[01 Septembre – Partie 3]
Dumbledore reprit :
"Et à nos anciens, je dis : bon retour parmi nous ! Il y a un temps pour les discours et justement, ce temps n'est pas encore venu. Alors, bon appétit ! s'exclama-t-il avec un grand sourire."
Toute la salle se mit à rire et applaudir et sur les cinq tables de la Grande Salle apparurent des dizaines de plats et de boissons. Je me servais de purée et de rôti, écoutant les rires et les conversations des Serpentards autour de moi. Ils se racontaient leurs vacances, Pansy était allée en Irlande, Millicent était restée chez elle, tout comme Daphné. Tracey, quand à elle, avait fait un grand voyage à travers la Russie, et Pansy se moqua :
"C'est pour ça que tu es toute blanche ! s'exclama-t-elle."
"Et toi alors, répliqua Tracey. Tu crois que tu n'es pas blanche ? Tu as passé tes vacances auprès des moutons !"
Pansy lui lança un regard mauvais puis se mit à parler avec Millicent. Tracey et Daphné se regardèrent derrière moi et se tapèrent dans la main. Puis elles se remirent à manger et Daphné me demanda :
"Et toi alors, qu'as-tu fait de tes vacances ?"
Je posai mes couverts et répondais, heureuse que quelqu'un me pose enfin une question pour me faire participer :
"Je suis partie deux semaines au stage d'été d'initiation aux Soins des Créatures Magiques de Beauxbâtons où j'ai obtenu mon diplôme de guérisseuse de Créatures Magiques niveau un et ensuite j'ai du aider au déménagement."
Les deux filles s'étaient regardées quand j'avais dit « diplôme de guérisseuse ».
"Qui a décidé de partir ? me questionna Tracey. Ton père ou ta mère ?"
"C'est… Euh… bégayai-je. Ma mère est morte il y a cinq ans, annonçai-je en baissant la tête."
"Oh… Désolée, dirent Tracey et Daphné d'une même voix."
"C'est pas grave, assurai-je. Vous… je baissai la voix, pour que Pansy et Millicent n'entendent pas. Vous n'aimez pas beaucoup Pansy, non ?"
Tracey se pencha vers moi et murmura :
"Elle se croit supérieure à nous, tout ça parce qu'elle est née quelques mois avant nous !"
"Une fois, continua Daphné, elle a essayé de me noyer dans le lavabo des toilettes du sixième étage, parce que « j'avais osé demander à Drago de me prêter son manteau pendant la sortie à Pré-Au-Lard ». Elle croit que Drago lui appartient, on ne peut pas en placer une sans qu'elle dise quelque chose à propos de lui, alors qu'ils ne sont jamais ensemble !"
"Elle est totalement collée à lui, alors qu'il essaye de lui faire comprendre qu'il n'en a absolument rien à faire d'elle."
Je regardai Pansy, qui faisait les yeux doux à Drago en lui racontant je ne sais quoi. Lui, il me regardait, et quand nos regards se sont croisés, j'ai rougi et il m'a adressé un petit sourire en coin, ce qui le rendait encore plus mignon.
Une fois que le repas fut terminé, Dumbledore se leva et le silence survint. Il annonça que la forêt dans le parc était interdite d'accès, l'usage de la magie dans les couloirs non autorisé, et qu'il y avait une liste complète affichée sur la porte de bureau du concierge (un vieil homme aux cheveux châtain et gris accompagné d'un chat qui avait un petit air vicieux).
"Nous aurons cette année deux nouveaux enseignants. Je suis particulièrement heureux d'accueillir à nouveau parmi nous le professeur Gobe-Planche qui assurera les cours de soins aux créatures magiques. J'ai également le plaisir de vous présenter le professeur Ombrage qui enseignera la défense contre les forces du Mal."
Je relevai la tête (que j'avais posée sur la table, d'ennui) à l'entente du nom « Ombrage ». Je me levai d'un seul coup et hurlai :
"Non !"
Tout le monde se tourna vers moi, Dumbledore rit doucement et demanda :
"Vous voulez dire quelque chose, Mademoiselle Potter ?"
Je me rendis soudain compte de ce que je venais de dire et je me rassis en bégayant :
"Euh… non."
Dumbledore parla de Quidditch mais Ombrage lui coupa la parole et se mit à scander un long discours ennuyeux. Tracey me murmura :
"Tu la connais ?"
Je repensais à la première fois que je l'avais vue. Elle ne m'avait pas inspiré confiance dès le premier regard.
"Elle était à Beauxbâtons l'année dernière, et pendant que Madame Maxime n'était pas là, elle a instauré des décrets débiles et elle s'est proclamée directrice de l'école. Je la déteste, et certains élèves murmurent qu'elle utilise des manières d'éducation pas très nettes… lui répondais-je discrètement."
"… chaque fois que nous serons confrontés à des pratiques dont l'interdiction s'impose, finit Ombrage."
Daphné se pencha vers nous et nous demanda :
"Vous avez compris quelque chose ?"
"Franchement … ?émis-je."
"… Non, termina Tracey."
Une grande partie des élèves se leva, et je compris que c'était le moment de se rendre dans notre Salle Commune. Pansy se leva et se pencha vers Drago :
"Il faut qu'on escorte ces mauviettes à la Salle Commune, murmura-t-elle assez fort pour que je puisse entendre."
Il me regarda, puis lui chuchota d'un air sévère :
"Tu crois vraiment que j'ai envie de le faire ? Vas-y toute seule !"
Elle partit, un peu énervée. Drago se leva et s'avança vers moi.
"Bravo Potter, je savais que tu serais parmi les bonnes personnes quand j'ai vu ton joli minois, me susurra-t-il en me touchant le menton du doigt."
Je l'ai regardé partir avec Theodore et Blaise, qui étaient suivis par ces deux gros gorilles de Crabbe et Goyle. Tracey et Daphné entrelacèrent nos bras.
"Tu as une touche, m'annonça Tracey."
"Il n'a jamais fait ça à personne, continua Daphné."
"Pas même à Pansy, assura Tracey."
"Et ça va bien la faire enrager, s'exclamèrent les deux filles."
