Le lendemain je me réveille vingt minutes avant le réveil. Je suis dans une forme du tonnerre j'ai envie de sauter partout ! Si bien que je déjeune, me brosse les dents, m'habille, me maquille et suis déjà prête alors que mon réveil n'a pas encore sonné. Bon, et bien je vais jouer de la guitare en attendant. Au bout de dix minutes ma mère rentre dans la chambre, mal réveillée apparemment :
« Mandy chérie pourrais-tu jouer moins fort ! Bah j'imagine que normalement je devrais te disputer mais je pense que ce sont les bonnes ondes qui agissent sur toi ! Tu vois j'ai éloigné les mauvais esprits c'est pour ça !
- Euh… Oui maman bien sûr ! J'allais te le dire ! Mais c'est compris tu peux retourner dormir je pense que je vais arrêter de jouer…
- Comme tu voudras mon cœur. »
S'il y a bien un truc que je déteste c'est qu'elle m'appelle 'mon cœur', 'ma petite chérie' 'ma bichette' 'ma Mandy d'amour !'… Et encore, là elle m'appelle comme ça en privé, mais je crois que je vais l'éviter en public. Dans sa phase hippie, qui sait ce qu'elle est capable de faire ! Bon, on commence la journée par « Musique », et bien c'est très bien ! Je suis tout à fait prête à jouer de la guitare et à chanter. J'arrive en avance, j'attends devant la salle, mon Ipod sur les oreilles. Afin de mieux profiter de la musique je ferme les yeux. Je sursaute soudainement lorsque je sens une main sur mon épaule. J'ouvre les yeux et vois Sam, debout devant moi, l'air gêné. J'enlève les écouteurs et lui parle.
« Euh… Oui ? Qu'est-ce qu'il y a ?
- Je viens te donner quelques documents que j'ai trouvés. En fait ce matin je me suis réveillée assez tôt et comme je n'étais pas fatiguée… Enfin bref j'ai fait quelques recherches.
- Wouah… Euh d'accord merci… - Je prends les documents et les range. J'ai bien envie d'essayer de parler un peu avec elle. - C'est marrant, moi aussi je me suis réveillée tôt ce matin. Mais moi je me suis entraînée sur la chanson en musique…
- Ah… Ça aurait été plus intelligent de faire aussi des recherches. La guitare tu t'entraînes toutes les heures de musique. Le français on ne recherche pas pendant tout le cours.
- Ah… Et bien excuse-moi encore une fois de ne pas être aussi intelligente que toi. Mais bon dans ce cas hein je ne vois pas pourquoi continuer la conversation, la chanson de Taylor Swift sera bien plus intéressante. »
Avec ça, je remets mes écouteurs sous les yeux effarés de Sam. Incroyable, chaque fois que j'essaie de lui parler seule à seule, elle me fait la leçon sur telle chose que j'aurais dû faire, tel truc qui prouve que je suis bête à souhait etc. Et après on dit que c'est moi la fille sarcastique et méchante qui se moque de tout le monde.
Après cela, elle n'est pas venue me parler de toute la journée. Elle m'a regardée de loin de temps en temps, détournant son regard lorsque moi je la regardais. On n'a pas eu français aujourd'hui, donc pas eu à travailler. Le soir sur msn j'étais sur le point de conter toute cette mésaventure à NotDesperateHousewive lorsque soudain j'ai vu le petit rectangle annonçant une conversation en bas à droite de l'écran s'afficher :
GreenFunnyGirl : Désolée.
Très surprise, et ayant besoin de temps pour que l'information me monte au cerveau je ne répondis pas tout de suite et envoyai :
M ndy : ?
GreenFunnyGirl : Désolée pour ce matin. C'est vrai que j'ai été assez énervée en ce moment… Enfin bref.
M ndy : Ah… (Admirez l'intelligence de cette réponse) Ben, c'est pas grave… Mais… Si c'est pas indiscret… Tu es énervée pourquoi ? Il y a quelque chose qui ne va pas ?
GreenFunnyGirl : … Je ne peux pas vraiment t'en parler. De plus te connaissant, tu vas certainement te moquer et faire de moi la risée de tout le lycée…
M ndy: Non pas forcément…
GreenFunnyGirl : Arrête ! De plus je suis une amie de Clover, alors ça te pose encore moins de soucis moral…
M ndy : C'est faux… C'est pas parce que tu es une amie de Clover que je te déteste !
GreenFunnyGirl : Ah ? Et pourquoi alors ? Pourquoi me détestes tu ?
J'eus envie de commencer ma réponse par « ça ne va pas ! » mais je supprimais et optais pour un simple :
M ndy : Je ne te déteste pas ! Qu'est-ce qui te fait croire ça exactement ? La plupart du temps, c'est envers Clover que je suis sarcastique ! Et d'ailleurs je ne comprends pas ce qu'une fille aussi intelligente que toi fait avec elle.
GreenFunnyGirl : Peut-être que tu ne la connais pas si bien aussi. Elle n'est pas aussi bête qu'elle en a l'air.
M ndy : Ah mais moi je le suis alors tu me le rappelles bien de façon quotidienne c'est ça ?
GreenFunnyGirl : Je t'ai déjà dit que j'étais désolée… Mais tu ne pourrais pas comprendre.
M ndy : Pourquoi ?
GreenFunnyGirl : Tu me prendrais pour une folle… Si tu savais ce que j'ai pu imaginer ces temps-ci… C'est ridicule.
M ndy : De quoi ? Qu'as-tu imaginé ? Qu'est-ce qui est ridicule ?
GreenFunnyGirl : Laisse tomber Mandy… Rien ne peut m'assurer que tu ne diras jamais rien aux autres.
M ndy : Ma parole ne vaut rien alors… Mais tu ne t'es jamais dit que je n'étais peut être pas exactement ce que tu peux voir de moi au lycée ?
GreenFunnyGirl : A vrai dire… Si. Mais tu avais l'air si froide lorsque l'on travaillait chez toi. Si bien que je me suis dit qu'il n'y avait peut-être qu'une différence ; au lycée tu as un public alors tu amuses avec des moqueries, et chez toi, étant donné qu'il n'y a personne pour nous regarder, ma présence t'agace.
M ndy : … Tu te trompes… Tu te trompes totalement… Si tu savais… Enfin… Je ne peux pas te le dire non plus… Tu le dirais à Clover.
GreenFunnyGirl : Non pas forcément… Enfin… Merde… Je dois éteindre, ma mère arrive, j'aurais dû éteindre il y a dix minutes…
M ndy : Tu te couches aussi tôt ?
GreenFunnyGirl : Non heureusement que non lol… Mais on a des invités ce soir et normalement je devrais pas être là… Enfin bref on se voit samedi chez moi 14h30 ça te va ?
M ndy : D'accord pour 14h30. Bye et bonne nuit.
GreenFunnyGirl : Bonne nuit. Bisous.
Après cette phrase, elle se déconnecte. Et ben… Sa mère a l'air vraiment à cheval sur les règles à ce que je vois… Bon, je pense aller parler à NotDesperateHousewive… Puis je vois qu'elle est hors ligne elle aussi. Bizarre, d'habitude elle est connectée à cette heure de la soirée. Bon, et bien dans ce cas je vais faire des recherches sur les mouvements littéraires.
Le lendemain, je vais en cours (oui je sais, c'est évident, on est vendredi et je ne vais quand même pas commencer à sécher les cours…). Tout se passe bien, l'après-midi on a cours de français à 14h, ce matin Sam est arrivée avant Clover et Alex, elle m'a dit « bonjour » en souriant. J'étais assez surprise. D'habitude, à cause de la présence de ses amies et des miennes je pense, on ne se dit pas bonjour. On se croise, je m'engueule avec Clover, on se regarde de haut, on s'évite… Je suis assez contente, j'ai l'impression d'avoir, comme on dit, des « papillons dans le ventre ». Je me sens niaise, tout ça parce qu'aujourd'hui elle m'a dit « bonjour ». Ridicule. En tout cas, je lui ai aussi répondu en souriant « bonjour ». Son sourire a semblé se relever un peu plus et elle est partie en serrant un peu plus ses livres contre elle. Notre belle prof de français arrive. Je ne suis plus à « baver » sur elle, à partir du moment où j'ai l'impression que ça va mieux avec Sam, je n'ai plus envie d'essayer ailleurs. Elle nous annonce le programme du jour :
« Bonjour à tous ! Aujourd'hui vous allez travailler sur votre exposé. Vous vous mettez donc à une table avec votre binôme. Mandy par contre j'aimerais vous voir en privé.
- Ah ?… »
Quelques jours avant, entendre cela m'aurait certainement beaucoup plu, je me serais très certainement imaginé un scénario prof/élève excitant et tout… Mais aujourd'hui je me demande juste ce qu'elle me veut.
« Salut Mandy…
- Euh… Bonjour Madame.
- Je viens te parler du projet dont justement, je t'avais déjà un peu parlé.
- Ah euh oui… Et donc en quoi consiste-t-il en fait, ce projet ?
- Je voulais te demander d'écrire une histoire un peu spéciale… En fait, c'est l'histoire de ce lycée.
- L'histoire de ce lycée ?… Elle est si palpitante que ça ?
- Disons qu'il y a une légende sur sa fondation, et qu'à la base, il n'est pas censé y avoir de lycée ici. Par contre, tu n'as pas de mal à écrire des histoires lesbiennes ? Je veux dire, ça ne te met pas mal à l'aise ?
- Je… Oh non ! Oh pas le moins du monde !
- Bien, dans ce cas je te résume la légende portée sur le lycée ; À la base, ce n'était qu'une petite école de femmes dans laquelle allaient toutes les filles du village, riches ou pauvres. La professeure tenait à ce qu'elles puissent toutes venir, et ce peu importe l'argent dont leur famille disposait. Un jour, une élève est tombée amoureuse d'elle, elle lui envoyait des roses, lui écrivait des lettres etc. Mais la professeure savait bien que leur amour était impossible, bien qu'elle l'aimât aussi. Puis elles ont fini par avoir une liaison, cachée bien sûr. Leur passion ne fut pas découverte, mais la jeune fille fut obligée de partir loin se marier à un homme choisi d'avance par son père. L'école commençait à manquer d'argent, elle finit par fermer, la professeure continuant à vivre dans le village, seule. Des années plus tard, cet homme mourut, la jeune fille hérita alors de toute sa fortune. Elle retourna alors à Beverly Hills et reforma l'école avec cet argent. Elle devint professeure elle-même, redonnant aussi un travail à son ancienne amante. Après cela, elles ont fini par vivre ensemble. La rumeur de leur relation courait dans le village, mais personne ne voulut jamais les dénoncer à une quelconque police. L'école devint alors plus célèbre, le village devint une ville, et beaucoup de riches bourgeois vinrent inscrire leurs enfants ici, donnant aussi des dons pour agrandir l'école et avoir plus de professeurs, tandis que ces deux femmes restaient les directrices.
- Wouah… Mais c'est génial ! Enfin je veux dire, cette histoire est vraiment jolie je trouve.
- Oui, mais comme je te l'ai dit c'est assez résumé. Il faudra que tu fasses quelques recherches pour combler les péripéties manquantes. Aussi, j'aimerais beaucoup que tu choisisses quelqu'un de confiance pour le faire avec toi. »
Sam… Non je ne peux pas choisir comme ça d'être avec elle sans lui avoir demandé avant.
« C'est d'accord mais… Je peux réfléchir un peu pour la personne avec qui l'écrire ?
- Oui, c'est comme tu le voudras, mais plus tôt tu auras choisi, plus tôt tu pourras t'y mettre.
- Oui madame. Bien, je… Je peux aller travailler maintenant ?
- Oh bien sûr. Je te laisse. » Elle me sourit chaleureusement tandis que je retourne vers Sam. En me retournant, j'ai vu qu'elle nous regardait, un instant, son regard m'a semblé hostile, mais là, elle vient de tourner la tête, se replongeant sur une de ses fiches.
« J'ai fait des recherches hier soir, vu que je n'avais rien d'autre à faire. » En disant cela, je lui souris. Elle essaie de me le rendre mais je sens que cette fois-ci elle se force légèrement.
« Ah… C'est bien. Dis-moi… Elle t'a demandé quoi la prof exactement ? Je veux dire, si bien sûr ce n'est pas trop personnel…
- Oh non ! Tu te souviens elle m'avait dit devant toi qu'elle souhaitait me donner un projet à faire… Là elle m'en a parlé plus précisément et… Elle veut que je choisisse quelqu'un avec qui le faire.
- Ah ? Et… Tu as choisi ?
- A vrai dire… J'aimerais que ce soit… J'aimerais bien le faire avec toi en fait. Enfin, si ça ne te dérange pas… »
Sam sembla soudain très surprise, je crus la voir légèrement rougir puis elle baissa un peu la tête, avant de me regarder à nouveau.
« Ah et bien… Non au contraire. Ça me fait très plaisir. Et donc… De quoi parle ce projet ? »
J'allais lui répondre lorsque Madame Chenal nous interrompit. « Changement de programme tous à vos places, j'avais oublié on a quelque chose d'urgent à faire ! Aussi, je vous rappelle que la date de présentation de vos exposés a été avancée à lundi ! Vous n'avez donc que ce week-end pour les terminer. Veuillez m'excuser mais cette leçon ne peut attendre… »
Les élèves grognèrent en chœur, puis retournèrent à leur place. Cette nouvelle était loin de leur plaire. Avant, ils pouvaient parler à voix haute tant qu'ils voulaient, ils pouvaient même parler d'autres choses que du français, et maintenant, non. Je me retournai vers Sam et lui chuchotai « Je t'expliquerai demain chez toi, ok ? » Sam me fit un « oui » de la tête et nous repartîmes à nos places respectives.
Samedi, enfin. Je scrute avec impatience la grande horloge de notre salon, attendant 14h pour partir. Je ne tiens pas en place. Ma mère me propose un de ses trucs de hippie pour me calmer mais je refuse gentiment ses offres. Je suis bien trop stressée pour répondre quelque chose de sarcastique comme à mon habitude. J'arrive chez Sam, je respire un grand coup et appuie sur la sonnette. Une femme d'une quarantaine d'années vient ouvrir. C'est fou ce qu'elle ressemble à Sam. Les cheveux roux, les yeux merveilleusement verts. Elle a aussi un air très sérieux, je vois de qui tient Sam. Je balbutie :
« Bon… Bonjour madame ! Je viens voir Sam pour l'exposé…
- Ah oui ! Tu dois être Mandy… Entre donc ! Sam est en haut, elle doit t'attendre. » Elle me sourit à présent. Tiens, elle est plus jolie et fait un peu plus sympa ainsi. C'est fou ce qu'un simple sourire peut changer les gens. Je monte et toque à la chambre de Sam. J'entends du bruit derrière la porte, puis elle arrive.
« Ah euh… Salut ! Je t'attendais. Enfin, ça tu le sais déjà… » Sa réplique me fait sourire, je réponds :
« Oui je le sais déjà… Mais tu as raison de me le rappeler, c'est qu'avec tout l'encens que me fait respirer ma mère en ce moment… Qui sait si ça n'atteint pas un peu ma santé mentale. Ce qui, en somme, expliquerait beaucoup de choses je l'avoue… » Sam rit alors à ma réplique, rougissant un peu, elle est vraiment belle aujourd'hui. Non pas qu'elle soit moche d'habitude, mais elle a tellement plus de charme quand elle semble aussi bien et décontractée avec moi. On commence à travailler sur l'exposé, je ne pense même pas à lui parler du projet. Finalement, c'est elle qui me demande. Je le lui explique, l'idée a l'air de l'enchanter.
« C'est génial comme idée !
- C'est ce que j'ai pensé aussi. Mais au fait sur msn, tu m'avais parlé de quelque chose que tu ne pouvais pas me dire… Sur msn, justement.
- Ah et bien… Je ne sais pas si tu pourrais comprendre. Quoique… L'histoire du lycée, elle te plait ? Je veux dire, elle t'inspire vraiment ? Malgré que ce soit deux lesbiennes ?
- Oui, mais pourquoi ne veux-tu pas me dire ? Tu me penses si indigne de ta confiance ? Si stupide ?
- Non non ! Mais… C'est pas tellement le fait que tu ailles le répéter ou pas Mandy mais… C'est plutôt ta propre réaction qui me fait peur. » Sans m'en rendre compte, je me rapproche légèrement, mettant ma main sur la sienne.
« Je te fais peur alors ?
- Non ce n'est pas ça… » Elle tourne la tête, en faisant ça, je me rends compte que sa bouche n'est qu'à cinq centimètres de mes lèvres…
« Si je te le dis… Tu me promets de ne pas t'enfuir d'ici en courant ?
- Je crois que tu pourrais me dire n'importe quoi là à ce moment précis je n'aurais pas envie de m'enfuir…
- Ah… » Sam n'a toujours pas bougé, moi non plus. « Et… Et n'importe quoi que je fasse là, maintenant, tu ne t'enfuirais pas en courant ?
- A moins que tu ne veuilles me trucider avec un couteau, non, je ne crois pas… » Sam rit légèrement, et rapproche soudainement ses lèvres pour venir m'embrasser. Je réponds au baiser. Ce que c'est bon… J'aimerais qu'elle ne s'arrête jamais. Je ne me rends plus compte de ce que je fais, tandis que j'étends Sam sur le dos, contre le sol. Le baiser ne s'arrête pas, et je sens malgré moi que j'ai envie de plus tandis que mes mains commencent à se balader sur son corps. Le baiser s'arrête et j'arrête moi aussi mes caresses qui se font peut-être un peu trop rapidement et un peu trop osées pour l'instant… Je parle la première :
« Désolée… J'ai peut-être été un peu loin…
- Non… Ça allait… En effet c'était peut-être un peu rapide mais… On a tant attendu. Enfin, j'ai tant attendu personnellement… Je ne sais pas pour toi…
- Je ressens la même chose… Je t'aime. »
Le baiser repart de plus belle. Quand il s'arrête, Sam me murmure à l'oreille « Je t'aime aussi… »
On se relève ensuite, peut-être un peu à contrecœur, mais il faut finir l'exposé. Sam a mon numéro de portable à présent, et j'ai le sien. Avant que je ne parte, elle m'avoue :
« Au fait… Je pense qu'il y a quelque chose que je dois te dire…
- Oui ?
- Tu… Tu te souviens le… Le petit mot idiot que tu avais reçu une fois en cours de français ? Et bien… Et bien… » Sam a les mains derrière le dos, elle rougit comme un enfant honteux qui confesse sa faute. Elle ne semble pas vouloir terminer sa phrase que je devine.
« C'était toi !
- Et bien… En quelque sorte. Désolée… J'étais un peu jalouse il faut dire… » Je ris en la voyant si embarrassée et en repensant à ce mot. Finalement ça ne m'étonne pas.
« Ce n'est pas grave au contraire. Ça prouve que tu tiens à moi dans un sens. Enfin, maintenant on est vraiment ensemble… » Sam fait un « oui » de la tête et m'embrasse une dernière fois. Je descends, je vois que sa mère est sur l'ordinateur. Elle est sur msn apparemment, une fenêtre de conversation avec un contact hors ligne est ouverte, elle regarde l'historique… Tiens, je connais cet avatar… Mais c'est le mien ! Et… Non… Son pseudo à elle c'est…
« NotDesperateHousewive ?! » Je ne sais pas quel réflexe imbécile m'a poussé à le dire tout fort, mais le fait est que maintenant elle est retournée, face à moi, l'air que peut avoir quelqu'un lorsqu'il découvre que la fille avec qui il parle depuis des années se trouve comme par miracle face à lui…
« Euh… Alors tu es ?… C'est toi M ndy ? Mais alors ta rouquine c'est ?…
- Euh… Oui c'est… »
A vrai dire, j'imaginais mes futures relations avec ma future belle-mère autrement. Je n'imaginais pas que celle-ci connaîtrait déjà tout de moi avant même que je ne rencontre sa fille. On se fixe quelques instants sans savoir quoi dire. Sam, qui est en haut de l'escalier, observe la scène, l'air de quelqu'un qui se demande ce qu'il se passe.
« Et bien… Heureuse de faire ta connaissance en vrai ! » Elle se lève et me sert la main.
« … Moi de même ! » Je lui fais un sourire et m'en vais, me sentant à présent assez bête. Bah, je ne devrais pas m'étonner. Sur terre, il n'y a que moi à qui il arrive des choses pareilles. Il n'y a que moi pour avoir utilisé ma future belle-mère comme un psy via msn !…
