Titre : Voyage
Disclaimer : L'univers original appartient entièrement à son auteur Masami Kurumada et les personnes de Lost Canvas sont la propriétés de Shiori Teshirogi.

Note :
Pas de blabla ce matin - c'est ce que j'appelle le syndrome de la fin de semaine - je vous souhaite juste une très bonne lecture et à très bientôt !


La journée d'entraînement venait de se terminer. Comme souvent, Kardia escalada quelques marches avant de sortir du chemin. À l'abri des regards, derrière un amas de rochers, son ami l'attendait. Assis sur un rocher, il était plongé dans un livre dont le petit grec n'arrivait à déchiffrer le titre, écrit dans une langue inconnue. Il s'approcha de lui à pas de loup, essayant d'être le plus silencieux possible. Alors qu'il arrivait à juste quelques pas, il se jeta sur lui.

Loin d'être surpris, Dégel se redressa pour s'écarter sans détacher les yeux de son livre. Kardia rata sa cible et roula sur le sol poussiéreux. Il se redressa en grommelant et se frottant son postérieur douloureux. Un sourire amusé étira le coin des lèvres du petit chevalier des glaces alors qu'il tournait la page de son livre, continuant sa lecture. Kardia soupira devant cette attitude et s'assit par terre, croisant les bras d'un air boudeur. Il n'aimait pas que son ami s'intéresse plus à son livre qu'à lui.

« Pourquoi tu lis ? »

Il n'avait jamais compris cet attrait qu'avait le garçon pour les livres. Lui trouvait ça ennuyeux et sans intérêts. Quand on lisait, on ne pouvait pas se battre en même temps. On était obligé de rester bloqué sur la page jusqu'à ce qu'on la termine. Il avait bien tenté pourtant, d'essayer de comprendre son camarade. Mais il avait vite abandonné. Surtout avec la lenteur avec laquelle il lisait, même dans sa langue natale.

Sa question réussit néanmoins à attirer l'attention de Dégel qui daigna enfin relever un œil sur le petit Scorpion d'un air amusé. Il attrapa le marque-page coincé entre deux pages pour marquer le point d'arrêt de sa lecture et referma l'ouvrage avec soin. L'entêtement de Kardia le faisait toujours rire. Il s'assit à côté de lui et vint poser la tête sur son épaule, se frayant une place entre les mèches de cheveux bleue.

« Ça fait voyager.

- Voyager ? »

Dégel hocha simplement la tête et ferma les yeux alors que Kardia passait un bras possessif autour de ses épaules, son autre main venant frotter l'arrière de son crâne en signe d'incompréhension. Le garçon le laissa réfléchir par lui-même à sa phrase, le connaissant déjà assez pour savoir que son raisonnement avait besoin d'un petit temps avant d'arriver à son terme. Il en profita donc pour se caler un peu mieux contre lui, bien content d'avoir sous la main cet oreiller confortable. Un léger soupir d'aise s'échappa de ses lèvres.

« Pourquoi t'as besoin d'un livre ? »

Le petit Verseau ouvrit un œil pour le regarder et sourit en voyant son air de profonde réflexion… Qui ressemblait plus à une grimace qu'autre chose, quand on y regardait de près. Il haussa vaguement les épaules.

« On est des Chevaliers. À part pendant notre entraînement, on quittera rarement le Sanctuaire. »

Son explication ne sembla pas satisfaire son petit camarade. Il pouvait presque imaginer son cerveau en train de chauffer alors que les traits de son visage se fronçaient un peu plus. Kardia n'aimait pas lire. Il pouvait comprendre, ce n'était pas un loisir très palpitant pour quelqu'un comme lui, qui avait toujours besoin de bouger et se dépenser. Mais il ne lui en voulait pas pour ça. Par contre, la petite lueur qui passa dans son regard l'espace d'une seconde lui était déjà beaucoup plus inquiétante.

« Bah on peut voyager quand même, je vois pas le problème ! Regarde. »

Sentant d'avance la bêtise qu'il allait faire, Dégel voulut parler. Mais avant qu'il ne puisse ouvrir la bouche, le cosmos de son ami avait cru considérablement et il sentait déjà les légers picotements dans ses muscles annonçant la téléportation. Priant pour que personne au Sanctuaire ne remarque le cosmos du Scorpion, il s'accrocha à lui du plus fort qu'il le pouvait.

Il rouvrit les yeux en sentant une masse d'eau venir lécher ses pieds, ce qui le fit sursauter avec un léger cri de surprise. Regardant autour de lui avec un regard craintif, il observa l'endroit où ils avaient atterri. Une petite plage de sable doré donnant sur… la mer ? L'océan ? Il ne savait pas. Tout autour, des falaises de pierres aux teints rougeâtres. Une petite crique qu'il aurait trouvée tout à fait à son goût dans d'autres conditions. Il se recroquevilla dans les bras de Kardia qui s'était relevé et observait l'endroit d'un air satisfait.

« On est où ? »

La petite voix du Verseau tira un rire amusé à Kardia qui l'attrapa par le bras pour l'entraîner de force près de l'eau tiède, complètement à son aise. Derrière lui, Dégel peinait à le suivre, de l'eau jusqu'aux genoux et se retournant sans cesse pour vérifier que la plage ne disparaissait pas.

« Détends-toi Dégel ! C'est l'endroit où j'ai grandi. »

Le garçon écarquilla les yeux à cette révélation. L'endroit où avait grandi Kardia ? Sa crainte se mua soudainement en une curiosité sans fond. D'un œil nouveau, il étudia la petite parcelle de plage sur laquelle ils se trouvaient, comme cherchant le moindre indice sur l'enfance de con camarade, le regard brillant. Kardia profita de son inattention et l'aspergea joyeusement d'une bonne quantité d'eau avant d'éclater de rire en voyant sa tête. Les cheveux mouillés lui collant au visage, le regard surpris et perdu, les vêtements lui collant à la peau… Il avait l'air d'un petit chat abandonné. Kardia ne résista pas longtemps à ces deux grands yeux violacés baignés d'innocence.

« Je te fais visiter ? »

Devant le hochement de tête vigoureux de Dégel, il l'attrapa à nouveau, plus doucement cette fois, avant de commencer à lui faire faire le tour du propriétaire, racontant les anecdotes dont il se souvenait encore, ou en inventant d'autres, juste pour le plaisir de voir le sourire et entendre le rire de son ami. Ils finirent par retourner sur la plage alors que le ciel commencé à virer à l'orangé, conscient qu'ils devaient rentrés avant la tombée de la nuit.

Dégel resserra sa prise sur la main de son camarade avant de venir se blottir contre lui, légèrement craintif à l'idée de se téléporter à nouveau. Il avait toujours peur d'être séparé de Kardia dans ces moments… Ils étaient encore jeunes et la téléportation n'était pas au niveau de n'importe qui. Kardia passa un bras autour de lui, rassurant et exclusif, avant de concentrer son cosmos. Sa voix vint chanter aux oreilles du petit Verseau d'un air moqueur avant qu'ils ne disparaissent pour rentrer chez eux.

« C'est quand même plus intéressant qu'un livre, non ? »