Titre : Soin
Disclaimer : L'univers original appartient entièrement à son auteur : Masami Kurumada et les personnes de Lost Canvas sont la propriétés de Shiori Teshirogi.

Note :
Bonjour à tous et à toutes !
En ce début de semaine, je vous offre ce nouveau chapitre avant de partir travailler (Hé ho! Hé ho! on part tous au boulot ! Lalala lalalala... )
Merci pour vos reviews, ça fait toujours plaisir de les lire ! J'essaye de vous répondre aussi rapidement que possible.

J'espère que ce chapitre vous divertira.

Si certains d'entre vous ont des idées à soumettre pour d'éventuels prochains drabbles, vous pouvez toujours les proposer dans les reviews ou par MP. Bonne lecture !


C'était la première fois qu'il le voyait. Un enfant, à peine plus âgé que lui. Des cheveux mi-longs d'un bleu aussi sombre que la nuit qui les surplombait. Roulé en boule derrière un rocher, les bras crispés sur son ventre, il semblait souffrir. Il arrêta sa marche, perplexe.

Il l'entendit gémir. Curieux, il s'approcha d'une foulée légère et silencieuse. Et à chaque pas, il pouvait sentir croître le cosmos de cet enfant et la chaleur qu'il dégageait. Une chaleur étouffante, gênante. Douloureuse. Il s'agenouilla près de lui, posant une main sur son bras dénudé. Sa peau était aussi brûlante que son cosmos. Il ne semblait pas conscient d'avoir été trouvé.

Avec précaution, le petit garçon aida le malade à s'allonger sur le dos. Son visage légèrement tanné par le soleil du Sanctuaire était crispé dans une expression de douleur. Ses lèvres entrouvertes peinaient à trouver assez d'air. Avec calme et tranquillité, Dégel posa sa main sur le front du garçon. Ce dernier émit un faiblement gémissement, mais n'ouvrit pas les yeux.

Bercée par son intuition, la main du garçon quitta le front brûlant pour se poser sur son torse. Sans vraiment savoir ce qu'il faisait, il laissa son cosmos glisser le long de son bras. Il le sentit passer de ses doigts au torse de l'enfant allongé, suivant sa course à travers son corps.

Petit à petit, la chaleur du cosmos et du corps de l'enfant commença à diminuer. La respiration du malade se fit plus profonde et régulière. Sa poitrine retrouva un rythme serein. Quand il rouvrit les yeux, la souffrance avait quitté ses traits. Il sauta sur ses pieds, bousculant à moitié le petit garçon qui venait de l'aider. Remarquant soudainement sa présence, il le fixa avec un mélange de suspicion et d'étonnement.

« T'es qui, toi ? Qu'est-ce que tu fais ici ? »

Toujours assis sur le sol, le garçon aux cheveux d'un vert aux reflets marins releva les yeux pour le regarder. Ils se fixèrent de longues secondes. Quand il parla, sa voix était tout aussi calme que l'expression de son visage. Un ton monotone pourtant complexe dans ses nuances perdues entre la timidité et la confiance.

« Je t'ai entendu avoir mal. Je voulais voir si je pouvais faire quelque chose. »

Une étincelle s'alluma dans le regard de l'ancien malade. Comme réalisant soudainement quelque chose, il se tâta le torse. Il n'avait plus mal. Il se sentait même plutôt bien alors qu'il venait de faire une crise. Après une examination minutieuse de son corps, il reporta les yeux vers son sauveur qui n'avait pas bougé d'un centimètre, un tout nouvel intérêt brillant au fond de ses prunelles océan.

« T'as réussi à me soigner ? Tu t'appelles comment ?

- Dégel… »

Dégel se redressa et enleva la poussière sur son pantalon en tissu d'un revers de la main. Il sursauta en entendant le petit garçon en face de lui éclater d'un rire enfantin et lui jeta un regard interrogateur, peu habitué à ce genre de réactions… surprenantes et imprévisibles.

« Dégel… Je te revaudrais ça ! Si mon Maître apprend ça, je vais me faire tuer !

- Ton… Maître ?

- Ouais. Plus tard, je serais Chevalier d'Or. »

Dégel eut un sourire doux à cette pensée. Alors lui aussi était là pour ça ? Il repensa un instant à Unity. Devenir Chevalier d'Or. Lui aussi donnerait tout pour y arriver. Son rire se joint à celui du garçon dans une douce mélodie qui se répercuta dans les escaliers. Les deux enfants se regardèrent un instant avec un sourire presque complice.

« C'est ton entraînement qui t'a mis dans cet état ? » demanda Dégel, ne pouvant retenir une pointe de curiosité.

Dans le rire du petit garçon, le futur Verseau crut distinguer quelque chose de dérangeant. Il le regarda se passer une main dans ses cheveux bleus. Un instant, il se dit qu'il aimerait bien avoir les cheveux longs comme ça. Mais il n'avait pas le droit.

« Bien sûr que non ! Leur entraînement est trop faible pour ça ! Mais mon cœur fait ça, des fois.

- Ton cœur ? C'est dangereux…

- Mais tu m'as soigné aujourd'hui alors ça ne l'est plus n'est-ce pas ? »

Le petit garçon sembla soudain s'agiter. Se dandinant d'un pied sur l'autre il regarda autour de lui comme si quelqu'un était en train de les espionner.

« Je dois filer ! Si je traîne, je vais avoir droit à un entraînement en plus ! »

Il fit volte-face, s'apprêtant à partir. Au dernier moment, il se stoppa et se retourna vers son nouvel ami avec un grand sourire.

« Au fait, je m'appelle Kardia, retiens le bien ! À la prochaine ! »

Avant que le garçon n'ait pu faire le moindre geste, son camarade s'était déjà sauvé en courant. Il le regarda dévaler les marches avant de disparaître au détour du chemin. Dégel soupira, mais ne put retenir un sourire. Kardia… ils seraient peut-être compagnons de combat dans l'avenir. Même s'il le trouvait un peu bizarre, il avait… quelque chose.

Guettant une seconde pour voir s'il n'allait pas revenir aussi vite qu'il était parti, il se rappela que lui aussi était attendu. Il trottina rapidement vers l'entrée du Sanctuaire. Il n'avait pas pour habitude d'être en retard. Il n'avait pas envie qu'on lui pose des questions.

Sans savoir pourquoi il avait envie de garder cette rencontre pour lui et juste pour lui.