Un autre petit secret


PDV Marco

Je sors hâtivement du restaurant ignorant les appels de Jean dont j'entends les pas résonner sur les pavés.

- Attends Marco ! il me crie en attrapant mon bras

Je m'arrête et lui fais face. Nous restons quelques instants ainsi à nous regarder en chiens de faïence.

- Qu'est-ce qu'il y a Jean ? je lui demande froidement

- Pourquoi tu es parti comme ça ? souffle tendrement mon petit ami qui effleure ma pommette du dos son index

- Vraiment, tu n'as pas une petite idée ? je réplique agacé

Il baisse ses yeux au sol et faiblement, me répond :

- Marco… Si c'est à cause d'Eren, je te promets que je n'ai plus aucun contact avec lui comme tu me l'avais demandé. Crois-moi, c'est la vérité.

- Jean, ce n'est pas la question… je soupire lassé de cette situation, juste… pourquoi ? Pourquoi quand tu le regardes j'ai l'impression que c'est lui ton copain et pas moi ? Tu as l'air plus triste d'avoir coupé les ponts avec lui plutôt que d'être resté avec moi…

- Non ça jamais de la vie ! s'écrie alors Jean en replongeant son regard dans le mien, pour rien au monde je ne te voudrais te quitter Marco !

- Alors quoi ? C'est quoi le problème avec Eren ? Il savait pertinemment qu'on était en couple et il t'a quand même dragué, qu'est-ce qu'il te faut de plus, Jean ?

Mon petit ami, l'air abattu, désigne un banc du menton et m'invite à l'y suivre en me prenant par la main. Une fois assis, il ouvre la bouche, puis la referme, et ce, deux ou trois fois de suite avant de finalement se lancer :

- Pardon Marco… Avant toute chose sache que mes sentiments sont et ont toujours été pour toi. Je n'ai jamais voulu te blesser… même si je l'ai fait.

Il marque une pause et reprend :

- Je ne sais pas trop comment m'expliquer… tu sais les mots et moi… il triture le lacet de son sweat

- Dis-le juste comme cela te vient en tête naturellement, je l'incite d'un ton rassurant

Il esquisse un semblant de sourire et s'exécute :

- … En fait je ne te l'ai jamais dit explicitement mais le départ de Reiner m'a beaucoup affecté… un voile de tristesse traverse son regard, certes, nous sommes toujours en contact mais ce n'est plus comme avant. C'était vraiment comme un frère pour moi… je ne pensais pas que je pouvais autant m'attacher à quelqu'un hors contexte amoureux. Et quand il est parti… c'était comme un trou dans mon cœur, il me manquait horriblement…

Il semble réellement peiné par ces derniers mots. Je pose ma main sur sa cuisse et d'un petit sourire, l'encourage à poursuivre.

- Quand j'ai revu Eren, je me suis retrouvé en lui. Il était pareil, il avait perdu ses meilleurs potes, sauf que lui était vraiment largué de chez largué. Donc de fil en aiguille, on a renoué et on s'est soutenu mutuellement… c'est bête mais avec lui j'avais l'impression de pouvoir retrouver ce que j'étais avec Reiner. Je n'ai jamais souhaité autre chose que son amitié alors quand il était sous-entendu qu'il avait des sentiments à mon égard… je ne voulais pas le voir. Je ne voulais pas perdre mon frère une deuxième fois… sa voix se brise peu à peu.

Je prends Jean par les épaules et l'attire contre moi où il laisse couler ses larmes silencieuses. Tout en caressant ses cheveux, je lui murmure :

- Pardon mon Jean… On a beaucoup soutenu Bertholdt mais je n'avais pas pensé que la situation pouvait t'affecter toi aussi… Pourquoi tu ne m'en as pas parlé ? je lui murmure affectueusement, j'aurais pu t'aider…

- J-je n'y arrivais pas… répond-il péniblement en s'efforçant de ravaler ses sanglots

J'effectue de petits mouvements circulaires dans son dos pour l'apaiser, comme le faisait ma maman quand j'étais petit. Cela semble fonctionner, je sens la respiration de Jean se régulariser contre mon torse.

- Excuse-moi mon amour… Je n'avais pas remarqué que tu allais aussi mal, je chuchote tout en continuant mes caresses, je suis vraiment nul comme petit ami…

Mon amoureux s'écarte de moi et plonge son regard humide dans le mien. De la buée s'échappe de nos bouches et meurt presque aussitôt dans le froid hivernal.

Il dépose sa paume brûlante sur ma joue et penche délicatement sa tête sur le côté. Je frémis au contact de la chaleur de sa main sur mon visage et ferme les yeux. Je sens le souffle de Jean se rapprocher peu à peu, sa barbe naissante vient chatouiller ma peau tandis que son nez effleure le mien.

Avec une douceur infinie, il vient cueillir mes lèvres entre les siennes, douces et charnues.

J'aurais voulu que ce baiser dure jusqu'au bout de la nuit mais Jean se détache de moi et prend la parole :

- Au contraire… Je n'aurais pas pu rêver meilleur petit ami que toi Freckles.

Il me sourit tendrement.

- Jean… je rougis

Nous nous sourions de plus belle, tels deux gamins qui découvrent l'amour.

- Rentrons à la maison Marco, susurre mon amoureux en entourant ma main de la sienne

- Oui… rentrons Jean.


Fin