vivre ensemble sous le même toit a été la pire expérience de ma vie."

"Ah bon ? Moi j'en garde un excellent souvenir."

"C'est parce que tu n'as jamais dû décoller les sous-vêtements de dix personnes différentes du plafond avec une spatule, tout ça à cause d'un stupide pari."

"N'empêche que ça été la meilleure fête de toute ma vie," répondit Gemma avec un regard songeur et un sourire de béatitude.

"Ça m'a surtout vacciné de la vie en communauté."

"Ne me dit pas que tu n'as gardé aucun bon souvenir de cette époque ?"

"Je n'ai pas dit ça, je préfère juste mon indépendance et j'apprécie grandement d'avoir une intimité."

En disant cela, Iruka aperçut Kakashi appuyé contre le mur du fond de la salle. Le chûnin sortit sa montre à gousset pour consulter l'heure.

"Quelque chose ne va pas, Iruka ?" demanda Gemma suspicieux.

Le chûnin se tourna vers lui en souriant.

"Je viens de m'apercevoir que mon quart était terminé depuis une bonne vingtaine de minutes."

Le jeune homme ramassa ses affaires sans se précipiter et salua le Tokubetsu jônin d'un signe de la main. Ce dernier lui rendit son salut et observa le professeur s'éloigner. Son regard se porta ensuite sur le mur du fond. Un instant plus tôt, il lui avait semblé apercevoir Kakashi appuyé contre, près de la porte à double battants mais maintenant qu'il y regardait mieux, l'homme aux cheveux d'argent avait disparu.

Même si Iruka se défendait du contraire, il y avait un certain changement dans son comportement. Il avait bien remarqué que le départ de Naruto l'avait profondément marqué et attristé mais depuis quelques temps, le sensei semblait avoir retrouvé le moral. Au début, il s'en était félicité, ravi que son ami ait redressé la barre mais cela avait aussi éveillé sa curiosité toujours mal placée.

Qu'est-ce qui avait bien pu provoquer ce revirement ? Ou bien était-ce plutôt qui ?

Gemma avait d'abord supposé que le professeur avait fait une rencontre amoureuse. L'imagination du Tokubetsu jônin s'était alors enflammée lorsque son esprit lubrique lui avait fourni des images mentales d'Iruka avec une jeune femme sans visage dans des positions érotiques dignes des romans de l'ermite pervers. Quelques mois plus tard et après plusieurs hémorragies nasales, il avait bien dû admettre que si Iruka fréquentait quelqu'un, il le cachait bien. Le chûnin n'avait en rien changé ses habitudes que ce soit d'ordre professionnel ou privé.

Peut-être voyait-il des choses qui n'avaient pas lieu d'être. Peut-être que Raidô avait raison en disant qu'il était temps qu'il s'occupe de ses propres affaires plutôt que de s'immiscer dans celles des autres.

Gemma poussa un long soupir de frustration. Raidô n'était qu'un rabat-joie, c'était tellement mieux de fourrer son nez dans ce qui ne le regardait pas et Anko serait certainement de son avis si elle avait été présente. Pour en revenir à Iruka, malgré ses investigations auprès du principal concerné, sa curiosité n'était pas pour autant rassasiée. Il était évident que le chûnin n'avait pas envie de parler de sa vie personnelle, il avait d'ailleurs pris soin d'éviter de répondre à ses questions avec subtilité.

C'était tout Iruka, ça. Mais Gemma n'avait pas dit son dernier mot.

XoXoXoXoXoX

Iruka avait finalement rejoint le ninja copieur qui l'attendait en dehors de la salle des missions, un peu à l'écart des autres groupes de shinobis qui s'étaient formés dans les couloirs.

"Tu sembles heureux," fut la première chose que le jônin dit au professeur.

Celui-ci ne put cacher le rougissement qui s'empara de ses joues mais lorsqu'il vit le sourire sincère déformer le masque, il se détendit. Kakashi avait suivit de loin la conversation qu'avait eu Iruka avec Gemma en lisant sur leurs lèvres. La tâche s'était avérée d'autant plus ardue avec le flot de shinobis qui défilait devant les deux hommes pour remettre leur rapport, sans oublier le maudit senbon collé dans la bouche du jônin qui lui faisait mâcher la moitié des mots. Malgré ces désagréments, il avait pu comprendre les grandes lignes de leur petite discussion.

"Oh, fit le jeune homme en passant son index sur sa cicatrice, c'est juste que Gemma m'a rappelé de bons souvenirs du temps où nous étions colocataires."

Kakashi eut presque peur de demander.

"Est-ce que tu regrettes cette époque ?"

Iruka secoua la tête.

"Kami-sama, non ! Absolument pas !" fit-il en réprimant le rire qui menaçait de s'échapper malgré lui.

Le ninja copieur fronça le sourcil visible.

"Alors, qu'est-ce qui te rend aussi heureux ?" demanda-t-il curieux de connaître la raison pour laquelle le sourire du chûnin était revenu plus brillant que jamais.

"En fait, si je suis aussi heureux c'est parce qu'aujourd'hui j'ai reçu une lettre de Naruto."

Le professeur sortit une enveloppe de son gilet et la tendit au jônin. Ce dernier mit un certain temps avant de comprendre qu'Iruka désirait qu'il la prenne.

"Elle est arrivée ce matin, le facteur me l'a livrée directement à l'académie, je me suis dis que tu aimerais certainement la lire toi-même."

"Tu es sûr ? Je veux dire, il y a peut-être des choses personnelles que…"

"Si c'était le cas, tu crois peut-être que je te laisserais la lire ?"

Honnêtement, le ninja copieur ne sut pas quoi répondre parce qu'il savait que ce n'était pas dans la nature d'un ninja de se montrer aussi confiant et ouvert. Il se contenta de hocher la tête et murmura un merci avant de saisir la lettre.

Le papier de l'enveloppe était froissé, signe évident de son parcours long et chaotique à travers plusieurs pays mais aussi que son destinataire avait lut et relut les quelques feuilles qu'elle contenait.

"Je la lirai un peu plus tard, au calme, si tu n'y vois aucun inconvénient."

"Pas de problème, garde-la le temps qu'il te faudra."

Ils sortirent ensuite de la Tour pour s'engager dans les rues de Konoha en direction du marché. Kakashi observa quelques secondes le jeune homme qui marchait à coté de lui puis les quelques couples qu'ils croisèrent sur leur chemin. La conversation qu'avait eu le chûnin un peu plus tôt avec Gemma, lui revint en mémoire.

"Allez, Iruka, tu peux bien me le dire à moi. T'as une copine ?"

Kakashi était bien placé pour savoir que ce n'était pas le cas, c'était d'ailleurs en partie cette disponibilité qui l'avait poussé à lui formuler sa proposition. Maintenant qu'il y repensait, il trouvait étrange que personne ne partage la vie d'Iruka. Le jeune homme était très attrayant physiquement, intelligent, plein d'humour, doux et rassurant. Les femmes raffolaient de ce type d'homme, à la fois fort et tendre. Du moins, Kakashi le supposait. Alors, comment ne pas être étonné de le voir toujours célibataire ? Le jônin était certain que s'il se montrait plus attentif, il verrait certainement les signes d'engouement de la gente féminine pour le bel enseignant.

"Pourquoi es-tu seul ?" demanda finalement le ninja copieur après un moment de réflexion.

Iruka le dévisagea avec confusion.

"Je ne suis pas seul, tu es avec moi, non ?"

"Ce n'est pas ce que je voulais dire. Pourquoi es-tu encore célibataire ?"

Le chûnin faillit s'étrangler.

"Je pourrais te poser la même question," rétorqua-t-il en essayant de masquer le rougissement naissant sur ses joues.

"Maa… sensei, j'ai posé la question en premier," répondit Kakashi avec un certain amusement.

"Pourquoi veux-tu savoir ça ?" demanda Iruka sur la défensive.

"Simple curiosité, je me demandais comment quelqu'un comme toi n'était pas encore marié et père de plusieurs enfants."

Le professeur fronça les sourcils tandis qu'une veine frémissante apparut sur sa tempe.

"Qu'est-ce que tu entends par quelqu'un comme moi ?"

Kakashi déglutit. Il savait le chûnin susceptible, il devait donc faire attention au choix de ses mots.

"Maa… je ne sais pas… quelqu'un de bienveillant, toujours disponible pour les autres… et bel homme."

Il avait ajouté cette dernière partie sur un ton plus bas mais cela n'avait pas échappé au chûnin qui se mit à rougir en bégayant un merci avant de détourner le regard mais il ne répondit pas pour autant à la question. Le jônin comprit que le professeur n'avait pas envie d'y répondre. Ils traversèrent le marché de Konoha sans rien dire de plus.

Tandis qu'ils avançaient, Iruka réalisa soudainement que c'était la première fois depuis le début de leur arrangement qu'il se montrait en public, en dehors du travail, avec le ninja copieur. Il ne pouvait s'empêcher de se demander si quelqu'un finirait par le remarquer. D'ailleurs, quand il y pensait, c'était peut-être déjà le cas.

XoXoXoXoXoX

Ce matin-là, lorsque Kakashi ouvrit les yeux, le lit était vide, comme très souvent en semaine quand Iruka devait enseigner à l'académie. La seule chose qui se différenciait de leurs habitudes, c'était qu'il n'avait pas eut à revenir d'une mission pour dormir dans le lit du chûnin.

Le ninja copieur se tourna vers la place laissée vacante par le professeur. Sa chaleur avait disparu depuis longtemps mais son odeur persistait encore. Le jônin huma profondément les draps puis repensa à la conversation qu'ils avaient eue la veille dans le salon.

Flash back : la veille au soir

Le jeune homme avait investi la table basse de son salon pour corriger les devoirs de ses élèves, tandis que Kakashi s'était affalé sur le sofa pour lire son livre préféré. Cela faisait parti de leurs habitudes lorsqu'ils étaient sous le même toit.

"Je sais que je ne devrais pas mais… dis-moi, Kakashi, as-tu déjà été amoureux ?" lui avait soudainement demandé Iruka.

Si le jeune homme avait abordé le sujet c'était parce que la question que le ninja copieur lui avait posé, un peu plus tôt, l'avait troublé. Le stylo rouge que le chûnin faisait habilement danser entre ses doigts trahissait sa nervosité.

"Oui," avait répondu Kakashi doucement après un bref instant d'hésitation.

Le professeur avait esquissé un sourire triste, sans prendre la peine de lever les yeux des devoirs de ses élèves qu'il était en train de corriger.

"Comment était-elle ?" avait-il ensuite murmuré visiblement gêné de continuer sur ce sujet.

Le jônin n'avait pas osé lui dire que son premier amour avait été l'héroïne du roman "Icha, Icha Paradise". A l'époque où Kakashi avait découvert les livres de Jiraya, elle avait incarnée et personnifiée la femme idéale avec sa beauté solaire, ses formes généreuses et son caractère ombrageux. Aux yeux du tout jeune ninja qu'il fut, elle avait personnifiée l'idée qu'il se faisait de la femme parfaite, celle qui partagerait ses nuits et l'aimerait sans concession.

Pendant des années, Kakashi l'avait vainement cherché dans chaque femme, kunoichi ou civile, qui avait croisée sa route. Peut-être était-il trop perfectionniste car jamais il ne put trouver une femme pouvant rivaliser avec son modèle de papier. A plusieurs reprises, il lui était arrivé de rencontrer des femmes exceptionnelles. Il se rappelait même qu'une fois, il avait cru tomber amoureux cependant, il avait rapidement réalisé que ce n'était pas de l'amour qu'il avait ressenti mais plutôt de l'admiration et un profond respect pour cette personne.

Alors, s'il devait se montrer honnête envers lui-même, il ne savait pas ce que c'était d'être amoureux. Du moins, jusqu'à récemment.

Devant le silence prolongé du génie au Sharingan, le visage du professeur s'était alors empourpré.

"Pardon. Je n'aurais jamais dû te poser toutes ces questions indiscrètes. C'était de la curiosité mal placée. Je…"

"Ce n'est rien, " l'interrompit le jônin.

Devant le malaise persistant du jeune homme, il ajouta d'une voix calme.

"C'est de ma faute, je me suis montré curieux en premier. J'oublierai ton indiscrétion, si tu oublies d'abord la mienne."

Iruka avait hoché la tête sans rien dire de plus. Le reste de la soirée s'était déroulée comme d'habitude.

Fin du flash back

Kakashi s'étira lentement. A bien y réfléchir, ce fut la première fois qu'Iruka s'était ouvertement montré curieux. Il avait redouté ce moment en sachant que, tôt ou tard, cela arriverait mais il ne pouvait pas en vouloir au chûnin, c'était de sa faute puisqu'il avait lui-même abordé le sujet en premier.

Le ninja copieur poussa un long soupir avant de se redresser. Leur relation allait devenir compliquée et si il y avait bien une chose qu'il détestait, c'était bien les rapports humains compliqués. Tout simplement, parce qu'il ne savait pas comment les gérer.

Kakashi se leva enfin du lit et se dirigea vers la cuisine. Comme d'habitude, Iruka lui avait laissé de quoi petit déjeuner. Le jônin s'installa à table. Un mince filet de vapeur s'échappait encore de la théière et une feuille de papier était coincée dessous la tasse en céramique. L'homme aux cheveux d'argent haussa sur un sourcil et saisit le papier. Il reconnut immédiatement l'écriture élégante du professeur.

"J'ai été appelé pour une mission. Je serais de retour dans quelques jours. Iruka."

Kakashi poussa un autre soupir. Il espérait seulement que ces quelques jours passeraient vite. Iruka lui manquait déjà.

XoXoXoXoXoX

Iruka venait de rentrer de sa mission. Tsunade avait fait appel à lui, une fois de plus, malgré le fait que l'année scolaire ne soit pas encore achevée. Cela devait être une simple mission d'extraction menée avec deux autres chûnin. Bien entendu, comme toute mission dite simple, rien ne s'était passé comme prévu.

Cette nuit là, en ouvrant la porte de son appartement, le chûnin n'aspirait qu'à deux choses : une douche chaude et une bonne nuit de sommeil. Il n'avait plus envie de penser à ces derniers jours ou au débriefing qu'il venait d'avoir avec son Hokage et Morino Ibiki. Il referma la porte derrière lui, puis laissa ses sandales à l'entrée avant de progresser dans l'obscurité de son appartement. Le flot stable et régulier du chakra devenu familier de Kakashi lui apprit que celui-ci était présent. Peut-être même n'avait-il jamais quitté les lieux depuis son départ.

Le chûnin trouva finalement le ninja copieur endormi sur son canapé. Le jeune homme caressa les cheveux argent avec tendresse, avant de déposer un baiser sur le front de l'homme plus âgé puis il fila jusqu'à la salle de bain afin de se débarrasser, au plus vite, du sang qui maculait ses vêtements.

Iruka esquissa un sourire fatigué en déposant son sac et les vêtements qu'il portait dans la lingerie. Il y avait quelques pantalons et chemises appartenant à Kakashi qui étaient là aussi. Avant qu'Iruka ne s'en aperçoive, le jônin avait pratiquement élu domicile ici. Il n'y avait pas que quelques vêtements sales dans sa panière à linge, il y avait également sa brosse à dent qui trônait fièrement à coté de la sienne, leurs chaussettes et sous-vêtements mélangés sans aucune distinction dans le tiroir de sa commode et les volumes de la collection "Icha, Icha" avaient rejoints ses livres sur les étagères de sa petite bibliothèque de son salon.

Iruka n'y voyait pas d'inconvénient. C'était même plutôt agréable d'avoir quelqu'un à la maison, même si c'était la dernière personne qu'il s'était attendu à voir débarquer dans sa vie. Le jeune homme ne s'en plaignait pas, Kakashi était de bonne compagnie et leur arrangement lui convenait parfaitement ainsi.

Quand le professeur ressortit de la salle de bain, Kakashi était réveillé et debout face à lui. Il le regardait d'un air étrange, Iruka crut même y déceler de l'inquiétude.

"C'est ton sang ?" lui demanda-t-il en lui montrant l'uniforme que le professeur avait jeté dans la panière à linges sales un peu plus tôt.

"Non," répondit Iruka interloqué.

"Es-tu blessé ?" poursuivit le jônin.

"Rien de grave."

Iruka adressa au ninja copieur un regard interrogatif.

"J'ai eu peur," lâcha ce dernier pour répondre à sa question muette.

"Peur ?" répéta le chûnin dubitatif.

Il le dévisagea avec attention. Il y avait quelque chose de différent chez Kakashi depuis quelque temps déjà, dans son œil visible, l'intonation de sa voix mais surtout dans son attitude. Quelque chose en lui avait changé.

Iruka avait bien surpris quelques regards insistants mais il avait toujours cru que c'était son imagination qui se jouait de lui ou bien qu'il s'agissait d'une bizarrerie du génie au Sharingan.

Kakashi avait eu peur pour lui.

Peur… pour lui ?

Le jeune professeur devint livide quand il comprit enfin de quoi il s'agissait et des implications que cela engendraient.

"Ce n'était pas prévu dans notre contrat, Kakashi-sensei," dit-il d'une voix blanche.

"Je sais," se contenta de répondre l'autre.

Ils ne devaient qu'échanger de l'affection et trouver du réconfort en se tenant compagnie. Ni plus, ni moins. Aucun sentiment plus profond. Juste un échange affectif qui leur permettait à l'un et à l'autre de ne pas sombrer dans la dépression.

"Depuis quand ?" demanda Iruka durement.

Le ninja copieur haussa des épaules. Il n'était pas capable de lui donner une date précise.

"J'en sais rien, depuis quelques temps déjà."

Le chûnin ne savait pas s'il devait se mettre en colère.

"As-tu conscience que ce n'est plus possible de continuer ainsi ?"

"Je sais."

Il y eut un silence pesant. Iruka n'avait aucune envie d'avoir une discussion de ce genre maintenant, du moins, pas après les derniers jours qu'il venait de passer. C'était trop. Il avait besoin de se poser et de réfléchir. Il avait besoin de faire le tri dans ses sentiments et de mettre de l'ordre dans ses idées mais il ne pouvait pas le faire avec Kakashi à proximité.

"Tu devrais partir," lâcha-t-il finalement.

Kakashi fit de son mieux pour ne pas tressaillir, pour ne pas montrer que les derniers mots du professeur lui avaient fait mal. Il avait su que c'était une mauvaise idée de tout lui avouer, même à demi-mots. Il l'avait su depuis le début mais jamais il ne se serait douté que le chûnin le jetterait ainsi dehors sans même chercher à discuter. La règle n°4 venait d'être enfreinte et le retour en arrière était impossible.

Le ninja copieur recula lentement, il ne réalisait pas encore que leur arrangement venait de prendre fin brutalement. Il saisit son gilet et enfila ses sandales mais avant de sortir, par la porte d'entrée cette fois, il eut un dernier regard pour Iruka. Celui-ci n'avait pas bougé. Quand la porte se referma, Kakashi devina qu'elle ne s'ouvrirait plus jamais pour lui.