Titre : Ecrit
Disclaimer : L'univers original appartient entièrement à son auteur Masami Kurumada et les personnes de Lost Canvas sont la propriétés de Shiori Teshirogi.
Note :
Bon, je suis en retard ! Cette fois c'est entièrement ma faute je m'en excuse, j'étais en train de jouer à un nouveau et mh, j'ai pas vu le temps passer :D Mais vous êtes des gens gentil, vous allez me pardonnez, hein ? Regardez, j'vous offre même un chapitre en échange ! (oui je sais, y'avait intérêt...)
Reviews (ici seront mises les réponses aux revieweur(e)s anonymes)
leia26: Mh pas sûr qu'il accepte de l'aide, et pas certaine non plus que le malade accepte une infirmière en plus 8D
Les lettres étaient fines et rondes, comme celle d'un enfant. Légèrement penchées vers la droite. Une écriture travaillée et agréable à lire. Il en avait fini pour aujourd'hui. Comme chaque soir depuis un mois, Dégel referma l'ouvrage qui se remplissait un peu plus chaque jour. Il se leva pour aller ouvrir le tiroir de son étagère et l'y ranger avec précaution. Par-dessus, il empila quelques torchons pour le dissimuler.
Il aimerait bien que Kardia ne le trouve jamais. Même si cette idylle ne serait jamais plus qu'un rêve. Il ne pouvait rien lui cacher bien longtemps. Il ne comprendrait jamais le don qu'avait son compagnon de sentir lorsque les choses n'allaient pas. Un jour, il devrait bien lui expliquer pourquoi.
Pourquoi, depuis plusieurs semaines, il s'enfuyait du lit au milieu de la nuit pour aller s'enfermer dans son bureau. C'était même étonnant qu'il ne l'ait pas interrogé. Mais il ne s'en plaignait pas.
Il avait besoin de le faire. Ça l'avait pris comme ça, un jour. Cette peur lui avait tordu le ventre un matin au réveil. Depuis, elle ne l'avait plus quitté. Un pincement douloureux qui étreignait sa poitrine. Aussi discret qu'un courant d'air. Aussi violente qu'une lance plantée dans son cœur.
Il avait besoin de l'écrire. De laisser une trace palpable derrière lui. Une nuit, alors qu'il avait cru qu'il allait étouffer, il avait commencé ce livre. Sa vie. Depuis les premiers jours dont il se souvenait. Des gestes qu'ils avaient faits jusqu'à la pensée la plus intime. Il avait laissé ce poison couler hors de son corps avec un soulagement immense. La douleur s'était estompée. Mais elle n'avait pas complètement disparu.
Il se glissa dans la chambre, aussi silencieux qu'un fantôme. Sans un bruit, il revint prendre sa place contre son compagnon. Il sursauta presque lorsque ses yeux croisèrent les deux saphirs de ce dernier. Ils se fixèrent de longues minutes sans échanger un mot. Jusqu'à ce que Kardia ne vienne chercher ses lèvres avec une tendresse qui le surprit.
Il ferma les yeux. La douleur dans sa poitrine revint plus forte que jamais. Contre sa volonté, une larme coula le long de sa joue. Une main tendre vint l'essuyer. Comme un naufragé à une bouée, il s'accrocha à cet homme.
Sa vie, son univers.
Un jour, peut-être lui ferait-il lire. Avant que leurs corps ne disparaissent définitivement de cette Terre. Il le laisserait éplucher le moindre recoin de son âme. Toutes ces peurs inavouées et ces espoirs qui ne se réaliseraient jamais. Tout ce qu'il avait représenté pour lui depuis qu'il l'avait rencontré, cette fin de journée qui avait changé sa vie. À quel point il craignait de le perdre. Combien il avait peur que la mort ne détruise à jamais la seule chose qui le faisait avancer dans cette vie.
« Dans cette vie ou une autre, aujourd'hui ou demain, je serais toujours avec toi… »
Dégel frémit violemment alors que de nouvelles larmes coulaient le long de son visage. Il ne savait pas s'il bénissait les Dieux ou les maudissait pour la clairvoyance de son amant. Avec l'énergie du désespoir, il s'accrocha à lui, réalisant soudainement.
Kardia le connaissait mieux qu'il se connaissait lui-même. Sans doute était-ce pour ça qu'il ne l'avait jamais questionné. Qu'il le laissait garder ce secret juste pour lui. Parce qu'il savait qu'il en avait besoin.
Un nouveau frisson secoua son corps en sentant les mains de son amant s'aventurer sur sa peau. Avec ce mélange étrange de désespoir et de confiance absolue, il s'abandonna entre ses mains sans résistance.
Il savait que Kardia tenait toujours ses promesses.
Ce qu'il ne savait, c'est que son livre resterait à jamais dans ce tiroir. Que deux cents ans plus tard, un homme viendrait prendre sa place dans ce temple.
Il ne savait pas que cet homme trouverait cet héritage.
Il ne savait pas que cet homme pleurerait quand il avait pleuré, aimerait ce qu'il avait aimé.
Il ne savait pas que, grâce à lui, un homme réaliserait que lutter face à ses sentiments était inutile.
Il ne savait rien de tout ça.
Il savait juste que lui et Kardia continueraient à vivre, quelle qu'en soit la façon. Dans un an, un siècle.
Peut-être même deux, qui sait ?
