Titre : Mort
Disclaimer : L'univers original appartient entièrement à son auteur Masami Kurumada et les personnes de Lost Canvas sont la propriétés de Shiori Teshirogi.
Note :
Quand ce n'est pas le chapitre qui est en retard, ce sont les notes de l'auteur ! Même si ça tout le monde s'en fout hein, l'important, c'est d'avoir le chapitre. Mais bon, ça fait quand même plus propre avec une introduction, vous ne trouvez pas ?
Bonne lecture pour ce chapitre un tantinet déprimant, sortez les mouchoirs !
Son corps était froid. Un froid aussi glacial que celui qu'il produisait habituellement autour de lui. Une glace qui s'était étendue dans ses muscles, avait crispé son visage. Un air glacé avait remplacé sa respiration chaleureuse. Il n'y avait plus que du vide là où il y avait la flamme de la vie.
Ses jambes flanchèrent. Incapable de résister, il se laisser tomber près de corps inerte de son compagnon, une douleur étouffante oppressant son cœur. Ses doigts se crispèrent sur les vêtements qui perdaient le peu de chaleur qui leurs restaient. Il se sentit suffoquer lorsqu'une l'arme s'échappa de son œil pour glisser le long de sa joue.
Pour lui, il avait toujours représenté la vie dans toute sa splendeur. Il était la lumière, le feu de l'existence. Ce qui la rendait joyeuse et imprévisible. Il avait été, depuis leur rencontre, celui qui lui avait permit d'avancer. Il avait été sa curiosité quand la vie semblait perdre son sens. Sa subtilité quand son goût commençait à se faire morose. Il lui avait donné sa chaleur à lui, qui n'était que glace.
Il avait été l'image de l'éternel. Il avait fait graviter son monde dans un équilibre parfait. Pas une seule seconde, l'idée de le perdre ne l'avait effleuré tellement sa présence était une évidence.
Mais il était parti. Et avec lui, cet équilibre si précaire.
Une larme suivit la première. Un troisième. Les une après les autres, elles coulèrent sur son visage, suivant la courbe de ses joues avant de tomber silencieusement sur le visage de l'homme allongé et inerte. Il se sentit suffoquer. Incapable de retenir le flot d'émotion qui surgit en lui comme un raz-de-marée, il se laissa tomber sur le corps de son compagnon. Sa tête vint se caler dans le creux de son cou malgré le sang qui couvrait son corps. Comme il l'avait toujours fait depuis qu'ils étaient enfant.
Il pouvait encore se rappeler l'odeur âcre de sa peau dorée. Sentir la douche chaleur qu'elle dégageait et le sentiment de sécurité lorsqu'il venait se blottir contre lui lorsqu'il était enfant. Il hoqueta faiblement en sentant la froideur de ses membres.
« Ne pars pas… »
Sa voix se brisa. Il se recroquevilla contre lui en laissant couler ses larmes comme pour emprisonner dan son corps le peu de chaleur qu'il lui restait. Un ultime bouclier. Sa main tremblante glissa sur son visage immobile. Ses lèvres vinrent trouver les siennes dans un profond désespoir. Il aurait donné sa vie pour sauver la sienne. Il aurait donné la moindre parcelle de chaleur qu'il avait pour faire brûler à nouveau la flamme de son être. Il était inutile.
Un bras se referma autour de son corps. Oui, il aurait sans doute fait ça s'il était vivant. Ses lèvres se seraient étirées lentement. Il l'aurait serré contre lui avec son égoïsme habituel pour lui rappeler qu'il n'appartenait qu'à lui. Dégel aurait sourit d'un air amusé, comme à chaque fois. Il n'avait pas besoin de lui rappeler.
« Hé… »
Oui, il aurait sans doute dis ça. Avec un ton à mi-chemin entre l'amusement et l'inquiétude de voir couler ses larmes. Il aurait passé une main sur son visage avec douceur pour dégager ces dernières. Il l'aurait embrassé. Contre ses lèvres, Dégel sentit le goût du sang. Ses larmes ne se tarissaient pas.
« Tu m'attendais ? »
Le Chevalier du Verseau se mordit la lèvre, la gorge serrée par l'émotion. Son corps se mit à trembler. La voix résonnait dans sa tête. Si vraie. Si naturelle. Le battement de son cœur se fit plus douloureux encore, torturé par ses souvenirs et ces illusions. Il ne voulait d'un monde sans cette chaleur. Ca n'avait plus aucun sens. Il ne voulait pas ouvrir les yeux et ne trouver que la glace et l'immobilité.
« Tu sais que je reviens toujours… »
La main qu'il pouvait sentir dans son dos se crispa alors qu'il entendait une violente quinte de toux. Il se figea, se demandant si ce qui le dérangeait le plus était le mouvement horriblement réaliste du torse sous lui qui se contractait à chaque nouveau tout ou le soudain changement dans leur petite rengaine d'enfant.
Priant toutes les divinités existantes en cette terre, il rouvrit les yeux. A travers l'humidité de ses larmes, son cœur loupa un battement quand ses yeux se posèrent sur les deux orbes saphir qui le regardaient. Il ouvrit la bouche mais aucun son ne sortir d'entre ses lèvres. Celle de son compagnon s'était emparée des siennes avec une force presque surprenante. Incapable du moindre geste, craignant par-dessus tout que le moindre mouvement ne brise cette illusion éphémère, Dégel se contenta de le fixer, une supplique silencieuse dans le regard.
« Tu crois vraiment… qu'on peut me tuer aussi… Facilement ? »
Son faible souffle sur ses lèvres et sa voix faible et essoufflée l'achevèrent. Ses sanglots revinrent, encore plus puissants alors que sa tête retomber mollement contre son torse. Quand deux mains vinrent attraper son visage, il posa les siennes dessus avec l'énergie de l'espoir.
« Tu n'es… qu'un idiot, Kardia… »
Un sourire fleurit au milieu de son visage encore humide de larme. Son compagnon y répondit faiblement. Avec une délicatesse mesurée, il passa ses bras autour de Kardia et le souleva du sol. Ce dernier grimaça légèrement et passa les bras autour du cou du Verseau, laissant sa tête reposer contre son épaule.
« C'est rare que ça soit toi qui me porte… »
Dégel sourit. La flamme renaissant des gouffres de l'enfer, il avait retrouvé son aplomb. Son équilibre. Il était de nouveau entier.
Il ne la laisserait pas s'envoler une seconde fois.
