[16 Août – partie 2]

La porte du premier étage s'ouvrit brusquement, claqua contre le mur du couloir, et quelqu'un déboula les escaliers sans se soucier de leur vieil âge. Il se jeta dans mes bras, en hurlant :

"Emy ! Tu m'as tellement manqué !"

« Mais à moi aussi très cher ! »

"Tu viens à Poudlard ! se mit-il à crier en chantonnant. Avec moi !"

"Oui… Harry… Moi aussi je suis contente de te revoir, marmonnai-je."

Il s'est écarté, m'a regardée avec un grand sourire, puis a jeté un œil vers la porte, toujours grande ouverte, et Hermione et les deux autres personnes qui nous regardaient depuis le couloir.

"Alors, m'a dit Harry, voici Ron, et sa sœur, Ginny, a-t-il présenté en me montrant un grand garçon roux et une fille, rousse elle aussi, un peu plus jeune."

"Mais… balbutiai-je. Je… Je vous connais ! J'ai passé la moitié de ma primaire ici, dans la même école que vous ! Vous êtes les… Weasley n'est-ce pas ?"

Leur visage s'est illuminé quand j'ai prononcé leur nom, l'air de dire « Elle ne nous a pas oubliés ! ».

"Et… Si je me souviens bien, vous avez deux autres frères, les jumeaux, là…"

« Eux, par contre, j'ai oublié leur nom… » pensai-je.

"Fred et George, m'a informée Hermione."

"Ils sont dans leur chambre, annonça Ron."

"Oui, ils font de stupides expériences de farces et attrapes, continua Ginny."

Puis ensemble, ils soupirèrent :

"C'est comme ça depuis le début de l'été…"

Je ne pus réprimer un sourire. Ils me faisaient rire, plus particulièrement Ron. J'étais d'ailleurs folle amoureuse de lui en primaire…

Ginny et Hermione me montrèrent ma chambre, qui était aussi la leur, car la maison n'était pas très grande. Je sortais mes affaires de ma valise, les rangeai dans les deux tiroirs de la commode auxquels j'avais droit, puis descendis dans la cuisine pour le dîner.

"Alors, comme ça, tu as eu quelques problèmes à cause de ce cher Dudley… avançai-je en attaquant mon ragoût."

Harry me foudroya du regard, je savais que ce n'était contre moi, mais contre Dudley.

"J'ai juste… Failli être renvoyé de Poudlard…"

Fred, George et Ginny se lancèrent quelques regards en coin, puis se mirent à chanter :

"Mais il s'en est tiré, il s'en est tiré, il s'en est tiré…"

"Oh, vous trois, aboya Madame Weasley en entrant dans la pièce, je vous avais pourtant dit d'arrêter avec cette stupide chanson !"

Tout le monde se concentra alors sur son assiette, jusqu'à ce que Hermione ne me lance :

"Est-ce que je t'ai déjà parlé de la S.A.L.E. ?"

Je regardai Harry et Ron d'un air intrigué, il me renvoyèrent mon regard, mais le leur était plutôt… désespéré.

"Oh, soupira-t-elle, ne les écoute pas, ils ne comprennent rien. Alors, commença-t-elle en se levant comme si elle allait faire un discours, la S.A.L.E., c'est la « Société d'Aide à la Libération des Elfes »."

Je fronçai les sourcils, mais qu'est-ce qu'elle me racontait ?

"On va laisser des dizaines et des dizaines de vêtements et d'objets que les elfes pourront récupérer, ainsi, ils seront libérés de leurs mauvais traitements infligés par nous-mêmes, les sorciers ! Il faut que cela cesse ! cria-t-elle en abattant son poing sur la table, faisant trembler les assiettes de ragoût."

"Hermione, reprit Molly Weasley en entrant encore une fois dans la cuisine, tu es priée de finir ton assiette avant de te lever de table."

Elle prit son air dépité, se rassit et se plongea dans l'étude de son assiette. Dès que la mère des frères et sœurs rouquins est sortie, Hermione a relevé la tête vers moi, et s'est écriée :

"Alors ? T'es avec nous ?"

"Nous ? Qui ça « nous » ? a hurlé Ron en envoyant valser son verre d'eau. Harry et moi on a jamais dit qu'on était avec toi ! Je… Je refuse que tu nous oblige à faire partie de ton truc stupide !"

Hermione l'a ignoré et m'a regardée d'un air entendu, qui me suppliait du regard.

"Euh… Désolée je… Je dois me concentrer pour mes B.U .S.E…. ai-je menti."

Nous finîmes de manger, puis nous nous retrouvâmes au salon pour discuter, jusqu'à-ce qu'on décide qu'il était grand temps de se coucher, car, comme l'avait dit Madame Weasley, le lendemain, elle devait « m'initier aux plaisirs du ménage au 12, Square Grimmaud ».