[16 Août – partie 1]

Le grand jour était arrivé. Lundi 16 Août, voilà, on partait à Londres. Il ne me restait donc presque rien de ma mère. Maman… Ca faisait déjà cinq ans qu'elle était morte. Elle me manquait tellement…

Arrivés à la Gare du Nord, nous prîmes le train, direction Calais, pour ensuite traverser la Manche et commencer définitivement notre nouvelle vie en Angleterre.

Je m'installai, face à mon père. Il n'y avait presque personne dans le train, de ma place, je voyais un couple de personnes âgées qui dormait, une jeune femme brune plongée dans la lecture de Victor Hugo, un garçon d'à peu près mon âge qui jouait sur son ordinateur portable et derrière moi, il y avait une fille aux cheveux en broussaille qui lisait « Les Animaux fantastiques » de Newt Scamander.

« Une sorcière, me suis-je dit. Peut-être que je la reverrai à Poudlard… »

Mon père a sorti son livre, juste au moment où je lui demandais :

"Je me demande comment va Harry. Ca fait plusieurs jours que je n'ai pas vu Hedwige. C'est vrai que voler de Little Whinging jusqu'en France…"

La fille derrière moi s'est brusquement redressée sur son siège, ce qui n'a pas été de toute discrétion.

"D'ailleurs, j'ai rêvé de lui. On était tous les deux dans une chambre d'enfant, et d'un coup, la porte s'est ouverte, une ombre est entrée, elle a lancé un éclair de lumière verte et… Je me suis réveillée."

Les mains de mon père se sont crispées sur son livre. Ses yeux se sont écarquillés, sa respiration s'est accélérée. Il… Il avait peur !

"Ce… Ce n'était qu'un rêve, après tout. Il ne faut pas le prendre au sérieux, hein ?"

J'ai froncé les sourcils et je l'ai regardé, intriguée. C'était la première fois qu'il se mettait dans un tel état après que je lui raconte un de mes rêves pour le moins étrange.

"Papa, et si ça ne se passait pas bien à Poudlard ? Si je n'avais pas d'amis ? Si Harry ne m'aimait pas en fait ? D'accord, on ne s'est jamais disputés, mais la dernière fois qu'on s'est vus, c'était il y a deux ou trois ans, et… Peut-être qu'il m'a oubliée ? Ca fait quand même une bonne semaine que je n'ai pas vu Hedwige !"

"Mais non il ne t'a pas oubliée ! s'est écriée la fille derrière moi."

Je me suis retournée et je l'ai dévisagée.

"Excuse-moi mais… On se connaît ? lui ai-je demandé."

Elle s'est mise à glousser en rougissant.

"Non, bien sûr que non, mais je connais Harry, c'est mon meilleur ami ! Je m'appelle Hermione. Hermione Granger. J'étais en France, chez ma tante pour le week-end, et là je retourne à Londres. Enfin bref, tu sais, Harry parle tout le temps de toi, il te connaît comme si tu étais sa sœur ! C'est assez drôle parce que tout le monde croit que tu es sa petite amie ! Mais c'est impossible, puisque tu es…"

"Sa cousine, ai-je répondu en hochant la tête."

"Oui et ben je dois dire que tu lui ressemble beaucoup ! Sauf les yeux, il a les yeux…"

"… Verts et les miens sont bleus. Alors… Il va bien ?"

Elle m'a regardée d'un air gêné, puis m'a soufflé :

"Sale histoire, il a protégé cet idiot de Dudley des détraqueurs et le ministère lui a fait passer une audience pour usage abusif de la magie, alors qu'il n'a fait que se défendre…"

"Et… Il n'a rien eu ?"

"Tu te rends compte, au début, il était expulsé de Poudlard ! Et puis, il a été suspendu jusqu'à l'audience et grâce à l'intervention de Dumbledore, il a été libéré de toute charge."

"Alors… Il sera à Poudlard cette année ?"

Elle s'est remise à glousser.

"Oui, bien sûr, toi aussi ? s'est-elle écriée."

Mon père l'a regardé avec de grands yeux.

"Un peu moins fort mademoiselle ! lui a-t-il dit."

"Excusez-moi… Oh mon Dieu vous êtes Jack Potter ! a-t-elle hurlé."

« Comment elle connait le nom de mon père, celle-là ? »me suis-je demandé.

"Vous êtes l'oncle de Harry ! a-t-elle repris de plus belle."

"Oui, oui, c'est moi, a-t-il chuchoté. S'il te plaît, parle moins fort !"

Elle a hoché la tête, avec un grand sourire.

"Tu es… Hermione n'est-ce-pas ? Madame Weasley m'a déjà parlé de toi. Il paraît que tu es la meilleure de la classe."

Elle s'est mise à rougir, et a répondu d'une petite voix timide :

"Oui, oui, c'est ce qu'on me dit…"

Mon père a repris sa lecture, et Hermione a repris :

"Vous allez rejoindre l'Ordre du Phénix, Monsieur Potter ?"

Il a relevé les yeux, et a répondu :

"Nous allons effectivement y rester pendant quelques temps, étant donné que l'Ordre se reforme à nouveau."

Je fronçais les sourcils. L'Ordre ? Qu'est-ce que c'était ?

"Vous descendez à King's Cross ? a demandé Hermione. C'est notre arrêt alors !"

Elle s'est levée, a rangé son livre sur les créatures fantastiques et s'est dirigée vers la sortie du wagon.

J'ai donné un petit coup de coude à mon père, qui a murmuré quelque chose d'incompréhensible et s'est levé en rangeant son livre dans son sac à dos. Nous sommes descendus du train, Hermione nous attendait sur le quai.

"Je viens de penser que… Si vous vouliez bien prendre le taxi avec moi pour rejoindre l'Ordre, étant donné que vous y allez aussi… Je ne suis pas très tranquille toute seule dans les taxis londoniens…"

"Bien sûr, a dit mon père. Ne t'inquiète pas."

Elle a pris un air gêné.

"Vous êtes pressés ? Je dois vraiment faire un tour aux toilettes…"

Mon père a souri et lui a fait signe qu'elle pouvait y aller. Il s'est assis sur un banc et s'est mis à lire.

"Je vais… m'acheter… une bouteille d'eau, lui ai-je balbutié."

J'ai attrapé mon porte-monnaie dans le sac à dos de mon père et suis partie vers le stand de boissons. J'achetai ma bouteille d'eau et cherchai le banc où mon père était assis.

« Quel sens de l'orientation, Emy ! » me suis-je dit.

Tandis que je me retournai, je me cognai contre quelqu'un.

"Pardon ! Je suis vraiment désolée ! m'excusai-je."

Il s'est tourné vers moi.

"C'est rien."

Je suis restée bloquée sur lui. Il était grand, mince, avec des cheveux blonds très clairs et des yeux bleu-gris. Je ne savais pas pourquoi, mais il me fascinait.

J'ai enfin retrouvé le banc, où Hermione et mon père m'attendaient.

"Alors ? a dit mon père d'un air malicieux. Tant de temps pour acheter une malheureuse bouteille ?"

"Il… Il y avait du monde… ai-je murmuré, encore sous le choc."

Nous sommes sortis tous les trois de la gare de King's Cross, mon père a appelé un taxi, et nous sommes partis en direction du « Quartier Général de l'Ordre du Phénix ». Je ne savais toujours pas ce que c'était que cet « Ordre du Phénix ».

Nous sommes arrivés dans la rue, Square Grimmaud. Mon père me dit :

"C'est le numéro douze."

J'avais beau regarder, il n'y avait aucun numéro douze. Ni entre le treize et le onze, ni entre aucun autre numéro. Mon père m'a regardée, il s'est mis à rire, puis à pointé du doigt un point entre deux maisons.

J'ai alors eu l'impression que ces deux bâtisses s'écartaient l'une de l'autre, et qu'entre les deux apparaissait une troisième maison exactement identique à toutes celles de la rue. Nous avons montés les marches menant à la porte d'entrée. Mon père a poussé la porte, s'est aventuré dans la maison. Avant d'entrer, Hermione s'est tournée vers moi et m'a dit :

"Il va être tellement content de te voir !"

Nous avons franchi le seuil, traversé le hall, puis, Hermione me dit de rester au pied des escaliers. Tandis qu'elle montait, je l'entendis crier :

"Ils sont là ! Elle est là !"