Chapitre 6 : Chasse aux Horcruxes.
Je me suis invitée à une des petites soirées des Mangemorts et alors que j'entre tous les regards se tournent vers moi. Faut dire que je dois détonner un peu parmi tout ce noir. Moi aussi j'en porte en majorité mais il y a aussi du rouge dans ma tenue. Je porte un jean noir serré dont le bas disparait dans mes bottes qui m'arrivent aux genoux, ainsi qu'un bustier noir et rouge sombre avec des manches évasées d'un rouge plus vif. Le tout complété par une longue cape dont la doublure est en satin rouge. Oui, c'est surement ça qui attire l'œil, à moins que ce soit le fait que je suis l'une des rares femmes présentes, ou alors l'assurance que je dégage et qui n'est pas feinte.
- Quelle superbe apparition, que voilà ! s'exclame l'hôte qui n'est autre que Malefoy. Je ne crois pas avoir le plaisir de vous connaître.
Je m'étonne un moment de ses paroles puis me rappelle du sort de métamorphose que je me suis lancée avant de venir.
- Sûrement parce que nous ne nous sommes jamais rencontrés.
- Que faites-vous ici, alors ?
- Elle m'accompagne, intervient Severus qui vient d'arriver. Désolé de t'avoir fait attendre, Anne.
- C'est bon, je viens d'arriver. Tu ne voulais pas me présenter quelqu'un ?
- Si, suis-moi.
- …
- Tu es folle de venir ici, chuchote Severus furieusement.
- Comment tu m'as reconnue ?
- Tu es la seule idiote que je connais assez folle pour se jeter dans la gueule du loup… Une deuxième fois.
Sa colère ne déclenche pas du tout la réaction à laquelle il devait s'attendre puisqu'il me fusille du regard quand je me mets à pouffer de rire.
- Ce n'est pas drôle.
- Dé_ … Désolée.
Je ne m'arrête pas de rire pour autant et il continue à me lancer des regards peu amènes. Je finis donc par me contenir.
- C'est bon, t'as fini ?
- Oui, confirme-je.
- Qu'est ce que tu fais là ?
- Je veux savoir qui sont les plus influents, dans lesquels il a confiance.
- Pourquoi ?
- J'ai mes raisons… Alors ?
- Et bien, il y a Malefoy, Lestrange qui est là-bas, Rosier, Mulciber… J'aurais tendance à dire que c'est tout. Après, ce ne sont que des larbins.
- On va leur parler ?
- Tu vas me mener à ma perte, Ky_ Anne,… Anne comment, d'ailleurs ?
- Anne Smith. On est amis d'enfance, je reviens d'Amérique pour affaire familiale.
- Ok.
Severus me "présente" donc à ses "amis" et je suppose rapidement que ce sont Malefoy et Lestrange qui sont en possession des Horcruxes. Il émane d'eux un tel sentiment d'assurance et de supériorité. Ils sont tellement fiers qu'IL les ait choisis pour protéger ses biens qu'ils ne se rendent même pas compte que s'IL le veut, il peut se débarrasser d'eux à tout moment.
- Severus, je commence à être fatiguée, tu me raccompagnes ?
- Oui, bien sûr.
On sort du manoir des Malefoy et on transplanne dans ma rue.
- Tu m'éloignes du manoir ?
- Oui.
- Annule ce sort, c'est troublant.
Je m'exécute en riant et adresse un sourire à mon ami.
- Merci pour ce soir.
- De rien, mais arrête de te jeter dans les ennuis comme ça.
- Je vais essayer… Dis-moi le Lestrange à qui tu m'as présenté, c'est bien Rodolphus, le mari de Bellatrix ?
- Oui, c'est lui, pourquoi ?
- Juste comme ça, pour savoir. Bonne nuit Severus. Et évite le manoir des Malefoy dans les jours qui viennent.
- Je préfère ne pas te demander pourquoi.
- Bonne idée.
- Bonne nuit Kyra.
Il transplanne et je rentre chez moi. Je prends une douche rapide et file me coucher. La journée de demain risque d'être bien remplie.
Je me tiens devant le manoir des Malefoy. Le soleil est en train de se lever et j'attends que Lucius sorte pour se rendre à son travail. Ah, d'ailleurs la porte s'ouvre. Enfin ! Je raffermis ma prise sur ma baguette et m'avance à sa rencontre. Il commence par sourire pensant que je suis Anne Smith à cause de mes vêtements, mais son sourire disparait rapidement quand il me reconnaît et il sort sa baguette. Je le désarme d'un Expelliarmus bien placé et récupère sa baguette au vol alors qu'il tombe à la renverse. Je m'approche et pointe ma baguette sur sa gorge.
- Ton maître t'a donné quelque chose à quoi il tient beaucoup, pour que tu le caches. Où est ce que tu l'as mis ?
- Comme si j'allais te le dire. Pour ça, il faudrait que je pense que tu pourrais avoir le cran de me faire du mal et c'est pas le cas.
- Alors, sache que je n'ai rien à perdre et que je n'hésiterais pas à faire du mal à tes proches, menace-je. D'autant plus que je n'ai plus tout à fait le contrôle de mes pouvoirs. Je pourrais tout bruler par accident.
- Tu ne ferais pas ça ?
- Tant que tu ne me contraries pas, tout ira bien. Alors où tu le caches ?
- Laisse-moi me relever, je t'y amène.
- Bien, tu deviens raisonnable.
Je m'écarte un peu le temps qu'il se relève puis il me conduit à l'intérieur.
- Il est dans la bibliothèque, m'explique-t-il en me montrant le chemin.
Après plusieurs escaliers et couloirs, il ouvre une double porte qui révèle des rayonnages remplis de livres. Il se dirige vers le fond et prend religieusement un des livres. Je sens la même aura malsaine qui entoure les autres Horcruxes, s'en dégager. Lucius me le tend à contrecœur et je suis obligée de le lui arracher des mains pour qu'il le lâche.
- Son journal, murmure-je en l'ouvrant. Et maintenant, tu vas me faire le serment de ne rien révéler de ce qui s'est passé hier soir et aujourd'hui me concernant ou concernant ceci à qui que ce soit.
- Très bien, je t'en fais le serment.
- Tu crois vraiment que c'est aussi simple que ça ?
- … Je ne me lierais pas à toi avec un serment inviolable.
- Tu crois que ça me plait? Franchement ?
Lucius finit par céder sous la menace de subir un puissant sortilège d'oubli et je pars de chez lui, direction la demeure des Lestrange en espérant que Bellatrix sera chez elle.
Elle n'était pas là, du coup, j'en ai profité pour déposer le journal intime de Voldy à Poudlard et maintenant je suis sur le marché noir à la recherche de venin de Basilic et pour l'instant ma recherche n'a pas porté ses fruits. L'endroit étant peu fréquentable, je reste sur mes gardes, mes yeux attentifs aux moindres mouvements autour de moi et mon visage bien caché sous ma capuche. Je m'approche d'un étal qui parait prometteur, en tout cas j'espère, et le sorcier qui le tient s'empresse de m'aborder.
- Qu'est ce que vous cherchez ma petite dame ?
- Du venin.
- De quel animal ?
- D'un basilic, dis-je juste assez fort pour qu'il m'entende.
- Ah non, je fais pas de commerce illégal moi.
- Bah voyons, tu serais bien le seul ici. Et si c'est le cas, explique-moi ce que ces dents de dragons font là alors ? demande-je en montrant le fond de son étal. Et les crins de licornes qui dépassent de cette boite ? Si je me souviens bien, il faut avoir passé un contrat avec le ministère pour les vendre et on ne peut les vendre qu'à ceux qui ont l'autorisation de s'en servir.
- Très bien, c'est vrai, mon commerce n'est pas entièrement légal mais j'ai pas ce que tu cherches.
- Suffisait de le dire tout de suite. Tu connais quelqu'un qui pourrait m'aider à trouver ce que je cherche ?
- Possible mais les informations, c'est pas gratuit.
- Et moi, j'aime pas me faire avoir, c'est clair ?
- Très clair. Argent ?
- Il est là, dis-je en sortant une bourse de sous ma cape.
Je l'éloigne quand il tente de s'en emparer.
- L'information d'abord et si tu refuses, c'est pas grave, j'irais voir ailleurs.
- Je suis le seul à pouvoir te mener à celui qui te procurera ce dont tu as besoin. L'argent ?
- Non, j'ai pas encore eu mon info.
- Pas de fric, pas d'info.
- Ok… Dommage pour toi.
Je commence à peine à m'éloigner qu'il me rappelle.
- Attendez. C'est d'accord. Je connais la personne qu'il vous faut. Il se fait appeler Darkhell. Je peux vous organiser un rendez-vous.
- D'accord mais dans un lieu public et de préférence moldu.
- Je vais voir ce que je peux faire. Revenez demain, je vous dirais le lieu et l'heure.
- Parfait. Tenez et si tout se passe bien vous en aurez autant.
Il ouvre la bourse et ses yeux s'agrandissent. Il s'empresse d'hocher la tête et je sais que maintenant il fera ce que je veux. Je m'éloigne et retourne chez Bellatrix qui heureusement pour moi est là, cette fois. Je frappe et un elfe de maison vient m'ouvrir.
- Bonjour Madame. Que voulez-vous ?
- Je viens voir ta maitresse. Tu peux aller la chercher ?
- De la part de qui Madame ?
- Je préfère qu'elle ait la surprise.
- Bien, Madame.
J'attends quelques minutes puis la voix de Bellatrix me parvient.
- Tu l'as laissée dehors ? Mais qu'est ce qui t'est passé par la tête ? Il fallait la mener au petit salon !
- Bonjour Bella, salue-je d'une voix enjouée.
- Kyra ? … Finalement, tu as bien fait de la laisser dehors, elle n'est pas la bienvenue.
- Oh Bella, tu me brises le cœur, dis-je faussement blessée. Tu me fais entrer ?
- Dégage.
- Dans ce cas, je n'ai pas le choix.
Je sors ma baguette et force le passage.
- Qu'est ce que tu veux ? rage-t-elle en pointant sa baguette sur moi.
- Quelque chose que ton maître vous a confié à toi et à ton mari.
- Tu crois vraiment que je vais te le donner ?
- Non, j'en suis sûre.
Je lui prends sa baguette grâce à mes pouvoirs et place la mienne contre sa gorge.
- Alors, où c'est ?
- Je refuse de_
Elle s'interrompt quand une branche épineuse la gifle.
- Je n'ai rien à perdre Bellatrix. Et si toi, tu ne dis rien, je ferais parler ton mari, alors, dépêche toi !
Elle ouvre de grands yeux et j'y vois les miens remplis de flammes, littéralement.
- Viens.
Elle me conduit dans un salon, déplace un tableau et ouvre le coffre fort qui se situe derrière. Quel manque d'imagination.
- Tiens voilà.
Je tourne et retourne dans mes mains, la coupe qu'elle m'a remise puis je relève la tête vers elle.
- Jolie copie mais j'ai pas que ça à faire. Arrête de te foutre de ma gueule et donne moi la vraie !
Je vois Bellatrix se recroqueviller un peu sur elle-même.
- On l'a mise dans notre coffre à Gringotts.
- Et bien, allons-y.
- Je… Je prends la clé.
Elle prend une clé dans son coffre et va pour la mettre dans sa poche mais je la prends avant.
- Faudrait pas que tu la perdes, explique-je.
Je l'attrape par le bras et plante ma baguette dans son dos. On sort de chez elle et je nous fais transplanner sur le chemin de Traverse à proximité de la banque. Je la relâche légèrement pour ne pas avoir l'air trop louche.
- N'oublie pas que je n'ai pas besoin de ma baguette, moi.
Elle hoche la tête et je la fais entrer dans la banque. On se dirige vers le premier guichet libre et Bellatrix demande à aller à son coffre.
- Votre clé, s'il vous plait.
Je la sors de ma poche et la donne discrètement à Bella.
- Suivez-moi.
Oh non. J'ai mal au cœur rien que de penser au tour de montagne russe auquel on va avoir droit. J'ai découvert ça pour la première fois en accompagnant Sirius à son coffre l'été après notre septième année et j'en garde un mauvais souvenir. Et en effet, ça ne rate pas mais j'essaie de faire bonne figure. Le gobelin ouvre le coffre et Bellatrix et moi entrons, je me dirige d'instinct vers la coupe et la prends avec un frisson de dégout. Vivement qu'ils soient détruits. Leur aura me rend malade.
- Merci Bella, dis-je une fois que nous sommes ressorties de la banque. Pas un mot de ça à qui que ce soit. Ton maître t'en voudrait pour ton incompétence à protéger ses biens. De toute façon en quoi une petite coupe peut lui porter préjudice, lui qui est si puissant, n'est ce pas ?
Elle se contente de hocher la tête et je sais que pour l'instant elle ne dira rien. Elle a trop peur de moi et honte d'elle-même. Je l'abandonne sur le chemin de Traverse en transplannant à Poudlard.
- Rebonjour Professeur.
- Kyra ? s'étonne Dumby en relevant les yeux de ses papiers.
- Et oui. Regardez ce que j'ai trouvé, dis-je en lui montrant la coupe.
- Deux en une journée ? Je suis impressionné Kyra.
- Merci Professeur. Et avec un peu de chance demain, j'aurai de quoi les détruire. Et il sera temps, la concentration de leurs auras me rend malade.
- Fort bien. A demain alors ?
- Si tout se passe comme prévu.
