[07 Octobre]

Je me levais, tranquillement, m'habillais et rejoignais Tracey qui m'attendait pour déjeuner dans la Salle Commune. Elle était devant le panneau d'affichage, bouche bée.

"Tu as vu ça ? s'exclama-t-elle en désignant un mot."

Je m'approchai de l'écriteau, et lisais ces grosses lettres noires :

PAR ORDRE DE LA GRANDE

INQUISITRICE DE POUDLARD

Toutes les organisations, associations, équipes, groupes

et clubs d'élèves sont dissous à compter de ce jour.

Une organisation, association, équipe, groupe

ou club se définit par le rassemblement à intervalles

réguliers de trois élèves ou plus.

L'autorisation de former à nouveau

de tels rassemblements doit être demandée

à la Grande Inquisitrice (professeur Ombrage).

Aucune organisation, association, équipe, groupe

ou club d'élèves ne peut exister

sans l'approbation de la Grande Inquisitrice.

Tout élève fondateur ou membre d'une organisation,

association, équipe, groupe ou club

qui n'aurait pas été approuvé par la Grande Inquisitrice

serait immédiatement renvoyé de l'école.

Les mesures ci-dessus sont prises conformément

au décret d'éducation numéro vingt-quatre.

Signé : Dolores, Jane, Ombrage, Grande Inquisitrice.

Je ne comprenais pas très bien.

"Qu'est-ce que ça veut dire ?"

"Ca veut dire, qu'il va falloir demander à cette vieille bique si on peut jouer avec notre équipe de Quidditch, cracha Tracey, rouge de rage."

"Et alors ? Elle nous dira forcément oui, elle adore les Serpentards…"

Elle haussa les épaules et nous partîmes déjeuner. A table, comme d'habitude, Pansy était collée à Drago et elle voulait apparemment absolument lui servir son petit déjeuner. Quand j'entrai, il la remballait en lui annonçant :

"Lâche-moi, t'es pas ma mère !"

Elle se tourna dos à lui, les larmes aux yeux. Réjouie par ce début de journée, je lançais un joyeux :

"Hello tout le monde !"

Ils me répondirent gentiment et Pansy me regarda d'un air méchant. Je m'asseyais à côté de Tracey, qui se renseigna :

"Vous avez vu ce décret débile qu'Ombrage a affiché dans la Salle Commune ?"

Je me servais un café au lait et Theodore répondit :

"C'est le Ministère qui lui a demandé de faire ça. Il ne veut pas de « rébellion »."

Tracey pesta mais Drago la rassura :

"Si c'est par rapport à l'équipe que tu réagis comme ça, ne t'inquiète pas, je vais obtenir cette autorisation."

Sur cette note positive, nous terminâmes notre petit déjeuner et partîmes chercher Daphné et nos affaires au dortoir avant le cours de Métamorphose, pendant lequel je gagnai encore une de nos interminables parties de morpion avec Theodore. Pendant la pause, nos sortîmes prendre l'air sur un banc dans le parc. Dix minutes avant que la cloche ne sonne, Drago s'éclipsa pour « parler Quidditch avec Ombrage ». Blaise, Theodore, Tracey et Daphné discutaient à propos des B.U.S.E., discussion à laquelle je ne participais pas, car je pensais une fois de plus à ce que Harry et sa bande pouvaient trafiquer dans le dos d'Ombrage. La sonnerie se fit entendre, je me levais et me dirigeais d'un pas mécanique vers la salle de Rogue. Drago se tenait devant la porte et parlait assez fort en tenant en l'air un parchemin :

"Oui, Ombrage a tout de suite donné à l'équipe de Quidditch de Serpentard la permission de continuer à jouer. Je suis allé la lui demander dès ce matin et ça s'est fait d'une manière quasiment automatique. Elle connaît assez bien mon père, il va toujours faire un tour au ministère… Ce serait intéressant de savoir si Gryffondor a reçu l'autorisation de maintenir son équipe."

Il regardait d'un air narquois Harry et Ron, qui serraient les poings de colère. Drago reprit plus fort :

"Je veux dire par là, que c'est une question d'influence auprès du ministère."

Le ministère… Une bande de gros débiles qui se mêlait des affaires de Poudlard – chose qui ne les concernait pas.

"Je ne pense pas qu'ils aient une grande chance… D'après ce que m'a raconté mon père, il y a des années qu'ils cherchent un motif pour licencier Arthur Weasley… continua-t-il. Quant à Potter… Mon père dit que ce n'est plus qu'une question de temps avant que le ministère l'expédie à Ste Mangouste… Il paraît qu'ils ont un service spécial pour les gens qui ont le cerveau ramolli par un excès de magie."

Sur cette dernière phrase, il imita grossièrement quelqu'un avec « le cerveau ramolli ». Crabbe et Goyle se mirent à rire grossièrement, Pansy hurla de joie, malgré qu'il l'ait rembarrée au petit déjeuner. Soudain, quelque chose me poussa violemment sur le côté et je heurtais le mur du couloir.

"Neville, non ! cria quelqu'un dans la foule."

C'était le garçon à la plante bizarre dans le train. Il fonçait droit sur Drago, d'un air très énervé. Harry et Ron réussirent à le retenir et le ramener dans leur rang. Il bégaya quelques mots que je n'entendis pas, et c'est alors que Rogue sortit de la salle de classe, balayant nos rangs de ses yeux noirs.

"En pleine bagarre, Potter, Weasley, Londubat ? se moqua-t-il. Dix points de moins pour Gryffondor. Lâchez Londubat, Potter, sinon c'est la retenue. Entrez, tout le monde."

Je m'avançais vers ma table, m'installais à côté de Tracey et sortais mes affaires de mon sac.

"Vous remarquerez, annonça le professeur, que nous avons une invitée, aujourd'hui."

En effet, Ombrage se tenait dans un coin, assise sur un tabouret, prenant des notes sur son horrible carnet.

"Ah oui, c'est vrai, cette lubie débile d'inspecter les cours… marmonnai-je."

Rogue nous ordonna de continuer notre solution de Force et inscrit d'un coup de baguette les consignes au tableau. Ombrage prit d'abord des notes, puis passa à la partie qui m'énervait le plus, poser des questions au professeur et aux élèves. Cependant, cette fois-ci, elle se contenta de demander à Rogue plusieurs choses qui semblaient l'embarrasser. Enervé, il donna un devoir à faire à Harry et nous laissa partir déjeuner.

Comme d'habitude, Pansy était assise en face de moi. Elle mangeait sans regarder ce qu'il y avait dans son assiette en me toisant d'un air méchant. J'essayai de ne pas y faire attention, mais je déteste quand on me fixe, ça m'oppresse. Tandis que je détournai les yeux vers elle, je remarquai que sa cravate était mal nouée. Pensant remonter dans son estime, je bégayai :

"Pansy, ta…"

"La ferme, Potter, rétorqua-t-elle, sans détacher son regard de moi. Ce n'est pas parce que tu es à Serpentard que je t'aime bien."

Je baissai les yeux vers mon assiette. Elle continuait de me fixer et je détestais ça.

"Arrête de me…"

"Justement, reprit-elle. C'est parce que tu t'appelles Potter et que tu es à Serpentard que je te déteste."