'zik: Yiruma – River flow in you

Je n'avais pas remarqué qu'Edward roulait beaucoup trop vite, je ne fus alarmée que lorsque nous arrivâmes à la lisière de la forêt.

Il sortit la chaise roulante du coffre, la déplia, m'aida à sortir de la voiture et me déposa dans la chaise. Nous commençâmes à marcher -enfin lui- le long du sentier, puis nous commençâmes à parler.

- Qu'est-ce que tu aimes à part la nature? me demanda-t-il avec un sourire que je sentis même de dos.

- J'aime beaucoup le sport, en particulier la course de vitesse, le cinéma : je suis presque incollable et surtout la musique rythmée sur laquelle on peut se déchaîner, dis-je à l'idée de pouvoir danser à nouveau ou du moins bientôt.

- Tu aimes la danse ? me questionna-t-il.

- Oui j'adore ça, avant mon accident, je me suis mis à apprendre le break dance et je trouve que je m'en sors plutôt bien.

- Tu apprends dans un club ?

- Non ! m'écriais-je, depuis que j'ai l'âge de 10 ans je danse… et seule !

- Whoo! Calme tigresse! rigola-t-il. Et pour la course de vitesse, tu es bonne ?

- Oui ! j'adore ça ! je le tiens en fait de mon père sauf que lui, il courait pour éviter de se faire punir, dis-je en éclatant de rire. Il se joignit rapidement à mes rires.

Plus tard, nous arrivions dans une grande clairière, d'ailleurs elle était magnifique, j'en étais éblouie par sa grandeur et de sa splendeur.

- C'est ici que nous jouons au baseball avec ma famille, me dit-il.

- Chouette ! Je pourrais vous voir de temps en temps ?

- Euh on verra ! D'abord on va essayer de te mettre debout et de te faire tenir en équilibre, tu te sens bien ?

- Oui très ! Je n'avais même pas à me poser la question, il avait juste à être près de moi.

- Tant mieux. Accroche toi à ma nuque.

Il se rapprocha de moi, et j'agrippais sa nuque, il me souleva et me reposa lentement sur le sol, je me libérais de sa nuque froide qui me faisais frémir et essayer de tenir debout, je n'y parvins cependant pas et me retrouvais bientôt dans ses bras. On renouvela l'essai, mais cette fois-ci il me tenait aux hanches, pas fermement mais plutôt de peur de ne pas me faire mal. Je fermais les yeux pour contrôler, du mieux que je pouvais, mon corps, je sentais ses yeux sur moi, j'esquissais un petit sourire gênée, puis je tentais de me délivrer de ses mains -sans le vouloir- pour essayer de tenir seule, je tenus une dizaine de secondes avant de retomber à nouveau dans ses bras. Je relevais alors la tête et le vis sourire, il était fier de moi. Ce sourire, son sourire, me fis craquer, je ne peux même pas m'en passer, enfin à partir de maintenant je ne pourrais plus m'en passer.

Il me rassit sur mon siège et me dit :

- Je pense que ça suffit pour aujourd'hui.

Oui. Il faut absolument rentrer tout de suite ? lui demandais-je, espérant une réponse négative.

Tu n'en as pas envie.

C'est pas très drôle à l'hôpital.

Une petite balade ?

Oui !

C'est parti. T'es nouvelle ici, tu viens d'où en fait ?

Ottawa. Mais je t'avouerais que je n'ai pas très envie d'en parler.

Ok. T'as des amis, de la famille ici ?

Non, je suis venue ici par hasard.

Tu vas rester longtemps ici ?

Je pense que oui. L'idée de me séparer de lui à cet instant précis m'étais insupportable. Serait-il possible que tu m'aides ? Pour une inscription au lycée ?

Sans problème.

Pour me procurer les affaires qui vont avec ?

Je les ai en plusieurs exemplaires.

Pour me faire connaître le coin ?

Compte sur moi.

Et… tu n'as pas une idée où je pourrais loger après ma sortie de l'hôpital? questionnais-je, timide de la réponse à venir.

Ça c'est une autre histoire.

Il faudrait que je me trouve un travail, mais je ne connais rien de cette ville, seulement toi, ton père et un garçon qui sautait d'une falaise.

Ta mémoire te reviens peu à peu on dirait.

Tant mieux, dis-je souriante.

Un garçon qui sautait de la falaise ?

Oui avec ses copains. Sur une plage. La Pu… Le nom, lui, ne me parvenais pas

La Push.

Oui, acquiesçais-je.

Jacob Black, parlant à lui même, visiblement agacé.

J'en sais rien, ignorant son prénom.

C'était une affirmation, rigola-t-il. Je vais t'aider pour tout ça, t'en fais pas, on fait ça demain ?

Ok. De toute façon je ne peux rien faire d'autre. Et on pourras retourner ici, que j'essaye de sortir de cette fichue chaise ?

Bien sûr, me répondit-il avec un clin d'œil.

Sur ces mots, nous retournions à sa voiture. Il m'assit contre le dossier du siège, rangea la chaise roulante, et s'assit au volant, il mit le contact et nous partions de ce magnifique endroit. Je lui demandais alors :

Où est ma voiture ? Est-ce qu'elle est réutilisable ?

Ta voiture est… fichue.

Oh non ! je l'aimais beaucoup cette voiture, dis-je déçue.

Si tu veux je pourrais être ton chauffeur.

Non ! m'écriais-je.

Pourquoi ? demanda-t-il surpris.

Heu… je suis insupportable, mentis-je.

J'ai connu pire.

Merci, c'est sympa.

J'y crois pas, rigola-t-il. Je rigolais moi-même de mon antithèse.

Nous arrivions à l'hôpital, trop tôt à mon goût. Il sortit la chaise roulante, m'aida à sortir de la voiture et me déposa dans la chaise. Nous faisions signe à son père pour lui montrer que nous étions là. Arrivés à ma chambre, il me porta et me déposa dans mon lit, je soupirais Je le regardais il faisait de même, je le remerciais de cette journée et de l'aide qu'il m'apportais et m'apporteras dans les jours à venir. Il me faisait son fameux sourire en coin, je devins rouge jusqu'aux oreilles, il rigola, me souhaita une bonne fin de journée, se retourna pour sortir mais je l'interpellais avant :

Est-ce que tu pense que j'abuse de toi, si je te demande de rester encore un peu? Tentais-je.

Non, si tu veux je peux rester jusqu'à ce que tu t'endormes ? me proposa-t-il.

D'accord, je me sentirais moins seule, merci, heureuse de sa réponse.

Service.

Il alluma la télévision pour que je m'endormes au plus vite, le problème c'est que j'y parviens rarement, sauf lorsque il s'agit d'un navet . Il remarqua qu'à la fin du film, je ne dormais toujours pas, alors il chantonna une musique, plutôt une berceuse je dirais: quelques minutes lui suffirent pour m'endormir, alors je sombrais.