Titre : Lunette
Disclaimer : L'univers original appartient entièrement à son auteur Masami Kurumada et les personnes de Lost Canvas sont la propriétés de Shiori Teshirogi.

Note :

Alors, je vous avais parlé d'un petit jeu la dernière fois. Je vais vous expliquer les règles. Enfin, le principe, parce qu'il n'y a pas de règles en fait *rire* Donc, pour ceux que ça intéresse (et je devine que vous ne serez pas nombreux !). C'est un travail sur les textes publiés depuis le départ (qui sont au nombre de 15 avec ce chapitre maintenant [et là, je trépigne sur ma chaise de façon tout à fait ridicule]).

Considérons que chaque texte possède deux attributs.

Le premier concerne la date que le texte concerne vis-à-vis de l'évolution de nos deux zigotos. Pour vous aider un peu, quand j'ai écrit mes textes, j'avais trois temps de base : enfant, adulte moyen (plus ou moins égal à adolescent), chevalier. Après c'est rajouté la distinction post/pré gaiden de Dégel (parce que pour lui ça fait une différence dans les détails de son histoire), mais ça c'est optionnel.

Le second, un peu plus… discret parfois, concerne tous les liens existant entre les textes. Dans mes notes (oui je tiens à jour mes notes au fur et à mesure des publications), j'ai soigneusement pris soin de conserver les infimes fils rouges qui me servent de fil conducteur d'un texte à l'autre. Généralement, ça se résume à une phrase, ou un mot qui fait que le texte fait référence à un de ses prédécesseurs, ou successeurs. Bien sûr certains chapitres sont là juste comme, histoire de raconter une histoire, sans forcément un lien particulier. Tout comme d'autres peuvent se baser sur plusieurs textes.

Vous l'aurez sans doute compris, le jeu à deux objectifs : deviner à quelle époque correspond le texte, et réussir à récupérer tous les liens entre les textes (déjà plus compliqué). Si ça vous intéresse (et que vous vous ennuyiez vraiment, j'en conviens), vous pouvez toujours m'envoyer des mp (les reviews étant un peu moins pratique pour ce genre de choses), je vous répondrais.

Ca peut être amusant à faire (enfin moi j'me suis bien amusé à faire mes liens qui m'auront souvent inspiré des idées – débiles), donc à voir… J'attends vos retours (et là je me dis que personne ne va jouer le jeu xD)

Bref, après ce pavé, une bonne lecture à vous tous et bon dimanche !

Reviews (ici seront mises les réponses aux revieweur(e)s anonymes)

Leia26 : Ça doit quand même pas être très pratique les cheveux long quand on se bat. Bon, ils ont de la chance, le vent est quand même toujours du bon cotés ! Je suis jalouse moi j'me prend toujours mes cheveux dans la figure quand y'a du vent


« Ça fait mal ? »

Sa main glissa sur sa joue, remonta sur sa pommette. Il dessina le contour de son œil du bout des doigts, plongé dans ses pupilles d'un parme étincelant de vie. Rien ne semblait avoir changé. Pourtant, il savait que ce n'était pas le cas. Et il n'aimait pas ça. Il se mordilla la lèvre, perdu quelque part entre l'énervement et la frustration. Quelqu'un l'avait blessé. Au point qu'il était censé porter ces stupides lunettes pour y voir à plus de cinq mètres. Il aurait aimé avoir cet homme entre ses mains pour lui faire expirer lui-même son dernier soupir.

Il aurait pris son temps pour le tuer. Lentement. Douloureusement. Il se serait délecté de ce spectacle.

Mais il n'en montrait rien. De toute façon, cet homme était déjà mort. Et l'aurait-il eu en face de lui qu'il n'aurait pas bougé le petit doigt. L'homme qui lui avait infligé ces blessures était quelqu'un d'important pour son compagnon. Très important. Un père, un mentor.

Alors il n'avait rien dit. Il ne dirait rien. Jamais. Mais le voir avec ces choses n'empêchait pas son sang de bouillir dans ses veines, prêt à relâcher ce volcan de colère dissimulé dans son cœur.

« Ce n'est pas douloureux. C'est juste… flou. Rien de plus, rien de moins. »

Dégel ferma les yeux alors que cette main sur son visage se faisait caressante. Il réprima un frisson alors qu'elle se glissait dans sa chevelure pour se perdre entre de longues mèches. Il les rouvrit pour permettre à son camarade de continuer son observation minutieuse, sachant qu'il n'aurait pas la paix avant qu'il n'ait répondu à la moindre de ses interrogations.

« Et quand tu te bats ? »

Kardia fut incapable de dissimuler la pointe d'anxiété qui s'était glissée parmi ses mots. Dégel eut un sourire attendri et vint poser son front contre le sien avant de lui répondre d'une voix douce, presque un murmure.

« Je retrouve ma vision quand j'augmente mon cosmos. Mais ce n'est que temporaire. Pas d'inquiétude à avoir, donc… »

Kardia fit la moue. Il n'était pas réellement d'accord avec le point de vue de son ami, mais ne rajouta rien. Une idée lumineuse commençait déjà à poindre dans les recoins de son esprit. Ses lèvres se courbèrent en un fin sourire.

« J'ai la solution alors ! » s'écria-t-il avec gaieté.

Au regard interrogatif du Saint des Glaces, il se contenta de s'installer un peu plus confortablement sur ses genoux avant de poser ses mains sur ses tempes. Il en appela à son cosmos. Il le laissa s'insinuer dans son être, se propager dans chacune de ses cellules. Avec douceur, il le fit remonter en long filet jusqu'à ses mains.

Dégel ferma les yeux sous l'affluence d'énergie qui le frappa de plein fouet. Un choc soudain qui manqua de l'assommer malgré la bienveillance de son geste. Ressentant son malaise, Kardia réduisit le flux, essayant de canaliser l'énergie qu'il transmettait. L'impression sourde et oppressante reflua, ne laissant derrière elle qu'une douceur chaleureuse.

Dégel se détendit presque instantanément. Il était bien. Il ne savait pas ce que cherchait à faire son compagnon, mais son pouvoir de relaxation n'était plus à prouver. Du moins… c'était relaxant pour lui. Tous ses maux les plus infimes refluaient lentement. Ce mal de tête qui traînait toujours non loin de sa conscience s'envola. Ne restait qu'un vide agréablement calme. Un soupir proche de l'extase franchit ses lèvres. N'aurait-il pas eu Kardia sur ses genoux qu'il aurait déjà glissé de cette chaise depuis longtemps.

« Ouvre les yeux. »

Le murmure lui parvint aussi distinctement qu'un cri. Il obéit à l'injonction sans discuter en repoussant la légère pointe de déception à l'idée de quitter cette chaude obscurité. Quand les lignes de sa vision se dessinèrent devant ses yeux, tout était net.

Plus net qu'elles ne l'avaient jamais été. Il avait l'impression de redécouvrir le monde. Perplexe, il leva une main au niveau de ses yeux. Son regard glissa sur chaque creux, chaque mont. S'arrêtant sur chaque pli de peau qu'il pouvait apercevoir. Quand il releva les yeux vers Kardia, il ne put détacher les yeux de son visage.

Il n'avait jamais été aussi beau.

« Alors ? demanda-t-il en jubilant sur place. Ça a fonctionné ? »

Dégel hocha la tête, incapable de détourner le regard. Il se rendit soudain compte des mains de son compagnon posées sur sa taille. Pourtant, il sentait encore la présence de son cosmos en lui. Il se mordit la lèvre.

« Tu vas t'épuiser si tu gardes ton cosmos aussi élevé.

- On s'en fout de ça ! Tu vois bien ? Vraiment ?

- Oui.

- Génial ! »

Heureux, Kardia se releva d'un bond et récupéra la paire de lunettes toujours sagement posée sur la table. Pour s'amuser, il les mit sur son nez, grimaçant alors que sa vision devenait complètement trouble. Il éclata de rire. Sa colère avait disparu. Il avait trouvé un moyen d'aider. Il avait déjà laissé le passé derrière lui.

Dégel sentit un poids quitter son cœur alors qu'une pensée s'envolait pour son Maître en même temps que les éclats de rire de son compagnon qui se retourna vers lui avec un air sérieux.

« Franchement… Comment tu faisais pour monter les escaliers avec ça ?