Titre : Intronisation
Disclaimer : L'univers original appartient entièrement à son auteur Masami Kurumada et les personnes de Lost Canvas sont la propriétés de Shiori Teshirogi.

Note :
Il fait beau, il fait (trop) chaud, c'est le jour idéel pour un nouveau chapitre ! Je ne suis pas sûre qu'il vous rafraîchisse des masses (quoi que...), mais en tout cas, il est là, tout frais, tout chaud, tou beau. Il n'attend plus que vous ! Approchez, mesdames et messieurs, dans un instant... *s'enfui en courant*

Si ça en intéresse certain(e)s, j'aurais un petit jeu à vous proposer au prochain chapitre, maintenant que j'en ai un nombre conséquent derrière moi. Rien ne vous oblige à participer, c'est juste histoire de passer le temps. Enfin, on verra ça dimanche !


C'était le grand jour. Celui que l'un et l'autre avaient espéré depuis des années. Réunis dans la salle du trône du Pope, onze Chevaliers d'Or attendaient dans un silence religieux. Le dernier d'entre eux allait rejoindre les rangs. En ces temps où une nouvelle Guerre Sainte se préparait, ils allaient de nouveau être complets.

Kardia avait du mal à tenir en place. Lui qui n'aimait déjà pas l'inaction. Il était impatient. Il ne manquait plus que l'invité principal. Sa silhouette apparut en haut des marches. Fier et orgueilleux, le Chevalier s'avança au milieu des deux rangées que formaient ses futurs confrères. Le regard droit et sérieux, il passait devant chacun dans une arrogance et une impassibilité calculée. Kardia réprima un frisson quand il le sentit passer à côté de lui en soulevant ce petit air froid si significatif.

Il ne l'avait pas vu depuis des mois. Pour lui, cela semblait faire des siècles. Il aurait voulu l'attraper, le retenir et s'enfuir avec lui loin des regards. Mais il ne bougea pas. Aujourd'hui, Dégel prétendait au titre qui lui revenait de droit. Il n'était plus l'enfant naïf et craintif qu'il avait connu il y a bien des années. Aujourd'hui était l'accomplissement d'une vie. Kardia respectait ce jour qu'il avait attendu avec une impatiente sans doute plus grande que celle du concerné.

Avec majesté, Dégel mit un genou à terre devant le Pope. Quand ce dernier se leva, le silence déjà présent dans la pièce gagna en intensité. Plus personne ne bougeait le moindre muscle. Le cliquetis métallique des armures avait cessé. Chacun retenait son souffle. Lorsque l'Armure du Verseau se présenta devant le Chevalier, il ne fallut qu'un effleurement.

Une lumière dorée emplit la pièce. Kardia dû fermer les yeux pour ne pas être ébloui. Son cœur loupa un battement devant le spectacle qui l'attendait. Droit comme un poteau, le visage légèrement relevé dans une mimique orgueilleuse, Dégel revêtait son Armure d'Or. Étincelante, vivante. Elle épousait ses muscles dans une rare perfection. Elle était faite pour lui. Une certitude écrasante qu'aucune personne dans cette pièce n'aurait pu être en mesure de nier.

Comme pour affirmer ce fait déjà établi, un cosmos lourd emplit la pièce. Un air glacé envahit chaque parcelle d'air. Du coin de l'œil, Kardia distingua quelques frissons dans les rangs. Lui-même pouvait ressentir sur ses épaules la puissance écrasante du cosmos de son nouveau frère d'armes. Même Asmita semblait décontenancé devant une telle force de caractère. Il retint un sourire de justesse.

Un à un, Dégel croisa et soutint le regard des Chevaliers qui l'observaient. Le jugeaient. Quand il croisa celui de Kardia, ce dernier ne put retenir un frémissement d'exaltation. Dégel ne s'attarda pas.

Tel un prince, il s'avança de nouveau entre les Chevaliers. Il était entré en élève. Il ressortait en Homme investi du pouvoir des Dieux. Ce n'est que lorsqu'il disparut de l'encadrement de la porte que l'air retrouva sa température normale. Enfin, tout retrouva vie. Les Chevaliers sortirent à leurs tours, rejoignant leur maison. Certains restèrent pour échanger leurs opinions.

Kardia sortit du temple du Pope et s'arrêta devant la première marche, son regard plongeant vers le onzième temple que son nouveau propriétaire devait déjà avoir rejoint. Dégel ferait un Chevalier du Verseau exemplaire. Il l'avait toujours su. Suivant la voie de ses prédécesseurs, il deviendrait l'Homme des Glaces. Le Sage, le Solitaire. Celui que rien n'atteint. Il était fier de le voir accomplir ce pour quoi il s'était battu.

Mais il était déçu.

Déçu de ne pas avoir eu droit à un sourire. De ne pas avoir perçu, quand leurs regards s'étaient croisés, cette étincelle qui éclairait généralement ses prunelles océans tel le reflet d'une étoile. Déçu d'être relégué au même rang que tous les autres. Il aurait voulu un signe, aussi infime soit-il, pour lui prouver que l'enfant qu'il avait connu existait toujours derrière ce mur de glace.

Il descendit les marches, une à une, l'estomac noué dans une espérance cruellement incertaine.

Celle que le Chevalier n'avait pas complètement remplacé l'Homme.

Mais plus encore, il voulait croire que leur promesse n'était pas tombée dans le gouffre de l'oubli.