Yo tout le monde.

Comme prévu, nouveau chapitre aujourd'hui + un petit "extra" à part sur Jean et Marco qui s'insère dans la continuité de l'histoire. Au début, je ne comptais pas le publier mais je trouvais leur couple tellement adorable que j'ai changé d'avis.

Je ne pense pas réécrire sur eux, c'était surtout pour donner un peu plus de sens à leur dispute sans faire tout un chapitre là-dessus.

Voilà, voilà, bonne lecture à tous.

Bisous, bisous. MonaLisa.


Et le temps passa…


Voilà déjà plus d'un an que Reiner nous a quittés, m'a quitté…

Depuis, l'eau a coulé sous les ponts et la vie suit son cours tranquillement.

Officiellement, j'ai fait le deuil de ma relation avortée, officieusement… ce n'est pas toujours ça.

J'ai beau essayer, je ne peux pas m'empêcher de penser à lui et de le comparer à tous les potentiels prétendants que tente de me refourguer Pieck.

De temps en temps, nous avons de ses nouvelles principalement par l'intermédiaire de Jean. Selon ses dires, le grand blond semble s'être bien intégré dans son université, ce qui n'est pas vraiment étonnant de la part de Reiner, déjà au lycée c'était une vraie coqueluche.

En revanche côté cœur, RAS. Ça doit vouloir dire qu'il pense encore un peu à moi… non ? Égoïstement, cette optique me réjouit.

Mais bon… ça les autres n'ont pas besoin de le savoir. Excepté Porco, à qui je ne peux décidément plus rien cacher.

De tous mes amis, il est celui duquel je me suis le plus rapproché depuis le départ de mon ancien amour, il n'a eu de cesse de m'épauler en restant à mes côtés. Je ne compte même plus le nombre de fois où il est resté chez moi jusqu'au petit matin à me faire la causette pour éviter que je broie du noir. Toutes ces fois où il m'a bercé quand Reiner n'était plus là pour le faire…

Enfin passons, le blond cendré partage maintenant un petit appartement avec son grand frère Marcel depuis qu'il a fui la maison de son paternel et s'est dégoté un petit boulot de serveur qui lui sied à merveille.

Depuis qu'il a été embauché, l'établissement connaît une subite affluence de clientèle féminine qui coïncide étrangement avec ses heures de service ; au le plus grand bonheur de Sieg, le patron qui est loin de s'en plaindre. Il faut croire que Porco a son petit succès, ça doit être son côté bad boy.

De leur côté Jean et Marco, car l'un ne va pas sans l'autre, ont très vite obtenu leur concours de police et intégré leur école.

Moi qui pensais que Jean finirait par lâcher l'affaire, il est plus déterminé qu'il n'y paraît. Ou alors il s'est découvert entre-temps une passion pour la lutte contre le grand banditisme, je ne saurais dire.

Quoi qu'il en soit, le couple envisage maintenant d'emménager ensemble. En réalité, c'était déjà au programme il y a quelque temps mais le projet a été annulé suite à une dispute entre eux. Sur le coup c'était plutôt inquiétant ; je n'avais jamais vu Marco être froid envers Jean. Mais fort heureusement, la situation a l'air de s'être décantée.

Quant à notre chère Pieck, elle suit le même cursus artistique que moi, par conséquent nous sommes dans la même classe et partageons la majorité de nos cours ; ce qui m'arrange car je ne suis pas très à l'aise pour faire copain copain avec les autres contrairement à elle.

C'est peut-être parce qu'elle est la seule présence féminine de notre groupe mais j'ai vraiment une affection toute particulière pour elle. C'est un petit bout de femme d'une douceur infinie profondément dévouée à ceux qu'elle aime ; le genre qui ressent votre absence quand les autres remarquent à peine votre présence. Si j'avais aimé les femmes, je serais peut-être tombé amoureux d'elle.

Grosso modo, voilà le topo. Il n'est rien passé d'extraordinaire durant ce laps de temps. Juste des gamins qui font leurs vies.


17H47 – Université de Pieck et Bertholdt


Je fais rouler mon stylo entre mes doigts tout en jetant de temps à autre un coup d'œil à l'horloge de la classe. J'ai l'impression que les minutes passent au ralenti. Il faut dire que ce n'est pas ce que je préfère les cours théoriques, contrairement à Pieck qui semble suivre religieusement les enseignements de notre professeur depuis le début de l'heure.

Je soupire. Allez Berthy, plus qu'une dizaine de minutes et ce sera la fin de la journée. Je prends mon mal en patience et griffonne deux, trois coups de crayon sur le coin de ma feuille pour m'occuper.

Péniblement, les aiguilles progressent et sonnent enfin 18h pour mon plus grand plaisir. Je me hâte de ranger dans mon sac le peu d'affaires qui traînent sur mon bureau et me tourne vers mon amie qui fait de même.

- J'ai cru que ce cours n'allait jamais se terminer, je soupire en m'étirant de toute ma grandeur, on doit rejoindre les autres au bar, c'est ça ?

- Oui, acquiesce Pieck en ordonnant ses cahiers et pochettes, Marco vient de me répondre, lui et Jean s'y dirigent déjà.

Je hoche la tête en signe de réponse puis nous filons vers le bar-restaurant où travaille Porco, à environ dix minutes à pied.

À peine poussons-nous la lourde porte en bois de l'établissement que je suis saisi par les vapeurs d'alcool et la chaleur qui se dégage des nombreux clients déjà attablés. J'ai beau venir ici presque tous les jours, je ne m'y ferais jamais. Je suis un garçon sensible moi.

- Bertholdt ! Pieck ! gesticule Jean depuis notre table habituelle afin de capter notre attention

- Jean, tu n'es pas obligé de crier comme ça, on n'est pas tous seuls… rouspète gentiment son petit ami qui tente de l'assagir

- Salut les garçons ! les salue Pieck, Pokko n'est pas avec nous ?

- Il termine une bricole et vient nous rejoindre, lui répond Jean, on vous a déjà commandé vos boissons, jus de tomate pour Berthy et thé vert pour Piecky, ça vous va ?

- Parfait, nous répondons à l'unisson

Nous prenons place aux côtés de Jean et Marco quand un Porco exténué se joint à nous. Dès qu'il me voit, il me gratifie d'un petit sourire avant de se laisser tomber à mes côtés une canette de bière à la main.

- Fiou… Elle était chiante cette journée, pas mécontent d'en voir le bout, bougonne-t-il nerveusement tout en portant le liquide gazeux à ses lèvres

- Tu devrais essayer le thé vert Pokko, ce serait meilleur pour ta tension, conseille sa meilleure amie

- Non merci ça ira, je te laisse tes remèdes de grands-mères et je vais me contenter de ma bière. Et arrête de m'appeler comme ça, ronchonne le petit grognon visiblement toujours d'humeur égale

La petite brune se contente de hausser les épaules, non sans un sourire dissimulé. Dernièrement, je la soupçonne secrètement de prendre un malin plaisir à enquiquiner le cadet Galliard. En même temps, il faut dire qu'il n'est pas long à démarrer à la provocation.

Et ce n'est pas Jean qui dira le contraire.

- C'est vrai ça mon petit Pokko, tu devrais écouter Pieck, t'as les nerfs en pelote, faut te ménager.

- Dis celui qui a descendu deux demis depuis qu'il est arrivé, grogne Porco, et arrêtez de me traiter comme un vieux tous les deux, occupez-vous de vos fesses.

- Marco s'en charge déjà très bien… confie Jean avec un sourire en coin

- Jean ! proteste le tacheté qui a viré au rouge pivoine

- Je rigole voyons mon petit Marco ! rit Jean en plaquant un petit baiser sur sa joue, quoi que…

Il taquine encore un peu son amoureux avant de reprendre son assaut sur notre grincheux n°1, secondé par la brunette. Pendant qu'ils cherchent des poux à Porco, je décide de discuter un peu plus tranquillement avec Marco.

- Alors Marco, j'engage en aspirant une gorgée de jus, vous avez repris votre recherche de logement avec Jean ?

- Hum… Pas vraiment. On va déjà attendre d'avoir terminé notre année et on se penchera un peu plus sur la question…

La fin de sa phrase meurt au bord de ses lèvres et un voile de tristesse obscurcit son regard.

Malgré leur réconciliation apparente, j'ai l'impression que sa dispute avec Jean a laissé quelques séquelles dans leur couple.

Je me rapproche un peu plus de lui afin d'éviter les oreilles indiscrètes :

- La situation ne s'est pas arrangée entre vous deux ? je chuchote en désignant son petit ami du menton

- Si tout va bien… il se mord la lèvre, mais… Je ne sais pas, cette dispute m'a tellement refroidi que maintenant je réfléchis un peu plus avant de foncer tête baissée.

- Oh… Je vois. Finalement, ça te permet de prendre du recul, c'est peut-être un mal pour un bien, non ?

- Oui sûrement, déclare mon ami le regard dans le vide

- Ne t'inquiète pas Marco, je le rassure, ça arrive à tous les couples, je suis sûr que ça finira par s'arranger.

Marco paraît hésiter un instant et jette un œil à nos amis pour vérifier qu'ils sont toujours occupés par leurs gamineries avant de me demander timidement :

- Ça t'est déjà arrivé… avec Reiner ?

L'évocation de son nom me provoque un pincement au cœur. Marco semble le remarquer et s'empresse d'ajouter :

- P-pardon Berthy, je n'aurais pas dû te demander ça. Excuse-moi.

- Non, non ça ne fait rien Marco ! j'assure aussitôt en secouant les mains… pour répondre à ta question… Non ça ne nous est jamais réellement arrivé, je ne me souviens pas avoir déjà eu de grosses disputes avec Rei. On se connaissait depuis tellement d'années lui et moi… On savait pertinemment comment fonctionnait l'autre à un point on l'on n'avait même plus besoin de se parler pour se comprendre… Enfin ça ne veut rien dire, la preuve on est plus ensemble aujourd'hui…

Je fuis du regard à la recherche d'un point imaginaire à fixer.

- Désolé, me sourit pauvrement Marco en posant sa main sur mon épaule, c'est encore compliqué pour toi, je n'aurais pas dû aborder le sujet…

- Non vraiment ne te fait pas de bile, je le rassure une énième fois, j'avais aussi besoin d'en parler… Et pour toi et Jean, tant que vous êtes ensemble, tout peut encore s'arranger, il n'y a qu'à voir l'amour qui brille dans vos yeux à chaque fois que vous vous regardez. Les hommes peuvent prétendre ce qu'ils veulent mais les yeux eux ne mentent pas.

- Merci Berthy… me souffle-t-il chaleureusement, je ne te savais pas aussi poète…

- À vrai dire moi non plus.

Nous rions gentiment avant qu'un bruit de carillon ne vienne rompre l'harmonie ambiante.

Tiens, tiens. Quand on parle du loup…

- Yo frangin ! lance le nouveau venu à une personne au fond du bar

Je vois le visage de Marco se décomposer.

- E-ren ? parvient seulement à articuler Jean

Ledit Eren abaisse ses lunettes de soleil et tourne la tête en direction de la voix qui l'interpelle.

- Oh… Jean ? un sourire se dessine sur son visage

- Qu'est-ce tu fais ici ? interroge Jean légèrement sur la défensive

- Eh pas la peine de t'exciter, je passe juste voir mon frère, se justifie-t-il en haussant les mains

- Ton frère ? répète Jean

Pour seule réponse, Eren pointe du doigt en direction du bar où se trouve Sieg, le patron.

- Attends, le boss c'est ton frère ? s'étonne Porco qui ne l'avait pas ouvert depuis un bon moment et qui a sans doute jugé bon de rappeler sa présence parmi nous

- Exact, confirme Eren

- Tu ne m'as jamais dit que Sieg était ton frère, signale Jean

- Bah tu ne m'as jamais demandé non plus, rétorque Eren en se grattant nonchalamment l'oreille

Leur petite conversation est interrompue par le barbu qui appelle son petit frère à venir.

- Bon bah sur ce Jeannot ! il salue Jean d'un petit clin d'œil

Son départ laisse une tension palpable au sein de la table.

Pourquoi me direz-vous ? Précisément parce qu'il est l'élément déclencheur du drama Jean-Marco.

Pour faire au plus simple, Jean connaît Eren depuis la fin du lycée. À l'époque ils n'étaient pas vraiment amis, simplement bons camarades. D'autant plus que le brun a quitté la ville juste après les examens pour poursuivre ses études ailleurs, à partir de ce moment-là silence radio, personne n'eut plus de nouvelles de lui.

Ça c'était jusqu'à son retour dans le secteur, il y a quelques mois.

Lui et Jean se croisèrent par hasard et décidèrent de renouer les liens gâchés autour d'un verre.

En soi, c'était compréhensible: Eren, par négligence avait perdu la plupart de ses contacts et Jean, par la distance, son meilleur ami.

Jusqu'ici, rien de bien méchant. Seulement, il s'est avéré que le brun ne souhaitait pas se contenter d'une simple relation amicale avec le petit ami de Marco, ce qui, inutile de préciser n'a pas plu à ce dernier.

Au début, Jean niait les faits jusqu'à ce qu'il se rende à l'évidence quand le brun avoua lui-même la chose. Marco, en toute légitimé, a alors posé un ultimatum : soit il cessait de voir Eren, soit il le quittait.

Étrangement la première proposition sembla déplaire à Jean, ce qui blessa énormément son petit ami, et je peux aisément le comprendre.

Au final, ils eurent quelques mots mais Jean finit par mettre un terme à sa relation ambiguë avec Eren.

Fin de la parenthèse.

L'ambiance devient pesante et plus personne ne parle. Marco s'excuse et se lève promptement pour sortir du bar talonné par Jean qui tente de le retenir.

C'est finalement Pieck qui rompt le malaise :

- Eh bien on dirait que ces deux-là vont devoir parler longuement… Je crois que je vais rentrer chez moi travailler sur mes dessins.

- Ouaip, on dirait bien, ajoute Porco en secouant sa cannette pour jauger la quantité de liquide

- Eh bien sur ce, les garçons ! elle nous salue chaleureusement en déposant quelques pièces de monnaie pour sa consommation

- À demain Pieck ! je réponds d'un petit geste de main

Elle s'éloigne et disparaît de notre champ de vision, nous laissant seuls tous les deux.

Je m'apprête à partir moi aussi quand le blond m'apostrophe :

- Ça te dit de venir passer la soirée chez moi ? Mon frère ne rentre pas ce soir.

[…]